eau de la sagesse, chisui, 智水.
Métaphore sur le pouvoir de la sagesse qui lave les désirs terrestres et les illusions. Généralement,
il s'agit de la sagesse du Bouddha.
Ce qu'en dit Nichiren.
Eben, 恵便 ; en coréen, Hyepyon.
Moine du VIe siècle originaire de Koguryo (ou Goguryeo), ancien État de la péninsule coréenne. Il était moine lorsqu'il arriva au Japon,
mais le bouddhisme ne s'y étant pas encore répandu, il retourna à la vie séculière. En 584, Kafuka (Noksim)
fit le même voyage en transportant deux statues des bouddhas Manjushri et Shakyamuni.
Soga no Umako, fonctionnaire à la cour, enchâssa ces deux statues et ordonna à Shiba
Tatsuto de rechercher un moine bouddhiste. Eben put alors retourner à la vie religieuse sous la protection de Soga.
Ebisu, Yebisu.
Divinité de la bonne fortune et de
l'océan particulièrement vénérée par les pêcheurs.
écarter le proche pour révéler le lointain voir ouvrir le proche et révéler le lointain
écarter le provisoire pour révéler le définitif : voir ouvrir le provisoire et révéler le définitif
Echi, 依智.
Lieu situé dans ce qui est maintenant la ville d'Atsugi où Homma Rokuro Zaemon, vice
gouverneur de Sado, avait sa résidence principale. Après l'échec de la tentative de décapitation à
Tatsunokuchi, Nichiren fut gardé à vue pendant un mois sur le domaine
de Homma, à Echi,
avant de partir pour l'île de Sado,
le 10e jour du 10e mois 1271. Ce qu'en dit Nichiren.
echi fu eshiki (selon la sagesse et non les jugements)
Écoles bouddhiques citées par Nichiren
Hokke shu = école
Tendai avant le syncrétisme
Shingon
Hosso
Jojitsu
Kegon (Guirlande de fleurs)
Kusha
Rinzai
Ritsu (Préceptes)
Shingon (Paroles Véritables, École des Mystères)
Jodo shu (Terre pure)
Tendai Tiantai
Sanron shu (École des Trois Traités)
Zen
Voir le gosho Traité
sur la dette de reconnaissance ainsi que le tableau comparatif des différentes écoles
Écoles bouddhiques se réclamant de Nichiren en France, par ordre chronologique d'implantation
1960 -Nichiren Shoshu
(actuellement temple à Montreuil (93100) : pas de site officiel ; séparé de la Soka Gakkai depuis 1991
1960 - Soka Gakkai (Association laïque issue de la Nichiren Shoshu : centre principal à Sceaux (92330) ; http://www.soka-bouddhisme.fr/
1979 - Reiyukai (Association laïque ; représentants à Nantes ; http://fr-fr.reiyukai.fr/
1908 - Rissho Kosei Kai (Association laïque, représentants intermittents à Paris) https://rk-world.org/ en anglais
2010 - Nichiren Shu (pratiquants isolés en contact avec les temples en Angleterre, Italie et USA, https://www.nichirenbayarea.org
Pour en savoir plus sur les écoles bouddhistes en France voir l'Union bouddhiste de France https://www.bouddhisme-france.org/
Écoles bouddhiques actuelles se réclamant de Nichiren
voir la liste
École de la Terre Pure voir Jodo shu
École des Mystères voir Shingon
École de paroles véritables voir Shingon
Écoles de Chine du Nord et du Sud voir Treize écoles
écrits de l'extérieur, écrits profanes.
Les écrits non bouddhiques, tels que ceux du brahmanisme ou du confucianisme.
Ce qu'en dit Nichiren
EFEO. École française d'Extrême-Orient fondée en 1898.
En 1902, l'École met au point un système de transcription phonétique du chinois, qui fut la romanisation des langues chinoises la plus utilisée dans l'aire
linguistique française jusqu'au milieu du XXe siècle, avant d'être peu à peu remplacée par le
hanyu pinyin.
Voir le tableau comparatif entre différents systèmes de transcriptions français et anglo-saxon.
effet fondamental, effet originel, principe mystique de l'effet fondamental, honga-myo.
L'Éveil Atemporel (hongaku) de Shakyamuni. L'un des
dix principes mystiques de l'enseignement essentiel (honmon) formulés
par Zhiyi dans le Hokke Gengi.
Il est indiqué dans ce passage du chapitre XVI du Sutra du Lotus : " Depuis que
j'ai atteint la bouddhéité, une période inimaginablement longue s'est écoulée. " Dans le bouddhisme de Nichiren, il désigne
l'Éveil du Bouddha Atemporel qui est sans commencement ni fin.
Voir Trois principes mystiques. Ce qu'en dit Nichiren.
égalités voir trois égalités
egibuego (selon la signification et non les mots) voir appuis
ego voir atma
egoro
Brûle-encens à long manche utilisé principalement par les moines bouddhistes lors de cérémonies où l'on change de place.
eho, 依正.
Le monde dit objectif ou l'environnement sensible. Ce terme est utilisé par opposition à shoho, l'individualité
vivante ou subjective. Eho et shoho représentent tous deux des phases
inséparables d'une même entité vivante. Le " e " de eho signifie " dépendre ",
indiquant ainsi que l'être vivant dépend de son environnement. " Ho " signifie " effet manifeste ",
c'est-à-dire que la rétribution karmique
prend forme dans cet environnement.
Voir Non-dualité de la vie et de son environnement. Ce qu'en dit Nichiren.
eho fu ejin (selon le Dharma et non la personne) voir appuis
Eikan voir Yokan
Eihei-ji, 永平寺, anciennement Daibutsu-ji.
Temple principal de l'école Zen Soto fondé en 1244 par Dogen.
Son architecture se caractérise par les passages couverts qui relient entre eux les 70 bâtiments.
Eisai, 栄西, Yosai Myosan Eisai (1141-1214), à titre posthume "Senko", fondateur de l'école Zen Rinzai au Japon. Dans sa jeunesse, il reçut les préceptes au Mont Hiei, puis fit deux voyages en Chine, en 1168 et 1187, et en rapporta la doctrine Zen de l'école Linji (Rinzai). Le Shofuku-ji, qu'il fonda en 1195, est considéré comme le premier temple Zen du Japon. L'opposition des moines Tendai du Mont Hiei, rendant difficile la propagation de sa doctrine à Kyoto, il se rendit à Kamakura où il construisit le temple Jufuku-ji et se consacra à la propagation. Il obtint également le soutien du shogunMinamoto no Yoriie et, grâce à lui, put fonder le Kennin-ji à Kyoto. Dans cette ville, il ressentit la nécessité de transiger avec les écoles anciennes ; le Kennin-ji, par exemple, ne fut jamais une institution exclusivement Zen mais inclut des lieux où l'on pratiquait le Tendai et le Shingon. Sans être le premier à avoir introduit les idées Zen au Japon, Eisai est celui que l'on tient pour responsable de la formation du Zen en tant qu'école indépendante. Ses ouvrages comprennent le Kozen Gokoku Ron et le Kissa Yojo Ki (Boire du thé pour améliorer sa santé et prolonger sa vie). Il aurait rapporté de Chine des feuilles de thé rendant cette boisson populaire à la cour.
Eizon, Eison, 叡尊, Shien, 思円 (1201-1290).
Rénovateur de l'école Ritsu pendant la période Kamakura.
Il étudia d'abord le bouddhisme ésotérique mais, déçu par le déclin des préceptes bouddhiques, il passa son temps
à les étudier au templeTodai-ji.
Il gagna de nombreux partisans à la cour et parmi les fonctionnaires du shogunat, et conféra les ordres
à un grand nombre de personnes selon le rite Ritsu.
Il procéda aussi à une cérémonie de prières ésotériques pour écarter l'invasion mongole. Il reçut le titre posthume de bodhisattva Kosho.
Il eut pour disciple Ryokan du temple Gokuraku-ji.
Ce qu'en dit Nichiren.
Ekan,
慧灌, Huaigan, (en coréen, Hyekwan).
Fondateur de l'école Sanron au Japon.
Il naquit au VIIe siècle au Koguryo, royaume de la péninsule coréenne. Il se rendit en Chine sous la dynastie
des Shui et étudia les doctrines de l'école Sanlun
(Sanron) sous la direction de Jizang.
En 625, il vint au Japon et vécut à Nara, dans le temple Gango-ji,
où il commenta le Chu Ron
,
le Junimon Ron
et le Hyaku Ron, les trois traités
sur lesquels se base l'école Sanron.
Bien que les prêtres coréens Eji (coréen, Hyecha) et Kanroku
(Kwalluk) aient introduit la doctrine Sanron au Japon avant Ekan, c'est ce dernier qui,
de par ses explications systématiques, contribua à la fondation de l'école de ce nom. Il fit des prières pour obtenir la pluie qui eurent leurs effets, aussi fut-il nommé
administrateur des moines (sojo). Il fonda également le temple Ikami-dera dans
la province de Kawachi. Ce qu'en dit Nichiren
Ekavyavaharika.
L'une des branches du Mahasanghika, soutenant que les
choses et tous les phénomènes ne sont que des noms et n'ont pas de nature intrinsèque.
éléments (punca skandha) voir cinq éléments
éléments [grands] voir quatre grands éléments
éléphant voir parabole de l'éléphant
Ema Mitsutoki 江間光時, Hojo Mitsutoki.
Petit-fils de Hojo Yoshitoki (second régent du gouvernement
de Kamakura) et fils de Hojo Tomotoki et gouverneur de la province
d'Echigo.
Il fut le suzerain de Nakatsukasa Yorikazu, le père de Shijo Kingo.
En 1246, soupçonné de fomenter une rébellion contre le régent Hojo Tokiyori,
Mitsutoki fut exilé à Ema, sur la péninsule d'Izu, puis pardonné.
Après la mort de Nakatsukasa Yorikazu, Shijo Kingo servit à la fois
Mitsutoki, devenu à l'époque nyudo, et son fils
Hojo Chikatoki (ou Ema no Shiro). Le seigneur Ema était
disciple du moine Ryokan, du temple Gokuraku-ji. On dit aussi que
la famille Ema avait fait construire le Choraku-ji, l'un des temples majeurs de
Kamakura de l'école Jodo.
Dans les goshos, lorsque Nichiren parle du seigneur Ema,
le lecteur n'est pas toujours certain de savoir s'il s'agit du père ou du fils. Ce qu'en dit Nichiren.
émanations d'un bouddha atemporel, funjin, 分身.
Les Bouddhas sont des manifestations multiples, distinctes et provisoires d'un seul Bouddha éternel.
Le terme japonais pour émanation (funjin, 分) signifie littéralement "corps fractionné".
Selon la croyance du Mahayana, un véritable bouddha qui a révélé l'éternité de sa vie peut diviser son corps
à l'infini, et apparaître dans d'innombrables mondes à la fois pour sauver ceux qui les habitent. Dans le chapitre XI du Sutra du Lotus,
Shakyamuni rappelle à lui, de tous les points de l'univers, ses émanations. Ce qu'en dit Nichiren.
émancipation voir délivrance
emblème voir kamon
Embudai voir Jambudvipa
Emma (Maîtrede l'enfer) voir Yama
émouchoir.
Sorte de chasse-mouches, généralement constitué de plumes.
empereurs du Japon au temps de Nichiren :
Go-Horikawa (1221-1232) ;
Shijo (1232-1242) ;
Go-Saga (1232-1242) ;
Go-Fukakusa (1246-1259) ;
Kameyama (1259-1274) ;
Go-Uda (1274-1287) ;
Fushimi (1288-1298). En savoir plus.
en accord avec l'esprit des autres (zuitai) voir enseignements provisoires
encens voir gandha
Enchi.
Moine du Seicho-ji, où Nichiren avait reçu l'ordination.
Il nourrissait dans son coeur une forte opposition à Nichiren et connut une fin misérable. Ce qu'en dit Nichiren.
Enchin, 円珍, dit Chisho, 智証,
Chisho Daishi (814-891).
Cinquième grand-patriarche du temple Enryaku-ji, temple principal de l'école
Tendai-Shingon. Il naquit dans la province de Sanuki et fut l'un des neveux de
Kukai, fondateur du Shingon.
Il entra d'abord à l'Enryaku-ji pour y étudier et pratiquer les doctrines ésotériques
et exotériques sous la direction de Gishin.
En 853, il se rendit en Chine des Tang, s'installa au Mont Tiantai
où, sous la direction de Shanwuwei,
il étudia les traités de l'école Tiantai et apprit à pratiquer les techniques de concentration
(samadhi) et de méditation (dhyana).
Il étudia également au temple Qinglong-si
où il se consacra à l'étude des doctrines ésotériques des mandalas du Monde de la Matrice et du Monde
du Diamant sous la direction de Faquan.
De retour au Japon, il s'installa au Mont Hiei où il conduisit souvent des rites ésotériques. En 868,
il devint supérieur du temple Enryaku-ji.
Il fit aussi construire, au temple Onjo-ji,
la salle où devaient avoir lieu les cérémonies ésotériques d'onction. Il est l'auteur du Hokke Ron Ki (Commentaires du Hokke Ron), du Juketsu Shu et du Dainichikyo Shiiki (Notes à propos du Sutra
Vairocana). Près de cent ans après sa mort, des
moines de sa lignée se séparèrent du Mont Hiei et fondèrent leur propre école, le Jimon.
Sur le plan doctrinaire, Enchin
affirma que le Sutra du Lotus exposait la vérité et que celle-ci était équivalente à l'enseignement
ésotérique. De plus, il assimila le Bouddha Shakyamuni à
Vairocana.
Ce qu'en dit Nichiren.
Encho, 円澄, dit Jakko
Daishi (771-836).
Deuxième Grand-patriarche du Enryaku-ji,
temple principal de l'école Tendai.
Disciple de Dochu, puis de Saicho.
Il modifia la doctrine du Tendai en y
incorporant les enseignements du Shingon.
La transmission par les textes (Sutra du Lotus) fut remplacée par le
" face à face ", inspirée du Zen.
Ce qu'en dit Nichiren.
encre sumi (sumi 墨)
Encre de Chine noire. Encre traditionnelle se présentant sous forme de bâton, utilisée en calligraphie japonaise, confectionnée à partir du noir de carbone ou de suie, et de colle animale.
L'encre est obtenue en frottant le bâton d'encre sur une pierre avec de l'eau contenue dans la partie évidée de la pierre à encre.
Le dessin sumi-e se pratique avec un pinceau à lavis sur du papier, ou du tissu. Pour ses mandalas,
Nichiren préférait l'encre de couleur charbon avec une petite quantité d'adhésif de sorte que le pinceau glisse doucement sur le papier.
Ce qu'en dit Nichiren.
Endo Saemon-no-jo, 遠藤左衛門.
Disciple laïc de Nichiren. Probablement un samouraï qui vivait à Sado
et auquel Nichiren adressa une lettre pour l'aide qu'il lui avait offerte durant son exil.
Endurance [monde de l'] voir Saha
enfants de bouddha, busshi, 仏子.
Disciples du Bouddha. Dans les sutras, ce terme s'applique particulièrement
aux bodhisattvas. A partir du Sutra
du Lotus, il désigne tous les êtres, en ce qu'ils possèdent potentiellement
la nature de bouddha. Ce qu'en dit Nichiren.
enfer, jigoku, 地獄, naraka,
niraya, diyu.
Dans la cosmologie indienne, il existe :
1) Huit grands enfers glacés (hakkan-jigoku, 八寒地獄, hahava,
atata, halala, ababa
appelés ainsi d'après les cris poussés par ceux qui y souffrent ; les enfers du lotus bleu, du lotus rouge (guren),
du lotus écarlate (daiguren), du lotus blanc qui tirent leur nom de la couleur de la chair quand le froid
la fait éclater ;
2) Huit grands enfers brûlants (hachinetsu-jigoku, 八熱地獄) : enfer des excréments, enfer des mesures, enfer du mortier,
enfer du coq de flammes, enfer du nuage noir, enfer du pus et du sang.
Selon les régions de l'Inde, le nombre et les descriptions des enfers varient ainsi que les fautes qui y conduisent. Dans le volume 6 de son
Hokke Gengi, Zhiyi
distingue 136 sortes d'enfers : huit enfers majeurs, chacun ayant seize enfers subsidiaires. Le dernier, et le pire des huit enfers majeurs,
est l'enfer des souffrances incessantes (avici).
A la différence des enfers occidentaux de la même époque, la notion de karma en fait des endroits
de tourments temporaires, et non éternels. Un être tombe en enfer selon la loi de causalité : les violents subissent des
violences à leur tour, les menteurs coupables de duplicité sont sciés comme des troncs d'arbre, etc. Mais lorsque les conséquences de leurs actes arrivent à
leur terme, les êtres sont libérés de l'enfer et peuvent renaître dans des " mondes " différents.
Le bouddhisme du Sutra du Lotus modifie la vision de l'enfer en plaçant ce " monde "" dans le système dynamique d'
ichinen sanzen (une pensée - 3000). Tout enfer est dès lors un " état de vie " qui comporte, à l'état latent,
trois mille possibilités dont l'état de bouddha. C'est une façon de signifier que la pire souffrance peut être transformée et que d'elle
peut naître l'état de bouddha. Voir dix mondes et Les
huit enfers.
enfer Avici, Avīci, Avichi,
avici ;
enfer aux souffrances incessantes, enfer des souffrances sans rémission, enfer des souffrances sans intermission, grande citadelle des souffrances sans fin,
abi, abigoku, 阿鼻地獄, muken jigoku,
無間地獄, abi-daijode, 阿鼻大城, mukendaijo, 無間大城.
Dans la cosmologie indienne, c'est le plus terrible des huit enfers de feu. Ceux qui y tombent souffrent sans connaître le moindre
répit et renaissent avec un karma qui les mène de nouveau en enfer. Y tombent ceux qui commettent les
cinq fautes cardinales.
Pour Nichiren, c'est l'enfer de ceux qui détruisent l'enseignement du Sutra du Lotus, refusant d'admettre que
l'état de bouddha est inhérent à toute vie, le situant en dehors de soi et accessible par des pratiques magiques. Sur le plan
psychologique, c'est l'impasse à laquelle on aboutit en voulant détruire une autre personne pour un problème qui n'est dû qu'à soi.
Ce qu'en dit Nichiren.
enfer [monde-état d'], jigoku-kai, 地獄界.
La première et la plus basse des trois mauvaises voies et des dix mondes-états.
En tant qu'état de vie, l'enfer est une condition de souffrance mentale ou physique extrême, caractérisée par une pulsion destructrice, la rage de se détruire
et de tout détruire avec soi. Voir enfer dans la cosmologie indienne
et les huit enfers dans le Tiantai.
engaku, éveillé pour soi ; voir pratyekabuddha
Engaku-ji, 円覚寺, Zuirokuzan Dai-Engaku Kosho Zenji.
Temple principal de la branche Engaku du Zen
Rinzai, construit par Hojo Tokimune en 1282. Les tentatives
d'invasion mongoles de 1274 et 1281 avaient échoué mais en entraînant
la mort de dizaines de milliers de soldats. Tokimune
fit construire ce temple pour le salut des âmes des soldats morts, y compris celles des ennemis, et invita le moine chinois Mugaku
Sogen (1226-1286) au titre de moine fondateur.
Le temple fut prospère tout au long de la période de Kamakura, en particulier du fait de la
protection de Tokimune
et du succès du Zen parmi la classe
des samouraïs. Ce temple, où était vénérée la statue de Shakyamuni couronné, fut désigné lieu officiel
de prière par le gouvernement de Kamakura, et considéré comme l'un des
cinq principaux temples Rinzai de Kamakura.
Ce qu'en dit Nichiren.
engyo (doctrine parfaite) voir huit enseignements
Enma (Maître de l'enfer) voir Yama
Enni ou Bennen voir Shoichi
Ennin, 円仁, Jikaku, 慈覚, Éveil compassionnel, Jikaku
Daishi
, 慈覺大師, Grand-maîtreJikaku, (794 - 866 ? ou 864).
Moine d'obédience Tendai. Troisième supérieur du temple
Enryaku-ji. Il naquit dans la province
de Shimotsuke et étudia sous la
direction de Kochi au temple Daiji-ji.
A 15 ans, il devint disciple de Saicho (Dengyo)
au Mont Hiei. Vers 814, une cérémonie lui conféra la position
de ajari (acarya).
En 838, il arriva en Chine où un long périple assez aventureux lui permit d'apprendre le sanskrit et d'étudier différents
aspects du bouddhisme. Il fut oint par Quan-ya
au cours d'un rituel shingon conférant
un statut ésotérique. Il reçut également une copie du Maka Shikan des
mains de Zhiyuan au Mont Wutai. Il se rendit à Changan,
où Yuanzheng, Yizhen et Faquan lui confièrent les
doctrines ésotériques du Monde du Diamant
et du Monde de la Matrice
. Il étudia aussi les doctrines de l'école
Tiantai sous la direction de Zong-ying.
De retour au Japon en 847, il fut nommé supérieur de l'Enryaku-ji, commençant à
mêler aux doctrines du Tendai des enseignements du Shingon.
Parmi tous les sutras, il plaça par exemple le Sutra Vairocana à la première place, et le
Sutra du Lotus à la deuxième. De même, bien que Saicho
ait désigné le Sutra du Lotus et les sutras
Konkomyo
et Ninno
, Ennin
désigna à leur place les sutras ésotériques Vairocana,
Soshitsuji et Kongocho
comme les trois sutras de base pour protéger le pays. Il considérait
le bouddha Vairocana du Monde du Diamant comme objet de culte et révérait Shanwuwei
comme son maître. On lui doit cependant le Nittoguho-junreiko-ki
入唐求法巡礼行記, (Pèlerinage en Chine à la recherche du Dharma). Ce qu'en dit Nichiren.
En no Ozunu, 役小角, En no Ubasoku,
En no Gyoja (né en 634 ? ).
Considéré comme le fondateur du Shugendo, bien qu'il
n'ait jamais créé d'Ecole. Sa vie est presque entièrement composée de légendes : il vole dans les airs, marche sur
les eaux, etc. Il passa une trentaine d'années au Mont Katsuragi
où il enchâssa dans une grotte une statue du dieu Roi-Paon (Shin Kujaku-o), et s'engagea dans
la récitation de formules magiques afin d'acquérir des pouvoirs occultes. En
699, il fut exilé à Izu mais
fut plus tard pardonné. Le lieu de sa mort reste inconnu. Il est l'initiateur d'un grand nombre de temples dans la région
actuelle du Kinki, dont le centre est Kyoto.
Il existe encore quelques écoles (principalement kurdes) qui suivent ces pratiques.
Enryaku-ji延暦寺.
Temple principal de l'école Tendai.
Voir Mont Hiei.
Ensai, 円載 ( ? - 877).
Moine de l'école Tendai,
disciple de Saicho. En 839, il effectua un pèlerinage
sur le Mont Tiantai en Chine où il soumit
une liste de trente ou cinquante questions préparées au Enryaku-ji,
son temple d'origine. Ayant reçu des réponses, il renvoya au Japon deux disciples. Lui-même resta en Chine pendant près de quarante ans.
Il périt en mer lors d'une tempête, alors qu'il revenait au Japon
avec de nombreux textes bouddhiques et confucéens.
enseignements antérieurs [au Sutra du Lotus], nizenkyo, 爾前教.
Enseignements provisoires exposés avant le Sutra du Lotus, lesquels correspondent aux sutras
des périodes Kegon,
Agon,
Hodo,
Hannya.
Dans le système de classification des enseignements de Zhiyi,
il s'agit des quatre premières des cinq périodes.
Nichiren établit une comparaison précise entre ces enseignements et ceux du Sutra du Lotus. Voir le tableau récapitulatif de
Ce qu'en dit Nichiren.
enseignement bouddhique, bukkyo, 仏教, buddha-shasana,
śāsana, buddha-sasana.
Enseignement du Bouddha Shakyamuni. Shasana signifie " doctrine ". Nichiren parle de
kyo
(sutras), ritsu
(vinaya) et ron
(shastras).
enseignement caché (mikkyo) voir enseignements secrets
enseignement commun voir quatre enseignements selon la doctrine
enseignement définitif, jikkyo, 実教.
L'enseignement dans lequel Shakyamuni révèle directement son Éveil. Le terme est utilisé
par opposition à enseignements provisoires,
ou enseignements que le Bouddha expose temporairement comme moyen pour conduire les êtres humains à l'enseignement définitif. Du point de vue de la classification
de Zhiyi des enseignements du Bouddha en cinq
périodes, l'enseignement définitif (jikkyo)
est celui du Sutra du Lotus. Voir les huit enseignements.
enseignements de la Voie sacrée voir enseignements sacrés
enseignements des trois périodes voir trois périodes
enseignements du Bouddha voir huit enseignements
enseignements du Mahayana provisoire ou préparatoire,
gon daijokyo, 權大乘教
gondaijo, 權大乘.
Enseignements du Mahayana exposés
comme des moyens pour guider les gens vers les enseignements du
Mahayana du Sutra du Lotus, qui révéla pleinement l'Éveil
de Shakyamuni. Le terme semble antérieur aux systèmes de classification
de l'école du Mont Tiantai.
Toutefois, si l'on se rapporte au système des cinq périodes, il désigne la première,
Kegon (Guirlande de Fleurs), la troisième, Hodo
(Déploiement) et la quatrième Hannya
(Perfection de la Sagesse). Ne sont donc pas comprises la période des enseignements
du Theravada,
Agon (Traditions)
ni celle du Lotus et du Nirvana.
A la différence du
Mahayana définitif, les enseignements provisoires ne révèlent
que certains aspects de la vérité exposés par le Bouddha. Ce qu'en dit Nichiren.
enseignements (ou sutras)
du Mahayana véritable ou Mahayana définitif (jitsu daijokyo,
實大乘教, jitsudaijo, 實大乘).
Terme opposé
à enseignements du Mahayana provisoire.
Enseignement permettant à tous les êtres de devenir bouddha. Dans les
sutras du Mahayana provisoire, cette capacité est déniée à
certains êtres : les personnes des deux véhicules
(nijo) ou bien des femmes, des animaux ou des hommes mauvais. Dans le système de classification de
l’école Tiantai, dit des cinq
périodes, il désigne la cinquième et dernière
période, celle de l’enseignement du Lotus et du Nirvana.
enseignements ésotériques (mikkyo).
Sens proche d'enseignement secret. Dans les bouddhismes ésotériques,
enseignements révélés secrètement, par opposition aux enseignements exotériques ou explicites.
Pour Nichiren, ce terme renvoie au troisième enseignement selon la méthode de classement établie par
Zhiyi : enseignement selon les capacités
(zuitai), ou secret (himitsu).
Littéralement, himitsu se décompose en " hi "" caché, et
" mitsu " mystère. Ce terme peut s'appliquer à toute sorte de
dharmas (phénomènes) qui ne peuvent
être perçus/vécus qu'à partir d'un certain degré d'Éveil.
Par ailleurs, on range sous le terme générique d'enseignement
ésotérique tous les enseignements que le Bouddha dispense
de telle manière que ses auditeurs en tirent un bienfait différent,
chacun en fonction de ses capacités, sans même qu'ils en aient conscience.
Au Japon, on qualifie d'ésotériques principalement les
enseignements du Shingon introduits par
Kukai : ceux-ci attribuent à Vairocana
des propriétés qui ne peuvent être comprises par de simples mortels mais que l'on peut activer par des formules magiques.
Il est cependant important de noter que le terme " ésotérique "
est la plupart du temps synonyme de " enseignement concret ",
vérifiable uniquement par la pratique, par opposition à enseignements exotériques qui peuvent être compris
par le mental et exprimés verbalement. Voir l'article sur l'ésotérisme japonais.
Ce qu'en dit Nichiren.
enseignement essentiel ou primordial ou originel ou
fondamental (honmon, 本門,
benmen)
Littéralement, hon = origine ;
mon = portail que l'on doit franchir pour recevoir un enseignement. Doctrine enseignée dans les
quatorze chapitres
qui constituent la seconde moitié du Sutra du Lotus (du
chapitre XV, Surgis-de-Terre,
au chapitre XXVIII, Exhortation
du bodhisattva Fugen). Shakyamuni y parle non plus en fonction
des capacités de ses disciples mais de sa propre initiative et
en fonction de sa propre sagesse, révélant sa nature de Bouddha Atemporel.
Enseignement généralement mis en parallèle avec l'enseignement théorique
(shakumon). Les lignées nichiréniennes suivent
- soit le courant shoretsu qui considère les 14 premiers chapitres comme
" inférieurs " et les 14 derniers chapitres comme " supérieurs " (principalement, mais non exclusivement, les lignées de
Nikko) ;
- soit le courant itchi (unifié) qui accorde la même importance à tous les chapitres.
En savoir plus.
enseignements exotériques (kengyo, 顕教).
Enseignements qui furent explicitement révélés, par opposition aux enseignements ésotériques.
Le Shingon définit les enseignements
de Shakyamuni comme exotériques, et ceux de Vairocana
comme ésotériques. Voir l'article sur l'ésotérisme japonais.
enseignement graduel (zen-kyo) voir quatre méthodes d'enseignement
enseignement indifférencié (fujo-kyo) voir quatre méthodes d'enseignement
enseignement parfait, engyo, enkyo
円教, doctrine " ronde ", doctrine globale.
Suprême enseignement du bouddhisme. En Chine, des théoriciens firent de nombreuses tentatives pour organiser en système cohérent le grand nombre de
sutras, introduits en Inde de façon disparate. Dans ces systèmes de classification
comparative (kyoso-hanjaku), comme on les appelait, le
sutra placé au-dessus d'un autre était
l'enseignement parfait. Par exemple, Hui-guang
(Eko) divisa les enseignements du bouddhisme
en trois catégories (graduelle, abrupte et parfaite) et désigna
le Sutra Kegon
comme l'enseignement
parfait. Zhiyi, lui, appela " enseignement parfait " le principe de shoho
jisso (la relation mutuellement inclusive de la réalité ultime et de tous les phénomènes) et distingua deux sortes de doctrines parfaites :
1) celle qui est exposée dans les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus (nizen no en) ;
2) celle qu'enseigne le Sutra du Lotus lui-même (hokke no en).
Toutes deux affirment qu'il est possible d'atteindre l'état de bouddha en tant que simple mortel
(bompu). Mais la première
ne fait que mentionner cette possibilité, sans donner d'exemple prouvant que cela s'est déjà produit, ou encore énumère
diverses exceptions et distinctions ; alors que la seconde affirme que tout le monde sans exception peut atteindre
l'Éveil et illustre ce fait à l'aide d'exemples. Le terme " doctrine parfaite " est souvent utilisé comme synonyme du Sutra du Lotus.
Et dans ce dernier cas, on parle souvent de doctrine pure et parfaite. Dans ce contexte, " pure " indique qu'il s'agit
d'une doctrine exempte de moyens appropriés
Voir les quatre enseignements selon la doctrine.
enseignement, pratique et preuve, kyo gyo sho, 教行証.
L'enseignement du Bouddha, la pratique de son enseignement, et la preuve, c'est-à-dire le " bienfait "
à strictement parler, l'Éveil qui est le résultat de la pratique de l'enseignement.
En savoir plus.
enseignements provisoires ou opportuns, gonkyo, 權教.
Enseignements que Shakyamuni utilisa comme
une étape, un moyen de conduire les êtres à l'enseignement définitif, jikkyo, 実教. On les qualifie en
japonais de zuitai (en accord avec l'esprit des autres) parce qu'ils tiennent compte des capacités de ceux à qui ils
s'adressent, tandis que l'enseignement définitif est qualifié de zuiji
(en accord avec son propre esprit [celui du Bouddha]) parce que le Bouddha y révèle directement son Éveil.
Les enseignements provisoires n'exposent que certains aspects de la vérité à laquelle parvint le Bouddha, tandis que
l'enseignement définitif énonce la vérité dans son intégralité. Du point de vue de la classification
de Zhiyi des enseignements du Bouddha en cinq
périodes, les enseignements provisoires correspondent à
ceux des quatre premières périodes (Kegon,
Agon, Hodo et
Hannya) ; l'enseignement définitif
(jikkyo)
est celui du Sutra du Lotus. Voir les huit enseignements.
enseignements sacrés ou enseignements de la Voie sacrée, shodo-mon, 聖道門.
Enseignements qui affirment qu'une personne parvient à l'Éveil par son propre pouvoir (jiriki).
Ces termes sont utilisés en opposition aux enseignements de la Terre pure qui affirment que le salut n'est
possible que par l'intercession ou le pouvoir d'un autre (tariki), en l'occurrence
le bouddha Amida.
La classification des enseignements bouddhiques en ces deux catégories - enseignements de la Voie sacrée et enseignements de la Terre pure - fut formulée
par Daochuo dans son Anraku Shu. Il y affirmait que les enseignements de la Voie sacrée étaient trop difficiles et profonds pour le commun des mortels
et que seule la pratique du nembutsu (celle
des enseignements de la Terre pure) permettait aux personnes ordinaires
d'obtenir le salut.
enseignements sacrés voir quatre-vingt mille
enseignement secret, mikkyo, 密教, véhicule des secrets.
Enseignement du bouddhisme ésotérique qui s'est développé principalement au Tibet en incorporant les pratiques du chamanisme
Bön et au Japon, dans le Shingon qui y incorporait des éléments du shintoïsme.
Au Japon, le mikkyo est divisé en deux catégories :
1) Le tomitsu (東密, « ésotérisme [du temple de]
l'est ») désigne le bouddhisme tantrique pratiqué dans l'école Shingon par référence au temple
To-ji (東寺), l'un des centres de ce culte ;
2) Le taimitsu (台密, « ésotérisme du [Ten]dai ») qui est pratiqué, comme son nom l'indique, dans l'école
Tendai.
Voir la thèse d'Igarashi. Ce qu'en dit Nichiren.
enseignements selon les capacités (zuitai, himitsu) voir quatre méthodes d'enseignement
selon son propre esprit voir enseignement zuitai/zuiji
enseignement soudain (ton-kyo) voir quatre méthodes d'enseignement
enseignement spécifique (bekkyo) voir quatre enseignements selon la doctrine
enseignement théorique shakumon, 迹門, jimen.
Littéralement, " porte de la trace ". Selon le contexte :
1) enseignement théorique du Sutra du Lotus, par opposition à enseignement essentiel (honmon).
C'est le sens le plus courant ;
2) enseignements provisoires (gonkyo) par opposition à
enseignement définitif (jikkyo) lequel désigne, pour le Bouddha Shakyamuni, l'
enseignement essentiel (honmon) ;
3) Lorsqu'il analyse le Triple Sutra du Lotus, Nichiren considère comme enseignement théorique le Sutra
Muryogi ainsi que les 14 premiers chapitres du Sutra du Lotus, et comme
enseignement essentiel, les 14 derniers chapitres de ce même Sutra ainsi que le Sutra Fugen.
En savoir plus.
enseignement théorique du Sutra du Lotus,
Enseignement de la Trace, doctrine transitoire, doctrine éphémère, shakumon,
迹門.
Enseignement des quatorze chapitres qui constituent la première moitié du
Sutra du Lotus (du chapitre I, Jo
au chapitre XIV,
Pratiques paisibles). Le chapitre II
(Moyens salvifiques), considéré comme le coeur de cet enseignement théorique, est mis
en parallèle avec l'enseignement essentiel (honmon). En
savoir plus.
enseignement tripitaka ou corbeilles (san zokyo ou zogyo) voir quatre enseignements selon la doctrine
enseignements zuiriki / zuitai.
Deux procédés exposés dans le Sutra du Nirvana :
1) Enseignements zuitai 随他意 exposés en fonction
des capacités de ceux à qui le Bouddha s'adressait ;
2) Enseignements zuiji 随自意 exposés selon la sagesse propre
au Bouddha, sans tenir compte des capacités de ses auditeurs.
Nichiren considère comme zuitai, faciles à comprendre, les sutras
Kegon,
Vairocana, Hannya,
Nirvana ; alors que le Sutra du Lotus, dans lequel
Shakyamuni parle de sa bouddhéité et de
l'éternité de la vie, appartient aux enseignements donnés selon l'esprit du Bouddha. Voir les huit enseignements.
Ce qu'en dit Nichiren.
ensemencement (geshu-yaku), maturation (chojuku-yaku),
récolte (gedatsu-yaku) ou shu
juku datsu ou les trois bienfaits (sanyaku, 三益).
Concept tiré du Sutra du Lotus et développé par Zhiyi qui compare le processus
par lequel le Bouddha mène les hommes à l'Éveil à la pousse d'une plante. La graine est d'abord plantée dans la terre ; puis viennent sa
germination, sa croissance, sa maturation et la récolte. De la même façon, Shakyamuni planta la
graine de la bouddhéité dans la vie de ses disciples dans un passé infini (gohyaku
jintengo), les nourrissant spirituellement et les aidant à s'approcher progressivement de l'Éveil ; enfin, il les mena à la maturation en exposant
le chapitre XVI du Sutra du Lotus.
Certaines écoles nichiréniennes (principalement la Nichiren Shoshu) qualifient de " bouddhisme de la
récolte " (datchaku-buppo, 脱益仏法) le bouddhisme de l'époque de Shakyamuni, et de " bouddhisme de l'ensemencement "
(geshu-buppo) la pratique de Namu Myoho Renge Kyo destinée aux êtres
qui n'ont tissé aucun lien avec les enseignements de Shakyamuni. En savoir plus.
entité de la vie
Traduction maladroite de l'anglais entity of life.
En français, le mot " entité " désigne :
1) La chose considérée comme un être ayant son individualité : la société, l'État sont
des entités ;
2) Dans le langage philosophique, l'ensemble des propriétés constitutives d'un être, ce qui fait l'essence d'un être et plus
souvent la chose considérée comme une individualité, définition qui pourrait faire croire à une transcendance, une sorte d'âme cachée derrière les phénomènes.
L'anglais est resté plus proche du latin classique où " ens, entis " signifiait " être ", et que l'on traduit de plus en plus par " ainsité " :
ce qui est ainsi.
entraves voir cinq entraves
entré dans le courant, srotaapanna,
srotaāpanna, sotapanna,
sotāpanna, sotapatti.
Celui qui décide de se consacrer à la recherche de la bouddhéité, le courant étant la pratique de l'enseignement
du Bouddha. Dans le bouddhisme theravada,
c'est le premier pas vers la réalisation de soi ; suivent ensuite les stades de
sakridagamin (celui qui ne renaît qu'une fois avant le
nirvana) et le sans-retour
(anagamin), celui qui vit sa dernière incarnation.
entrées voir douze entrées
envoyé de l'Ainsi-Venu, nyorai-no-tsukai, 如来の使,
tathagata-duta ou envoyé du Bouddha,
hotoke no ontsukai, 佛の御使.
Émissaire ou messager de l'Ainsi-Venu. Celui que le Bouddha envoie pour propager ses enseignements après sa mort.
Shakyamuni en parle en ces termes dans le chapitre X du
Sutra du Lotus : " Sache-le Yakuo,
ces gens renoncent d'eux-mêmes à la rétribution
de leurs actes purs ; après mon passage en parinirvana,
ils renaîtront en un âge mauvais par compassion pour les
êtres et exposeront largement ce Sutra. Si quelqu'un,
fils ou fille de foi sincère,
après mon passage en parinirvana,
prêche le Sutra du Lotus du Dharma Merveilleux, n'en
serait-ce qu'un verset, en secret, à une seule personne, il faut
savoir que cette personne est un messager de l'Ainsi-Venu, envoyé
par l'Ainsi-Venu pour mener l'oeuvre d'Ainsi-Venu. A plus forte raison
pour qui prêche largement à une vaste multitude. "
Lire le Chapitre XV du Sutra du Lotus, Surgis-de-Terre.
Ce qu'en dit Nichiren.
envoyé du Sutra du Lotus.
Personne missionnée par le Bouddha pour aider à la propagation du
Sutra du Lotus. Sens proche de Pratiquant du Sutra du Lotus
(gyoja).
enzoku santai (voir triple évidence harmonieuse, sandi)
éon (ko, gong) voir kalpa
épreuves voir neuf grandes épreuves du Bouddha
eranda,
iran, 伊蘭, euphorbe.
Dans la tradition indienne, grands arbres dont l'odeur nauséabonde, semblable à
celle d'un corps en décomposition était, disait-on, perceptible sur une distance de 40
yojana. On disait qu'une seule feuille de santal
suffisait à dissiper l'odeur putride des eranda.
ère,
nengo
1) Chaque souverain japonais, à son avènement, décrétait une ère nouvelle et en changeait si les circonstances le demandaient ou si, plus simplement,
il lui convenait de marquer une scission dans la continuité de son règne. Le premier nom d'ère fut inauguré, à la mode chinoise, en 645. La perception
du temps est qualitative avant d'être quantitative. A l'époque de Nichiren, vu les désordres sociaux et naturels, les ères
changeaient à un rythme particulièrement rapide. Une même ère fut souvent suffisamment mauvaise
pour ne durer qu'un an, ou bien changeait l'empereur ou le régent. On pensait que donner
un nom plus approprié au temps serait de bon augure. En
savoir plus.
2) Ere historique désigne une période caractérisée par le rayonnement de la capitale du
gouvernement effectif : période Nara (710-794) ; période
Heian (794 à 1185) ; période
Kamakura (1185 à 1333)
ère des conflits (tojo kengo) voir Derniers jours du Dharma
ère du Dharma juste voir Derniers jours du Dharma
ère finale voir Derniers jours du Dharma
eriogikyo fu efuryogikyo voir selon les sutras au sens définitif et non les autres
erreur [quadruple] voir quadruple erreur
Eryo, 慧亮 (801-859).
Moine de l'école Tendai. Il étudia à la fois les doctrines
ésotériques et exotériques. Il était l'administrateur d'un temple
appelé Hodo-in, sur le Mont Hiei.
érythrina ou arbre corail.
Son nom vient du grec eruthros, qui signifie rouge, par allusion à la couleur des fleurs.
Eshin voir Genshin
Eshin [école],
Eshin-ryu, 恵心流.
Branche de l'école
Tendai qui considère Genshin comme son fondateur.
esho funi voir non dualité du sujet et de son environnement
ésotérisme : " qui est intérieur "
Notion qui se définit par opposition à exotérique ", qui est extérieur ". Mot venant du grec " eso " et correspondant au latin " in ".
En Grèce, on distinguait la partie extérieure d'un enseignement, celle qui pouvait être mise par écrit et à la portée
de tous, de la partie profonde, intérieure, qui faisait l'objet d'un enseignement oral destiné uniquement aux disciples qui en
étaient jugés dignes. Le monde qui leur était ainsi présenté était pur de toute illusion et lieu commun.
Lorsque Nichiren parle de Dharmas ésotériques (cachés),
c'est dans la continuité de l'enseignement de Shakyamuni qui décrivait notre monde comme parfaitement
illusoire, perçu à travers nos sens pervertis par l'ignorance fondamentale et
les passions. L'accession à l'Éveil permet d'appréhender le monde dans sa vacuité.
Les instruments pour entrer sur la voie de l'Éveil sont dits ésotériques car, relevant de
l'expérience, ils ne peuvent être compris s'ils sont séparés de la pratique (Daimoku,
Gohonzon, encrage dans un environnement). Notons aussi qu'au Japon est considéré
comme " exotérique " tout ce qui est théorique ; comme " ésotérique ", les techniques mentales
et spirituelles qui en sont des applications pratiques.
En Occident, la distinction entre initiés (esoteros) et non-initiés entraîne la plupart du temps la constitution d'un groupe
élitiste dont proviennent avec une grande facilité les sectes les plus fantaisistes, un aspect occulte que Nichiren condamnait sans appel.
Dans le cadre du bouddhisme Nichiren, le terme " ésotérique " s'applique au sens oriental du terme, et non au sens occidental dont la connotation d'exclusivité, de secret et de réservé
à un groupe particulier remonte aux philosophies hermétiques. En savoir plus sur l'ésotérisme japonais.
ésotériques (san dai hiho) voir trois grands Dharmas cachés
esprit voir non-dualité corps-esprit
esprits, kijin, 鬼神.
Êtres possédant des pouvoirs surnaturels. Ils se divisent en esprits malfaisants ou démons et esprits bienfaisants ou protecteurs. Il
s'agit, bien entendu, de fonctions de la vie et non d'entités concrètes. Le bouddhisme du
Lotus n'est pas compatible avec le spiritisme.
Voir l'article sur les tamashii.
esprits affamés ou esprits faméliques,
gaki, 餓鬼, heirei
薜茘, preta,
peta, avidité.
Deuxième des dix mondes, des trois et des quatre
mauvaises voies. État dans lequel on est à la merci d'un désir insatiable de nourriture, de richesse, de gloire, de pouvoir, ou de
tout autre objet ou condition. Dans cet état, on est consumé physiquement et spirituellement par un besoin impossible à satisfaire.
On en attribue les causes à des tendances telles que l'avidité, la mesquinerie et la jalousie.
Au début du bouddhisme, le royaume des pretas était considéré comme un lieu concret, situé à cinq cents
yojanas
sous la terre, où les êtres étaient affectés en rétribution d'actes graves et de dépossession d'autrui. Au même titre
que les damnés de l'enfer, les pretas dépendaient de l'autorité
du roi Yama.
L'Abidatsuma junshori Ron décrit trois sortes d'esprits affamés, voraces et faméliques,
chacune étant subdivisée en trois. Ces sortes de démons tenaillés par la faim peuvent représenter un danger pour les vivants. Leur apparence est
repoussante : ils sont "...nus, noirs, faibles, hauts et grands, dévorés par la faim, cherchant de la nourriture et faisant
entendre çà et là des cris lamentables. Quelques-uns ont la bouche comme le trou d'une aiguille, d'autres ont une
tête de boeuf ; semblables par la taille à des chiens plutôt qu'à des hommes, ils vont, les cheveux en désordre,
poussant des cris et dévorés par la faim. "(réf.).
Ils incarnent donc une condition inférieure et douloureuse où l'être n'est mu que par un désir incontrôlable ;
ils sont hagards et incapables même de reconnaître ce qui pourrait étancher la terrible soif qui les torture. Le Sutra
Shobonenjo dénombre trente-six sortes d'esprits faméliques.
Voir le tableau des dix mondes. Les trois poisons.
Ce qu'en dit Nichiren.
esprit de bodhi ou esprit de la voie suprême, mujodoshin.
Disposition d'esprit qui porte à rechercher l'Éveil et le Dharma bouddhique. Pratique
qui vise à produire une telle disposition d'esprit. Notion proche de l'aspiration à l'Éveil
(bodhicitta, bodaishin).
esprits
maléfiques, démon malfaisant,
akki, 餓鬼, 悪鬼, 鬼. Une catégorie de démons.
Fonctions ou influences négatives qui privent des personnes du bonheur
ou de la vitalité et bloquent le jugement correct. Il s’agit d’êtres
comme par exemple les rakshasis ou les
yakshas. Leur action est néfaste et consiste à tourmenter,
dérober la vitalité ou gêner la pratique de l’ascèse
bouddhique. Ces esprits sont représentatifs du monde des esprits
affamés. Dans cette symbolique, ce
sont donc des défunts qui sont tombés dans une mauvaise
voie et qui exercent sur les vivants une action néfaste.
Selon le Maka Shikan,
ils sont l’une des causes de la maladie. Ils nuisent également
en faisant se développer les raisonnements pernicieux et en égarant
les gens. Le Sutra du roi vertueux (Ninno
) les rends responsables des désordres qui affectent le pays ou la société. D'après
Zhiyi, une des six causes de la maladie. Le chapitre
XIII du Sutra du Lotus en parle comme d'un obstacle à la
propagation du Dharma. Ce
qu'en dit Nichiren.
esprit unique Concept essentiellement Zen. Cf. : [...] lorsque corps et esprit retournent au silence, l’Esprit unique se manifeste naturellement. Le corps est une manifestation ou une émanation de l’Esprit unique, et l’esprit tel que nous le connaissons est aussi une émanation de l’Esprit unique. C’est un peu comme l’eau et la vapeur. La totalité de la vapeur n’est rien d’autre que la totalité de l’eau. L’Esprit unique n’est pas inactif, il n’est pas néant, il n’est pas vide, il n’est pas rien comparé à l’esprit ordinaire qui pense, qui organise. En fait, toutes les existences découlent de l’Esprit unique et y retournent après extinction, comme si la vapeur retombait vers sa source.
Essais sur le monde de la paix et du plaisir voir Anraku Shu
Essais sur le Paradis de l'Ouest voir Anraku Shu
essence du Sutra du Lotus en quatre phrases,
shiku-no-yobo, 四句の要法. Enseignement transmis à
Jogyo et les autres bodhisattvas
Surgis-de-Terre dans le chapitre XXI du Sutra du Lotus. Il s'agit d'un commentaire des
paroles de Shakyamuni : "Les pouvoirs supranaturels
des bouddhas sont à ce point innombrables, infinis, inconcevables. Si je devais, à l'aide de ces pouvoirs supranaturels, exposer
durant d'innombrables, d'infinis milliers de millions de myriades de quantités incalculables de kalpas
les mérites de ce Sutra afin d'en assurer la passation, je serais encore incapable d'en venir à bout. Pour en dire l'essentiel
: l'ensemble des enseignements possédés par l'Ainsi-Venu, l'ensemble des pouvoirs supranaturels et souverains
de l'Ainsi-Venu, l'ensemble du réceptacle des secrets de l'Ainsi-Venu, l'ensemble des modes fort profonds de l'
Ainsi-Venu sont tous révélés et manifestés dans ce Sutra."
En d'autres termes, le Sutra du Lotus contient et révèle :
1) toutes les doctrines des Ainsi-Venus ; 2) tous les pouvoirs supranaturels
des Ainsi-Venus ; 3) tous les secrets des Ainsi-Venus ; 4) tous les concepts profonds des
Ainsi-Venus
Dans son Ongi Kuden,
Nichiren explique ce passage comme la mission confiée à Jogyo de propager les
cinq caractères de Myohorengekyo.
estrade d'ordination voir kaidan
établissement de l'attention (smriti
-upasthana, satipatthana).
Selon le Satipatthana sutta il comporte quatre parties :
1) l'attention au corps (kayanupassana) conscience de la position du corps, des différentes parties du corps, du souffle
(anapanasati), des éléments qui constituent son corps, de l’impermanence de son corps ;
2) l'attention aux sensations dans le corps (vedananupassana) : les six sens et la réaction (agréable, désagréable, neutre) ;
3) l'attention à l'esprit (citta-nupassana ; citta implique non seulement la partie rationnelle
mais aussi la partie émotionnelle de nous-mêmes) : désir, haine, confusion, angoisse, fébrilité, torpeur, etc.;
4) l'attention des contenus de l'esprit (dhammanupassana celles-ci étant de cinq sortes : obstacles,
agrégats, expérience des sens, facteurs d'éveil
(bodhyanga, bojjhaṅga) et Quatre nobles vérités
(souffrance, causalité, délivrance).
Voir les quatre méditations-smriti.
étapes [cinquante deux] voir degrés
étapes voir six étapes
état de bouddha voir les dix états
état originel, honnu, 本有. Traduction qui prête à confusion. Hon signifie origine. Mais le Sutra du Lotus proclame un espace-temps sans commencement (kuon ganjo) ; dans ce contexte origine équivaut à ainsité (tathata). L'état originel est donc celui dont les caractéristiques sont identiques depuis toujours. Il serait plus juste de parler d'état primordial, faute de pouvoir employer un adjectif formé sûr "ainsi". On distingue, par ailleurs, la nature de bouddha inhérente ou primordiale (sho-in bussho), la sagesse pour concrétiser cette nature de bouddha (ryo-in bussho) et les conditions ou les pratiques pour la manifester (en-in bussho).
étole cérémonielle voir wagesa
Être pleinement éveillé (samma-sambuddha) voir Éveil parfait et complet, sans supérieur
êtres, shujo, 衆生, sattva, littéralement, la multitude de ce qui est né. Autrement dit, tous ceux qui, par naissance, sont liés de façons multiples à la précarité et au cycle perpétuel des vies et morts.
êtres aux deux jambes. (兩足). Expression utilisée dans les sutras pour désigner l'ensemble hommes/dieux. Ils avancent en se servant des deux jambes que sont la sagesse-paraja et la compassion-karuna.
êtres des deux plans et huit groupes, nikai hachiban, 二界八番. Êtres présents à la Grande-assemblée lors de l'exposé du Sutra du Lotus : 1) les dieux du monde des désirs ; 2) les dieux du monde de la forme ; 3) les rois-dragons et leur suite ; 4) les rois kimnara et leur suite ; 5) les rois gandharvas et leur suite ; 6) les rois asura et leur suite ; 7) Les rois garuda et leur suite ; 8) le roi du monde des humains, Ajatashatru, et sa suite. Voir les huit groupes.
être et non-être, u mu, 有無). A la fois "être" et "non-être" sont la double nature de tous les dharmas. Parce que les dharmas naissent de la production conditionnée, ils existent et donc témoignent de 1'être. Mais aussi, puisque c'est la production conditionnée qui les fait apparaître, ils n'ont pas de nature propre, et, ainsi, c'est le "non-être" qui transparaît. Chacun des dharmas est en fait déterminé à travers une double polarité : 1'être et le non-être. Le caractère inconcevable de notre pensée est le lieu où; cet antagonisme se résout et cela même est désigné par le terme myo, qui qualifie 1'enseignement du Lotus.
êtres sensitifs, êtres émotionnels, êtres sensibles, ujo, 有情. Existences dotées d'affectivité (animaux, hommes). Terme opposé à hijo, 非, non-sensitifs, ce qui est dénué de sentiments et de conscience, par exemple, les minéraux. Le bouddhisme n'établit pas de séparation nette entre les deux catégories donnant pour exemple les formes primitives de vie à la limite du règne minéral et végétal ou de plantes qui se comportent comme des animaux. L'absence de coupure entre sensitifs et non-sensitifs amène à la conception d'un état de bouddha latent dans les plantes. Nichiren développe ce concept dans son Ongi Kuden - Somoku jobutsu kuketsu. Ce qu'en dit Nichiren
evam mayashrutam voir ainsi ai-je entendu
Éveil, kaku 覺, bodai 菩提, bodhi.
Expérience et révélation fondatrices du bouddhisme. Le terme par lui-même désigne la prise de conscience et la connaissance intime de
ce qui était inconnu. Il y a donc différentes sortes d’éveils, y compris une expérience ultime à laquelle renvoie l’expression
Éveil correct, complet et sans supérieur qu’a réalisé le Bouddha qui est l’Éveillé par excellence. Dans les textes
français, on parle souvent d'illumination, terme qui conviendrait mieux au satori des écoles
Zen, car l'illumination suggère un passage soudain de l'ignorance à
la lumière, ce qui n'est pas le cas de l'Éveil.
Voir atteinte de la bouddhéité dont ce terme est synonyme.
A distinguer :
1) Éveil relatif (celui des pratyekabuddhas, ces "éveillés pour soi")
2) Éveil en tant qu'étape du progrès spirituel des bodhisattvas
en 52 étapes : Éveil d’indifférenciation, togaku,
等覺 (51e degré), Éveil merveilleux, myogaku,
妙覺 ou engaku, 円覚 (52e degré). Voir les étapes de la pratique
3) Éveil Atemporel ou primordialsouvent appelé Éveil originel (sans commencement, hongaku, 本覚 ou 本覺).
Terme opposé à Éveil différé (shigaku, 始覺). Au sens strict, l'Éveil primordial est celui dont les êtres vivants
sont pourvus depuis toujours. D'après
Ashvaghosha, au temps sans commencement, l'Éveil originel
et l'Éveil différé ne forment qu'un. Mais dans le monde Saha soumis au temps, la nature atemporelle de notre vie
nous est devenue imperceptible, et ainsi est née la distinction entre Éveil primordial et différé. Aveuglé par les passions, l'homme ordinaire
(bompu) ne conçoit pas cet Éveil et ne se rend donc pas compte, qu'à la fois lui-même et les phénomènes
qui l'entourent, sont le bouddha. On distingue par ailleurs la nature de bouddha inhérente ou primordiale (shoin ),
la sagesse pour concrétiser cette nature de bouddha (ryoin bussho) et les conditions ou les
circonstances (en-in bussho).
La doctrine de hongaku était au centre des divergences entre les écoles bouddhiques de
Kamakura. Pour les tenants de la non-dualité originel/différé l'Éveil n'était pas dû à l'intervention
d'un sauveur extérieur à l'homme (Amida,
Vairocana). C'est le point de vue de Nichiren.
Ce qu'en dit Nichiren.
Éveil parfait et complet, sans supérieur ou Grand Éveil ou Éveil correct, Éveil suprême, Éveil complet manifeste,
anokutara sammyaku sambodai, anokubodai,
anuttara samyaksambodhi, anuttarā samyak-saṃbodhi,
(anuttara = "sans supérieur", qualificatif employé à propos du Bouddha.) Ce terme n'est pas simplement laudatif, il
indique que le bouddha se situe sur un plan où; toute analyse graduelle n'a plus cours : il n'y a ni supérieur ni inférieur, les choses sont
tatha (ainsi), au delà des dichotomies bien / mal, vie / mort, etc;
samyaksambodhi : "pleinement et complètement (samyak-sam)
éveillé (bodhi)" désigne le Bouddha par excellence, celui qui a parcouru la carrière du
bodhisattva et pratiqué les paramitas,
sans l'aide ni l'enseignement de quiconque, avant d'atteindre l'Éveil "plein et parfait" et de redécouvrir par lui-même le
Dharma.
Alors que l'Éveil des auditeurs-shravakas et des
pratyekabuddhas (les deux véhicules) consiste à éliminer la souffrance,
l'Éveil anuttara consiste dans l'intuition universelle ; il est de l'ordre de la connaissance qui va au-delà
du contingent. Pour décrire l'Éveil anuttara,différentes écoles ont mis l'accent sur l'un ou l'autre
de ses aspects : connaissance de l'ainsité, de l'ultime réalité, de la non-substantialité
(vacuité). D'après le Sutra du Lotus, les significations de l'Éveil parfait et
complet, sans supérieur sont innombrables et seul le bouddha peut les connaître toutes. Cet Éveil correspond à la
cinquante deuxième et dernière étape de la pratique de
bodhisattva (myogaku). Ce qu'en dit Nichiren.
Éveil dès ce corps voir atteinte de la bouddhéité sans changer d'apparence
Éveil des êtres non-sensitifs voir atteinte de la bouddhéité par les plantes
Éveil des représentations peintes ou en bois voir atteinte de la bouddhéité par les plantes
éveillé. Personne ayant atteint l'Éveil au sens 1ou 2.
éveillé pour soi voir pratyekabuddha
évidence voir triple évidence
examen-vipassana (introspection) voir méditation Tiantai-Tendai
Exhortation à la sauvegarde, Kanji hon, 勸持品, Quanchi pin. Chapitre XIII du Sutra du Lotus. Au début du chapitre, le bodhisattva Yakuo et sa suite de vingt mille bodhisattvas font, devant Shakyamuni, le vœu de propager le Sutra du Lotus dans ce monde après sa mort. A leur différence, cinq cents arhats qui (dans le chapitre précédent) ont reçu la prophétie d'obtenir l'Éveil à l'avenir, et huit mille auditeurs-shravakas (dont certains étudient tandis que d'autres n'ont plus rien à apprendre) font le voeu de le propager dans d'autres mondes. Shakyamuni prédit ensuite l'Éveil de Mahaprajapati, sa tante maternelle, et de Yashodhara, son épouse, avant qu'il ne renonce au monde. Toutes deux, avec leurs suites de six mille nonnes, font également le vœu de propager le Sutra après la mort du Bouddha. Puis 80 myriades de millions de nayutas de bodhisattvas s’engagent également à ne pas laisser le Dharma dépérir dans les âges mauvais qu’ils dépeignent sous des couleurs sinistres. Les ignorants seront vindicatifs et les moines auront une sagesse pervertie. Ils se vanteront de leurs médiocres réalisations spirituelles et seront avides de biens. Ils se plairont à critiquer les croyants et le Sutra du Lotus et intrigueront auprès des puissants. Néanmoins les bodhisattvas font le serment d'une résolution inébranlable. Leur vœu est prononcé en vers et l'on s'y réfère souvent comme aux "vingt lignes versifiées du chapitre Kanji". Les persécutions énumérées furent plus tard rangées sous la dénomination "les Trois Grands Ennemis" par le Grand-maître Zhanlan. Lire ce chapitre ; Ce qu'en dit Nichiren ; Citations dans les goshos.
Exhortation du bodhisattva Fugen, (Sage-Universel),
Fugen bosatsu kanbotsu hon, Kambutsu, 普賢菩`勧発品,
Puxian pusa quanfa pin. Chapitre XXVIII du
Sutra du Lotus. Le bodhisattva Fugen
(Samantabhadra) et sa suite arrivent de l’orient pour se joindre à l’
Assemblée, il rejoint notre monde Saha car il sait
que le Lotus est enseigné et veut l’entendre.
Le Bouddha lui déclare que quatre conditions sont nécessaires pour être protégé par l’attention des bouddhas :
- avoir cultivé une multitude de vertus
- entrer dans le groupe correctement déterminé
- concevoir l’intention de sauver tous les êtres.
Fugen fait vœu de protéger
ceux qui garderont ce sutra dans l’âge
mauvais et ce, en leur apparaissant sur un éléphant
blanc à six défenses. Il leur apprendra le Lotus
et le récitera avec eux. Il fournit même une formule détentrice (dharani) et déclare
que, s’il se trouve dans le Jambudvipa des croyants
pour recevoir et garder ce sutra, c’est dû à sa force.
Il ne laissera pas ce sutra s’éteindre. Le Bouddha approuve son projet et protégera ceux qui connaîtront le nom de
ce bodhisattva. Celui qui dans les cinq cents années suivantes
(gogohyakusai, houwubosui)
aura foi et connaissance dans le Lotus deviendra un bouddha. Ceux qui railleront la pratique à laquelle se livre une
telle personne seront privés d’yeux, ceux qui les critiqueront, même avec raison, contracteront des maladies graves. Après
cet exposé, l’Assemblée du Lotus, qui s’était
majestueusement rassemblée dans le chapitre Jo
(I), se disperse heureuse, en seulement quatre mots
(sa rai ni ko, zuo li er qu, ils saluèrent et partirent), et cet inachèvement, cette
rapidité dans l’expression, peut donner le sentiment que cette Assemblée assez intemporelle ne s’est pas vraiment
dispersée.
Lire ce chapitre ;
Ce qu'en dit Nichiren ;
Citations dans les goshos.
existence voir vie
Expédients salvifiques [chapitre des] voir Moyens appropriés
expédients salvifiques voir moyens appropriés
extinction (metsudo). Annihilation du moi par suppression de tout désir. État supérieur dans la recherche de bouddhéité dans le Theravada.
extinction à l'origine, genmetsu. Processus d’annihilation des douze liens causaux par production de l’Éveil qui détruit le premier d’entre eux l’obscurité fondamentale (ignorance originelle, mumyo, avidya), et empêche donc leur production successive.
Ezo [tribus]. Habitants autochtones du nord du Japon. Certains textes des périodes de Nara (710-794) et Heian (794-1185) les présentent comme des tribus barbares ayant autrefois occupé la totalité de l'archipel japonais que la force militaire avait repoussés au nord-est du pays. Les avis sont très partagés sur la question de savoir si les anciens Ezo étaient des ancêtres des habitants du Hokkaido connus sous le nom de Ainu et qui étaient des Japonais non "pacifiés", ou de quelque autre peuple inconnu.