La phrase unique et essentielle

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. I. p.247 ; SG* p. 932.
Gosho Zenshu p. 1402 - Myoho Ama Gozen Gohenji (Ikku Kanjin no Koto); Showa Teihon p.1527; STN, 2:1527

Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama

 

Tout d'abord, c'est une source exceptionnelle de bonne fortune que de poser, comme vous le faites, une question sur le Sutra du Lotus. En cette époque des Derniers jours du Dharma, ceux qui s'enquièrent du sens, ne serait-ce que d'une phrase ou d'un vers du Sutra du Lotus, sont encore moins nombreux que ceux qui pourraient lancer le grand Mont Sumeru sur une autre planète comme un simple caillou ; ou qui, d'un coup de pied, pourraient envoyer au loin la galaxie entière comme un ballon. Ils sont encore moins nombreux que ceux qui peuvent recevoir et enseigner la multitude des autres sutras, permettant ainsi à leurs auditeurs, moines et laïcs d'acquérir les six pouvoirs mystiques.

Il est également rare qu'un moine puisse expliquer le sens du Sutra du Lotus et répondre clairement à des questions s'y rapportant. Le chapitre Hoto* (XI) du quatrième volume du Sutra du Lotus énonce le grand principe des six actions difficiles et des neuf actes aisés. Poser, comme vous le faites, une question sur le Sutra du Lotus est l'une des Six actions difficiles. Cela indique clairement que, si vous croyez au Sutra du Lotus, vous atteindrez certainement la bodhéité. Puisque le Sutra du Lotus définit notre vie comme la vie du Bouddha, notre esprit comme la sagesse du Bouddha, et nos actions comme le comportement du Bouddha, tous ceux qui reçoivent et gardent, ne serait-ce qu'une phrase ou un vers de ce sutra, seront dotés de ces trois propriétés. Namu Myoho Renge Kyo n'est qu'une simple phrase, mais qui contient l'essence du Sutra tout entier. Vous demandez si l'on peut atteindre la bodhéité rien qu'en récitant Namu Myoho Renge Kyo et c'est la question primordiale. Namu Myoho Renge Kyo est le cœur-même de l'ensemble du Sutra et la substance de ses huit volumes.

L'esprit d'une personne se reflète parfois rien que dans son visage et même seulement dans ses yeux. Le mot Japon inclut tout ce que contiennent les soixante-six provinces de ce pays : l'ensemble des hommes et des animaux, les rizières et autres cultures, les personnes de haute ou de basse position, les nobles et les roturiers, les sept sortes de joyaux et tous les autres trésors. De même, le titre Namu Myoho Renge Kyo contient l'intégralité du Sutra avec ses huit volumes, ses vingt-huit chapitres et ses 69 384 caractères sans exception. A ce sujet, Bai Juyi déclara que le Titre est au Sutra ce que les yeux sont au Bouddha. Dans le huitième volume du Hokke Mongu Ki*, Zhanlan* stipule qu'en n'expliquant que le Titre, le Hokke Gengi de Zhiyi* traite en fait du Sutra tout entier. Il voulait dire par là que, même si le texte était omis, l'ensemble du Sutra était contenu dans son seul titre. Toute chose a un point essentiel, et le cœur du Sutra du Lotus, c'est son titre : Namu Myoho Renge Kyo. En vérité, si vous récitez ce titre matin et soir, vous lisez correctement l'ensemble du Sutra du Lotus.

Réciter deux fois daimoku revient à lire deux fois le Sutra tout entier ; réciter cent fois daimoku équivaut à lire cent fois le Sutra  ; et réciter mille fois daimoku équivaut à lire mille fois le Sutra. Donc, réciter continuellement daimoku revient à lire continuellement le Sutra du Lotus. Les soixante volumes (note) de Zhiyi* offrent exactement la même interprétation. Ce Dharma si facile à recevoir et si facile à pratiquer a été enseigné pour le bien de toute l'humanité à l'époque mauvaise des Derniers jours du Dharma. On lit dans un passage du Sutra du Lotus  : "A l'époque des Derniers jours du Dharma, si quelqu'un veut enseigner ce Sutra, il devra avoir recours à la méthode douce de propagation (shoju)."(réf.) Et, dans un autre passage  : "Au cours de cette période, lorsque le Dharma sera sur le point de disparaître, celui qui reçoit, lit et récite ce Sutra devra se départir de toute forme de jalousie et d'hypocrisie."(réf.) On lit dans un troisième passage  : "A l'époque des Derniers jours du Dharma, celui qui recevra ce Sutra accomplira par là-même toutes les formes de pratique en l'honneur du Bouddha."(réf.) Dans un quatrième, il est écrit  : "Dans la cinquième période de cinq cents ans après mon trépas, accomplissez kosenrufu dans le monde entier et ne laissez jamais son flot tarir."(réf.)

Tous ces enseignements ont pour but d'exhorter à recevoir et à garder le Sutra du Lotus à l'époque des Derniers jours du Dharma. Les moines hérétiques du Japon, de la Chine et de l'Inde se sont tous révélés incapables de saisir cette évidence. Les écoles Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu suivent soit les enseignements du Hinayana, soit ceux du Mahayana provisoire*, mais ont rejeté le Sutra du Lotus. Leurs moines ont une mauvaise compréhension du bouddhisme, sans toutefois prendre conscience de leurs erreurs. Comme ils ont l'apparence de vrais moines, les gens leur accordent la plus entière confiance. C'est pourquoi, sans même s'en rendre compte, ces moines et leurs adeptes sont devenus des ennemis du Sutra du Lotus et des adversaires du Bouddha Shakyamuni. A la lumière de ce Sutra, il est certain que, non seulement aucun de leurs vœux ne sera exaucé, mais encore que leur vie sera écourtée et que, après leur mort, ils seront condamnés à l'enfer avici.

Même sans lire ni étudier le Sutra, on obtiendra une immense bonne fortune rien qu'en en récitant le Titre. Le Sutra enseigne que les femmes, les hommes mauvais, et ceux qui appartiennent aux mondes de l'animalité et de l'enfer - en fait, tous les êtres des dix mondes-états - peuvent atteindre la bodhéité. On peut mieux appréhender cela en se rappelant que le feu peut jaillir d'une pierre ramassée au fond d'une rivière et qu'une bougie peut faire surgir la lumière dans un endroit plongé dans l'obscurité depuis des milliards d'années. Si même les phénomènes les plus ordinaires de ce monde sont si merveilleux, combien plus merveilleux encore est le pouvoir du Dharma mystique.

La vie des êtres humains est enchaînée par le mauvais karma, les désirs terrestres et les souffrances inhérentes à la vie et à la mort. Mais, grâce aux trois potentialités de la nature de bouddha - la bodhéité innée, la sagesse permettant de s'y éveiller, et l'action qui la rend manifeste - notre vie peut sans aucun doute parvenir à révéler ces trois propriétés (sanjin) du Bouddha. Le Grand-maître* Saicho* a déclaré que le pouvoir du Sutra du Lotus permet à tous les êtres humains de manifester la bodhéité. Il affirma cela parce que même la fille du Roi-dragon réussit à atteindre la bodhéité grâce au pouvoir du Sutra du Lotus. N'ayez aucun doute à ce sujet. Dites à votre mari que je lui expliquerai cela en détail quand je le verrai.

Nichiren.

Le troisième jour du septième mois de la première année de Koan (1278)

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ARRIÈRE-PLAN - Un an avant que Nichiren Daishonin n'inscrive le Daigohonzon, Myoho-ama lui demanda si l'on pouvait atteindre l'Eveil par la seule récitation de Namu Myoho Renge Kyo. Sa réponse, datée du 3 juillet 1278, est intitulée "La phrase unique et essentielle."
On sait très peu de choses de Myoho-ama. Elle vivait à Okamiya, dans la province de Suruga. Une lettre, que Nichiren Daishonin lui adressa juste onze jours après celle-ci, parle du décès récent de son mari ; de sorte qu'on peut supposer qu'il devait être très malade lorsque Myoho-ama écrivit sa première lettre. Elle posa probablement la question de la part de son mari malade, comme le donne à penser la dernière phrase. Quoiqu'il en soit, elle survécut à son mari et à son frère, et c'était de toute évidence une croyante sincère qui jouissait de l'entière confiance de son maître. (Commentaire ACEP)

En anglais : The One Essential Phrase

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=922&m=1&q=One%20Essential%20Phrase
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_1EssentialPhrase.htm

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