DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali

E

A.B.C.D.E.F.G.H.I .J.K.L.M.N.O.P.Q.R.S.T.U.V.W.X.Y.Z


eau de la sagesse
(chisui, 智水). Métaphore du pouvoir de la sagesse de laver les désirs terrestres et les illusions. Généralement il s'agit de la sagesse du Bouddha. Ce qu'en dit Nichiren.

Eben, 恵便 (coréen Hyepyon). Moine du VIe siècle originaire de Koguryo (ou Goguryeo), ancien Etat de la péninsule coréenne. Il était moine lorsqu'il arriva au Japon, mais le bouddhisme ne s'y étant pas encore répandu, il retourna à la vie séculière. En 584, Kafuka (Noksim) fit le même voyage en transportant deux statues des bouddhas Manjushri et Shakyamuni. Soga no Umako, fonctionnaire à la cour, enchâssa ces deux statues et ordonna à Shiba Tatsuto de rechercher un moine bouddhiste. Eben put alors retourner à la vie religieuse sous la protection de Soga.

Ebisu ou Yebisu. Divinité de la bonne fortune et de l'océan particulièrement vénérée pas les pêcheurs.

Echi, (依智). Lieu situé dans ce qui est maintenant la ville d'Atsugi Homma Rokuro Zaemon, vice gouverneur de Sado, avait sa résidence principale. Après l'échec de la tentative de décapitation à Tatsunokuchi, Nichiren fut gardé à vue pendant un mois sur le domaine de Homma, à Echi, avant de partir pour l'île de Sado, le 10e jour du 10e mois 1271. Ce qu'en dit Nichiren

Ecoles bouddhiques citées par Nichiren
Hokke shu
= école Tendai avant le syncrétisme Shingon
Hosso
Jojitsu

Kegon Guirlande de fleurs
Kusha
Rinzai
Ritsu (Préceptes)
Shingon (Paroles Véritables, Ecole des Mystères)
Terre pure (Jodo shu)
Tian-tai (Tendai)

Sanron shu (Ecole des Trois Traités)
Zen

Voir le gosho Traité sur la dette de reconnaissance ainsi que le tableau comparatif des différentes écoles

Ecoles bouddhiques se réclamant actuellement de Nichiren (liste non exhaustive)
1) Ecole Minobu provenant de Mimbu Ajari Niko, supérieur du temple Kuon-ji. Son école rejeta la pratique de shakubuku et adopta celle de shoju. Pendant la période Edo (1600-1867), Minobu bénéficia du soutien du gouvernement Toku-gawa et étendit son influence. Avant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses petites écoles Nichiren furent absorbées par cette école à la suite des efforts du gouvernement pour unifier les groupes religieux.
2) Ecole Nichiro, fondée par Nichiro et ses disciples. A l'origine, elle était basée au temple Hommon-ji à Ikegami et au temple Myohon-ji à Hikigayatsu, à Kamakura. Vers la fin de la période Kamakura (1185-1333), le disciple de Nichiro, Nichizo, se rendit à Kyoto pour y propager les enseignements. Bien qu'expulsé à diverses reprises en raison des pressions exercées par les autres écoles, il finit par obtenir gain de cause et par construire le temple Myoken-ji. L'empereur lui donna un terrain à Shijo, à Kyoto. Son école s'appela donc l'école Shijo. D'autres branches de l'école Nichiro comprennent les écoles Happon ou Hommon Hokke Shu, Butsuryu Shu, Hokke Shu Shimmon, Fuju Fuse Komon, Jimmon, et quelques autres.
3) Ecole Nakayama, à l'origine centrée autour de trois temples à Shimosa, le Marna Guho-ji, le Nakayama Hommyo-ji et le Wakamiya Hokke-ji. Le Nakayama Hommyo-ji fut la résidence de Ota Jomyo, le Wakamiya Hokke-ji, le temple familial de Toki Jonin. Le fils de Ota, Nikko (à ne pas confondre avec le second patriarche de la Nichiren Shoshu) exerça les fonctions de supérieur dans les deux lieux. Le Marna Guho-ji fut d'abord un temple Tendai ; quand Toki Jonin le convertit, son fils adoptif Nitcho, qui était également l'un des six disciples aînés de Nichiren, en devint le principal. Mais Toki Jonin et lui tombèrent en disgrâce. Nichiju, fils légitime du seigneur Toki, en devint alors le principal. Bien plus tard, Nitchu et son disciple, Nichigen, propagèrent la doctrine de l'école Nakayama à Kyoto. Selon certains, Nichiju, le fondateur de l'école Jumon, aurait tout d'abord étudié la doctrine Nakayama.
4) Ecole Hama, ou école Nissho, provenant de Nissho et de ses disciples. A l'origine, elle fut centrée autour des temples Hamado Hokke-ji et Myoho-ji à Kamakura. Plus tard, elle fut affiliée à l'école Minobu et prit le nom de Nichiren Shu, branche de Minobu.
5) Nichiren Shoshu autrefois école Fuji 
N.B. la Soka Gakkai n'est pas une école religieuse mais un mouvement laïc lié à l'origine à lamais dont elle s'est séparée officiellement en 1991. Voir différentes lignées nichireniennes.

Ecole de la Terre Pure (Jodo shu)

Ecole des Mystères (Paroles Véritables, Shingon)

Ecoles de Chine du Nord et du Sud

écrits de l'extérieur ou écrits profanes. Les écrits non bouddhiques, tels que ceux du brahmanisme ou du confucianisme. Ce qu'en dit Nichiren

écrits de l'intérieur ou écrits sacrés. Les sutras bouddhiques.

écrits de Nichiren

EFEO. École française d'Extrême-Orient fondée en 1898. En 1902 l'Ecole met au point un système de transcription phonétique du chinois, qui fut la romanisation des langues chinoises la plus utilisée dans l'aire linguistique française jusqu'au milieu du XXe siècle, avant d'être peu à peu remplacée par le hànyǔ pīnyīn. Voir le tableau comparatif entre différents systèmes de transcriptions français et anglo-saxons.

effet fondamental ou principe mystique de l'effet fondamental (honga-myo). L'Eveil Atemporel (hongaku) de Shakyamuni. Un des dix principes mystiques de l'enseignement essentiel (honmon) formulés par Zhiyi dans le Hokke Gengi. Il est indiqué dans un passage du chapitre XVI du Sutra du Lotus qui dit : "Depuis que j'ai atteint la bodhéité, une période inimaginablement longue s'est écoulée." Dans le bouddhisme de Nichiren, il désigne l'Eveil du Bouddha Atemporel qui est sans commencement ni fin. Cf. Trois principes mystiques. Ce qu'en dit Nichiren

égalités [trois]

egibuego (selon la signification et non les mots)

ego (ga, atma)

egoro : brûle-encens à long manche utilisé principalement par les prêtres bouddhistes lors de cérémonies où l'on change de place.

eho (依正). Le monde dit objectif ou l'environnement sensible. Ce terme est utilisé par opposition à shoho, l'individualité vivante ou subjective. Ils représentent tous deux des phases inséparables d'une même entité de vie. Le "e" de eho signifie "dépendre", indiquant ainsi que l'être vivant dépend de son environnement. "Ho" signifie effet manifeste, c'est-à-dire que la rétribution karmique prend forme dans cet environnement. Cf. Non-dualité de la vie et de son environnement. Ce qu'en dit Nichiren.

eho fu ejin (selon le Dharma et non la personne, Dharma et non la personne)

echi fu eshiki (selon la sagesse et non les jugements) Eikan voir Yokan

Eihei-ji, (永平寺). Temple principal de l'école Zen Soto, fondé en 1244 par Dogen. Son architécture se caractérise par les passages couverts qui relient entre eux les 70 bâtiments.

Eisai, 栄西 (Yosai Myosan Eisai - 1141-1214), déclaré à titre posthume Senko Kokushi (Maître de la Nation Senko), fondateur de l'école Zen Rinzai au Japon. Dans sa jeunesse, il reçut les préceptes au Mont Hiei. Il fit deux voyages en Chine, en 1168 et 1187, et en rapporta la doctrine Zen de l'école Linji (Rinzai). Le Shofuku-ji, qu'il a fondé en 1195, est considéré comme le premier temple Zen du Japon. L'opposition des moines Tendai du Mont Hiei rendant difficile la propagation de sa doctrine à Kyoto, il se rendit à Kamakura où il construisit le temple Jufuku-ji et se consacra à la propagation. Il obtint également le soutien du shogun Minamoto no Yoriie et, grâce à lui, put fonder le Kennin-ji à Kyoto. Dans cette ville, il ressentit la nécessité de transiger avec les écoles anciennes ; le Kennin-ji, par exemple, ne fut jamais une institution exclusivement Zen mais inclut des lieux où l'on pratiquait le Tendai et le Shingon. Sans être le premier à avoir introduit les idées Zen au Japon, Eisai est celui que l'on tient pour responsable de la formation du Zen en tant qu'école indépendante. Ses ouvrages comprennent le Kozen Gokoku Ron* et le Kissa Yojo Ki (Boire du thé pour améliorer sa santé et prolonger sa vie). Il aurait rapporté de Chine des feuilles de thé rendant cette boisson populaire à cour.

Eizon ou Eison, 叡尊 ou Shien, 思円 (1201-1290). Rénovateur de l'école Ritsu pendant la période Kamakura. Il étudia d'abord le bouddhisme ésotérique mais, déçu par le déclin des préceptes bouddhiques, passa son temps à les étudier au temple Todai-ji. Il gagna de nombreux partisans à la cour et parmi les fonctionnaires du shogunat, et conféra les ordres à un grand nombre de personnes selon le rite Ritsu. Il procéda aussi à une cérémonie de prières ésotériques pour écarter l'invasion mongole. Il reçut le titre posthume de bodhisattva Kosho. Il eut pour disciple Ryokan du temple Gokuraku-ji. Ce qu'en dit Nichiren.

Ekan, 慧灌 (coréen Hyekwan, Huaigan). Fondateur de l'école Sanron au Japon. Il naquit au VIIe siècle au Koguryo, royaume de la péninsule coréenne. Il se rendit en Chine sous la dynastie des Shui et y étudia les doctrines de l'école Sanlun (Sanron) sous la direction de Jizang. En 625, il vint au Japon et vécut à Nara, dans le temple Gango-ji, où il commenta le Chu Ron, le Junimon Ron et le Hyaku Ron, les trois traités sur lesquels se base l'école Sanron. Bien que les prêtres coréens Eji (coréen Hyecha) et Kanroku (Kwalluk) aient introduit la doctrine Sanron au Japon avant Ekan, c'est ce dernier qui, de par ses explications systématiques, contribua à la fondation de l'école de ce nom. Il fit des prières pour obtenir la pluie qui eurent leurs effets, aussi fut-il nommé administrateur des moines (sojo). Il fonda également le temple Ikami-dera dans la province de Kawachi. Ce qu'en dit Nichiren

Ekavyavaharika : une des branches du Mahasanghika, soutenant que les choses et tous les phénomènes ne sont que des noms et n'ont pas de nature intrinsèque.

éléments [cinq] (goün, punca skandha)

éléments [quatre grands]

éléphant voir parabole de l'éléphant

Ema Mitsutoki 江間光時 ou Hojo Mitsutoki. Petit-fils de Hojo Yoshitoki (second régent du gouvernement de Kamakura) et fils de Hojo Tomotoki et gouverneur de la province d'Echigo. Il fut le suzerain de Nakatsukasa Yorikazu, le père de Shijo Kingo. En 1246, soupçonné de fomenter une rébellion contre le régent Hojo Tokiyori, Mitsutoki fut exilé à Ema, sur la péninsule d'Izu, puis pardonné. Après la mort de Nakatsukasa Yorikazu, Shijo Kingo servit à la fois Mitsutoki, devenu à l'époque nyudo, et son fils Hojo Chikatoki (ou Ema no Shiro). Le seigneur Ema était disciple du moine Ryokan, du temple Gokuraku-ji. On dit aussi que la famille Ema avait fait construire le Choraku-ji, l'un des temples majeurs de Kamakura de l'école Jodo. Dans les goshos, lorsque Nichiren parle du seigneur Ema, on n'est pas toujours certain s'il s'agit du père ou du fils. Ce qu'en dit Nichiren.

émanations d'un bouddha atemporel (funjin, 分身). Bouddhas qui sont des manifestations multiples, distinctes et provisoires d'un seul bouddha éternel. Le terme japonais pour émanation, funjin, 分, signifie littéralement "corps fractionné". Selon la croyance du Mahayana, un véritable bouddha qui a révélé l'éternité de sa vie peut diviser son corps à l'infini, et apparaître dans d'innombrables mondes à la fois, pour sauver ceux qui les habitent. Dans le chapitre XI du Sutra du Lotus, Shakyamuni rappelle à lui, de tous les points de l'univers, les bouddhas qui sont ses émanations. Ce qu'en dit Nichiren

emblème voir kamon

Embudai (Jambudvipa)

Emma (Maître de l'enfer, Yama)

émouchoir. Sorte de chasse-mouches, généralement constitué de plumes.

empereurs du Japon au temps de Nichiren : Go-Horikawa 1221-1232 ; Shijo 1232-1242 ; Go-Saga 1232-1242 ; Go-Fukakusa 1246-1259 ; Kameyama 1259-1274 Go-Uda 1274-1287 ; Fushimi 1288-1298. En savoir plus.

en accord avec l'esprit des autres (zuitai) voir enseignements provisoires

encens voir gandha

Enchi. Moine du Seicho-ji, où Nichiren avait reçu l'ordination. Il nourrissait dans son coeur une forte opposition à Nichiren et connut une fin misérable. Ce qu'en dit Nichiren

Enchin, 円珍, dit Chisho, 智証 ou Chisho Daishi (814-891). Cinquième grand-patriarche du temple Enryaku-ji, temple principal de l'école Tendai-Shingon. Il naquit dans la province de Sanuki et fut un des neveux de Kukai, fondateur du Shingon. Il entra d'abord à l'Enryaku-ji pour y étudier et pratiquer les doctrines ésotérique et exotérique sous la direction de Gishin. En 853, il se rendit en Chine des Tang, s'installa au Mont Tian-tai où, sous la direction de Shan-wuwei, il étudia les traités de l'école Tian-tai et apprit à pratiquer les techniques de concentration (samadhi) et de méditation (dhyana). Il étudia également au temple Qinglong-si où il se consacra à l'étude des doctrines ésotériques des mandalas du Monde de la Matrice et du Monde du Diamant sous la direction de Faquan. De retour au Japon, il s'installa au Mont Hiei où il conduisit souvent des rites ésotériques. En 868, il devint supérieur du temple Enryaku-ji. Il fit aussi construire, au temple Onjo-ji, la salle où devaient avoir lieu les cérémonies ésotériques d'onction. Il est l'auteur du Hokke Ron Ki (Commentaires du Hokke Ron), du Juketsu Shu et du Dainichikyo Shiiki (Notes à propos du Sutra Vairochana). Près de cent ans après sa mort, des moines de sa lignée se séparèrent du Mont Hiei et fondèrent leur propre école, le Jimon (Ordre du Temple). Sur le plan doctrinaire, Enchin affirma que le Sutra du Lotus exposait la vérité et que celle-ci était équivalente à l'enseignement ésotérique. De plus, il assimila le bouddha Shakyamuni Vairocana. Ce qu'en dit Nichiren

Encho, 円澄, dit Jakko Daishi (771-836). Deuxième grand patriarche du Enryaku-ji, temple principal de l'école Tendai. Disciple de Dochu puis de Saicho. Il modifia la doctrine du Tendai en y incorporant les enseignements du Shingon. La transmission par les textes (Sutra du Lotus) fut remplacée par la transmission "face à face" inspirée du Zen. Ce qu'en dit Nichiren

encre sumi (sumi 墨) Encre de Chine noire. Encre traditionnelle utilisée en calligraphie japonaise, confectionnée à partir du noir de carbonne ou de suie et de colle animale se présentant sous forme de bâton. L'encre est obtenue en frottant le bâton d'encre sur la pierre avec de l'eau contenue dans la partie évidée de la pierre à encre. Le dessin sumi-e se pratique sur du papier ou du tissu avec un pinceau à lavis. Ce qu'en dit Nichiren

Endo Saemon-no-jo, 遠藤左衛門. Disciple laïc de Nichiren. Probablement un samouraï. Il vivait à Sado et Nichiren lui a adressé une lettre pour l'aide qu'il en a reçu durant son exil.

Endurance [monde de l'] voir Saha

enfants de bouddha (busshi, 仏子). Disciples du Bouddha. Dans les sutras, ce terme s'applique particulièrement aux bodhisattvas. A partir du Sutra du Lotus il désigne tous les êtres, en ce qu'ils possèdent potentiellement la nature de bouddha. Ce qu'en dit Nichiren

enfer (jigoku, 地獄, naraka ou niraya). Dans la cosmologie indienne, il existe :
- 8 grands enfers glacés (hakkan-jigoku, 八寒地獄, hahava, atata, halala, ababa appelés ainsi d'après les cris poussés par ceux qui y souffrent ; puis enfer du lotus bleu, du lotus rouge (guren), du lotus écarlate (daiguren), du lotus blanc qui tirent leur nom de la couleur de la chair quand le froid la fait éclater
- 8 grands enfers brûlants (hachinetsu-jigoku, 八熱地獄) : enfer des excréments, enfer des mesures, enfer du mortier, enfer du coq de flammes, enfer du nuage noir, enfer du pus et du sang.
Selon les régions de l'Inde, le nombre et les descriptions des enfers varient et les fautes qui y conduisent également. Dans le volume 6 de son Hokke Gengi, Zhiyi distingue 136 sortes d'enfers : huit enfers majeurs, chacun ayant seize enfers subsidiaires. Le dernier, et le pire des huit enfers majeurs, est l'enfer des souffrances incessantes (avici).
A la différence des enfers occidentaux de la même époque, la notion de karma en fait des endroits de tourments temporaires et non pas éternels. Un être tombe en enfer selon la loi de causalité : les violents subissent des violences à leur tour, les menteurs coupables de duplicité sont sciés comme des troncs d'arbre, etc. Mais lorsque les conséquences de leurs actes arrivent à leur terme, les êtres sont libérés de l'enfer et peuvent renaître dans des "mondes" différents. Le bouddhisme du Sutra du Lotus modifie la vision de l'enfer en plaçant ce "monde" dans le système dynamique d'ichinen sanzen (une pensée - 3000). Tout enfer est dès lors un "état de vie" qui comporte, à l'état latent, 3000 possibilités dont l'état de bouddha. C'est une façon de signifier que la pire souffrance peut être transformée et que d'elle peut naître l'état de bouddha. Voir dix mondes et Les huit enfers.

enfer avici ou enfer aux souffrances incessantes ou enfer des souffrances sans rémission ou sans intermission (abi, abigoku, 阿鼻地獄, mukenjigoku, 無間地獄, avici ou avichi, appelé également grande citadelle des souffrances sans fin, (abi-daijode, 阿鼻大城 ou mukendaijo, 無間大城). Dans la cosmologie indienne, c'est le plus terrible des huit enfers de feu. Ceux qui y tombent souffrent sans connaître le moindre répit et renaissent avec un karma qui les mène de nouveau en enfer. Y tombent ceux qui commettent les cinq fautes cardinales. Pour Nichiren, c'est l'enfer de ceux qui détruisent l'enseignement du Sutra du Lotus, refusant d'admettre que l'état de bouddha est inhérent à toute vie, le situant en dehors de soi et accessible par des pratiques magiques. Sur le plan psychologique, c'est l'impasse à laquelle on aboutit en voulant détruire l'autre pour ème qui n'est dû qu'à soi. Ce qu'en dit Nichiren.

enfer [monde-état d'] (jigoku-kai, 地獄界). La première et la plus basse des trois mauvaises voies et des Dix mondes-états. En tant qu'état de vie, l'enfer est une condition de souffrance mentale ou physique extrême, caractérisée par une pulsion destructrice, la rage de se détruire et de tout détruire avec soi. (Voir : enfer dans la cosmologie indienne et les huit enfers dans le tian-tai).

engaku (éveillé pour soi, pratyekabuddha)

Engaku-ji 円覚寺 (Zuirokuzan Dai-Engaku Kosho Zenji). Temple principal de la branche Engaku-ji du Zen Rinzai, construit par Hojo Tokimune en 1282. Les tentatives d'invasion mongoles de 1274 et 1281 avaient échoué mais en entraînant la mort de dizaines de milliers de soldats. Tokimune fit construire ce temple pour le salut des âmes des soldats morts, y compris celles des ennemis et invita le moine Mugaku Sogen (1226-1286 ), un moine chinois, au titre de moine fondateur. Le temple fut prospère tout au long de la période de Kamakura en particulier du fait de la protection de Tokimune et du succès du Zen parmi la classe des samouraïs. On y. Ce temple, où on vénérait la statue de Shakyamuni couronné, fut désigné lieu officiel de prière par le gouvernement de Kamakura et considéré comme l'un des cinq principaux temples Rinzai de Kamakura. Ce qu'en dit Nichiren.

engyo (doctrine parfaite) voir huit enseignements

Enma (Maître de l'enfer, Yama)

Enni ou Bennen voir Shoichi

Ennin, 円仁 ou Jikaku, 慈覚 (Eveil compassionnel) ou Jikaku Daishi, 慈覺大師 (Grand-maître Jikaku), (794 - 866 ? ou 864). Moine d'obédience Tendai. Troisième supérieur du temple Enryaku-ji. Il naquit dans la province de Shimotsuke et étudia sous la direction de Kochi au temple Daiji-ji. A 15 ans, il devient disciple de Saicho (Dengyo) au Mont Hiei. Vers 814, une cérémonie lui conféra la position de ajari (acarya). En 838, il arrive en Chine où un long périple assez aventureux lui permet d'apprendre le sanskrit et d'étudier différents aspects du bouddhisme. Il est oint par Quan-ya au cours d'un rituel shingon conférant un statut ésotérique. Il reçoit également une copie du Maka Shikan des mains de Zhiyuan au Mont Wutai. Il se rend à Changan, où Yuanzheng, Yizhen et Faquan lui confient les doctrines ésotériques du Monde du Diamant et du Monde de la Matrice. Il étudie aussi les doctrines de l'école Tian-tai sous la direction de Zong-ying. De retour au Japon en 847, il est nommé supérieur de l'Enryakuji. Il mêle aux doctrines du Tendai des enseignements du Shingon. Il place le Sutra Vairocana à la première place, et le Sutra du Lotus à la deuxième, parmi tous les sutras. Bien que Saicho ait désigné le Sutra du Lotus et les sutras Konkomyo et Ninno, Ennin désigne à leur place les sutras ésotériques Vairocana, Soshitsuji et Kongocho comme les trois sutras de base pour protéger le pays. Il considérait le bouddha Vairocana du Monde du Diamant comme objet de culte et révérait Shan-Wuwei comme son maître. On lui doit, entre autres le Nittoguho-junreiko-ki 入唐求法巡礼行記, (Pèlerinage en Chine à la recherche du Dharma). Ce qu'en dit Nichiren.

En no Ozunu ( 役小角) ou En no Ubasoku ou En no Gyoja (né en 634 ? ). Considéré comme le fondateur du Shugendo, bien qu'il n'ait jamais crée d'école. Sa vie est presque entièrement composée de légendes : il vole dans les airs, marche sur les eaux, etc. Il a passé une trentaine d'années au Mont Katsuragi où il enchâssa dans une grotte, une statue du dieu Roi-Paon (Shin Kujaku-o), et s'engagea dans la récitation de formules magiques afin d'acquérir des pouvoirs occultes. En 699, il fut exilé à Izu mais fut plus tard pardonné. Le lieu de sa mort reste inconnu. Il est l'initiateur d'un grand nombre de temples dans la région actuelle du Kinki, dont le centre est Kyoto. Il existe encore quelques écoles (principalement kurdes) qui suivent ses pratiques.

Enryaku-ji 延暦寺. Temple principal de l'école Tendai. Voir Mont Hiei.

Ensai, 円載 ( ? - 877). Moine de l'école Tendai, disciple de Saicho. En 839, il effectua un pèlerinage sur le Mont Tian-tai en Chine où il soumit une liste de 30 ou 50 questions préparées au Enryaku-ji, son temple d'origine. Ayant reçu des réponses, il renvoya au Japon deux disciples. Lui-même resta en Chine pendant près de quarante ans. Il périt en mer lors d'une tempête, alors qu'il revenait au Japon avec de nombreux textes bouddhiques et confucéens.

enseignements antérieurs [au Sutra du Lotus] (nizenkyo, 爾前教). Enseignements provisoires exposés avant le Sutra du Lotus, qui correspondent aux sutras des périodes Kegon, Agon, Hodo, Hannya. Nichiren établit une comparaison précise entre ces enseignements et ceux du Sutra du Lotus. Voir le tableau récapitulatif de Ce qu'en dit Nichiren.

enseignement bouddhique (bukkyo, 仏教, buddha-shasana, buddha-sasana). Enseignement du Bouddha Shakyamuni. Shasana signifie doctrine.

enseignement caché voir mikkyo

enseignement commun (tsukyo ou tsugyo) voir quatre enseignements selon la doctrine

enseignement définitif (jikkyo, 実教). L'enseignement dans lequel Shakyamuni révèle directement son Eveil. Le terme est utilisé par opposition à enseignements provisoires ou enseignements que le Bouddha expose temporairement, comme moyen pour conduire les êtres humains à l'enseignement définitif. Zhiyi définit l'enseignement définitif comme étant le Sutra du Lotus.

enseignements de la Voie sacrée voir enseignements sacrés

enseignements des trois périodes voir trois périodes

enseignements du Bouddha voir huit enseignements

enseignements du Mahayana provisoire (gon daijokyo, 權大乘教 gondaijo, 權大乘). Le terme semble antérieur aux systèmes de classifications de l’école du Mont Tian-tai. Toutefois si l’on se rapporte au système des cinq périodes, il désigne la première, Kegon (Guirlande de Fleurs), troisième, Hoto (Déploiement) et quatrième Hannya (Perfection de la prajna) périodes. Ne sont donc pas comprises la période des enseignements du Theravada, Agon (Traditions) ni celle du Lotus et du Nirvana. A la différence du Mahayana définitif, les enseignements provisoires ne révèlent que certains aspects de la vérité exposés par le Bouddha.

enseignements (ou sutras) du Mahayana véritable ou Mahayana définitif (jitsu daijokyo, 實大乘教, jitsudaijo, 實大乘). Terme opposé à enseignements du Mahayana provisoire. Enseignement permettant à tous les êtres de devenir bouddha. Dans les sutras du Mahayana provisoire, cette capacité est déniée à certains êtres : les personnes des deux véhicules (nijo) ou bien des femmes, des animaux ou des hommes mauvais. Dans le système de classification de l’école Tian-tai, dit des cinq périodes, il désigne la cinquième et dernière période, celle de l’enseignement du Lotus et du Nirvana.

enseignements ésotériques (kenkyo, 顕教 ou mikkyo). Dans les bouddhismes ésotériques, enseignements révélés secrètement, par opposition aux enseignements exotériques ou explicites. Pour Nichiren ce terme renvoie au troisième enseignement selon la méthode de classement établie par Zhiyi : enseignement selon les capacités ou secret (zuitai, himitsu). Littéralement himitsu se décompose en "hi", caché et "mitsu" mystère. Ce terme peut s'appliquer à toute sorte de dharma (phénomènes) qui ne peuvent pas être perçus/vécus qu'à partir d'un certain degré d'Eveil.
Par ailleurs, o
n range sous le terme générique d'enseignement ésotérique tous les enseignements que le Bouddha dispense de telle manière que ses auditeurs en tirent un bienfait différent, chacun en fonction de ses capacités, sans même qu'ils en aient conscience.
Au Japon on qualifie d'ésotériques principalement les enseignements du Shingon introduits par Kukai et qui attribuent à Vairocana des propriétés qui ne peuvent être comprises par de simples mortels mais que l'on peut activer par des formules magiques. Il est cependant important de noter que le terme "ésotérique" est la plupart du temps synonyme de "enseignement concret", vérifiable uniquement par la pratique, par opposition à enseignements exotériques qui peuvent être compris par le mental et exprimés verbalement. Voir l'article sur l'ésotérisme japonais. Ce qu'en dit Nichiren.

enseignement essentiel ou primordial ou originel ou fondamental (honmon, 本門, benmen) Littéralement, hon = origine ; mon = portail que l'on doit franchir pour recevoir un enseignement. Doctrine enseignée dans les quatorze chapitres qui constituent la seconde moitié du Sutra du Lotus (du chapitre XV, Surgis de la terre, au chapitre XXVIII, Exhortation du bodhisattva Fugen). Shakyamuni y parle non plus en fonction des capacités de ses disciples mais de sa propre initiative et en fonction de sa propre sagesse, révélant sa nature de Bouddha atemporel. Enseignement généralement mis en parallèle avec l'enseignement théorique (shakumon). En savoir plus

enseignements exotériques (kengyo 顕教) Enseignements qui furent explicitement révélés, par opposition aux enseignements ésotériques. Le Shingon définit les enseignements de Shakyamuni comme exotériques, et ceux de Vairocana comme ésotériques. Voir l'article sur l'ésotérisme japonais.

enseignement graduel (zen-kyo) voir quatre méthodes d'enseignements

enseignement indifférencié (fujo-kyo) voir quatre méthodes d'enseignements

enseignement parfait (engyo, enkyo 円教) ou doctrine "ronde" ou doctrine globale. Suprême enseignement du bouddhisme. En Chine, des théoriciens firent de nombreuses tentatives pour organiser en systèmes cohérents le grand nombre de sutras qui avaient été introduits en désordre de l'Inde. Dans ces systèmes de classification comparative (kyoso-hanjaku), comme on les appelait, le sutra que l'on plaçait au-dessus des autres était l'enseignement parfait. Par exemple, Hui-guang (Eko) divisa les enseignements du bouddhisme en trois catégories (graduelle, abrupte et parfaite) et désigna le Sutra Kegon comme l'enseignement parfait. Zhiyi appela le principe de shoho jisso (la relation mutuellement inclusive de la réalité ultime et de tous les phénomènes) l'enseignement parfait. Il distingua deux sortes de doctrines parfaites : celle qui est exposée dans les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus (nizen no en) et celle qu'enseigne le Sutra du Lotus lui-même (hokke no en). Toutes deux affirment qu'il est possible d'atteindre l'état de bouddha en tant que simple mortel. Mais la première ne fait que mentionner cette possibilité, sans donner d'exemple prouvant que cela s'est déjà produit, ou encore énumère diverses exceptions et distinctions. Alors que la deuxième affirme que tout le monde sans exception peut atteindre l'Eveil et illustre ce fait à l'aide d'exemples. Le terme "doctrine parfaite" est souvent utilisé comme synonyme du Sutra du Lotus. Et dans ce dernier cas on parle souvent de doctrine pure et parfaite. Dans ce cas "pure" indique qu'il s'agit d'une doctrine exempte de moyens appropriés. Voir les quatre enseignements selon la doctrine.

enseignement, pratique et preuve (kyo gyo sho, 教行証). L'enseignement du Bouddha, la pratique de son enseignement, et la preuve, c'est-à-dire le "bienfait" à strictement parler, l'Eveil qui est le résultat de la pratique de l'enseignement. En savoir plus

enseignements provisoires (gonkyo, 權教). Enseignements que Shakyamuni utilisa comme une étape, un moyen de conduire les êtres à l'enseignement définitif. On les qualifie en japonais de zuitai (en accord avec l'esprit des autres) parce qu'ils tiennent compte des capacités de ceux à qui ils s'adressent, tandis que l'enseignement définitif est qualifié de zuiji (en accord avec son propre esprit [celui du Bouddha]) parce que le Bouddha y révèle directement son Eveil. Les enseignements provisoires n'exposent que certains aspects de la vérité à laquelle parvint le bouddha, tandis que l'enseignement définitif énonce la vérité dans son intégralité. Du point de vue de la classification de Zhiyi des enseignements du Bouddha en cinq périodes, les enseignements provisoires correspondent à ceux des quatre premières périodes, soit Kegon, Agon, Hodo et Hannya, et l'enseignement définitif (jikkyo) est celui du Sutra du Lotus. Voir les huit enseignements.

enseignements sacrés ou enseignements de la Voie sacrée (shodo-mon 聖道門). Enseignements qui affirment qu'une personne parvient à l'Eveil par son propre pouvoir (jiriki). Ces termes sont utilisés en opposition aux enseignements de la Terre pure qui affirment que le salut n'est possible que par l'intercession ou le pouvoir d'un autre (tariki), en l'occurrence le bouddha Amida. La classification des enseignements bouddhiques en ces deux catégories - enseignements de la Voie sacrée et enseignements de la Terre pure - fut formulée par Daochuo dans son Anraku Shu. Il y affirmait que les enseignements de la Voie sacrée étaient trop difficiles et profonds pour le commun des mortels et que seule la pratique du Nembutsu (celle des enseignements de la Terre pure) permettait aux personnes ordinaires d'obtenir le salut.

enseignements sacrés [quatre vingt mille]

enseignement secret voir mikkyo

enseignements selon les capacités (zuitai, himitsu) voir quatre méthodes d'enseignements

enseignement selon son propre esprit (zuijii, 随自意). Enseignement dispensé par le Bouddha sans tenir compte des capacités de ses auditeurs. C'est le contraire de zuitai, l'enseignement selon les capacités des personnes. Ces deux procédés sont exposés dans le Sutra du Nirvana. Le Sutra du Lotus, où Shakyamuni parle de sa bodhéité et de l'éternité de la vie, appartient aux enseignements donnés selon l'esprit du Bouddha.

enseignement soudain (ton-kyo) voir quatre méthodes d'enseignements

enseignement spécifique (bekkyo) voir quatre enseignements selon la doctrine

enseignement théorique (shakumon, 迹門, jimen). Litteralement "porte de la trace". Selon le contexte 1) enseignement théorique du Sutra du Lotus par opposition à enseignement essentiel (honmon). C'est le sens le plus courant  ; 2) enseignements provisoires (gonkyo) par opposition à enseignement définitif (jikkyo) lequel désigne, pour le Bouddha Shakyamuni, l'enseignement essentiel (honmon)  ; 3) Lorsqu'il analyse le Triple Sutra du Lotus, Nichiren considère comme enseignement théorique le Sutra Muryogi et les 14 premiers chapitres du Sutra du Lotus, et comme enseignement essentiel, les 14 derniers chapitres du Sutra du Lotus et le Sutra Fugen. En savoir plus.

enseignement théorique du Sutra du Lotus (doctrine transitoire, doctrine éphémère, shakumon, 迹門). Enseignement des quatorze chapitres qui constituent la première moitié du Sutra du Lotus (du chapitre Jo* (I), au chapitre XIV, Pratiques paisibles). Le chapitre II (Moyens salvifiques) est considéré comme le cœur de cet enseignement théorique et est mis en parallèle avec l'enseignement essentiel (honmon). En savoir plus.

enseignement tripitaka ou corbeilles (san zokyo ou zogyo) voir quatre enseignements selon la doctrine

enseignements zuiriki / zuitai voir enseignements provisoires et sutra zuiriki / zuitai

ensemencement (geshu-yaku), maturation (chojuku-yaku), récolte (gedatsu-yaku) ou shu juku datsu ou les trois bienfaits (sanyaku, 三益). Concept tiré du Sutra du Lotus et développé par Zhiyi qui compare le processus par lequel le Bouddha mène les hommes à l'Eveil à la pousse d'une plante. La graine est d'abord plantée dans la terre, puis c'est la germination, la croissance, la maturation et la récolte. De la même façon Shakyamuni a planté la graine de la bodhéité dans la vie de ses disciples dans un passé infini (gohyaku jintengo), il les a nourris en les aidant à s'approcher progressivement de l'Eveil, et enfin il les a amenés à la maturation par l'exposé du chapitre XVI du Sutra du Lotus. Les écoles nichireniennes qualifient de bouddhisme de la récolte (datchaku-buppo, 脱益仏法) le bouddhisme de l'époque de Shakyamuni et de bouddhisme de l'ensemencement (geshu-buppo) la pratique de Namu Myoho Renge Kyo destinée aux êtres qui n'ont aucun lien passé avec les enseignements de Shakyamuni. En savoir plus.

entité de la vie Traduction maladroite de l'anglais "entity of life". En français, "entité" désigne, au mieux, ce qui fait l'essence d'un être et plus souvent la chose considérée comme une individualité. Cela pourrait faire croire à une transcendance, un sorte d'âme cachée derrière les phénomènes. L'anglais est resté plus proche du latin où ens, entis signifiait "être" et que l'on traduit de plus en plus par "ainsité", ce qui est ainsi.

entré dans le courant (srotaapanna) : celui qui décide de se consacrer à la recherche de la bodhéité, le courant étant la pratique de l'enseignement du Bouddha. Dans le bouddhisme theravada c'est le premier pas vers la réalisation de soi ; suivent ensuite les stades de sakridagamin (celui qui ne renaît qu'une fois avant le nirvana) et d'anagamin (le Sans-Retour, celui qui vit sa dernière incarnation).

entrées voir douze entrées

envoyé de l'Ainsi-venu (nyorai-no-tsukai, 如来の使, tathagata-duta). Emissaire ou messager de l'Ainsi -venu. Celui que le Bouddha envoie pour propager ses enseignements après sa mort. Shakyamuni en parle en ces termes dans le chapitre X du Sutra du Lotus : "Sache-le Yakuo, ces gens renoncent d'eux-mêmes à la rétribution de leurs actes purs ; après mon passage en parinirvana, ils renaîtront en un âge mauvais par pitié pour les êtres et exposeront largement ce Sutra. Si quelqu'un, fils ou fille de foi sincère, après mon passage en parinirvana, prêche le Sutra du Lotus du Dharma merveilleux, n'en serait-ce qu'un verset, en secret, à une seule personne, il faut savoir que cette personne est un messager de l'Ainsi-Venu, envoyé par l'Ainsi-Venu pour mener l'oeuvre d'Ainsi-Venu. A plus forte raison pour qui prêche largement aux gens d'une vaste multitude. "

envoyé du Bouddha (hotoke no ontsukai, 佛の御使). Personne missionnée par le Bouddha pour aider à la propagation du Sutra du Lotus. Cf. chapitre XV Sutra du Lotus, Surgis de la terre. Ce qu'en dit Nichiren

enzoku santai (triple évidence harmonieuse, sandi)

éon (ko, gong, kalpa)

épreuves [neuf grandes épreuves du Bouddha]

eranda (iran, 伊蘭). Dans la tradition indienne, grands arbres dont l'odeur nauséabonde, semblable à celle d'un corps en décomposition était, disait-on, perceptible sur une distance de 40 yojana. On disait qu'une seule feuille de santal suffisait à dissiper l'odeur putride des eranda.

ère (nengo) 1. Chaque souverain japonais, à son avènement, décrétait une ère nouvelle et en changeait si les circonstances le demandaient ou si, plus simplement, il lui convenait de marquer une scission dans la continuité de son règne. Le premier nom d'ère fut inauguré, à la mode chinoise, en 645. La perception du temps est qualitative avant d’être quantitative. A l’époque de Nichiren, vu les désordres sociaux et naturels, les ères ont changé à un rythme particulièrement rapide. Une même ère a souvent été suffisamment mauvaise pour ne durer qu’un an, ou bien on a changé d’empereur ou de régent. On pensait que donner un nom plus approprié au temps serait de bon augure. En savoir plus.
2. ère historique : désigne une période caractérisée par le rayonnement de la capitale du gouvernement effectif : période Nara (710-794) ; période Heian (794 à 1185) ; période Kamakura (1185 à
1333)

ère du Dharma juste (période du Dharma correct saddharma)

ère finale

eriogikyo fu efuryogikyo (selon les sutras aux sens définitifs et non les autres)

erreur [quadruple]

Eryo, 慧亮 (801-859). Moine de l'école Tendai. Il étudia à la fois les doctrines ésotériques et exotériques. Il était l'administrateur d'un temple appelé Hodo-in, sur le Mont Hiei.

érythrina ou arbre corail : Son nom vient du grec eruthros qui signifie rouge, en allusion à la couleur des fleurs.

Eshin voir Genshin

Eshin [école]. (Eshin-ryu, 恵心流). Branche de l'école Tendai qui considère Genshin comme son fondateur.

esho funi (non dualité du sujet et de son environnement)

ésotérisme : "qui est intérieur", notion qui se définit par opposition à exotérique "qui est extérieur". Le mot vient du grec "eso" qui correspond au latin "in". En Grèce on distinguait la partie extérieure d'un enseignement, celle qui pouvait être mise par écrit et à la porté de tous, de la partie profonde, intérieure, qui faisait l'objet d'un enseignement oral destiné uniquement aux disciples qui en étaient jugés dignes. On leur relevait le monde débarrassé des illusions et lieux communs.
Lorsque Nichiren parle de Dharmas ésotériques (cachés) c'est dans la continuité de l'enseignement de Shakyamuni qui décrivait notre monde comme parfaitement illusoire, perçu à travers nos sens pervertis par l'ignorance fondamentale et les passions. L'accession à l'Eveil permet d'appréhender le monde dans sa vacuité. Les instruments pour entrer sur la voie de l'Eveil sont dits ésotériques car, relevant de l'expérience, ils ne peuvent être compris s'ils sont séparés de la pratique (daimoku, Gohonzon, encrage dans un environnement). Il est important de savoir qu'au Japon on considère comme "exotérique" tout ce qui est théorique et comme "ésotérique" les techniques mentales et spirituelles qui en sont des applications pratiques.
En occident, la distinction entre initiés (esoteros) et non-initiés entraîne la plupart du temps la constitution d'un groupe élitiste dont sortent avec une grande facilité les sectes les plus fantaisistes. Mais là on entre dans le domaine de l'occultisme que Nichiren condamne sans appel. En savoir plus sur l'ésotérisme japonais

ésotériques [trois grands Dharmas] (san dai hiho)

esprit voir non-dualité corps-esprit

esprits (kijin, 鬼神). Etres possédant des pouvoirs surnaturels. Ils se divisent en esprits malfaisants ou démons et esprits bienfaisants ou protecteurs. Il s'agit, bien entendu, de fonctions de la vie et non d'entités concrètes. Le bouddhisme du Lotus n'est pas compatible avec le spiritisme.

esprits affamés ou esprits faméliques (avidité, gaki, 餓鬼, ou heirei 薜茘, preta). Deuxième des dix mondes, des trois et des quatre mauvaises voies. Etat dans lequel on est à la merci d'un désir insatiable de nourriture, de richesse, de gloire, de pouvoir, ou de tous autres objets ou conditions. Dans cet état, on est consumé physiquement et spirituellement par un besoin impossible à satisfaire. On en attribue les causes à des tendances telles que l'avidité, la mesquinerie et la jalousie. Aux débuts du bouddhisme, le royaume des preta était considéré comme un lieu concret, situé à cinq cents yojanas sous la terre, où les êtres étaient affectés en rétribution d’actes graves et de dépossession d’autrui. Au même titre que les damnés de l’enfer, les preta dépendaient de l’autorité du roi Yama. Le Abidatsuma junshori Ron décrit trois sortes d'esprits affamés, voraces et faméliques, chacune étant subdivisée en trois. Ces sortes de démons tenaillés par la faim peuvent représenter un danger pour les vivants. Leur apparence est repoussante. Ils sont "...nus, noirs, faibles, hauts et grands, dévorés par la faim, cherchant de la nourriture et faisant entendre çà et là des cris lamentables. Quelques uns ont la bouche comme le trou d’une aiguille, d’autres ont une tête de bœuf ; semblables pour la taille à des chiens plutôt qu’à des hommes, ils vont, les cheveux en désordre, poussant des cris et dévorés par la faim."(réf.). Ils incarnent donc une condition inférieure et douloureuse où l’être n’est mu que par un désir incontrôlable, ils sont hagards et incapables même de reconnaître ce qui pourrait étancher la terrible soif qui les torture. Le Sutra Shobonenjo dénombre 36 sortes d'esprits faméliques. Voir le tableau des 10 mondes. Ce qu'en dit Nichiren

esprit de bodhi ou esprit de la voie suprême (mujodoshin). Disposition d'esprit qui porte à rechercher l'Eveil et le Dharma bouddhique. Pratique qui vise à produire une telle disposition d'esprit. Notion proche de l'aspiration à l'Eveil (bodaishin).

esprits maléfiques (démon malfaisant, akki, 餓鬼, 悪鬼・鬼). Une catégorie de démons. Fonctions ou influences négatives qui privent des personnes du bonheur ou de la vitalité et bloquent le jugement correct. Il s’agit d’êtres comme par exemple les rakshasi ou les yaksha. Leur action est néfaste et consiste à tourmenter, dérober la vitalité ou gêner la pratique de l’ascèse bouddhique. Ces esprits sont représentatifs du monde des esprits affamés. Dans cette symbolique, ce sont donc des défunts qui sont tombés dans une mauvaise voie et qui exercent sur les vivants une action néfaste. Selon le Maka Shikan, ils sont l’une des causes de la maladie. Ils nuisent également en faisant se développer les raisonnements pernicieux et en égarant les gens. Le Sutra du roi vertueux (Ninno kyo) les rends responsables des désordres qui affectent le pays ou la société. D'après Zhiyi, une des six causes de la maladie. Le chapitre XIII du Sutra du Lotus en parle comme d'un obstacle à la propagation du Dharma. Ce qu'en dit Nichiren

Essais sur le monde de la paix et du plaisir voir Anraku Shu

Essais sur le Paradis de l'Ouest voir Anraku Shu

essence du Sutra du Lotus en quatre phrases (shiku-no-yobo, 四句の要法). Enseignement transmis à Jogyo et les autres bodhisattvas Surgis de Terre dans le chapitre XXI du Sutra du Lotus. Il s'agit d'un commentaire des paroles de Shakyamuni : "Les pouvoirs supranaturels des bouddhas sont à ce point innombrables, infinis, inconcevables. Si je devais, à l'aide de ces pouvoirs supranaturels, exposer durant d'innombrables, d'infinis milliers de millions de myriades de quantités incalculables de kalpa les mérites de ce Sutra afin d'en assurer la passation, je serais encore incapable d'en venir à bout. Pour en dire l'essentiel : l'ensemble des enseignements possédés par l'Ainsi-Venu, l'ensemble des pouvoirs supranaturels et souverains de l'Ainsi-Venu, l'ensemble du réceptacle des secrets de l'Ainsi-Venu, l'ensemble des modes fort profonds de l'Ainsi-Venu sont tous révélés et manifestés dans ce Sutra." En d'autres termes, le Sutra du Lotus contient et révèle : 1) toutes les doctrines des Ainsi-venus ; 2) tous les pouvoirs supranaturels des Ainsi-venus ; 3) tous les secrets des Ainsi-venus ; 4) tous les concepts profonds des Ainsi-Venus.
Dans son Ongi Kuden, Nichiren explique ce passage comme la mission confiée à Jogyo de propager les cinq caractères de Myoho Renge Kyo.

estrade d'ordination voir kaidan

établissement de l'attention (smrti-upasthana, satipatthana). Selon le Satipatthana sutta il comporte quatre parties: 1) l'attention du corps (kayanupassana); 2) l'attention aux sensations dans le corps (vedananupassana); 3) l'attention à l'esprit (cittanupassana ; citta - un esprit impliquant non seulement la partie rationnelle mais aussi la partie émotionnelle de nous-mêmes); 4) l'attention des contenus de l'esprit (dhammanupassana celles-ci étant de cinq sortes : obstacles, agrégats, expérience des sens, facteurs d'éveil et Quatre nobles vérités).

étapes [cinquante deux] voir étapes

étapes [six étapes]

état originel (honnu, 本有). Traduction qui prête à confusion. Hon signifie origine. Mais le Sutra du Lotus proclame un espace-temps sans commencement (kuon ganjo) ; dans ce contexte origine équivaut à ainsité (tathata). L'état originel est donc celui dont les caractéristiques sont identiques depuis toujours. Il serait plus juste de parler d'état primordial, faute de pouvoir employer un adjectif formé sûr "ainsi". On distingue par ailleurs la nature de bouddha inhérante ou primordiale (shoin bussho), la sagesse pour concrétiser cette nature de bouddha (ryoin bussho) et les conditions ou les pratiques pour la manifester (en-in bussho).

êtres (shujo, 衆生, sattva), littéralement, la multitude de ce qui est né. Autrement dit, tous ceux qui, par naissance, sont liés de façons multiples à la précarité et au cycle perpétuel des vies et morts.

êtres aux deux jambes. (兩足).Expression utilisée dans les sutras pour désigner l'ensemble hommes/dieux. Ils avancent en se servant des deux jambes que sont la sagesse-paraja et la compassion-karuna.

êtres des deux plans et huit groupes (nikai hachiban 二界八番). Etres présents à la Grande Assemblée lors de l'exposé du Sutra du Lotus : 1) les dieux du monde des désirs ; 2) les dieux du monde de la forme ; 3) les rois-dragons et leur suite ; 4) les rois kimnara et leur suite ; 5) les rois gandharva et leur suite ; 6) les rois ashura et leur suite ; 7) Les rois garuda et leur suite ; 8) le roi du monde des humains, Ajatashatru, et sa suite.

être et non-être (u mu, 有無). A la fois "être" et "non-être" sont la double nature de tous les dharmas. Parce que les dharmas naissent de la production conditionnée, ils existent et donc témoignent de 1'être. Mais aussi, puisque c'est la production conditionnée les fait apparaître, ils n'ont pas de nature propre, et, ainsi, c'est le "non-être" qui transparaît. Chacun des dharmas est en fait déterminé à travers une double polarité : 1'être et le non-être. Le caractère inconcevable de notre pensée est le lieu où cet antagonisme se résout et cela même est désigné par le terme myo, qui qualifie 1'enseignement du Lotus.

êtres sensitifs ou êtres émotionnels (ujo, 有情). Existences dotées d'affectivité (animaux, hommes). Terme opposé à hijo, 非, non-sensitifs, ce qui est dénué de sentiments et de conscience, par exemple, les minéraux. Le bouddhisme n'établit pas de séparation nette entre les deux catégories donnant pour exemple les formes primitives de vie à la limite du règne minéral et végétal ou de plantes qui se comportent comme des animaux. L'absence de coupure entre sensitifs et non sensitifs amène à la conception d'un état de bouddha latent dans les plantes. Nichiren développe ce concept dans son Ongi Kuden - Somoku jobutsu kuketsu. Ce qu'en dit Nichiren

evam mayashrutam voir ainsi ai-je entendu

Eveil (kaku 覺, ou bodai 菩提, bodhi). Expérience et révélation fondatrices du bouddhisme. Le terme par lui-même désigne la prise de conscience et la connaissance intime de ce qui était inconnu. Il y a donc différentes sortes d’éveils, y compris une expérience ultime à laquelle renvoie l’expression Eveil correct, complet et sans supérieur qu’a réalisé le Bouddha qui est l’Eveillé par excellence. Dans les textes français, on parle souvent d'illumination, terme qui conviendrait mieux au satori des écoles Zen car l'illumination suggère un passage soudain de l'ignorance à la lumière, ce qui n'est pas le cas de l'Eveil. Voir atteinte de la bodhéité dont ce terme est synonyme.
A distinguer :
1) Eveil relatif (celui des pratyekabuddhas, ces "éveillés pour soi")


2) Eveil en tant qu'étape du progrès spirituel des bodhisattvas en 52 étapes : Eveil d’indifférenciation, togaku, 等覺 (51e degré), Eveil merveilleux, myogaku, 妙覺 ou engaku, 円覚 (52e degré). Voir les étapes de la pratique

3) Eveil Atemporelou primordial souvent appelé Eveil originel (sans commencement, hongaku, 本覚 ou 本覺) Terme opposé à Eveil différé (shigaku, 始覺). Au sens strict l'Eveil primordial est celui dont les êtres vivants sont pourvus depuis toujours. D'après Ashvaghosha, au temps sans commencement l'Eveil originel et l'Eveil différé ne forment qu'un. Mais dans le monde Saha soumis au temps, la nature atemporelle de notre vie nous est devenue imperceptible, et ainsi est née la distinction entre Eveil primordial et différé. Aveuglé par les passions, l'homme ordinaire ne conçoit pas cet Eveil et ne se rend donc pas compte, qu'à la fois lui-même et les phénomènes qui l'entourent, sont le bouddha. On distingue par ailleurs la nature de bouddha inhérente ou primordiale (shoin bussho), la sagesse pour concrétiser cette nature de bouddha (ryoin bussho) et les conditions ou les    en-in bussho).
La doctrine de hongaku était au centre des divergences entre les écoles bouddhiques de Kamakura. Pour les tenants de la non-dualité originel/différé l'Eveil n'était pas dû à l'intervention d'un sauveur extérieur à l'homme (Amida, Vairocana). C'est le point de vue de Nichiren. Ce qu'en dit Nichiren

Eveil parfait et complet, sans supérieur ou Grand Eveil ou Eveil suprême ou Eveil complet manifeste (anokutara sammyaku sambodai ou anokubodai, anuttara samyaksambodhi) ; anuttara = "sans supérieur", qualificatif employé à propos du Bouddha. Ce terme n'est pas simplement laudatif, il indique que le bouddha se situe sur un plan où toute analyse graduelle n'a plus cours : il n'y a ni supérieur ni inférieur, les choses sont tatha (ainsi), au delà des dichotomies bien / mal, vie / mort, etc. Samyaksambodhi : "pleinement et complètement (samyak-sam) éveillé (bodhi)" désigne le Bouddha par excellence, celui qui a parcouru la carrière du bodhisattva et pratiqué les paramitas, sans l'aide ni l'enseignement de quiconque, avant d'atteindre l'Eveil "plein et parfait" et de redécouvrir par lui-même le Dharma.
Alors que l'Eveil des auditeurs-shravakas et des pratyekabuddhas (les deux véhicules) consiste à éliminer la souffrance, l'Eveil anuttara consiste dans l'intuition universelle ; il est de l'ordre de la connaissance qui va au-delà du contingent. Pour décrire l'Eveil anuttara, différentes écoles ont mis l'accent sur l'un ou l'autre de ses aspects : connaissance de l'ainsité, de l'ultime réalité, de la non-substantialité (vacuité). D'après le Sutra du Lotus, les significations de l'Eveil parfait et complet, sans supérieur sont innombrables et seul le bouddha peut les connaître toutes. Cet Eveil correspond à la cinquante deuxième et dernière étape de la pratique des bodhisattvas (myogaku). Ce qu'en dit Nichiren

Eveil des plantes (somoku-jobutsu, 草木成仏) ou Eveil des êtres non-sensitifs. Eveil de l'herbe, des arbres, des rochers, de la terre, ou de tout ce qui ne possède ni émotion ni conscience. Ce principe est un corollaire du principe d'ichinen sanzen énoncé par Zhiyi. L'un des concepts sur lesquels s'appuie ce principe est ce que l'on appelle en japonais kokudo seken, le domaine de l'environnement ou monde non sensible, objectif. Ichinen sanzen implique qu'un être vivant et son environnement non vivant, ou les êtres sensitifs et non sensitifs, sont deux manifestations d'une même entité de vie et possèdent tous les deux la potentialité d'arriver à la bodhéité. Dans le Kongobei Ron, Zhanlan réfute les arguments du Kegon qui affirme que les êtres non sensitifs ne possèdent pas la nature de bouddha. Il écrit : "Une plante, un arbre, un caillou, un grain de poussière, tout possède la nature innée de bouddha ainsi que les autres causes et conditions nécessaires pour atteindre la bodhéité." Les Veda professaient une doctrine assez proche en considérant toute chose comme une vibration. Les objets émettent des "sons" (ondes) qui sont de même nature que les sons émis par la voix humaine et qui constituent des mantra.
Selon Nichikan il y a deux façons dont les êtres non-sensitifs peuvent atteindre l'état de bouddha. La première est grâce à l'influence des êtres sensitifs. Quand un de ces êtres atteint la bodhéité, son environnement atteint le même état simultanément selon le principe de non-dualité de sujet et de son environnement (esho funi). Dans ce cas, l'état de bouddha est révélé aux êtres non sensitifs tels qu'ils sont. Cela s'appelle "atteindre la bodhéité sans changer d'état initial" (fukaihon'i no jobutsu). La seconde façon est de devenir un objet de vénération. Quand la vie du bouddha est insufflée à du papier ou à du bois, ce matériau devient une entité capable de manifester, de lui-même, la nature de bouddha. Cela s'appelle "l'Eveil des représentations peintes ou en bois" (mokue nizo no jobutsu). C'est le principe qui sous-tend l'inscription du Gohonzon comme objet de vénération.
Ce que dit Nichiren sur les représentations du Bouddha.

Eveil dès ce corps voir atteinte de la bodhéité au cours de cette vie

Eveil des représentations peintes ou en bois voir Eveil des plantes

Eveillé voir Bouddha, sens 1 et 3.

éveillé. Personne ayant atteint l'Eveil au sens 1ou 2.

éveillé pour soi voir pratyekabuddha

évidence (voir triple évidence, enzoku santai)

Exhortation à la sauvegarde (Kanji hon, 勸持品, Quanchi pin). Chapitre XIII du Sutra du Lotus. Au début du chapitre, le bodhisattva Yakuo et sa suite de vingt mille bodhisattvas font, devant Shakyamuni, le vœu de propager le Sutra du Lotus dans ce monde après sa mort. A leur différence, cinq cents arhats qui (dans le chapitre précédent) ont reçu la prophétie d'obtenir l'Eveil à l'avenir, et huit mille auditeurs-shravakas (dont certains étudient tandis que d'autres n'ont plus rien à apprendre) font le voeu de le propager dans d'autres mondes. Shakyamuni prédit ensuite l'Eveil de Mahaprajapati, sa tante maternelle, et de Yashodhara, son épouse, avant qu'il ne renonce au monde. Toutes deux, avec leurs suites de six mille nonnes, font également le vœu de propager le Sutra après la mort du Bouddha. Puis 80 myriades de millions de nayutas de bodhisattvas s’engagent également à ne pas laisser le Dharma dépérir dans les âges mauvais qu’ils dépeignent sous des couleurs sinistres. Les ignorants seront vindicatifs et les moines auront une sagesse pervertie. Ils se vanteront de leurs médiocres réalisations spirituelles et seront avides de biens. Ils se plairont à critiquer les croyants et le Sutra du Lotus et intrigueront auprès des puissants. Néanmoins les bodhisattvas font le serment d'une résolution inébranlable. Leur vœu est prononcé en vers et l'on s'y réfère souvent comme aux "vingt lignes versifiées du chapitre Kanji". Les persécutions énumérées furent plus tard rangées sous la dénomination "les Trois Grands Ennemis" par le Grand-maître Zhanlan. Lire ce chapitre ; Ce qu'en dit Nichiren ; Citations dans les goshos.

Exhortation du bodhisattva Fugen (Sage-Universel) (Fugen bosatsu kanbotsu hon, Kambutsu, 普賢菩`勧発品, Puxian pusa quanfa pin). Chapitre XXVIII du Sutra du Lotus. Le bodhisattva Fugen (Samantabhadra) et sa suite arrivent de l’orient pour se joindre à l’assemblée, il rejoint notre monde de saha car il sait que le Lotus est enseigné et veut l’entendre. Le Bouddha lui déclare que quatre conditions sont nécessaires pour obtenir ce sutra : - être protégé par l’attention des bouddhas
- avoir planté une multitude de vertus
- entrer dans le groupe correctement déterminé
- concevoir l’intention de sauver tous les êtres.
Fugen fait vœu de protéger ceux qui garderont ce sutra dans l’âge mauvais et ce, en leur apparaissant sur un éléphant blanc à six défenses. Il leur apprendra le Lotus et le récitera avec eux. Il fournit même une formule détentrice (darani) et déclare que, s’il se trouve dans le Jambudvipa des croyants pour recevoir et garder ce sutra, c’est dû à sa force. Il ne laissera pas ce sutra s’éteindre. Le Bouddha approuve son projet et protégera ceux qui connaîtront le nom de ce bodhisattva. Celui qui dans les cinq cents années suivantes (gogohyakusai, houwubosui) aura foi et connaissance dans le Lotus deviendra un bouddha. Ceux qui railleront la pratique à laquelle se livre une telle personne seront privés d’yeux, ceux qui les critiqueront, même avec raison, contracteront des maladies graves. Après cet exposé, l’assemblée du Lotus, qui s’était majestueusement rassemblée dans le chapitre
Jo* (I), se disperse heureuse, en seulement quatre mots (sa rai ni ko, zuo li er qu, ils saluèrent et partirent), et cet inachèvement, cette rapidité dans l’expression, peut donner le sentiment que cette assemblée assez intemporelle ne s’est pas vraiment dispersée. Lire ce chapitre ; Ce qu'en dit Nichiren ; Citations dans les goshos.

existence voir vie

Expédients salvifiques[chapitre des]voir Moyens appropriés

expédients salvifiques voir hoben (moyens salvifiques, moyens habiles, moyens appropriés, hoben, fangbian, 方便 upaya). Le terme sanskrit fait référence à une chose qui mène à autre chose (un but). Enseignements et procédés que le Bouddha utilise pour amener à lui les êtres. Ce qu'en dit Nichiren

extinction (metsudo). Annihilation du moi par suppression de tout désir. Etat supérieur dans la recherche de bodhéité dans le Theravada

extinction à l'origine (genmetsu). Processus d’annihilation des douze liens causaux par production de l’Eveil qui détruit le premier d’entre eux l’obscurité fondamentale (ignorance originelle, mumyo, avidya), et empêche donc leur production successive.

Ezo [tribus]. Habitants autochtones du nord du Japon. Certains textes des périodes de Nara (710-794) et Heian (794-1185) les présentent comme des tribus barbares ayant autrefois occupé la totalité de l'archipel japonais que la force militaire avait repoussé au nord-est du pays. Les avis sont très partagés sur la question de savoir si les anciens Ezo étaient des ancêtres des habitants du Hokkaido connus sous le nom de Ainu et qui étaient des Japonais non "pacifiés", ou de quelque autre peuple inconnu.

 
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