DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanscrit, pali

I

A.B.C.D.E.F.G.H.I .J.K.L.M.N.O.P.Q.R.S.T.U.V.W.X.Y.Z

 

icchantika (personnes d'une croyance incorrigible, issendai, 一闡提). A l'origine, signifie hédoniste, personne qui ne s'attache qu'à la recherche des valeurs séculières ou de son plaisir. Dans le bouddhisme, le terme en vint à désigner celui qui n'a aucune croyance dans les principes bouddhiques, n'a aucune aspiration à l'Eveil et, par conséquent, aucune chance d'atteindre l'état de bouddha. Certains sutras affirment que les icchantika sont par nature et à tout jamais incapables d'atteindre l'Eveil. Le Sutra du Lotus corrige cette vision et le Sutra du Nirvana affirme clairement que même les icchantika ont en eux l'état de bouddha. Ce qu'en dit Nichiren

ichidai sanzenkai (trichiliocosme)

Ichijo Yoketsu, 一乗要決, (Essence de l'enseignement du Véhicule unique). Traité écrit vers 1006 par Genshin. Ce texte, basé sur la doctrine Tendai, met l'accent sur l'enseignement du Véhicule unique du Sutra du Lotus et affirme que tous les êtres possèdent la nature de bouddha. Il attaque la doctrine des cinq natures de l'école Hosso affirmant que les êtres conscients sont divisés en cinq groupes selon leurs capacités innées et que certains d'entre eux ne pourront jamais atteindre la bodhéité. Ce qu'en dit Nichiren.

Ichikawa ville près de Tokyo où se trouve le temple Nakayama Hokekyo-ji. Plusieurs goshos de Nichiren y sont conservés.

ichinen, 一念, yinian (instant-pensée, moment de vie). Littéralement "ce qui est présent en 1'esprit". Désigne la durée extrêmement brève qui serait l'unité temporelle minimale constituant notre vie ; c'est 1'esprit en son instantanéité toujours renouvelé. A chaque moment de vie la réalité ultime se manifeste chez les êtres mortels et ils peuvent avoir prise sur ce présent. La notion d'ichinen s'est forgée à partir d'une conception de l'univers où tous les phénomènes n'étaient que des suites de kshana.

ichinen sanzen 一念三千, yinian sanqian (un instant de vie - trois mille conditions ou trois mille mondes en un instant de vie ou une pensée englobe trois mille conditions possibles de vie). C'est l'un des principes centraux de 1'école  Tian-tai qui enseigne que tous les phénomènes (définis par les dix mondes-états, les dix modalités et les trois principes de différenciation) sont inhérents à tout moment de vie d'un être. En d'autres termes, ce principe, en jeu dans toute forme de vie, explicite les trois mille conditions par lesquelles une vie se manifeste en tant que phénomène. Par cette théorie, Zhiyi démontra que tous les phénomènes, c'est-à-dire le corps et l'esprit, le soi et l'environnement, l'animé et l'inanimé, la cause et l'effet, font partie intégrante d'un seul instant de vie d'une personne ordinaire. Les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus soutiennent généralement que l'esprit est à la base de tous les phénomènes et que tous les phénomènes naissent de l'esprit ; alors que le principe d' ichinen sanzen, qui découle du Sutra du Lotus, enseigne que l'esprit et tous les phénomènes sont funi "deux mais non deux", et qu'un phénomène ne peut exister sans les autres. Les trois mille conditions de l'univers sont incluses dans un moment de vie et, simultanément, un moment de vie pénètre ces trois mille conditions.
Nichiren a repris l’intégralité de concept d'ichinen sanzen formulé par Zhiyi qu'il a appelé ri no ichinen sanzen (principe d'un moment de vie - trois mille conditions). Il a également développé un mode de pratique spirituelle qui permet, à travers 1'expérience, d'utiliser ce principe pour parvenir à l'Eveil. C'est ji no ichinen sanzen (pratique d'un moment de vie - trois mille conditions). Le premier, ichinen sanzen théorique, est la vie du simple mortel dans les neuf mondes-états, vie dans laquelle l'état de bouddha reste latent. L'ichinen sanzen concret est la vie du Bouddha, dans laquelle l'état de bouddha est totalement actif et manifeste. La cause qui permit à Shakyamuni d'atteindre l'Eveil dans le passé illimité est une ainsité (réalité ultime), sans commencement ni fin. Nichiren concrétise cette ainsité par Namu Myoho Renge Kyo. Réciter le titre du Sutra du Lotus permet de s'imprégner de toutes les implications de ce Sutra (l'ainsité du Bouddha) et par là développer l'état de bouddha latent en chacun. Voir les Trois grands Dharmas cachés. En savoir plus. Ce qu'en dit Nichiren.

Ichinosawa nyudo 一谷の入道 ( ? -1278). Moine laïc (nyudo) de l'école Nembutsu, habitant d'Ichinosawa sur l'île de Sado. En avril 1272, Nichiren, alors en exil dans cette île, fut emmené de sa lugubre demeure de Tsukahara à la maison d'Ichinosawa où il résida pendant près de deux ans, jusqu'à ce que son pardon lui soit notifié en mars 1274. Ichinosawa nyudo, bien que croyant du Nembutsu et peu désireux de se convertir, semble avoir été impressionné par Nichiren et l'avoir protégé. Ce qu'en dit Nichiren

Ichino Tani [bataille] (14 Février 1184). Grande bataille de la guerre de Gempei qui opposa les Taïra et les Minamoto pour le contrôle du Japon après la disparition de Taïra Kyomori, quelques années auparavant. Cette bataille sera l'occasion de démontrer le génie militaire de Minamoto no Yoshitsune, qui remporta la victoire malgré une armée bien moins nombreuse, et moins bien préparée.

identifier [s'] (soku) voir les passions s'identifient à l'Eveil

identité de la Personne et du Dharma (nimpo ikka, 人法一箇). Principe du bouddhisme de Nichiren affirmant que le Dharma ultime de Namu Myoho Renge Kyo et la Personne, ou le Bouddha fondamental, sont un. Cf. le gosho La Personne et le Dharma.

identités (roku soku) voir six identités

ignorance(guchi ou chi ou mumyo, 愚癡・癡・無明, moha). Illusion ou erreur. C'est tenir pour vrai ce qui est faux et l'illusion pour la réalité. Moha, la stupidite, est une manifestation de l'avidya l'obscurité fondamentale, un des trois poisons qui empêchent de voir la vraie nature des choses (jisso) et provoquent la souffrance. Ce qu'en dit Nichiren.

ignorance originelle voir obscurité

Igyo [chapitre]. (Chapitre sur la pratique facile). Neuvième chapitre du Jijubibasha Ron de Nagarjuna. On s'en servit plus tard comme d'un texte indépendant. La "pratique facile" consiste en l'invocation du nom des bouddhas et bodhisattvas. Ce chapitre met l'accent sur le salut dû au pouvoir du bouddha Amida dont la récitation du nom permet de renaître dans la Terre pure. Bien que Nagarjuna considère cette pratique comme destinée aux personnes de capacités inférieures, ce chapitre en vint à être vénéré par les maîtres de la Terre pure comme l'un de leurs textes les plus importants. En se basant sur ce texte, ils classifièrent les enseignements bouddhiques en "enseignements de la Voie sacrée" et "enseignements de la Terre pure" ; ils définirent les premiers comme la voie difficile à pratiquer et les seconds comme la voie facile à pratiquer.

ihai 位牌. Stèle funéraire. Tablette des morts bouddhistes (hotoke) sur laquelle est inscrit les noms de l'ancêtre et que l'on place sur l'autel bouddhique (butsudan) à côte du honzon qui y enfermé.

Ikegami. Ville dans la banlieue actuelle de Tokyo où se trouve le Honmon-ji d'Ikegami 池上本門寺. C'est là que mourut Nichiren.

Ikegami [frères]. Deux disciples de Nichiren, Munenaka, 池上宗仲, l'aîné, de son vrai nom Uemon no Tayu Munenaka (mort en 1293), et Munenaga, 池上宗長 (Hyoe no Sakan Munenaga, mort en 1283 ? ). On les appelle "frères Ikegami" d'après leur lieu de résidence. On pense qu'ils auraient adhéré au bouddhisme de Nichiren vers 1256. Leur père, Ikegami Saemon-no-tayu Yasumitsu, était chargé des constructions et travaux du gouvernement de Kamakura et un partisan convaincu de Ryokan, du temple Gokuraku-ji. Il s'opposa à la croyance de ses fils pendant plus de vingt ans. Lorsque Munenaka, l'aîné, refusa de renoncer à sa croyance, il fut déshérité par son père par deux fois, en 1275 et en 1277, probablement à l'instigation de Ryokan. La première fois, Nichiren envoya aux deux frères le Kyodai Sho (Lettre aux frères), les encourageant à persister dans leur foi en unissant leurs efforts. Vers 1276, Munenaka fut pardonné mais l'année suivante, en 1277, il fut déshérité à nouveau. Munenaka fit courageusement face à ces difficultés, mais le plus jeune frère fut ébranlé dans ses convictions pendant un certain temps. Dans cette période d'épreuves, Nichiren envoya aux deux frères et à leurs épouses des lettres pour les guider et les encourager. En 1278, ils parvinrent finalement à convertir leur père aux enseignements de Nichiren. C'est chez eux que mourut Nichiren. Voir la biographie des Frères Ikegami par Kanji Tamura.

Iki voir Tsushima

Ikko shu 一向. Nom donné ultérieurement à l'école Jodo Shin ou école de la Véritable Terre pure. Ikko signifie "une direction unique" ou "une seule préoccupation", reflétant ainsi la croyance de cette école que la seule invocation du nom d'Amida et la croyance sincère en ce bouddha amènent à la bodhéité.

illumination (satori, 悟). Compréhension soudaine d'une vérité spirituelle. Le terme est principalement employé dans le Zen. Le bouddhisme du Lotus lui préfère le terme de jobutsu, 成仏, atteinte de la bodhéité ou Eveil.

illusions (sanwaku)

imitsu (mystère du mental)

immoral ou non-vertueux (za, akusala). Le bouddhisme lotusien relève plus de l'éthique que de la morale. En dehors de l'observance des 5 préceptes de base (ne pas tuer, ne pas voler, s'abstenir d'inconduite sexuelle, ne pas mentir, ne pas s'intoxiquer), la seule mise en garde concerne l'offense au Sutra du Lotus qui s'applique peu aux occidentaux qui ne connaissent même pas ce Sutra. Le chapitre XII du Sutra du Lotus prédit que même Devadatta, qui représente le mal, deviendra bouddha. Ce qui est recommandé c'est de développer les vertus bouddhiques, les paramitas et ne pas se focaliser sur ses propres manquements.

immuable (fudoji, 不動地, acala). Qualité de l’esprit recueilli dans la contemplation. Le concept apparaît notamment chez les fondateurs du courant méditatif Tian-tai. Également, huitième parmi les dix étapes de développement (juji) où elle désigne un état d’esprit recueilli et invariant, absorbé dans la compréhension de la voie du milieu. Cette disposition précède l’émergence d’une énergie mentale importante et d’un redéploiement de la sagesse.

Immuable voir Fudo

impermanence (mujoge, anitya, anicca). Loi universelle qui s'applique à tous les phénomènes de l'univers. Tous les phénomènes qui sont apparus vont disparaître. La durée des phénomènes dépend des causes qui les font naître. Quand les causes disparaissent, les phénomènes disparaissent. L'appréciation de la durée est totalement subjective : toujours trop longue pour les phénomènes désagréables et trop courte pour ce qui est agréable. L’apparition et la disparition dans de nombreux cas sont difficiles à saisir. La rapidité de leur succession donne l’impression d’une parfaite continuité du corps et de l’esprit. Mais en fait cela pourrait être comparé à une mélodie qui est une succession de notes. La mélodie n'a pas d'existence en soi ; on dit qu'elle est non-substantielle. Elle a une réalité éphémère grâce au rapprochement momentané d'un certain nombre de notes. Mais on ne peut pas dire non plus que la mélodie n'existe pas, puisqu'elle a un effet sur nos sens. Ainsi le concept d'impermanence introduit la philosophie de la triple évidence (santai) : vacuité, temporalité, médianeté. En savoir plus. Ce qu'en dit Nichiren.

implicite (ryakukai) : s'applique aux enseignements du Bouddha qui sous-entendent des conséquences qui ne sont pas développées. Ainsi lorsque le Bouddha dit que tous les êtres peuvent parvenir à la bodhéité cela implique que même les auditeurs-shravakas et les pratyekabuddhas en ont la capacité. Ce procédé fait pendant à l'enseignement explicite (kokai) où le Bouddha affirme le même principe par des exemples concrets. L'analyse en implicite/explicite était très prisée des érudits bouddhistes et les différentes interprétations de l'implicite ont donné lieu à de fort nombreuses écoles. Ce qu'en dit Nichiren.

Inaba-bo, 因幡房 ou Inaba-bo Nichiei. A l'origine, croyant du Nembutsu du village de Shimoyama, dans la province de Kai, qui fut converti par Nikko et devint le disciple de Nichiren. Il tenta de convertir son père (son seigneur, selon d'autres textes), Shimoyama Mitsumoto, qui était l'intendant de Shimoyama, mais suscita chez lui une opposition violente. Dans ces circonstances, Nichiren lui adressa le Shimoyama Goshosoku (Lettre à Shomoyama), l'un de ses dix écrits principaux. Après la mort de Nichiren, Inaba-bo se rangea du côté de Mimbu Niko.

Iname no Sukune voir Soga no Iname

Inamura. Village de bord de la mer près de Atami, Shizuoka.

inclusion mutuelle des dix mondes-états (ou implication réciproque ou possession mutuelle, jikkai gogu, 十界互具). Principe de 1'école Tian-tai, selon lequel chacun des dix mondes-états manifeste, de façon plus ou moins apparente, la présence des neufs autres mondes-états. Ce concept est 1'un des trois facteurs dont la combinaison produit le nombre trois mille, dans le principe d'ichinen sanzen (un moment de vie - trois mille conditions). Le principe de l'inclusion mutuelle met en évidence qu'aucun état de vie n'est fixe mais contient à l'état latent non seulement les neuf états (depuis l'enfer jusqu'à l'état de bodhisattva) mais également l'état de bouddha. Tous les mortels des neuf états ont la possibilité d'atteindre l'état de bouddha (kukai soku bukkai) et un bouddha possède encore les neuf états inférieurs et n'a pas une nature distincte de celle d'un simple mortel (bukkai soku kukai). Ce qu'en dit Nichiren.

inconditionné (mui ho, 無為, asamskrita) Ce qui n’est pas créé ; l’éternel, l’immuable, le pur. Ce qui est créé ou produit par des causes est impermanent, donc relié à la souffrance. Les facteurs inconditionnés font référence aux idéaux du bouddhisme : bodhéité, nirvana, Dharma atemporel. Au sens propre c'est le contraire de tout ce qui subit la loi de causalité, le conditionné, tous les phénomènes. Cependant certaines écoles emploient ce terme pour désigner un mode de vie détaché, "sans restrictions". Le Sarvastivada distingue trois catégories d'inconditionné : l'espace, la cessation de désirs terrestres et l'arrêt d'apparition des phénomènes par épuisement de leur cause. Ce qu'en dit Nichiren.

inconjecturable voir quatre inconjecturables

Inde - sur les traces de Shakyamuni

Indra (Indara, 因陀羅 ou Shakudaikannin, Shi tihuanyin), connu également comme Shakra Devanam Indra ou Shakra, Le Seigneur). Dans la mythologie indienne, roi des dieux. Il possède l'usage du tonnerre, de l'éclair, du vent et de la pluie. Il séjourne au centre du Mont Sumeru. Incorporé par le bouddhisme comme divinité tutélaire il devient Taishaku (Dishi). Ce qu'en dit Nichiren

Indra [filet d'] (Indara-mo ou Tai-mo, 因陀羅網・帝, Indra-jala). Sur un mur du palais d'Indra est accroché un filet dont chaque maille est pourvue d'un joyau réfléchissant. Chaque joyau reflétant tous les autres, l'image est utilisée pour rendre l'idée d'implication réciproque (jikkai gogu).

Indradhvadja ou Indradhvaja (Aspect-Impérial, Taiso, Dixiang, Imperial Character buddha). Dans le chapitre VII du Sutra du Lotus il est, avec Brahmadhvadja, l'un des deux bouddhas du Sud-Ouest.

indriya (kon, 根). Faculté perceptive, organe de sens ; voir racines

infections ou flux empoisonné, écoulements, souillures, fermentations (ro, asrava, asava, effluents, defilements). Attraction de l'âme par les objets du monde. Le sanskrit asruta signifie couler de, s'écouler. C'est le flux continuel d'illusions et de désirs qui proviennent des six racines (cinq sens + le mental). Souvent pris comme synonyme de klesha (désirs terrestres, bonno) il en souligne l'aspect négatif. Ce terme est souvent associé à la sagesse qui peut être "infectée" par des pensées douloureuses nées des passions et à laquelle on oppose la sagesse pure, sans écoulement (anasrava) premier degré des dix étapes de sécurité auquel le bodhisattva parvient par le samadhi* de la Fleur du Dharma (hokke sanmai). L'école Tian-Tai considère comme asravas l'ignorance (obscurité fondamentale) les désirs des sens (recherche de gratification), la soif d'existence (exacerbation du moi) et l'attachement à ses propres conceptions. Le Canon pali les classe en quatre catégories : 1) kamasava, désir dévorant et attachement immodéré aux objets des cinq sens 2) bhavasava ou infection existentielle : recherche dévorante d'une meilleure existance avec la croyance qu'elle peut être permanente et stable. 3) avijjasava : incompréhension des Quatre nobles vérités 4) ditthasava, les vues erronées. Une autre liste n'en donne que trois: lobha, attachement ; ditthi vues erronnées ; moha, obscurité fondamentale. Voir la liste des seize "souillures" du Canon pali. Ce qu'en dit Nichiren

inga voir causalité

insei : Système de gouvernement par des empereurs s'étant retirés dans un monastère (in) afin de contrebalancer l'influence des régents Fujiwara et celle de classe des guerriers. L'insei disparut en tant que pouvoir politique en 1192 avec l'établissement du bakufu. Cependant, des empereurs continuèrent à se retirer et prendre le titre de joko, mais le pouvoir résidait cependant dans les mains du shogunat.

instant-pensée voir ichinen

intendant domanial voir jito

interdépendance des phénomènes (engi ou innen, 縁起・因縁, pratitya-samutpada, pati-ccha-samuppada). Dépendance causale (ou conditionnée) de tout ce qui est. Doctrine bouddhique selon laquelle aucun être ou phénomène n'existe tout seul ; les phénomènes existent ou se produisent en raison de leur rapport avec d'autres êtres et phénomènes. Tout ce qui est dans le monde n'a d'existence qu'en réponse aux causes et aux conditions. Voir la doctrine douze liens.

internes et externes (naigeten). Interne signifie ce qui relève de l'enseignement bouddhique et externe les autres sources.

intrépidité (mui, 無畏, vaisharadya). Qualité de bouddhas et de bodhisattvas qui sont plein de courage quels que soient les obstacles, les difficultés ou les souffrance. Il leur faut également de l'intrépidité dans leur prédication tant ils sont mal compris et même haïs. Voir les quatre sortes de courage.

inventaire de Kaiyuan (Kaigen no roku). Index exhaustif des textes bouddhiques en chinois (20 volumes) traduits par 176 traducteurs entre la 10e année de Hyoping (67) et la 18e année de l'ère Kaiyuan (730). Cet ouvrage, couvrant le règne de 19 empereurs, classe les textes dans l’ordre chronologique en commençant chaque époque par une explication du moment, du nombre de traducteurs et du nombre d’ouvrages traduits. La compilation est attribuée à Zhisheng.

inventaire de Zhenyuan (Jogen no roku). Recueil en 30 volumes des titres des sutras et des traités, précisant le nombre de fascicules, s’ils subsistent ou non, le nom et une courte biographie des traducteurs et des écrivains, l’existence ou non d’autres traductions, sur une période de huit cents ans allant de la 67e année de l’ère Hyoping (67) à la 16e année de l’ère Zhenyuan (800). 2417 ouvrages en 7388 volumes sont ainsi présentés. Cet inventaire, qui prit modèle sur l’inventaire de Kaiyuan cite 269 ouvrages de plus que son modèle. Nichiren s'y réfère pour contester la validité de certains sutras.

inversions voir quatre inversions

Ionno, 威音王仏 (Roi du son impressionnant, Weinyin wang, Bhishmagarjitasvararaja, Majestic Voice King). Bouddha décrit dans le chapitre Fukyo du Sutra du Lotus. Selon ce chapitre, dans un passé lointain, deux milliards de bouddhas apparurent l'un après l'autre, portant tous le même nom, Ionno. Le bodhisattva Fukyo apparut après la mort du premier bouddha Ionno et exprima sa révérence à l'égard de tous les êtres parce qu'ils possèdent de manière inhérente la nature de bouddha.

Ippen 一遍 ou Chishin ou Ensho-daishi (titre posthume), (1239-1289). Fondateur de l'école Ji du Nembutsu. Il étudia sous la direction de Shotatsu, moine de la branche Seizan de l'école Jodo (Terre pure). Il retourna à la vie séculière et se maria quand son père mourut en 1263, mais revint par la suite à la vie monacale. En été 1274, il se rendit au sanctuaire de Kumano où il aurait eu soudainement une révélation de nature divine et changea son nom en Ippen. La fondation de l'école date de cet évènement. En 1275, il commença à voyager à travers le pays, distribuant des cartes (fusan) sur lesquelles était écrite l'invocation du Nembutsu, en proclamant que tous ceux qui en recevaient une pourraient atteindre l'état de bouddha. Il propagea aussi la doctrine de la Terre pure parmi les gens du peuple grâce à la pratique du odori nembutsu, une invocation d'Amida faite en dansant au son d'instruments de musique dans les rues. Il fut aussi appelé Yugyo shonin, le Sage errant.

Ippen Shudai voir l'article de S. Murano

Ise [sanctuaire d'] (Ise-jingu). Complexe de plus d'une centaine de petits temples shintoïstes, dédié à la déesse Amaterasu omikami. Réputé pour avoir abrité le Miroir Sacré de l'Empereur du Japon, le sanctuaire est probablement l'un des lieux les plus sacrés du shintoïsme.

Ishikawa [monastère d'] (Ishikawa-shoja, 石川精舎). Premier temple bouddhique du Japon, construit sur le site actuel de Takaichi, dans la préfecture de Nara. Selon le Nihon Shoki (Chroniques du Japon), l'administrateur de la cour, Soga no Umako, construisit ce temple près de sa demeure à Ishikawa en 584 afin d'y faire enchâsser une statue de pierre du bodhisattva Manjushri apportée de l'état de Paekche, en Corée.

Ishikawa no Hyoe nyudo, 石河の兵衛入道. Disciple de Nichiren et intendant de Omosu, dans le district de Fuji, province de Suruga. Sa femme était la sœur aînée de Nanjo Tokimitsu. Il aurait été converti à la doctrine de Nichiren grâce à ce lien.

ishvara ou lishvara (littéralement le contrôleur du cosmos ou le contrôleur de tous les contrôleurs) : concept philosophique indien qui désigne la loi qui régit les kshana (particules "atomes de temps") dont la succession fait croire à l'existence d'un monde de matière.

Ishvara 1. Seigneur du cosmos. Divinité du panthéon hindou. Ishvara est généralement représenté sous un triple aspect :
- sous son aspect de créateur : c'est Brahma
- sous son aspect de préservateur : c'est Vishnu
- sous son aspect de destructeur : c'est Shiva
c'est-à-dire d'un dynamisme global vu sous trois angles complémentaires. Brahma, Vishnou et Shiva sont trois Dieux éternels majeurs qui existent l'un par l'autre, proviennent l'un de l'autre et se fondent l'un dans l'autre de par leur nature même. Cette trinité régit le rythme ternaire du monde : toutes choses naissent, vivent et se maintiennent un temps, puis disparaissent.
2. (Jizai, Zi zai, Freedom). Dans le Sutra du Lotus, chapitre I, c'est une déité (deva) qui règne sur le 5ème ciel du monde des désirs (contrôle de ses propres désirs).

issai gyo ku voir quatre sceaux du Dharma

Issaikyo Ongi, 一切経音義. Prononciation et signification des écrits de la dynastie des Tang, donnant la translitération chinoise et la définition des termes bouddhiques sanskrits apparaissant dans : 1) Dictionnaire bouddhique compilé par Xuanying. 458 textes bouddhiques. C'est le plus ancien des grands dictionnaires bouddhiques.
2) Dictionnaire bouddhique compilé par Huilin, et basé sur le dictionnaire de Xuanying. II définit les termes bouddhiques apparaissant dans 1 220 textes.

Issai Shujo Kiken voir Kiken

issho jobutsu voir atteinte de la bodhéité dès cette vie

isshin-sangan voir triple contemplation de l'unité

ita-mandala : ita signifie planche en bois ; ita-mandala désigne donc les gohonzon en bois des temples, pour les distinguer des parchemins que possèdent les fidèles ou les temples de moindre importance.

itai doshin, 異体同心 (un seul cœur dans différents corps). Expression souvent utilisée pour exprimer un but commun à des individus fort différents. Ce qu'en dit Nichiren

Ito Hachiro Zaemon, seigneur (jito) d'Izu qui offrit à Nichiren une statue de Shakyamuni qui avait été apportée par la mer.

Itsukushima : sanctuaire shino où sont conservés de nombreux sutras décorés (shakyo)
Voir : http://culturejaponaise.info/albums/heikenokyo/index.html

Izanagi et Izanami : dieu et déesse que la mythologie japonaise shintoiste considère comme les ancêtres du Japon et de ses divinités. Initialement la surface de la terre était couverte de boue. Quand le dieu Izanagi posa son sabre dans la boue et l'enleva les gouttes coagulèrent elles-même et formèrent l'île Onokoro. Alors, Izanagi et sa soeur Izanami s'accouplèrent et donnèrent naissance aux 8 principales îles (Oyashima). Puis Izanami enfanta plusieurs dieux. Lorsqu'elle enfanta le dieu du feu, elle mourut brûlée et devint la gardienne de l'enfer. Puis Izanagi créa Amaterasu (Tensho), Susano et Tsukuyomi

Izu-ruzai, 伊豆流罪 (exil d'Izu). Premier exil de Nichiren du 12 mai 1261 au 22 février 1263. En août 1260, un groupe de croyants du Nembutsu, furieux des critiques émises par Nichiren à l'encontre de l'école de la Terre pure dans le Rissho Ankoku Ron, attaqua sa demeure de Matsubagayatsu pour tenter de l'assassiner. Nichiren parvint de justesse à leur échapper et se réfugia dans la maison de Toki Jonin à Shimosa. Quand il réapparut à Kamakura au printemps de 1261 et recommença à propager sa doctrine, le gouvernement l'arrêta et, sans enquête, le condamna à l'exil à Ito, dans la péninsule d'Izu. Les hommes chargés de l'y conduire par bateau ne l'amenèrent apparemment pas à Ito, mais l'abandonnèrent sur la plage de Kawana où il fut trouvé par un pêcheur nommé Funamori Yasaburo. Cet homme et sa femme nourrirent et logèrent clandestinement Nichiren pendant une trentaine de jours. A l'époque, l'intendant (jito) d'Ito, Ito Hachiro Zaemon, était gravement malade. Apprenant que Nichiren avait été exilé à Ito, il l'invita à demeurer chez lui et à prier pour sa guérison. Nichiren accepta à la condition que le seigneur adhère à la pratique du Sutra du Lotus. Le seigneur Ito recouvra la santé et devint un disciple de Nichiren. Environ deux ans plus tard, Nichiren fut pardonné et revint à Kamakura. Voir la biographie de Nichiren et, pour situer le lieu, la carte du Japon. Ce qu'en dit Nichiren.

Izumi Shikibu. Poétesse de l'époque Heian, connue principalement pour son Journal. Ses oeuvres contiennent des poèmes qui sont des prières pour faire venir la pluie. Ce qu'en dit Nichiren.

 
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