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Extraits de gosho sur

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Saicho - Dengyo

Il y eut autrefois des hommes comme Saicho*, Gishin*, Ennin* et Enchin qui parcoururent dix mille lieues sur les océans à la recherche des enseignements sacrés, ou qui franchirent toutes les montagnes et rivières du Japon pour contempler les statues du Bouddha qu'ils vénéraient. Dans certains cas, ils bâtirent des temples au sommet de hautes montagnes pour y préserver ces écritures et ces statues ; dans d'autres cas, ils construisirent, au fond de vallées encaissées, des lieux de culte où l'on pouvait vénérer et honorer de tels objets.
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Le Japon est un pays auquel convient exclusivement le Mahayana, et, plus particulièrement dans le Mahayana, il devrait se consacrer uniquement au Sutra du Lotus. On trouve confirmation de cela dans le Yuga Ron, dans les écrits de Seng-zhao, dans les écrits du prince Shotoku, du Grand-maître* Saicho* et d'Annen. Comprendre cela, c'est comprendre le pays.
[...] Sous le règne de l'empereur Kammu, le Grand-maître* Saicho* apparut. Il révéla le véritable sens du Sutra du Lotus en réfutant les enseignements du Hinayana et du Mahayana provisoire*. A dater de ce jour, les opinions divergentes cessèrent de prévaloir et, dans le pays entier, chacun accorda pleinement foi au Sutra du Lotus.
L'enseignement, les capacités, le temps et le pays (Izu, 10 février 1262  ? )

L'opinion que le Sutra du Lotus fut enseigné pour le bien des personnes des deux véhicules [auditeurs-shravakas et pratyekabuddhas], et non pour les personnes dans l'état de bodhisattva, et que les mots "je n'ai pas encore révélé la vérité"(réf.) ne concernent que ces personnes des deux véhicules, était celle du Grand-maître* Tokuichi, un moine de l'école Hosso. Cette opinion fut réfutée par le Grand-maître* Saicho* qui écrivit  : "De nos jours, un amateur d'aliments de saveur inférieure a composé plusieurs volumes d'écrits falsifiés, offensant le Dharma et calomniant les personnes. Comment pourrait-il ne pas tomber en enfer  ? "(réf.) Ces critiques sévères eurent pour effet que la langue de Tokuichi se fendit en huit morceaux et qu'il mourut.
[...] Lorsque le Grand-maître* Saicho* enseigna le Sutra du Lotus, le Grand Bodhisattva Hachiman lui fit don d'une robe pourpre, et quand le moine Kuya récita le Sutra du Lotus, la grande divinité du sanctuaire Matsuo fut protégée du vent froid.
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

Mais, en pensant que toutes les bonnes actions se valent, les gens accomplissent des gestes de petite bonté sans comprendre qu'ils commettent du même coup un grand mal. Aussi, lorsqu'ils voient se délabrer des sanctuaires associés à Saicho*, à Ennin* et à d'autres Grands-maîtres, ils les laissent tomber en ruines sous prétexte que ces petits temples ne sont pas consacrés au Nembutsu.
Encouragements à une personne malade (décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Nous voyons là qu'il faudrait accepter ce qui est clairement établi dans le texte des sutras, mais rejeter tout ce qui ne peut être soutenu par le texte. Le Grand-maître* Saicho* dit  : "Fiez-vous aux enseignements du Bouddha, et non aux enseignements transmis oralement"(réf.), ce qui exprime la même idée que le passage du commentaire de Zhiyi*. Et le bodhisattva Nagarjuna dit  : "Fiez-vous aux traités qui sont fidèles au sutra  ; ne vous fiez pas aux traités qui déforment le sutra."(réf.) Une signification possible de ce passage est que, parmi les divers sutras, il faut rejeter les enseignements provisoires énoncés avant le Sutra du Lotus, et accorder sa foi à ce Sutra. Ainsi, les sutras aussi bien que les traités rendent parfaitement clair qu'il faut rejeter tout sutra autre que le Sutra du Lotus.
[...] Ainsi, il advint que cette traduction, en particulier, du Sutra du Lotus par le Savant-maître* Kumarajiva se répandit sans difficulté à travers toute la Chine. Et c'est pourquoi, quand le Grand-maître* Saicho* du temple Enryaku-ji attaqua les enseignements des autres écoles, il les réfuta en disant : "Nous avons la preuve, parce que la langue du Savant-maître* Kumarajiva, le traducteur du Sutra du Lotus, n'a pas été consumée par les flammes. Les sutras sur lesquels vous vous appuyez sont tous dans l'erreur  ! "
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* déclare : "Ni les maîtres ni les disciples, pour atteindre la bodhéité, n'ont besoin de poursuivre des pratiques austères pendant d'innombrables kalpas. Grâce au pouvoir du Sutra du Lotus, ils peuvent y parvenir sans changer d'apparence." Cela signifie que le maître qui expose les principes du Sutra du Lotus, aussi bien que le disciple qui reçoit ses enseignements, sans avoir à attendre longtemps, parviendront ensemble à la bodhéité grâce au pouvoir du Sutra du Lotus.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

Le Grand-maître* Kompon, plus connu sous le nom de Grand-maître Saicho*, le commente en disant  : "Les époques du Dharma correct et du Dharma formel arrivent à leur terme, et les Derniers jours du Dharma sont tout proches. Le temps est maintenant venu où le Véhicule unique du Sutra du Lotus prouvera qu'il est bien celui qui convient parfaitement aux capacités de tous les êtres humains."(réf.)
L'essentiel du chapitre Yakuo (1265-  ? peut-être à la mère de Nanjo Tokimitsu)

A 3.000 ri à l'est de la Chine se trouve un pays qu'on appelle le Japon. Quelque deux cents ans après sa mort, le Grand-maître* Zhiyi* renaquit dans ce pays sous le nom de Grand-maître* Saicho*. Il écrivit un ouvrage intitulé Hokke Shuku dans lequel il déclara : "Ni les maîtres ni les disciples n'ont besoin de passer par d'innombrables kalpas de pratique des austérités pour atteindre la bodhéité. Grâce au pouvoir du Sutra du Lotus, ils peuvent y parvenir sans changer d'apparence." Ainsi, il expliqua clairement pourquoi la fille du Roi-Dragon avait pu devenir bouddha. Il semble parfois difficile, pour les femmes de notre époque, d'atteindre la bodhéité sans changer d'apparence. Mais, si elles font confiance au Sutra du Lotus, il ne fait aucun doute qu'après leur mort elles renaîtront dans la Terre pure de la béatitude parfaite. Elles l'atteindront plus facilement encore que les rivières et les ruisseaux ne rejoignent le grand océan, plus rapidement encore que la pluie ne tombe du ciel.
Le Daimoku du Sutra du Lotus (1266 à une femme d'Amatsu) Gosho signé Nichiren, disciple du Grand-maître* Saicho*

Dans notre propre pays, le Grand-maître* Saicho*, [fondateur de l'école Tendai] sur le Mont Hiei, tint un débat avec les lettrés de la capitale du Sud [Nara] et de la capitale du Nord [Kyoto] et établit ce qui était correct et ce qui était erroné en bouddhisme. Dans les deux cas, [Zhiyi* aussi bien que Saicho*] leur démonstration s'appuya sur les sutras.
Réponse à Hoshina Goro Taro (5 décembre 1267 à Hoshina)

Sous le règne de l'empereur Kammu, vivait un jeune moine du nom de Saicho*, disciple du moine Gyoho du temple Yamashina. On le connut par la suite sous le nom de Grand-maître* Dengyo. Il étudia en profondeur l'enseignement des six écoles précédemment introduites au Japon ainsi que celui de l'école Zen, mais aucune de ces doctrines ne parut le satisfaire. Quelque quarante ans plus tot, sous le règne de l'empereur Shomu, un moine chinois du nom de Ganjin était venu au Japon, apportant avec lui les commentaires du Grand-maître* Zhiyi*. Quand Saicho* les lut, c'est lui qui le premier parvint à saisir le véritable sens du bouddhisme. Dans la quatrième année de l'ère Enryaku [785], Saicho* fonda un temple au Mont Hiei afin d'assurer une paix perpétuelle au ciel et sur terre. L'empereur Kammu honora ce nouveau bâtiment en le désignant comme un lieu de culte où des prières devaient être offertes à l'étoile qui guide le souverain. Il n'accorda plus aucun crédit aux enseignements des six écoles et adhéra totalement aux doctrines parfaites de l'école Tendai. Au cours de la treizième année de l'ère Enryaku [794], l'empereur déplaça la capitale, de Nagaoka à Heian [anc. Kyoto]. Dans la vingt-et-unième année de la même ère [802], le dix-neuvième jour du premier mois, l'empereur convoqua, au temple Takao-dera, quatorze maîtres des six écoles des sept grands temples de Nara, parmi lesquels des moines tels que Gonso et Choyo, et leur ordonna d'engager un débat avec Saicho*. Ces maîtres éclairés des six écoles, incapables de répondre, même à une seule question de Saicho*, gardèrent les lèvres si étroitement serrées qu'on aurait pu croire que leur bouche était soudée à leur nez. Les "cinq enseignements" de l'école Kegon, les "trois périodes" de l'école Hosso, les "deux resserres" et "trois ères" professées par l'école Sanron, tous ces principes furent totalement démontés par Saicho*.
[...] Moi, Nichiren, je sais quelles sont les mesures à prendre pour remédier à la situation. A l'exception du sage du Mont Hiei [Saicho*], je suis le seul à le savoir.
Genèse du Rissho Ankoku Ron (Kamakura, le 5 avril 1268, à Hokan-bo)

De même, au Japon, sous le règne de l'empereur Kammu, apparut un simple moine du nom de Saicho*, qui reçut par la suite le titre honorifique de Grand-maître* Dengyo. Il réfuta les principes des écoles établies depuis deux cents ans, depuis [l'introduction du bouddhisme sous] le règne de l'empereur Kimmei. Au début, il suscita beaucoup de colère, mais par la suite, tous finirent par devenir ses disciples.
[...] Ceux qui critiquaient Zhiyi* et Saicho disaient : "Les fondateurs de notre école appartenaient aux Quatre rangs de saints, étaient des sages vertueux des temps anciens alors que vous n'êtes qu'un simple mortel ignorant de la fin de l'époque du Dharma formel." La question, toutefois, n'est pas de savoir si une personne vit à l'époque du Dharma correct, du Dharma formel ou des Derniers jours du Dharma, mais si elle s'appuie ou non sur le texte du Sutra véridique. Une fois de plus, la question n'est pas de savoir quelle est la personne qui enseigne mais si l'enseignement est oui ou non vérifiable.
[...] J'ai pensé : "Comment pourrais-je arrêter la propagation du Nembutsu alors même que les réfutations des temples de Nara et du Mont Hiei et les puissantes interdictions des empereurs n'y sont pas parvenues  ? Mais, en utilisant les sutras comme un clair miroir et en conservant comme outil de divination les principes de Zhiyi* et de Saicho*, j'ai réfuté ces enseignements pendant ces dix-sept dernières années, depuis la cinquième année de l'ère Kencho (1253) (note) jusqu'à maintenant, la septième année de l'ère Bun'ei (1270).
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Au cours des plus de 2200 ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, dans toute l'Inde, la Chine, le Japon et le monde entier [comme le Grand-maître* Zhiyi* l'a déclaré]  : "Vasubandhu et Nagarjuna avaient clairement perçu la vérité dans leur coeur, mais ils ne l'enseignèrent pas. A sa place, ils exposèrent les enseignements du Mahayana provisoire*, qui étaient adaptés à leur époque."(réf.) Zhiyi* et Saicho* en donnèrent une indication générale, mais laissèrent aux générations futures la tâche de la propager. Ce Dharma caché, l'unique grande raison pour laquelle les bouddhas viennent en ce monde, sera propagée pour la première fois dans ce pays. Et Nichiren n'est-il pas précisément la personne qui la propage ?
[...] Le Grand-maître* Saicho* déclare  : "Quand le soleil se lève, les étoiles se cachent."(réf.).
L'aspiration à la Terre de Bouddha (Sado, le 23 novembre 1271 à Toki Jonin)

Ce grand mandala est établi en agitant la doctrine d'ichinen sanzen (Une pensée trois mille). Il s’agit d’une doctrine que les faux érudits de notre époque ne peuvent pas connaître même en rêve. Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* la connaissaient intérieurement mais ne l’ont pas propagé. Ils clamaient “une couleur, un parfum” et murmuraient que cela trouble les oreilles et stupéfie les cœurs. Ils nommaient maka shikan parfait et soudain ce qu’ils auraient dû appeler Myohorenge.
Transmission orale sur l’éveil des végétaux (
20 février 1272 à Sairenbo)

Quand le Grand-maître* Saicho* apparut au Japon, il ne se contenta pas d'exposer les erreurs des six écoles de Nara mais établit clairement que l'école Shingon avait volé les principes du Sutra du Lotus exposés par Zhiyi* pour en faire l'essentiel de sa propre doctrine. Le Grand-maître Saicho exhorta les maîtres des autres écoles à renoncer à leurs conceptions et interprétations arbitraires pour n'examiner les choses qu'à la seule lumière des écrits eux-mêmes. En conséquence, il parvint à vaincre en débat huit moines éminents des six écoles de Nara, puis douze moines, puis quatorze, puis plus de trois cents, parmi lesquels Kukai* (note). Il n'y eut bientôt plus une seule personne dans tout le Japon qui ne reconnut pas la supériorité de l'école Tendai, et les grands temples de Nara, le temple du Shingon To-ji à Kyoto, et d'autres temples de toutes les provinces furent rattachés au temple principal de l'école Tendai au Mont Hiei. Le Grand-maître Saicho établit aussi, clairement, que les fondateurs des diverses autres écoles bouddhiques en Chine, grâce à leur respect de la doctrine du Grand-maître Zhiyi, ne commirent pas l'erreur de s'opposer aux véritables enseignements du bouddhisme.
[...] Moi, Nichiren, je dis ceci : le bouddhisme a été introduit au Japon depuis maintenant plus de sept cents ans (note). Pendant cette période, seul le Grand-maître* Saicho* a vraiment compris le Sutra du Lotus, mais personne ne veut tenir compte de ce fait.
[...] Par ailleurs, les écoles Kegon et Shingon sont d'un niveau incomparablement plus élevé que les écoles Hosso et Sanron. Elles affirment que : "Les concepts de nijo jobutsu* et celui de kuon jitsujo* ne sont pas limités au seul Sutra du Lotus mais sont également présents dans les sutras Kegon* et Vairocana*.Les patriarches du Kegon, Dushun, Zhiyan, Fa-zang et Cheng-guan ainsi que les maîtres du Shingon, Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* étaient supérieurs à Zhiyi* ou Saicho*."
[...]  Le Grand-maître Saicho* écrivit dans son Kenkai Ron (note) : "Les supérieurs des moines* à Nara, ont soumis au trône un réquisitoire disant : "Il y eut dans l'Ouest*, un mauvais brahmane que l'on appelait 'Démon d'Eloquence', qui égarait les hommes ; de même, de nos jours, dans ce pays de l'Est*, se trouve un moine au crâne rasé (note) qui profère des paroles habiles. Les personnes de ce genre jettent l'obscurité sur toute chose et égarent le monde." J'*ai répondu à cela : "Nous connaissons l'histoire de Huiguang qui fut vaincu dans un débat et essaya d'empoisonner le Grand-maitre Bodhidharma en en Chine. Maintenant nous voyons les six moines arrogants vaincus dans un débat, essayer de persécuter Saicho. Comme elle est juste la prédiction du Bouddha selon laquelle, après sa mort, ses disciples rencontreraient haine et jalousie ! " Dans le Hokke Shuku, le Grand-maître* Saicho* dit aussi : "La propagation de l'enseignement correct commencera à la fin de l'époque du Dharma formel et au début des Derniers jours du Dharma, dans un pays à l'est de Tang (note) et à l'ouest de Katsu (note), parmi des hommes en proie aux cinq impuretés et vivant à une époque de conflits. Le Sutra dit  : "Ce Sutra, alors même que l'Ainsi-Venu est présent en personne, est déjà en butte aux haines et jalousies ; à plus forte raison alors après son passage en parinirvana."(réf.
[...]  A la fin de l'époque du Dharma formel, seul le Grand-maître Saicho* sut faire comprendre le Sutra du Lotus et les autres sutras en accord avec les enseignements du Bouddha. Les moines des Sept grands temples de Nara se soulevèrent contre lui et protestèrent mais deux souverains sages, l'empereur Kammu et l'empereur Saga, lui donnèrent raison et les choses n'allèrent pas plus loin.
[...]  Ma capacité à comprendre le Sutra du Lotus est infime, comparée à celle de Zhiyi* et de Saicho*. Mais par ma persévérance face aux persécutions et par la profondeur de mon désir d'aider les autres, je crois que je les dépasse. Je pense mériter la protection du ciel mais je n'en vois pour l'instant aucun indice.
[...]  Mais si Nichiren n'avait pas été banni maintes et maintes fois pour la cause du Sutra du Lotus, qu'auraient pu signifier les mots "encore et encore"  ? Si Zhiyi* et Saicho* eux-mêmes n'ont pas concrétisé cette prédiction d'être bannis "encore et encore", comment les autres l'auraient-ils pu ?
[...]  Le Grand-maître* Saicho* commente : "Depuis les temps anciens, nous avons souvent entendu les Vénérés du Monde" indique qu'ils avaient entendu exposer les grands principes du Sutra Kegon* et d'autres sutras antérieurs au Sutra du Lotus. "Jamais encore nous n'avons entendu un tel Dharma supérieur, profond et sublime" indique qu'ils n'avaient jamais entendu le principe du Véhicule unique et suprême contenu dans le Sutra du Lotus."(réf.) C'est-à-dire qu'ils comprirent qu'aucun des sutras du Mahayana antérieur - tels que les sutras Kegon*, Hodo*, Hannya*, Jimmitsu* et Sutra Vairocana* - aussi nombreux que les grains de sable du Gange, n'avaient jamais clarifié le grand principe d'ichinen sanzen, qui est le coeur de tous les enseignements donnés par le Bouddha de son vivant, ou l'os et la moelle de ces enseignements, ni les principes de l'atteinte de la bodhéité par les personnes des deux véhicules, et de l'Eveil du Bouddha dans le passé atemporel.
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* fut le fondateur du bouddhisme ésotérique aussi bien que du bouddhisme exotérique au Japon (note). Dans son Hokke Shuku, il écrit : "Les sutras sur lesquels sont basés les autres écoles expriment la qualité maternelle du bouddha. Mais ils ne véhiculent que cette forme d'amour et la rigueur paternelle leur fait défaut. Seule l'école Tendai, basée sur le Sutra du Lotus, allie l'amour et la rigueur. Le Sutra est un père pour tous les hommes vertueux, les sages, ceux qui étudient et ceux qui n'ont plus rien à étudier, ainsi que ceux qui ont éveillé en eux-mêmes l'esprit du bodhisattva."

[...] 2 C'est pourquoi le Grand-maître* Saicho* écrivit  : "L'école Shingon récemment implantée au Japon, déforme les écrits sur lesquels elle est fondée [pour justifier sa propre supériorité (note) ] alors que l'école Kegon, introduite antérieurement, dissimule le fait qu'elle a été influencée par les principes de Zhiyi*."(réf.)
[...] 2 Kukai* offre un exemple similaire. Sans miroir, on ne peut voir son propre visage, et sans opposants, on ne peut connaître ses propres erreurs. Les maîtres de l'école Shingon et des diverses autres écoles n'étaient pas conscients de leurs erreurs. Mais, après avoir eu la chance de rencontrer le Grand-maître* Saicho*, ils prirent conscience des erreurs de leurs propres écoles.
[...] 2 En outre, les bouddhas des six directions et les vingt-cinq bodhisattva de l'école Jodo, les 1 200 vénérables (note) de l'école Shingon, et les divers êtres vénérables et divinités protectrices et bienveillantes des sept écoles protègent aussi Nichiren. Il en était de même pour le Grand-maître* Saicho* protégé par les divinités gardiennes des Sept écoles.
[...] 2  Ce Dharma [dont je parle] a fait deux fois son apparition sur la terre du Japon. Il faut savoir qu'il est apparu [une première fois] avec le Grand-maître* Saicho* et [de nouveau] avec Nichiren. Mais les aveugles en doutent et n'ont pas la force de croire.
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* dit  : "Appuyez-vous sur les enseignements du Bouddha et n'ayez pas foi dans les traditions transmises oralement."(réf.) Chisho, le Grand-maître* Enchin, dit  : "Pour transmettre les enseignements, appuyez-vous sur les écrits."(réf.)
[...] 2 Et moi, Nichiren, suis plus apte à juger des mérites respectifs des sutras que Cheng-guan de l'école Kegon, Jizang de l'école Sanron, Cien de l'école Hosso, et Kukai* de l'école Shingon. Cela parce que je suis rigoureusement les traces des maîtres Zhiyi* et Saicho*. Par contre Cheng-guan et les autres, qui n'ont pas totalement pris en compte les enseignements de Zhiyi* et Saicho*, n'ont pu éviter de commettre la faute d'opposition au Dharma.
[...] 2 Et Saicho* affirme  : "A la fin de la période du Dharma formel, les maîtres des six écoles de Nara sont les ennemis du Sutra du Lotus."(réf.)
[...] 2 A l'époque de Zhiyi* et de Saicho*, les trois sortes d'ennemis [dont il était question plus tôt] n'étaient pas encore apparus.
[...] 2 De même, le Grand-maître* Saicho* déclare : "Les périodes du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées, et l'époque des Derniers jours du Dharma est proche. En vérité, le temps est maintenant venu où le Véhicule unique exposé dans le Sutra du Lotus prouvera qu'il convient parfaitement aux capacités de tous les hommes."(réf.) Comment le savons-nous  ? Parce que le chapitre Anrakugyo* (XIV) affirme  : "dans la dernière période, quand le Dharma sera sur le point de disparaître" [le Sutra du Lotus sera exposé très largement]."(réf.) Et Genshin* déclare  : "Tous les habitants du Japon, sans exception, ont la même capacité d'atteindre la bodhéité grâce aux enseignements parfaits* [du Sutra du Lotus]."(réf.) A quelle opinion faut-il se fier, à celle de Daochuo et de Honen ou à celle de Saicho* et de Genshin*  ? Aucun sutra ne confirme la première alors que la seconde s'appuie rigoureusement sur le Sutra du Lotus. [...] 2 De plus, le Grand-maître* Saicho* du Mont Hiei est honoré par les moines de tout le Japon comme le maître qui fait recevoir les préceptes [l'ordination]. Comment des moines peuvent-ils être attirés par un homme comme Honen, possédé par le Démon du sixième Ciel, et rejeter le Grand-maître* Saicho*, qui instaura jusqu'à la tonsure qui leur a été conférée  ? Si Honen était vraiment un sage, pourquoi n'a-t-il pas mentionné dans son Senchaku Shu, les commentaires de Saicho* et Genshin* que je viens de citer, afin de résoudre ainsi la question  ? [Il ne l'a pas fait, parce qu'] il est de ceux qui cachent les enseignements des autres. [Ce que le Sutra du Lotus appelle] la seconde sorte d'ennemis, "les moines de cette époque mauvaise", sont précisément ceux qui, comme Honen, transgressent les préceptes et ont des conceptions erronées.
[...] 2 Par le passé, vers la fin des Jours du Dharma formel, Gomyo, Shuen et d'autres moines présentèrent des pétitions au gouvernement dans lesquelles ils calomniaient le Grand-maître* Saicho*.
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* fut dénigré par les moines de Nara qui disaient  : "Ce Saicho* n'a jamais vu la capitale des Tang  ! "(réf.) Mais toutes ces insultes furent suscitées par la fidélité au Sutra du Lotus, et n'ont rien de honteux pour ceux qui les ont subies. Il n'y a pas de plus grande honte que d'être complimenté par des insensés.
[...] 2 Shakyamuni apparut en ce monde saha, Kumarajiva voyagea jusqu'en Chine sous la dynastie des Qin, et Saicho* se rendit lui aussi en Chine. [Tous voyagèrent ainsi pour enseigner et propager le Sutra du Lotus.]
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Saicho* déclara  : "La naissance et la mort sont l'oeuvre mystérieuse de l'essence de la vie. La réalité ultime de la vie se trouve dans l'existence et la non-existence." Aucun phénomène, ciel ou terre, Yin ou Yang, soleil ou lune, ni les cinq planètes, ni aucune des conditions de vie, du monde-état d'enfer au monde-état de bouddha, rien n'échappe à la naissance et à la mort.
L'héritage du Dharma ultime de la vie (février 1272, à Sairen-bo Nichiji)

Lorsque les gens confondent totalement les enseignements du Hinayana et du Mahayana, les enseignements provisoires et définitifs, les doctrines ésotériques et exotériques, aussi incapables de faire la différence entre eux que de distinguer les pierres précieuses des cailloux, ou le lait de vache du lait d'ânesse (note), il faut faire une nette distinction entre eux, à l'instar des Grands-maîtres Zhiyi* et Saicho*.
La Lettre de Sado (Sado, 20 mars 1272, à Toki Jonin)

Zhiyi* et Saicho* ont subi des persécutions et suscité haine et jalousie, rien que pour avoir propagé "Une pensée - trois mille" (ichinen sanzen) théorique de l'enseignement provisoire. Au Japon, cet enseignement fut propagé et transmis successivement par Saicho*, Gishin*, Encho*, Ennin* et d'autres.
[...] L'enseignement que Nichiren propage maintenant peut paraître limité, mais il est en fait extrêmement profond. Il est plus profond encore que les doctrines de Zhiyi* et de Saicho*. Il révèle les trois points importants contenus dans le chapitre Juryo* (XVI). Pratiquer seulement les sept caractères de Na Mu Myo Ho Ren Ge Kyo peut sembler limité  ; mais, puisque ce Dharma est le maître de tous les bouddhas des trois phases de la vie [passé, présent, futur], puisqu'il instruit tous les bodhisattvas de l'univers, et puisqu'il est le guide qui permet à tous les êtres humains d'atteindre la bodhéité, sa pratique est d'une profondeur sans égale.
Les désirs mènent à l'Eveil (Sado, le 2 mai 1272 ; à Shijo Kingo)

L'école Hosso est une branche du Mahayana, mais elle enseigne un principe, celui des cinq natures distinctes, qui est un grand fléau du bouddhisme. C'est un principe pernicieux, pire que le plus fallacieux des principes enseignés par des religions non bouddhiques, et il n'aurait jamais dû être accepté par quiconque, dans aucun des trois pays, Inde, Chine et Japon. Pour finir, il fut réfuté au Japon par le Grand-maître* Saicho*. Et pourtant, malgré la gravité des erreurs de l'école Hosso, l'empereur Taizong eut foi en sa doctrine, et tous suivirent cet exemple, sans le contester.
[...] Mais plus de six cents ans se sont écoulés depuis que le Shingon fut introduit en Chine, et plus de quatre cents ans depuis qu'il s'est répandu au Japon, et j'ai pris connaissance de l'ensemble des attaques ou réfutations qu'il a suscitées de la part des maîtres pendant cette période. Le Grand-maître* Saicho* fut le seul à saisir les points essentiels de la doctrine de cette école. C'est pourtant celle qui, de nos jours, au Japon, commet les plus graves oppositions au Dharma.
La voix pure et portant loin (Sado, septembre 1272, à Shijo Kingo)

Parlons d'abord du premier temple du Mont Hiei. Il fut fondé par le Grand-maître* Saicho* sous le règne de l'empereur Kammu, deux cent et quelques années après l'introduction du bouddhisme dans ce pays. Déjà auparavant, le prince Shotoku avait vu dans Kyoto, la future capitale, un lieu parfait pour y établir la résidence royale. Mais ce ne fut qu'après l'introduction de l'école Tendai au Japon que la capitale y fut véritablement installée. Dans les Annales du prince Jogu (Shotoku), on lit : "Deux cents ans ou plus après mon trépas, le Dharma bouddhique se répandra à travers le Japon tout entier."(réf.) Par la suite, à l'ère Enryaku, le Grand-maître* Saicho* fonda le temple du Mont Hiei, et l'empereur Kammu établit Heian-kyo [la capitale de la Paix]. De cette manière, la prédiction du Prince Shotoku fut réalisée.
[...] De plus, après son retour de Chine, le Grand-maître* Ennin*, trahissant les principes de son premier maître, le Grand-maître* Saicho*, entreprit de propager la doctrine du Shingon au Mont Hiei. Il prétendit que ses prières dans ce but avaient eu pour résultat un rêve dans lequel il transperçait le soleil d'une flèche, et le faisait ainsi tomber.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Le Grand-maître* Guanding* commente cela ainsi  : "Le Bouddha a voulu donner là son enseignement ultime. Comment pourrait-il être facile à comprendre  ? "(réf.) Le Grand-maître* Saicho* déclare  : "Le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et à comprendre parce que le Bouddha y révéla explicitement l'état qu'il avait atteint."
[...] Le Grand-maître* Saicho* écrit : "Le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et à comprendre parce que le Bouddha y révéla explicitement l'état qu'il avait atteint." Plus de mille huit cents ans ont passé dans les trois pays depuis l'accession du Bouddha au parinirvana et seulement trois personnes ont perçu le Dharma correct. Ce sont le Bouddha Shakyamuni en Inde, le Grand-maître* Zhiyi* en Chine et le Grand-maître* Saicho* au Japon. Tous trois sont les sages du bouddhisme orthodoxe.
[...] Après la venue de Zhiyi* et de Saicho*, de nombreux bouddhistes connurent le principe d'ichinen sanzen grâce à l'enseignement de ces deux sages. Parmi eux se trouvaient Jiaxiang de l'école Sanron ; plus de cent moines des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, Fazang et Qingliang de l'école Kegon, Xuanzang et Cien de l'école Hosso ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* de l'école Shingon ; et Dao-xuan de l'école Ritsu. D'abord, tous s'opposèrent à Zhiyi*, mais plus tard, ils acceptèrent totalement ses enseignements.
[...] Zhiyi* dit : "C'est par ce paragraphe que débute la troisième partie du chapitre où le Bouddha transmet l'essence de ses enseignements aux bodhisattvas Surgis de Terre."(réf.) Saicho* déclare : "Il est dit dans le chapitre Jinriki* (XXI)  : "J'ai brièvement décrit dans ce Sutra tous les dharmas du Bouddha..."
[...] Le Grand-maître* Saicho* déclare  : "Les jours du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminés et les Derniers jours sont proches."(réf.) Il exprimait ainsi son regret de ne pas être né à la bonne époque pour la propagation. Né au Japon, il prévoyait le début des Derniers jours du Dharma, en disant : "La propagation de l'enseignement orthodoxe commencera à la fin des Jours du Dharma formel et au début des Derniers jours du Dharma, dans un pays à l'est de Tang (note) et à l'ouest de Katsu (note), au sein d'un peuple souillé par les cinq impuretés qui vivra à une époque de conflits. Le Sutra dit  : " Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore après son trépas  ? "(réf.) "Il y a une bonne raison pour déclarer cela."(réf.)
[...] Le Grand-maître* Saicho* révéla presque la vérité du Sutra, mais parce que l'époque n'était pas encore venue, il érigea une statue du bouddha Yakushi, qui réside dans une région orientale de l'univers, mais il ne représenta pas les Quatre Bodhisattva Surgis de Terre sous quelque forme que ce soit.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Comme vous le savez, le Grand-maître* Zhiyi* a défini le mot Myo [de Namu Myoho Renge Kyo] comme ce qui est mystérieux. Le Sutra prône une grande diversité de pratiques, mais seuls Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* ont su en comprendre le sens profond. Le Grand-maître Saicho*, en particulier, fut la réincarnation de Zhiyi*.
[...] L'enseignement du chapitre Juryo* (XVI) revêt pour moi, Nichiren, une signification particulière. Zhiyi* et Saicho* le comprirent presque entièrement mais ne le révélèrent pas explicitement, et c'est également vrai de Nagarjuna et Vasubandhu. Le Jigage indique : "N'ayant à l'esprit qu'un seul désir, celui de voir le Bouddha, il ne donne pas sa vie à contrecoeur." Moi, Nichiren, j'ai fait surgir la bodhéité du plus profond de ma vie en vivant selon cette phrase. C'est ainsi que j'ai révélé les Trois grands Dharmas cachés, en concrétisant le principe d'ichinen sanzen contenu dans le chapitre Juryo* (XVI). C'est une vérité précieuse que nous devons garder ! Le Grand-maître* du Mont Hiei [Saicho*], se rendit en Chine pour y apprendre le sens profond de cette phrase du Sutra. "Seul" dans "n'ayant à l'esprit qu'un seul désir" désigne l'unique voie pure* et "l'esprit" indique tous les phénomènes.
Pour propager ces cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo, il faut être prêt à donner sa vie. "N'ayant à l'esprit qu'un seul désir, celui de [...] Voir le Bouddha" implique aussi voir le Bouddha dans son propre coeur, penser uniquement à voir le Bouddha, et réaliser que voir son propre coeur équivaut à voir le Bouddha. J'ai atteint la bodhéité, les trois Corps en vivant cette phrase. En enseignant cela, je dépasse sans doute Zhiyi* et Saicho*, Nagarjuna et Mahakashyapa. Progressez sans cesse, sans relâche dans votre foi. Le Bouddha enseigne qu'il faut devenir maître de son coeur et non laisser son coeur devenir le maître (réf.).

Lettre à Gijo-bo (Sado, mai 1273, à Gijo-bo)

D'une certaine façon, je trouve regrettable que plus de deux mille deux cent vingt ans se soient déjà écoulés depuis la mort du Bouddha. Quel mauvais karma m'a empêché de naître de son vivant  ? Pourquoi n'ai-je pas pu voir les quatre rangs de saints à l'époque du Dharma correct, ou Zhiyi* et Saicho* à l'époque du Dharma formel ?
[...] Cela ne décrit-il pas l'époque de kosen-rufu  ? Le Grand-maître* Saicho* a dit : "Les périodes du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées, et celle des Derniers jours du Dharma est proche."(réf.) Ces mots indiquent son grand désir de vivre au commencement de l'époque des Derniers jours du Dharma. Lorsque l'on compare les bienfaits de vivre aux trois époques différentes, il est clair que les miens dépassent non seulement ceux de Nagarjuna et de Vasubandhu, mais aussi ceux de Zhiyi* et de Saicho*.
[...] De même, ce Sutra brise les attachements aux Cinq Véhicules et établit l'enseignement suprême et unique. Il montre leurs erreurs aux personnes ordinaires, et critique les saints, corrige le Mahayana et réfute le Hinayana. Tous ceux qui sont réfutés persécutent les croyants du Sutra du Lotus."(réf.) Le Grand-maître* Saicho* a dit  : "La propagation de l'enseignement correct commencera à la fin de l'époque du Dharma formel et au début de celle des Derniers jours du Dharma, dans une terre à l'est de Tang (note) et à l'ouest de Katsu (note), parmi des gens souillés par les cinq impurtés et vivant dans une période de conflits. Le Sutra dit  : "Puisque jalousie et haine abondent déjà du vivant du Bouddha, cela ne sera-t-il pas pire encore dans le monde après son trépas  ? "(réf.) Il y a de bonnes raisons pour dire cela. (réf.) Le Grand-maître* Saicho* écrivait comme s'il s'était agi de sa propre époque mais, en fait, il se référait à l'époque actuelle. C'est ce qui donne une signification si profonde à ses mots : "Les époques du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées et celle des Derniers jours du Dharma est proche."
[...]  Le Grand-maître* Saicho* déclara : "Shakyamuni a enseigné qu'il est facile d'adhérer à ce qui est superficiel, mais difficile de croire à ce qui est profond. Rejeter le superficiel pour rechercher ce qui est profond demande du courage."(réf.) Le Grand-maître* Zhiyi* pratiqua en accord avec la doctrine de Shakyamuni et fit rayonner l'école du Sutra du Lotus à travers toute la Chine. Saicho* et ses disciples reçurent l'enseignement transmis par Zhiyi* et le propagèrent partout au Japon. Nichiren, de la province d'Awa, a hérité du bouddhisme dans la lignée de ces trois maîtres et propagé le Sutra du Lotus dans les Derniers jours du Dharma. A ces trois maîtres du bouddhisme s'en ajoute donc un autre. Ensemble, il faudrait les appeler "les Quatre Maîtres des Trois pays [Inde, Chine, Japon]".
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

Le Grand-maître* Zhiyi* fut en butte à l'hostilité des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord. Quant au Grand-maître Saicho*, il fut dénigré par les six écoles de l'ancienne capitale Nara. Le Bouddha, ces bodhisattvas et grands sains étaient tous des adeptes du Sutra du Lotus, et malgré cela, ils subirent de grandes persécutions. Si vous niez qu'ils aient pratiqué comme le Bouddha l'enseigne, où donc trouverez-vous des personnes qui l'aient fait  ? Nous sommes à l'époque des conflits, celle où le Dharma pur a disparu.
[...] Le véritable Maître, le Bouddha Shakyamuni, pratiqua shakubuku pendant les huit dernières années de sa vie, le Grand-maître* Zhiyi* pendant plus de trente ans, et le Grand-maître* Saicho* pendant plus de vingt ans. Nichiren réfute les enseignements provisoires depuis plus de vingt ans, et les grandes persécutions qu'il a subies pendant cette période sont innombrables. Je ne sais pas si elles sont égales aux neuf grandes persécutions subies par le Bouddha, mais il est certain que ni Zhiyi* ni Saicho* ne rencontrèrent jamais des persécutions aussi graves que celles subies par Nichiren pour la cause du Sutra du Lotus. Ils ne suscitèrent que jalousie et calomnies, alors que j'ai été à deux reprises exilé par le Régent, cette fois dans une province lointaine. Qui plus est, je fus bien près d'être décapité à Tatsunokuchi, je fus blessé au front à Komatsubara, et constamment calomnié. Mes disciples ont également été exilés et jetés en prison, tandis que les croyants laïcs qui me suivent ont été expulsés et leurs biens confisqués. Comment les persécutions endurées par Nagarjuna, Zhiyi* ou Saicho* pourraient-elles être comparables  ? Comprenez donc que la personne qui pratique le Sutra du Lotus, exactement comme le Bouddha l'enseigne, sera immanquablement attaquée par les Trois grands ennemis. Shakyamuni lui-même, Zhiyi* et Saicho* furent les trois seuls à pratiquer en parfait accord avec l'enseignement du Bouddha, en plus de deux mille ans. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, les seuls pratiquants de cette sorte sont Nichiren et ses disciples. Si nous ne pouvons être considérés comme des pratiquants fidèles aux enseignements du Bouddha, alors Shakyamuni, Zhiyi* et Saicho* ne peuvent pas l'être non plus. Pourrait-on appeler pratiquants du Sutra du Lotus Devadatta, Kokalika, Sunakshatra, Kukai*, Ennin*, Enchin, Shandao, Honen, Ryokan et leurs semblables  ? Le Bouddha Shakyamuni, Zhiyi*, Saicho, ou Nichiren et ses disciples pourraient-ils être des adeptes des écoles Nembutsu, Shingon, Zen, Ritsu ou autres  ?
La Pratique telle que le Bouddha l'Enseigne (mai 1273 à plusieurs de ses disciples)

Nichiren est le seul à avoir jamais enseigné une telle doctrine. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* la connaissaient dans leur coeur mais ils ne la proclamèrent pas à voix haute. Il y avait des raisons à leur silence : le Bouddha ne leur avait pas confié cette mission, le temps n'était pas encore venu et ils n'avaient pas été les disciples du Bouddha dans le passé illimité.
La véritable réalité de la vie (Sado - Ichinosawa, mai 1273 à Sairen-bo)

Zhu Daosheng fut banni sur les montagnes de Su-thou, le moine Fa-zu fut assassiné, le Maître du tripitaka, Fa-dao, eut le visage marqué au fer rouge et le Maître du Dharma Hui-yuan fut réprimandé et inculpé. Le Grand-maître* Zhiyi* dut affronter en débat les dix maîtres de la Chine du Sud et du Nord, et le Grand-maître* Saicho* réfuta les conceptions erronées des six écoles de Nara.
[...] Ensuite, mille huit cents ans après la mort du Bouddha, le Grand-maître* Saicho* apparut au Japon et réfuta les doctrines erronées des six écoles bouddhiques répandues pendant deux cents ans ou plus, depuis l'époque de l'empereur Kimmei. De plus, il énonça les préceptes menant à l'Eveil immédiat et parfait [que Zhiyi* n'avait pas révélés]. Ce furent les préceptes d'ordination selon l'enseignement parfait* conférés au sanctuaire du Mont Hiei.
[...] Quant au Grand-maître* Saicho*, il écrivit  : "Les époques du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées, et celle des Derniers jours du Dharma est toute proche. C'est maintenant le moment où le Véhicule unique exposé dans le Sutra du Lotus se révélera parfaitement adapté aux capacités de tous."(réf.)
[...] Un brahmane d'Inde dit un jour  : "Cent ans après ma mort, le Bouddha apparaîtra en ce monde." Et un lettré confucéen fit cette prédiction  : "D'ici mille ans, le bouddhisme sera introduit en Chine."(note) Même de telles prédictions, émanant de personnes ordinaires, coïncident avec la vérité comme les deux moitiés d'un même sceau. Comment, dans ce cas, les affirmations de Saicho* et de Zhiyi* [considérés comme les bouddhas de l'époque du Dharma formel], ou les claires prédictions sorties de la bouche d'or des bouddhas Shakyamuni et Taho pourraient-elles être fausses ?
Réponse au seigneur Hakiri Saburo (Sado, 3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)

Le Grand-maître* Saicho* écrivit  : "Les époques du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées et celle des Derniers jours du Dharma est maintenant très proche."(réf.) Ainsi, il établissait lui-même à son grand regret que, à la fin de l'époque du Dharma formel, le moment n'était pas encore venu de propager l'enseignement du Sutra du Lotus.
[...] A peine le supérieur Xing-man eut-il posé les yeux sur le Grand-maître* Saicho* qu'il s'exclama : "Les ouvrages sacrés ne disparaîtront jamais, maintenant que j'ai rencontré cet homme  ! Tous les principes que j'ai appris, je les transmettrai à cet acarya venu du Japon."
Réfuter l'opposition au Dharma bouddhique pour se libérer de ses fautes passées (Sado, 1273 à Shijo Kingo)

Ainsi, le Grand-maître* Saicho* écrit : "Un seul esprit, l'essence réelle de Myoho Renge, amène simultanément à maturité à la fois le bourgeon de la cause et la corolle de l'effet. Les trois formes d'enseignement utilisées par le Bouddha contiennent toutes les trois à la fois le lotus-ainsité et le lotus-métaphore. L'ensemble du Sutra du Lotus est à la fois ainsité et métaphore : dans les sept paraboles, les trois non-dualités et les dix points de supériorité de ce Sutra, le lotus qui est désigné est celui de l'essence [du Dharma]. Et on appelle Myoho Renge Kyo [Sutra du Lotus] l'enseignement qui expose pleinement ce principe."
[...] Et dans son commentaire, le Grand-maître Saicho* écrit lui aussi  : "Question  : Quelle est l'essence du Sutra du Lotus  ? Réponse. C'est "le véritable aspect tous les phénomènes."(réf.) Ce commentaire élucide la question. (Les maîtres de l'époque ont conservé ce commentaire secret et n'ont pas révélé le nom de l'essence, mais ce passage fait clairement allusion à Myoho Renge.)
[...] On lit encore, dans le Daichido Ron du bodhisattva Nagarjuna  : "Le lotus représente à la fois le Dharma lui-même et une métaphore pour l'exprimer." Pour expliquer ces passages des traités de Vasubandhu et de Nagarjuna, le Grand-maître* Saicho* écrivit : "Le Hokke Ron donne deux explications à l'emploi du lotus dans Myoho Renge Kyo. Il ne dit pas que le mot désignant un lotus ordinaire a deux sens différents. Ce qu'il y a d'admirable ici, en définitive, c'est que le Dharma et l'image qui la symbolise se ressemblent. Si elles ne se ressemblaient pas, en quoi l'image aiderait-elle à comprendre  ? C'est pourquoi il est dit, dans le Daichido Ron, que le lotus est à la fois le Dharma lui-même et sa représentation. L'unité fondamentale, l'essence réelle de Myoho Renge, fait s'épanouir simultanément le bourgeon de la cause et la corolle de l'effet. Grâce à l'image, ce concept difficile à comprendre, devient accessible. Le sutra qui énonce pleinement ce principe a pour nom Myoho Renge Kyo."(réf.)
[...] En dernière analyse, le sens du Sutra du Lotus est que l'image équivaut à l'essence réelle du Dharma, et que l'essence réelle du Dharma équivaut à l'image. C'est pourquoi le Grand-maître* Saicho* fait le commentaire suivant : "Il y a de nombreuses métaphores et paraboles dans le Sutra du Lotus, mais les principales paraboles sont au nombre de sept. Ces sept paraboles expriment le Dharma, et le Dharma équivaut à ces métaphores et paraboles. Il n'y a pas d'essence réelle du Dharma en dehors des images et des paraboles, et il n'y a pas d'images et de paraboles en dehors de l'essence réelle du Dharma. En d'autres termes, on appelle "essence réelle du Dharma" le principe de la nature réelle des phénomènes, tandis que les images et paraboles représentent l'essence réelle du Dharma Merveilleux telle qu'elle se manifeste dans les phénomènes concrets. Les manifestations équivalent à la véritable réalité, et la véritable essence réelle équivaut à ses manifestations. Ainsi, le Dharma et ses métaphores ne font qu'un. Les passages des traités ainsi que leurs commentaires par l'école Tendai voient tous dans le lotus à la fois le Dharma lui-même et l'image la désignant."
[...] Le Grand-maître* Saicho* explique  : "C'est une voie directe mais ce n'est pas la Grande Voie directe."(réf.) Il dit encore  : "Parce qu'ils ignorent encore la Grande Voie directe qui conduit à l'Éveil."(réf.)
[...] À propos du lotus de "la grande raison unique" [pour laquelle le Bouddha apparut en ce monde] le Grand-maître* Saicho* écrivit : "Le grand sujet unique", coeur et essence même du Sutra du Lotus, est la révélation du lotus. "Unique" signifie qu'il s'agit de la réalité fondamentale [l'essence réelle]. "Grand" indique qu'elle est vaste et intrinsèquement capable de tout inclure. Et "sujet" renvoie à l'aspect réel des phénomènes. Cette grande raison unique, ou "sujet ultime", est la vérité, l'enseignement, la sagesse et la pratique de l'enseignement parfait*, autrement dit le Corps du Dharma*, le Corps de sagesse* et le Corps de manifestation* de l'enseignement parfait*. Grâce à cette révélation, les personnes du Véhicule unique, des trois véhicules, des groupes prédestinés, du groupe non prédestiné, ceux qui croient aux enseignements bouddhiques, ceux qui croient aux enseignements non bouddhiques, ceux qui n'ont aucun désir de devenir bouddha, comme ceux qui sont incapables de croire aux enseignements corrects - tous ces êtres, sans la moindre exception, ont accès au domaine de la sagesse imprégnant tous les phénomènes ; ainsi cette "grande raison unique" ouvre la porte de la sagesse du Bouddha à tous les êtres vivants [kai], la révèle [ji], les incite à s'y éveiller [go] et les fait accéder [nyu] à la bodhéité."(réf.)
[...] Et le document [allusion au Shuzen-ji ketsu] mentionnant le voeu exprimé par le Grand-maître* Saicho* sur son lit de mort, contient les mots Namu Myoho Renge Kyo.
[...] Les cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo sont le Grand Dharma pur qui doit se répandre largement à l'époque des Derniers jours du Dharma. Il fut transmis aux grands bodhisattvas Surgis de Terre aussi nombreux que les particules de mille mondes réduits en poussière, afin qu'ils le répandent largement. C'est pourquoi Huisi, Zhiyi et Saicho*, bien que connaissant parfaitement la vérité au fond de leur coeur, ont laissé la tâche de la propagation au guide et au maître de l'époque des Derniers jours du Dharma, en s'abstenant de l'accomplir eux-mêmes.
L'ainsité du Dharma Merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

Nagarjuna et Vasubandhu furent tous deux des Maîtres, auteurs de mille ouvrages. Cependant, ils n'exposèrent que les enseignements du Mahayana provisoire*. Dans leur cœur, ils avaient compris le sens du Sutra du Lotus, mais ils ne l'exposèrent pas précisément. Une transmission orale existe à ce sujet. Zhiyi* et Saicho* enseignèrent bien le Sutra du Lotus mais ils ne révélèrent pas l'objet de vénération [Gohonzon] de l'enseignement essentiel*, les quatre bodhisattvas, le Grand sanctuaire et les sept caractères de Namu Myoho Renge Kyo.
[...] Tokuichi dit encore : « Il [Zhiyi*] doit être assurément un pervers et un fou." Plus de trois cents moines des sept temples principaux de Nara, dont certains hautement respectés, tels le Supérieur des moines Gomyo et le maître des préceptes Keishin, calomnièrent violemment le Grand-maître* Saicho* en disant : "De même qu'il y eut autrefois, à l'ouest, dans le pays de Sia, en Asie Centrale, un mauvais brahmane appelé Kiben dont les propos mensongers abusaient les gens, maintenant, dans ce pays de l'est, le Japon, il y a un crâne tondu qui égrène des paroles habiles. Les démons de ce genre attirent toujours à eux des gens qui leur ressemblent et c'est ainsi qu'ils trompent et égarent le monde."(réf.)
[...] Pourtant, il est dit, dans le Hokke Shuku [de Saicho*]  : "Shakyamuni a enseigné qu'il était facile de croire au superficiel mais difficile de croire en ce qui est profond. Écarter le superficiel pour rechercher ce qui est profond exige du courage. Le Grand-maître* Zhiyi* eut confiance en Shakyamuni, suivit fidèlement son enseignement, défendit les principes de l'école Hokke et les propagea à travers toute la Chine. Nous autres, qui avons hérité de la doctrine de Zhiyi*, représentons l'école Hokke du Mont Hiei et travaillons à répandre ses enseignements partout au Japon."
[...] Du vivant du Bouddha, ainsi que pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel [qui suivirent sa disparition], il n'y eut que trois pratiquants du Sutra du Lotus. Le Bouddha Shakyamuni lui-même, Zhiyi* et Saicho*. [Les autres, ] Shubhakarasimha (Shan-wu-wei) et Amoghavajra* de l'école Shingon, Dushun et Zhiyan de l'école Kegon, ainsi que les maîtres des écoles Sanron et Hosso interprétèrent tous les phrases du Sutra du Vrai Dharma pour les concilier avec le sens des sutras provisoires. Les maîtres Nagarjuna et Vasubandhu appréhendèrent intérieurement le sens du Sutra du Lotus mais ne le révélèrent pas explicitement. Même les quatre rangs de saints de l'époque du Dharma correct sont inférieurs à Zhiyi* et Saicho* pour ce qui est de la propagation de l'enseignement du Sutra du Lotus tel qu'il est exposé dans le Sutra.
[...] Si l'on s'en tient à la prédiction du Sutra ["haines et jalousies seront pires encore après son trépas"], Zhiyi* et Saicho* n'ont pas accompli la prophétie du Bouddha. Cela veut dire que le Pratiquant du Sutra du Lotus doit apparaître au début de l'époque des Derniers jours du Dharma, en parfait accord avec la prédiction du Bouddha.
[...] Toutes ces épreuves ont été pour moi plus graves que celles du Bouddha de son vivant. Ce sont des difficultés telles que Zhiyi* et Saicho* n'en ont jamais rencontrées. Il faut que vous le sachiez : en ajoutant Nichiren aux trois autres, il y a maintenant un quatrième Pratiquant du Sutra du Lotus, apparu à l'époque des Derniers jours du Dharma
Le pratiquant du Sutra du Lotus rencontrera des persécutions (Sado, 14 janvier 1274 à Toki Jonin, Shijo Kingo, Kawanobe et Yamato Ajari)

Selon Zhiyi faisant allusion (note) aux temps actuels : « La dernière période de cinq cents ans recevra pleinement les bienfaits de la Voie merveilleuse». Saicho, parlant des temps actuels, a dit : «Les périodes du Dharma Correct et du Dharma Formel se sont progressivement écoulées, celle des Derniers jours du Dharma s'approche rapidement. » Ces derniers mots signifient que son temps n'était pas celui où le Sutra du Lotus devait se répandre.
[...] Question. — Quelles sont les lois ésotériques qu'au cours de plus de deux mille ans qui se sont écoulés depuis la mort de l'Ainsi-Venu, Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi, Saicho, ont laissées de côté ? Réponse. — L'objet fondamental de la vénération (gohonzon), l'estrade d'ordination (kaidan) (note) et les cinq caractères du titre (daimoku), qui relèvent de la doctrine de l'état originel (honnu). Question. — Pourquoi n'ont-ils pas été propagés au cours des périodes du Dharma Correct et du Dharma Formel? Réponse. — S'ils avaient été propagés dans les périodes du Dharma Correct et du Dharma Formel, les doctrines du Hinayana, du Mahayana provisoire, des états terrestres* (du Lotus) se seraient éteintes du coup.
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1274, à Toki Jonin)

Durant le règne du 50e souverain, l’empereur Kammu, un sage nommé Saicho* fonda la Hokkeshu, supérieure aux autres écoles bouddhiques, et défia au cours d’un débat les six écoles de Nara  : Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron et Kegon. Le Grand-maître* Saicho* apprit l’existence de l’école bouddhique Shingon en Chine. Il s’y rendit en 804 (la 23e année de la ère Enryaku) pour étudier et transmettre quatre écoles bouddhiques. Il étudia les écoles mahayana Tian-tai, Zhenyan, Chan et Ly-zong. Après quoi, il s’en retourna au Japon, pour n’y propager que les doctrines mahayana Hokke et Ritsu, sans mentionner le Zen. En effet, Saicho* ne reconnu pas l’indépendance de cette dernière école, tout comme pour celle du Shingon, se contentant de permettre aux moines des sept grands temples de Nara d’accomplir le rite ésotérique nommé "cérémonie d'ondoiement". Ne connaissant pas la véritable intention du Grand-maître*, le peuple supposa alors qu’il n’avait approfondi que l’école de Tendai-Hokke, en délaissant la doctrine de l’ésotérisme du Shingon.
[...] Au Japon, le Grand-maître* Saicho* jouissait de la profonde confiance de trois empereurs Kammu, Heizei et Saga, si bien que ses pires ennemis ne pouvaient rien contre lui. Mais moi, Nichiren, je suis non seulement haï des prêtres des 171 037 temples du Japon mais je ne suis pas en grâce auprès des dirigeants nationaux, de sorte que tous les Japonais me méprisent plus que leurs vieux adversaires ou leurs ennemis héréditaires.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Le Grand-maître* Saicho* apprit l’existence de l’école bouddhique Shingon en Chine. Il s’y rendit en 804 (la 23e année de la ère Enryaku) pour étudier et transmettre quatre écoles bouddhiques. Il étudia les écoles mahayana Tian-tai, Zhenyan, Chan et Ly-zong. Après quoi, il s’en retourna au Japon, pour n’y propager que les doctrines mahayana Hokke et Ritsu, sans mentionner le Zen. En effet, Saicho* ne reconnu pas l’indépendance de cette dernière école, tout comme pour celle du Shingon, se contentant de permettre aux moines des sept grands temples de Nara d’accomplir le rite ésotérique nommé "cérémonie d'ondoiement". Ne connaissant pas la véritable intention du Grand-maître*, le peuple supposa alors qu’il n’avait approfondi que l’école de Tendai-Hokke, en délaissant la doctrine de l’ésotérisme du Shingon.

Le Grand-maître* Saicho* dit : “La fille du Roi-Dragon qui enseigna, n’avait pas pratiqué pendant des kalpas ; les êtres à qui elle enseigna n’avaient pas pratiqué non plus pendant des kalpas. L’enseignante comme les enseignés n’ont pas pratiqué pendant des kalpas. Le pouvoir du Sutra du Dharma Merveilleux est de permettre de devenir bouddha dès ce corps”.
[...] Cela fait désormais plus de deux cents ans que le temps de la propagation de la doctrine éphémère est révolu. Seuls Zhiyi* et Saicho* étaient capables de la propager. Or, tous deux sont entrés dans le parinirvana. Nichiren a compris le temps. Ne doit-il pas propager la doctrine primordiale dont il a reçu la transmission  ? La prédisposition, l’enseignement et le temps de l’éphémère et ceux de l’originel sont très différents.
[...] Vasubandhu, Nagarjuna voyaient clairement à l’intérieur d’eux-mêmes”. Le Grand-maître* Zhiyi* disait  : “la dernière période de cinq cents ans sera largement humectée par la voie merveilleuse”. (réf.) Le Grand-maître* Saicho* disait  : “Les période du Dharma correct et du Dharma formel sont déjà passées et terminées. La Fin du Dharma est extrêmement proche. C’est véritablement le temps, à présent, de la prédisposition au Véhicule unique de la Fleur du Dharma. Comment peut-on le savoir  ? Le chapitre Pratiques paisibles indique  : "Dans l’ère finale, lorsque le Dharma disparaîtra…"(réf.) Ces maîtres des traités, ces maîtres hommes savaient que la période de luttes et de controverses que sera la période de la Fin du Dharma, sera le temps où le bodhisattva sortira de terre pour propager Namu Myoho Renge Kyo, cœur essentiel de la doctrine primordiale. Ils en soupiraient (note), c’est pourquoi, ils faisaient de tels commentaires.
Réponse à Dame Myoichi (Minobu, mai 1275 à Myoichi)

Le Grand-maître* Saicho* a dit : "Les époques des jours du Dharma correct et des jours du Dharma formel sont presque terminées et l'époque des Derniers jours du Dharma est proche. C'est maintenant le temps où le Véhicule unique du Sutra du Lotus se révélera totalement adapté aux capacités des hommes. Comment le savons-nous  ? Parce qu'il est dit dans le chapitre Anrakugyo* (XIV) : "A l'époque des Derniers jours du Dharma, quand le Dharma est sur le point de disparaître le Sutra du Lotus sera largement répandu."(réf.) Saicho* dit encore  : "La propagation l'enseignement correct commencera à la fin de l'époque du Dharma formel et au début des Derniers jours du Dharma dans un pays à l'est de Tang (note) et à l'ouest de Katsu (note), parmi des gens imprégnés des cinq impuretés qui vivront à une époque de conflits. Il est dit dans le Sutra : "Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, cela ne sera-t-il pas pire encore en ce monde après son trépas  ? " Ces paroles ont un sens profond."(réf.)
[...] Le Grand-maître Saicho (Dengyo) étudia les enseignements Tendai et Shingon pendant quinze ans au Japon, par lui-même. Il possédait de manière innée des capacités de compréhension merveilleuses, et, sans l'aide d'un maître, s'éveilla à la vérité. Mais, pour dissiper les doutes des autres, il se rendit en Chine où il reçut l'enseignement des écoles Tendai et Shingon. Les maîtres, en Chine, avaient à cet égard diverses opinions mais, dans son coeur, Dengyo était certain que l'enseignement du Sutra du Lotus était supérieur au Shingon. C'est pourquoi il n'utilisa jamais le terme "école" pour se référer au Shingon, parlant seulement des "pratiques shikan (concentration et intuition)* et Shingon (paroles véritables ou mantra dharani*) de l'école Tendai" Il décida que, chaque année, seraient ordonnés deux novices qui devraient étudier pendant douze ans [au Mont Hiei]. De plus, il obtint que fut promulgué un édit impérial désignant le Sutra du Lotus, le sutra Konkomyo et le sutra Ninno comme les trois sutras destinés à assurer la protection et la prospérité du pays, et décrétant qu'ils devaient être lus et récités au Shikan-in. Cet édit poursuivait en les comparant aux trois trésors de la maison impériale, de toute éternité les trésors les plus précieux du Japon, les bijoux sacrés, le sabre sacré et le miroir sacré. Après la mort de Saicho, le premier patriarche au Mont Hiei, Gishin*, et le deuxième patriarche, Encho*, prolongèrent cet enseignement sans le dénaturer.[...] Au cours de ces périodes, le Sutra du Lotus devait se propager à deux reprises : pendant les huit dernières années de la vie de Shakyamuni lorsqu'il enseigna le Sutra du Lotus et, après sa disparition, dans les premiers cinq cents ans de l'époque des Derniers jours du Dharma. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* n'ont pas vécu en ce monde au temps de Shakyamuni, lorsqu'il enseigna le Sutra du Lotus ; et ils ne naquirent pas non plus assez longtemps après sa disparition pour vivre à l'époque des Derniers jours du Dharma. Ils regrettèrent d'être nés dans la période intermédiaire entre ces deux époques, et leurs écrits montrent qu'ils auraient aimé connaître les Derniers jours du Dharma.
[...] Puis, sous le règne du cinquantième souverain, l'empereur Kammu, huit cents ans après le début de l'époque du Dharma formel, apparut un jeune moine appelé Saicho*, qui serait connu plus tard sous le nom de Grand-maître* Dengyo. Il étudia tout d'abord les enseignements des six écoles Sanron, Hosso, Kegon, Kusha, Jojitsu, Ritsu, ainsi que le Zen sous la direction du moine Gyoho et d'autres. Par la suite, il fit construire le temple Kokucho-ji, appelé plus tard Hiei-san. Là, il fit une étude comparative rigoureuse des principaux sutras de ces six écoles ainsi que des traités et des commentaires de leurs maîtres. Il découvrit de nombreuses différences entre les commentaires des maîtres de ces écoles et les sutras et traités sur lesquels ils s'appuyaient, ainsi que quantité d'interprétations arbitraires. Il devint clair à ses yeux que ceux qui croiraient de tels enseignements tomberaient tous dans les voies mauvaises. De plus, bien que chacun des maîtres de ces écoles prétende avoir saisi le véritable sens du Sutra du Lotus et s'enorgueillisse de sa propre interprétation, aucun d'eux ne l'avait correctement compris. Saicho* sentit que, s'il déclarait cela ouvertement, il créerait inévitablement des conflits mais que, s'il se taisait, il trahirait le voeu du Bouddha. Cette pensée lui était désagréable et il hésita longtemps. Finalement, craignant d'aller à l'encontre des injonctions du Bouddha, il présenta des remontrances à l'empereur Kammu.
L'empereur, stupéfait, convoqua les maîtres de ces six écoles et leur ordonna d'organiser un débat. Au début, l'orgueil de ces maîtres était comme un étendard brandi aussi haut que le sommet des montagnes et leurs pensées mauvaises étaient aussi empoisonnées que la morsure d'un serpent venimeux. Mais, finalement, ils furent contraints de s'incliner et d'avouer leur défaite en présence de l'empereur ; et tous les adeptes des six écoles et des sept temples principaux de Nara devinrent les disciples de Saicho*.
[...] Ce fut comme ce qui s'était passé en Chine, lorsque les maîtres des écoles bouddhiques du Sud et du Nord, après avoir été vaincus dans un débat, au palais de la dynastie Chen, par le Grand-maître* Zhiyi*, devinrent ses disciples. Mais des trois disciplines Zhiyi* n'avait utilisé que la méditation parfaite et la sagesse parfaite. Le Grand-maître* Saicho* fit plus. Il réfuta les principes spécifiques du Hinayana pour la réception des préceptes [que Zhiyi* avait omis de contester], et conféra, à huit maîtres de ces six écoles (note), l'ordination spécifique du Mahayana telle qu'elle est décrite dans le Sutra Bonmo. De plus, il fit construire au Mont Hiei un kaidan pour l'ordination selon les préceptes à l'Eveil complet et immédiat du Sutra du Lotus.
[...] Par conséquent si nous voulons comparer leurs mérites, nous pouvons dire que le Grand-maître* Saicho*, par l'ampleur de la tâche qu'il accomplit, surpassa Nagarjuna et Vasubandhu, et fut plus sage encore que Zhiyi* et Zhanlan*. S'il en est ainsi, comment, à notre époque au Japon, les moines des temples To-ji, Onjo-ji ou des sept grands temples et les adeptes des huit écoles et du Shingon, Zen ou Ritsu, peuvent-ils transgresser les préceptes parfaits du Grand-maître* Saicho*  ? Les moines des neuf régions de Chine devinrent les disciples de Zhiyi*, et adoptèrent les principes de méditation parfaite et de sagesse parfaite qu'il enseignait. Mais puisque aucun kaidan pour conférer universellement l'ordination qui mène à l'Eveil parfait et immédiat n'avait été construit en Chine, certains auraient pu ne pas le suivre dans ce domaine des préceptes. Par contre, au Japon, puisque Saicho* établit un tel sanctuaire, ceux qui ne suivent pas le Grand-maître* Saicho* ne peuvent être considérés que comme des non bouddhistes et des personnes mauvaises. Le Grand-maître* [Saicho*] savait parfaitement laquelle des deux écoles nouvellement introduites de Chine au Japon, Tendai ou Shingon, était supérieure à l'autre. Mais il ne le démontra pas au cours d'un débat public comme il l'avait fait pour établir la supériorité du Tendai sur les six écoles plus anciennes. Pour cette raison peut-être, après la disparition du Grand-maître* Saicho*, les moines du To-ji, des sept temples de Nara, du Onjo-ji aussi bien que des autres temples du Japon tout entier proclamèrent l'école Shingon supérieure à l'école Tendai, et tous, des personnes du plus haut rang jusqu'à celles dont la condition était la plus modeste, en furent persuadés. Ainsi le véritable esprit de l'école Tendai-Hokke ne fleurit véritablement que du vivant du Grand-maître* Saicho*. Saicho* vécut à la fin de l'époque du Dharma formel, dans la période qui correspond à ce que le Sutra Daijuku appelle l'ère de la construction des temples et des stupas. Le temps n'était pas encore arrivé où "parmi les adeptes de mes enseignements, il y aura des conflits et des disputes et le Dharma pur sera obscurci "
[...] N'est-ce pas celui-là que le Sutra désigne comme "le Pratiquant du Sutra du Lotus"  ? S'il faut en croire ces passages du Sutra, en plus de sept cents ans, depuis l'introduction du bouddhisme au Japon, à l'exception du Grand-maître* Saicho* et de moi Nichiren, il n'y a pas eu un seul pratiquant du Sutra du Lotus.
[...] Si nous nous intéressons maintenant à l'époque du Dharma formel qui suivit, nous voyons que le Grand-maître* Zhiyi* apparut en Chine vers le milieu de cette période et écrivit le Hokke Gengi, le Hokke Mongu* et le Maka Shikan en trente volumes, ouvrages dans lesquels il étudia en profondeur le Sutra du Lotus. A la fin de l'époque du Dharma formel, le Grand-maître* Saicho* apparut au Japon.
[...] Pour ce qui est des traducteurs qui vécurent après lui, si leur langue a brûlé lors de leur incinération, c'est la preuve qu'ils avaient commis des erreurs. Ainsi, l'école Hosso fut un temps florissante au Japon. Mais le Grand-maître* Saicho* l'a réfutée en faisant remarquer que, si la langue de Kumarajiva n'avait pas brûlé, celle de Xuanzang et celle de Cien avaient été réduites en cendres avec le reste de leur corps. Impressionné par cet argument, l'empereur Kammu se convertit à l'école Tendai-Hokke.
[...] Question : Le Grand-maître* Saicho* naquit au Japon et vécut sous le règne de l'empereur Kammu. Il réfuta les enseignements erronés acceptés au Japon pendant quelque deux cents ans, depuis le règne de l'empereur Kimmei. Il restaura les principes de la sagesse et de la méditation parfaites enseignés par le Grand-maître* Zhiyi*, et, de plus, déclara sans valeur les trois sanctuaires pour l'ordination selon les préceptes du Hinayana, introduits au Japon par le moine Ganjin, faisant construire à leur place, sur le Mont Hiei, le kaidan pour l'ordination selon les préceptes du Mahayana menant à l'Eveil parfait et immédiat.
Mais, à l'époque mauvaise qui suivra la disparition du Bouddha, savoir enseigner ce Sutra, voilà ce qui est véritablement difficile  ! "(réf.) [...] Saicho* commente ainsi : "Shakyamuni enseigna que "le superficiel est facile à saisir mais le profond, difficile." Abandonner le superficiel pour rechercher ce qui est profond demande du courage, c'est l'esprit de "rechercher le Bouddha" (jobu). Le Grand-maître* Zhiyi*, en suivant fidèlement Shakyamuni, a contribué à la propagation de l'école Hokke en Chine. Nous, la famille du Mont Hiei, en succédant à Zhiyi*, contribuons à la propagation de l'école Hokke au Japon."
[...] Mais même s'il y a peu de chances de rencontrer une personne capable de tels exploits il serait beaucoup plus rare encore de trouver, à l'époque des Derniers jours du Dharma une personne capable d'enseigner le Sutra du Lotus comme l'a enseigné le Bouddha. Et pourtant le Grand-maître* Zhiyi et le Grand-maître* Saicho* furent précisément des personnes de ce genre, qui transmirent la pratique telle que le Bouddha l'enseigna.
[...] Quant à [des personnages des époques ultérieures tels que] Cien, Fazang et Shubhakarasimha* étaient capables de prétendre que l'est était l'ouest, et de faire passer le ciel pour la terre. Et il ne s'agit pas là d'affirmations présomptueuses de la part du Grand-maître* Saicho*. Le dix-neuvième jour du premier mois de la vingt et unième année de l'ère Enryaku (802), l'empereur Kammu se rendit au temple du Mont Takao. Il invita plus de dix maîtres des six écoles et des sept grands temples de Nara : Zengi, Shoyu, Hoki, Chonin, Kengyoku, Ampuku, Gonso*, Shuen*, Jikko, Gen'yo, Saiko, Dosho, Kosho et Kambin à venir débattre avec le Maître du Dharma Saicho*. Mais certains furent réduits au silence dès leur première réplique, incapables d'en prononcer une deuxième ou une troisième. Tous baissèrent la tête et joignirent les mains en signe de respect. Les principes de l'école Sanron tels que les deux sortes d'enseignements (note), les trois périodes, les trois tours de la roue du Dharma  ; les principes de l'école Hosso tels que les trois périodes et les cinq natures  ; les principes de l'école Kegon tels que les quatre enseignements et les cinq enseignements (note), l'enseignement principal et secondaire (note), les six formes et les dix mystères, tous furent réfutés. [...] Sur le moment, l'empereur fut stupéfait et, le vingt-neuvième jour du même mois, il dépêcha [Wake no] Hiroyo et [Otomo no] Kunimichi (note) auprès des maîtres des sept temples et des six écoles pour les interroger longuement. Tous, l'un après l'autre, envoyèrent une lettre reconnaissant qu'ils avaient été vaincus lors du débat et convaincus par les arguments de Saicho*.
[...] En Chine par le passé, Jizang rassembla une centaine d'autres moines qui, ensemble, reconnurent au Grand-maître* Zhiyi* la qualité de véritable sage. Plus tard, au Japon, deux cents et quelques moines des sept temples de Nara ont conféré au Grand-maître* Saicho* le titre de sage. Ainsi, au cours des deux mille et quelques années écoulées depuis la disparition du Bouddha, ces deux sages sont apparus dans les deux pays, l'un en Chine et l'autre au Japon. De plus, Saicho* fit construire au Mont Hiei le Grand Kaidan pour l'ordination selon les préceptes qui mènent à l'Eveil parfait et immédiat, préceptes que le Grand-maître* Zhiyi* lui-même n'avait pas enseignés. N'est-ce pas l'indication qu'une vaste propagation du Sutra du Lotus s'est accomplie à la fin de l'époque du Dharma formel ?
[...] Comme je l'ai déjà expliqué, il y eut aussi un Grand Dharma qui ne fut pas totalement transmis à la postérité par Nagarjuna et Vasubandhuet d'autres, mais qui fut propagé par le Grand-maître* Zhiyi*. Comme je l'ai démontré, il appartint au Grand-maître* Saicho* d'établir le kaidan pour l'ordination selon les préceptes qui mènent à l'Eveil parfait et immédiat, alors que le Grand-maître* Zhiyi* ne l'avait pas fait. [...] Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Bouddha exprima totalement, dans le texte du Sutra du Lotus, le Dharma correct le plus profond et le plus secret, Dharma qui, après sa disparition, ne fut jamais propagé par Mahakashyapa, Ananda, Ashvaghosha, Nagarjuna, Asanga ou Vasubandhu, ni même par Zhiyi* ou Saicho*.
[...] 2 Quand le Grand-maître* Zhiyi* réfuta publiquement les maîtres des autres écoles du Sud et du Nord, ces enseignements du Shingon n'avaient pas encore été introduits en Chine ; et, lorsque le Grand-maître* Saicho* vainquit les maîtres des Six Ecoles au Japon, il ne fut plus question de la doctrine Shingon. A plusieurs reprises le Shingon évita la confrontation avec ses puissants ennemis, et réussit à supplanter et mettre en danger le Grand Dharma du Sutra du Lotus. De plus, Ennin*, disciple du Grand-maître* Saicho*, alla jusqu'à adopter l'enseignement de cette école [Shingon], et à l'introduire au Mont Hiei, obscurcissant ainsi les principes du Tendai et livrant l'école tout entière à l'influence du Shingon. Mais qui pouvait s'opposer ouvertement à un personnage aussi écouté que Ennin* ?
[...] 2 Avec le passage des années, la racine frauduleuse de ces enseignements erronés de l'école Shingon aurait pu rester bien cachée. Le Grand-maître* Saicho*, après s'être rendu du Japon en Chine, en revint avec les textes de l'Ecole Tian-tai, mais aussi avec ceux de l'école Shingon. Il recommanda l'enseignement de l'école Tendai à l'empereur du Japon et fit étudier celui de l'école Shingon aux maîtres des Six Ecoles. Il avait déjà clairement mis en évidence la supériorité de l'enseignement du Tendai sur celui des Six Ecoles avant son voyage en Chine. Après être rentré de Chine, il décida de faire construire le kaidan pour l'ordination selon les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, mais cela suscita de nombreuses controverses. Peut-être pensa-t-il qu'il avait déjà beaucoup d'ennemis, et que la réalisation de ce Grand Sanctuaire serait suffisamment difficile même s'il y consacrait tous ses efforts. Ou peut-être a-t-il pensé que ce serait à l'époque des Derniers jours du Dharma qu'il faudrait réfuter l'école Shingon. Quoi qu'il en soit, il ne mentionna pas le Shingon en présence de l'empereur et n'en parla pas non plus de manière décisive à ses disciples. Toutefois il laissa bel et bien un ouvrage secret en un volume intitulé Ebyo Shu (note) dans lequel il décrit de quelle manière divers moines des Sept Ecoles furent convaincus par l'enseignement du Tendai. Dans la préface de ce texte, il mentionne le caractère frauduleux des enseignements du Shingon.
[...] 2 Au Japon, le moine Tokuichi offre un exemple similaire. Il critiqua sévèrement le Grand-maître* Zhiyi* pour avoir rejeté la classification des enseignements en trois périodes énoncée dans le Sutra Jimmitsu*, en disant que Zhiyi* s'était servi d'une langue de trois pouces (sun) pour détruire le corps [du Bouddha] de cinq pieds (shaku). Le Grand-maître* Saicho* [à son tour] rétorqua à Tokuichi que le Sutra Jimmitsu* avait été introduit en Chine par Xuanzang dans les premières décennies de la dynastie Tang. Et que le Sutra Jimmitsu* était donc arrivé en Chine plusieurs années après la mort de Zhiyi* qui vécut sous les dynasties Chen et Shui. Comment aurait-il pu réfuter un sutra qui ne fut introduit en Chine qu'après sa mort  ? Tokuichi fut non seulement réduit au silence mais sa langue se fendit en huit morceaux, et il mourut.
[...] 2 Il y a pourtant encore beaucoup plus pernicieux que ces trois enseignements, un fait d'autant plus nuisible qu'il est infiniment plus difficile à admettre. Bien que Ennin* fut le troisième successeur du Grand-maître* Saicho*, tous au Japon, du souverain jusqu'au plus humble de ses sujets, en vinrent à le considérer comme supérieur au Grand-maître* Saicho* lui-même. Il étudia de manière approfondie l'enseignement des écoles Shingon et du Sutra du Lotus, et affirma dans ses écrits que la doctrine du Shingon est supérieure à celle du Sutra du Lotus. Cela conduisit les trois mille moines des monastères du Mont Hiei et tous les maîtres du Japon à accepter son opinion en la matière.
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* étudia les enseignements Tendai et Shingon pendant quinze ans au Japon, par lui-même. Il possédait de manière innée des capacités de compréhension merveilleuses, et, sans l'aide d'un maître, s'éveilla à la vérité. Mais, pour dissiper les doutes des autres, il se rendit en Chine où il reçut l'enseignement des écoles Tian-tai et Shingon. Les maîtres, en Chine, avaient à cet égard diverses opinions mais, dans son coeur, Saicho* était certain que l'enseignement du Sutra du Lotus était supérieur au Shingon. C'est pourquoi il n'utilisa jamais le terme "école" pour se référer au Shingon, parlant seulement des "pratiques shikan et "paroles véritables" de l'école Tendai". Il décida que, chaque année, seraient ordonnés deux novices qui devraient étudier pendant douze ans au Mont Hiei. De plus, il obtint que fut promulgué un édit impérial désignant le Sutra du Lotus, le Sutra Konkomyo et le Sutra Ninno comme les trois sutras destinés à assurer la protection et la prospérité du pays, et décrétant qu'ils devaient être lus et récités au Shikan-in. Cet édit poursuivait en les comparant aux trois trésors de la maison impériale, de toute éternité les trésors les plus précieux du Japon, les bijoux sacrés, le sabre sacré et le miroir sacré. Après la mort de Saicho*, le premier patriarche de l'école Tendai au Mont Hiei, Gishin*, et le deuxième patriarche, Encho*, prolongèrent cet enseignement sans le dénaturer.
[...] 2 Saicho* incorpora à la fois des pratiques shikan et shingon en considérant la pratique Shingon comme une pratique parmi d'autres, dans l'ensemble des pratiques de l'école Tendai et Wei-Juan. Mais, dans son coeur, il [Ennin] croyait le Shingon supérieur au Tendai. Il estimait que le Grand-maître* Saicho* n'avait pas étudié le sujet à fond, n'était pas resté suffisamment longtemps en Chine et n'avait pris connaissance que superficiellement de l'enseignement Shingon.
[...] 2 Au Japon, Ennin* étudia en profondeur l'enseignement de Saicho* et celui de Kukai*, puis, sous la direction des huit maîtres éminents y compris celle du Maître du tripitaka Baoyue, d'Inde du Sud, il passa dix ans en Chine à étudier les enseignements les plus secrets et les plus profonds.
[...] 2 Par conséquent, de tous les temples et sanctuaires construits par l'empereur Kammu et par le Grand-maître* Saicho* au Japon, il n'en est plus un seul qui ne propage la doctrine Shingon. Les aristocrates comme les samouraïs invitent les maîtres du Shingon à conduire leurs cérémonies, les considèrent comme des maîtres, leur confèrent des fonctions et leur confient des temples.
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* a dit : "Il faut s'appuyer sur les enseignements du Bouddha et ne pas prêter foi aux traditions transmises de manière orale."(réf.)
[...] 2 Si l'on en croit ces exemples, le rêve d'Ennin* signifie qu'il se servit de ses deux commentaires comme de flèches dirigées contre Tensho Daijin*, contre le Grand-maître* Saicho*, contre le Bouddha Shakyamuni et contre le Sutra du Lotus.
[...] 2 Dans ses écrits, le Grand-maître* Saicho* appelle les Grands-maîtres des écoles Sanron, Hosso et Kegon au Japon "les six parasites."(réf.) Moi, Nichiren, j'appellerais volontiers les fondateurs des écoles Shingon, Zen et Jodo "les trois parasites" et Ennin*, Annen et Genshin*, de l'école Tendai, "les trois parasites" ayant rongé le corps de lion du Sutra du Lotus et du Grand-maître* Saicho* !
[...] 2 Les plus de trois cents moines des sept temples principaux de Nara au Japon affirmèrent que le moine Saicho* était une réincarnation de Mahadeva ou du Brahmane-au-ventre-de-fer. Pourtant, le ciel ne l'a pas puni. Au contraire, il l'a protégée de multiples manières et la terre ne s'est pas ouverte, restant sous ses pieds aussi solide qu'un diamant. Le Grand-maître* Saicho* fit construire le temple du Mont Hiei et devint les yeux du peuple entier. Pour finir, les moines des sept temples principaux reconnurent leur erreur et devinrent ses disciples, et les habitants des diverses provinces devinrent ses adeptes laïcs. Ainsi, faire ouvertement l'éloge de ce qui est véritablement supérieur ressemble à un acte d'arrogance, mais, en réalité, cela entraîne de grands bienfaits parce que cela revient à faire l'éloge du Grand Dharma auquel on adhère. Le Grand-maître* Saicho* déclara : "L'école Tendai-Hokke est supérieure à toutes les autres écoles, en raison du Sutra sur lequel elle s'appuie. Par conséquent, lorsqu'elle se dit supérieure, ce n'est pas pour chanter ses propres louanges ni pour dénigrer les autres écoles."(réf.)
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* a déclaré : "Il faut savoir que les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles ne sont pas les plus élevés. Par conséquent, ceux qui croient dans ces sutras ne sont pas non plus les meilleurs. Mais, puisque l'école Tendai-Hokke croit dans le sutra le plus élevé, ceux qui croient dans le Sutra du Lotus sont les premiers parmi la multitude. Ce sont là les mots mêmes du Bouddha. Comment cela pourrait-il être un simple éloge de soi-même  ? "(réf.)
[...] 2 Le Grand-maître* Saicho* a dit : "Ceux qui adressent des éloges au Grand-maître* Zhiyi* recevront des bienfaits qui s'accumuleront aussi haut que le Mont Sumeru, tandis que ceux qui le calomnient commettent un crime qui les précipitera dans l'enfer avici."(réf.) Et on lit dans le Sutra du Lotus : "Ils mépriseront, haïront, envieront et éprouveront de la rancune à l'égard de ceux qui lisent, récitent, transcrivent ce Sutra et y adhèrent, et, après leur mort, ils tomberont dans l'enfer avici."(réf.)
[...] 2 Lorsque je ne faisais que débuter dans la voie bouddhique, je pensais que la phrase "sans ménager sa vie" signifiait voyager jusqu'en Chine sur l'ordre de l'empereur comme le firent Saicho*, Kukai*, Ennin* et Enchin. Ou aller de Chine jusqu'en Inde, comme le fit Xuanzang en mourant six fois.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 à Yui)

Masakado et Sadato se rebellèrent contre l'empereur et le Grand-maître* Saicho* fut détesté par les moines des sept temples de Nara, mais il ne fut pas en butte à la haine des moines, des nonnes, des croyants et croyantes laïques du Japon tout entier.
Lettre à Ko-no ama Gozen (
Minobu le 16 juin 1275 à Ko-no ama Gozen)

Au Japon, au printemps de la 9e année de l'ère Konin, survint aussi une grande sécheresse. L'empereur Saga ordonna à Fujiwara no Fuyutsugu d'envoyer un fonctionnaire à son service, Wake no Matsuna auprès du Grand-maître* Saicho* afin de lui demander d'offrir des prières pour faire tomber la pluie. Le Grand-maître* Saicho* pria pour la pluie en récitant le Sutra du Lotus et les sutras Konkomyo et Ninno, et, le troisième jour, de légers nuages apparurent et une pluie douce se mit à tomber lentement. L'empereur en fut si heureux qu'il donna l'autorisation de construire le sanctuaire pour l'ordination (kaidan) selon les préceptes du Mahayana, qu'il avait été si difficile d'établir au Japon (note). Gomyo, qui instruisit le Grand-maître* Saicho*, était un sage, le moine le plus important de [Nara] la capitale du Sud. Avec quarante de ses disciples, ils récitèrent ensemble le Sutra Ninno pour faire tomber la pluie ; cinq jours plus tard, il plut. Il est certainement merveilleux que la pluie soit tombée le cinquième jour, mais c'est moins impressionnant que si elle était tombée dès le troisième jour. De plus, la pluie fut très violente, ce qui marque l'infériorité de Gomyo. D'après ces exemples, il est clair que les efforts de Kukai* pour faire tomber la pluie eurent des résultats encore inférieurs.
La prière pour la pluie des trois maîtres du Tripitaka (Minobu, 22 juin 1275 au nyudo Nishiyama)

Le Savant-maître* Xuanzang se rendit en Inde, la terre sacrée, pour trouver la vérité, le Savant-maître* Amoghavajra* entreprit le même voyage pour dissiper ses doutes (note) et le Grand-maître* Saicho* alla chercher des confirmations en Chine. Tous ces hommes n'agirent-ils pas comme ils le firent pour protéger le véritable sens des sutras et des traités  ?
La question à approfondir jour et nuit (Minobu, 28 août 1275 ? , Toki Jonin)

Renforcez votre foi, plus que jamais. Quiconque enseigne les vérités du bouddhisme aux autres encourt inévitablement la haine des laïcs, hommes et femmes, ainsi que celle des religieux et religieuses. Peu importe c e qu'ils disent. L'essentiel est de confier votre vie aux enseignements d'or du Sutra du Lotus, du Bouddha Shakyamuni, de Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho*, et Guanding*.
Les Remparts de la Foi (Minobu, 3 septembre 1275, à Sennichi-ama)

Le Sutra du Lotus, Véhicule suprême, est l'enseignement d'or des Trois sages. Comme un joyau sans pareil, il occupe le rang le plus élevé parmi tous les enseignements du passé, du présent et du futur. Il est dit dans le Sutra du Lotus : "ce Sutra est supérieur à tous les autres sutras", et "le Sutra du Lotus est le plus élevé de tous les enseignements." Le Grand-maître* Saicho* déclara que [de toutes les écoles au Japon], l'école Hokke est la seule et unique "qui ait été fondée par le Bouddha Shakyamuni lui-même."
La Guérison des Maladies Karmiques (Minobu, 3 novembre 1275, à Ota Jomyo)

Le Grand-maître* Cien fut le disciple du moine Xuan-zang et le précepteur de l'empereur Taizong. Ce fut un saint, non seulement familier des textes sanscrits et chinois, mais qui avait également appris par coeur l'intégralité des sutras du Bouddha. On dit que les cendres du Bouddha tombaient de son pinceau et que des rayons de lumière filtraient entre ses dents. Ses contemporains le respectaient comme le soleil ou la lune, et les hommes des époques suivantes recherchèrent avec ferveur ses enseignements pour guider leur vie. Et pourtant, le Grand-maître* Saicho* le critiqua, en écrivant : "Tout en faisant l'éloge du Sutra du Lotus, il en détruit le coeur." Cette citation indique que, tout en voulant honorer le Sutra du Lotus, en fait, il le détruisait.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

Permettez-moi d’examiner ce qui a amené notre pays au bord de la ruine, en écartant pour le moment la question du vrai ou faux dans les enseignements bouddhiques en Inde et en Chine. Les Grands-maîtres Kukai*, fondateur de l’école Shingon au Japon, et Ennin*, troisième grand patriarche du Enryaku-ji sur le Mont Hiei, ont dénaturé l’enseignement correct du Grand-maître* Saicho, qui était le plus grand sage du Japon. Car, dans la comparaison entre de Sutra du Lotus et le Sutra Vairocana* la supériorité du premier était pour eux trop embarrassante. Les temples du Mont Hiei ont depuis lors pris parti pour la fourberie d'Ennin*, tandis que le temple Jigo-ji à Takao et les sept grands temples de Nara ont tous suivis le faux enseignement de Kukai*.
Réponse à Gonin (Minobu, le 26 décembre 1275)

On respecte le Bouddha pour sa capacité à connaître le passé et à discerner le futur. Il perçoit les trois phases de la vie avec une sagesse inégalée. Sans être bouddha, des sages et des personnes de mérite tels que Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi* et Saicho*, malgré une sagesse inférieure à celle du Bouddha, eurent une perception d'ensemble des trois phases, et leurs noms pour cela passèrent à la postérité.
Emissaires mongols (Minobu, 1275, au nyudo Nishiyama)

Sous le règne du cinquantième souverain, l'empereur Kammu, vécut un jeune moine du nom de Saicho*, que l'on connaîtrait ensuite sous le nom de Grand-maître* Dengyo. Avant de se rendre en Chine, il passa quinze ans à étudier seul les écrits et les commentaires des écoles Shingon et Tendai. Puis, le septième mois de la vingt-troisième année de l'ère Enryaku (804), il fit voile vers la Chine. Il revint au Japon au cours du sixième mois de l'année suivante, et, dès lors, enseigna, à plusieurs douzaines de moines érudits des sept temples principaux de Nara, les doctrines des écoles Tendai et Shingon.
[...] Pour finir, comme le dit le Grand-maître* Saicho*  : "Même en faisant l'éloge du Sutra du Lotus, il est possible d'en détruire le coeur."(réf.)
[...] On appelle juste celui qui suit la doctrine d'un bon maître. Et on appelle sage celui qui parvient à la vérité par lui-même, sans l'aide d'un maître. En Inde, en Chine et au Japon, depuis la disparition du Bouddha, il y eut deux sages : Zhiyi* et Saicho*. Ces deux hommes méritent pleinement le titre de sages. On peut également les appeler des justes, car le Grand-maître* Zhiyi* pratiqua les principes enseignés par Huisi ; en ce sens, il fut un juste. Mais il appréhenda aussi, par lui-même, sur le lieu de méditation, le Véhicule suprême qui mène à la bodhéité ; en ce sens, il fut un sage. De même, le Grand-maître* Saicho* reçut, de ses maîtres Dao-sui et Xing-man, les principes de la méditation shikan, et les grands préceptes de l'Eveil parfait. Cela fait de lui un juste.
[...] Shakyamuni, seigneur du Dharma, est le plus grand sage en ce monde saha. Zhiyi* et Saicho* furent tous deux des sages, en même temps que des justes.  
[...] Si moi, Nichiren, je n'étais pas né sur la terre du Japon, ces passages du Sutra n'auraient été que de vaines paroles dans la bouche du Bouddha - des mots vides de toute signification. Ils auraient été comme des bourgeons fleurissant sans donner de fruit, ou des coups de tonnerre jamais suivis de pluie. Ces paroles d'or du Bouddha auraient été prononcées en vain, et le Sutra du Lotus, dont chaque mot est véridique, aurait été extrêmement mensonger. Lorsque je pense à cela, j'ai l'impression d'être l'égal des sages Zhiyi* et Saicho, et d'être supérieur à Lao-Zi et Confucius.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

On peut admettre que certains, autrefois, se soient trompés sur le sens de ces passages, mais maintenant que de Grands Maîtres comme Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* en ont clarifié la signification, tous ceux qui ont des yeux devraient pouvoir le comprendre. Pourtant, alors que Ennin* et Enchin, de l'école Tendai, ont été eux-mêmes incapables d'en donner une interprétation correcte, comment les tenants des autres écoles pourraient-ils ne pas se tromper sur ce point ? Sous le règne de l'empereur Kammu, un jeune moine du nom de Saicho*, disciple de Gyoho, administrateur des moines du temple Yamashina-dera, étudia en profondeur les enseignements de l'école Hosso et des cinq autres mentionnées plus haut. Mais il sentit qu'aucune d'elles n'avait acquis une compréhension correcte du bouddhisme. Il découvrit alors un commentaire du Maître du Dharma Fazang, de l'école Kegon, sur le Kishin Ron dans lequel il trouva des citations d'ouvrages du Grand-maître* Zhiyi*. Ces ouvrages lui parurent d'un très grand intérêt, mais Saicho* ne savait même pas s'ils avaient été introduits au Japon. Lorsqu'il demanda où les trouver, on lui répondit qu'un moine du nom de Ganjin, du temple Long-xing-si au Yang-Zhou en Chine, avait étudié les enseignements de Zhiyi* et qu'il avait été le disciple du maître des préceptes Daoxian. Il vint au Japon à la fin de l'ère Tempyo-Shoho (753) et s'employa à transmettre les règles de vie monastique du Hinayana. Il avait apporté avec lui divers ouvrages de Zhiyi* mais n'avait pas essayé de les faire connaître. Tout cela [répondit-on à Saicho*, ] s'était produit au cours du règne du quarante-cinquième souverain, l'empereur Shomu. Lorsque Saicho* demanda à voir ces textes, on les lui présenta. Dès la première lecture, il eut l'impression de sortir de l'ivresse des illusions concernant la vie et la mort. Et lorsqu'il se mit à examiner les doctrines de base des six écoles à la lumière de ces écrits, il lui apparut clairement que toutes commettaient des erreurs doctrinales.
Les adeptes des six écoles et des sept temples principaux ressentaient [à l'égard de Saicho*] une haine de plus en plus intense. Mais, le dix-neuvième jour du premier mois de la vingt et unième année de l'ère Enryaku (802), l'empereur Kammu se rendit au temple Takao-dera et invita quatorze moines éminents - Zengi, Shoyu, Hoki, Chonin, Kengyoku, Ampuku, Gonso, Chuen, Jiko, Gen'yo, Saiko, Dosho, Kosho et Kambin - à venir débattre [dans ce temple] avec Saicho*.
[...] Les adeptes des six écoles et des sept temples principaux ressentaient [à l'égard de Saicho*] une haine de plus en plus intense. Mais, le dix-neuvième jour du premier mois de la vingt et unième année de l'ère Enryaku (802), l'empereur Kammu se rendit au temple Takao-dera et invita quatorze moines éminents - Zengi, Shoyu, Hoki, Chonin, Kengyoku, Ampuku, Gonso, Chuen, Jiko, Gen'yo, Saiko, Dosho, Kosho et Kambin - à venir débattre [dans ce temple] avec Saicho*. Ces représentants des écoles Kegon, Sanron, Hosso et autres exposèrent la doctrine des fondateurs de leur école respective [telle qu'elle leur avait été enseignée]. Mais Saicho* prit des notes sur chaque point énoncé et en fit la critique à la lumière du Sutra du Lotus, des ouvrages de Zhiyi* et d'autres sutras et traités. Ses opposants furent incapables de répondre un seul mot, comme si leur bouche n'était plus que le prolongement de leur nez. Stupéfait, l'empereur questionna Saicho* en détail sur divers points. Après quoi, il promulgua un édit critiquant les quatorze hommes qui s'étaient opposés à Saicho*. Ces derniers, à leur tour, rédigèrent des lettres dans lesquelles ils reconnaissaient leur défaite et s'excusaient en ces termes : "Nous, disciples des Sept temples principaux et des six écoles... avons compris pour la première fois l'enseignement suprême."
[...] Saicho*, pour évaluer les enseignements de ses quatorze opposants, écrivit : "Chacun de vous ne s'appuie que sur le seul écrit de sa propre école et, bien que vous battiez les tambours du Dharma dans les vallées profondes, les maîtres aussi bien que leurs auditeurs continuent à s'égarer dans les voies des trois véhicules. Vous brandissez, du haut des sommets les plus élevés, la bannière de la doctrine qui veut que maîtres et disciples soient libérés des entraves du monde des trois plans, mais vous persistez à emprunter la voie selon laquelle il faut des kalpas pour atteindre la bodhéité. Vous confondez les trois sortes de chariots [les enseignements provisoires] avec le char tiré par un grand boeuf blanc qui se trouve devant la porte (note). Comment pourriez-vous atteindre la première étape de sécurité et parvenir à l'Eveil en ce monde semblable à une maison en feu  ? "(réf.) 

[...] Mais, en se convertissant à la doctrine du Sutra du Lotus telle que l'avait enseignée Saicho*, le Grand-maître* Dengyo*, ils abandonnèrent les doctrines erronées qu'ils avaient soutenues jusqu'alors. Comment peut-on alors, des années plus tard, affirmer que les sutras Kegon*, Hannya* ou Jimmitsu* sont supérieurs au Sutra du Lotus  ?
[...]  Le Grand-maître* Saicho* étudia ces ouvrages mais il eut des doutes sur leur évaluation des mérites relatifs du Sutra du Lotus et du Sutra Vairocana*. C'est pourquoi, le septième mois de la vingt-troisième année de l'ère Enryaku (804), il se rendit en Chine ; il y rencontra les moines Daosui du temple Xi-ming-si et Xingman, du temple Folong-si, et reçut les enseignements shikan ainsi que les grands préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat. Il rencontra également le moine Shun-xiao, du temple Ling-gang-si, et étudia sous sa direction le Shingon. Il revint au Japon le sixième mois de la vingt-quatrième année de l'ère Enryaku (805). L'empereur Kammu lui accorda une audience et fit publier un décret recommandant aux étudiants des six écoles la pratique de shikan [la méditation du Tian-tai ] et de shingon [la récitation de mantra dharani* ésotériques], et incitant à les adopter dans les Sept temples principaux [de Nara].
[...]  Si seulement le Grand-maître* Saicho* avait encore été en vie, il aurait certainement réfuté ces erreurs. Mais d'où vient que ses disciples Gishin*, Encho*, Ennin* et Enchin n'aient jamais remis en question la doctrine de Kukai  ? Ce fut là un grand malheur pour le monde   !
[...] Mais la question de savoir s'il fallait ou non établir un kaidan pour l'ordination selon les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, élément d'une grande importance pour le Mahayana, suscitait à l'époque de vives polémiques au Japon. C'est peut-être pour cela que le Grand-maître* Saicho* ne laissa pas à ses disciples d'instructions claires quant à la supériorité relative des enseignements Shingon et Tendai.
[...] Cette histoire fut rapportée au Grand-maître* par Hanguang, disciple d'Amoghavajra*, et elle est relatée par Zhanlan* à la fin du dixième volume du Hokke Mongu Ki*, ainsi que dans le Ebyo Shu du Grand-maître* Saicho*. De ce passage, il ressort clairement que le Grand-maître* Saicho* estimait le Sutra Vairocana* inférieur au Sutra du Lotus.Il apparaît donc que le Bouddha Shakyamuni, ainsi que les Grands-maîtres Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* sont unanimes pour considérer le Sutra du Lotus comme le plus élevé de tous les sutras y compris le Sutra Vairocana*.
[...] Le Grand-maître* Saicho* décéda le quatrième jour du sixième mois de la treizième année de Konin (822), sous le règne de l'empereur Saga. A partir de la quatorzième année de la même ère (823), Kukai* prodigua officiellement ses enseignements au souverain.
[...] De nouveau, au troisième jour du sixième mois [de la même année], un édit proclama : "Depuis que, par le passé, le Grand-maître* Saicho* a établi les deux disciplines (note) comme la voie correcte de l'école Tendai, les patriarches successifs de cette école les ont reçues et transmises toutes deux, de génération en génération. Pourquoi leurs disciples, par la suite, devraient-ils s'écarter de cette ancienne tradition ? "Pourtant, nous apprenons que les moines du Mont Hiei ne cessent de s'opposer aux enseignements de leur patriarche Saicho* pour suivre des interprétations personnelles erronées. Ils semblent se consacrer presque exclusivement à la propagation des doctrines d'autres écoles, sans garder ni transmettre les traditions de l'école Tendai. Si les disciples veulent suivre la voie héritée du maître, ils ne peuvent ignorer aucune des deux pratiques [de shikan et de shingon]. Si l'on désire transmettre et propager la doctrine, ne doit-on pas maîtriser ces deux formes d'enseignements  ? Désormais, la fonction de grand patriarche du temple Enrakyu-ji [de l'école Tendai] ne sera confiée qu'à une personne les ayant parfaitement comprises toutes deux et il en ira toujours de même à l'avenir."
[...]
Ennin* et Enchin furent tous deux les disciples de Saicho* et de Gishin*. De plus, ils se rendirent en Chine et y rencontrèrent des maîtres éminents du Tian-tai et du Shingon. Mais peut-être avaient-ils des doutes concernant les mérites relatifs de ces deux écoles. Tantôt, ils déclaraient le Shingon supérieur, tantot le Sutra du Lotus ; parfois encore, ils les disaient équivalents en théorie, bien que le Shingon soit supérieur en pratique. C'est alors qu'un édit proclama que quiconque débattrait des mérites comparés de ces deux écoles se rendrait coupable de désobéissance aux ordres impériaux.  Les déclarations d'Ennin* et Enchin étaient de toute évidence contradictoires et les adeptes des autres écoles ne leur accordaient pas la moindre confiance. Pourtant, l'édit impérial établissait que les deux écoles étaient équivalentes, prétendant que c'était là l'opinion du patriarche fondateur [de l'école Tendai], le Grand-maître* Saicho*. Mais dans lequel de ses écrits trouve-t-on une telle affirmation  ? C'est là un point qu'il faut examiner avec le plus grand soin. On peut penser que Nichiren, s'il met en doute l'interprétation faite par Ennin* et Enchin de l'enseignement du Grand-maître* Saicho*, est comme un enfant qui se prétendrait plus vieux que ses parents, ou comme quelqu'un qui regarderait le soleil en affirmant que ses propres yeux sont plus brillants. Pourtant, ceux qui voudraient défendre les vues d'Ennin* et de Enchin doivent produire une preuve écrite s'ils veulent que l'on accorde un crédit quelconque à ce qu'ils avancent.
[...] De même, Ennin* rencontra bien le Grand-maître* Saicho* et étudia sous sa direction, et Enchin reçut bien l'enseignement de la bouche du moine Gishin*. Mais s'ils avancent des théories contraires aux principes exposés dans les authentiques écrits de Saicho* et de Gishin*, comment pourraient-ils ne pas susciter de doutes ? Le plus secret des écrits de Saicho* est un ouvrage intitulé Ebyo Shu. Dans sa préface, on lit : "L'école Shingon, récemment introduite [au Japon], déforme délibérément ses enseignements pour les plier à ses buts (note), tandis que l'école Kegon, introduite plus tôt, tente de dissimuler qu'elle a été influencée par les principes de Zhiyi*.
[...] Si le Grand-maître* Saicho* avait considéré les écoles Tendai et Shingon comme de valeur équivalente, pourquoi aurait-il critiqué cette dernière  ? De plus, il compara le patriarche Amoghavajra* et les autres au peuple ignorant de l'Etat de Lu. S'il avait réellement approuvé les enseignements Shingon formulés par Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra*, pourquoi les aurait-il ainsi comparés au peuple de Lu  ? De toute évidence, Ennin* et Enchin se proclamèrent tous deux disciples du Grand-maître* Saicho*, mais ne l'étaient pas du tout dans leur coeur. C'est pourquoi Saicho* écrivit dans la préface de son ouvrage : "A présent, avec la plus grande attention, j'ai écrit cet ouvrage intitulé Ebyo Shu en un volume pour le léguer aux sages des temps futurs qui partageront mes convictions." Les mots "qui partageront mes convictions" désignent en réalité "ceux qui partageront ma conviction que l'école Shingon est inférieure à l'école Tendai."
[...] Mais dans le décret impérial édicté à la demande d'Ennin* lui-même, on lit : "Ils ne cessent de s'opposer aux enseignements du patriarche Saicho* pour suivre des interprétations personnelles erronées." Il y est dit par ailleurs : "Si les disciples veulent suivre la voie héritée du maître, ils ne peuvent ignorer aucune des deux pratiques [de shikan et de shingon]."
[...] [Parce qu'ils s'étaient eux-mêmes trompés, ] il est normal que ces deux hommes, Ennin* aussi bien que Enchin n'aient pas osé accuser Kukai* d'erreurs doctrinales. Au lieu de gaspiller le coût de leur voyage et de donner du travail aux autres en voulant à tout prix se rendre en Chine, ils auraient dû étudier plus à fond l'enseignement de leur propre maître, le Grand-maître* Saicho* !

[...] Le Dharma correct ne fut enseignée au Mont Hiei que du temps des trois premiers maîtres de l'école Tendai : le Grand-maître* Saicho*, le moine Gishin* et le Grand-maître* Encho*. Après eux, les patriarches de l'école Tendai devinrent des maîtres du Shingon. Le lieu continua (note) à être appelé le Mont du Tendai, mais il fut dirigé par un maître du Shingon.
[...] Le Grand-maître* Saicho* dans son Hokke Shuku écrit : "Ce Sutra est de même nature... il est le plus élevé de tous les sutras. Celui qui parvient à accepter et à observer ce Sutra sera semblable à lui - il sera le premier parmi la multitude des êtres vivants." Après avoir cité ce passage du Sutra du Lotus, Saicho* note un passage du Hokke Gengi de Zhiyi*, qui, interprétant ce même passage, en donne l'explication suivante : "Il faut savoir que les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles ne sont pas les plus élevés. Par conséquent, ceux qui croient dans ces sutras ne sont pas non plus les meilleurs. Mais, puisque l'Ecole Tian-tai croit dans le sutra le plus élevé, ceux qui croient dans le Sutra du Lotus sont les premiers parmi la multitude. Ce sont là les mots mêmes du Bouddha. Comment pourrait-il s'agir là d'une simple glorification de soi-même  ? " Plus loin, dans l'ouvrage précédemment cité [Hokke Shuku], Saicho* déclare : "Des explications détaillées concernant les textes sur lesquels les autres écoles basent leurs enseignements sont données dans un autre ouvrage."
[...] A la lumière des enseignements du Sutra du Lotus et des commentaires de Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho*, dans le Japon d'aujourd'hui, il n'y a pas un seul pratiquant du Sutra du Lotus  !
[...] En Chine, au temps de l'empereur Chen, le Grand-maître* Zhiyi* remporta la victoire au cours d'un débat l'opposant aux maîtres des écoles du Nord et du Sud, et il fut honoré du titre de Grand-maître de son vivant. Ainsi, Saicho* dit de lui qu'il fut "très au-dessus de tous les autres maîtres ; dans toute la Chine, il n'eut pas son pareil". Au Japon, le Grand-maître* Saicho* remporta un débat l'opposant aux maîtres des six écoles et devint le fondateur et le premier patriarche de l'école japonaise du Tendai. En Inde, en Chine et au Japon, seules ces trois personnes - Shakyamuni, Zhiyi* et Saicho* - furent ce que le Sutra de lotus appelle "les premiers parmi la multitude des êtres vivants". Ainsi, dans le Hokke Shuku, Saicho* écrit : "Shakyamuni enseigna que "le superficiel est facile [à saisir] mais le profond, difficile". Abandonner le superficiel pour rechercher ce qui est profond [demande du courage], c'est l'esprit de "rechercher le Bouddha". Le Grand-maître* Zhiyi*, en suivant fidèlement le Bouddha Shakyamuni, a contribué à la propagation de l'Ecole Tian-tai en Chine. [Nous, ] la famille du Mont Hiei, en succédant à Zhiyi*, contribuons à la propagation de l'école Hokke au Japon." 
[...] Au Japon [comme nous l'avons vu] sur le Mont Hiei, et seulement du vivant du Grand-maître* Saicho*, il y eut un pratiquant du Sutra du Lotus. Gishin* et Encho* lui succédèrent, respectivement premier et deuxième patriarches de cette école. Mais, seul le premier patriarche Gishin* suivit la voie du Grand-maître* Saicho*. Le deuxième patriarche, Encho*, fut à moitié disciple de Saicho* et à moitié disciple de Kukai*. Le troisième patriarche, Ennin*, se comporta d'abord comme un disciple du Grand-maître* Saicho*. Mais, après son voyage en Chine, à l'âge de quarante ans, tout en continuant à se dire disciple de Saicho* et en agissant en apparence comme un continuateur de sa doctrine, il enseigna une forme de bouddhisme totalement indigne d'un véritable disciple. Il ne joua le rôle d'un disciple fidèle de Saicho* qu'en administrant les préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat tels que les avaient établis Saicho*.
[...] Par conséquent, les moines du temple To-ji ne sont ni les disciples de Ganjin, ni ceux de Kukai*. Par rapport aux préceptes, ils sont disciples de Saicho*. Mais ils ne se conduisent pas en vrais disciples de Saicho* car ils rejettent le Sutra du Lotus que Saicho* considère comme l'enseignement suprême.
[...] D'autres encore que [pour répondre à ses prières] le soleil était apparu en pleine nuit ; qu'il [Kukai] était la réincarnation du bouddha Vairocana*, ou encore qu'il avait initié le Grand-maître* Saicho* aux dix-huit voies (note) du bouddhisme ésotérique. Ils espéraient ainsi, en attribuant à leur maître quantité de mérites et de prodiges inventés, le faire passer pour un sage, accréditer ses principes erronés et tromper le souverain et ses ministres.
[...]  De même, le Grand-maître* Cien écrivit un ouvrage en dix volumes, le Hokke Genzan, dans lequel il fit l'éloge du Sutra du Lotus, mais le Grand-maître* Saicho* le critiqua en disant  : "Bien qu'il fasse l'éloge du Sutra du Lotus, il en détruit le coeur."(réf.)
[...] Lorsque le Grand-maître* Zhiyi* récita le Sutra du Lotus, une pluie légère se mit [instantanément] à tomber, et le Grand-maître* Saicho* fit tomber une pluie d'amrita trois jours après [l'avoir enseigné]. Pourtant, ils ne considérèrent pas ces phénomènes comme la preuve que leur compréhension de la vérité coïncidait avec celle du Bouddha.
[...] Plus loin, on lit encore : "Dosho, de l'école Sanron, Gennin, de l'école Hosso, Doo, de l'école Kegon, et Encho*, de l'école Tendai..." (note) Encho, connu, à titre posthume, sous le nom de Jakko Daishi, fut le deuxième grand patriarche de l'école Tendai. Pourquoi donc, à cette époque, Gishin*, le premier grand patriarche, ou le Grand-maître* Saicho*, fondateur de l'école, ne furent-ils pas invités [à participer à la cérémonie ainsi décrite au cours de laquelle fut fondée l'école Shingon]  ?
[...] On lit dans le Kujakukyo no Ongi : "Dès lors, l'école Shingon ou Yuga, avec sa doctrine des mandala secrets, fut solidement établie." Cela semble désigner une époque où Saicho* et Gishin* étaient tous deux encore vivants. Depuis la deuxième année de Daido (807), sous le règne de l'empereur Heizei, jusqu'à la treizième année de Konin (822) [l'année où mourut Saicho*], Kukai* s'employa à propager les principes du Shingon et, durant cette même période, Saicho* et Gishin* étaient encore vivants.
[...] Mais vous deux, Joken-bo et Gijo-bo, vous avez été mes maîtres dans ma jeunesse. Vous êtes semblables à Gonso et Gyohyo, précepteurs du Grand-maître* Saicho* mais qui, par la suite, devinrent à leur tour ses disciples. Lorsque, Tojo Kagenobu me poursuivant de sa haine, j'ai décidé de quitter le Mont Kiyosumi, vous m'avez aidé à m'enfuir secrètement. Vous avez rendu un service incomparable au Sutra du Lotus. Il est certain que vous n'avez pas la moindre inquiétude à vous faire pour votre sort dans la prochaine vie.
[...] Au Japon, le Grand-maître* Saicho* apparut mille huit cents ans après la disparition du Bouddha. Après avoir étudié les commentaires de Zhiyi*, il commença à critiquer les six écoles bouddhistes qui étaient apparues au Japon depuis plus de deux cent soixante ans, depuis l'époque de l'empereur Kimmei. Il fut calomnié à son tour, ses détracteurs disant que l'un des brahmanes contemporains du Bouddha ou l'un des taoïstes de Chine venaient de renaître au Japon. Saicho* proposa également de créer un lieu d'ordination pour administrer les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, comme il n'en avait jamais existé ni en Inde ni en Chine ni au Japon, dans les mille huit cents ans écoulés depuis la disparition du Bouddha. Il alla même plus loin en affirmant que les sanctuaires d'ordination du temple Kannon-ji, du temple Ono-dera (note) et du temple Todai-ji (note) répandaient tous l'odeur fétide des préceptes du Hinayana (note), et ne valaient pas plus que des cailloux ou des débris de tuiles. Et, selon lui, les moines qui faisaient observer de tels préceptes ne valaient guère mieux que des renards et des singes.
[...] Les adversaires [de Saicho*] ont continué à le rabaisser en disant : "A l'époque du Bouddha, il y eut deux kaidan pour l'ordination, celui du Bouddha et celui de Devadatta, et de nombreuses personnes trouvèrent la mort dans le conflit qui s'ensuivit. Cet homme peut bien défier les autres écoles, mais il affirme qu'il doit établir un kaidan pour l'ordination afin de conférer les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat que son maître lui-même, le Grand-maître* Zhiyi*, n'a pas réussi à construire. Comme c'est étrange  ! Et comme c'est effrayant, comme c'est effrayant  ! " Mais Saicho* pouvait citer des textes à l'appui de ses thèses et le kaidan pour l'ordination selon les préceptes du Mahayana a finalement été construit, il se trouve depuis longtemps déjà sur le Mont Hiei.
[...] Question : Existe-t-il alors un Dharma correct qui n'ait encore jamais été propagée même par Zhiyi* et Saicho* ?Réponse : Oui. Question : De quelle sorte d'enseignement s'agit-il ? Réponse : Il se compose de trois éléments. Le Bouddha l'a légué à tous ceux qui vivraient à l'époque des Derniers jours du Dharma. C'est le Dharma correct qui n'a jamais été propagée par Mahakashyapa ou Ananda, Ashvaghosha ou Nagarjuna, Zhiyi* ou Saicho*.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

En arrivant dans l'avenue Wakamiya (note), je regardai la foule des soldats qui m'entouraient et leur dis : "Ne craignez rien, je n'ai pas l'intention de vous créer des ennuis. Je veux seulement dire mes derniers mots au bodhisattva Hachiman." Je descendis de cheval et m'écriai : "Bodhisattva Hachiman, es-tu donc vraiment une divinité  ? Quand Wake no Kiyomoro allait être décapité, tu as pris la forme d'une lune de dix pieds de large. Quand le Grand-maître* Saicho* exposait le Sutra du Lotus, tu lui as fait don d'un surplis pourpre. Moi, Nichiren, je suis le plus grand Pratiquant du Sutra du Lotus au Japon et je ne suis coupable d'aucun crime. J'ai exposé le Dharma pour éviter à tous les êtres de tomber dans l'enfer avici auquel les condamne leur opposition au Sutra du Lotus. D'ailleurs, si le grand empire mongol attaque ce pays, comment les divinités bouddhiques comme Tensho Daijin* et Hachiman pourraient-elles êtres épargnées  ?
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Ainsi on lit, dans un commentaire du Grand-maître* Saicho*  : "L'école Hokke [dont Zhiyi* clarifia l'enseignement] est celle qui fut fondée par Shakyamuni, l'Honoré du monde."(réf.) Le Sutra du Lotus est le seul dans lequel on trouve un passage concernant tous les autres sutras que le Bouddha "a enseignés, enseigne maintenant et enseignera". Ici, "a enseignés" désigne les divers sutras exposés par le Bouddha pendant les quarante et quelques années précédant l'enseignement du Sutra du Lotus. "Enseigne maintenant" désigne le Sutra Muryogi. "Enseignera" désigne le Sutra du Nirvana. (note)
[...] On lit aussi dans un commentaire du Grand-maître* Saicho : "L'époque [de la propagation du véritable enseignement] sera, après l'époque du Dharma formel, au début de celle des Derniers jours du Dharma. Quant au pays, il sera situé à l'est de Tang (note et à l'ouest de Katsu (note). Quant aux personnes [parmi lesquelles il sera propagé], elles seront en proie aux cinq impuretés qui sévissent dans une époque de conflits. Il est dit dans le Sutra : "Puisque haines et jalousies abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore dans le monde après son trépas  ! "(réf.) Une telle affirmation est parfaitement véridique."(réf.)
[...] Il y eut, par le passé, un homme appelé le Grand-maître* Tokuichi qui enseigna ce principe aux autres et le crut lui-même totalement, lisant le Sutra du Lotus dans ce même esprit. Mais le Grand-maître* Saicho* le réfuta en disant : " Même en faisant l'éloge du Sutra du Lotus, il en détruit le cœur."(réf.) Après quoi, on dit que lorsqu'il mourut, la langue du Grand-maître* Tokuichi se fendit en huit morceaux.
[...] De même, l'empereur de la dynastie Chen, qui écarta les trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, et s'appuya sur le Maître du Dharma Zhiyi*, et l'empereur Kammu, qui préféra le Maître du Dharma Saicho* aux moines éminents des six écoles, sont, de nos jours encore, respectés pour leur sagesse. Le Maître du Dharma Zhiyi* fut par la suite honoré du titre de Grand-maître* Tian-tai, et le Maître du Dharma Saicho* reçut par la suite le nom de Grand-maître* Dengyo.
[...] "Dans le Sutra du Lotus il est dit que, indépendamment des capacités des gens, à l'époque des Derniers jours du Dharma il faut enseigner à tout prix le Sutra du Lotus." Puis demandez à votre contradicteur comment il interprète cette exhortation. Appellera-t-il le Bouddha Shakyamuni, le bodhisattva Fukyo, Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* "des personnes aux vues erronées" ou des non bouddhistes ?
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Le Grand-maître* Saicho* déclara  : "J'ai immédiatement rejeté les deux cent cinquante préceptes  ! "(réf.) Et le Grand-maître* Saicho* ne fut pas le seul à agir ainsi. Joho et Dochu, disciples de Ganjin, ainsi que les moines des sept temples principaux de Nara (note), tous les rejetèrent de la même façon. De plus, le Grand-maître* Saicho* laissa cette mise en garde pour les époques à venir  : "S'il y avait, à l'époque des Derniers jours du Dharma, des personnes observant les préceptes, ce serait un phénomène extrêmement rare, aussi étrange que l'apparition d'un tigre sur la place d'un marché. Qui pourrait le croire  ? "(réf.)
[...] Le bouddhisme fut pour la première fois introduit au Japon sous le règne du trentième souverain, l'empereur Kimmei. Au cours des vingt règnes qui suivirent, et pendant les plus de deux cents ans qui s'écoulèrent jusqu'au règne de l'empereur Kammu, il y eut bien ce que l'on appelle les six écoles bouddhiques au Japon, mais la supériorité relative des divers enseignements bouddhiques ne fut pas clairement établie. Puis, durant l'ère Enryaku [782-805], un sage apparut dans ce pays, qui fut connu sous le nom de Grand-maître* Dengyo (Saicho). Il réfuta les enseignements des six écoles, déjà propagés avant lui, et tous les moines des Sept Temples principaux de Nara devinrent ses disciples. Avec le temps, il établit un temple sur le Mont Hiei qui devint Temple principal, et les autres temples du pays y furent rattachés. C'est ainsi que les enseignements bouddhiques du Japon furent unifiés en une seule école. La société, de même, ne fut plus divisée, et le gouvernement appliquant des règles claires, le mal disparut d'un pays purifié. Si nous voulions évaluer les mérites de Saicho*, nous devrions dire qu'ils découlent tous de sa fidélité au passage [déclarant que le Sutra du Lotus est le plus élevé de tous les sutras] "que j'ai enseignés, que j'enseigne maintenant et que j'enseignerai à l' avenir."(réf.) Dans la période qui suivit, les trois Grands-maîtres Kukai*, Ennin* et Enchin, en prétendant s'appuyer sur des enseignements faisant autorité en Chine, soutinrent l'idée que le Sutra Vairocana* et les deux autres principaux sutras du Shingon étaient supérieurs au Sutra du Lotus. De plus, ils qualifièrent d'"école" les enseignements Shingon, terme que le Grand-maître* Saicho* n'avait délibérément jamais utilisé.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

C'est seulement lorsqu'une personne a affronté de grandes épreuves que l'on peut estimer qu'elle a maîtrisé le Sutra du Lotus. On pourrait croire que les Grands-Maîtres Zhiyi* et Saicho* ont été des pratiquants du Sutra du Lotus, mais ils n'ont pas subi des persécutions aussi sévères que le Bouddha de son vivant. Ils n'ont rencontré que de petites oppositions, [Zhiyi*] de la part des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, et [Saicho*] de la part des sept temples principaux de Nara. Ni l'un ni l'autre n'ont subi l'hostilité du gouvernement, n'ont été attaqués par des gens du peuple à coups de sabre ou calomniés par le pays entier. [D'après le Sutra du Lotus] ceux qui croient au Sutra du Lotus après la disparition du Bouddha connaîtront des persécutions plus grandes encore que celles que le Bouddha a subies de son vivant. Pourtant personne [ni Zhiyi* ni Saicho*] n'a connu de persécutions comparables et, moins encore, des persécutions plus graves ou plus nombreuses.
La protection de Bonten et de Taishaku (Minobu, 15 mai 1277 à Nanjo Tokimitsu)

Dans les temps anciens, en de nombreuses occasions, des prières pour la pluie ont servi à déterminer la supériorité d'un enseignement sur un autre, comme dans les défis que se lancèrent Gomyo et le Grand-maître* Saicho*, ou Shubin et Kukai*."
[...] Le Grand-maître* Saicho* écrivit : "En règle générale, s'il le voit agir avec injustice, un fils doit en faire reproche à son père, et un ministre présenter des remontrances à son seigneur. En vérité, il faut savoir cela : ce qui vaut dans la relation d'un seigneur et de son ministre, ou dans celle d'un père et de son fils, est également valable dans la relation du maître et du disciple. Un disciple doit parler haut et clair si son maître s'écarte de la voie."(réf.)
[...]  Plus de quatre cents ans se sont maintenant écoulés depuis que cet enseignement nuisible qu'on appelle Shingon a été introduit au Japon. Le Grand-maître* Saicho* le rapporta de Chine dans la vingt-quatrième année de l'ère Enryaku (805), mais il le considéra comme peu souhaitable pour ce pays, et ne lui accorda donc pas le statut d'une école à part entière, le désignant seulement comme un enseignement provisoire de l'école Tendai-Hokke. Plus tard, après la mort du Grand-maître* Saicho*, le Grand-maître* Kukai*, pour ne pas être considéré comme moins important que lui, s'empressa de présenter le Shingon comme une école indépendante ; mais le temple Enrakyu-jidu Mont Hiei refusa de l'admettre. Toutefois, Ennin* et Enchin (Chisho) n'avaient qu'une clairvoyance limitée, et, bien que résidant au Mont Hiei, leur cœur penchait vers le temple To-ji de Kukai*. C'est peut-être la raison pour laquelle ils contredirent leur maître [Saicho*] et, les premiers, introduisirent l'école Shingon au temple Enrakyu-ji. Ce jour-là commença la destruction de notre pays.
[...] Le Grand-maître* Saicho* les qualifia de lait d'ânesse et les compara à un crapaud. (note) Les disciples tardifs de Ganjin (note) accusèrent le Grand-maître* Saicho* de calomnie, et firent directement appel à l'empereur Saga ; mais, parce que les propos de Saicho* étaient clairement fondés sur les sutras, leurs efforts [pour lui nuire] furent vains. La pétition présentée à l'empereur par les écoles de Nara se révéla sans objet, et le grand kaidan d'ordination [pour conférer les préceptes du Mahayana] fut construit au temple Enrakyu-ji du Mont Hiei ; les préceptes du Hinayana sont donc depuis longtemps discrédités.
Lettre de pétition de Yorimoto (Minobu, le 25 juin 1277, requête au seigneur Ema au nom de Shijo Kingo)

Après la mort du Bouddha, pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel, le terme "gohonzon de l'enseignement essentiel*" ne fut jamais mentionné, et l'objet lui-même pouvait donc d'autant moins être concrétisé. Personne n'avait non plus la capacité de l'inscrire. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* le perçurent dans leur coeur mais, pour une raison ou une autre, ne le divulguèrent jamais, de même que Yen-houei comprit le vrai sens de l'enseignement de Confucius mais le garda secret.
[...] Le Grand-maître* Saicho* écrivit  : "La réalité d'ichinen sanzen est le Bouddha qui a obtenu l'Eveil par lui-même et ce Bouddha n'est doté d'aucun attribut extraordinaire."(réf.)
[...] Ceux qui croient au Sutra du Lotus et récitent Namu Myoho Renge Kyo accomplissent les Cinq Sortes de pratiques qui furent personnellement transmises au Grand-maître* Saicho* par le moine Dao-sui lorsqu'il se rendit en Chine. C'est l'enseignement primordial pour les disciples de Nichiren et les croyants. Telle est la pratique décrite dans le chapitre Jinriki* (XXI).
Le Véritable Aspect du Gohonzon (Minobu, 23 août 1277, à Dame Nichinyo)

Quant à l'enseignement dont je parle : après la mort de l'Ainsi-venu, en Inde, pendant plus de mille cinq cents ans, elle était connue par les vingt-quatre successeurs du Bouddha - parmi lesquels Nagarjuna et Vasubandhu - mais ils ne l'ont pas révélée. En Chine, pendant plus de mille ans, la plupart des gens l'ignoraient ; seuls Zhiyi* même pour le Grand-maître* Saicho*.
[...] L'enseignement de Nichiren représente le troisième. Le premier et le deuxième ont déjà été évoqués, même si cela a toujours été en termes aussi vagues que la description d'un rêve. Mais le troisième n'a jamais été clairement énoncé. Zhiyi*, Zhalan et Saicho* y ont fait allusion, mais sans le révéler pleinement. Ils ont laissé ce soin à notre époque, celle des Derniers jours du Dharma.
Le troisième enseignement (Minobu, 1er octobre 1277, à Toki Jonin)

Myoho Renge Kyo est non seulement le coeur de tous les enseignements sacrés exposés par Shakyamuni de son vivant, mais aussi le coeur et le corps du Sutra du Lotus, l'enseignement suprême. Pourtant, si merveilleux que soit cet enseignement, pendant les plus de deux mille deux cent vingt ans qui se sont écoulés depuis la disparition du Bouddha, personne ne l'a propagé. Les vingt-quatre successeurs du Bouddha ne l'ont pas propagé en Inde, pas plus que Zhiyi* et Zhanlan* en Chine. Au Japon, ni le prince Shotoku ni le Grand-maître* Saicho* ne l'ont propagé. Par conséquent, quand je l'expose, les gens refusent de le croire pensant qu'il s'agit d'un enseignement faux. C'est bien compréhensible. Par exemple, si un simple soldat avait prétendu avoir séduit Wang Zhao-gun, personne ne l'aurait cru. Puisque Zhiyi* et Saicho*, d'un rang aussi élevé que celui de ministre et d'aristocrate, n'ont pas propagé Namu Myoho Renge Kyo, le coeur du Sutra, comment, se demandent les gens, un moine d'une position aussi basse que la mienne pourrait-il le faire  ?
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

Au Japon, les doctrines des six écoles de Nara furent réfutées après avoir été acceptées pendant plus de deux cent soixante ans ; en fait, le Grand-maître* Saicho* réfute certaines d'entre elles dans quelques-uns de ses écrit.
[...] Le Grand-maître* Saicho* reçut l'enseignement des deux écoles, Tendai et Shingon [en Chine], et les rapporta au temple Enryaku-ji, sur le Mont Hiei. Mais, en voulant créer un sanctuaire pour conférer les préceptes (kaidan), Saicho* aspirait à la méditation parfaite, à la sagesse parfaite et aux préceptes parfaits menant à l'Eveil parfait sans supérieur et immédiat selon l'école Tendai. Il semble bien qu'il jugea incorrecte l'utilisation du terme "école" pour désigner le Shingon comme une doctrine distincte de l'école Tendai. Dans le mémorandum qu'il adressa à la cour impériale, il mentionne les pratiques shikan (concentration et intuition) et shingon (la discipline de Vairocana) de l'école Tendai-Hokke. Et le serment concernant les préceptes transmis par Saicho* à son disciple Ennin* parle, en fait, des "shikan et shingon de l'école Tendai-Hokke", en évitant clairement l'emploi du terme "école Shingon".
Lettre à Shomitsu-bo (
Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Mais dans la nuit du douzième jour du neuvième mois de la huitième année de Bun'ei [1271], j'ai failli être décapité à Tatsunokuchi. Depuis lors, j'ai regretté de n'avoir encore révélé la vérité à aucun de ceux qui me suivent. [Pour cette raison, ] j'ai secrètement partagé cet enseignement avec mes disciples sur l'île de Sado. Après la disparition du Bouddha, de Grands-maîtres et lettrés [du bouddhisme] comme Mahakashyapa, Ananda, Nagarjuna, Vasubandhu Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* et Gishin*, connaissaient cette doctrine, mais l'ont gardée en leur coeur et ne l'ont pas propagée de manière explicite. Car le Bouddha leur avait interdit de le faire en disant qu'après sa disparition, ce Grand Dharma ne devra pas être divulgué jusqu'au début de l'époque des Derniers jours du Dharma.
Lettre à Misawa (Minobu, le 23 février 1278 à Misawa)

Le Bouddha a clairement établi cette séparation mais, au cours de plus de deux mille ans écoulés depuis sa disparition, personne, dans les Trois pays, ou ailleurs dans le monde, n'a parfaitement compris la différence. Seuls les Grands-maîtres Zhiyi* en Chine et Saicho* au Japon ont plus ou moins tenu compte de cette distinction. Mais le précepte de l'Eveil parfait sans supérieur [par la pratique] du Sutra du Lotus [qui se trouve dans l'enseignement essentiel* et non dans l'enseignement théorique*] n'était pas encore révélé. Zhiyi* et Saicho* le connaissaient dans leur coeur mais ne le dévoilèrent pas pour trois raisons : d'abord le temps propice n'était pas encore venu ; ensuite, les gens n'avaient pas la capacité de le comprendre ; enfin, ni l'un ni l'autre n'avaient reçu la mission de le transmettre.
[...] Le précepte de l'Eveil parfait sans supérieur [par la pratique] du Sutra du Lotus [qui se trouve dans l'enseignement essentiel* et non dans l'enseignement théorique*] n'était pas encore révélé. Zhiyi* et Saicho* le connaissaient dans leur coeur mais ne le dévoilèrent pas pour trois raisons : d'abord le temps propice n'était pas encore venu ; ensuite, les gens n'avaient pas la capacité de le comprendre ; enfin, ni l'un ni l'autre n'avaient reçu la mission de le transmettre. C'est maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, que les bodhisattvas Surgis de Terre apparaîtront pour le propager.
[...]A l'époque de Zhanlan* et de Saicho*, certaines personnes les ont un peu pratiquées mais sans rencontrer de grandes difficultés parce qu'elles n'ont pas suscité d'adversaires puissants. Les trois obstacles et les quatre démons mentionnés dans le Maka Shikan ne viennent pas faire obstacle à la pratique des enseignements provisoires. Mais maintenant tous, sans exception, apparaissent pour me barrer la route. Ils sont encore plus redoutables que les trois obstacles et les quatre démons auxquels Zhiyi*, Saicho* et d'autres furent confrontés.
[...] Il y a deux manières de percevoir le principe d'
ichinen sanzen. L'une est théorique et l'autre concrète. Ichinen sanzen, comme l'enseignaient Zhiyi* et Saicho*, était un principe théorique, mais ichinen sanzen comme je l'enseigne maintenant est un principe concret. Parce que la voie que je pratique est supérieure, les difficultés qui l'accompagnent sont plus grandes. Ichinen sanzen, dans la pratique de Zhiyi* et de Saicho*, se rattache à l'enseignement théorique* tandis qu'ichinen sanzen, dans la pratique de Nichiren, fait partie de l'enseignement essentiel*. C'est aussi différent que le ciel de la terre.
Le traitement de la maladie (
Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Le Grand-maître* Saicho* a déclaré que le pouvoir du Sutra du Lotus permet à tous les êtres humains de manifester la bodhéité. Il affirma cela parce que même la fille du Roi-dragon réussit à atteindre la bodhéité grâce au pouvoir du Sutra du Lotus. N'ayez aucun doute à ce sujet. Dites à votre mari que je lui expliquerai cela en détail quand je le verrai.
La phrase unique et essentielle (Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama)

Le Grand-maître* Saicho*, fondateur du temple Enrakyu-ji du Mont Hiei, le premier à répandre les véritables enseignements du Sutra du Lotus au Japon, commente ce point en ces termes : "Ni maîtres ni disciples n'ont besoin de persévérer dans la pratique des austérités [vie après vie] pendant d'innombrables kalpas pour atteindre la bodhéité. Le Sutra du Dharma Merveilleux a le pouvoir de faire atteindre la bodhéité sans changer d'apparence."(réf.)
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette
(Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

Beaucoup se sont décrits eux-mêmes comme des sages et des hommes de vertu, mais aucun d'eux n'a jamais vécu la prédiction du Sutra : "[Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, ] ne seront-elles pas pires encore après son trépas  ? "(réf.) Le bodhisattva Nagarjuna, Zhiyi* et Saicho furent persécutés en raison de leur foi bouddhique, mais aucune des persécutions qu'ils subirent ne furent aussi graves que celles que décrit le Sutra. C'est parce qu'ils naquirent avant l'époque où le Sutra du Lotus devait se propager.
[...] Nous sommes maintenant déjà entrés dans "la dernière période de cinq cents ans", c'est-à-dire au début de l'époque des Derniers jours du Dharma. C'est un moment comparable au soleil le quinzième jour du cinquième mois [du calendrier lunaire], ou à la lune des moissons, le quinzième jour du huitième mois. Zhiyi* et Saicho* sont nés trop tôt pour connaître ce moment et ceux qui naîtront après regretteront d'avoir vécu trop tard.
Plus la source est lointaine, plus le courant est long (
Minobu, le 15 septembre 1278, à Shijo Kingo)

Ennin*, originaire de Shimotsuke, et troisième Supérieur du temple Enraku-ji, était un disciple de Kochi, qui fut moine du temple Ono-ji, à Shimotsuke. Kochi étudia le bouddhisme auprès de Dochu, un disciple de Ganjin, et reçut ultérieurement la transmission directe de l’enseignement de Saicho*. Après avoir terminé ses études, Kochi prêcha les enseignements de l’école Tendai dans toute la région du Kanto. En 803, Ennin*, à l’âge de 13 ans, entra au Mont Hiei, où il passa 15 ans à acquérir la connaissance de six écoles, y compris l’école Hosso et l’école Sanron, et, en plus, les enseignements du Sutra du Lotus et la doctrine de l’école Shingon.
[...] Enchin (Chisho Daishi), originaire de Sanuki, entra au Mont Hiei en 828, à l’âge de 14 ans, et devint un disciple de Maître Gishin*, un disciple de Saicho* qui était originaire de Sagami. Enchin avait aussi voyagé en Chine avec son maître. Au Japon, Enchin étudia les enseignements de six écoles, y compris les écoles Sanron et Hosso, en plus des enseignements de l’école du Sutra du Lotus (Hokkeshu) et de l’école Shingon auprès de Maître Gishin*, d'Ennin*, d’Encho* et de Kojo*, disciple de Saicho*.

[...] En juillet 804, le Grand-maître* Saicho* sur instruction de l’empereur Kammu, partit en Chine, où il rencontra le moine Daosui (Dosui) et le Grand-maître* Xingman (Gyoman), qui étaient tous les deux des disciples du Grand-maître* Zhanlan*. Sous leur supervision, le Grand-maître* Saicho* étudia l’enseignement du Maka Shikan de l’école Hokke et apprit aussi les Règles de conduite des bodhisattvas, qui avaient été enseignées par le Grand-maître* Daoxuan, fondateur de la branche Nanchan de l'école Lu (Ritsu) en Chine. Le Grand-maître* Saicho* reçut également, du moine Shunxiao, l’initiation ésotérique de l’école Shingon. Après être retourné au Japon, le Grand-maître* Saicho* ne propagea pas les enseignements de l’école Shingon. A la place, il rechercha les enseignements du Sutra Vairocana* et du Sutra du Lotus pour déterminer quel sutra était supérieur. Il s’était aperçu, en effet, que les lettrés chinois ne lui fourniraient pas la réponse. Le Grand-maître* Saicho* en vint à la conclusion que le Sutra Vairocana* de l’école Shingon était inférieur au Sutra du Lotus, et aussi que certaines idées de l’école Tendai étaient incorporées dans le Commentaire sur le Sutra Vairocana*, en particulier, par Yixing.
[...] Les Grands maîtres Ennin* et Enchin ne reconnaissaient pas les sutras de l’école Kegon comme supérieurs au Sutra du Lotus. Cependant, ils apportèrent leur soutien à l’affirmation du Grand-maître* Kukai* selon laquelle le Sutra Vairocana* de l’école Shingon était supérieur au Sutra du Lotus, bien qu’ils appartinssent à l’école Tendai. Ainsi, sans le savoir, ils devinrent l’ennemi du Grand-maître* Saicho* qui avait fondé l’école Tendai au Japon.
[...] L’école Ritsu a initialement enseigné les enseignements du Hinayana et a exposé plus tard les enseignements du Mahayana provisoire*. Maintenant, ils croient qu’ils exposent les enseignements véritables du Mahayana. Une autre école Ritsu, qui fut transmise au Grand-maître* Saicho* par le moine Daosui (Dosui) n’est pas identique à l’école Ritsu mentionnée ci-dessus.
[...] Cela fait environ 2 200 ans depuis que le Bouddha Shakyamuni a prêché, mais pas une seule personne dans ce monde n’a diffusé ce Gohonzon et les enseignements du Bouddha Shakyamuni. Le Grand-maître* Zhiyi*, de Chine, et le Grand-maître* Saicho*, du Japon, sont au courant de ce Gohonzon, mais il n’ont fait aucun effort pour le diffuser.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Il fallut au Bouddha un peu plus de quarante ans pour réaliser la tâche qu'il avait à accomplir en ce monde ; il fallut à Zhiyi* environ trente ans et à Saicho* quelque vingt ans. J'ai souvent mentionné les indescriptibles persécutions qu'ils subirent pendant ces années. Pour moi, il a fallu vingt-sept ans, et les persécutions dont j'ai été l'objet pendant cette période sont bien connues de vous.
[...] Dans les deux mille ans et plus qui s'écoulèrent "après sa mort", personne, pas même Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi* ou Saicho*, ne subit aucune des persécutions, encore plus grandes, qui étaient prédites. Ils furent indéniablement des pratiquants du Sutra du Lotus, mais puisque tel est le cas, d'où vient qu'aucun d'eux ne versa la moindre goutte de sang, à l'instar du Bouddha, ou n'endura des épreuves encore plus grandes  ? Les prédictions du Sutra pourraient-elles être fausses et les paroles du Bouddha, de grands mensonges ?
[...] Ce que Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi* et Saicho eurent à subir n'est rien comparé à cela. Sans la venue de Nichiren dans les Derniers jours du Dharma, le Bouddha aurait été un grand menteur et les témoignages apportés par Taho et tous les autres bouddhas auraient été faux.
Sur les persécutions subies par le Bouddha (Minobu, le 1 février ou 1er octobre 1279 Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Saicho* énuméra dix principes remarquables qui placent le Sutra du Lotus au-dessus de tous les autres. L'un d'eux est l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence [en tant que simple mortel]. C'est le principe le plus important de la doctrine de l'école Tendai, et une partie du Hokke Mongu* a pour titre : "Le principe suprême de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence".
Le bodhisattva Fukyo fut attaqué à coups de cannes, comme il est dit dans le Sutra : "Ils le frapperont à coups de cannes et de bâtons, et lui jetteront des pierres et des tuiles." Mais il ne connut pas la persécution par le sabre. Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* et d'autres n'ont pas connu cela, [en accord avec la phrase : ] "Il sera épargné par le sabre et le bâton."(réf.) Cependant, moi, Nichiren, j'ai subi coups de bâtons et de sabres.
La persécution par le sabre et le bâton (Minobu, 20 avril 1279 à Nanjo Tokimitsu)

Le Grand-maître* Saicho* fit construire le Enryaku-ji, mais il fit enchâsser dans le bâtiment principal une image du bouddha Yakushi du royaume de l'Est comme objet de culte. Il ne prit pas pour objet de vénération le Bouddha Eveillé depuis un passé illimité et ceux qui n'ont jamais cessé depuis lors d'être auprès de lui.
[...] Voilà pourquoi aussi le Grand-maître* Saicho* parlait de cette période avec envie en disant : "Les époques du Dharma correct et du Dharma formel sont presque terminées et celle des Derniers jours du Dharma est proche. C'est à ce moment-là que le Véhicule unique enseigné dans le Sutra du Lotus se propagera et prouvera qu'il convient parfaitement aux capacités de tous les hommes."(réf.) D'un point de vue profane, moi, Nichiren, je suis l'être le plus misérable du Japon, mais à la lumière du bouddhisme, je suis la personne la plus fortunée du monde. Cela est dû au temps. Et, en le comprenant, je suis empli d'une telle joie que et ne peux retenir mes larmes. Il m'est impossible de m'acquitter de ma dette de reconnaissance envers Shakyamuni. Même les vingt-quatre successeurs de Shakyamuni me semblent avoir moins de chance que moi, et les bienfaits obtenus par Zhiyi* et Saicho* me paraissent inférieurs aux miens. Car maintenant, le temps est venu d'établir l'objet de vénération représentant les quatre bodhisattvas.

Sur l'établissement des Quatre Bodhisattvas (Minobu, 17 mai 1279 à Toki Jonin)

C'est alors que, sous le règne de l'empereur Kammu, apparut un sage appelé le Grand-maître* Saicho*. Ayant réfléchi à ce problème, il déclara : "Les divinités ont été vaincues et le Bouddha a été victorieux. Le Bouddha est considéré comme souverain et les divinités comme subalternes ; cette hiérarchie a été correctement établie, par conséquent le pays devrait être en paix. Or, le pays est en proie à de nombreux troubles  !
[...] Saicho* affirma que telle était la raison de la colère du ciel et de l'affaiblissement des divinités protectrices du pays. Et il déclara que même ceux qui faisaient l'éloge du Sutra du Lotus en détruisaient le cœur. En entendant cela, les moines des Sept temples principaux de Nara, des quinze grands temples, et de tous les temples et monastères de montagne du Japon, devinrent furieux. Ils s'écrièrent : "Mahadeva, de l'Inde, et les moines taoïstes de la Chine se sont réincarnés dans notre pays  ! Ils ont pris la forme de ce petit moine appelé Saicho*  ! Si quelqu'un le rencontre, qu'il lui brise la tête en deux, qu'il lui coupe les bras, qu'il le frappe et l'insulte  ! "
[...] Ainsi, en même temps que le Grand-maître* Saicho* apparut un sage désigné sous le nom de Grand-maître* Kukai*. Il alla jusqu'en Chine pour y étudier le Sutra Vairocana* et les enseignements du Shingon, et puis revint au Japon. Tant que le Grand-maître* Saicho* était encore vivant, Kukai* ne proclama pas ouvertement la supériorité du Sutra Vairocana* sur le Sutra du Lotus. Mais après la mort du Grand-maître* Saicho*, le 4e jour du 6e mois de la 13e année de l'ère Konin (822), il pensa sans doute que le temps était venu de le faire.
[...] Dans la période qui suivit, tous les habitants du Japon devinrent des adeptes de l'école Shingon. De plus, un disciple du Grand-maître* Saicho*, Ennin*, se rendit jusqu'en Chine où il fit une étude approfondie des enseignements secrets du Tendai et du Shingon avant de rentrer au Japon.
[...] De plus, le soutien que lui accordèrent l'empereur et ses ministres fut encore plus grand que celui dont avaient bénéficié en leur temps Saicho* et Kukai*. Si bien que les moines du Mont Hiei, les Sept temples de Nara et, en fait, tous les habitants du Japon, s'entendirent sur ce point que le Sutra du Lotus était inférieur au Sutra Vairocana*.
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

Ainsi, l'homme est doté de cinq organes vitaux. Qu'un seul d'entre eux fonctionne mal, il entraînera la maladie de tous les autres, parfois jusqu'à causer la mort. Le Grand-maître* Saicho* a écrit  : "Même en faisant l'éloge du Sutra du Lotus, on peut en détruire le coeur."(réf.) Il voulait dire que même en gardant, en lisant et en faisant l'éloge du Sutra du Lotus, si l'on en trahit le coeur, c'est comme si l'on tuait, non seulement le révéré Shakyamuni, mais tous les bouddhas de l'univers.
[...] C'est pourquoi le Grand-maître* Saicho* dit que les laïcs, hommes et femmes, qui croient en ce Sutra, même s'ils manquent de connaissances ou transgressent les préceptes, doivent avoir la préséance sur les moines du Hinayana qui observent strictement chacun des deux cent cinquante préceptes.
[...] Nombreux sont ceux qui ont exposé les différents enseignements de Shakyamuni, mais jusqu'à présent personne, pas même Zhiyi* ou Saicho*, n'a enseigné le plus important de tous. Il devait en être ainsi, car cet enseignement n'apparaît et ne se répand qu'avec l'avènement du bodhisattva Jogyo pendant les premiers cinq cents ans des Derniers jours du Dharma.
[...] A cet égard, le Grand-maître* Saicho* écrivit que la loutre manifeste son respect en offrant le poisson qu'elle a pris, que le corbeau dans la forêt rapporte de la nourriture à ses parents et grands-parents, que la colombe prend soin de se percher trois branches plus bas que son père, que les oies sauvages restent en ordre parfait quand elles volent ensemble et que l'agneau s'agenouille pour boire le lait de sa mère. Puisque des animaux inférieurs observent tant de convenances, il se demande comment des êtres humains peuvent manquer à ce point de courtoisie. Si l'on en juge d'après les mots de Saicho*, il est bien naturel que les moines Zen soient dans la plus grande confusion concernant le bouddhisme puisqu'ils ignorent même les règles du comportement humain.
Lettre à Niike (Minobu, février 1280 à Niike Saemon no jo)

Si rien ne fait obstacle, la rosée s'évapore vers le ciel et la pluie tombe sur la terre. Mais un vent contraire peut renvoyer la pluie vers le ciel et, lorsque le soleil se lève, la rosée peut retomber à terre. De même, avant l'apparition de Saicho*, les six écoles, dont fait partie l'école Kegon, étaient comparables à de la rosée s'élevant vers le ciel. Il en va de même pour l'école Shingon.
[...] Au cours des plus de 2200 ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, personne n'a encore totalement exposé et propagé l'enseignement du Sutra du Lotus, exactement tel qu'il est énoncé dans le Sutra. Cela ne veut pas dire que Zhiyi* et Saicho* en ignoraient la véritable signification. Mais parce que le temps propice n'était pas encore venu, et parce que les capacités des gens n'étaient pas adéquates, ils sont morts sans avoir tout élucidé par écrit. Toutefois, ceux qui deviennent aujourd'hui les disciples de Nichiren peuvent sans difficulté comprendre le sens profond du Sutra.
La bonne fortune inégalée (Minobu, 1l mai 1280, au seigneur Nishiyama)

Après la disparition du Bouddha, trois personnes seulement ont véritablement lu ce passage du Sutra du Lotus. Le bodhisattva Nagarjuna, en Inde, dit dans son Daichido Ron  : "Le Sutra du Lotus est comme un grand médecin qui change le poison en remède". (note) C'est de cette manière qu'il expliqua le sens du passage "le plus difficile à croire, le plus difficile à comprendre". En Chine, le Grand-maître* Zhiyi* interpréta cette phrase en la replaçant dans son contexte : "De tous ceux que j'ai enseignés, que j'enseigne et que j'enseignerai le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et le plus difficile à comprendre."(réf.) Et, au Japon, le Grand-maître* Saicho* commenta ainsi cette phrase  : "Tous les sutras des quatre premières des Cinq périodes enseignés auparavant, le Sutra Muryogi qui fut enseigné en même temps, et le Sutra du Nirvana qui fut enseigné plus tard, sont tous des enseignements faciles à croire et faciles à comprendre. C'est parce que tous ces sutras furent exposés en fonction des capacités de ceux à qui le Bouddha s'adressait. Le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et à comprendre, parce que l'enseignement définitif (jikkyo) y est révélé directement, indépendamment de la capacité de ses auditeurs à le comprendre."(réf.)
[...] Maintenant, au commencement de l'époque des Derniers jours du Dharma, moi, Nichiren, suis le premier à entreprendre la propagation des cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo dans le monde entier. Ces cinq caractères sont le coeur du Sutra du Lotus et la source de l'Eveil de tous les bouddhas. Plus de deux mille deux cent vingt ans se sont écoulés depuis l'entrée dans le nirvana du Bouddha Shakyamuni, mais personne n'a jamais entrepris cette mission, pas même les plus grands de ses disciples Mahakashyapa, Ananda, Ashvaghosha, Nagarjuna, Huisi ou Zhiyi*, Zhanlan* ou Saicho*  ! formez vos rangs, mes disciples, et suivez-moi  ! Vous dépasserez même Mahakashyapa ou Ananda, Zhiyi* ou Saicho*. Si vous fléchissez devant les menaces des dirigeants de cette petite île qu'est le Japon et abandonnez votre foi, comment pourrez-vous résister à la colère tellement plus terrible de Yama, le roi de l'enfer  ? Vous vous dites les messagers du Bouddha ; mais si vous perdez courage, personne ne sera plus méprisable que vous.
Comparaison du Sutra du Lotus avec les autres sutras (Minobu, le 26 mai 1280 à Toki Jonin)

De plus, le Grand-maître* Zhanlan* écrivit des commentaires en dix volumes intitulés Hokke gengi shakusen. Dans cet ouvrage, il déclara que tous les sutras introduits en Chine après l'époque de Zhiyi* - y compris les sutras portant l'appellation de "nouvelles traductions" - étaient tous des serviteurs et des seconds du Sutra du Lotus. Au Japon, pareillement, le Grand-maître* Saicho* établit que le Sutra Vairocana et les autres sutras de l'école Shingon - qui font partie des "nouvelles traductions" - étaient tous des serviteurs et des seconds du Sutra du Lotus. Toutefois, Kukai*, Ennin*, Enchin et d'autres, avancèrent des opinions aussi différentes de ce principe que le feu de l'eau.
[...] Le Grand-maître* Saicho* écrivit : "Quand le soleil se lève, les étoiles se cachent, et quand le talent se manifeste, l'absence de talent devient évidente."(réf.)
[...] Le Grand-maître* Saicho* entreprit donc de voyager jusqu'en Chine et se livra, là-bas, à une comparaison rigoureuse de tous les enseignements sacrés du Japon, de Chine et d'Inde. Il rejeta ceux qui étaient inférieurs et choisit ceux qui étaient valables, les examinant un par un, sans préjugé ni parti-pris. Pour finir, il choisit le Sutra du Lotus et deux autres sutras, les désignant comme les trois sutras qui assureraient la protection du pays.
Chevaux blancs et cygnes blancs (Minobu, 14 août.1280, à la dame d'Utsubusa)

Sans préjuger de ma sagesse, parce que ma fidélité au Sutra du Lotus m'a valu de subir persécutions et blessures, je surpasse même le Grand-maître* Zhiyi* de Chine et le Grand-maître* Saicho* du Japon. C'est le temps [l'époque des Derniers jours du Dharma] qui l'a voulu ainsi. Si je suis bien le Pratiquant du Sutra du Lotus, alors Shakyamuni, qui enseigna la doctrine au Pic du Vautour, le bouddha Taho, du Monde du trésor de pureté, les bouddhas des dix directions, émanations de Shakyamuni, les grands bodhisattvas de l'enseignement essentiel et de l'enseignement théorique, Bonten, Taishaku, les rois dragons et les dix Filles-démones, tous sont très certainement présents en ce lieu.
Réponse au seigneur Shijo Kingo (Minobu, le 8 octobre 1280 à Shijo Kingo)

Question - Au Japon, le bouddhisme se divise en six écoles, sept écoles ou huit écoles. Parmi elles, quelle est celle qui enseigne le principe de sokushin jobutsu, l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence ? Réponse - Selon le Grand-maître* Saicho*, ce principe se trouve uniquement dans le Sutra du Lotus. Alors que, d'après le Grand-maître* Kukai*, il se trouve seulement que dans l'enseignement du Shingon.  Question - Quelle preuve pouvez-vous en donner  ? Réponse - On lit dans le Hokke Shuku du Grand-maître* Saicho*  : "Sachez que, parmi les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles, aucun ne contient le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence. Même si certains d'entre eux semblent y faire vaguement allusion, cela ne concerne que des personnes parvenues à la huitième* des dix étapes de développement* ou au-dessus. Ces sutras ne reconnaissent pas la possibilité d'atteindre la bodhéité sous la forme d'un simple mortel*. Seule l'école Tendai-Hokke énonce clairement ce principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence."
[...] Ces deux Grands-maîtres étaient tous deux des sages éminents. Ils partirent en Chine la même année et y étudièrent l'un et l'autre les enseignements ésotériques du Shingon. Le Grand-maître* Saicho* eut pour maître, dans l'étude des deux mandala, le Savant-maître* Shunxiao. Le Grand-maître Kukai*, quant à lui, étudia les deux mandala avec pour maître le Savant-maître* Huiguo. Shunxiao et Huiguo étaient tous deux des disciples d'Amoghavajra*. Et le Maître du tripitaka, Amoghavajra* était le sixième disciple d'une lignée directement reliée au bouddha Vairocana*. Ainsi, tant pour la transmission qu'ils avaient reçue que pour leurs propres réalisations, les Grands-maîtres Saicho* et Kukai* étaient considérés par les personnes de leur temps comme le soleil et la lune. Ils étaient aussi respectés que les ministres de la Gauche et de la Droite.
[...] "Le Grand-maître* Ennin* était un disciple de Saicho* et Gishin*  ; le Grand-maître* Enchin, un disciple de Gishin* et de Ennin*  ; et le Savant-maître*Annen, un disciple du Savant-maître* An'ne*. Ces trois hommes ont déclaré que l'école Tendai-Hokke n'enseigne que la partie théorique du principe ésotérique de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence, alors que l'école Shingon enseigne à la fois la partie théorique et pratique de ce même principe (note). Les Grands-maîtres Saicho* et Kukai* n'étaient ni l'un ni l'autre stupides. De plus, les sages font preuve d'impartialité. Ces trois maîtres, Ennin*, Enchin et Annen, vivaient bien dans "le temple de la montagne" [Enriyaku-ji] fondé par Saicho*, mais leur esprit était celui de l'enseignement de Kukai* du temple To-ji. Si bien que, au cours des quatre cents dernières années, au Japon, personne n'a contredit leur opinion. Comment donc une personne d'aussi basse condition que vous ôse-t-elle soutenir des raisonnements aussi néfastes  ? (C'est leur deuxième point.) Réponse : [...] Pour ce qui est de Ennin*, Enchin et Annen, les Grands-maîtres Ennin* et Enchin, tant qu'ils étaient encore au Japon, ont d'abord adhéré aux principes du Grand-maître* Saicho*. Mais, après leur voyage en Chine, ils ont adopté l'enseignement de maîtres tels que Yuan-zheng et Faxian, et, dans leur coeur, ils ont abandonné l'enseignement du Grand-maître* Saicho*. Alors même qu'ils vivaient physiquement dans "le temple de la montagne" fondé par Saicho*, ils s'y trouvaient superficiellement, mais, en réalité, ils trahissaient son esprit.
[...] Pour ce qui est de Ennin*, Enchin et Annen, les Grands-maîtres Ennin* et Enchin, tant qu'ils étaient encore au Japon, ont d'abord adhéré aux principes du Grand-maître* Saicho*. Mais, après leur voyage en Chine, ils ont adopté l'enseignement de maîtres tels que Yuan-zheng et Faxian, et, dans leur coeur, ils ont abandonné l'enseignement du Grand-maître* Saicho*. Alors même qu'ils vivaient physiquement dans "le temple de la montagne" fondé par Saicho*, ils s'y trouvaient superficiellement, mais, en réalité, ils trahissaient son esprit.
[...] On lit, dans les commentaires du Grand-maître* Saicho*  : "Il faut bien comprendre que la question, de savoir si certains ont atteint ou non la bodhéité, a pour but de montrer le grand pouvoir et l'autorité de ce Sutra." Cette citation renvoie à un autre passage, mentionné plus tôt dans ce commentaire, du chapitre Daibadatta* (XII) du Sutra du Lotus. [Manjushri dit] : "Quand j'étais dans l'océan, [j'ai sans relâche enseigné uniquement le Sutra du Lotus]." Ce commentaire de Saicho* souligne essentiellement que, même lorsque certains parlent d'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence, s'ils ne donnent pas d'exemples de personnes y étant réellement parvenues, il ne faut pas suivre leurs principes. Il est évident que, tant que l'on ne s'appuie pas sur le Sutra de la vérité unique, pur et parfait, il ne peut y avoir d'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence.
[...] D'après le Grand-maître* Saicho*, grâce au Sutra du Lotus, il est possible d'atteindre la bodhéité sans changer d'apparence, que l'on ait ou non rejeté le corps sujet à la transmigration à travers les illusions, les différences et les limitations dans les six première voies.
[...] Question - Le Grand-maître* Ennin* rencontra personnellement le Grand-maître* Saicho*, étudia directement sous sa direction et hérita de ses enseignements. Mais, en ce qui vous concerne, plus de quatre siècles vous séparent [de Saicho*], n'est-ce pas ? Réponse [...] Les commentaires écrits du Grand-maître* Saicho* sont-ils seulement bons à jeter, alors que la tradition orale transmise depuis le Grand-maître* Ennin* serait seule guide vers la vérité ? Le Grand-maître* Saicho* énumère dans le Hokke Shuku les dix points qui ne se trouvent dans aucun autre sutra [que le Sutra du Lotus]. Le huitième point est "la supériorité de permettre l'atteinte de la bodhéité sans changer d' apparence". Plus loin, dans ces mêmes commentaires, on lit : "Il faut bien comprendre que ce passage, en posant la question de savoir s'il existe des personnes parvenues à la bodhéité sans changer d'apparence, démontre le grand pouvoir et l'autorité de ce sutra (...) Et il faut bien comprendre aussi que les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles ne contiennent pas ce principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence."
[...] Question - Parmi les commentaires du Grand-maître* Saicho*, y en a-t-il qui mettent en doute la validité du mot "seul" dans le Bodaishin Ron [dans l'expression "seul le Shingon permet d'atteindre la bodhéité sans changer d'apparence"] ? Réponse - On lit dans le Hokke Shuku  : "Ni le maître ni les disciples n'ont besoin de pratiquer les austérités pendant d'innombrables kalpas afin d'atteindre la bodhéité. Grâce au pouvoir du Sutra du Lotus, ils peuvent y parvenir sans changer d'apparence [en cette vie-ci]. Ici, le Grand-maître* Saicho* ne semble pas accorder de crédit au mot "seul" du Bodaishin Ron. Dans ce même Hokke Shuku, il est dit encore : "Ni le maître ni les disciples n'ont besoin de pratiquer des austérités pendant d'innombrables kalpas avant d'atteindre la bodhéité. Grâce au pouvoir du Sutra du Lotus, ils peuvent y parvenir sans changer d'apparence."
Le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence (Minobu, en 1280? , à Myoichinyo)

A partir du moment où la charge de zasu fut pour la première fois établie au Hieizan, les troisième et quatrième spérieurs des moines, Jitaku et Chigo, sans aucune raison, agirent contrairement aux enseignements du Grand Maître Saicho* et de son disciple Gishin*, et déclarèrent que les doctrines conceptuelles du Shingon et du Sutra du Lotus avaient la même valeur, mais que, dans les conditions concrètes, le Shingon était supérieur au Sutra du Lotus. Ainsi apportèrent ils la disgrâce sur notre montagne (Hiei), et ridiculisèrent-ils le Sutra du Lotus et, sans raison, transformèrent-ils en boue les excellents préceptes qui étaient la Voie du milieu pure et sans tache jadis professée au Enryaku-ji.
Trois grands Dharmas cachés (Minobu, le 27 ? avril 1281 à Ota Kingo)

Sous le règne de l'empereur Kammu vécut un Maître du Dharma, Saicho*, qui devint par la suite le Grand-maître* Dengyo. Avant de se rendre en Chine, il étudia en profondeur les doctrines des six écoles. De plus, pendant quinze ans, retiré dans la montagne [le Mont Hiei], il compara les doctrines des écoles Tendai et Shingon. Par conséquent, avant même son départ pour la Chine, en s'appuyant sur l'enseignement du Tendai, il parvint à réfuter celui des six premières écoles ; si bien que, reconnaissant leur défaite, les supérieurs des sept temples principaux de Nara devinrent ses disciples. Ainsi, les principes de ces six écoles furent invalidés. Par la suite, dans la 23e année de l'ère Enryaku [804], Saicho* partit en Chine, et il revint au Japon dans la 24e année de la même ère [805]. Il propagea alors au Japon les enseignements du Tendai et du Shingon. Mais s'il semble bien qu'il ait discerné dans son coeur la supériorité des uns par rapport aux autres, il ne s'est pas exprimé publiquement à ce sujet.
[...] Il [Enchin] déclara que les mérites relatifs des écoles Tendai et Shingon lui apparaissaient aussi clairement que dans un miroir mais que, parce que ce point susciterait probablement des polémiques à l'avenir, il désirait résoudre définitivement la question. A son avis, les deux écoles, Tendai et Shingon étaient comparables aux deux yeux d'une personne ou aux deux ailes d'un oiseau. Ceux qui donneraient des interprétations différentes trahiraient l'enseignement du fondateur de la doctrine, le Grand-maître* Saicho*, et n'auraient plus le droit de résider sur le Mont Hiei. Un nouveau décret impérial fit largement connaître cette position d'Enchin à travers tout le pays.
[...] Le Grand-maître* Saicho* eut un disciple du nom d'Ennin*, plus tard connu sous le nom de Grand-maître* Jikaku Daishi. Ce dernier se rendit en Chine dans la 5e année de l'ère Jowa [838] et revint au Japon dans la 14e année de la même ère [847]. Pendant cette décennie, il étudia à la fois les doctrines du Shingon et du Tendai. Au Japon, il avait étudié en profondeur les doctrines Tendai et Shingon sous la direction des Grands-maîtres Saicho*, Gishin* et Encho*. De plus, durant les dix années de son séjour en Chine, il étudia le Shingon sous la direction de huit maîtres éminents et le Tendai sous la direction de Zongjui, Zhi-yuan et d'autres. De retour au Japon, il déclara que les écoles Tendai et Shingon correspondaient toutes deux à la saveur du ghee, et que les sutras de ces deux écoles étaient également profonds et ésotériques. Cette déclaration fut officialisée par un édit impérial.
[...] Ceux qui, par leurs dons, soutiennent le Pratiquant du Sutra du Lotus recevront les mêmes bienfaits qu'ils auraient obtenu en faisant des offrandes au Sutra lui-même. Le Grand-maître* Saicho* écrivit dans un commentaire : "Ceux qui feront son éloge accumuleront une bonne fortune aussi haute que le Mont Sumeru, et ceux qui le calomnieront tomberont dans l'enfer avici." (note)
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)

 

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