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Zhanlan - Miao-lo - Myoraku Daishi
 

Ne recherchez jamais aucun des enseignements de Shakyamuni, ni les bouddhas et bodhisattvas de l'univers, en dehors de vous-même. Votre maîtrise du bouddhisme n'atténuera pas, si peu que ce soit, vos souffrances de simple mortel tant que vous n'aurez pas perçu la nature fondamentale de votre propre vie. Si vous cherchez la bodhéité en dehors de vous-même, toutes vos pratiques et bonnes actions n'auront aucun sens. Ainsi, un pauvre ne gagnera pas un sou s'il se contente de compter jour et nuit la fortune de son voisin. C'est pourquoi Zhanlan* dit  : "Si l'on n'observe pas la nature de son propre cœur, on ne peut effacer son mauvais karma." Cela signifie que la pratique de ceux qui n'observent pas leur cœur devient une austérité pénible et sans fin. Zhanlan* les condamne en citant un passage du Maka Shikan : "Bien qu'ils étudient le bouddhisme, ils en reviennent à des conceptions non bouddhiques."
Sur l'atteinte de la bodhéité (1255, à Toki Jonin)

Une chose aussi ambiguë, Zhiyi* et Zhanlan*, ces deux saints, l’ont commentée dans le Hokke Gengi et le Hokke Mongu*, disant  : “Le cœur est semblable à une lueur illusoire. Il n’a qu’un nom qu’on appelle cœur. Si par hasard on dit qu’il existe, on n’en voit ni la couleur, ni la nature. Si par hasard, on dit qu’il n’existe pas, les pensées naissent. Ne pouvant être considéré en terme d’être ou de non-être, il est appelé cœur et se trouve qualifié de merveilleux (myo). La merveille suit le cœur : nommée alors dharma (ho).
Les douze liens causaux (1256 )

Au mois d’avril du printemps de ses cinquante-sept ans, dans le temple Yuquan si* dans la province de Jing, il enseigna un livre en dix fascicules appelé Maka Shika (Grand arrêt et introspection) à son disciple, le Grand-maître Zhanlan.* Là, encore, au cours des quatre premiers fascicules, il ne parla pas de cette doctrine, enseignant uniquement les six identités (soku) et les quatre formes de concentration. Parvenu au cinquième fascicule, il établit les dix objets de méditation (jikkyo), les dix méthodes (jujo-kampo) et, enfin, ichinen sanzen. Il dit : « Cela est présent dans un cœur-esprit (jin) ».
[...] Même sans y croire, cela devient une graine, qui mûrit progressivement. Grâce à cette attitude, infailliblement, on devient bouddha. Le Grand-maître Zhanlan dit : « qu’on l’accepte ou qu’on le rejette, cela devient la condition, par l’intermédiaire des oreilles. Que l’on s’y conforme ou que l’on s’en détourne, finalement, c’est la cause de la récolte». Moi, Nichiren, dis que la formule “qu’on l’accepte ou qu’on le rejette, que l’on s’y conforme ou que l’on s’en détourne” exprime des paroles que l’on doit graver dans son cœur. Le Sutra du Lotus enseigne cela par :  « S'il se trouve des gens pour entendre le Dharma, il n'en est pas un qui ne deviendra Éveillé.» (réf.)
La doctrine d’Ichinen Sanzen, 1258

Dans le Maka Shikan du Grand-maître* Zhiyi* on peut lire : "Celui qui connaît la véritable marche du monde, connaît le Dharma bouddhique." Dans le Maka Shikan Bugyoden Guketsu le Grand-maître* Zhanlan déclare  : "Des enseignements universels, comme la bienséance et la musique, se propagent d’abord, ouvrant la voie au Bouddha", et le Koshaku de Annen dit ceci:  "Le Bouddha envoya Trois sages [Laozi, Confucius et Yan-Hui] en Chine pour enseigner les cinq préceptes, par le biais des cinq vertus. Dans le passé, quand le premier ministre de la cour des Song demanda à Confucius si les Trois Augustes et les Cinq Empereurs de la Chine ancienne étaient sages, Confucius répondit qu’ils ne l’étaient pas. Le premier ministre lui demanda alors s’il y avait quelqu’un que l’on pouvait considérer comme un sage. Confucius répondit qu’il avait entendu parler d’un sage appelé Shakyamuni, qui vivait dans les contrées de l’ouest."
[...] En examinant de manière plus approfondie les textes bouddhiques, je trouve, dans le Maka Shikan du Grand-maître* Zhiyi*  : "Moi, le Bouddha, ai envoyé les Trois sages en Chine afin d’éclairer le pays" et, dans le Maka Shikan Bugyoden Guketsu du Grand-maître* Zhanlan* on peut lire  : "Le Bouddha, afin de propager le bouddhisme en Chine, y envoya trois bodhisattvas pour enseigner au peuple les Cinq vertus, et ainsi le préparer au bouddhisme." Si on considère ces passages, on peut supposer que les cinq vertus, qui existaient en Chine avant l’introduction du bouddhisme dans ce pays, équivalent aux cinq préceptes du bouddhisme.
[...] Le Sutra Konkomyo déclare : "Même les innocents sont touchés"  ; et dans le Sutra du Lotus, chapitre III, Parabole : "Un malheur inattendu lui arrivera." Dans le Maka Shikan le Grand-maître* Zhiyi* dit  : "Le karma positif d’une personne peu avancée dans la pratique du bouddhisme est peu important ; par conséquent, même si son aspiration à la bodhéité est mûre, elle ne peut échapper aux nombreux malheurs engendrés par le karma négatif qu’elle a créé par le passé." Le Grand-maître* Zhanlan*, dans le Hokke Mongu Ki*, déclare : "Si la relation karmique créée avec le Sutra du Lotus dans le passé et le présent est peu importante, il est impossible d’échapper aux souffrances, même si elles sont minimes."  
Sainan Koki Yurai - La cause des désastres (Kamakura, février 1260)

Celui qui écoute une seule phrase ou une seule strophe de ce Sutra et parvient à la graver dans son coeur est comparable à un vaisseau voguant sur le grand océan des souffrances de la vie et de la mort. Le Grand-maître* Zhanlan* ne dit-il pas : "Une phrase, même une seule, si elle est gravée dans le coeur d'un homme, l'aidera sans aucun doute à atteindre l'autre rive  ? Réfléchir sur une phrase et la mettre en pratique, c'est exercer la navigation."
Un vaisseau pour traverser l'océan des souffrances (Kamakura, 28 avril 1261, à Shiiji Shiro)

Et le Grand-maître* Zhanlan* déclare dans son commentaire  : "D'autres sutras se prétendent peut-être le roi de tous les sutras, mais aucun ne se décrit comme le plus élevé de tous les sutras du passé, du présent et de l'avenir."(réf.) Ainsi, il faut les comprendre selon le principe de "combiner, exclure, correspondre et inclure" (note)." Ce passage de commentaire signifie donc, essentiellement, que même si un sutra se désigne lui-même comme le roi de tous les sutras, s'il ne se déclare pas également supérieur aux sutra exposés avant lui et à ceux qui seront exposés ensuite, il faut savoir que ce sutra entre dans la catégorie des enseignements provisoires.
[...] C'est pourquoi Zhanlan* dit dans son commentaire : "C'est seulement lorsqu'il en vint à prêcher le Sutra du Lotus que le Bouddha déclara que ses enseignements antérieurs étaient provisoires, et révéla que le Sutra du Lotus qu'il était en train d'exposer constituait la vérité."(réf.) Nous pouvons voir ainsi que, dans le Sutra du Lotus, l'Ainsi-Venu donna une forme définitive à la fois à sa véritable intention et aux manières d'enseigner qui procurent le bienfait.
[...] A cet égard, le Grand-maître* Zhanlan* déclare  : "Dans les divers sutras, il est enseigné que tous les autres êtres peuvent atteindre la bodhéité, mais absolument aucun espoir d'y parvenir n'est offert aux personnes des Deux véhicules. Par conséquent [dans le Sutra du Lotus], les six états inférieurs rejoignent l'état de bodhisattva [en recevant l'assurance de parvenir à la bodhéité], et [le pouvoir du Sutra] est révélé à l'intention des personnes des deux états d'auditeurs-shravakas et pratyekabuddhas, celles qui ont le plus de mal à atteindre la bodhéité."(réf.) A vrai dire, Zhiyi* établit que l'atteinte de la bodhéité par les personnes des deux véhicules est la preuve que tous les êtres humains sans exception peuvent devenir bouddha.
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

Cela nous est dit dans le Sutra du Lotus même, ainsi que dans les soixante volumes de commentaires (note) de Zhiyi* et de Zhanlan*. Nous lisons dans le Sutra  : "Même la sagesse du Bouddha ne saurait trouver de limites à de tels bienfaits."(réf.) La sagesse du Bouddha elle-même est incapable d'évaluer les bienfaits que procure cette pratique. La sagesse du Bouddha est si merveilleuse qu'elle permet de déterminer jusqu'au nombre de gouttes de pluie tombant dans notre système de mondes majeur pendant sept jours ou deux fois sept jours. Mais nous lisons que l'immensité des bienfaits obtenus en récitant ne serait-ce qu'un seul mot du Sutra du Lotus est telle que c'est la seule chose que la sagesse du Bouddha ne puisse sonder. Comment, alors, de simples mortels comme nous, ayant commis de si nombreuses offenses au Dharma, seraient-ils en mesure d'évaluer de tels bienfaits  ?
Sur la récitation des chapitres Hoben et Juryo (Kamakura - 1264, à la femme de Hiki Daigaku Saburo Yoshimoto)

C’est aussi pour cette raison que Zhiyi* disait  : "Toute chose possédant une couleur ou une odeur manifeste la Voie du milieu" [Maka Shikan]. Et Zhanlan* ajoute  : "Même si tous admettent que les choses possédant une couleur ou une odeur sont des manifestations de la Voie du milieu, ils sont néanmoins choqués et émettent des doutes lorsque, pour la première fois, ils entendent dire que les êtres non-sensitifs possèdent la nature de bouddha."
[...] Cheng Guan était bouffi d'un orgueil incommensurable, persuadé que lui seul avait compris le véritable enseignement. En réalité il ignorait tout de l'atteinte de la bodhéité par les plantes qui est au coeur de la doctrine d'ichinen sanzen ; ce qui lui a valu les sarcasmes de Zhanlan*.
L’ouverture des yeux des images sculptées ou peintes (Kamakura 1264)

L'ascète Agastya se versa toute l'eau du Gange dans l'oreille et l'y conserva pendant douze ans ; l'ascète Jinu but jusqu'à la dernière goutte de l'océan en un seul jour ; Zhang Jie exhala du brouillard et Luan Ba exhala des nuages. Mais cela ne signifie pas qu'ils savaient ce qui est correct et ce qui ne l'est pas dans les enseignements bouddhiques, ou qu'ils comprenaient le principe de cause et d'effet. En Chine, le Maître du dharma Fayun fit un cours sur le Sutra du Lotus, et, peu après, des fleurs se mirent à pleuvoir du ciel. Mais le Grand-maître* Zhanlan* déclara que, même s'il avait obtenu un tel résultat, ses mots ne s'accordaient pas avec la vérité [du Sutra du Lotus] (réf.). Ainsi, Zhanlan* l'accusa de ne pas avoir compris la vérité du bouddhisme.
[...] En Chine, le Maître du dharma Fayun fit un cours sur le Sutra du Lotus, et, peu après, des fleurs se mirent à pleuvoir du ciel. Mais le Grand-maître* Zhanlan* déclara que, même s'il avait obtenu un tel résultat, ses mots ne s'accordaient pas avec la vérité [du Sutra du Lotus] (réf.). Ainsi, Zhanlan* l'accusa de ne pas avoir compris la vérité du bouddhisme.
[...] 2 Qui plus est, le Grand-maître* Zhanlan*, dans le premier volume de son Guketsu, commente cette situation en disant : "Les gens de notre époque considèrent avec dédain les enseignements des sutras et veulent se consacrer uniquement à la contemplation de la vérité, mais ils commettent une grande erreur, une erreur véritablement grave  ! "
[...] 2 Si, parce que l'on ne parvient pas à comprendre ce principe, on pratique shoju ou shakubuku au moment qui ne convient pas, non seulement on sera incapable d'atteindre la bodhéité, mais on tombera dans les mauvaises voies. Ce fait est clairement établi dans le Sutra du Lotus et le Sutra du Nirvana, et se trouve nettement affirmé dans les commentaires de Zhiyi* et de Zhanlan*. Il s'agit là d'un principe important de la pratique bouddhique.
[...] 2 Les six mille feuilles (note) de commentaires par Zhiyi* et Zhanlan*, comme des guirlandes de joyaux, et plusieurs rouleaux de commentaires de Dao-Sui et Xing-man, aussi précieux que leur pesant d'or, ne vont pas au-delà de cet enseignement. Si vous craignez véritablement le cycle de la vie et de la mort et aspirez au nirvana, si vous persévérez dans votre foi et désirez ardemment entrer dans la Voie, les souffrances du changement et de l'impermanence ne deviendront rien de plus que le rêve d'hier, et la bodhéité deviendra la réalité d'aujourd'hui. Si seulement vous récitez Namu Myoho Renge Kyo, quelle offense pourrait manquer d'être effacée  ?
[...] 2 Le Grand-maître* Zhiyi* écrivit le Hokke Gengi, le Hokke Mongu* et le Maka Shikan, soit trente volumes de commentaires sur le Sutra du Lotus. Zhanlan*, pour sa part, écrivit les trente volumes du Hokke gengi shakusen, Hokke Mongu Ki*  et Maka Shikan Bugyoden Guketsu, annotations sur les ouvrages de Zhiyi*. Ensemble, ces écrits constituent ce que l'on appelle "les soixante volumes (note) de l'école Tendai".
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

Ainsi, dans le chapitre Yakuo* (XXIII), le Bouddha s'adresse au bodhisattva Shukuoke, en lui disant : "Le Sutra du Lotus est comparable à l'océan, plus grand que tous les cours d'eau, rivières et ruisseaux ; il est comparable au Mont Sumeru, la plus haute de toutes les montagnes, ou semblable à la déesse de la Lune, plus large et plus brillante que toutes les étoiles." Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela en disant : "C'est le plus important de tous les sutras que le Bouddha ait enseigné, enseigne et enseignera."(réf.)
[...] A propos de Myo, il est dit dans le Sutra du Lotus : Myo "ouvre la porte des enseignements provisoires et révèle le véritable aspect de la réalité."(réf.) Le Grand-maître* Guanding* dit dans ses commentaires : "Myo signifie révéler les profondeurs de la resserre secrète."(réf.) Et à ce propos le Grand-maître* Zhanlan* dit "révéler signifie ouvrir."(réf.) Par conséquent le caractère Myo signifie ouvrir.
[...] Le bodhisattva Nagarjuna dit dans son Daichido Ron : "[Le Sutra du Lotus] est comme un grand médecin qui change le poison en élixir." Cette citation se trouve dans un passage du Daichido Ron qui commente les vertus inhérentes au caractère Myo du Sutra du Lotus. Le Grand-maître* Zhanlan* commente de la manière suivante : "Parce qu'il peut guérir ce que l'on croit incurable, on l'appelle mystique (myo)."(réf.)
[...] Zhiyi* dit : "Même les icchantika ont un coeur, ils peuvent donc atteindre la bodhéité. Mais les personnes des deux véhicules ont annihilé leur conscience et ne peuvent donc pas faire surgir le coeur qui aspire à la bodhéité. Pourtant, le Sutra du Lotus peut les guérir, c'est pourquoi on l'appelle Myo."(réf.) Zhanlan* commente  : "La seule raison pour laquelle on appelle les autres sutras Dai [grands] et non Myo [mystiques] est qu'il est facile de guérir ceux qui ont un coeur, mais difficile de guérir ceux qui n'en ont pas. Parce que le Sutra du Lotus peut guérir ce que l'on croit incurable, on l'appelle mystique, Myo."(réf.)
Le Daimoku du Sutra du Lotus (1266 à une femme d'Amatsu)

Le Grand-maître* Zhanlan* déclare  : "Je demande à ceux qui ont des yeux d'examiner cela en profondeur."(réf.) N'est-il pas sans yeux, celui qui prétend que le Sutra du Lotus est inférieur au Sutra Kegon*  ? On lit dans le Sutra du Nirvana  : "Si une personne s'oppose au Dharma correct du Bouddha, il faut lui couper la langue." Ah, comme il est terrible que la langue de ceux qui dénigrent et s'opposent au Dharma correct soit incapable d'articuler un mot, monde après monde, et que ceux qui sont attachés à des visions erronées restent sans yeux, vie après vie, et soient incapables de rien voir  !
Réponse à Hoshina Goro Taro (5 décembre 1267 à Hoshina)

Le Grand-maître* Zhanlan* écrivit  : "La propagation du bouddhisme s'appuie véritablement sur cela. C'est parce que la bienséance et la musique se sont d'abord propagées que la Voie véritable s'est ensuite ouverte". (réf.) Zhiyi* déclara  : "Dans le Sutra Konkomyo, il est indiqué que "tous les bons enseignements qui existent en ce monde découlent de ce Sutra. Avoir une profonde connaissance de ce monde est en soi le bouddhisme."(réf.) On lit dans le Maka Shikan : "Moi, le Bouddha, j'ai envoyé Trois sages* pour instruire le peuple de Chine." Dans le Guketsu, commentaire de Zhanlan* sur le Maka Shikan, on lit : "Le Sutra Shojohogyo établit que le bodhisattva Gakko* apparut là-bas sous le nom de Yan-Hui, le bodhisattva Kojo* y apparut sous la forme de Confucius, et le bodhisattva Kasho sous celle de Lao-Zi. Puisque le sutra se place du point de vue de l'Inde, il désigne la Chine par les mots "là-bas".
[...] Dans le Guketsu, Zhanlan* commente ce passage ainsi : "Tout en étant moines, ils détruisent les enseignements du bouddhisme. Certains renoncent à leur voeu pour retourner à la vie laïque comme le fit Wei Yuansong. Puis, en tant que laïcs, ils s'emploient à détruire les enseignements du bouddhisme. Les hommes de cette sorte volent et s'approprient les enseignements corrects du bouddhisme qu'ils utilisent pour compléter et cautionner les écrits erronés. Les termes "ramener vers le bas ce qui est élevé" signifient que, en adoptant le point de vue des taoïstes, ils prétendent que le coeur du taoïsme équivaut à l'essentiel du bouddhisme et mettent sur le même plan vérité et mensonge, sans le moindre argument pour le prouver. Ayant été autrefois bouddhistes, ils volent ce qui est correct et l'utilisent pour cautionner ce qui est erroné. Ils rabaissent les doctrines élevées des douze catégories et des quatre-vingt mille écrits du canon bouddhique et, les introduisant de force dans le contexte inférieur des deux chapitres et cinq mille mots de Lao-Zi, ils les utilisent pour interpréter les mots bas et erronés de ce texte. C'est ce que signifie "détruire ce qui est élevé et le ramener vers ce qui est bas".
[...] L'Ecole Hosso affirme : "De plus, les enseignements de Shubhakarasimha* descendent en droite ligne du bouddha Mahavairochana. Comment des hommes de cette sorte, qui sont des manifestations du Bouddha, pourraient s'être trompés. Le Sutra Kegon dit : "Certains perçoivent qu'un nombre incalculable de kalpa s'est écoulé depuis que le Bouddha Shakyamuni atteignit l'Eveil " et le Sutra Vairocana*  dit : "Je [Vairocana] suis la source et le commencement de toutes choses." Pourquoi certains prétendent que seul le chapitre Juryo* (XVI) du Sutra du Lotus énonce le principe de l'Eveil du Bouddha dans un passé illimité ? Ils se comportent comme des grenouilles au fond d'un puits qui n'ont jamais vu le grand océan, et sont semblables à des montagnards ignorants qui n'ont jamais vu la capitale : "Vous ne voyez que le chapitre Juryo* (XVI) sans rien connaître des sutras Kegon*, Vairocana* et autres. Pensez-vous qu'à part Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho*, les habitants d'Inde et de Chine, de Silla et de Paekche, croient, que ces deux principes ne se trouvent que dans le Sutra du Lotus ? "
[...] Zhiyi* déclara : "Ce sera bien pire dans l'avenir* parce que le Sutra du Lotus est très difficile à enseigner. La nature humaine est difficile à réformer"(réf.) Zhanlan* commenta en disant  : "Ceux qui ne se sont pas encore libérés des entraves éprouvent de la haine et ceux qui ne prennent aucun plaisir à écouter la doctrine ressentent de la jalousie."(réf.)
[...] Chacun de ses caractères en particulier a la qualité de myo [mystique], ce qui en fait l'équivalent d'un bouddha doté des trente-deux traits distinctifs et des quatre-vingts caractéristiques physiques. Chacun des dix mondes-états manifeste son propre état de bouddha. Comme l'écrit Zhanlan*  : "Si même l'état de bouddha est présent dans chacun des dix mondes-états, à plus forte raison, tous les autres états sont naturellement présents aussi."(réf.)
[...] 2 Pourtant, parmi cette multitude de nouveaux arrivants, il ne reconnaissait personne - et ceci en dépit du fait qu'il avait voyagé dans les dix directions, servi divers bouddhas, et qu'il était bien connu parmi la multitude."(réf.) Zhanlan* commente  : "Les hommes sages savent reconnaître les présages et ce qu'ils annoncent, de même que les serpents connaissent les mœurs des serpents."(réf.) Le sens de ces passages et commentaires est parfaitement clair. En effet, depuis l'Eveil de Shakyamuni jusqu'à l'assemblée du Pic du Vautour, dans toutes les terres des dix directions, personne n'avait jamais vu ou entendu parler d'êtres semblables à ces bodhisattvas Surgis de Terre.
[...] 2 Les adeptes de ces écoles qui ignorent les enseignements du chapitre Juryo* (XVI) sont, eux aussi, comparables à des bêtes sauvages. Ils ne comprennent pas à qui ils sont redevables. C'est pourquoi Zhanlan* dit  : "Parmi tous les enseignements exposés par le Bouddha de son vivant, seul le chapitre Juryo* (XVI) révèle la véritable durée de la vie du Bouddha. Il est nécessaire de connaître l'âge de son père et de sa mère. Si un fils ne connaît même pas l'âge de son père, il ne saura pas non plus sur quel royaume son père règne. Même avec certains talents et des capacités, il n'est absolument pas digne du nom de fils véritablement humain  ! "(réf.)
[...] 2 Le Grand-maître* Zhanlan* vivait à l'ère Tian-bao [742-755], dans la dernière période de la dynastie Tang. Il affirme qu'après avoir étudié de manière complète et approfondie les écoles Sanron, Kegon, Hosso et Shingon ainsi que les sutras sur lesquels elles s'appuient, si l'on ne reconnaît pas le Bouddha du chapitre Juryo* (XVI), l'on n'est rien de plus qu'un animal doté de talent et de capacités mais qui ne sait même pas quel royaume son père gouverne. Le passage : "même avec certains talents et des capacités" se réfère à des hommes comme Fa-zang et Cheng-guan de l'école Kegon ou à Shubhakarasimha* de l'école Shingon. Ces maîtres possédaient talent et capacités, mais ils étaient comparables à des fils qui ne reconnaissent même pas leur propre père.
[...] 2 Dans le chapitre Hosshi* (X) du Sutra du Lotus, le Bouddha dit : "Parmi tous les sutras que j'ai enseignés, que j'enseigne maintenant, et que j'enseignerai, le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et le plus difficile à comprendre." Zhanlan* commente  : "Même si certains sutras se disent le roi de tous les sutras, aucun autre ne se présente comme le plus élevé de tous les sutras passés, présents, ou à venir."(réf.) II dit aussi  : "Devant ce merveilleux sutra qui surpasse tous ceux du passé, du présent et de l'avenir, certains persistent à faire fausse route. Ils commettent la faute grave d'opposition au Dharma et se condamnent à l'enfer pour de nombreux kalpas."(réf.)
[...] 2 Dans le huitième volume du Hokke Mongu Ki*, Zhanlan* fait le commentaire suivant  : "Ce passage décrit trois groupes de personnes arrogantes. Une première partie désigne les personnes aux vues erronées. Elle décrit l'arrogance et la présomption des personnes ordinaires. La deuxième partie expose l'arrogance et la présomption de certains moines bouddhistes. La troisième partie dénonce l'arrogance et la présomption de ceux qui se croient des sages. Parmi ces trois groupes de personnes arrogantes, le premier est supportable. Le deuxième est plus redoutable que le premier et le troisième est le plus dangereux de tous. Cela parce que le second est plus difficile à démasquer que le premier et le troisième, encore davantage."
[...] 2 A la lumière du soleil et de la lune que sont les sutras du Lotus et du Nirvana, ou dans les clairs miroirs que sont les écrits de Zhanlan* et de Zhi-du*, nous percevons pleinement le visage hideux des adeptes du Zen, du Ritsu et du Nembutsu dans le Japon d'aujourd'hui.
[...] 2 [Le passage du chapitre Kanji* (XIII) cité plus tôt mentionnait trois groupes de personnes : d'abord celui des "nombreux ignorants", puis celui des "moines de cette époque mauvaise" et enfin celui des "moines vêtus de haillons"]. La première catégorie, celle des ignorants, se compose des croyants laïques grands bienfaiteurs des moines des deuxième et troisième catégories. A ce sujet, le Grand-maître* Zhanlan*, dans son commentaire [sur les personnes du premier groupe], explique qu'elles illustrent l'arrogance et la présomption "des hommes ordinaires". Et le moine Zhi-du* décrit la manière dont ils "enverront des dénonciations au gouvernement" [pour s'opposer au Dharma et aux pratiquants].
[...] 2 [De telles affirmations ont déjà été réfutées]. Dans le dixième volume du Hokke Mongu Ki*, Zhanlan* affirme  : "Si les gens se trompent ainsi, c'est probablement qu'ils ignorent la grandeur du bienfait que même un débutant peut obtenir [par la pratique du Sutra du Lotus]. Ils supposent que le bienfait est réservé à ceux qui pratiquent depuis déjà longtemps et oublient le bienfait des débuts de pratique. C'est pourquoi je vais maintenant démontrer que même une pratique récente procure un profond bienfait et prouver ainsi le grand pouvoir du Sutra du Lotus. "
[...] 2 Il est dit dans le Sutra du Nirvana : "Nous étions des hommes aux conceptions erronées." Zhanlan* explique cela ainsi : "Le Bouddha se réfère à trois formes d'enseignement (note) [antérieurs au Sutra du Lotus] et dit qu'elles peuvent tous être considérées comme des conceptions erronées."(réf.) Et on lit dans le Maka Shikan : "Dans le Sutra du Nirvana, il est dit  : 'Jusqu'au moment où fut exposé le Sutra du Lotus, nous étions des hommes aux conceptions erronées.' Et ce qui est erroné est nuisible, n'est-il pas vrai  ? "
[...] 2
Zhanlan* affirme dans le Guketsu  : "Les conceptions erronées sont nuisibles. C'est pourquoi nous devons comprendre que seuls les enseignements parfaits* [qui révèlent la vérité] sont bénéfiques. Mais cela a deux sens différents. Ce qui est conforme à la vérité doit être considéré comme bénéfique et ce qui va contre la vérité doit être considéré comme nuisible. C'est le premier sens d'un point de vue relatif. [Mais d'un point de vue absolu, ] l'attachement est mauvais et briser l'attachement est bon. Du point de vue relatif comme du point de vue absolu, nous devons abandonner tout ce qui est mauvais. L'attachement aux enseignements parfaits* des trois enseignements antérieurs au Sutra du Lotus est mauvais et l'attachement aux enseignements inférieurs est naturellement bien pire."
[...] 2 [A propos des personnes de ce type, ] Zhanlan* écrit  : "Le troisième [groupe] est le plus dangereux de tous. [Cela], parce que le deuxième est plus difficile à démasquer que le premier, et le troisième encore davantage." Et il est dit dans le Toshun  : "Troisièmement, dans la partie concernant "les moines vivant dans la forêt", trois vers évoquent les moines qui se font passer pour des sages et utilisent leur position pour rassembler autour d'eux toutes les autres personnes mauvaises."
[...] 2 Mais ces hommes ne ressemblent pas aux moines vivant dans la forêt "vêtus de haillons et vivant retirés" qui sont décrits dans le Sutra, pas plus qu'ils ne semblent appartenir à la catégorie de ceux qui sont "respectés et révérés par le monde comme des arhats dotés des six pouvoirs mystiques." Ils ne ressemblent pas aux hommes du troisième groupe qui, comme disait Zhanlan*, "sont, de tous, les plus difficile à démasquer". Il se pourrait donc que ces mots désignent des hommes tels que Shoichi de Kyoto et Ryokan de Kamakura. [Même s'ils sont ainsi dénoncés, ] il ne sert à rien de haïr les autres. Lorsque l'on a des yeux, il faut comparer sa propre conduite avec ce qui est écrit dans les sutras.
[...] 2 On lit dans le premier volume du Maka Shikan : "Rien n'égale en clarté et en sérénité la méditation shikan." Dans le premier volume du Guketsu, Zhanlan* écrit  : "Depuis l'époque où l'empereur Ming de la dynastie Han postérieurs rêva (note) [du Bouddha], jusqu'à la dynastie Chen, où vécut le Grand-maître* Zhiyi*, nombreux furent ceux qui firent partie de l'école Zen et à qui furent transmis la robe et le bol à aumônes" (note). Le Fuchu explique cela en disant : "La transmission de la robe et du bol à aumônes désigne la succession des patriarches du Zen à partir de Bodhidharma."
[...] 2 Dans le septième volume du Guketsu, on lit ce commentaire de Zhanlan*  : "Les moines qui placent les écrits avant toute chose" désignent ceux qui ne parviennent à aucune perception ou compréhension intérieure [par la méditation] et ne se préoccupent que des aspects extérieurs du Dharma. "Les maîtres Zen [qui] donnent la priorité à la méditation" se réfère aux hommes qui ne trouvent ni vérité ni sagesse par la méditation et ne se préoccupent que des techniques de contrôle de la respiration. Ils sont incapables d'éliminer les illusions fondamentales. "Certains maîtres Zen se consacrent entièrement à la méditation qui est l'un des dix éléments", indique [de la part de Zhiyi*] une certaine indulgence, mais finalement il conclut que leur méditation ne les mène jamais à aucune perception ou compréhension intérieure.
[...] 2 Dans le septième volume du Guketsu, Zhanlan* commente  : "Le texte parle du "maître Zen de Ye et de Lo". Ye se trouve dans Xiangzhou et fut la capitale des dynasties Qi et Wei. [Bodhidharma], le fondateur du Zen, fit prospérer le bouddhisme en ce lieu et convertit les gens de la région. Le Grand-maître* Zhiyi*, par égard pour les hommes de son temps, omet de préciser un nom [Bodhidharma]. Lo se réfère à la ville de Loyang."
[...] 2 Il est dit dans le Sutra Hatsunaion en six volumes (réf.) : "Le plus grave ne peut pas se voir. Cela signifie que les pires actions, celles des icchantika, sont impossibles à percevoir." Ou, comme le disait Zhanlan*, "le troisième [groupe] est le plus dangereux de tous. Cela est dû au fait que... le troisième est le plus difficile à démasquer."
[...] 2 Dans le Guketsu, Zhanlan* commente ce passage ainsi  : "A propos des deux méthodes de propagation de l'enseignement du Bouddha, il est écrit dans le Sutra du Nirvana  : "Portez des sabres et des bâtons" et dans le troisième volume il est dit que les défenseurs du Dharma correct n'ont pas besoin d'observer les cinq préceptes ou de respecter les règles de la conduite correcte... Et plus loin, il y est relaté que le roi Sen'yo mit à mort ceux qui s'opposaient au Dharma. On lit encore : "Le nouveau médecin, [sachant que le médicament que les gens avaient utilisé était du poison] leur interdit de le prendre en disant  : "Quiconque prendra encore de ce médicament, sera décapité." (note) Tous ces passages décrivent la méthode de shakubuku, face à ceux qui s'opposent au Dharma. Aucun sutra ou traité ne s'écarte de l'une ou l'autre de ces méthodes."
[...] 2 Les savants-maîtres* de notre époque trouvent probablement les doutes que vous formulez tout à fait justifiés. De sorte que, malgré tous mes efforts pour convaincre mes propres disciples, ils ne semblent pas avoir encore surmonté leurs doutes. Ils se comportent comme des icchantika. J'ai donc cité ces explications de Zhiyi*, Zhanlan* et d'autres afin de faire taire leurs critiques non fondées.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

C’est la raison pour laquelle lorsque nous, les êtres, mourrons, ériger un toba et faire l’offrande de l’ouverture des yeux, c’est l’Eveil de la mort, donc l’Eveil des végétaux. Dans le premier volume du Maka Shikan, il est dit : “Il n’est pas une couleur, pas une odeur qui ne soit dans la voie de la médianeté”. Zhanlan* commente : “Et, de plus, la couleur et l’odeur permettent la Voie du milieu. La nature de bouddha chez le non sensitif étonne l’oreille et trouble le cœur”. Cette couleur, quelle est-elle, parmi les cinq couleurs  ? Ces dernières - le bleu, le jaune, le rouge, le blanc et le noir - sont traduites par “une couleur”. “Une” exprime la nature des dharmas. C’est en ce sens que Zhanlan traduit par “la couleur et l’odeur permettent la voie du milieu”. Le Grand-maître* Zhiyi* traduit lui aussi par “qui ne soit dans la voie de la médianeté”. Le “Un” de “Une couleur, une odeur” n’est pas le chiffre “un” par rapport à “deux” ou “trois”. Ce “un” désigne la nature des dharmas de la voie du milieu. En fait, il ne peut pas ne pas comporter dix mondes-états, trois mille, le sujet et environnement. Cette couleur et cette odeur désignent la bodhéité des végétaux, c’est-à-dire la bodhéité de la fleur du lotus. Couleur et odeur, fleur du Lotus ; bien que les mots soient différents, ils désignent le fait que les herbes et les arbres deviennent Bouddha.
[...] Le domaine des êtres, le domaine des cinq ombres, le domaine du territoire ; ces trois domaines relèvent du sensitif et du non sensitif. Ce grand mandala est établi en agitant la doctrine d'ichinen sanzen (Une pensée trois mille). Il s’agit d’une doctrine que les faux érudits de notre époque ne peuvent pas connaître même en rêve. Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* la connaissaient intérieurement mais ne l’ont pas propagé. Ils clamaient “une couleur, un parfum” et murmuraient que cela trouble les oreilles et stupéfie les cœurs. Ils nommaient maka shikan parfait et soudain ce qu’ils auraient dû appeler Myohorenge. Ainsi, l’Eveil des végétaux est l’Eveil des morts. Peu de personnes connaissent cette doctrine. C’est une doctrine sur laquelle l’on se méprend parce que l’on ignore Myohorenge. Ne l’oubliez surtout pas.
Transmission orale sur l’éveil des végétaux (20 février 1272 à Sairenbo)

Zhanlan* fit à ce sujet la remarque suivante : "La pratique est peu profonde mais ses résultats sont très profonds. Cela prouve le pouvoir du Sutra."(réf.) Puisque c'est grâce à ce Sutra que la Fille-dragon put atteindre la bodhéité, même si le Bouddha ne l'en avait pas fortement dissuadée, comment aurait-elle jamais pu abandonner un pratiquant du Sutra du Lotus ?
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Dans un autre texte du Maka Shikan, on lit  : "Chaque monde-état comporte les Trois Principes de différentiation." Question - Le principe d'ichinen sanzen est-il expliqué dans le Hokke Gengi  ? Réponse - Zhanlan* dit que non. Question. - Est-il donc expliqué dans le Hokke Mongu*   ? Réponse - Zhanlan* dit que non. Question - Quels mots emploie-t-il exactement  ?Réponse - Il dit : "Ni l'un ni l'autre ne mentionnent ichinen sanzen" Question - L'expression ichinen sanzen apparaît-elle dans l'un des quatre premiers volumes du Maka Shikan ? Réponse - Non. Question - Comment peut-on le prouver  ? Réponse - Zhanlan* déclare  : "Quand, finalement, dans le Maka Shikan Zhiyi* révéla comment percevoir la véritable nature de la vie, il utilisa aussi l'expression "trois mille mondes" pour la faire comprendre. (réf.) Question. - Il est dit dans le deuxième volume du Hokke Gengi : "Chacun des dix mondes-états contient les neuf autres, et dans les cent états, se trouvent "mille modalités d'expression de la vie." Dans le premier volume du Hokke Mongu*, on lit : "Chaque faculté cognitive (note) possède les dix mondes-états, chacun d'eux comprenant encore en lui tous les dix. Puisque chacun de ces cent états comporte les Dix modalités d'expression de la vie, on arrive au total de mille." Dans le Kannon Gengi on trouve aussi la phrase : "Il y a inclusion mutuelle des dix états, ce qui constitue cent états. Toute forme de vie possède de manière inhérente mille Modalités d'expression même si elles sont invisibles." Cette expression ichinen sanzen apparaît-elle dans l'un des quatre premiers volumes du Maka Shikan  ? Réponse - Zhanlan* déclare qu'elle ne s'y trouve pas. Question - Quels mots emploie-t-il exactement  ? Réponse - On lit dans le cinquième volume du Guketsu  : "Comparés au chapitre sept, les chapitres précédents ne décrivent pas encore la pratique dans sa totalité. Mais ils exposent les vingt-cinq exercices préparatoires (note) qui mènent à la compréhension et donnent ainsi les moyens d'arriver à la pratique correcte. Les six premiers chapitres ont donc pour fonction d'amener à comprendre." Et, dans le même volume, on lit encore : "Quand il révéla finalement dans le Maka Shikan comment percevoir la véritable nature de la vie, il utilisa l'expression "trois mille mondes" pour la faire comprendre. C'est la vérité ultime contenue dans ses enseignements.
[...] Le Grand-maître* Zhiyi* déclare dans son Hokke Mongu* : "Le Bouddha a dit aux bodhisattvas Surgis de Terre : "Vous êtes mes véritables disciples, destinés à propager le Dharma auquel je me suis éveillé." Zhanlan* déclare, dans le Hokke Mongu Ki*  : "Quand les fils propagent les enseignements de leur père, ils peuvent sauver tous les êtres." Daoxian commente cela ainsi dans son Fusho Ki : "Parce que le Dharma fut exposé par le Bouddha Atemporel (honbutsu), il fut confié à ses disciples atemporels."(réf.)
[...] Les grands bodhisattvas de l'enseignement théorique sont partis et toutes les divinités, ayant déserté le pays, ne le protègent plus. C'est à ce moment précis que les bodhisattvas Surgis de Terre apparaissent dans le monde pour donner le remède de Namu Myoho Renge Kyo aux personnes ignorantes des Derniers jours du Dharma. C'est ce que Zhanlan* veut dire lorsqu'il déclare  : "Même s'ils décrient le véritable enseignement et tombent dans les voies mauvaises, ils créent les causes qui leur permettront un jour d'atteindre la bodhéité."
[...] Il est prédit dans le chapitre Yakuo* (XXIII) du Sutra du Lotus que dans la deuxième moitié du millénaire qui suivra la mort du Bouddha, le Sutra du Lotus se répandra largement dans le monde. Zhiyi* prédit  : "Dans la cinquième période de cinq cents ans, la Voie mystique se répandra et bénéficiera à l'humanité pendant longtemps dans l'avenir."(réf.) Zhanlan* déclare  : "Au début des Derniers jours, le Dharma mystique apportera ses bienfaits à l'humanité."(réf.)
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

J'ai examiné attentivement votre question concernant la doctrine bouddhique. Le bienfait du Sutra du Lotus ne peut être compris et partagé que par les bouddhas. C'est une sorte d'Eveil que même la sagesse des émanations du Bouddha Shakyamuni dans l'univers entier a grand peine à concevoir. C'est pourquoi, comme vous le savez, le Grand-maître* Zhiyi* a défini le mot Myo [de Namu Myoho Renge Kyo] comme ce qui est mystérieux. Le Sutra prône une grande diversité de pratiques, mais seuls Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* ont su en comprendre le sens profond.
Lettre à Gijo-bo (Sado, mai 1273, à Gijo-bo)

Tous les êtres et leur environnement dans chacun des dix mondes-états - du plus bas, l'état d'enfer, au plus élevé, l'état de bouddha - sont tous sans exception les manifestations de Myoho Renge Kyo. S'il y a environnement, un sujet s'y trouve nécessairement. Zhanlan* déclare  : "Le sujet (shoho) aussi bien que son environnement (eho) sont toujours des manifestations de Myoho Renge Kyo."(réf.) Il dit encore  : "L'aspect réel se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités d'expression de la vie (nyoze). Les dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) Et  : "Le sujet et l'environnement de l'enfer sont contenus tous deux dans la vie du bouddha. Par ailleurs, la vie et l'environnement du Bouddha ne transcendent pas la vie des personnes ordinaires."(réf.)
[...] Nichiren est le seul à avoir jamais enseigné une telle doctrine. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* la connaissaient dans leur coeur mais ils ne la proclamèrent pas à voix haute. Il y avait des raisons à leur silence : le Bouddha ne leur avait pas confié cette mission, le temps n'était pas encore venu et ils n'avaient pas été les disciples du Bouddha dans le passé illimité. Seuls Jogyo, Muhengyo, et les autres guides des bodhisattvas Surgis de Terre peuvent apparaître dans les cinq cents premières années des Derniers jours du Dharma pour propager les cinq caractères de Myoho Renge Kyo. Eux seuls sont qualifiés pour inscrire l'objet de vénération qui matérialise la cérémonie au cours de laquelle les deux bouddhas s'assirent côte à côte dans la Tour aux Trésors. Car ce Dharma et l'objet de vénération sont tous deux la concrétisation du principe d'ichinen sanzen révélé dans le chapitre Juryo* (XVI) de l'enseignement essentiel*.
La véritable réalité de la vie (Sado - Ichinosawa, mai 1273 à Sairen-bo)

On peut lire dans le quatrième volume du Sutra du Lotus : "Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, cela ne sera-t-il pas pire encore dans le monde après son trépas  ? "(réf.) Le Grand-maître* Zhiyi* a déclaré  : "Cela sera pire encore à l'avenir car le Sutra du Lotus est difficile à enseigner."(réf.) Le Grand-maître* Zhanlan* expliqua cela ainsi  : "Zhiyi* déclare le Sutra du Lotus "difficile à enseigner" pour nous indiquer combien il est difficile de le faire comprendre."(réf.) Le moine Zhi-du* déclara  : "On dit qu'un bon médicament a un goût amer. De même, ce Sutra brise les attachements aux Cinq Véhicules et établit l'enseignement suprême et unique.
[...] Le Grand-maître* Zhanlan* a dit  : "Le Dharma bouddhique a disparu en Inde, on doit maintenant le chercher ailleurs."(réf.) Cette phrase indique qu'il n'y a plus de bouddhisme en Inde. Il y a cent cinquante ans en Chine, sous le règne de l'empereur Gao-zong, les barbares du Nord envahirent la capitale de l'Est, détruisant le peu qui restait du bouddhisme en même temps que l'ordre politique.
[...] C'est pourquoi Zunshi a déclaré  : "Le bouddhisme s'est d'abord transmis à partir de l'ouest, comme la lune apparaît d'abord à l'ouest. Maintenant le bouddhisme revient de l'est, comme le soleil se lève à l'est."(réf.) Les propos de Zhanlan* et de Zunshi établissent clairement que le bouddhisme a disparu en Inde comme en Chine.
[...] Il faut comprendre que ces grands présages, favorables comme défavorables, ne sont pas de nature ordinaire. Ils sont le signe que le Grand Dharma pur prend son essor et que le Dharma pur est en déclin. Zhiyi* a déclaré : "A la violence de la pluie, on reconnaît la force du dragon qui l'a causée  ; à l'épanouissement des fleurs de lotus, on reconnaît la profondeur de l'étang dans lequel elles poussent."(réf.) Zhanlan* a dit  : "Les sages comprennent les présages et ce qu'ils annoncent comme les serpents comprennent les moeurs des serpents."(réf.)
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

Moi, Nichiren, ai inscrit ma vie à l'encre sumi. Aussi croyez dans ce Gohonzon de tout votre coeur. La volonté du Bouddha est le Sutra du Lotus mais l'âme de Nichiren n'est autre que Namu Myoho Renge Kyo. Zhanlan* dit dans ses commentaires : "Au coeur du sutra se trouve révélée l'Eveil atemporel du Bouddha."(réf.)
Réponse à Kyo'o (Sado, août 1273, à Kyo'o, fille de Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Zhanlan* écrivit  : "Dans l'époque à venir des Derniers jours du Dharma, si une personne entend l'enseignement bouddhique, même brièvement, et a foi dans le Dharma, c'est que cette personne aura, dans une vie antérieure, planté la graine [du Sutra du Lotus]."(réf.) Et aussi  : "Ce n'est pas chose ordinaire que de naître à la fin de l'époque du Dharma formel et de pouvoir lire les paroles du Sutra véridique. C'est bien difficile si l'on n'a pas, dans une vie passée, créé un lien avec le Dharma merveilleux."(réf.)
[...] C'est pourquoi Zhiyi* écrivit  : "Les autres sutras ne promettent la bodhéité qu'aux personnes bonnes mais pas aux personnes mauvaises... Seul le Sutra du Lotus prédit que tous parviendront à la bodhéité."(réf.) Et Zhanlan* indique  : "Seul l'enseignement parfait* permet de changer le lien d'opposition en lien d'adhésion. Les trois autres formes d'enseignement considèrent ces deux sortes de causalité [lien d'opposition et lien d'adhésion] comme strictement séparées."(réf.)
Réponse au seigneur Hakiri Saburo (Sado, 3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)

Et on lit dans le sixième volume du Sutra du Lotus : "Tout ce qui concerne la vie ou le travail n'est en rien différent de la réalité ultime (note)." Commentant la signification sous-jacente de ces citations, Zhanlan* enseigna que, bien que profonds, les deux premiers sutras restent superficiels comparés au Sutra du Lotus. Alors que ces sutras traitent des affaires du monde en termes bouddhiques, le Sutra du Lotus explique que les affaires du monde sont en fin de compte le bouddhisme.
Le don de riz (Minobu, date   1273 ? destinataire   ? )

Le Grand-maître* Zhanlan* écrivit dans le septième volume de son commentaire, le Hokke Mongu Ki*  : "A l'époque des Derniers jours du Dharma, si une personne entend l'enseignement bouddhique, même brièvement, et a foi dans le Dharma c'est que cette personne aura, dans une vie antérieure, planté la graine [du Sutra du Lotus]."(réf.) Et il écrit aussi, dans le deuxième volume du Maka Shikan Bugyoden Guketsu  : "Ce n'est pas chose ordinaire que de naître à la fin de l'époque du Dharma formel et de pouvoir lire les paroles du Sutra véridique. C'est bien rare si l'on n'a pas, dans une vie passée, créé un lien avec le Dharma merveilleux."(réf.)
[...] C'est pourquoi Zhiyi* écrivit  : [La grande assemblée] fut témoin que seuls les bodhisattvas Surgis de Terre prirent cet engagement."(réf.) Et il rappelle aussi [que Shakyamuni dit]  : "Ce sont eux mes disciples, ceux qui sont destinés à propager mon Dharma."(réf.) Zhanlan* indique  : "Les fils répandront le Dharma du père."(réf.) Et Daoxian déclare  : "Parce que c'est le Dharma qui révèle l'atteinte de la bodhéité dans un passé illimité, il est transmis à ses disciples de ce passé illimité."(réf.) C'est ainsi que les cinq caractères Myoho Renge Kyo ont été confiés aux quatre bodhisattvas Surgis de Terre.
[...] C'est pourquoi Zhiyi* déclara : "L'intensité de la pluie permet d'imaginer la taille du dragon [qui l'a fait tomber] et la vue de la fleur de lotus permet de deviner la profondeur de l'étang [sur lequel elle pousse."(réf.) Quant à Zhanlan*, il écrivit  : "Les sages savent lire les présages et comprendre ce qu'ils annoncent, comme les serpents savent reconnaître la trace des serpents."(réf.)
Réfuter l'opposition au Dharma bouddhique pour se libérer de ses fautes passées (Sado, 1273 à Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela de la manière suivante  : "La véritable ainsité se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités d'expression de la vie. Les dix modalités (nyoze) sont immanquablement en jeu dans les dix mondes-états et les dix mondes-états comprennent, immanquablement, à la fois le sujet et son environnement."
[...] Le Grand-maître* Zhiyi*, dans son Maka Shikan, déclare : "L'ignorance et l'illusion ne sont pas, par essence, différentes de l'Eveil. Mais en raison de l'obscurité, c'est l'ignorance qui se manifeste plutôt que l'Eveil." Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela de la manière suivante : "L'Eveil ne constitue pas une entité séparée, elle fait intégralement partie de l'obscurité fondamentale ; et l'obscurité fondamentale n'est pas une entité distincte, elle fait entièrement partie de l'Eveil."
[...] On trouve une autre bonne explication dans le passage suivant du 6e volume du Hokke Gengi Shakusen de Zhanlan*  : "Tant que les trois mille mondes [d'ichinen sanzen], demeurent latents [chez les êtres ordinaires], on les appelle tous "l'obscurité". Mais quand les trois mille mondes manifestent l'effet [de la bodhéité], on peut tous les appeler "bonheur éternel". Dans les deux cas, puisque le principe d'ichinen sanzen est immuable, l'obscurité fondamentale ne fait essentiellement qu'une avec l'Eveil. Puisque les trois mille mondes restent tous constants, ils sont à la fois l'ainsité et fonction." C'est un point parfaitement clarifié par ce commentaire.
[...] Le Grand-maître* Zhanlan* écrivit aussi  : "En interprétant ces sept paraboles, il faut comprendre renge (lotus) dans chacune d'elles en faisant la distinction entre enseignements provisoires et définitifs. Pourquoi  ? Parce que les lotus, dans ce cas, ne sont rien d'autre que des images indiquant que les enseignements provisoires ont été exposés pour préparer l'enseignement définitif (jikkyo), et que les enseignements provisoires, en mûrissant, s'ouvrent pour révéler le fruit de l'enseignement définitif (jikkyo). Les sept paraboles devraient toutes être comprises de cette manière."(réf.)
[...] Parce que Zhiyi* et Zhanlan* le citent pour expliquer l'essence du Sutra du Lotus. Et dans son commentaire, le Grand-maître Saicho* écrit lui aussi  : "Question  : Quelle est l'essence du Sutra du Lotus  ? Réponse. C'est "le véritable aspect tous les phénomènes."(réf.) Ce commentaire élucide la question. (Les maîtres de l'époque ont conservé ce commentaire secret et n'ont pas révélé le nom de l'essence, mais ce passage fait clairement allusion à Myoho Renge.)
[...] Les trente-trois manifestations du bodhisattva Myoon* et les trente-trois manifestations du bodhisattva Kannon constituent des preuves supplémentaires. Car, comme il est dit dans le commentaire de Zhanlan*  : "S'ils n'avaient pas obtenu le pouvoir mystérieux de la parfaite liberté d'action donné par la méditation sur le Sutra du Lotus, comment pourraient-ils se manifester en ces trente-trois corps différents  ? "(réf.)
[...] Zhanlan*, à son tour, développe ce commentaire en disant  : "Ceux que l'on appelle ici les «éveillés» sont les bodhisattvas déjà libérés de l'ignorance. Par contre, les êtres ordinaires de l'Assemblée n'ont pas encore progressé au-delà du rang de "personnes de mérite" (note) et c'est pourquoi on les dit "encore dans l'illusion". (réf.)
[...]
Zhanlan* développe encore ce commentaire en appelant "éveillés" les bodhisattvas libérés de l'ignorance, et "personnes encore dans l'illusion" celles qui n'en étaient toujours pas libérées. Ce sont des affirmations on ne peut plus claires. Il se trouve des maîtres pour dire que, parmi les bodhisattvas instruits par le Bouddha sous sa forme transitoire, certains, sur la voie de la pratique de bodhisattva, étaient parvenus à la première étape de sécurité ou l'avaient dépassée, autrement dit qu'ils s'étaient déjà libérés de l'ignorance. Cette affirmation vient du fait qu'on leur avait appris qu'il était possible d'atteindre la bodhéité au moyen des divers sutras antérieurs au Sutra du Lotus, alors qu'en réalité, il n'en est rien.
[...] Zhanlan* fait le commentaire suivant : "Quand le Bouddha, transcendant son statut transitoire, révèle sa véritable identité, tous les auditeurs-shravakas parviennent à la première étape de sécurité."(réf.) Cela peut se comparer à ce qui a été dit plus haut des bodhisattvas "encore au stade des personnes de mérite"(note). Les auditeurs-shravakas des enseignements antérieurs au Sutra du Lotus ou de l'enseignement théorique* restent dans la catégorie des personnes dans l'illusion. Ce sont des bouddhas et des bodhisattvas qui ne se sont pas encore libérés de l'ignorance. C'est absolument vrai, on ne peut nier une telle vérité !
L'ainsité du Dharma merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

Zhanlan a dit : « Déjà Amida et Shakyamuni sont deux bouddhas différents, à plus forte raison les liens noués avec eux dans le lointain passé sont-ils différents; les chemins qu'ils indiquent vers la délivrance ne sont pas les mêmes. Les liens noués avec le Dharma bouddhique dépendent de leur production; leur développement dépend de la manière dont on les nourrit; quand ces liens ont été produits et nourris [chez d'autres bouddha] nous ne pouvons éprouver [pour ceux-ci] des sentiments de fils pour leur père (note). Attendre la venue d'Amida, comme font tous les Japonais de ce siècle, c'est comme si on voulait élever des veaux avec du lait de jument, comme si on voulait voir l'image de la lune dans un miroir de brique.» (réf.)
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1274, à Toki Jonin)

Le bodhisattva Nagarjuna écrivit : "Le Sutra du Lotus est comme un grand médecin qui change le poison en remède." Zhanlan* déclara  : "Comment serait-il possible de trouver la Terre de la lumière éternelle ailleurs qu'à Bodh-Gaya  ? Notre monde Saha n'existe pas en dehors de la Terre de bouddha."(réf.) Il dit aussi  : "L'aspect réel se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités. Les dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états, et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.)
Enfer et bodhéité (Minobu, le 11 juillet 1274 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Question : Vous avez dit plus haut que l'enseignement, la pratique et la preuve ne sont pas tous présents aux trois époques du Dharma correct, du Dharma formel et des Derniers jours du Dharma. Dans ce cas, comment expliquez-vous que le Grand-maître* Zhanlan* ait dit  : "Le début de l'époque des Derniers jours du Dharma ne sera pas sans bienfaits inapparents, car c'est l'époque où le grand enseignement sera propagé"  ? (réf.)
[...] L'enseignement, la pratique et la preuve de l'enseignement essentiel* du Sutra du Lotus [celui de notre époque] sont extrêmement différents de ceux du Hinayana, du Mahayana provisoire*, des enseignements antérieurs au Sutra du Lotus ou des enseignements théoriques* du Sutra du Lotus. C'est pourquoi, de nos jours, personne ne peut obtenir de bienfaits comparables à ceux des époques du Dharma correct et du Dharma formel. Le commentaire du Grand-maître* Zhanlan* indique que, puisque les bienfaits [à l'époque des Derniers jours du Dharma] sont inapparents, les gens ne les perçoivent et ne les comprennent pas.
[...] Il est dit, au chapitre Yakuo* (XXIII) du septième volume du Sutra du Lotus : "Ce Sutra est un bon remède pour les maladies de tous les habitants du Jambudvipa [de l'humanité tout entière]. Si une personne malade peut entendre ce Sutra, sa maladie guérira et elle ne souffrira ni de la vieillesse ni de la mort." Le Grand-maître* Zhanlan* a dit  : "Considérer que la cinquième période de cinq cents ans sera une époque où personne ne pourra obtenir de bienfaits est un point de vue superficiel. Le début des Derniers jours du Dharma ne sera pas sans bienfaits inapparents car c'est le moment où sera propagé le grand enseignement. Il correspond à l'époque que l'on appelle la cinquième période de cinq cents ans."
[...] Le Grand-maître* Zhanlan*, dans le traité cité plus haut, dit qu'une telle interprétation de la dernière période de cinq cents ans est "superficielle". D'un point de vue plus profond, cela indique que la propagation du Sutra du Lotus se fera pendant les dix mille ans et plus des Derniers jours du Dharma. C'est pourquoi le Grand-maître* Zhiyi* dit, à propos du passage [du chapitre Yakuo* (XXIII)] du Sutra, dans le Hokke Mongu* : "Ce ne sont pas seulement ceux qui vivent à l'époque du Bouddha qui obtiendront de grands bienfaits. Dans la cinquième période de cinq cents ans, la Voie mystique se propagera [et contribuera au bien-être de l'humanité] pour longtemps dans l'avenir."(réf.)
[...] Même en laissant de côté cette question, quel autre sutra enseigne l'implication réciproque des dix mondes-états, ou la possibilité pour les végétaux de manifester l'état de Bouddha  ? Zhiyi* a expliqué [ce principe de l'Eveil des végétaux] (note) en disant  : "Tout ce qui est doté de couleur et de parfum est une manifestation de la Voie du milieu." Le Grand-maître* Zhanlan* ajoute qu'un principe aussi étonnant que celui de l'atteinte de la bodhéité par les êtres non sensitifs surprendra probablement beaucoup ceux qui l'entendront et suscitera chez eux des doutes. Peut-on confondre de tels commentaires avec les interprétations erronées de Ennin* et Enchin prétendant que le Sutra Vairocana* est égal au Sutra du Lotus du point de vue de la doctrine mais lui est supérieur du point de vue de la pratique?
[...] Les tenants du Ritsu transgressent les préceptes avec autant de violence qu'une montagne s'effondre ou qu'une rivière déborde. Loin de pouvoir atteindre la bodhéité, ils ne pourront même pas renaître dans les mondes-états des hommes ou du ciel. Le Grand-maître* Zhanlan* a dit  : "Ceux qui observent ne serait-ce qu'un précepte pourront renaître en tant qu'être humain, mais ceux qui transgressent ne serait-ce qu'un précepte, tomberont dans les trois mauvaises voies. (réf.)
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

Il est dit, dans le quatrième volume du Sutra du Lotus, au chapitre chapitre Hosshi* (X) : "Même si une personne mauvaise, à l'esprit dépourvu de toute bonté, apparaissait devant le Bouddha pendant la durée d'un kalpa, et le maudissait et l'injuriait sans cesse, sa faute serait encore légère. Tandis que la personne qui prononcerait ne serait-ce qu'un seul mot de médisance ou d'insulte à l'égard des laïcs, des moines ou des nonnes qui lisent et récitent le Sutra du Lotus, commettrait une faute très grave." Le Grand-maître* Zhanlan* commente ce passage ainsi  : "Les bienfaits que procure le Sutra et les principes qu'il enseigne sont de tous les plus élevés. C'est la raison d'une telle déclaration. Rien de pareil n'est dit à propos d'aucun autre sutra."(réf.)
[...] "Si une personne recherche la voie du Bouddha / et pendant toute la durée d'un kalpa / [joint les mains en (sa) présence et récite d'innombrables vers élogieux / ces éloges du Bouddha lui vaudront d'incommensurables bienfaits.] Et ceux qui font l'éloge et défendent les pratiquants de ce Sutra obtiendront une bonne fortune encore plus grande." Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela ainsi  : "Ceux qui infligent des vexations ou des troubles [aux pratiquants du Sutra du Lotus] auront la tête brisée en sept morceaux" (réf.). Mais ceux qui leur font des dons goûteront une bonne fortune supérieure à celle de bouddha dotés des dix titres honorables."(réf.)
[...] Il y a bien longtemps, en pleine période de famine, vivait un chasseur. Malgré la disette, il offrit un bol de millet à un pratyekabuddha nommé Rida. Cela lui valut de renaître riche et dans les mondes-états des hommes et du ciel pendant une durée de quatre-vingt-onze kalpa. Il renaquit en ce monde sous la forme d'Aniruddha, un disciple du Bouddha, doté de clairvoyance divine, aux capacités de discernement sans égales. Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela ainsi  : "Un plat de millet est un don minime. Mais parce que celui qui l'offrait donnait tout ce qu'il possédait, et que celui qui le recevait était particulièrement digne de respect, l'auteur de ce don en a été récompensé par de merveilleux bienfaits."(réf.)
[...] Il est dit que les bienfaits ainsi obtenus [en honorant le pratiquant du Sutra du Lotus] sont cent, mille, dix mille, cent mille fois supérieurs à ceux que procure une croyance manifestée par l'action, la parole et la pensée, et des dons au corps vivant du Bouddha pendant la totalité d'un kalpa. C'est ce que veut dire le Grand-maître* Zhanlan* lorsqu'il écrit : "On goûtera une bonne fortune plus grande que celle d'un bouddha doté des dix titres honorables."(réf.)
[...] Les dix titres honorables sont dix épithètes honorifiques attribués au Bouddha. Zhanlan* dit que les bienfaits obtenus en faisant des offrandes au Pratiquant du Sutra du Lotus à l'époque des Derniers jours du Dharma sont plus grands que ceux qui découlent des offrandes à un bouddha doté des dix titres honorables. C'est l'un des vingt points (note) cités par le Grand-maître* Zhanlan* comme preuve de la supériorité du Sutra du Lotus sur tous les autres sutras.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Question : Les passages de sutras que vous avez cités sont clairs. Y a-t-il des prédictions de Zhiyi*, Zhanlan* et de Saicho* appuyant également votre point de vue ? Réponse : Vous posez la question à l'envers  ! Quand on vous cite des commentaires, vous pouvez demander s'il y a des sutras pour les appuyer. Mais, si les passages des sutras sont clairs, il n'y à rien à rechercher dans les commentaires. Si vous trouviez des contradictions entre les sutras et les commentaires, suivriez-vous les commentaires en abandonnant les sutras ?
[...] Question : Vous avez entièrement raison. Mais pour des personnes ordinaires les sutras sont difficiles à comprendre. Les commentaires sont plus accessibles. S'il y a aussi des passages probants et clairs dans les commentaires, ils renforceront d'autant plus notre croyance. Réponse : Parce que votre question est sincère, je vais vous citer les quelques passages de commentaires. Zhiyi* a déclaré  : "Dans la cinquième période de cinq cents ans, la Voie mystique se propagera pour longtemps dans l'avenir."(réf.) Zhanlan* a dit : "Le début des Derniers jours du Dharma ne sera pas sans bienfaits inapparents (myoyaku)."(réf.)
[...] Au cours de ces périodes, le Sutra du Lotus devait se propager à deux reprises : pendant les huit dernières années de la vie de Shakyamuni lorsqu'il enseigna le Sutra du Lotus et, après sa disparition, dans les premiers cinq cents ans de l'époque des Derniers jours du Dharma. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* n'ont pas vécu en ce monde au temps de Shakyamuni, lorsqu'il enseigna le Sutra du Lotus ; et ils ne naquirent pas non plus assez longtemps après sa disparition pour vivre à l'époque des Derniers jours du Dharma. Ils regrettèrent d'être nés dans la période intermédiaire entre ces deux époques, et leurs écrits montrent qu'ils auraient aimé connaître les Derniers jours du Dharma.
[...] Par conséquent si nous voulons comparer leurs mérites, nous pouvons dire que le Grand-maître* Saicho*, par l'ampleur de la tâche qu'il accomplit, surpassa Nagarjuna et Vasubandhu, et fut plus sage encore que Zhiyi* et Zhanlan*. S'il en est ainsi, comment, à notre époque au Japon, les moines des temples To-ji, Onjo-ji ou des sept grands temples et les adeptes des huit écoles et du Shingon, Zen ou Ritsu, peuvent-ils transgresser les préceptes parfaits du Grand-maître* Saicho*  ?
[...] Zhiyi* écrivit : "Il est vain de comparer le Chu Ron avec les enseignements du Sutra du Lotus."(réf.) Et ailleurs encore : "Vasubandhu et Nagarjuna perçurent clairement la vérité dans leur coeur mais ne l'enseignèrent pas. Exposant plutôt les enseignements du Mahayana provisoire*, ils agirent en fonction du temps."(réf.) Zhanlan* fit remarquer  : "Pour réfuter les conceptions erronées et pour établir la vérité le Chu Ron n'est en rien comparable au Sutra du Lotus."(réf.) Et Congyi* déclara  : "Nagarjuna et Vasubandhu ne soutiennent pas la comparaison avec Zhiyi*."
[...] Il était prédit, dans les troisième et neuvième volumes du Sutra du Nirvana, que lorsque les enseignements bouddhiques quitteraient l'Inde pour être transmis dans d'autres pays de nombreuses erreurs y seraient introduites et qu'il serait d'autant plus difficile, pour les personnes ordinaires, de parvenir à l'Eveil. Le Grand-maître* Zhanlan* fit remarquer : "Que les enseignements soient correctement compris ou non dépend des personnes qui les transmettent. Cela n'est pas déterminé par les propos originels du Sage."(réf.)
[...] Cette histoire a été relatée par Hanguang au Grand-maître* Zhanlan*. Après l'avoir entendue, Zhanlan* s'exclama : "Cela ne signifie-t-il pas que dans le pays d'origine du bouddhisme [en Inde], le Dharma est déjà perdu et qu'il doit être recherché aux quatre coins du monde  ? Mais même en Chine rares sont ceux qui reconnaissent la grandeur de l'enseignement de Zhiyi*. Ils sont comparables aux habitants de l'état de Lu qui ignoraient la grandeur de Confucius."(réf.)
[...] 2 Le Grand-maître* Zhanlan* dit à leur propos : "Cette troisième catégorie d'ennemis est la plus redoutable de toutes car la deuxième est déjà difficile à reconnaître et la troisième est la plus difficile à démasquer."(réf.)
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Le Grand-maître* Zhanlan* clarifie un peu plus ce passage en disant  : "Ceux qui s'opposeront à nous [aux personnes qui enseignent le Dharma] auront la tête brisée en sept morceaux (réf.), tandis que la bonne fortune de ceux qui [leur] feront des offrandes dépassera celle d'une personne dotée des dix titres honorables."(réf.) Autrement dit, faire un don au Pratiquant du Sutra du Lotus à l'époque des Derniers jours du Dharma procure de plus grands bienfaits que faire des offrandes au Bouddha doté des dix titres honorables. Et cela signifie aussi que ceux qui s'opposent au Pratiquant du Sutra du Lotus en cette époque impure auront la tête brisée en sept morceaux (réf.).
Lettre à Ko-no ama Gozen (Minobu le 16 juin 1275 à Ko-no ama Gozen)

De plus, chaque personne a deux divinités qui la suivent comme son ombre. L'une s'appelle Dosho et l'autre, Domyo. Perchées respectivement sur son épaule droite et son épaule gauche, elles rapportent [au ciel] toutes ses actions. Ainsi, le ciel ne punit jamais ceux qui n'ont pas commis de fautes. Encore moins les personnes de vertu comme vous. C'est pourquoi le Grand-maître* Zhanlan* déclara  : "La protection des divinités est fonction de la force de la foi."(réf.)
La suprématie du Dharma (Minobu, 4 août 1275, à Oto, fille de Nichimyo)

Renforcez votre foi, plus que jamais. Quiconque enseigne les vérités du bouddhisme aux autres encourt inévitablement la haine des laïcs, hommes et femmes, ainsi que celle des religieux et religieuses. Peu importe c e qu'ils disent. L'essentiel est de confier votre vie aux enseignements d'or du Sutra du Lotus, du Bouddha Shakyamuni, de Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho*, et Guanding*. C'est la manière correcte de pratiquer, en accord avec les enseignements du Bouddha. Il est écrit dans le Sutra du Lotus  : "Si quelqu'un enseigne le Sutra, ne serait-ce qu'un moment, dans l'époque effrayante à venir, il aura le soutien de tous les cieux."(réf.) Ce passage indique qu'à l'époque des Derniers jours du Dharma, lorsque domineront les personnes mauvaises en proie aux trois poisons, ceux qui adhéreront à l'enseignement correct, même pour peu de temps, seront aidés et soutenus par les cieux.
Les Remparts de la Foi (Minobu, 3 septembre 1275, à Sennichi-ama)

Ainsi, dans le Daichido Ron il est dit : "Aucun autre sutra n'est ésotérique mais le Sutra du Lotus est ésotérique." Dans le Maka Shikan, on lit : "Puisque le Sutra du Lotus a la capacité de guérir la maladie, on l'appelle aussi myo [mystique]." Zhanlan* dit  : Parce qu'il peut guérir ce que l'on pense incurable, on l'appelle myo [mystique]."(réf.)
[...] Aucun enseignement autre que le Dharma correct ne peut nous sauver ou nous protéger, c'est pourquoi il faut se consacrer au Dharma correct." Le Grand-maître* Zhanlan* écrivit  : "Shakyamuni lui-même dit dans le Sutra du Nirvana que le Sutra du Lotus est le plus élevé de ses enseignements."(réf.) Il écrit plus loin  : "Celui qui tombe par terre s'appuie sur le sol pour se relever. De la même façon, un homme mauvais, destiné à tomber en enfer, en s'opposant au Dharma correct, peut être sauvé par lui."(réf.)
La Guérison des Maladies Karmiques (Minobu, 3 novembre 1275, à Ota Jomyo)

C'est bien ce qu'écrivit le Grand-maître* Zhanlan*  : "Nous n'avons encore jamais entendu d'enseignement aussi lumineux que le Maka Shikan" et  : "Même les grands maîtres de l'Inde ne soutenaient pas la comparaison avec lui."(réf.) La doctrine d'ichinen sanzen, révélée dans le cinquième volume du Maka Shikan, est d'une profondeur toute particulière. Si vous la propagez, inévitablement, les démons se manifesteront. S'ils n'apparaissaient pas, il n'y aurait aucun moyen de savoir qu'il s'agit bien de l'enseignement correct. Un passage du même volume dit : Au fur et à mesure que la pratique progresse et que grandit la compréhension, les trois obstacles et les quatre démons apparaissent, rivalisant les uns avec les autres pour faire entrave... Ne vous laissez ni influencer ni effrayer par eux. Si vous tombez sous leur influence, vous serez entraînés dans les mauvaises voies. Et si vous les craignez, vous ne parviendrez pas à pratiquer le Dharma correct." Cette citation n'est pas seulement valable pour Nichiren, elle peut également guider ses disciples. Faites respectueusement de cet enseignement le vôtre et transmettez-le comme un principe de base de la foi aux générations à venir.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

A propos de ce passage, le Grand-maître* Zhanlan* a dit  : "Chaque direction correspond à l'un des six organes des sens. [Il a déjà été établi que] les yeux et le nez correspondent respectivement à l'est et à l'ouest. Par conséquent, les oreilles et la langue correspondent respectivement au nord et au sud. Le centre (note) correspond à l'esprit et les quatre directions au corps. Le corps est doté des quatre organes des sens auquel l'esprit est relié. Par conséquent, l'esprit induit l'intensification ou la diminution des fonctions sensorielles du corps."(réf.)
[...] Le bodhisattva Maitreya posa une question à ce sujet, et le bodhisattva Manjushri lui répondit que si ces présages avaient été d'une plus grande ampleur et d'une durée plus longue que lorsque d'autres sutras avaient été enseignés, c'est parce que les doutes étaient plus difficiles à dissiper. Ainsi, Zhanlan* déclara  : "Aucun sutra du Mahayana ne fut jamais exposé sans que se constitue une grande assemblée, sans qu'un rayon de lumière ne jaillisse [du front du Bouddha], sans que ne tombe du ciel une pluie de fleurs, ou sans que se produisent des tremblements de terre. Mais jamais jusqu'à présent les gens rassemblés n'avaient éprouvé des doutes plus grands."(réf.)
[...] C'est pourquoi, alors que, concernant les présages décrits dans le chapitre Jo* (I) du Sutra du Lotus, le bodhisattva Maitreya avait posé une question au bodhisattva Manjushri, au sujet des grands présages décrits dans le chapitre Yujutsu* (XV), il interrogea le Bouddha lui-même. Zhanlan* expliqua cela en disant  : "Puisque dans l'enseignement théorique* du Sutra du Lotus, le Dharma révélé était encore relativement peu profond et récent, Manjushri, avait la capacité de répondre à cette question. Par contre, l'Eveil du Bouddha dans un passé illimité était si difficile à comprendre que seul le Bouddha pouvait répondre à la question. (réf.)
Sur les présages (Minobu, 1275, à Shijo Kingo ?)

J'en ai besoin parce que les moines shingon depuis quelques temps se liguent contre moi. Apportez aussi avec vous les volumes 1 et 2 du Maka Shikan, [Grand Arret et Examen] de Zhiyi*. J'apprécierais aussi le Toshun commentaire sur le Hokke Mongu* de Zhiyi par Zhi-du* et le Fusho Ki commentaire de Zhanlan* sur le Hokke Mongu si vous pouvez vous les procurer. Empruntez l'exemplaire du Shuyo Shu* que possède Kanchi-bo, le disciple d'Enchi-bo. On m'a dit aussi qu'il est en possession d'autres écrits [sur le même sujet]. Pourriez-vous les emprunter également en lui disant que je les lui rendrai dès que possible  ? Cette année, la question de savoir, parmi tous les enseignements bouddhiques lesquels sont corrects et lesquels erronés sera définitivement résolue.
Moines du temple Seicho-ji (Minobu, le 11 janvier 1276 aux moines du temple Seicho-ji)

Et cela n'est pas seulement vrai au Japon. En Inde, au cours des mille ans qui suivirent la disparition du Bouddha, il y eut de grands érudits tels que Mahakashyapa, Ananda, Ashvaghosha, Nagarjuna, Asanga et Vasubandhu, qui entreprirent de propager le bouddhisme dans les cinq régions de l'Inde. Et, dans les premiers siècles qui suivirent l'introduction du bouddhisme en Chine, des hommes tels que Kashyapa Matanga et Chu Fa-lan, les Savants-maîtres* Kumarajiva, Huisi, Zhiyi* et Zhanlan* écrivirent des commentaires et firent connaître l'enseignement des sutras. Mais aucun d'eux ne conseilla jamais d'invoquer le Titre du Sutra du Lotus de la même manière que l'on invoque le nom du bouddha Amida. Ils se contentèrent de le réciter eux-mêmes, ou, lorsqu'ils donnèrent des cours sur le Sutra du Lotus, celui qui professait seul récitait [cette invocation, le daimoku].
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Telle fut la réalisation du Grand-maître* Zhiyi*. Pour les êtres vivants, ce principe se résume en "l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence"  ; et par rapport aux images peintes et aux sculptures en bois, c'est ce qu'on appelle "la bodhéité des plantes et des arbres". C'est pourquoi le Grand-maître* Guanding* écrivit  : "Cette méditation shikan procure une clarté et une sérénité sans pareilles, aucune autre avant elle ne lui est comparable"  ; (réf.) et voilà pourquoi il est dit par le Grand-maître* Zhanlan*  : "La révélation de l'existence de l'état de bouddha chez les êtres non sensitifs surprend et stupéfie ceux qui en entendent pour la première fois le principe."(réf.)
La consécration d'une statue du bouddha (Minobu, le 15 juillet 1276 à Shijo Kingo)

On peut admettre que certains, autrefois, se soient trompés sur le sens de ces passages, mais maintenant que de Grands Maîtres comme Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* en ont clarifié la signification, tous ceux qui ont des yeux devraient pouvoir le comprendre. Pourtant, alors que Ennin* et Enchin, de l'école Tendai, ont été eux-mêmes incapables d'en donner une interprétation correcte, comment les tenants des autres écoles pourraient-ils ne pas se tromper sur ce point ?
[...] Mais, [dans l'école de Zhiyi*] apparut un moine appelé le Grand-maître* Zhanlan*. Bien que né deux cents ans après le Grand-maître* Zhiyi*, il était d'une sagesse exceptionnelle et comprenait avec clarté les enseignements. Il perçut ainsi que l'essentiel des commentaires de Zhiyi* consistait à établir la supériorité du Sutra du Lotus sur le Sutra Jimmitsu* et sur l'école Hosso - introduits en Chine après la mort de Zhiyi* -, ainsi que sa supériorité sur l'école Kegon et sur l'école Shingon basée sur son Sutra Vairocana*, deux écoles établies précédemment en Chine.
[...] Jusque-là, soit parce que les disciples de Zhiyi* n'étaient pas assez sages pour discerner le vrai du faux, soit parce qu'ils redoutaient les autres ou les autorités, aucun n'avait osé dire quoi que ce soit. La compréhension correcte de ces enseignements était visiblement sur le point de se perdre, et les erreurs et les hérésies communément admises étaient plus graves encore que celles des écoles du Nord et du Sud [en Chine] aux époques antérieures aux dynasties Chen et Shui. Zhanlan* compila donc en trente volumes ses commentaires [sur l'oeuvre de Zhiyi*], connus sous le nom de Guketsu, Shakusen et Shoki. Ces trente volumes, non seulement servirent à éliminer les répétitions dans l'oeuvre de Zhiyi* et à élucider les points obscurs, mais ils réfutèrent d'un trait les écoles Hosso, Kegon et Shingon que n'avait pu réfuter Zhiyi* parce qu'elles n'existaient pas de son vivant.
[...] Cette histoire fut rapportée au Grand-maître* par Hanguang, disciple d'Amoghavajra*, et elle est relatée par Zhanlan* à la fin du dixième volume du Hokke Mongu Ki*, ainsi que dans le Ebyo Shu du Grand-maître* Saicho*. De ce passage, il ressort clairement que le Grand-maître* Saicho* estimait le Sutra Vairocana* inférieur au Sutra du Lotus.
[...] Il apparaît donc que le Bouddha Shakyamuni, ainsi que les Grands-maîtres Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* sont unanimes pour considérer le Sutra du Lotus comme le plus élevé de tous les sutras y compris le Sutra Vairocana*. De plus, si l'on étudie attentivement le Daichido Ron, il devient évident que son auteur, le bodhisattva Nagarjuna, considéré comme le fondateur de l'école Shingon, était du même avis. Mais malheureusement, le Bodaishin Ron, ouvrage d'Amoghavajra*, est pétri d'erreurs et a égaré tous ceux qui l'ont lu, provoquant la confusion qui règne actuellement.
[...] A la lumière des enseignements du Sutra du Lotus et des commentaires de Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho*, dans le Japon d'aujourd'hui, il n'y a pas un seul pratiquant du Sutra du Lotus  !
[...] Je répondrai à cela  : Le Sutra du Nirvana se définit lui-même comme une partie du Sutra du Lotus. Le Grand-maître* Zhanlan* déclare  : " Le Grand Sutra lui-même pointe vers le Sutra du Lotus, le désignant comme le sutra suprême."(réf.) Ici, les mots "Grand Sutra" se réfèrent au Sutra du Nirvana. Le Sutra du Nirvana désigne le Sutra du Lotus comme le sutra suprême.
[...] Par exemple, le Grand-maître* Jizang écrivit un ouvrage en dix volumes, le Hokke Genron, dans lequel il fit l'éloge du Sutra du Lotus. Mais Zhanlan* le critiqua en disant  : "Ce texte s'oppose manifestement au Dharma. Comment pourrait-on le considérer véritablement comme un ouvrage de propagation et d'éloge  ? "(réf.)
[...] Fayun, du temple de Guang-zhe-si, était capable de faire tomber la pluie ou de faire éclore les fleurs instantanément. Mais Zhanlan* écrit à son sujet  : "Bien qu'il fut capable de susciter des phénomènes de ce genre, sa compréhension n'est pas en accord avec la vérité du Sutra du Lotus."(réf.) Lorsque le Grand-maître* Zhiyi* récita le Sutra du Lotus, une pluie légère se mit [instantanément] à tomber, et le Grand-maître* Saicho* fit tomber une pluie d'amrita trois jours après [l'avoir enseigné]. Pourtant, ils ne considérèrent pas ces phénomènes comme la preuve que leur compréhension de la vérité coïncidait avec celle du Bouddha.
[...] Dans ce passage, les mots "coeur de l'ouvrage" indiquent que le daimoku [ou titre] est le coeur du Sutra du Lotus. Comme l'a dit le Grand-maître* Zhanlan*  : "Le coeur du Sutra du Lotus comprend tous les principes enseignés par le Bouddha de son vivant." (réf.)
[...] Question : Si ce Dharma [dont vous parlez] est réellement si extraordinaire [pourquoi n'est-il pas mieux connu  ? ] pourquoi Mahakashyapa, Ananda, Ashvaghosha, Nagarjuna, Asanga, Vasubandhu, Huisi, Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* ne l'ont-ils pas propagé à l'étranger, de la même manière que Shandao propagea la pratique de la récitation de Namu Amida Butsu à travers toute la Chine, ou de la même manière que Genshin*, Yokan, et Honen la répandirent au Japon, changeant tous ses habitants en dévots du bouddha Amida ?
[...] Voilà les calomnies qu'ils ont répandues [concernant le Grand-maître* Zhiyi*]. Et, plus tard, à l'époque du Grand-maître* Zhanlan*, quand les doctrines Hosso et Shingon arrivèrent d'Inde et quand l'école Kegon fut pour la première fois introduite en Chine, Zhanlan* réfuta ces enseignements et souleva la même indignation.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Plus de deux mille deux cent vingt ans se sont écoulés depuis l'entrée dans le nirvana du Bouddha Shakyamuni, mais personne n'a jamais entrepris cette mission, pas même les plus grands de ses disciples Mahakashyapa, Ananda, Ashvaghosha, Nagarjuna, Huisi ou Zhiyi*, Zhanlan* ou Saicho*  ! formez vos rangs, mes disciples, et suivez-moi  ! Vous dépasserez même Mahakashyapa ou Ananda, Zhiyi* ou Saicho*. Si vous fléchissez devant les menaces des dirigeants de cette petite île qu'est le Japon et abandonnez votre foi, comment pourrez-vous résister à la colère tellement plus terrible de Yama, le roi de l'enfer  ?
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

On lit dans le Kongobei Ron [de Zhanlan*] : "La vie de l'enfer et son environnement se trouvent également dans l'état de Bouddha. [Inversement, ] la vie d'un bouddha et sa Terre parfaite ne se trouvent pas ailleurs que dans l'ichinen [instant pensée] d'un simple mortel." A la lumière de ces citations, efforcez-vous de bien comprendre le sens des quatorze oppositions.
Les quatorze oppositions (Minobu, fin 1276, au nyudo Matsuno Rokuro Zaemon)

Zhiyi* indique  : "La vie à chaque instant est dotée des dix mondes-états."(réf.) Guanding* affirme  : "Le Bouddha considérait cette doctrine comme la raison ultime [de sa venue en ce monde]. Comment pourrait-elle être facile à comprendre  ? "(réf.) Zhanlan* ajoute  : "C'est la révélation ultime de la vérité finale et suprême."(réf.) Il est dit dans le Sutra du Lotus  : "[Et tout ce que le Bouddha enseigne pour l'avoir compris] ne s'écarte en rien de l'aspect réel."(réf. Zhiyi* interprète cela en disant  : "Ce qui concerne le travail et la vie quotidienne n'est en rien différent de la réalité ultime."(réf.) Le sage n'est pas celui qui pratique le bouddhisme en dehors des règles de la société mais plutôt celui qui, grâce à une compréhension profonde du monde, connaît la meilleure manière de s'y comporter.
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276, à un membre du clan du défunt nyudo Takahashi Rokuro Hyoe)

Par contre, l'affirmation que le Sutra du Lotus est supérieur aux divers autres sutras ne s'appuie pas sur les propos des Maîtres de doctrine* mais sur le texte du Sutra lui-même. Ceci est comparable à un souverain affirmant sa supériorité sur ses sujets, ou à un guerrier rappelant à un homme de basse condition qu'il ne fait pas partie de la classe des samouraïs. Quel mal y a-t-il à cela  ? Le Sutra du Lotus est le sutra qui correspond à la véritable intention du Bouddha. C'est le point central que saisirent Zhiyi* et Zhanlan*.
[...] Le Bouddha déclare, dans le chapitre Yakuo* (XXIII) : "Dans la cinquième période de cinq cents ans après mon trépas, faites largement connaître ce Sutra et ne laissez jamais son flot tarir."(réf.) Le Grand-maître* Zhiyi* commente cela en ces termes  : "Dans la cinquième période de cinq cents ans, le Dharma merveilleux doit se répandre et apporter des bienfaits à toute l'humanité pour très longtemps dans l'avenir."(réf.) Et le Grand-maître* Zhanlan* ajoute : "C'est l'époque où ce grand enseignement sera propagé."(réf.)
[...] A pareille objection, répondez : "Dans le Sutra du Lotus il est dit que, indépendamment des capacités des gens, à l'époque des Derniers jours du Dharma il faut enseigner à tout prix le Sutra du Lotus." Puis demandez à votre contradicteur comment il interprète cette exhortation. Appellera-t-il le Bouddha Shakyamuni, le bodhisattva Fukyo, Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* "des personnes aux vues erronées" ou des non bouddhistes ?
[...] C'est pourquoi Zhiyi* et Zhanlan* ont affirmé dans leurs commentaires qu'il fallait à tout prix enseigner le Sutra du Lotus. De même qu'une personne qui trébuche et tombe à terre prend ensuite appui sur la terre pour se relever, si [pour s'être opposées au Sutra du Lotus] des personnes tombent en enfer, elles se relèveront rapidement et atteindront la bodhéité.
[...] Mais lors de l'assemblée où le Sutra du Lotus fut exposé, l'enseignement du Bouddha devint facilement compréhensible et facile d'accès. Cela conduisit le Grand-maître* Zhanlan* à écrire dans ses commentaires : "Les sutras enseignés avant le Sutra du Lotus ne révélaient la pensée du Bouddha que de manière incomplète, c'est pourquoi ils sont qualifiés de difficiles à comprendre. Par contre, dans cet enseignement du Sutra du Lotus, il est dit que tous les êtres humains quels qu'ils soient peuvent avoir accès à la vérité. C'est donc un enseignement facile à comprendre."(réf.)
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Zhanlan* écrivit : "Éprouver, ne serait-ce qu'un instant, la foi et la compréhension" est le début de la pratique de l'enseignement essentiel*."(réf.) Les Quatre étapes de la foi concernent les contemporains du Bouddha, et les cinq étapes de la pratique, ceux qui vivront après sa mort. La première des Quatre étapes de la foi consiste à éprouver, ne serait-ce qu'un instant, la foi et la compréhension. Et la première des cinq étapes de la pratique consiste à se réjouir lorsqu'on entend pour la première fois le Sutra du Lotus. A elles deux, ces étapes sont le coffre qui contient ce trésor, les principes "cent mondes et mille modalités" et "trois mille mondes en un instant de vie (ichinen sanzen)" ; elles sont le portail que franchissent tous les bouddhas des dix directions et des trois phases de la vie. Les deux grands sages Zhiyi* et Zhanlan* ont donné une définition de ces deux premiers niveaux dans la foi et dans la pratique et les ont interprétés de trois manières différentes. La première les assimile au stade de soji-soku, aux dix étapes de la foi et à l'étape d'un roi-faisant-tourner-la-roue-de-fer (note). La deuxième les fait correspondre à la première des cinq étapes de la pratique, considérées comme stade de kangyo-soku*, stade où l'on ne s'est pas encore détaché des illusions de la pensée et du désir. La troisième les considère comme équivalentes au stade myoji-soku*.
[...] Zhanlan* souligne encore ce point en écrivant : "Question - S'il en est ainsi, à quoi bon ériger concrètement des stupas pour abriter les reliques du Bouddha  ? Pourquoi observer formellement les préceptes  ? Et pourquoi faire des dons à des moines effectuant les pratiques spécifiques [des six paramitas]  ? "(réf.)
[...] Les deux caractères qui composent le mot Nihon (Japon) représentent à eux seuls tous les êtres humains, tous les animaux et toutes les richesses des cinquante-six provinces du pays sans la moindre exception. Et les deux caractères qui forment le mot Gashi (Inde) n'évoquent-ils pas l'ensemble des soixante-dix régions de l'Inde  ? Zhanlan* écrivit  : "Lorsque, sous forme abrégée, nous mentionnons le Titre du Sutra, c'est le Sutra dans son intégralité qui est évoqué."(réf.) Et aussi : "Lorsque, par souci de concision, nous parlons des dix mondes-états ou des dix modalités, ce sont les trois mille mondes qui sont implicitement évoqués."(réf.)
[...] Voici ce qu'écrivit Guanding* : "Désormais [l'explication du titre par Zhiyi* dans] la préface exprime le sens profond du Sutra. Le sens profond correspond au coeur du texte, et le coeur du texte comprend l'ensemble des enseignements théoriques* et essentiel*." Et Zhanlan* écrit  : "En s'appuyant sur le coeur du texte du Sutra du Lotus, il est possible de comprendre la valeur respective de tous les autres sutras du Bouddha."(réf.)
[...] Zhanlan* écrivit  : "Ceux qui humilient ou font souffrir [les pratiquants du Sutra du Lotus] auront la tête brisée en sept morceaux (réf.), tandis que ceux qui leur font des dons goûteront une bonne fortune supérieure aux dix titres honorables."(réf.) Le roi Udayana méprisa le vénérable Pindolabharadvaja, et moins de sept ans après, il perdit la vie. Le seigneur de Sagami condamna Nichiren à l'exil et dans les cent jours qui suivirent une rébellion armée éclata dans son domaine. (note)
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Le Sutra du Lotus nous enseigne encore : "Vie après vie, ils sont toujours nés ensemble avec leurs maîtres dans les terres de bouddha de l'Univers entier"(réf.) Et : "Si quelqu'un recherche celui qui enseigne le Dharma, il atteindra rapidement la voie du bodhisattva. S'il suit son maître et étudie avec lui, il pourra voir autant de bouddhas qu'il y a de grains de sable dans le Gange."(réf.) Zhiyi* commente cela ainsi  : "Celui qui, pour la première fois, a recherché l'Eveil en suivant ce Bouddha, le suivra à nouveau et atteindra un niveau de foi d'où il ne pourra pas régresser."(réf.) Zhanlan* ajoute  : "Celui qui entend parler du Dharma pour la première fois, de la bouche d'un bouddha ou d'un bodhisattva, reviendra auprès du même bouddha ou bodhisattva pour atteindre l'Eveil."(réf.)
Mise en garde contre l'attachement à son domaine (Minobu, juillet 1277, à Shijo Kingo)

Le Bouddha Shakyamuni enseigna pendant cinquante ans, mais c'est seulement dans les huit dernières années qu'il révéla cet enseignement. Exposé pendant cette période, le Sutra du Lotus explique le Gohonzon dans les huit chapitres qui vont du chapitre Yujutsu* (XV) au chapitre Zokurui* (XXII). Après la mort du Bouddha, pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel, le terme "gohonzon de l'enseignement essentiel*" ne fut jamais mentionné, et l'objet lui-même pouvait donc d'autant moins être concrétisé. Personne n'avait non plus la capacité de l'inscrire. Zhiyi*, Zhanlan* et Saicho* le perçurent dans leur coeur mais, pour une raison ou une autre, ne le divulguèrent jamais, de même que Yen-houei comprit le vrai sens de l'enseignement de Confucius mais le garda secret.
[...] Comme il est prodigieux que Nichiren ait, le premier, inscrit ce grand mandala, levant ainsi l'étendard de la propagation du Sutra du Lotus, alors même que de Grands-maîtres comme Nagarjuna, Vasubandhu, Zhiyi* et Zhanlan* furent incapables de le faire  ! Ce mandala n'est en rien une invention de Nichiren. C'est l'objet de vénération qui dépeint parfaitement le vénérable Shakyamuni et tous les autres bouddhas dans la Tour aux Trésors, aussi fidèlement que l'estampe correspond à la planche à graver.
[...] Le Sutra définit ce principe par la phrase  : "Tous les phénomènes révèlent la véritable réalité"(réf.) (shoho jisso). Zhanlan* déclare  : "L'aspect réel est immanquablement présent dans tous les phénomènes ; dans tous les phénomènes sont immanquablement en jeu les dix modalités d'expression de la vie (nyoze). Ces dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) Zhiyi* déclare  : "Le principe profond de l'"aspect réel" est le Dharma originel de Myoho Renge Kyo."
[...] Avoir la foi, c'est la base du bouddhisme. C'est pourquoi il est dit dans le quatrième volume du Maka Shikan : "Le bouddhisme est un vaste océan mais seuls ceux qui ont la foi peuvent y accéder." Dans le quatrième volume du Guketsu, Zhanlan* interprète ce passage ainsi : "Même Confucius enseigne que la foi vient en premier. Ceci s'applique encore plus aux principes profonds du bouddhisme  ! Sans foi, comment pourrait-on les approcher  ? C'est pourquoi le Sutra Kegon* définit la foi comme la base de la pratique et la mère des bienfaits."
[...] Un classique chinois relate l'histoire de l'empereur des Han [Guangwudi] qui crut si aveuglément le rapport de son aide de camp qu'il trouva réellement la rivière gelée. Un autre récit relate comment Liguang, désireux de venger son père, perça d'une flèche un rocher enfoui dans l'herbe. Les commentaires de Zhiyi* et de Zhanlan* indiquent très clairement que la foi est la base de toute chose. Parce que l'empereur des Han ne douta pas un seul instant du rapport de son subordonné, la rivière gela. Et Liguang parvint à percer un rocher de sa flèche tant il était persuadé qu'il s'agissait là du tigre qui avait tué son père. La foi bouddhique est encore plus puissante.
Le Véritable Aspect du Gohonzon (Minobu, 23 août 1277, à Dame Nichinyo)

Dans le chapitre Juryo* (XVI), nous lisons : "Hommes de foi sincère, l'Ainsi-venu voit de quelle façon, parmi les êtres vivants, certaines personnes, ayant peu de mérites et quantité de troubles, se complaisent dans des enseignements limités. (...) Parce que les êtres vivants ont des natures différentes (...) j'enseigne différentes doctrines. Cela, [l'oeuvre du Bouddha] je ne l'ai jamais négligé un seul instant (note)." Zhiyi* et Zhanlan* ont commenté ce passage. Dans cette partie du Sutra, tous les enseignements du Sutra Kegon*, exposés par le Bouddha immédiatement après son Eveil et comprenant à la fois les enseignements spécifique et parfait, et jusqu'aux quatorze chapitres de l'enseignement théorique* du Sutra du Lotus, sont appelés "des enseignements inférieurs". Ceux qui s'y complaisent sont qualifiés de personnes ayant "peu de mérites et quantité de troubles", et la libération que ces enseignements procurent est qualifiée d'éphémère.
[...] Vous dites que Ryosho-bo a proclamé ensuite que ceux qui pratiquent la méditation shikan sont tenus d'observer les préceptes. Pourtant, il est dit, dans le neuvième volume du Hokke Mongu*, que [après la disparition du Bouddha] aux première, deuxième et troisième des cinq étapes de pratique on peut s'abstenir d'bserver les préceptes. Cela apparaît aussi clairement dans le texte du Sutra lui-même. Zhanlan* explique cette contradiction du Maka Shikan sous la forme d'un échange de questions et de réponses (note). Vous le verrez dans le 9e volume du Hokke Mongu Ki*. Il existe deux sortes de pratiquants à ce premier stade de la pratique, qui consiste à se réjouir [d'entendre enseigner le Dharma]. Ceux dont les capacités sont développées peuvent observer les préceptes tandis que ceux dont les capacités sont encore latentes sont dispensés de le faire. De plus, il existe des différences selon les époques, celles du Dharma correct, du Dharma formel et des Derniers jours du Dharma  ; et il y a encore une différence si l'on pratique shoju ou shakubuku. Il faut également conserver en mémoire l'expression employée par Zhiyi*" [aussi insolite qu'] un tigre sur la place du marché". (réf.)
Le troisième enseignement (Minobu, 1er octobre 1277, à Toki Jonin)

Aucun autre sutra, en dehors du Sutra du Lotus, n'expose cette conclusion ultime, par conséquent ceux qui croient en ces sutras sont [comparables à de] simples mortels parvenus au stade de ri-soku*. Les bouddhas et les bodhisattvas qui apparaissent dans ces sutras ne sont même pas égaux à de simples mortels parvenus au stade de myoji-soku* qui débutent dans la pratique du Sutra du Lotus. A plus forte raison, comment pourraient-ils atteindre le stade de kangyo-soku* alors qu'ils ne récitent pas daimoku   ? C'est pourquoi le Grand-maître* Zhanlan* déclare dans le Hokke Mongu Ki*  : «Si "Ainsi" ne désigne pas un enseignement qui dépasse les huit enseignements, comment cela pourrait-il être l'enseignement du Sutra du Lotus  ? » Les titres de tous les sutras provisoires se rangent dans les huit enseignements. Ils sont comme les mailles d'un filet, tandis que le titre du Sutra du Lotus est comparable à la corde qui noue toutes les mailles du filet. Myoho Renge Kyo est non seulement le coeur de tous les enseignements sacrés exposés par Shakyamuni de son vivant, mais aussi le coeur et le corps du Sutra du Lotus, l'enseignement suprême. Pourtant, si merveilleux que soit cet enseignement, pendant les plus de deux mille deux cent vingt ans qui se sont écoulés depuis la disparition du Bouddha, personne ne l'a propagé. Les vingt-quatre successeurs du Bouddha ne l'ont pas propagé en Inde, pas plus que Zhiyi* et Zhanlan* en Chine. Au Japon, ni le prince Shotoku ni le Grand-maître* Saicho* ne l'ont propagé. Par conséquent, quand je l'expose, les gens refusent de le croire pensant qu'il s'agit d'un enseignement faux. C'est bien compréhensible. Par exemple, si un simple soldat avait prétendu avoir séduit Wang Zhao-gun, personne ne l'aurait cru. Puisque Zhiyi* et Saicho*, d'un rang aussi élevé que celui de ministre et d'aristocrate, n'ont pas propagé Namu Myoho Renge Kyo, le coeur du Sutra, comment, se demandent les gens, un moine d'une position aussi basse que la mienne pourrait-il le faire  ?
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

Mais dans la nuit du douzième jour du neuvième mois de la huitième année de Bun'ei [1271], j'ai failli être décapité à Tatsunokuchi. Depuis lors, j'ai regretté de n'avoir encore révélé la vérité à aucun de ceux qui me suivent. [Pour cette raison, ] j'ai secrètement partagé cet enseignement avec mes disciples sur l'île de Sado. Après la disparition du Bouddha, de Grands-maîtres et lettrés [du bouddhisme] comme Mahakashyapa, Ananda, Nagarjuna, Vasubandhu Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* et Gishin*, connaissaient cette doctrine, mais l'ont gardée en leur coeur et ne l'ont pas propagée de manière explicite. Car le Bouddha leur avait interdit de le faire en disant qu'après sa disparition, ce Grand Dharma ne devra pas être divulgué jusqu'au début de l'époque des Derniers jours du Dharma. Moi, Nichiren, je ne suis peut-être pas l'envoyé du Bouddha, mais nous sommes bien dans l'époque des Derniers jours du Dharma. Il se trouve que je me suis éveillé à cet enseignement et m'efforce maintenant de l'exposer pour préparer l'apparition d'un sage.
Lettre à Misawa (Minobu, le 23 février 1278 à Misawa)

Il est dit dans le Sutra du Nirvana  : "A ce moment-là, au château de Rajagriha, le corps du roi Ajatashatru se couvrit de pustules... [le roi dit : ] "Cette maladie a son origine dans l'esprit. Elle n'est pas due à un déséquilibre des quatre éléments. Il serait vain de croire qu'un médecin pourrait la guérir, il n'y parviendrait jamais." Zhanlan* a dit  : "Les sages comprennent les présages [et ce qu'ils annoncent] et les serpents connaissent les moeurs des serpents."(réf.)
Les deux sortes de maladies (Minobu, le 26 juin 1278, à Shijo Kingo

Le Grand-maître* Zhiyi*, dans le Maka Shikan, décrivit la méditation sur les dix objets et les dix méditations, mais personne après lui ne les a pratiquées. A l'époque de Zhanlan* et de Saicho*, certaines personnes les ont un peu pratiquées mais sans rencontrer de grandes difficultés parce qu'elles n'ont pas suscité d'adversaires puissants. Les trois obstacles et les quatre démons mentionnés dans le Maka Shikan ne viennent pas faire obstacle à la pratique des enseignements provisoires.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

De même, le titre Namu Myoho Renge Kyo contient l'intégralité du Sutra avec ses huit volumes, ses vingt-huit chapitres et ses 69 384 caractères sans exception. A ce sujet, Bai Juyi déclara que le Titre est au Sutra ce que les yeux sont au Bouddha. Dans le huitième volume du Hokke Mongu Ki*, Zhanlan* stipule qu'en n'expliquant que le Titre, le Hokke Gengi de Zhiyi* traite en fait du Sutra tout entier. Il voulait dire par là que, même si le texte était omis, l'ensemble du Sutra était contenu dans son seul titre. Toute chose a un point essentiel, et le cœur du Sutra du Lotus, c'est son titre : Namu Myoho Renge Kyo. En vérité, si vous récitez ce titre matin et soir, vous lisez correctement l'ensemble du Sutra du Lotus.
La phrase unique et essentielle (Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama)

Le Grand-maître* Zhanlan* déclare, dans son commentaire : "Ceux qui font des offrandes [au Pratiquant du Sutra du Lotus] obtiendront une bonne fortune plus grande que celle des dix titres honorables, tandis que ceux qui [lui] créent des troubles auront la tête brisée en sept morceaux (réf.)."
Grandes lignes du chapitre Zokurui et d'autres (Minobu, juin 1278, à Dame Nichinyo)

Six cents ans après que le bouddhisme fut introduit en Chine, sous le règne de l’empereur Genso, trois Maîtres, Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra*, vinrent d’Inde et fondèrent l’école Shingon. En conséquence, les écoles Kegon et Hokke devinrent extrêmement impopulaires. Depuis les empereurs jusqu’au peuple en général, chacun avait l’impression que l’enseignement Shingon et le Sutra du Lotus étaient aussi différents que la lumière et l’obscurité. A l'ère Wado (708-715) naquit Zhanlan* [711-782]. Bien qu’il ait considéré que le Sutra du Lotus était supérieur au sutras de l’école Shingon, il considéra aussi qu’il n’était pas besoin d’en faire état. Par conséquent, les gens furent dans l’impossibilité de savoir quelle école était supérieure, l’école Hokke ou l’école Shingon.
[...] En juillet 804, le Grand-maître* Saicho* sur instruction de l’empereur Kammu, partit en Chine, où il rencontra le moine Daosui (Dosui) et le Grand-maître* Xingman (Gyoman), qui étaient tous les deux des disciples du Grand-maître* Zhanlan*. Sous leur supervision, le Grand-maître* Saicho* étudia l’enseignement du Maka Shikan de l’école Hokke et apprit aussi les Règles de conduite des bodhisattvas, qui avaient été enseignées par le Grand-maître* Daoxuan, fondateur de la branche Nanchan de l'école Lu (Ritsu) en Chine. Le Grand-maître* Saicho* reçut également, du moine Shunxiao, l’initiation ésotérique de l’école Shingon.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Il est écrit, dans le huitième volume du Maka Shikan et dans le huitième volume du Guketsu de Zhanlan* : "Plus la foi d'une personne est forte, plus la protection des divinités est grande." Ceci signifie que la protection des divinités dépend de la force de notre foi. Le Sutra du Lotus est une épée tranchante, mais sa puissance dépend de celui qui la manie.
Le général Tigre de pierre (
Minobu, 22 octobre 1278 à Shijo Kingo)

[Nous savons que] le bodhisattva Fukyo fut attaqué à coups de cannes, comme il est dit dans le Sutra : "Ils le frapperont à coups de cannes et de bâtons, et lui jetteront des pierres et des tuiles." Mais il ne connut pas la persécution par le sabre. Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* et d'autres n'ont pas connu cela, [en accord avec la phrase : ] "Il sera épargné par le sabre et le bâton."(réf.) Cependant, moi, Nichiren, j'ai subi coups de bâtons et de sabres.
La persécution par le sabre et le bâton (Minobu, 20 avril 1279 à Nanjo Tokimitsu)

De plus, si l'on compare le Sutra du Nirvana à la saveur du ghee, on peut considérer le Sutra du Lotus comme le souverain des cinq saveurs. Ainsi, le Grand-maître* Zhanlan* écrivit : "Si nous nous interrogeons sur les divers enseignements, nous voyons que le Sutra du Lotus est le véritable seigneur de toutes les doctrines exposées, car il est le seul à "dépasser le provisoire pour révéler le définitif." C'est pourquoi lui seul peut se prévaloir du terme Myo." Et il dit encore  : "Nous comprenons donc que le Sutra du Lotus est le véritable souverain de la saveur du ghee."(réf.)
[...] L'autre point de vue consiste à penser que, même si le Sutra du Lotus diffère des autres sutras puisqu'il dépasse les enseignements provisoires, ce qui n'est pas le cas des autres, tous représentent l'enseignement parfait*. C'est une interprétation qui se fonde sur l'enseignement théorique*. Mais selon l'enseignement essentiel*, les divers autres sutras correspondent aux cinq saveurs, alors que le Sutra du Lotus est le souverain des cinq saveurs. Zhiyi* et Zhanlan* abordèrent ce point dans leurs écrits, mais ils ne l'expliquèrent pas clairement. C'est pourquoi seuls quelques maîtres en furent conscients.
[...] Dans le passage des commentaires de Zhanlan*, cité plus haut, "si nous nous interrogeons sur les enseignements", les mots "les enseignements" désignent le daimoku ou Titre du Sutra du Lotus ; les mots "dépasser le provisoire" correspondent au caractère Ge dans le Titre en cinq caractères Myo Ho Ren Ge Kyo.
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

Dans le 10e volume du Hokke Mongu Ki*, ce passage est commenté de la manière suivante : "On peut comparer cela à des parents qui accordent immanquablement à leurs enfants quatre formes de protection. "Faire naître", c'est faire apparaître le désir de rechercher la voie par le pouvoir du Dharma. "Nourrir", c'est inciter à pratiquer le Dharma du début jusqu'à la fin. "Amener à maturité", c'est permettre de récolter le fruit suprême de la bodhéité. "Faire prospérer", c'est apparaître sous diverses formes dans le monde des phénomènes pour sauver les autres. Même si ces quatre étapes sont distinctes, toutes découlent du Dharma."(réf.) Voilà le sens de ce passage du Sutra du Lotus et des commentaires de Zhiyi* et de Zhanlan* : recevoir et garder, protéger et croire, ne serait-ce qu'une strophe du Sutra du Lotus, est encore plus bénéfique que de faire des dons à tous les êtres vivants, des offrandes aux arhats, ou même d'offrir à tous les bouddhas assez des Sept sortes de trésors pour emplir la totalité d'un système majeur de mondes.
[...] Il est dit dans le Sutra  : "[...] ne pourraient pas égaler les bienfaits que procure l'acceptation et la pratique de ce Sutra du Lotus, ne serait-ce que d'une strophe de quatre lignes de ce Sutra  ! " Zhiyi* a affirmé "... la personne est de moins d'importance que le Dharma qui est suprême." Zhanlan* a dit : "Bien que ces quatre étapes soient distinctes, elles découlent toutes du Dharma. Si l'on compare la bonne fortune de tous les êtres vivants dans les neuf mondes-états à celle du Bouddha, elle paraît aussi légère qu'un cheveu, alors que la bonne fortune du Bouddha a le poids d'une énorme montagne. Et la bonne fortune de tous les bouddhas est aussi légère que la robe de Bonten, pas plus lourde que trois plumes (note), tandis que la bonne fortune d'un seul caractère du Sutra du Lotus a, elle, autant de poids que la terre entière. La personne, dans l'expression "la personne est de moindre importance", est le Bouddha ; et "le Dharma qui est suprême" est le Sutra du Lotus.
La bonne fortune inégalée (Minobu, 1l mai 1280, au seigneur Nishiyama)

Il est dit dans le Sutra du Lotus : "Parmi tous ceux qui entendront ce Dharma, il n'en est pas un seul qui ne puisse atteindre la bodhéité."(réf.) Ce passage ne s'écrit qu'en dix caractères, mais lire ne serait-ce qu'une seule strophe du Sutra du Lotus équivaut à lire la totalité des enseignements sacrés exposés de son vivant par le Bouddha Shakyamuni. C'est pourquoi le Grand-maître* Zhanlan* écrivit : "Si, en propageant le Sutra du Lotus, on doit en commenter ne serait-ce qu'un passage, il faut le replacer dans l'ensemble des enseignements exposés par le Bouddha tout au long de sa vie, et bien comprendre [l'ordre dans lequel ils ont été exposés] du début jusqu'à la fin."(réf.)
Le trésor d'un enfant dévoué à ses parents (Minobu, été 1280 à Sennichi-ama)

De plus, le Grand-maître* Zhanlan* écrivit des commentaires en dix volumes intitulés Hokke gengi shakusen. Dans cet ouvrage, il déclara que tous les sutras introduits en Chine après l'époque de Zhiyi* - y compris les sutras portant l'appellation de "nouvelles traductions" - étaient tous des serviteurs et des seconds du Sutra du Lotus. Au Japon, pareillement, le Grand-maître* Saicho* établit que le Sutra Vairocana et les autres sutras de l'école Shingon - qui font partie des "nouvelles traductions" - étaient tous des serviteurs et des seconds du Sutra du Lotus. Toutefois, Kukai*, Ennin*, Enchin et d'autres, avancèrent des opinions aussi différentes de ce principe que le feu de l'eau. J'y reviendrai un peu plus loin.
Chevaux blancs et cygnes blancs (Minobu, 14 août.1280, à la dame d'Utsubusa)

Les passages [du Sutra du Lotus] que j'ai cités plus haut indiquent que les bienfaits qui résultent d'avoir rencontré des dizaines de milliards de bouddhas et de leur avoir fait des offrandes sont si grands que, même si l'on a suivi d'autres enseignements que le Sutra du Lotus, et, comme rétribution pour cette opposition, on est né pauvre et dans une famille misérable, on devient quand même un croyant de ce Sutra en cette vie. Zhanlan* déclare  : "Celui qui est tombé au sol a besoin du sol pour se relever."(réf.) Une personne se relève toujours précisément là où elle est tombée. Ceux qui s'opposent au Sutra du Lotus tomberont dans les trois mauvaises voies, sur le sol des mondes-états des hommes ou du ciel, mais grâce au Sutra du Lotus, ils parviendront à la bodhéité.
La preuve du Sutra du Lotus (Minobu, 28 février 1282 à Nanjo Tokimitsu)

Par la suite, le Grand-maître* Zhanlan* réfuta les principes introduits par les écoles Hosso, Kegon et Shingon, ce que n'avait évidemment pas pu faire le Grand-maître* Zhiyi. Mais ces réfutations ne furent pas prononcées au cours de débats publics, comme ce fut le cas avec le Grand-maître* Zhiyi*. Ainsi, le Sutra du Lotus devint comparable à une pièce de tissu de soie précieuse portée par une nuit obscure, tandis que les mudra et les mantra dharani*, dont il n'est nulle part question dans le Sutra du Lotus, s'étalaient, bien visibles aux yeux de tous. C'est pourquoi chacun s'accorda à reconnaître la supériorité de l'école Shingon.
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)

 

 

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