La bonne fortune inégalée
que procure le Dharma

(Les bienfaits inégalés de la Loi)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 7, p. 203 ; SG* p. 983.
Gosho Zenshu p. 1474 - Hokyo Hoju ji

Minobu, 1le jour du 5e mois 1280, au seigneur Nishiyama

 

J'ai bien reçu d'abord cent pousses de bambou, puis vingt autres que vous m'avez fait parvenir. Il est dit dans le 7e volume du Sutra du Lotus : "Même si une personne remplissait un système majeur de mondes des Sept sortes de trésors pour en faire don au Bouddha, aux grands bodhisattvas, aux pratyekabuddhas ou aux arhats, les bienfaits que cette personne obtiendrait ne pourraient pas égaler ceux que procurent l'acceptation et la pratique de ce Sutra du Lotus, ne serait-ce que d'une strophe de quatre lignes  ! Cette dernière attitude est, de toutes, celle qui apporte le plus grand nombre de bienfaits."(réf.) À propos de ce passage, on lit, dans le 10e volume du Hokke Mongu* : "L'affirmation que le don des Sept sortes de trésors aux personnes des quatre nobles états n'égale pas la pratique d'une seule strophe du Sutra du Lotus, s'explique par le fait que le Dharma est le Maître de ces sages. Rien n'est supérieur au Dharma pour la capacité de faire naître, de nourrir, d'amener à maturité et de faire prospérer. Par conséquent, la personne est moins importante que le Dharma qui est suprême." Dans le 10e volume du Hokke Mongu Ki*, ce passage est commenté de la manière suivante : "On peut comparer cela à des parents qui accordent immanquablement à leurs enfants quatre formes de protection. "Faire naître", c'est faire apparaître le désir de rechercher la voie par le pouvoir du Dharma. "Nourrir", c'est inciter à pratiquer le Dharma du début jusqu'à la fin. "Amener à maturité", c'est permettre de récolter le fruit suprême de la bodhéité. "Faire prospérer", c'est apparaître sous diverses formes dans le monde des phénomènes pour sauver les autres. Même si ces quatre étapes sont distinctes, toutes découlent du Dharma."(réf.)

Voilà le sens de ce passage du Sutra du Lotus et des commentaires de Zhiyi* et de Zhanlan* : recevoir et garder, protéger et croire, ne serait-ce qu'une strophe du Sutra du Lotus, est encore plus bénéfique que de faire des dons à tous les êtres vivants, des offrandes aux arhats, ou même d'offrir à tous les bouddhas assez des Sept sortes de trésors pour emplir la totalité d'un système majeur de mondes.

Il est dit dans le Sutra  : "[...] ne pourraient pas égaler les bienfaits que procure l'acceptation et la pratique de ce Sutra du Lotus, ne serait-ce que d'une strophe de quatre lignes de ce Sutra  ! " Zhiyi* a affirmé "... la personne est de moins d'importance que le Dharma qui est suprême." Zhanlan* a dit : "Bien que ces quatre étapes soient distinctes, elles découlent toutes du Dharma. Si l'on compare la bonne fortune de tous les êtres vivants dans les neuf mondes-états à celle du Bouddha, elle paraît aussi légère qu'un cheveu, alors que la bonne fortune du Bouddha a le poids d'une énorme montagne. Et la bonne fortune de tous les bouddhas est aussi légère que la robe de Bonten, pas plus lourde que trois plumes (note), tandis que la bonne fortune d'un seul caractère du Sutra du Lotus a, elle, autant de poids que la terre entière. La personne, dans l'expression "la personne est de moindre importance", est le Bouddha ; et "le Dharma qui est suprême" est le Sutra du Lotus.

Tous les sutras antérieurs au Sutra du Lotus et tous les traités vantent les bienfaits prodigués par le Bouddha, ils sont donc semblables au Bouddha lui-même. Le Sutra du Lotus vante les bienfaits prodigués par le Sutra. Il est donc comparable au père et à la mère du Bouddha. L'infériorité des sutras Kegon*, Vairocana* et autres, par rapport au Sutra du Lotus, est aussi évidente que la différence de poids entre un cheveu et une montagne énorme, ou entre une robe qui ne pèse pas plus que trois plumes et la terre. Si l'on compare un Pratiquant du Sutra du Lotus de condition modeste aux moines les plus éminents des écoles Kegon et Shingon, la supériorité du premier sur les seconds est comparable à celle de Taishaku sur un singe, ou d'un lion sur un lièvre.

Si un simple sujet se proclame roi, cela lui coûtera immanquablement la vie. De même, quand les pratiquants des autres sutras se prétendent supérieurs au Pratiquant du Sutra du Lotus, le pays court inévitablement à la ruine ; et ces personnes ne peuvent manquer de tomber en enfer. Tant que l'on ne rencontre aucun adversaire, on est libre de parler et d'agir de façon aussi fallacieuse et insensée qu'on le veut. Par exemple, avant que Sadamori et Yoriyoshi ne se manifestent, on dit que Masakado et Sadato parvenaient à gouverner leurs domaines, et que leurs épouses et enfants vivaient en sécurité. Si rien ne fait obstacle, la rosée s'évapore vers le ciel et la pluie tombe sur la terre. Mais un vent contraire peut renvoyer la pluie vers le ciel et, lorsque le soleil se lève, la rosée peut retomber à terre. De même, avant l'apparition de Saicho*, les six écoles, dont fait partie l'école Kegon, étaient comparables à de la rosée s'élevant vers le ciel. Il en va de même pour l'école Shingon. Comprenez bien que lorsqu'un ennemi puissant apparaîtra et réfutera avec force cette école en s'appuyant sur le Sutra du Lotus, le grand patriarche du Mont Hiei et les moines des temples To-ji et Omuro seront comparables à de la rosée lorsqu'elle rencontre le soleil.

Au cours des plus de 2200 ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, personne n'a encore totalement exposé et propagé l'enseignement du Sutra du Lotus, exactement tel qu'il est énoncé dans le Sutra. Cela ne veut pas dire que Zhiyi* et Saicho* en ignoraient la véritable signification. Mais parce que le temps propice n'était pas encore venu, et parce que les capacités des gens n'étaient pas adéquates, ils sont morts sans avoir tout élucidé par écrit. Toutefois, ceux qui deviennent aujourd'hui les disciples de Nichiren peuvent sans difficulté comprendre le sens profond du Sutra.

Sur tout le continent du Jambudvipa, on n'a encore jamais vu de monastère ou de pagode présentant l'image du Bouddha Shakyamuni du chapitre Juryo* (XVI) du Sutra du Lotus. Comment cette image pourrait-elle ne pas apparaître maintenant  ? Il serait trop long d'expliquer cela ici, je n'en dirai donc pas plus.

Vous m'avez envoyé 120 pousses de bambou, et le Sutra du Lotus est apparu il y a plus plus de deux mille ans. Si je parle de cela, c'est parce que votre don peut sembler modeste, mais que votre sincérité est, en réalité, très grande. De plus, c'est maintenant la saison des travaux des champs, et la construction d'un sanctuaire prend aux gens tout leur temps. Mais parce que, malgré tout cela, votre esprit de recherche reste très profond, je suis certain que ce Dharma encore jamais révélé s'est manifestée à vous.

Avec mon profond respect,
Nichiren.

Le 1le jour du 5e mois

ARRIÈRE-PLAN- Malgré sa relative brièveté, cette lettre contient quelques enseignements importants. Tout d'abord, Nichiren Daishonin fait valoir les bienfaits que l'on peut obtenir en pratiquant ne serait-ce qu'une strophe du Sutra du Lotus ; et il explique qu'ils sont supérieurs à ceux que pourrait obtenir une personne en offrant au Bouddha assez d'or, d'argent, de lapis-lazuli, de nacre, de corail, de perles et de cornaline pour remplir la totalité d'un système majeur de mondes. Il indique donc que la Loi qu'il expose est un enseignement sans pareil, que personne avant lui n'a jamais propagé. Nichiren Daishonin en indiquant que "l'image du Bouddha Shakyamuni du chapitre Juryo du Sutra du Lotus", jamais encore révélée au moment où cette lettre fut écrite, ne tarderait pas à apparaître, annonce également l'inscription du Dai-Gohonzon, qu'il réaliserait cinq mois plus tard. (Commentaire ACEP)

En anglais : The Unmatched Fortune of the Law ou The Unmatched Blessings of the Law

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=974&m=1&q=Nishiyama
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_UnmatchedFortune.htm

retour
haut de la page