ACCUEIL
 

LEXIQUE

Extraits de gosho sur

MENU - LEXIQUE
DICTIONNAIRE
 
Eveil complet sans supérieur - anuttara
 

Les simples mortels, à l'époque des Derniers jours du Dharma, tout en recevant les bienfaits des Trois trésors, négligent complètement la reconnaissance. Comment, dans ces conditions, pourraient-ils atteindre la bodhéité  ? Les sutras Shinjikan, Bommo et d'autres encore affirment que ceux qui étudient le bouddhisme et reçoivent les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat doivent nécessairement s'acquitter de leur dette de reconnaissance. Je ne suis qu'un simple mortel ignorant, fait de chair et de sang. Je ne suis délivré d'aucune des trois catégories d'illusions.
Les quatre sortes de reconnaissance (Izu, le 16 janvier 1262 à Kudo Yoshitaka)

Même quand ce sont de grands bodhisattvas comme Fugen et Manjushri, parvenus à l'étape de togaku qui précède l'Eveil parfait, qui exposent les enseignements bouddhiques, s'ils ne le font pas avec le texte du Sutra à la main, il ne faut pas tenir compte de ce qu'ils disent.
[...] Comment les gens de notre époque peuvent-ils avoir la pensée à ce point faussée  ? Ils devraient avoir foi dans les paroles de vérité prononcées par le Tathagata de l'Eveil parfait et de la rétribution complète, qui incarne le principe de la Voie du milieu, véritable aspect de toute chose (shoho jisso).
[...] Le Bouddha Shakyamuni, qui avait le pouvoir de comprendre les trois phases de l'existence, à la lumière de la claire sagesse de la lune de l'Eveil parfait et de la rétribution complète, eut une vision du futur et, dans le Sutra Zobo Ketsugi, fit cette prédiction : "Parmi les mauvais moines, il y en aura qui pratiqueront la méditation et qui, au lieu de s'appuyer sur les sutras et les traités, ne tiendront compte que de leur vision personnelle des choses, déclarant mauvais ce qui est bon.
Le sage répondit : - Selon le principe de l'Eveil parfait et immédiat, il n'y a pas de différence essentielle entre les premières étapes et les étapes ultimes de la pratique, et les bienfaits de la pratique ultime sont déjà inhérents dans les premières étapes. Effectuer une pratique, c'est effectuer toutes les pratiques, et il n'existe pas un bienfait qui ne soit inclus en celle-ci.
Conversation entre un sage et un ignorant (
1265   ? à un samouraï   ? )

Observez la plus grande prudence et ne venez me voir qu'à la nuit tombée. Je vous enseignerai un principe expliquant les bienfaitscorrespondant à la plus haute étape de la pratique bouddhique, celle de l'Eveil parfait.
[...] Et, dans le Sutra du Lotus, il est dit : "Un bon ami est la grande cause et le lien qui nous oriente et nous conduit sur la voie de la bodhéité. Il éveille en nous le désir de voir le Bouddha et de parvenir à l'Eveil parfait sans supérieur."(réf.)
[...] Comment une personne ayant reçu cette ordination pourrait-elle ne pas devenir, au cours de son existence présente, un bouddha de l'Eveil parfait  ? Et si vous êtes parvenu en cette vie au niveau de l'Eveil parfait, quelle raison auriez-vous, dans votre vie prochaine, de régresser jusqu'à l'étape de togaku [précédant l'Eveil parfait] ou à d'autres étapes inférieures de la pratique  ?
Réponse à Sairen-bo (
Sado, le 13 avril 1272, à Sairenbo Nichijo)

Mais pendant les quarante et quelques premières années de son enseignement, Shakyamuni, Maître du Dharma, exposa la cause de l'Eveil, sans en exposer l'effet. Il ne révéla pas les bienfaits de l'étape de l'Eveil parfait (myogaku), par conséquent aucun d'eux ne put progresser jusque là. Ils le regrettèrent sans doute. Mais pendant les huit années où il enseigna au Pic du Vautour, le Bouddha exposa l'effet de l'Eveil, ce que l'on appelle le Véhicule unique du Bouddha. Il rendit ainsi possible à tous les bodhisattvas de parvenir à l'étape de l'Eveil myogaku, Eveil égal à celui du Bouddha Shakyamuni.
Sur la prière (
Sado, 1272 à Sairen-bo)

Le sage, en prenant ce Dharma pour maître, est parvenu à l'Éveil. Il a créé la cause fondamentale (honnin-myo) et obtenu simultanément l'effet fondamental (honga-myo), la bodhéité, en devenant l'Ainsi-venu de l'Eveil parfait, aux vertus pleinement réalisées.
[...] En dépassant les trois images de lotus pour révéler le lotus unique de Myoho Renge, il permit, aux personnes des enseignements provisoires dotés des quatre saveurs et trois enseignements, de parvenir au lotus de la première* des dix étapes de sécurité*. Ce n'est que lorsqu'il exposa le lotus "dépassant le proche pour révéler le lointain" qu'il devint possible à ces personnes de parvenir au lotus le plus élevé, progressant de la deuxième étape de sécurité, jusqu'à la troisième, la dixième, l'étape de l'Eveil presque parfait [togaku], et finalement jusqu'au niveau le plus élevé de tous, celui de l'Eveil parfait [myogaku].
[...] On mentionne bien l'étape de l'Eveil parfait (myokaku) dans les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus ou dans l'enseignement théorique*, mais par rapport au véritable Bouddha du chapitre Juryo* (XVI) de l'enseignement essentiel*, ceux qui y sont parvenus restent "des personnes dans l'illusion" ou demeurent au stade [intermédiaire de la pratique qu'est celui] des "personnes de mérite". Les trois Corps du Bouddha, tels qu'ils sont définis dans les enseignements provisoires, sont encore du domaine de l'impermanence ; ils ne correspondent en réalité qu'à des bouddhas fantômes ou à des apparitions de rêve.
L'ainsité du Dharma Merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

Un bouddha est un être totalement libéré des quarante-deux étapes de l'obscurité fondamentale, parvenu au niveau de l'Eveil parfait (myogaku) ; il est comparable à la pleine lune dans la nuit du quinzième jour du huitième mois.
[...] Ne pas le croire, c'est s'exposer à tomber tout vif dans l'enfer avici. C'est se sentir intérieurement aussi inquiet et mal à l'aise que si l'on tentait l'escalade d'une côte pierreuse en ayant pour monture un cheval sauvage. À l'inverse, si l'on a foi en ces principes, on devient un bouddha de l'Eveil parfait [myokaku].
Lettre à Horen (
Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Il [Saicho] réfuta les principes spécifiques du Hinayana pour la réception des préceptes [que Zhiyi* avait omis de contester], et conféra, à huit maîtres de ces six écoles, l'ordination spécifique du Mahayana telle qu'elle est décrite dans le Sutra Bommo. De plus, il fit construire au Mont Hiei un sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes qui conduisent à l'Eveil complet et immédiat du Sutra du Lotus. Ainsi, l'ordination spécifique selon les préceptes conduisant à l'Eveil complet et immédiat conféré dans ce sanctuaire d'Enryaku-ji fut non seulement la plus importante cérémonie au Japon mais une grande cérémonie d'ordination en accord avec les préceptes enseignés au Pic du Vautour comme il n'y en avait jamais eu en Inde, en Chine ou en quelque lieu du monde que ce soit, au cours des mille huit cents années ou plus écoulées depuis la disparition du Bouddha.
[...] Les moines des neuf régions de Chine devinrent les disciples de Zhiyi*, et adoptèrent les principes de méditation parfaite et de sagesse parfaite qu'il enseignait. Mais puisque aucun sanctuaire pour conférer universellement l'ordination qui mène à l'Eveil parfait et immédiat n'avait été construit en Chine, certains auraient pu ne pas le suivre dans ce domaine des préceptes. Par contre, au Japon, puisque Saicho établit un tel sanctuaire, ceux qui ne suivent pas le Grand-maître Saicho ne peuvent être considérés que comme des non bouddhistes et des personnes mauvaises.
[...] Et, comme je l'ai déjà expliqué, il y eut aussi un Grand Dharma qui ne fut pas totalement transmis à la postérité par Nagarjuna et Vasubandhu et d'autres, mais qui fut propagé par le Grand-maître Zhiyi*. Comme je l'ai démontré, il appartint au Grand-maître Saicho d'établir le sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes qui mènent à l'Eveil parfait et immédiat, alors que le Grand-maître Zhiyi* ne l'avait pas fait.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Notre père bienveillant, le Bouddha Shakyamuni, l'Honoré du monde parvenu à l'Eveil parfait sans supérieur (anokutara sammyaku sambodai), fit son apparition dans un royaume d'Inde centrale à une époque où la durée de la vie humaine était de cent ans ; et, toute sa vie durant, il exposa les enseignements sacrés à l'intention de tous les êtres vivants. Ceux qui vécurent à la même époque que le Bouddha Shakyamuni avaient déjà créé un lien karmique avec lui par le passé, et la profondeur de ce lien leur permit d'atteindre l'Éveil. Mais l'Honoré du monde se demandait profondément comment sauver ceux qui vivraient après sa mort.
Réponse au nyudo Takahashi (Minobu, 1275 au nyudo Takahashi Rokuru Hyoe)

De même, le Grand-maître Saicho reçut, de ses maîtres Dao-sui et Xing-man, les principes de la méditation shikan, et les grands préceptes de l'Eveil parfait. Cela fait de lui un juste. Mais, avant même d'aller en Chine, alors qu'il était encore au Japon, il avait déjà compris et maîtrisé tous les principes de shingon et de shikan sans l'aide d'aucun maître et il avait compris que la sagesse de l'école Tendai surpassait celle des Six et Sept Ecoles. Cela fait de lui un sage.
Lettre à Myomitsu Shonin (
Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Le Grand-maître Saicho étudia ces ouvrages mais il eut des doutes sur leur évaluation des mérites relatifs du Sutra du Lotus et du Sutra Vairocana* . C'est pourquoi, le septième mois de la vingt-troisième année de l'ère Enryaku (804), il se rendit en Chine ; il y rencontra les moines Daosui du temple Xi-ming-si et Xingman, du temple Fo-long-si, et reçut les enseignements shikan ainsi que les grands préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat.
[...] Mais la question de savoir s'il fallait ou non établir un sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, élément d'une grande importance pour le Mahayana, suscitait à l'époque de vives polémiques au Japon. C'est peut-être pour cela que le Grand-maître Saicho ne laissa pas à ses disciples d'instructions claires quant à la supériorité relative des enseignements shingon et tendai.
[...] Cependant, l'empereur retiré Kampyo fonda un temple appelé Ninna-ji et y déplaça un certain nombre de moines du To-ji  ; et il décréta aussi que nul ne pourrait résider au temple Ninna-ji s'il n'avait au préalable reçu les préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat au sanctuaire du Mont Hiei.
[...] Saicho proposa également de créer un lieu d'ordination pour administrer les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, comme il n'en avait jamais existé ni en Inde ni en Chine ni au Japon, dans les mille huit cents ans écoulés depuis la disparition du Bouddha.
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Dans ce cas, que faites-vous des passages du Sutra : "Qu'ils soient de capacités supérieures ou médiocres... je répands sur eux la pluie du Dharma en toute impartialité"(réf.) ou "Tous les bodhisattvas qui parviennent à l'Eveil parfait sans supérieur (anuttara-samyaksambodhi) le font dans tous les cas grâce à ce Sutra"  ? (réf.) Ces passages indiquent que tous - qu'ils soient de capacités supérieures ou inférieures, qu'ils observent ou transgressent les préceptes, qu'ils soient nobles ou roturiers, bodhisattva, personnes ordinaires ou personnes des deux véhicules - deviendront bouddha et auront accès à la Voie grâce au Sutra du Lotus.
[...] Car on lit dans le Sutra Muryogi : "Pour cette raison, il y a différents niveaux d'Eveil chez les simples mortels." Et aussi : "[Celui qui n'a jamais entendu parler de ce sutra...] ne pourra finalement jamais atteindre l'Eveil sans supérieur". Ces passages indiquent que les sutras exposés avant le Sutra du Lotus ont donné accès à des formes d'Eveil partiel mais n'ont pas finalement permis d'atteindre l'Eveil parfait sans supérieur du Sutra du Lotus.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (
Minobu, mars 1277   ? )

Ceci s'applique encore plus aux principes profonds du bouddhisme  ! Sans foi, comment pourrait-on les approcher  ? C'est pourquoi le Sutra Kegon* définit la foi comme la base de la pratique et la mère des bienfaits." On lit encore, dans le premier volume du Maka Shikan : "Comment peut-on écouter l'enseignement parfait*, y croire, le pratiquer et atteindre l'Eveil parfait  ? " Le premier volume du Guketsu donne l'explication suivante : "Croire en l'enseignement parfait* signifie éveiller sa foi par la doctrine et faire de la foi la base de la pratique."
Le Véritable Aspect du Gohonzon (Minobu, 23 août 1277, à Dame Nichinyo)

Ceux qui ont entendu les titres des sutras Vairocana*, Hodo* et Hannya* , ont compris le principe de shakku* ou de taiku*  ; le principe de tanku* ou celui de futanku*, les principes de tanchu* et de futanchu*. Mais il n'est pas encore possible d'appréhender les principes de jikkai gogu, l'inclusion mutuelle des dix mondes-états, des cent mondes, des mille mondes ou des trois mille mondes qui conduisent au bienfait de myogaku, l'Eveil complet sans supérieur.
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

Le Grand-maître* Saicho* reçut l'enseignement des deux écoles, Tendai et Shingon [en Chine], et les rapporta au temple Enryaku-ji, sur le Mont Hiei. Mais, en voulant créer un sanctuaire pour conférer les préceptes (kaidan), Saicho* aspirait à la méditation parfaite, à la sagesse parfaite et aux préceptes parfaits menant à l'Eveil parfait sans supérieur et immédiat selon l'école Tendai. Il semble bien qu'il jugea incorrecte l'utilisation du terme "école" pour désigner le Shingon comme une doctrine distincte de l'école Tendai. Dans le mémorandum qu'il adressa à la cour impériale, il mentionne les pratiques shikan (concentration et intuition) et shingon (la discipline de Vairocana) de l'école Tendai-Hokke.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Le Bouddha a clairement établi cette séparation mais, au cours de plus de deux mille ans écoulés depuis sa disparition, personne, dans les Trois pays, ou ailleurs dans le monde, n'a parfaitement compris la différence. Seuls les Grands-maîtres Zhiyi* en Chine et Saicho* au Japon ont plus ou moins tenu compte de cette distinction. Mais le précepte de l'Eveil parfait sans supérieur [par la pratique] du Sutra du Lotus [qui se trouve dans l'enseignement essentiel* et non dans l'enseignement théorique*] n'était pas encore révélé. Zhiyi* et Saicho* le connaissaient dans leur coeur mais ne le dévoilèrent pas pour trois raisons : d'abord le temps propice n'était pas encore venu ; ensuite, les gens n'avaient pas la capacité de le comprendre ; enfin, ni l'un ni l'autre n'avaient reçu la mission de le transmettre.
[...] Ainsi, tous ceux qui sont à l'étape de togaku [ou à une étape moins élevée] commettent encore des fautes [à la différence de ceux qui sont parvenus à l'étape la plus élevée]. Par contre, le principe central de l'école Hokke est celui d'ichinen sanzen qui révèle que le bien et le mal restent inhérents à la vie de tous, y compris de ceux qui sont parvenus à l'étape la plus élevé, celui de l'Eveil parfait sans supérieur [myogaku]. La nature fondamentale de la bodhéité se manifeste sous la forme de divinités bouddhiques telles que Bonten et Taishaku, l'obscurité fondamentale se manifeste sous la forme du Démon du sixième Ciel. Les divinités bienveillantes haïssent les malfaiteurs, et les démons haïssent les personnes qui font le bien.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

De même, tous les êtres vivants ont pour terre "l'aspect réel de tous les phénomènes (shoho jisso)", pour ciel, leur "nature libre de tout aspect" ; "le Véhicule unique" est la pluie qui les nourrit ; "le grand vent" qui les pousse, l'affirmation que le Sutra du Lotus est le plus élevé de tous les sutras que le Bouddha "a enseignés, enseigne ou enseignera"(réf.)  ; et, avec les mots "doté du pouvoir de méditation et de sagesse-prajna"(réf.) les éclairant comme le soleil et la lune, ils cultivent les bienfaits de l'Eveil parfait faisant s'épanouir les fleurs de la grande compassion et qui donne le fruit de la bodhéité apportant paix et joie. Telle est la façon dont le Bouddha nourrit tous les êtres vivants.
[...] Mais l'empereur Kammu, souverain sage, voulut savoir qui avait raison, et, ayant clairement perçu la vérité à ce sujet, conclut que les six écoles de Nara
étaient dans l'erreur. Il fit alors construire, sur le Mont Hiei, un temple qui fut le premier centre de l'école Tendai-Hokke. Et il ne se contenta pas d'établir un sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes de l'Eveil parfait sans supérieur ; il déclara aussi l'école Hokke supérieure aux six écoles plus anciennes liées aux sept temples principaux de Nara et aux quinze grands temples du Japon.
Le roi Rinda (
Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso)

voir également : Eveil myogaku dans les 52 étapes du bodhisattva

 


haut de la page

Retour au dictionnaire