Le Véritable Aspect du Gohonzon

(La composition du Gohonzon)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol.1, p. 235 ; SG* p. 838.
Gosho Zenshu p.1243 - Nichinyo Gozen Gohenji (Gohonzon Somyo Sho); Teihon no. 256, 2:1376

Minobu, 23 août 1277, à Dame Nichinyo

J'ai bien reçu les cinq mille kan de pièces de monnaie, les sacs de riz et les fruits que vous avez envoyés en offrande au Gohonzon.

Le Bouddha Shakyamuni enseigna pendant cinquante ans, mais c'est seulement dans les huit dernières années qu'il révéla cet enseignement. Exposé pendant cette période, le Sutra du Lotus explique le Gohonzon dans les huit chapitres qui vont du chapitre Yujutsu* (XV) au chapitre Zokurui* (XXII). Après la mort du Bouddha, pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel, le terme "Gohonzon de l'enseignement essentiel*" ne fut jamais mentionné, et l'objet lui-même pouvait donc d'autant moins être concrétisé. Personne n'avait non plus la capacité de l'inscrire. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* le perçurent dans leur coeur mais, pour une raison ou une autre, ne le divulguèrent jamais, de même que Yen-houei comprit le vrai sens de l'enseignement de Confucius mais le garda secret. Pourtant, le Sutra lui-même, aussi bien que les commentaires de Zhiyi* et de Zhalan établissent clairement que le Gohonzon apparaîtra dans la dernière période de cinq cents ans de l'époque des Derniers jours du Dharma, un peu plus de deux mille ans après la mort du Bouddha. Actuellement, nous sommes entrés depuis plus de deux cents ans dans l'époque des Derniers jours du Dharma. Comme il est prodigieux que Nichiren ait, le premier, inscrit ce grand mandala, levant ainsi l'étendard de la propagation du Sutra du Lotus, alors même que de Grands-maîtres comme Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi* et Zhanlan* furent incapables de le faire  ! Ce mandala n'est en rien une invention de Nichiren. C'est l'objet de vénération qui dépeint parfaitement le vénérable Shakyamuni et tous les autres bouddhas dans la Tour aux Trésors, aussi fidèlement que l'estampe correspond à la planche à graver.

Les cinq caractères du Titre du Sutra du Lotus sont inscrits au centre de la Tour aux Trésors, tandis que les quatre Rois du Ciel sont assis aux quatre coins. Les bouddhas Shakyamuni et Taho, ainsi que les quatre guides des bodhisattvas Surgis de Terre, sont en haut sur le même rang. Assis au-dessous d'eux, se trouvent les bodhisattvas Fugen et Manjushri, ainsi que des auditeurs-shravakas parmi lesquels Shariputra et Maudgalyayana. A côté d'eux, se tiennent les divinités Nitten, Gatten, le Démon du sixième Ciel, le Roi-dragon et Ashura  ; Fudo et Aizen sont respectivement postés au Sud et au Nord. Le traître et cruel Devadatta et la fille du Roi-Dragon sont également présents. La démone Kishimojin apparaît avec ses dix filles qui sapent la vie des êtres dans tout l'univers. Sont également présentes les divinités tutélaires du Japon  : Tensho Daijin* et le bodhisattva Hachiman représentant les sept catégories de divinités célestes, les cinq catégories de divinités terrestres et toutes les divinités majeures et mineures en général. Puisque s'y trouvent toutes les divinités dans leur essence, elles doivent apparaître aussi dans leurs manifestations. Il est dit dans le chapitre Hoto* (XI) : "Toute l'Assemblée s'éleva et se retrouva dans les Airs." Tous les bouddhas, bodhisattvas et grands sages, ainsi que les huit groupes d'êtres sensibles des deux mondes cités dans le premier chapitre du Sutra du Lotus, tous sans exception résident dans ce Gohonzon. Illuminés par les cinq caractères du Dharma Merveilleux ils révèlent la nature de bouddha qu'ils possèdent de manière inhérente. C'est là l'objet fondamental de vénération.

Le Sutra définit ce principe par la phrase  : "Tous les phénomènes révèlent la véritable réalité"(réf.) (shoho jisso). Zhanlan* déclare  : "L'aspect réel est immanquablement présent dans tous les phénomènes ; dans tous les phénomènes sont immanquablement en jeu les dix modalités d'expression de la vie (nyoze). Ces dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) Zhiyi* déclare  : "Le principe profond de l'"aspect réel" est le Dharma originel de Myoho Renge Kyo." Le Grand-maître* Saicho* écrivit  : "La réalité d'ichinen sanzen est le Bouddha qui a obtenu l'Eveil par lui-même et ce Bouddha n'est doté d'aucun attribut extraordinaire."(réf.) Par conséquent, ce Gohonzon est le mandala suprême sans précédent, car pendant plus de deux mille deux cent vingt ans après la mort du Bouddha, il ne fut jamais révélé.

Une femme qui se consacre au Gohonzon attire le bonheur en cette vie. Et dans sa vie prochaine, le Gohonzon sera avec elle et la protégera toujours. Comme une lanterne dans l'obscurité, comme un bras solide sur un chemin accidenté, le Gohonzon vous protégera, Dame Nichinyo, où que vous alliez. Par conséquent, gardez-vous de ceux qui calomnient le Dharma comme vous éviteriez de recevoir une courtisane dans votre maison. Tel est le sens de "quitter les mauvais amis et rechercher les bons."(réf.)

Ne cherchez jamais ce Gohonzon en dehors de vous-même. Il n'existe que dans notre chair, en nous, êtres ordinaires, qui gardons le Sutra du Lotus et récitons Namu Myoho Renge Kyo. Le corps est le palais de la neuvième conscience, réalité inchangeable qui régit toutes les fonctions de la vie. Etre "doté des dix états" signifie que tous les dix états, sans exception, sont contenus dans le seul état de bouddha. Voilà pourquoi on appelle le Gohonzon mandala. Mandala est un mot sanscrit qui signifie "possession parfaite" ou "monceau de bienfaits". Le Gohonzon n'existe que dans la seule foi. Comme il est dit dans le Sutra  : "C'est seulement par la foi que l'on peut accéder à la bodhéité."(réf.)

Puisque les disciples de Nichiren, moines comme laïcs, croient en la suprématie du Sutra du Lotus qui dit  : "[...] en rejetant honnêtement les enseignements provisoires"(réf.), et  : "N'acceptez jamais même une seule phrase des autres sutras"(réf.), ils peuvent pénétrer dans la Tour aux Trésors du Gohonzon. Comme c'est rassurant  ! Faites tous les efforts possibles pour votre vie future. Le plus important, c'est de réciter uniquement Namu Myoho Renge Kyo et d'atteindre la bodhéité. Tout dépend de la force de votre foi. Avoir la foi, c'est la base du bouddhisme. C'est pourquoi il est dit dans le quatrième volume du Maka Shikan : "Le bouddhisme est un vaste océan mais seuls ceux qui ont la foi peuvent y accéder." Dans le quatrième volume du Guketsu, Zhanlan* interprète ce passage ainsi : "Même Confucius enseigne que la foi vient en premier. Ceci s'applique encore plus aux principes profonds du bouddhisme  ! Sans foi, comment pourrait-on les approcher  ? C'est pourquoi le Sutra Kegon* définit la foi comme la base de la pratique et la mère des bienfaits." On lit encore, dans le premier volume du Maka Shikan : "Comment peut-on écouter l'enseignement parfait*, y croire, le pratiquer et atteindre l'Eveil parfait  ? " Le premier volume du Guketsu donne l'explication suivante : "Croire en l'enseignement parfait* signifie éveiller sa foi par la doctrine et faire de la foi la base de la pratique." Un classique chinois relate l'histoire de l'empereur des Han [Guangwudi] qui crut si aveuglément le rapport de son aide de camp qu'il trouva réellement la rivière gelée. Un autre récit relate comment Liguang, désireux de venger son père, perça d'une flèche un rocher enfoui dans l'herbe. Les commentaires de Zhiyi* et de Zhanlan* indiquent très clairement que la foi est la base de toute chose. Parce que l'empereur des Han ne douta pas un seul instant du rapport de son subordonné, la rivière gela. Et Liguang parvint à percer un rocher de sa flèche tant il était persuadé qu'il s'agissait là du tigre qui avait tué son père. La foi bouddhique est encore plus puissante.

Ceux qui croient au Sutra du Lotus et récitent Namu Myoho Renge Kyo accomplissent les Cinq Sortes de pratiques qui furent personnellement transmises au Grand-maître* Saicho* par le moine Dao-sui lorsqu'il se rendit en Chine. C'est l'enseignement primordial pour les disciples de Nichiren et les croyants. Telle est la pratique décrite dans le chapitre Jinriki* (XXI).

Je vous donnerai de plus amples détails une prochaine fois.

Avec mon plus profond respect,
Nichiren.

Le vingt-troisième jour du huitième mois de la troisième années de Kenji (1277)

ARRIÈRE-PLAN — On pense que Dame Nichinyo, destinataire de cette lettre, était soit la femme d'Ikegami Munenaka, l'aîné des frères Ikegami, soit la fille de Dame Matsuno, mais on ne possède pas de preuves claires. A en juger par deux
lettres que lui a adressées Nichiren Daishonin, on peut supposer que c'était une femme d'âge moyen, assez cultivée, et possédant une certaine position sociale. En outre, on peut considérer qu'elle était une croyante dévouée, car cette lettre montre de façon certaine qu'elle avait pu recevoir un Gohonzon. A cette époque-là, Nichiren Daishonin ne remettait le Gohonzon qu'à quelques-uns de ses disciples les plus dévoués.
Par conséquent, elle devait respecter profondément le Daishonin et avoir donné d'une manière ou d'une autre, la preuve de sa foi.
Il écrivit cette réponse, le 23 août 1277, pour l'encourager et pour insister sur le fait qu'elle ne pourrait jouir des bien faits du Gohonzon qu'en approfondissant sa foi. (Commentaire ACEP)

En anglais : The Real Aspect of the Gohonzon

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=831&m=1&q=Aspect%20of%20the%20Gohonzon
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_RealAspectGohonzon.htm

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