L'enseignement, les capacités,
le temps et le pays

(L'enseignement, la capacité, le moment et le pays)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 4, p. 9; SG* p.48.
Gosho Zenshu p. 438 - Kyo, Ki, Ji, Koku Sho

Izu, 10 février 1262 (  ? )

Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin

Nichiren, le shramana (note) du Japon.

Considérons tout d'abord l'enseignement : on appelle ainsi tous les sutras, tous les préceptes de la vie monastique (vinaya) et tous les traités (abhidharma) exposés par le Bouddha Shakyamuni (note), constituant 5048 volumes sous forme de rouleaux contenus dans 480 coffrets. Ces sutras, après avoir été propagés en Inde pendant mille ans, arrivèrent en Chine, 1015 ans après la disparition du Bouddha. Pendant une période de 664 ans, depuis la dixième année de l'ère Yongping [67 de notre ère], signe cyclique hinoto-u sous le règne de l'empereur Mingdi, modèle de piété filiale, de la dynastie des Han postérieurs, jusqu'à la dix-huitième année de l'ère Kai-yuan, signe cyclique kanoe-uma [730], sous le règne de l'empereur Xuanzong, de la dynastie Tang, tous ces sutras ont été introduits [en Chine]. Le contenu de l'ensemble de ces sutras, préceptes et traités, se divise en différentes catégories qu'il faut soigneusement distinguer les unes des autres  : hinayana et mahayana, sutras provisoires* et définitifs*, enseignements exotérique et ésotérique. Ces appellations n'ont pas leur origine chez des maîtres ou lettrés bouddhistes [d'une époque ultérieure] mais dans l'enseignement du Bouddha lui-même. Par conséquent, tous les simples mortels du monde entier sans exception devraient les connaître et ceux qui n'en tiennent pas compte ne peuvent pas être considérés comme des bouddhistes.

La classification des sutras Agama* parmi les enseignements du Hinayana provient de divers sutras du Mahayana tels que les sutras Hodo*, Hannya*, le Sutra du Lotus et le Sutra du Nirvana. Dans le Sutra du Lotus, le Bouddha déclare que, s'il avait seulement exposé l'enseignement du Hinayana sans enseigner le Sutra du Lotus, il aurait été coupable de vouloir conserver pour lui seul la vérité. Le Sutra du Nirvana enseigne que ceux qui acceptent seulement les sutras du Hinayana, et disent que l'impermanence est l'une des caractéristiques du Bouddha, verront leur langue pourrir dans leur bouche.

[En deuxième lieu, considérons les capacités]. Toute personne désireuse de propager le bouddhisme doit nécessairement connaître les capacités [et la nature profonde de ceux à qui elle s'adresse]. Le Vénérable* Shariputra voulut enseigner la méditation sur l'impureté du corps à un forgeron et la maîtrise de la respiration à un blanchisseur. Au terme de 90 jours, ces disciples n'avaient toujours pas acquis la plus petit notion de l'enseignement du Bouddha. Au contraire, ils élaborèrent des conceptions erronées et devinrent des personnes d'une incroyance incorrigible (icchantika).

Le Bouddha enseigna la méditation sur la maîtrise de la respiration à un forgeron et la méditation sur l'impureté du corps à un blanchisseur et ils parvinrent immédiatement à l'Eveil. Si même Shariputra, considéré comme le premier en sagesse, ne parvenait pas à comprendre les capacités des personnes à qui il enseignait, combien plus difficile encore doit être cette compréhension pour les maîtres ordinaires en cette époque des Derniers jours du Dharma  ! Des maîtres ordinaires ne pouvant pas comprendre les capacités devraient enseigner à leurs disciples exclusivement le Sutra du Lotus.

Question : Que penser alors du passage de ce Sutra disant qu'il ne faut pas l'enseigner aux ignorants (note) ?
Réponse : La compréhension des capacités n'est possible que lorsque c'est une personne sage qui enseigne. Mais, même si l'on comprend les capacités de ses auditeurs, il faut enseigner exclusivement le Sutra du Lotus à ceux qui s'opposent au Dharma, afin qu'ils puissent créer avec lui un lien, même d'opposition. A cet égard, il faut agir comme le bodhisattva Fukyo. Si l'on s'adresse à des personnes à qui l'on reconnaît la capacité de devenir des sages, il faut leur enseigner d'abord le Hinayana, puis le Mahayana provisoire* et, pour finir, le Mahayana définitif*. Mais si l'on s'adresse à des personnes ignorantes de moindres capacités, il faut, avant tout, leur enseigner le Mahayana définitif*. Car, ainsi, qu'elles choisissent de croire ou de s'y opposer, elles recevront de même la graine de l'Eveil.

Troisièmement, considérons le temps. Ceux qui veulent propager le bouddhisme doivent nécessairement bien comprendre le temps. Si, par exemple, des paysans travaillent dans les rizières en automne et en hiver, en faisant autant d'efforts qu'à l'ordinaire pour planter le riz et le cultiver, ils n'en tireront pas le moindre profit et ne récolteront, au contraire, que des pertes. Ceux qui auront cultivé de cette manière une petite parcelle feront de petites pertes et ceux qui auront cultivé de grandes surfaces feront des pertes considérables. Par contre, s'ils cultivent au printemps et en été, que leurs rizières soient de qualité supérieure, moyenne ou inférieure, tous en tireront des profits.

Il en va de même pour l'enseignement du Dharma bouddhique. Si l'on propage le Dharma sans comprendre le temps, cela n'apporte aucun bienfait. Au contraire, on tombe dans les mauvaises voies de l'existence. Lorsque le Bouddha Shakyamuni apparut en ce monde, il était résolu à enseigner intégralement le Sutra du Lotus. Mais, même si les capacités de ses auditeurs étaient peut-être adéquates, le temps propice n'était pas encore venu. C'est la raison pour laquelle, pendant quarante et quelques années, il n'exposa pas ce Sutra, expliquant, comme on le lit dans le Sutra du Lotus : "parce que le temps de l'exposer n'était pas encore venu." (réf.)

Le lendemain de la mort du Bouddha commencèrent les mille ans de l'époque du Dharma correct, époque où ceux qui observent les préceptes sont nombreux, et où ceux qui les transgressent sont rares. Au terme des mille ans de l'époque du Dharma correct commencent les mille ans de l'époque du Dharma formel, époque où ceux qui transgressent les préceptes sont nombreux et où ceux qui les ignorent totalement sont rares. Et lorsque sont terminés les mille ans de l'époque du Dharma formel, commencent les dix mille ans de l'époque des Derniers jours du Dharma, époque où ceux qui transgressent les préceptes sont rares et où ceux qui n'en observent aucun sont très nombreux.

A l'époque du Dharma correct, en rejetant ceux qui transgressent les préceptes ou ceux qui les ignorent, il faut faire des offrandes à ceux qui respectent les préceptes. A l'époque du Dharma formel, en ne soutenant pas ceux qui ignorent les préceptes, il faut faire des offrandes à ceux qui vont au delà des préceptes. Et dans les dix mille ans et plus de l'époque des Derniers jours du Dharma, il faut offrir à ceux qui n'observent aucun précepte les mêmes dons que l'on offrirait au Bouddha.

Par contre, dans les trois périodes, aux époques du Dharma correct, du Dharma formel et des Derniers jours du Dharma, il ne faut jamais faire d'offrandes à des personnes qui s'opposent au Sutra du Lotus, qu'elles observent les préceptes, les transgressent ou les ignorent totalement. Si des offrandes sont faites à ceux qui s'opposent au Sutra du Lotus, inévitablement les trois calamités et les sept désastres frapperont le pays et ceux qui font ces dons tomberont dans la grande citadelle de l'enfer avici.

Lorsqu'un pratiquant du Sutra du Lotus réfute l'enseignement des sutras provisoires, il est comparable à un souverain menaçant ses sujets d'une punition, à un parent réprimandant ses enfants et à un maître admonestant ses disciples. Mais, lorsqu'un pratiquant des sutras provisoires prétend réfuter le Sutra du Lotus, il est comparable à un sujet dictant sa conduite à son souverain, à un enfant faisant la leçon à son parent ou à un disciple réprimandant son maître.

Depuis plus de deux cent dix années, nous sommes entrés dans l'époque des Derniers jours du Dharma. Nous devons nous interroger précisément sur le temps, et nous demander s'il convient de propager des sutras provisoires ou des enseignements comme le Nembutsu, ou bien si le temps est maintenant venu de propager le Sutra du Lotus !

Quatrièmement, considérons le pays. La propagation du bouddhisme doit toujours tenir compte du pays. Certains pays ont un climat froid, d'autres, un climat tropical, il y a des pays pauvres et des pays riches, des pays centraux ou périphériques, des grands pays et des petits pays, des pays emplis de voleurs, des pays emplis de meurtriers, et des pays entièrement peuplés de gens qui trahissent leur devoir de piété filiale. Il y a aussi des pays où l'on étudie exclusivement le Hinayana, d'autres où l'on étudie exclusivement le Mahayana, et des pays où l'on étudie à la fois le Hinayana et le Mahayana. Dans le cas du Japon, est-ce un pays auquel convient exclusivement le Hinayana, exclusivement le Mahayana, ou encore un pays où le Mahayana aussi bien que le Hinayana doivent être étudiés  ? C'est une question sur laquelle il faut s'interroger avec le plus grand soin.

Cinquièmement, considérons l'ordre de propagation. Dans un pays où le bouddhisme n'a pas encore été introduit, aucun des habitants, naturellement, n'en a jamais entendu parler. Tandis que, dans un pays où le bouddhisme a déjà été introduit, certains habitants croient dans Dharma bouddhique. Par conséquent, il faut toujours savoir quelle sorte de bouddhisme a déjà été enseignée dans un pays avant d'y propager le Dharma.

Si le Hinayana et le Mahayana provisoire* y ont déjà été enseignés, il faut absolument faire connaître l'enseignement du Mahayana définitif*. Mais si le Mahayana définitif* y a déjà été propagé, il ne faut jamais plus par la suite y enseigner le Hinayana ou le Mahayana provisoire*. Il est normal de jeter tuiles et cailloux pour ramasser à leur place de l'or et des joyaux, mais il est absurde de jeter or et joyaux pour ramasser des tuiles et des cailloux.

Celui qui propagera le Dharma bouddhique en tenant compte des Cinq guides pour la propagation deviendra sans aucun doute un maître capable d'enseigner au Japon tout entier.

Ainsi, comprendre que le Sutra du Lotus est le roi et le plus élevé de tous les sutras, c'est avoir une compréhension correcte de l'enseignement. Pourtant Fa-yun, du temple Guangzhe-si, et Hui-guan, du temple Daochang-si, ont prétendu que le Sutra du Nirvana était supérieur au Sutra du Lotus. Cheng-guan du Mont Qingliang et Kukai* du Mont Koya proclamèrent que le Sutra Kegon* et le Sutra Vairocana étaient supérieurs au Sutra du Lotus. Jizang, du temple Jia-xiang-si, et le moine Kui-ji, du temple Ci-en, ont avancé que les deux sutras Hannya* et Jimmitsu étaient supérieurs au Sutra du Lotus. Seul le Grand-maître* Sage du Mont Tian-tai établit, non seulement que parmi tous les sutras le Sutra du Lotus est l'enseignement suprême, mais affirma que tous ceux qui prétendaient certains sutras supérieurs devraient être contredits. Il déclara que ceux qui continueraient à soutenir de telles assertions fausses verraient leur langue pourrir dans leur bouche en cette vie-ci et, après leur mort, tomberaient dans l'enfer avici. Il est possible de dire, de ceux qui parviennent à distinguer ce qui est juste et ce qui est faux qu'ils ont une compréhension correcte de l'enseignement.

Parmi les mille ou dix mille lettrés de notre époque, il n'en est pas un seul qui ne se trompe sur ce point. Et dans ces conditions, bien rares sont ceux qui ont une compréhension correcte de l'enseignement. Si personne n'a une compréhension correcte de l'enseignement, personne ne lira non plus le Sutra du Lotus. Et si personne ne lit le Sutra du Lotus, personne ne pourra remplir la fonction de maître pour le pays. Sans maître pour enseigner, dans le pays entier, nul n'est capable de distinguer entre Mahayana et Hinayana, enseignement provisoire (gonkyo) et Mahayana définitif*, enseignement exotérique et ésotérique. Pas un seul de tous les habitants du pays ne peut échapper aux souffrances de la naissance et de la mort. Pour finir, tous s'opposent au Dharma bouddhique et ceux que leur opposition au Dharma précipite dans l'enfer avici sont plus nombreux que toutes les particules de la terre réduite en poussière, tandis que ceux qui parviennent à échapper aux souffrances de la naissance et de la mort sont moins nombreux que les grains de sable qui pourraient tenir sur un ongle. Comme c'est effrayant, comme c'est effrayant !

Pourtant, les lettrés de notre époque disent que tous les habitants du Japon n'ont aucune autre capacité que celle de réciter le Nembutsu. Ils sont comparables à qui, parce qu'il s'était trompé sur les capacités des personnes à qui il enseignait, finit par faire de ses disciples des personnes d'une incroyance incorrigible (icchantika).

[A présent, au Japon] 2210 et quelques années se sont écoulées depuis la disparition du Bouddha, et nous sommes dans la cinquième période de cinq cents ans [après sa mort]. Le moment est venu de largement propager Myoho Renge Kyo. Comprendre cela, c'est comprendre le temps.

Mais au Japon, à notre époque, des maîtres exhortent à abandonner la pratique du Sutra du Lotus pour se consacrer exclusivement à l'invocation du nom du bouddha Amida. Certains enseignent les préceptes du Hinayana, et parlent avec mépris des grands moines du Mont Hiei tandis que d'autres font état d'une vérité particulière (note) qui leur aurait été transmise en dehors des sutras, dénigrant le Véritable Dharma du Sutra du Lotus. Ce sont là des personnes qui font une grave erreur sur le temps. Elles sont comparables au moine Agramati*, calomniant le bodhisattva Kikon, et au Maître de la doctrine Gunaprabha qui agit de manière méprisante envers le bodhisattva Maitreya, et qui attirèrent ainsi les terribles souffrances de l'enfer avici.

Le Japon est un pays exclusivement relié au Sutra du Lotus, tout comme le pays de Shravasti était exclusivement relié au Mahayana. En Inde, il y eut certains royaumes où l'on étudiait exclusivement le Hinayana, certains entièrement consacrés à l'étude du Mahayana, ou d'autres où coexistaient Mahayana et Hinayana. Le Japon est un pays auquel convient exclusivement le Mahayana, et, plus particulièrement dans le Mahayana, il devrait se consacrer uniquement au Sutra du Lotus. On trouve confirmation de cela dans le Yuga Ron, dans les écrits de Seng-zhao, dans les écrits du prince Shotoku, du Grand-maître* Saicho* et d'Annen. Comprendre cela, c'est comprendre le pays.

Pourtant, les maîtres bouddhistes, à notre époque, en s'adressant aux habitants du Japon, ne leur enseignent que les préceptes du Hinayana ou s'efforcent d'en faire des adeptes exclusifs du Nembutsu. Cela ressemble à "mettre des aliments avariés dans un vase précieux"(réf).

Au Japon, pendant les deux cent quarante et quelques années écoulées depuis l'introduction du bouddhisme, en provenance de Paekche, sous le règne de l'empereur Kimmei et jusqu'au règne de l'empereur Kammu, seuls les enseignements du Hinayana et du Mahayana provisoire* ont été propagés. Le Sutra du Lotus avait déjà été introduit mais son véritable sens n'avait pas encore été clarifié. Le même phénomène s'était produit plus tôt en Chine, où, pendant trois cents et quelques années après l'introduction du Sutra du Lotus, son véritable sens n'avait pas été révélé.

Sous le règne de l'empereur Kammu, le Grand-maître* Saicho* apparut. Il révéla le véritable sens du Sutra du Lotus en réfutant les enseignements du Hinayana et du Mahayana provisoire*. A dater de ce jour, les opinions divergentes cessèrent de prévaloir et, dans le pays entier, chacun accorda pleinement foi au Sutra du Lotus. Même les lettrés des Six Ecoles du bouddhisme ancien qui étudiaient des enseignements du Mahayana comme du Hinayana, tels que les sutras Kegon, * Hannya, Jimmitsu* et Agama* considéraient le Sutra du Lotus comme l'enseignement suprême. C'était vrai pour les lettrés des écoles Tendai et Shingon et encore plus vrai pour les laïcs sans connaissance approfondie du bouddhisme. [Par rapport au Sutra du Lotus] le pays était comparable aux monts Kunlun, où il n'existe pas de pierre sans valeur, et à l'île montagneuse de Penglai, où il n'existe pas de poison. Toutefois, dans les cinquante et quelques années écoulées depuis l'ère de Kennin (1201-1203) jusqu'à nos jours, les moines Dainichi et Kakuan ont propagé les enseignements de l'école Zen, rejetant les divers sutras et postulant le principe d'un véritable enseignement transmis en dehors des écrits bouddhiques, tandis que Honen et Ryukan ont fondé l'école Jodo, contredisant les enseignements du Mahayana définitif* et fondant des écoles s'appuyant sur des enseignements provisoires. En réalité, ils jettent des joyaux pour ramasser des pierres, ils quittent la terre ferme pour monter dans les airs. De telles personnes ignorent tout de l'ordre de propagation. Le Bouddha avait mis en garde contre des gens de leur espèce en disant : "Il vaut mieux affronter des éléphants sauvages que rencontrer un mauvais ami."(réf.)

Dans le chapitre Kanji* (XIII) du Sutra du Lotus, on lit que, au cours de la cinquième période de cinq cents ans, deux mille et quelques années après la disparition du Bouddha, apparaîtront trois sortes de grands ennemis du Sutra du Lotus. Notre époque actuelle correspond bien à cette cinquième période de cinq cents ans. Et moi, Nichiren, en m'interrogeant sur la véracité des paroles du Bouddha, je vois bien que ces trois sortes d'ennemis sont déjà présents. Si je ne les fais pas apparaître, je ne suis pas le Pratiquant du Sutra du Lotus. Si je les fais apparaître, j'attire inévitablement sur moi la mort et la destruction. Il est dit dans le quatrième volume du Sutra du Lotus : "Puisque haines et jalousies abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore dans le monde après son trépas  ? "(réf.) Et dans le cinquième volume : "Il y aura beaucoup d'hostilité dans le monde et il sera difficile de croire."(réf.) Il est dit aussi : "Nous ne sommes pas avares de notre vie. Nous lui préférons la Voie suprême."(réf.) Et dans le sixième volume : "Ils ne donnent pas leur vie à contrecœur."(réf.)

Il est dit dans le neuvième volume du Sutra du Nirvana : "Par exemple, si un émissaire, doué d'éloquence et habile diplomate, est envoyé par son roi à l'étranger pour y accomplir une mission, il doit transmettre le message de son souverain sans en omettre un mot, même s'il risque pour cela sa vie. Un sage devrait agir de même lorsqu'il enseigne le bouddhisme. Parmi les simples mortels, il doit être prêt à donner sa vie, exposer sans défaillance l'enseignement secret (zuitai, himitsu) de l'Ainsi-Venu contenu dans les sutras du Mahayana." Le Grand-maître* Guanding*, commentant les mots "sans en omettre un seul mot, même s'il doit pour cela risquer sa vie" dit : "Le corps est de moindre importance que le Dharma qui est suprême. Pour propager le Dharma, il faut être prêt à donner sa vie."(réf.)

Lorsque je relis ces passages, je comprends que, si je ne fais pas apparaître les trois grands ennemis, je ne suis pas le Pratiquant du Sutra du Lotus. C'est seulement en les faisant apparaître que je peux être un véritable Pratiquant du Sutra du Lotus. Et pourtant, si je le fais, je suis presque assuré de perdre la vie. Je serai comme le vénérable Aryasimha ou le bodhisattva Aryadeva.

Nichiren.

Le dixième jour du deuxième mois.

ARRIERE-PLAN - En juillet 1260, Nichiren Daishonin présenta son traité le Rissho Ankoku Ron ("Sur la pacification du pays par l'établissement du Dharma correct") à l'ancien régent Hôjô Tokiyori, qui, bien que n'exerçant plus ses fonctions, restait la personne la plus influente du clan Hôjô au pouvoir. Ce fut la première remontrance adressée par Nichiren Daishonin au gouvernement, ainsi que le commencement officiel de ses efforts pour propager son bouddhisme pour la paix et le bonheur de la société, une tâche qu'il poursuivrait toute sa vie.
Furieux de la critique de l'école de la Terre pure formulée dans ce traité, un groupe de croyants du Nembutsu attaqua la demeure de Nichiren Daishonin à Matsubagayatsu, Kamakura, en essayant d'attenter à sa vie. Celui-ci parvint à leur échapper de justesse et partit se réfugier dans la résidence de Toki Jonin, dans la province voisine de Shimôsa. Lorsqu'il réapparut à Kamakura, au printemps de 1261, et reprit ses activités de propagation, le gouvernement le fit arrêter, et, sans la moindre enquête, ordonna son exil à Itô sur la péninsule d'Izu. Il resta en exil sur Izu du 12 mai 1261 jusqu'à son pardon et rentra à Kamakura le 22 février 1263. Pendant son exil, Nichiren Daishonin écrivit ce gosho "L'enseignement, les capacités, le temps et le pays", réaffirmant la justesse de sa doctrine à la lumière du principe qu'il appela "Cinq Guides pour la propagation".
Cette lettre est simplement datée "le dixième jour du deuxième mois." Bien que nous sachions qu'elle fut écrite pendant l'exil d'Izu, l'année exacte n'est pas certaine. On lit dans le texte : "Depuis plus de deux cent dix années, nous sommes entrés dans l'époque des Derniers Jours du Dharma.... " et "[A présent, au Japon] deux mille deux cent dix et quelques années se sont écoulées depuis la disparition du Bouddha [Shakyamuni]." 949 av. J.-C. était la date la plus communément admise, du temps de Nichiren Daishonin, comme celle de la mort de Shakyamuni. Par conséquent, la 210e année après cet événement serait 1261. Puisque Nichiren Daishonin n'arriva pas à Izu avant mai 1261, et puisque, le 22 février 1263, il était de retour à Kamakura, on pense généralement que ce gosho fut écrit le 10 février 1262.
(Commentaire ACEP)

En anglais : The Teaching, Capacity, Time, and Country
- http : //www.sgilibrary.org/pdf/007_0048.pdf
- http : //nichiren.info/gosho/TeachingCapacityTimeCountry.htm
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_TeachingCapacityTimeCountry.htm

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