DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

français, japonais, chinois, sanskrit, pali


L'amidisme au Japon

L’amidisme est arrivé au Japon dès le début de l’expansion du bouddhisme dans ce pays. Toutefois dans un premier temps, il n’était représenté de façon exclusive par aucune école. Vers le Xe siècle, la récitation du Nembutsu se faisait dans l’école Tendai comme une méthode de méditation. Un moine de cette école, Genshin (942 – 1012) dans son traité l’Essentiel pour renaître en Terre pure trace les grandes lignes de la doctrine : confiance dans le vœu d’Amida plutôt que dans les capacités du croyant. Dans le même temps, cette foi gagne le peuple, notamment grâce aux efforts de Kuya (903 – 972) qui réduit les pratiques religieuses à l’invocation d’Amida éventuellement accompagnée de musique et de danse. D’après les calculs traditionnels, on devait entrer dans l’ère de la fin du Dharma en 1052. Ce sentiment de fin de siècle, que corroboraient les désordres de l’époque, attisait la propagation de l’amidisme. Honen (1133 – 1212), à l’origine un moine du Tendai, développa l’amidisme indépendamment des autres écoles. Il fut exilé mais rallia à sa cause des paysans et des guerriers et fonda l’école de la Terre pure (Jodo shu). Un de ses disciples, Shinran (1173 – 1262), actif dans le nord du Japon, rejeta les règles monastiques pour s’abandonner uniquement à l’action salvifique d’Amida. Il était convaincu que ce ne sont pas les actes qui peuvent permettre de gagner le paradis d’Amida et qu'ainsi les hommes mauvais, pour peu qu’ils aient foi, quels que soient leurs méfaits verront leur salut assuré. Son mouvement fut appelé Véritable école de la Terre pure (Jodo shinshu) ou même Ecole unidirectionnelle (Ikko shu) par ses adversaires qui entendaient en railler ainsi la simplicité philosophique. Il n’empêche, le succès fut éclatant, faisant de cette école le mouvement bouddhiste le plus populaire du Japon. L’abandon des règles monacales, notamment le célibat, et surtout la justification de cette position au nom de la foi dans le pouvoir d’Amida a permis la création d’un clergé original.
Il faut mentionner également Ippen (1239 –1289) moine itinérant, fondateur de la branche Jishu qui écrivait des cartes (fusan) portant le nom d’Amida comme amulette et lança le Nembutsu dansé, s’assurant de la sorte un franc succès dans les campagnes.
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