Réponse à Kyo'o

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol.1, p.131; SG* p.415.
Gosho Zenshu p. 1124 - Kyo-o Dono Gohenji

Sado, août 1273, à Kyo'o, fille de Shijo Kingo

 

Alors même que j'attendais de vos nouvelles avec impatience, le messager que vous vous êtes donné la peine de m'envoyer est arrivé. Dans ma situation actuelle, votre don d'argent est bien plus précieux que n'importe quel trésor existant sur terre ou dans la mer.

Depuis que vous m'avez parlé de Kyo'o Gozen, tous les jours je ne cesse de prier pour elle les divinités Nitten et Gatten. Vénérez toujours le Gohonzon que je vous ai fait parvenir pour sa protection il y a quelque temps. Ce Gohonzon n'a jamais été dévoilé et encore moins inscrit par qui que ce soit dans les périodes du Dharma correct et du Dharma formel. On dit que le lion, roi des animaux sauvages, avance de trois pas, puis se prépare à bondir, déployant la même force pour attraper une minuscule fourmi ou attaquer une bête féroce. En inscrivant ce Gohonzon pour la protection de Kyo'o, Nichiren se montre l'égal du roi-lion. C'est ce que le Sutra entend par "avec la puissance d'un lion à l'attaque"(réf.). Croyez en ce mandala de tout votre coeur. Namu Myoho Renge Kyo est semblable au rugissement d'un lion. Dès lors, quelle maladie peut donc constituer un obstacle ?

Il est écrit que ceux qui gardent le Titre du Sutra du Lotus seront protégés par Kishimojin et ses dix filles. Ils bénéficieront du bonheur d'Aizen et de la bonne fortune de Bishamon.

Votre fille peut donc jouer ou s'ébattre n'importe où sans qu'il ne lui arrive aucun mal. Comme le roi-lion, elle sera libre de toute crainte. Des dix filles de Kishimojin, c'est Kodainyo qui accorde la protection la plus profonde. Mais tout dépendra uniquement de votre foi. Une épée est inutile entre les mains d'un lâche. La puissante épée du Sutra du Lotus doit être maniée par une personne à la foi courageuse. Alors elle deviendra aussi forte qu'un démon armé d'une barre de fer. Moi, Nichiren, ai inscrit ma vie à l'encre sumi. Aussi croyez dans ce Gohonzon de tout votre coeur. La volonté du Bouddha est le Sutra du Lotus mais l'âme de Nichiren n'est autre que Namu Myoho Renge Kyo. Zhanlan* dit dans ses commentaires : "Au coeur du sutra se trouve révélée l'Eveil atemporel du Bouddha."(réf.)

Les malheurs de Kyo'o Gozen se changeront en bonne fortune. Faites appel à toute votre foi et priez ce Gohonzon. Que pourrait-il alors y avoir d'impossible à réaliser  ? Il vous faut croire ces affirmations du Sutra du Lotus : "Ce sutra exauce les désirs. Il est l'eau pure et fraîche de l'étang qui étanche la soif."(réf.) et "Ils connaîtront paix et sécurité dans cette vie et des conditions favorables dans la prochaine."(réf.)

Quand ma peine d'exil en cette province sera levée, je viendrai rapidement à Kamakura où nous pourrons nous rencontrer. Celui qui reconnaît le pouvoir du Sutra du Lotus a devant les yeux la jeunesse éternelle et l'immortalité. Ma seule crainte est que votre fille meurt jeune, et c'est pourquoi je prie de toutes mes forces les divinités de la protéger. Elevez-la pour qu'elle soit comme Vimaladatta* ou la fille du Roi-Dragon.

Namu Myoho Renge Kyo,
Namu Myoho Renge Kyo.

Avec tout mon respect,
Nichiren.

Le quinzième jour du huitième mois.

ARRIÈRE-PLAN - Ce gosho a été écrit le 15 août 1273 et adressé à Kyo'o, la fille de Shijo Kingo. Néanmoins, Kyo'o n'avait alors qu'un an, de sorte que Nichiren s'adressait problablement à ses parents, Shijo Kingo et Nichigen-nyo. Ils avaient deux enfants : Kyo'o et une autre fille, Tsukimaro, plus âgée d'un an. C'est apparemment Nichiren Daishonin qui leur avait donné leurs prénoms. ShijoKingo lui-même avait déjà quarante ans à la naissance de Tsukimaro. C'est pourquoi leurs enfants devaient être doublement précieux pour ce couple. L'introduction de la lettre permet de supposer qu'elle a été écrite en réponse à un message de Shijo Kingo ou de son épouse informant Nichiren Daishonin de la grave maladie de leur bébé. Nichiren Daishonin vivait alors en exil à Ichinosawa, sur l'île de Sado.
Bien que ce gosho soit relativement court, la «Réponse à Kyo'o» est un texte important car Nichiren Daishonin avait remis un Gohonzon à Shijo Kingo, et, dans cette lettre, il explique la signification de ce rare honneur. Rares étaient les autres personnes qui avaient reçu l'objet de vénération. Il écrit : «Ce Gohonzon n'a jamais été dévoilé et encore moins inscrit par qui que ce soit dans les périodes du Dharma correct et du Dharma formel.» Nichiren Daishonin déclare que le
Gohonzon est la matérialisation de sa propre vie et le véritable objet de vénération. Il enjoint Shijo Kingo et son épouse à croire fermement en lui. (Commentaire ACEP)

En anglais : Reply to Kyo-o

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=412&m=1&q=Reply%20to%20Kyo-o
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/ReplyKyoo.htm

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