DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali

O

A.B.C.D.E.F.G.H.I .J.K.L.M.N.O.P.Q.R.S.T.U.V.W.X.Y.Z

 

o : préfixe honorifique utilisé, en particulier par la Nichiren Shu, pour quelques termes relatifs à Nichiren : o-daimoku, o-gosho, etc.

O-ama voir Nagoe-no-ama

Obaku-shu, 黄檗宗 [école]. Une des trois principales branches du Zen au Japon, avec Rinzai et Soto. Son temple principal est le Mampuku-ji à Kyoto. La doctrine d'Obaku est identique à celle de la branche Rinzai, à l'exception près qu'elle incorpore certains éléments de la doctrine Jodo concernant la renaissance dans la Terre pure et le Nembutsu.

obon : contraction du mot "urabon" (cérémonie pour les défunts)

obéissance voir trois obéissances

objet de vénération voir honzon

obscurité fondamentale ou ignorance primordiale ou originelle (mumyo, 無明, ou gampon-no-mumyo, 元品の無明, avidya, avijja). Source de toutes les illusions propres à la vie. "Obscurité" signifie aveuglement face à la vérité, en particulier à la vraie nature de sa propre vie. Le terme est utilisé par opposition à l'Eveil fondamental (gampon no hosshi), ou la nature innée de bouddha. Dans l'évolution, tant des espèces que de l'individu, les égarements sont dus à l'imperfection des six entrées (cinq sens + le mental). Au début de la vie, c'est d'abord un état d'indifférenciation entre le sujet et l'environnement d'où émerge la distinction agréable / désagréable / indifférent. Au moment où les phénomènes ou les objets sont perçus comme distincts du sujet, ils sont déjà fortement associés à ces jugements de valeur. La vision subjective ne correspond donc pas à la réalité. De cette erreur première découlent les erreurs de comportement et les souffrances de la vie. Le bouddhisme vise à développer la nature de bouddha latente dans chaque vie pour que puisse apparaître la vision du véritable aspect des phénomènes (shoho jisso). Selon le Sutra Shrimala, l'obscurité fondamentale est l'illusion la plus difficile à surmonter et ne peut être éliminée que par la sagesse du bouddha. Zhiyi interprète "l'obscurité" comme l'illusion qui empêche un être de réaliser la vérité de la voie du milieu. Il divise cette illusion en quarante-deux sortes dont la dernière est l'obscurité fondamentale. Cette illusion ne se dissipe qu'au stade de myogaku ou d'Eveil total, la dernière des cinquante-deux étapes de la pratique de bodhisattva. Dans l'explication des douze liens causaux l'obscurité fondamentale s'étend à la vie avant la naissance. Voir la production conditionnée. Ce qu'en dit Nichiren.

obscurcissements [cinq] voir cinq voiles

observance des préceptes (éthique, jikai , 持戒, sila, virtue, morality, proper conduct). Les préceptes sont des prescriptions destinées à discipliner le pratiquant et lui faciliter l'intégration dans une communauté. En savoir plus.

observation du cœur ou observation de l'esprit ou introspection méditative (kanjin, 観心). C'est percevoir ou s'éveiller à la réalité ultime inhérente à sa propre vie. Par opposition à l'étude doctrinale des sutras (kyoso), l'observation de l'esprit (kanjin) consiste à percevoir, dans les profondeurs de son être, une vérité qui est au-delà de l'explication verbale. Cette forme d'introspection est particulièrement mise en avant par la pratique de Zhiyi, dans laquelle la méditation porte plus sur la vraie nature de l'esprit que sur un objet extérieur. Dans le Maka Shikan, Zhiyi enseignait une méditation pour percevoir "le royaume de l'insondable" (fukashigi-kyo) interprétée tantôt comme l'unification des trois vérités en un seul moment de vie, tantôt comme ichinen sanzen. Percevoir l'unification des trois vérités ou ichinen sanzen dans son propre esprit, en essence, signifie percevoir l'état de bouddha inhérent à sa propre vie, ce qui est le but du système de méditation de Zhiyi. Nichiren définit kanjin comme observation de son propre esprit pour trouver en lui les dix mondes-états. Lire le gosho.

obstacles [trois] et quatre démons (sanso shima)

obtenir rapidement la Voie du bouddha sans égale (sokui shittoku mujo butsudo) : phrase extraite du chapitre XI du Sutra du Lotus "Tour aux Trésors".

obtention de la voie (tokudo, 得道) Réaliser la voie qui permet d’accéder à la bodhéité. Pleine compréhension de la voie bouddhique. Plusieurs termes sont des équivalents dans certaines de leurs acceptions notamment obtention du passage (tokudo - premier sens), certains comportent aussi le caractère voie (do) notamment devenir la voie (jodo). On notera également le rapport avec d’autres termes qui comportent ce même caractère ‘voie’ et qui indiquent différents stades de progression dans la pratique du bouddhisme. Par exemple nyudo, celui qui est entré sur la voie, gyodo, progresser sur la voie. Ce qu'en dit Nichiren.

obtention de l’acceptation patiente dès cette existence (shojin tokunin) : Littéralement shojin "dès cette existence" ou "dès ce corps" désigne le corps physique produit par les parents ; nin "l’acceptation patiente" ; c'est la compréhension de la non-production et de la non-destruction du monde phénoménal (musho bonin, anutpattika dharma kshanti). Celui qui est parvenu à cette obtention comprend que lorsqu'il voit les choses apparaître puis disparaître, ne voit pas en réalité des entités réelles, il n'y a rien qui apparaisse ou qui disparaisse. Il y a la non-substantialité, ku, shunyata.

obtention du passage (tokudo, 得度) Deux sens distincts, le second dérivant probablement du premier.
1) Passer (do) l'océan des vies et morts pour atteindre la rive du nirvana. Dans cette acception on notera comme équivalent obtention de la voie (tokudo) ou devenir la voie (jodo).
2) Passer de la vie séculière à la vie monastique (shukke, pravrajita)

Octroi de la Prédiction ou Annonce (Juki hon, 授記, Shouji pin). VIème chapitre du Sutra du Lotus. Le mot "juki" désigne une prophétie faite par Shakyamuni sur le temps, le lieu et le nom sous lequel ses disciples deviendront des bouddhas. Dans ce chapitre, Shakyamuni prédit que les quatre grands auditeurs-shravakas - Mahakashyapa, Maudgalyayana, Subhuti et Katyayana - atteindront l'Eveil. Dans l'enseignement théorique du Sutra, Shakyamuni déclare que le véhicule suprême de l'état de bouddha est le but de la pratique bouddhique. C'est le principe du "remplacement des trois véhicules par le Véhicule unique" (kaisan ken ichi). Le Bouddha explique ce principe de trois façons : de manière doctrinale par la révélation de la véritable essence de tous les phénomènes (shoho jisso) dans le chapitre II, Hoben ; en utilisant la parabole des trois chariots et de la maison en flammes dans le chapitre Hiyu* (III) ; et en clarifiant le lien passé entre ses disciples et lui-même dans le chapitre Kejoyu* (VII). Le Bouddha employa ces trois façons de prêcher pour permettre aux trois groupes d'auditeurs-shravakas – ceux de grande, moyenne et petite capacités – de réaliser respectivement le principe de l'enseignement du véhicule unique. Le chapitre Juki prédit l'Eveil des disciples de capacité moyenne qui comprirent la véritable intention du Bouddha en l'entendant raconter la parabole des trois chariots et de la maison en flammes. Il prophétise d'abord que Mahakashyapa atteindra l'état de bouddha dans le futur en tant que bouddha Komyo (Lumière brillante), puis que Subhuti, Katyayana et Maudgalyayana atteindront l'Eveil respectivement sous les noms de bouddha Myoso (Forme merveilleuse), de bouddha Embunadai Konko (Jambunada Lumière dorée) et de bouddha Tamarabatsu Sendanko (Tamalapattra Parfum du bois de santal). Néanmoins, il est toujours annoncé que chacun de ses grands auditeurs-shravakas deviendra un bouddha "une fois départi de ce corps" (sha ze shin ni). Il y a plusieurs compréhensions. La plus évidente est de penser que cela se fera dans une existence ultérieure ou par mortifications. Dans la Transmission orale sur les significations (Ongi kuden), Nichiren examine la signification du caractère sha (se départir, abandonner, rejeter) et y voit deux interprétations. La première c’est se départir temporairement (il utilise l’adverbe ten qui signifie cycliquement, par transformation) et la seconde c’est se départir définitivement (ei qui signifie éternellement). La première acception ressortit de la l'enseignement théorique et la seconde de l'enseignement essentiel, en ce sens où la doctrine essentielle révèle des enseignements tels que vies et morts s’identifient au nirvana (shoji soku nehan) ou les désirs s’identifient à l’Eveil (bonno soku bodai). Lire ce chapitre ; Ce qu'en dit Nichiren ; Citations dans les goshos.

octroi de prédiction voir annonce

Octuple noble chemin, octuple sentier ou chemin aux huit branches, huit voies (yatsu no michi 八の道, hassho-do, 八正道・八聖道, arya-ashtanga-marga ou ashtangamarga ou ashtangika-marga ; ariya-atthangika-magga ou atthangikamagga). Dernière des Quatre nobles vérités exposées par Shakyamuni dans son premier sermon au Parc aux cerfs après qu'il ait atteint l'Eveil.
Ces quatre vérités (shitai,
sidi, catur aryasatya) sont :
- la souffrance (dukka) - universalité de la souffrance
- l'apparition (samudaya) - le désir-attachement entraîne l'apparition de la souffrance (cause de la souffrance)
- l'extinction (nirodha) - l'extinction du désir fait que la souffrance n'apparaît plus
- la voie (marga, magga) - l'octuple voie permet d'opérer progressivement cette extinction du désir-attachement.
Cette dernière vérité de la voie s'explicite en 3 thèmes et 8 segments (rayons de la roue du Dharma) :

A - prajna
- la vue (note) juste (samyag-drsti, samma ditthi, sho-ken),
- la pensée (note) juste (samyak-samkalpa, samma samkappa, sho-shi),
B - sila (discipline, préceptes)
- la parole (note) juste (samyag-vac, samma vaca, sho-go),
- l'action juste (samyak-karmanta, samma kammanta, sho-gyo),
- le mode de vie juste (moyen d'existence juste) (samyag-ajiva, samma ajiva, sho-myo),
C -  samadhi*
- l'effort juste (samyag-vyayama, samma vayama, sho-shojin),
- l'attention (mémoire juste, pleine conscience) (samyak-smrti, samma sati, sho-nen),
- la concentration juste (samyak-samadhi, samma samadhi, sho-jo).

En savoir plus.

octuple juste voie (octuple chemin)

octuple sentier (huit voies, ou chemin aux huit branches

o-daimoku voir daimoku

oeil [du bouddha] voir cinq sortes de vision

oeil du Dharma (hogen, 法眼). 1. L'une des cinq sortes de vision. Le bodhisattva perçoit les enseignements bouddhiques avec l'oeil du dharma afin de sauver tous les êtres. C'est la perception claire de tous les phénomènes.
2. Titre conféré officiellement à un prêtre. A sa création, en 864, il indiquait un degré élevé dans la capacité d'enseigner le Dharma, mais avec le temps, il devint purement honorifique.

oeuvres et vertus (kudoku) voir bienfaits de la pratique

Oeuvres et vertus de la joie conséquente [chapitre] voir Bienfaits de la joie conséquente.

Oeuvres et vertus du Maître du Dharma [chapitre] voir Bienfaits du Maître du Dharma

oeshiki (shuso ontai-e) céremonie commémorant la mort de Nichiren le 13 octobre 1282.
Voir http://www.gotokyo.org/fr/kanko/ota/event/honmonji.html

offense au Dharma ou opposition à la Loi (hobo, 誹謗, ou hibo shoho, 誹謗正法). Pensée, parole ou acte qui dénigre l'enseignement correct du Bouddha. Voir dénigrer le Dharma et les 14 hobo. Ce qu'en dit Nichiren

offrandes (fuse, 布, ou kuyo, 供, dana ou puja). Elément constitutif de la pratique bouddhique. L'offrande a un sens beaucoup plus large qu'en occident. A l'origine c'est un don non seulement matériel mais également spirituel. On offre des objets, bien sûr : objets d'art, fleurs, encens ; on peut offrir une prière ou un chant mais surtout un peu de son temps, en d'autres termes un peu de sa vie. Dans ce sens le terme est proche de kimyo, se consacrer . Dès lors il est important de bien choisir à qui on fait des offrandes. Au sens propre seuls les Ainsi-venus sont dignes d'offrande. Mais en Inde, on honorait par des offrandes également les sages et les saints, puis tous ceux qui se consacraient à la vie spirituelle. Pour les moines il était prévu quatre sortes d'offrandes : la nourriture et la boisson ; les vêtements ; la literie ; les médicaments. Encore de nos jours l'offrande de nourriture aux moines-bhiksus est considérée comme un honneur et une chance qui attire la bénédiction sur celui qui la fait. On ne s'étonnera donc pas que les bhiksus ne remercient pas les donateurs. Ce qu'en dit Nichiren

o-fuda 御札 ou お札 est un gofu 護符, ou talisman hérité de Chine. C'est généralement une tablette et papier ou un parchemin sur lequel sont inscrites des formules de protection. On y retrouve l'influence du taoïsme qui organise ses dieux à la manière d'une chancellerie. Les fuda étaient à l'origine des lettres officielles confiées à des magistrats. "Fu" désigne un sceau en deux parties (comme les rotours romains), attestant la validité d'un contrat. Le pratiquant passe une sorte de marché avec la divinité, lui offrant quelque bien matériel ou un acte, en échange de sa bienveillance. La divinité garde la deuxième partie du contrat dans les cieux. Le "sceau impérial" vermillon marque du mandat céleste certaines formules de chancellerie inscrites sur les ofuda, leur conférant le pouvoir efficace. Il existe une forme « portable » du o-fuda nommée o-mamori (お守り?), qui est enveloppée dans un petit sac de tissu décoré. Ce type de talisman provient du bouddhisme mais a été adopté par le shintoïsme. Alors qu'un o-fuda classique est destiné à toute la famille, un o-mamori est censé apporter une protection personnelle.

ogo algue comestible (Gracilaria ? ) vert sombre et longue, comme des cheveux en broussaille. Ce qu'en dit Nichiren.

ogres vour rakshasa

ogresses voir rakshasi

Ohashi no Taro N'étant cité dans aucun document officiel ni dans aucune archive historique de la période Kamakura, il subsiste un doute quant à sa réalité historique. Selon une tradition de la période d'Edo (1600-1867) il s'agirait de Taira no Michisada, un général qui vécut vers la fin de la période de Heian (794-1185). Michisada serait le fils de Taira no Sadayoshi, gouverneur d'Higo, dans la province de Kyushu, et proche associé du Premier ministre Taira no Kiyomori. Cependant, après la ruine du clan Taira, sa famille perdit peu à peu son pouvoir dans la région de Kyushu. La tradition rapporte que, en 1186, Michisada encourut la colère de Minamoto no Yoritomo (1147-1199), fondateur du shogunat de Kamakura, et fut emprisonné ; il fut néanmoins sauvé par la forte foi de son fils dans le Sutra du Lotus. Lire le gosho de Nichiren.

Oishi ga hara. Autre prononciation du Taisekiji

Oishi no Komaru. (Oishi no Yamamaru et appelé le plus souvent Ayaishi no Omaro). Criminel japonais du Ve siècle. D'après le Nihon shoki (Chroniques du Japon), c'était un bandit de grands chemins qui attaquait les voyageurs, et un naufrageur qui coulait les navires marchands. Il finit néanmoins par être tué par les soldats de l'empereur. Ce qu'en dit Nichiren.

Oji 応身 Bodhisattva mentionné dans le Sutra Daihoshaku et quelques autres. Dans le Maka Shikan Bugyoden Guketsu, Zhanlan écrit que le bodhisattva Oji échoua dans sa tentative de mesurer le corps du Bouddha. Ce qu'en dit Nichiren.

Ojin Tenno.応神天皇 (210<270-310) Quinzième empereur, fils de Chuai et de l'imératrice Jingu. Il fut vénéré sous le nom de Hachiman dans les temples shinto en tant que kami de la guerre. Ce qu'en dit Nichiren.

Ojo Raisan, 往生礼讃 (Eloge de la renaissance dans la Terre pure). Ouvrage de Shandao décrivant la pratique nécessaire pour renaître dans la Terre pure du bouddha Amida. Shandao y formule une méthode qui consiste à réciter six fois par jour des vers de louange de Nagarjuna et Vasubandhu en l'honneur du bouddha Amida.

Ojo Ron voir Jodo Ron

Ojo yoshu, 往生要集 (L'Essentiel pour renaître dans la Terre pure). Ouvrage de Genshin compilant en un livre des passages de plus de 160 sutras et traités sur le thème de la renaissance dans la Terre du bouddha Amida. Dans cet ouvrage, Genshin veut inspirer la crainte des souffrances provoquées par la transmigration dans les six voies et le désir de connaître la béatitude de la Terre pure, en soulignant que le Nembutsu est la pratique qui permet d'y renaître. Ce livre devint très populaire et contribua au développement de la doctrine de la Terre pure au Japon. Ce qu'en dit Nichiren.

Okitsu Village situé sur la rive de la baie de Suruga. Lors de son séjour, de 1264 à 1267, à Awa, sa province natale, Nichiren avait converti la totalité du clan de Sakuma Hyogo, le seigneur d'Okitsu et suzerain de Hoshina Goro Taro. Ainsi un nouveau groupement religieux commença à prendre forme. Les "gens d'Okitsu" dont Nichiren parle dans le gosho La protection de Bonten et de Taishaku désignent peut-être Joren-bo, un disciple qui a vécu là, ainsi que le nyudo Takahashi qui lui était très proche. Ce qu'en dit Nichiren.

oko voir cérémonies et services rituels du bouddhisme

Oko-kikigaki, 御講聞書 ou Notes de Niko. Recueil de notes prises par Niko lors des cours sur le Sutra du Lotus que Nichiren donna au Mont Minobu entre 1278 et 180.

Okuninushi no mikoto (Okuninushi no kami, Onamuchi no mikoto, Ookuninushi, Oyamagui no kami). Déité shintoïste, fils ou beau-fils de Susanoo. Il fut persécuté par ses frères mais finalement il obtint le trône en épousant la princesse Suseri. D'après certaines traditions un des créateur du monde. Durant le Moyen âge, Okuninushi fut confondu avec Daikokuten, un des 7 dieux de la fortune (shichi fukujin). D'autres traditions en font le Rois de la Montagne et sous le nom de Sanno gongen il fut considéré comme la divinité titulaire du temple Enryaku-ji sur le Mont Hiei. Gongen, "avatar", indique l'origine shinto d'une divinité. Ce qu'en dit Nichiren.

Om (on). Syllabe mystique exprimant la dévotion, prononcée au début d'une prière, d'une récitation ou d'un chant védique. On considérait qu'elle consistait en une combinaison des trois sons : a, u et m, qui correspondent au début, à la continuité et à la fin. Ces trois sons furent identifiés aux divinités de la trinité brahmanique "A" est Brahma, l'état de veille, l'origine de la création, le monde terrestre. "U" représente Vishnu, la tendance cohésive, le monde intermédiaire ; c'est l'état de rêve puisque c'est dans son sommeil que Vishnu prépare le prochain cycle de vie. "M" est Shiva la force centrifuge, celle qui détruit tout. "M" est l'état de sommeil profond, le monde céleste. Plus tard, le bouddhisme ésotérique utilisa cette syllabe comme dharani. Le Sutra Shugo (Sutra de protection), l'un des sutras ésotériques, identifie ces trois lettres respectivement au corps du Dharma, au corps de la rétribution et au corps manifesté, qui, à eux trois, constituent les trois corps

Omosu Danjo, 重須談所, aujourd'hui Kitayama Honmon-ji (à distinguer de Nishiyama Honmon-ji). Premier séminaire des moines de l'école Fuji que construisit Nikko près du village d'Omosu dans le district de Fuji (province de Suruga) en 1298. Confiant l'administration du Taiseki-ji à Nichimoku, il s'installa à Omosu où il donna des cours à ses disciples et supervisa leur formation. Il nomma Jakusen-bo Nitcho premier instructeur en chef. Cependant, comme Nitcho mourut à l'âge de quarante-neuf ans, Nikko se remit à enseigner lui-même. Plus tard, Nichijun, disciple de Nitcho, revint au Taiseki-ji après une période d'étude sur le Mont Hiei et, en 1317, Nikko le nomma deuxième maître du séminaire. A Omosu, l'accent était mis sur l'étude intensive de la doctrine de Nichiren. On y établissait une distinction entre les doctrines de l'école Fuji et celles des cinq moines aînés, et on y formait les disciples aux débats publics, en les préparant à la tâche de poursuivre la propagation du bouddhisme de Nichiren. De nombreux nouveaux disciples furent attirés par ce séminaire et les moines du Taiseki-ji allaient souvent d'un temple à l'autre pour recevoir l'enseignement de Nikko. (réf.)

Omuro 1. Titre d'un empereur retiré ou d'un prince entré dans la vie religieuse qui vécut au temple Ninna-ji de Kyoto. Omuro désigne la plupart du temps le second fils de l'empereur Go-Toba

Omuro 2. Branche de l'école Shingon dont le temple principal était le Ninna-ji.

On prononciation japonaise spécifique des caractères sino-japonais. Il existe trois manières différentes de prononcer les kanji selon le période chinoise, Han, Tang ou Wei.

Ongi Kuden, 御義傳 (Transmission orale sur les significations). Mise en forme effectuée par Nikko, des cours de Nichiren sur le Sutra du Lotus et qui eurent lieu au Mont Minobu, probablement entre 1275 et 1277. Cette œuvre, rédigée dans une langue proche du chinois classique, a été approuvée par Nichiren en 1278. Elle comprend un peu plus de cent pages et traite de deux cent trente deux articles qui révèlent la vision qu’avait Nichiren à propos de phrases choisies du Lotus. Ces articles portent chacun un titre et sont classés en suivant l’ordre des chapitres du Sutra. Seuls quelques extraits ont été trduits en français.

Onichi-nyo, 王日女 [dame]. Disciple de Nichiren. Peu d'information sur elle, du moins sous ce nom. D'après, la lettre que Nichiren lui envoya en 1280, il semblerait qu'elle fut apparenté à Nissho. On pense également qu'elle pourrait être Myoichi, la mère de Nissho.

Onjo-ji, 園城寺 (plus connu actuellement comme temple Mii-dera). Temple principal du Jimon, branche de l'école Tendai. Le temple, au pied du Mont Hiei date de 686 et c'est Enchin qui, en 859, en a fait un centre bouddhique important sous le nom de Mii-dera. Au 13e siècle, le temple rivalise, parfois violemment, avec l'Enryaku-ji devenu le centre du Sanmon, l'autre branche du Tendai. Déçu par son séjour au Mont Hiei, Nichiren y fait un bref séjour en 1246 mais ne trouve là que des enseignements fortement imprégnés du Shingon et qui négligent le Sutra du Lotus au profit de formules magiques. Ce qu'en dit Nichiren.

Ono (Ono-monzeki) : branche de l'école Shingon crée en 991 par Ningaï (951–1046) Son temple principal est le Daigo-ji. Ce qu'en dit Nichiren.

Ono no Komachi poétesse du milieu du IXe siècle. De nombreuses légendes romantiques courent à son sujet. Ce qu'en dit Nichiren.

opposition au Dharma voir dénigrer le Dharma et les 14 hobo

opposition [lien d'opposition] au Dharma (à la Loi, gyakuen), appelé aussi le lien du "tambour empoisonné". Lien formé avec le Sutra du Lotus en s'y opposant ou en le dénigrant. Autrement dit, même si une personne doit vivre l'enfer pour avoir dénigré le Sutra du Lotus, à cause de ce lien, même négatif, formé avec le Sutra, elle parviendra un jour ou l'autre à la bodhéité. L'expression "tambour de poison" vient du Sutra du Nirvana dans lequel on lit : "Lorsque l'on frappe sur le tambour empoisonné, tous ceux qui l'entendent meurent, qu'ils aient ou non l'intention de l'écouter." De la même manière, quand le Sutra du Lotus est enseigné, tous ceux qui l'entendent, ceux qui y adhèrent aussi bien que ceux qui s'y opposent, reçoivent la graine de la bodhéité. Ce qu'en dit Nichiren.

organes [cinq] (gozo)

origine du passé : dans le bouddhisme du Lotus équivalent d'éternité voir kuon ganjo

origine interdépendante (pratitya-samutpada) ou relation causale interdépendante ou émergence simultanée ou co-production conditionnée. Le terme retenu en français est également parfois "Production par conditions". Doctrine bouddhique fondamentale de l'interdépendance de toute chose. Elle enseigne que tous les êtres et phénomènes n'existent ou n'apparaissent qu'en fonction de leur relation avec d'autres êtres et phénomènes. Par conséquent, rien ne peut exister dans l'indépendance absolue des autres choses ou apparaître de sa propre volonté. La doctrine des douze liens causaux en est un exemple connu. Ce que dit Nichiren de la production conditionnée.

originel - La traduction de "hon" par "origine" peut prêter à des malentendus. Dans le bouddhisme du Lotus, "originel" se rapporte à ce qui est en dehors des notions d'espace et de temps. Le mot "originel" (plus que son correspondant anglais) est trop lié à l'idée d'une création du monde que récuse le bouddhisme. Le terme "hon" désigne également la source. Il serait plus judicieux de parler non d'origine mais d'une source sans commencement et inépuisable. Pour les différents emplois de "hon" dans les goshos voir Ce qu'en dit Nichiren

Ornementation fleurie voir Kegon

Ornement de Lumière [royaume] (Komyoshogon).

Osada Tadamune. Samouraï de la province d'Owari, au centre du Japon. En 1159, Minamoto no Yoshitomo, père de Yoritomo, se battit contre l'armée des Taira et fut vaincu. En fuite, il se cacha dans la maison d'Osada Tadamune. Sur l'ordre des Taira, Osada conduisit Yoshitomo jusqu'au bain et là, le tua. Plus tard, lorsque Yoritomo leva une armée, Tadamune et son fils, Kagemune, se rangèrent à ses côtés, mais ils furent tués sur ordre de Yoritomo après la chute des Taira. Ce qu'en dit Nichiren.

oshin (corps de manifestation, nirmanakaya)

Ota Chikamasa. Samouraï qui vécut à Kajima, dans la province de Suruga. Bien que disciple de Nichiren, il abandonna sa croyance et se retourna contre les disciples de Nichiren pendant la persécution d'Atsuhara. Le gosho Gonanji (Sur les persécutions subies par le Bouddha) dit qu'il tomba de cheval et mourut. Ce qu'en dit Nichiren.

Ota Jomyo 大田乗明, ou Ota Kingo ou Ota Goro Saemon-no-jo Jomyo (1222-1283). Disciple laïc de Nichiren qui vécut à Nakayama dans la province de Shimosa. Il fut fonctionnaire du monchujo (institution judiciaire) et fut converti vers 1260 à la doctrine de Nichiren par Toki Jonin. Avec ce dernier et Soya Kyoshin, ils furent les piliers parmi les croyants de Shimosa. En 1275, il fit en sorte que son second fils entrât dans la vie religieuse. Ce fils prit le nom bouddhique de Nîkko (écrit différemment de celui du second patriarche). Vers 1278, Ota Jomyo devint lui-même nyudo et reçut le nom de Myonichi ou Soleil mystique. Le lieu où il vécut devint le temple Hommyo-ji. Nichiren lui confia plusieurs écrits importants, dont le Sandai Hiho Sho (Sur les Trois grands Dharma cachés) et le Tenju Kyoju Homon (Allègement de la rétribution karmique). D'après le contenu d'une lettre qui lui fut envoyée par Nichiren, il apparaît qu'ils étaient tous deux du même âge.

Oto Gozen. Fille de Nichimyo, disciple de Nichiren à Kamakura. Bien qu'enfant, elle alla rendre visite à Nichiren lors de son exil dans l'île de Sado avec sa mère Nichimyo.

Ouïghours : Peuple turc d'Asie centrale, qui prospéra du VIII s. au milieu du IX s

ouverture des yeux (kaigen-kuyo, 開眼供養) ou consécration (kai gen). Cérémonie bouddhique destinée à sacraliser une représentation du bouddha. Le contact avec des objets et des rites hautement chargés de spiritualité confère à l'image une valeur symbolique qui doit ensuite être développée par le pratiquant. Par ce rituel l'oeuvre cesse d'être un objet créé par un artiste et est offerte à la communauté des pratiquants, les images peintes ou sculptées étant déclarées "sacrées". Alors que la magie cherche à accéder à un pouvoir sur le monde du divin, la consécration a pour but d'établir un lien entre le pratiquant et les Trois Trésors. Les différences d'interprétation de ces Trois Trésors expliquent les différences entre les consécrations dans les écoles nichireniennes. Le rituel comprend toutefois, pour toutes les tendances, le contact physique avec un objet lui-même consacré et doit être effectué par une personne elle-même consacrée. A partir du moment où une image est déclarée "consacrée" toute dégradation ou  la destruction volontaire de cette image par une personne non consacrée relève de l'offense au Dharma au même titre que la profanation de l'hostie dans le christianisme. Rappelons qu'en Chine, seul l'empereur était autorisé à peindre (ouvrir les yeux) des dragons, affirmant par là son origine céleste.

ouvrir le proche et révéler le lointain (kaigon-kennon, 開近顕遠) ou "clore le proche et révéler le lointain" (ryaku gon-kenon, gon kenon). Rejeter l'idée selon laquelle Shakyamuni aurait atteint la bodhéité pour la première fois en Inde, et affirmer que sa bodhéité remonte à un passé sans commencement (gohyaku-jintengo). Zhiyi définit les quatorze premiers chapites comme "remplacement des trois véhicules par un seul" (kaisan kenitsu) et les quatorze derniers chapitres comme "ouverture du proche et révélation du lointain". Cette révélation commence par l'apparition des bodhisattvas Surgis-de-Terre au chapitre XV. Devant l'étonnement des autres bodhisattvas, Shakyamuni affirme : "ces grands bodhisattvas, depuis d'innombrables kalpas, s'exercent à la sagesse de bouddha ; ils furent tous tant qu'ils sont convertis par moi. N'ayant pas pu les former dans son existence historique cela implique (ryakukai) sa nature de Bouddha Atemporel. C'est ce qu'on appelle "ouverture du proche et révélation du lointain sous forme concise." Shakyamuni explicite (kokai) cette notion dans le chapitre suivant sur la Durée de la vie. Ce qu'en dit Nichiren

ouvrir le provisoire et révéler le définitif (kaigon-kenjitsu, 開権顕実). Abandonner les enseignements provisoires et révéler l'enseignement définitif du Sutra du Lotus. "Dépasser les enseignements provisoires" signifie les incorporer à l'enseignement du Véhicule unique de la bodhéité. Cette expression apparaît dans le chapitre Hosshi* (X) du Sutra du Lotus. Affirmation selon laquelle les enseignements du Bouddha prodigués avant le Sutra du Lotus étaient des moyens appopriés* pour préparer les disciples à entendre l'enseignement véritable. Le chapitre Hosshi* (X) dit : "l'Éveil complet sans supérieur de l'ensemble des bodhisattvas relève toujours de ce Sutra, qui ouvre la porte des moyens appopriés* pour y montrer l'aspect de la pure ainsité (jisso shinnyo). Ce rejet du provisoire concerne en particulier l'idée que les personnes des deux véhicules (nijo) ne pouvaient pas atteindre la bodhéité. Les dix mondes-états qui avant le Lotus étaient considérés comme séparés, sont présentés comme interdépendants. L'enseignement parfait, qui met en avant le concept de l'atteinte de la bodhéité en tant que simple mortel, apparaît à la fois dans les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus et dans le Sutra du Lotus. Cependant, les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus introduisent ce concept sans indiquer le principe requis pour son accomplissement, tandis que le Sutra du Lotus non seulement énonce ce principe mais offre aussi des exemples de personnes parvenant à la bodhéité grâce à sa pratique. Ce qu'en dit Nichiren.

ouvrir les trois et révéler l’unique (kaisan ken ichi, 開三顕一) voir véhicule unique

ouvrir, révéler, inciter, faire accéder (kai, ji, go, nyu) voir grande et unique raison

Oyama Fils aîné de l'empereur Ojin (fin du IVe et début du Ve siècle). Furieux que son frère cadet ait été couronné prince, une fois l'empereur mort, il complota de l'assassiner pour s'emparer du trône. Mais le complot fut découvert et Oyama lui-même assassiné.

 
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