La pratique telle que le Bouddha l'enseigne

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 1, p.107; SG* p. 394.
Gosho Zenshu p. 501 - Nyosetsu Shugyo Sho; Teihon no. 124, 1:733-37

mai 1273 à plusieurs de ses disciples

 

Il apparaît désormais clairement que les personnes qui sont nées dans ce pays et croient en ce Sutra au moment de sa propagation, à l'époque des Derniers jours du Dharma, subiront des persécutions encore plus graves qu'il n'y en eut du vivant du Bouddha. En ce temps-là, le maître était un bouddha et ses disciples, de grands bodhisattvas et arhats. De plus, le Bouddha n'exposa le Sutra du Lotus qu'après avoir longtemps formé et préparé tous ceux qui pouvaient l'entendre, qu'ils soient divins ou humains, laïcs ou religieux, ou qu'ils appartiennent aux huit groupes d'êtres non-humains. Et, malgré cela, certains disciples rejetèrent cet enseignement.

A plus forte raison maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, bien que l'enseignement, la capacité des gens et la période de propagation concordent, nous devons nous attendre à une hostilité encore plus grande. Car notre époque est celle des conflits, celle où le Dharma pur a disparu, où le maître n'est qu'un simple mortel et ses disciples des incroyants en proie aux trois poisons. C'est pourquoi les hommes rejettent le bon maître et lui préfèrent les mauvais moines.

De plus, ceux qui deviennent les disciples du véritable Pratiquant du Sutra du Lotus tel que le Bouddha l'enseigne seront immanquablement confrontés aux trois grands ennemis. Par conséquent, du jour même où vous croyez en ce Sutra vous devez être prêt à rencontrer ces trois sortes de persécutions qui seront à coup sur plus terribles encore après la mort du Bouddha. Bien que mes disciples aient déjà entendu cela, certains, lorsque des persécutions, grandes ou petites, s'abattent sur nous, en sont terrifiés au point de trahir leur foi. Ne les avais-je pourtant pas prévenus  ? Je leur ai enseigné jour et nuit en me fondant précisément sur le Sutra qui dit : "Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore dans le monde après son trépas  ? "(réf.) Vous n'avez nulle raison de prendre peur tout à coup alors que vous me voyez expulsé, blessé ou officiellement condamné et exilé - cette fois-ci en une province lointaine.

Question. - Celui qui pratique comme le Bouddha l'enseigne devrait connaître une vie paisible en ce monde. (réf.) Pourquoi alors êtes-vous attaqué avec tant de force par les trois grands ennemis ?

Réponse. - Shakyamuni rencontra les Neuf grandes épreuves parce qu'il enseigna le Sutra du Lotus. Dans un lointain passé, le bodhisattva Fukyo fut attaqué à coups de bâton et de pierres. Zhu Daosheng fut exilé dans une montagne du Su-thou, le moine Fadao eut le visage marqué au fer rouge, et Aryasinha fut décapité. Le Grand-maître* Zhiyi* fut en butte à l'hostilité des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord. Quant au Grand-maître Saicho*, il fut dénigré par les six écoles de l'ancienne capitale Nara. Le Bouddha, ces bodhisattvas et grands sains étaient tous des adeptes du Sutra du Lotus, et malgré cela, ils subirent de grandes persécutions. Si vous niez qu'ils aient pratiqué comme le Bouddha l'enseigne, où donc trouverez-vous des personnes qui l'aient fait  ? Nous sommes à l'époque des conflits, celle où le Dharma pur a disparu. De plus, dans ce mauvais pays, le dirigeant, ses ministres, et le peuple dans son ensemble, tous calomnient le Dharma correct. Ils se sont opposés au véritable enseignement du Bouddha et révèrent des mauvais moines et des doctrines erronées. C'est pourquoi les démons ont furieusement envahi le pays, provoquant un déchaînement constant des trois calamités et des sept désastres.

C'est, en vérité, une période bien malheureuse pour vivre en ce pays. Pourtant, le Bouddha m'a ordonné de naître à cette époque, et il me serait impossible de transgresser sa volonté. Ainsi, avec une foi totale dans le Sutra, j'ai engagé la lutte pour distinguer enseignements provisoires et enseignements définitifs (jikkyo). Je revêts l'armure de la persévérance et porte l'épée de l'enseignement correct, je lève la bannière de Myoho Renge Kyo, essence des huit volumes du Sutra du Lotus. Puis, tendant l'arc de la déclaration du Bouddha  : "Je n'ai pas encore révélé l'enseignement définitif (jikkyo)"(réf.), j'encoche la flèche du "rejet sincère des enseignements provisoires" (réf.), je monte dans le chariot tiré par un grand boeuf blanc (note) et j'abats le portail des enseignements provisoires. Les attaquant l'une après l'autre, j'ai réfuté les doctrines du Nembutsu, du Shingon, du Zen, du Ritsu et celles des autres écoles. Certains de mes ennemis ont pris la fuite, d'autres ont reculé, ou, conquis, sont devenus mes disciples. Je continue à repousser leurs attaques et à les vaincre mais les ennemis sont légion alors que le roi du Dharma est seul avec une poignée de partisans. C'est pourquoi la bataille se poursuit aujourd'hui encore.

La pratique du Sutra du Lotus est shakubuku, la réfutation des enseignements provisoires."(réf.) Selon ces paroles d'or, les tenants de toutes les écoles basées sur les enseignements provisoires pourront en définitive être vaincus et rallier les disciples du roi du Dharma. Le temps viendra où tous les hommes, y compris ceux des mondes des auditeurs-shravakas, des pratyekabuddhas et des bodhisattvas, prendront le chemin de la bodhéité, et le Dharma merveilleux seul prospérera à travers tout le pays. Quand tous dans le pays monteront dans le Véhicule Unique du Bouddha, et que le seul Dharma merveilleux [du Lotus] fleurira, chacun récitant Namu Myoho Renge Kyo, les vents furieux ne feront plus ployer les branches et le ruissellement de la pluie ne dénudera plus le sol. Le monde sera pacifié comme du temps des anciens empereurs Fu Xi et Shen Nung. Les désastres seront écartés du pays et ses habitants, libérés du malheur. Ils apprendront également l'art de mener des vies longues et pleinement satisfaisantes. Sachez que le temps viendra où l'on comprendra cette vérité : la personne et le Dharma ne peuvent vieillir et sont éternelles. Il ne peut y avoir le plus petit doute concernant la promesse solennelle, faite dans le Sutra, d'une vie paisible en ce monde. (réf.)

Question. - Que doit faire la personne qui veut pratiquer comme le Bouddha l'enseigne  ?

Réponse. - Les Japonais de notre époque sont unanimes sur ce point : ils pensent que, puisque tous les véhicules sont inclus dans le Véhicule suprême, aucun enseignement n'est supérieur ou inférieur, superficiel ou profond mais que tous sont égaux au Sutra du Lotus. D'où la croyance que répéter l'invocation du Nembutsu, pratiquer l'ésotérisme Shingon, ou la méditation Zen, enseigner et réciter n'importe quel sutra ou le nom de n'importe quel bouddha ou bodhisattva équivaut à suivre le Sutra du Lotus.

Mais je répète que cela est faux. Le plus important dans la pratique du bouddhisme, c'est de suivre et de croire les principes d'or du Bouddha, non l'opinion des autres. Notre maître, le Bouddha Shakyamuni, aurait voulu révéler le Sutra du Lotus dès qu'il parvint à l'Eveil. Pourtant, parce que les hommes n'étaient pas encore assez murs pour le comprendre, il lui fallut utiliser les enseignements provisoires pendant près de quarante ans avant de pouvoir exposer l'enseignement définitif (jikkyo) du Sutra du Lotus. Dans le Sutra Muryogi, qui sert d'introduction au Sutra du Lotus, le Bouddha établit une distinction très nette entre les enseignements provisoires et l'enseignement définitif (jikkyo). Il déclara  : "J'ai enseigné le Dharma de nombreuses façons, en utilisant de nombreux moyens. Mais, depuis plus de quarante années, je n'ai pas encore révélé la vérité."(réf.) Les quatre-vingt mille bodhisattvas, y compris le bodhisattva Daishogon, comprirent parfaitement pourquoi Shakyamuni avait exposé les enseignements provisoires, démontrèrent que ces enseignements n'étaient rien de plus que des moyens, et finalement les rejetèrent totalement. Ils exprimèrent leur compréhension en déclarant que personne ne peut atteindre l'Eveil suprême en adhérant à l'un ou l'autre des sutras provisoires qui préconisent la pratique des austérités de bodhisattva pendant des millions de kalpa. Finalement le Bouddha en vint à révéler le Sutra du Lotus et déclara : "L'Honoré du monde expose ses doctrines depuis longtemps et doit maintenant révéler la vérité."(réf.) Il mit également en garde  : "Dans toutes les terres de bouddha de l'univers, il n'y a qu'un seul Véhicule suprême, pas deux ou trois, et cela exclut les enseignements provisoires du Bouddha."(réf.) Il dit encore  : "En rejetant sincèrement les enseignements provisoires, je vais exposer le Dharma suprême"(réf.), et "N'acceptez jamais même une seule phrase des autres sutras."(réf.) Ainsi, depuis cette époque, le Véhicule suprême du Dharma merveilleux a été le seul enseignements assez profond pour permettre à tous les êtes humains d'atteindre la bodhéité. Bien qu'aucun sutra, à l'exception du Sutra du Lotus, ne permette d'obtenir le plus petit bienfait, les lettrés bouddhistes de l'époque des Derniers jours du Dharma prétendent que tous les sutras doivent conduire à l'Eveil puisqu'ils furent exposés par le Bouddha. Par conséquent, ils professent arbitrairement la foi en n'importe quel sutra et suivent n'importe quelle école de leur choix, que ce soit Shingon, Nembutsu, Zen, Sanron, Hosso, Kusha, Jojitsu ou Ritsu. Le Sutra du Lotus dit de telles personnes  : "Celui qui refuse d'avoir foi en ce sutra, et qui, au contraire, le rabaisse, détruit instantanément la graine qui permet de devenir bouddha en ce monde... Après sa mort, il tombera dans l'enfer avici."(réf.) Ainsi, le Bouddha lui-même conclut que la seule manière de pratiquer correctement son enseignement consiste à avoir foi dans le principe central du Sutra, la croyance en un seul Dharma suprême.

Question - Il serait donc faux de dire que la foi en n'importe quel sutra ou en n'importe quel bouddha des enseignements provisoires équivaut à la foi dans le Sutra du Lotus. Mais qu'en est-il de celui qui a foi dans le seul Sutra du Lotus et conduit les cinq pratiques du chapitre Hosshi* (X), ou suit les pratiques aisées du chapitre Anrakugyo* (XIV)  ? Ne pourrions-nous pas dire que sa pratique est en accord avec l'enseignement du Bouddha  ?

Réponse - Quiconque pratique le bouddhisme doit avant tout comprendre qu'il existe deux types de propagation - shoju et shakubuku. Chaque sutra ou traité doit être pratiqué de l'une ou l'autre de ces deux manières. Bien que les érudits de ce pays aient parfois étudié le bouddhisme très en détail, ils ne savent pas quelle propagation convient au temps. Les quatre saisons se succèdent sans fin, chacune d'elle manifestant ses caractéristiques propres. En été, il fait chaud, en hiver, froid. Les fleurs s'épanouissent au printemps, les fruits mûrissent en automne. Il est donc naturel de semer au printemps et de récolter à l'automne. Si l'on semait à l'automne, que pourrait-on récolter au printemps  ? Les vêtements épais sont utiles par grand froid, mais à quoi servent-ils en pleine canicule  ? Une fraîche brise est plaisante en été, mais qu'a-t-elle d'agréable en hiver  ? Le bouddhisme procède de la même manière. Il y a des époques où le bouddhisme hinayana doit être propagé pour le bien de l'humanité, des époques où les doctrines du Mahayana provisoire* sont nécessaires, et des temps où l'enseignement du Mahayana définitif* doit se répandre pour conduire les gens à la bodhéité. Les deux millénaires du Dharma correct et du Dharma formel exigeaient la propagation du bouddhisme hinayana et mahayana provisoire*, tandis que les premiers cinq cents ans des Derniers jours du Dharma appellent le kosen-rufu de l'enseignement suprême et parfait du Sutra du Lotus. Comme le Bouddha l'avait prédit, nous sommes maintenant à l'époque des conflits, celle où le Dharma pur s'est perdu et où les enseignements provisoires et définitifs du bouddhisme sont inextricablement confondus.

Lorsque l'on est face à l'ennemi, on a besoin d'une épée, d'un bâton, ou d'un arc et de flèches. Mais, lorsqu'il n'y a pas d'ennemis, ces armes ne sont d'aucune utilité. A notre époque, les enseignements provisoires sont devenus les ennemis de l'enseignement correct. Quand il est temps de propager l'enseignement suprême, les enseignements provisoires deviennent des ennemis. S'ils sont sources de confusion, ils doivent être systématiquement réfutés du point de vue de l'enseignement correct. Parmi les deux formes de propagation, il s'agit-là de shakubuku, la pratique du Sutra du Lotus. C'est à juste titre que Zhiyi* déclara : "La propagation du Sutra du Lotus est shakubuku, la réfutation des enseignements provisoires."(réf.) Les quatre pratiques aisées du chapitre Anrakugyo* (XIV) sont shoju. Les suivre à notre époque serait aussi absurde que de semer des graines en hiver en espérant moissonner au printemps. Il est normal qu'un coq chante le matin, mais étrange qu'il chante au crépuscule. Maintenant, à une époque où les enseignements provisoires et définitifs sont inextricablement mêlés, il ne serait pas moins anormal de s'isoler dans les montagnes, de suivre la pratique aisée de shoju, et d'éviter de réfuter les ennemis du Sutra du Lotus. La personne qui le ferait perdrait toute chance de pratiquer le Sutra du Lotus. Aujourd'hui, à l'époque des Derniers jours du Dharma, qui accomplit la pratique de shakubuku en parfait accord avec le Sutra du Lotus  ? Imaginez qu'une personne, peu importe qui, proclame haut et fort que seul le Sutra du Lotus peut mener les hommes à la bodhéité et que tous les autres sutras, loin de leur permettre d'atteindre l'Eveil, ne peuvent que les précipiter en enfer. Observez alors ce qui se passera si cette personne essaye de réfuter les maîtres et les doctrines de toutes les autres écoles. Les trois grands ennemis ne manqueront pas d'apparaître.

Le véritable Maître, le Bouddha Shakyamuni, pratiqua shakubuku pendant les huit dernières années de sa vie, le Grand-maître* Zhiyi* pendant plus de trente ans, et le Grand-maître* Saicho* pendant plus de vingt ans. Nichiren réfute les enseignements provisoires depuis plus de vingt ans, et les grandes persécutions qu'il a subies pendant cette période sont innombrables. Je ne sais pas si elles sont égales aux neuf grandes persécutions subies par le Bouddha, mais il est certain que ni Zhiyi* ni Saicho* ne rencontrèrent jamais des persécutions aussi graves que celles subies par Nichiren pour la cause du Sutra du Lotus. Ils ne suscitèrent que jalousie et calomnies, alors que j'ai été à deux reprises exilé par le Régent, cette fois dans une province lointaine. Qui plus est, je fus bien près d'être décapité à Tatsunokuchi, je fus blessé au front à Komatsubara, et constamment calomnié. Mes disciples ont également été exilés et jetés en prison, tandis que les croyants laïcs qui me suivent ont été expulsés et leurs biens confisqués. Comment les persécutions endurées par Nagarjuna, Zhiyi* ou Saicho* pourraient-elles être comparables  ? Comprenez donc que la personne qui pratique le Sutra du Lotus, exactement comme le Bouddha l'enseigne, sera immanquablement attaquée par les trois grands ennemis. Shakyamuni lui-même, Zhiyi* et Saicho* furent les trois seuls à pratiquer en parfait accord avec l'enseignement du Bouddha, en plus de deux mille ans. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, les seuls pratiquants de cette sorte sont Nichiren et ses disciples. Si nous ne pouvons être considérés comme des pratiquants fidèles aux enseignements du Bouddha, alors Shakyamuni, Zhiyi* et Saicho* ne peuvent pas l'être non plus. Pourrait-on appeler pratiquants du Sutra du Lotus Devadatta, Kokalika, Sunakshatra, Kukai*, Ennin*, Enchin, Shandao, Honen, Ryokan et leurs semblables  ? Le Bouddha Shakyamuni, Zhiyi*, Saicho, ou Nichiren et ses disciples pourraient-ils être des adeptes des écoles Nembutsu, Shingon, Zen, Ritsu ou autres  ? Pourrait-on appeler le Sutra du Lotus enseignement provisoire, et le Sutra Amida et d'autres pourraient-ils être le Sutra du Lotus  ? Cela ne pourrait jamais être, même si l'Ouest se changeait en Est et l'Est en Ouest ; même si la terre, avec les arbres et les plantes, devait s'envoler et devenir le ciel, et même si la lune et les étoiles devaient tomber pour devenir la terre.

Il est bien regrettable que tous les Japonais se réjouissent de voir Nichiren et ses disciples souffrir en proie aux trois grands ennemis  ! Ce qu'il est advenu hier à l'un peut arriver aujourd'hui à l'autre. Nichiren et ses disciples ne souffriront pas longtemps, à peine plus longtemps qu'il n'en faut au givre ou à la rosée pour s'évaporer sous le soleil du matin. Quand nos prières pour atteindre la bodhéité seront réalisées et que nous résiderons dans la Terre de l'Eveil éternel où nous connaîtrons la joie sans limite du Dharma, quelle pitié nous éprouverons pour ceux qui souffrent sans répit dans les profondeurs de l'enfer  ! Et alors, comme ils nous envieront !

La vie s'écoule en un instant. Si nombreux et féroces que soient les ennemis que nous rencontrerons, n'ayons aucune peur et ne pensons jamais à reculer. Même si l'on menaçait de nous couper la tête avec une scie, de nous empaler sur une lance, de nous mettre aux fers et de nous transpercer les pieds avec une vrille, aussi longtemps que nous serons en vie, nous devrons continuer à réciter Namu Myoho Renge Kyo, Namu Myoho Renge Kyo. Si nous récitons cette phrase jusqu'au moment ultime de notre mort, immédiatement, Shakyamuni, Taho, tous les autres bouddhas de l'univers viendront à notre rescousse, tenant ainsi fidèlement la promesse faite lors de la cérémonie du Pic du Vautour. Nous prenant par la main et nous portant sur leurs épaules, ils nous mèneront au Pic du Vautour. Les deux saints*, les deux divinités célestes* et les Jurasetsu nous garderont, tandis que toutes les divinités bouddhiques tendront un dais par dessus nos têtes et déploieront bien haut des oriflammes. Ils nous escorteront pour nous protéger jusqu'à la Terre de Bouddha. Comment décrire la joie que nous ressentirons alors ?

Namu Myoho Renge Kyo,
Namu Myoho Renge Kyo.

Nichiren.

Le cinquième mois de la dixième année de Bun'ei (1273)

Post-scriptum : Gardez constamment cette lettre avec vous et relisez-la sans cesse.

ARRIÈRE-PLAN - En mai 1273, alors qu'il subissait encore les graves privations de l'exil sur l'île de Sado, Nichiren Daishonin écrivit cette lettre à ses disciples. Son titre, " La pratique telle que le Bouddha l'enseigne", désigne la pratique qui s'accorde parfaitement avec les enseignements du Bouddha. Il a deux significations : la première est que Nichiren Daishonin a vécu en accord avec les enseignements de Shakyamuni et qu'il a accompli les prophéties du Sutra du Lotus ; la seconde est que les disciples de Nichiren Daishonin, dans les Derniers Jours du Dharma, doivent suivre ses enseignements. L'enseignement pour Nichiren Daishonin était le Sûtra du Lotus. Pour nos contemporains, c'est Namu Myoho Renge Kyo des Trois Grandes Lois ésotériques et les enseignements contenus dans le Gosho.
Nichikan Shonin, 26e grand patriarche de la Nichiren Shoshu, expliqua que le titre se réfère aux Trois Grandes Lois ésotériques, l'objet de vénération, l'invocation et le Grand Sanctuaire du bouddhisme orthodoxe.
Les enseignements du Bouddha correspondent au Dai Gohonzon, la pratique correspond à la récitation de Namu Myoho Renge Kyo. Tous deux exigent le lieu dans lequel est enchâssé et conservé le Dai Gohonzon.
Un mois avant d'écrire cette lettre, Nichiren Daishonin avait terminé son traité sur "l'Objet fondamental de vénération" dans lequel il définissait le Dai-Gohonzon. Il révélait que l'illumination provient d'une forte croyance dans le Gohonzon, insistant sur l'importance de la pratique pour soi. Ce gosho fut écrit ensuite, pour clarifier l'importance de la pratique pour les autres. (Commentaire ACEP)

En anglais : On Practicing the Buddha's Teachings

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=391&m=1&q=Practicing%20the%20Buddha
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/PracticingBuddhasTeachings.htm

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