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Extraits de gosho sur

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Ritsu
 

En Inde, les bodhisattvas Vasubandhu et Ashvaghosha, et, en Chine, les moines Huiguang et Daoxuan ont souligné leur importance. Et dans notre pays, sous le règne du quarante-cinquième souverain, l'empereur Shomu, le moine chinois Ganjin introduisit au Japon les enseignements de l'école Ritsu en même temps que ceux de l'école Tendai, et il établit au temple Todai-ji une salle pour y conférer les préceptes. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, pendant de longues années, les préceptes ont été révérés et ils sont chaque jour un peu plus respectés.
[...] L'ignorant répondit : "J'ai vécu, toute ma vie durant, dans la poussière du monde profane, et ne sais toujours pas comment me libérer des souffrances de la naissance et de la mort. Certes, j'ai rencontré divers bons amis bouddhiques qui m'ont appris d'abord les règles de discipline [Ritsu], puis les enseignements du Nembutsu, du Shingon, et du Zen. Mais j'ai eu beau apprendre ces doctrines, je suis toujours incapable de déterminer si elles sont vraies ou fausses."
[...] Au chapitre Hoben* (II), dans le premier volume du Sutra du Lotus, le Bouddha déclare : "En rejetant sincèrement les enseignements provisoires, j'enseignerai exclusivement la Voie suprême."(réf.) Ce passage indique qu'il faut honnêtement rejeter les principes exposés par le Bouddha dans les divers sutras enseignés au cours des quarante-deux années précédentes, nommément les doctrines du Nembutsu, du Shingon, du Zen et du Ritsu, auxquelles vous avez fait allusion. Le sens de ce passage est parfaitement clair. Et, de plus, nous avons l'avertissement donné au chapitre Hiyu* (III)  dans le deuxième volume, "l'unique désir de recevoir et de garder l'écrit du Mahayana, sans accepter un seul vers d'aucun autre sutra." Ce passage indique que, quelle que soit l'année de la vie du Bouddha où un sutra a été enseigné, il ne faut pas accepter un seul vers d'un sutra autre que le Sutra du Lotus. Les diverses doctrines des Huit Ecoles sont aussi nombreuses que des orchidées ou des chrysanthèmes, et moines et croyants laïques, bien que différents en apparence, proclament tous d'une même voix leur attachement au Sutra du Lotus. Mais comment interprètent-ils ces passages du Sutra du Lotus que je viens de citer  ? Ces passages parlent de "sincèrement rejeter" les enseignements antérieurs, et interdisent à quiconque d'accepter ne serait-ce qu'un seul vers d'aucun autre sutra. Mais les doctrines du Nembutsu, du Shingon, du Zen et du Ritsu ne sont-elles pas basées sur "les autres sutras" ?
[...] 2 Il est extrêmement difficile de naître sous forme humaine, et extrêmement rare de rencontrer le Véritable Dharma. Si vous désirez vous libérer rapidement des croyances erronées pour adhérer à ce qui est correct, quitter le statut de simple mortel et atteindre la bodhéité, vous devriez abandonner les enseignements Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu, et adopter ce texte merveilleux du Véhicule unique. Si vous le faites, vous pourrez, sans aucun doute, secouer la poussière et les souillures de l'illusion et de l'impureté, et vous manifester comme la pure concrétisation de la bodhéité."
[...] 2 Et pourtant, quand je regarde le monde autour de moi, je vois que, du souverain suprême jusqu'à ses innombrables sujets, chacun accorde une profonde confiance aux enseignements du Nembutsu, du Shingon, du Zen et du Ritsu. Puisque je suis né en ce pays, comment pourrais-je aller à l'encontre de l'exemple donné par le souverain ?
[...] 2 Les moines de l'école Zen rabaissent le Sutra du Lotus en disant qu'il ne vaut pas plus qu'un crachat de salive sortant d'une bouche, qu'il est un doigt pointant vers la lune, ou un filet de doctrines [qui ne sert qu'à emprisonner]. Les moines du Ritsu, une école du Hinayana, qualifient le Sutra du Lotus d'enseignement erroné et d'enseignement du Démon.
[...] 2 L'ignorant dit alors : - A travers les soixante et quelques provinces du Japon, il y a quantité de personnes différentes et des doctrines bouddhiques variées. Avec les croyants du Nembutsu, les maîtres du Shingon, les adeptes du Zen, ou les enseignements du Ritsu, il n'y a pratiquement plus une seule personne qui ne s'oppose pas au Dharma. Pourquoi, dans ces conditions, devrais-je critiquer les autres  ? Ma tâche, me semble-t-il, consiste simplement à conserver une foi fervente dans mon coeur, et à considérer que les erreurs des autres ne me concernent pas.
[...] 2 Le sens de ce passage est que, si un pratiquant du bouddhisme néglige de réprimander des personnes mauvaises qui s'opposent au Dharma, et s'absorbe totalement dans la méditation et la contemplation, sans s'efforcer de faire la distinction entre les principes corrects et erronés, les enseignements provisoires et définitifs, tout en présentant cette attitude comme un modèle de bienveillance, alors il tombera en enfer en compagnie de ceux qui agissent mal. Tel sera précisément le sort d'une personne qui néglige de corriger les adeptes du Shingon, du Nembutsu, du Zen et du Ritsu qui s'opposent au Dharma, tout en se prétendant un modèle de bienveillance.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

On a soudain abandonné l'Ainsi-Venu Shakyamuni aux Trois vertues et l'on a cru à un bouddha et à un bodhisattva d'une autre direction (note). Ces gens-là ne sont-ils pas des Vamalokayata (note)? Le Nembutsu est un acte de l’enfer avici, le Zen, le fait de démons, le Shingon est une doctrine mauvaise qui fait périr le pays, le Ritsu une histoire mensongère de traîtres au pays, etc.
[...] La lettre que j'ai méditée en 1260 et que j'ai intitulée Rissho Ankoku ron (Sur l'établissement de l'enseignement correct pour la paix dans le pays) a été adressée par l'entremise de Yadoya nyudo à feu Saimyoji dono*. La conclusion de cette lettre est que la croyance en l'enseignement mauvais des doctrines Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu a fait naître d'incessantes calamités en ce monde et a, en outre, été cause que ce pays est menacé par un pays étranger; voilà ce que j'ai pensé.
Lettre à Doryu du Kencho-ji, (Kamakura, 1268, à Doryu)

Néanmoins, pour finir, les 95 écoles non bouddhiques furent réfutées. En étudiant les huit écoles du bouddhisme, moi, Nichiren, j'ai découvert ceci : les écoles Hosso, Kegon et Sanron, s'appuyant sur des sutras de l'enseignement provisoire, prétendent qu'ils sont identiques au Sutra de l'enseignement véridique, ou même que ce Sutra de l'enseignement véridique est inférieur aux sutra des enseignements provisoires. Ces erreurs flagrantes ont leur origine chez les maîtres et les fondateurs de leurs doctrines. Les écoles Kusha et Jojitsu sont des cas à part (note) et l'école Ritsu représente le niveau le plus bas de l'enseignement du Hinayana.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Le Sutra du Lotus contient deux principes importants (note), dont les écoles Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso et Sanron ne connaissent rien, pas même le nom. Par contre, les écoles Kegon et Shingon se sont sournoisement emparées de ces principes pour en faire le coeur de leurs propres enseignements. Le principe d'ichinen sanzen ne se trouve que dans l'enseignement essentiel* du Sutra du Lotus, caché dans les profondeurs du chapitre Juryo* (XVI). Les bodhisattvas Nagarjuna et Vasubandhu en avaient connaissance mais ne le révélèrent pas. Seul le Grand-maître Zhiyi l'adopta et le conserva sans cesse à l'esprit. Le principe d'ichinen sanzen découle de l'implication réciproque des dix mondes-états. Mais les écoles Hosso et Sanron ne parlent que de huit états, (note) ignorant qu'il y en a dix et à plus forte raison ignorant le principe de leur implication réciproque. Les enseignements des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu s'appuient sur les sutras Agama*. Ils ne prennent en compte que les six mondes-états, les six conditions de vie les plus basses, ignorant tout des quatre autres mondes-états. Ils affirment qu'il n'y a qu'un seul bouddha dans les dix directions et ne dévoilent pas qu'il existe un bouddha pour chaque direction. Ils ne font évidemment pas la moindre allusion au principe selon lequel "tous les êtres sensitifs possèdent l'état de bouddha."(réf.) Ils refusent d'admettre que même une seule personne puisse posséder l'état de bouddha. Malgré cela, on entend parfois des adeptes des écoles Ritsu et Jojitsu déclarer qu'il y a des bouddhas dans chacune des dix directions ou que tous les êtres possèdent l'état de bouddha. La raison en est que, quelque temps après la disparition du Bouddha, les tenants de ces écoles se sont appropriés ces principes du bouddhisme mahayana et les ont incorporés dans les enseignements de leur propre école.
[...] S'il n'y avait pas les maîtres des écoles Nembutsu, Zen et Ritsu de notre époque, le Bouddha Shakyamuni, qui formula ces prophéties dans le Sutra, aurait été un grand menteur.
[...] Si, à une telle époque, les trois grands ennemis annoncés dans le Sutra du Lotus n'apparaissaient pas, qui pourrait avoir foi dans les paroles du Bouddha ? S'il n'y avait pas Nichiren, quel pratiquant du Sutra du Lotus* pourrait aider les prophéties du Bouddha à se réaliser ? Les trois écols du Sud, les Sept écoles du Nord*, ainsi que les sept grands temples*, furent les ennemis du Sutra du Lotus à l'époque du Dharma formel. Par conséquent, comment les moines du Zen, du Ritsu et du Nembutsu à notre époque pourraient-ils être différents ?
[...] 2 Cependant, les écoles bouddhiques, à l'exception de l'école Tendai, se sont trompées pour ce qui est du véritable objet de vénération. Les écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu prennent comme objet de vénération le Bouddha Shakyamuni qui élimina les illusions en pratiquant trente-quatre sortes de purifications spirituelles. On pourrait comparer cela à la situation d'un prince héritier de la couronne qui se prendrait pour un fils de roturier.
[...] 2 Impressionnés par les Cinq révélations faites par le Bouddha dans les chapitres Hoto* (XI) et Daibadatta* (XII), les innombrables bodhisattvas promirent au Bouddha de propager le Sutra du Lotus, comme cela est décrit dans le chapitre Kanji* (XIII). En brandissant ce passage du Sutra, clair comme un miroir, j'exposerai [aux yeux de tous] l'offense au Dharma commise par les moines du Zen, du Ritsu et du Nembutsu ainsi que par leurs disciples laïques.
[...] 2 A la lumière du soleil et de la lune que sont les sutras du Lotus et du Nirvana, ou dans les clairs miroirs que sont les écrits de Zhanlan* et de Zhi-du*, nous percevons pleinement le visage hideux des adeptes du Zen, du Ritsu et du Nembutsu dans le Japon d'aujourd'hui. Il est dit dans le chapitre Kanji* (XIII) du Sutra du Lotus : "Après la disparition du Bouddha, à une époque terrifiante et mauvaise," et dans le chapitre Anrakugyo* (XIV)  : "Dans l'époque mauvaise à venir", "dans la dernière période" et "dans la dernière période, quand le Dharma sera sur le point de disparaître."
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Ce sont les paroles mêmes du Bouddha  ; le maître correct et bienveillant est celui qui rejette sincèrement les principes des quatre saveurs et des trois enseignements, ainsi que les sutras du Hinayana et du Mahayana provisoire* exposés seulement comme des moyens ; c'est le maître qui rejette également les écoles Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu, ainsi que les sutras sur lesquels elles s'appuient, afin d'enseigner Myoho Renge Kyo, "l'unique grande raison pour laquelle les bouddhas apparaissent en ce monde."(réf.)
Réponse à Sairen-bo (Sado, le 13 avril 1272, à Sairenbo Nichijo)

Après la venue de Zhiyi* et de Saicho*, de nombreux bouddhistes connurent le principe d'ichinen sanzen grâce à l'enseignement de ces deux sages. Parmi eux se trouvaient Jiaxiang de l'école Sanron ; plus de cent moines des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, Fazang et Qingliang de l'école Kegon, Xuanzang et Ci-en de l'école Hosso ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* de l'école Shingon ; et Dao-xuan de l'école Ritsu. D'abord, tous s'opposèrent à Zhiyi*, mais plus tard, ils acceptèrent totalement ses enseignements.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Puis, tendant l'arc de la déclaration du Bouddha  : "Je n'ai pas encore révélé l'enseignement définitif (jikkyo)"(réf.), j'encoche la flèche du "rejet sincère des enseignements provisoires" (réf.), je monte dans le chariot tiré par un grand boeuf blanc (note) et j'abats le portail des enseignements provisoires. Les attaquant l'une après l'autre, j'ai réfuté les doctrines du Nembutsu, du Shingon, du Zen, du Ritsu et celles des autres écoles. Certains de mes ennemis ont pris la fuite, d'autres ont reculé, ou, conquis, sont devenus mes disciples. Je continue à repousser leurs attaques et à les vaincre mais les ennemis sont légion alors que le roi du Dharma est seul avec une poignée de partisans.
[...] Bien qu'aucun sutra, à l'exception du Sutra du Lotus, ne permette d'obtenir le plus petit bienfait, les lettrés bouddhistes de l'époque des Derniers jours du Dharma prétendent que tous les sutras doivent conduire à l'Eveil puisqu'ils furent exposés par le Bouddha. Par conséquent, ils professent arbitrairement la foi en n'importe quel sutra et suivent n'importe quelle école de leur choix, que ce soit Shingon, Nembutsu, Zen, Sanron, Hosso, Kusha, Jojitsu ou Ritsu. Le Sutra du Lotus dit de telles personnes  : "Celui qui refuse d'avoir foi en ce sutra, et qui, au contraire, le rabaisse, détruit instantanément la graine qui permet de devenir bouddha en ce monde... Après sa mort, il tombera dans l'enfer avici."(réf.) Ainsi, le Bouddha lui-même conclut que la seule manière de pratiquer correctement son enseignement consiste à avoir foi dans le principe central du Sutra, la croyance en un seul Dharma suprême.
[...] Shakyamuni lui-même, Zhiyi* et Saicho* furent les trois seuls à pratiquer en parfait accord avec l'enseignement du Bouddha, en plus de deux mille ans. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, les seuls pratiquants de cette sorte sont Nichiren et ses disciples. Si nous ne pouvons être considérés comme des pratiquants fidèles aux enseignements du Bouddha, alors Shakyamuni, Zhiyi* et Saicho* ne peuvent pas l'être non plus. Pourrait-on appeler pratiquants du Sutra du Lotus Devadatta, Kokalika, Sunakshatra, Kukai*, Ennin*, Enchin, Shandao, Honen, Ryokan et leurs semblables  ? Le Bouddha Shakyamuni, Zhiyi*, Saicho, ou Nichiren et ses disciples pourraient-ils être des adeptes des écoles Nembutsu, Shingon, Zen, Ritsu ou autres  ?
La Pratique telle que le Bouddha l'Enseigne (mai 1273 à plusieurs de ses disciples)

Maintenant, moi, Nichiren, afin de prouver la véracité des paroles du Bouddha, je lis ces passages du Sutra et les applique à la situation du Japon. Le passage concernant "les moines habitant la forêt et vivant retirés" désigne les [moines des] temples Kencho-ji, Jufuku-ji, Gokuraku-ji, Kennin-ji, Tofuku-ji et les autres temples des écoles Zen, Ritsu, et Nembutsu au Japon. Ces temples démoniaques sont apparus dans le monde pour détruire les temples bouddhiques du Mont Hiei et les autres temples de l'école Hokke-Tendai. "Vêtus de haillons" et "qui, en apparence, respectent les préceptes [de la vie monastique]" désigne de nos jours "ceux qui observent les préceptes", avec leurs surplis faits de cinq, sept ou neuf pièces d'étoffe (note). Ceux qui sont "respectés et vénérés par le monde" et ceux dont on parle "comme de grands bodhisattvas" sont des hommes comme Doryu, Ryokan et Shoichi. Le "monde" qui leur accorde de la considération, ce sont le souverain et les personnes influentes à notre époque. Et les "ignorants" et les "personnes ordinaires" sont tous les habitants du Japon, nobles aussi bien que de modeste condition.
Réponse au seigneur Hakiri Saburo (Sado, 3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)

Les médicaments diffèrent selon les maladies. Des médicaments légers suffiront pour guérir des maladies bénignes mais les maladies graves exigent des remèdes forts. Pendant les plus de deux mille deux cents vingt ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, les maladies des hommes, c'est-à-dire leurs illusions et leur karma négatif, étaient sans gravité. Et il a donc suffi qu'apparaisse une succession de savants-maîtres* qui, tels des médecins, ont dispensé les remèdes appropriés pour ces maladies. Ces maîtres étaient issus des écoles Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Shingon, Kegon, Tendai, Jodo et Zen. Chacune de ces écoles prescrit son propre médicament. Par exemple, l'école Kegon énonce le principe des six formes et les dix mystères, l'école Sanron, la Voie du milieu des huit négations, l'école Hosso insiste sur la perception que tous les phénomènes ne sont "Rien-que-Conscience", l'école Ritsu préconise les deux cent cinquante préceptes, l'école Jodo, l'invocation du nom du bouddha Amida, l'école Zen, la méditation sur son propre état de bouddha, l'école Shingon, la méditation sur les cinq éléments et l'école Tendai a formulé la théorie d'ichinen sanzen.
Le don du mandala du Dharma merveilleux (Sado, 1273 à Sennichi-ama)

Les Ecoles Kusha, Jojitsu, Ritsu disent : « Les explications du Bouddha sont dans les quatre Agon et dans les Préceptes, le Kegonkyo* et le Sutra du Lotus* ne sont pas des explications du Bouddha, ce sont des livres de non-bouddhistes », etc. Les patriarches de ces Ecoles furent Dushun, Zhiyan, Fazang, Cheng-guan (de l'Ecole Kegon), Xuanzang, Cien, (de l'Ecole Hosso), Jizang, Daolang (de l'Ecole Sanron), Shubhakarasimha, Vajrabodhi, Amoghavajra (de l'Ecole Shingon), Daoxuan, Jian-zhen* (de l'Ecole Ritsu), Tanluan, Daochuo, Shandao (de l'Ecole Jodo), Bodhidharma, Huiko (de l'Ecole Zen).
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1274, à Toki Jonin)

Dans sa pétition à Hojo Tokimune, Ryokan, de l'école Ritsu, a écrit  : "Je dois me plaindre de ce fait  : Il y a un moine, du nom de Nichiren, qui prétend que ceux qui observent les préceptes tomberont en enfer. Dans quel sutra ou traité trouve-t-on une telle affirmation  ? [C'est la première question que je pose.] De plus, alors que, de nos jours, on ne trouve presque personne, des milieux les plus haut placés aux plus modestes, qui ne récite le Nembutsu, il prétend que le Nembutsu crée une cause karmique qui fait tomber dans l'enfer avici. Quel passage de sutra peut fonder une telle assertion  ? Je voudrais demander au moine Nichiren quelle preuve littérale peut justifier ses déclarations.
[...] Les tenants du Ritsu transgressent les préceptes avec autant de violence qu'une montagne s'effondre ou qu'une rivière déborde. Loin de pouvoir atteindre la bodhéité, ils ne pourront même pas renaître dans les mondes-états des hommes ou du ciel. Le Grand-maître* Zhanlan* a dit  : "Ceux qui observent ne serait-ce qu'un précepte pourront renaître en tant qu'être humain, mais ceux qui transgressent ne serait-ce qu'un précepte, tomberont dans les trois mauvaises voies. (réf.) Vous devriez leur demander : "Qui, parmi les disciples de Ryokan de l'école Ritsu, observe ne serait-ce qu'un seul des préceptes énoncés dans les sutras Saiho, Shobonen et autres  ? Qui observe véritablement un seul des préceptes enseignés dans les sutras Agama* et dans divers sutras du Mahayana et du Hinayana  ? Il ne fait aucun doute qu'ils sont destinés à tomber dans les trois mauvaises voies ou dans l'enfer avici.
[...] On m'a rapporté que, lorsque Ryokan a su que je vivais retiré dans une province lointaine, il a dit à la ronde  : "J'aimerais que Nichiren revienne le plus tôt possible à Kamakura. En tenant un débat sur la doctrine avec lui, je dissiperais les doutes." Demandez donc si se vanter ainsi en rabaissant les autres fait partie des préceptes de l'école Ritsu. Car, lorsque je suis rentré à Kamakura, il a fait barricader son entrée et fermer ses portes. Parfois, il s'est même déclaré malade, prétendant avoir attrapé froid. Dites-lui  : "Je ne suis pas Nichiren, mais seulement l'un de ses disciples. Je n'ai guère de talent pour parler et ma compréhension de sa doctrine est incomplète, mais je soutiens comme lui que l'école Ritsu conduit à la trahison." Au cours d'un débat public, même si votre argumentation est parfaitement logique et fidèle à la vérité, vous ne devriez jamais pour cela devenir agressif ou grossier, ou adopter une attitude prétentieuse.
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

Par la suite, l’école Zen fut introduite au Japon, lors du règne de l’impératrice Kogyoku, le 36e souverain ; l’école Hosso fut introduite sous le règne de l’empereur Temmu, le 34e souverain ; le Sutra Vairocana* sous l’empereur Gensho, le 44e souverain, et l’école Kegon, lors du règne du 45e empereur Shomu. Les écoles Ritsu et de Tendai-Hokke ont été introduites au Japon par le Vénérable Jianzhen (Ganjin) sous le 46e empereur Koken. Ganjin ne propagea, en fait, que la doctrine Ritsu, excluant le Tendai-Hokke. Durant le règne du 50e souverain, l’empereur Kammu, un sage nommé Saicho* fonda la Hokkeshu, supérieure aux autres écoles bouddhiques, et défia au cours d’un débat les six écoles de Nara  : Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron et Kegon. Le Grand-maître* Saicho* apprit l’existence de l’école bouddhique Shingon en Chine. Il s’y rendit en 804 (la 23e année de la ère Enryaku) pour étudier et transmettre quatre écoles bouddhiques. Il étudia les écoles mahayana Tian-tai, Zhenyan, Chan et Ly-zong. Après quoi, il s’en retourna au Japon, pour n’y propager que les doctrines mahayana Hokke et Ritsu, sans mentionner le Zen. En effet, Saicho* ne reconnu pas l’indépendance de cette dernière école, tout comme pour celle du Shingon, se contentant de permettre aux moines des sept grands temples de Nara d’accomplir le rite ésotérique nommé "cérémonie d'ondoiement". Ne connaissant pas la véritable intention du Grand-maître*, le peuple supposa alors qu’il n’avait approfondi que l’école de Tendai-Hokke, en délaissant la doctrine de l’ésotérisme du Shingon.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Le fait que les prières de Nichigen-nyo ne soient pas exaucées fait penser à un bon arc dont la corde ne serait pas assez solide, ou à une personne armée d'un grand sabre mais dénuée de courage. Ce n'est en rien la faute du Sutra du Lotus. Expliquez-lui précisément qu'elle devrait elle-même abandonner une fois pour toutes la pratique du Nembutsu et de Ritsu et, dans toute la mesure de ses capacités, qu'elle devrait convaincre les autres d'en faire autant, de la même manière que vous êtes vous-même resté fidèle à votre croyance sans craindre de susciter des inimitiés. Quelle que soit sa croyance dans le Sutra du Lotus, je ne pense pas qu'elle haïsse les ennemis de ce Sutra autant qu'elle haïrait des courtisanes.
Le Palais royal (Minobu, 12 avril 1275 à Shijo Kingo)

Les maîtres de l'école Shingon et les adeptes des écoles Kegon, Hosso, Sanron, Zen, Jodo et Ritsu prétendent s'être éveillés au Dharma. Ils croient s'être libérés des souffrances de la naissance et de la mort. Mais les fondateurs de leurs écoles n'ont pas réussi à comprendre le véritable sens des sutras sur lesquels ils appuient leur doctrine. Ils n'ont procédé que de façon superficielle, en n'utilisant que les sutras de leur choix. Ce faisant ils se sont opposés au Sutra du Lotus, et leurs enseignements ne correspondent pas à la véritable intention du Bouddha. Ils n'en ont pas eu conscience et, au fur et à mesure qu'ils propageaient ces doctrines, les dirigeants du pays aussi bien que le peuple ont commencé à avoir foi en elles. De plus, ces enseignements sont répandus dans d'autres pays depuis très longtemps. Si bien que les lettrés de notre temps, ignorant l'erreur des fondateurs de ces écoles, considèrent comme des sages ceux qui pratiquent et propagent leurs doctrines.
Lettre au nyudo d'Ichinosawa (Minobu, le 8 mai 1275, à l'épouse du nyudo d'Ichinosawa)

Honen, au Japon, donne l'interprétation suivante. Selon lui, le Sutra du Lotus, le Sutra Kegon*, le Sutra Vairocana* et divers autres sutras du Hinayana, ainsi que les enseignements des écoles Tendai, Shingon et Ritsu qui se sont répandus au Japon aujourd'hui, représentent le Dharma pur des deux mille ans des périodes du Dharma correct et du Dharma formel mentionnés dans le Sutra Daijuku. Mais, dès que le monde sera entré dans l'époque des Derniers jours du Dharma, ces enseignements perdront toute validité. Même si certains continuent à les pratiquer, aucun d'eux ne parviendra à échapper aux souffrances de la vie et de la mort. [C'est pourquoi Nagarjuna, dans] le Jujubibasha Ron et le moine Tan-luan appellent ces enseignements : "la voie de la pratique difficile" ; Daochuo déclare que pas une seule personne ne peut parvenir à l'Eveil grâce à eux et Shandao dit de même : "Pas une seule personne sur mille."
[...] Sous le règne du même empereur, le moine Ganjin vint de Chine, apportant avec lui l'enseignement des écoles Tendai et Ritsu. Il propagea l'enseignement de l'école Ritsu et fit construire le sanctuaire du Hinayana au Todai-ji, mais mourut sans avoir mentionné une seule fois le nom de l'école Hokke. Puis, sous le règne du cinquantième souverain, l'empereur Kammu, huit cents ans après le début de l'époque du Dharma formel, apparut un jeune moine appelé Saicho*, qui serait connu plus tard sous le nom de Grand-maître* Dengyo. Il étudia tout d'abord les enseignements des six écoles Sanron, Hosso, Kegon, Kusha, Jojitsu, Ritsu, ainsi que le Zen sous la direction du moine Gyoho et d'autres. Par la suite, il fit construire le temple Kokucho-ji, appelé plus tard Hiei-san.
[...] S'il en est ainsi, comment, à notre époque au Japon, les moines des temples To-ji, Onjo-ji ou des sept grands temples et les adeptes des huit écoles et du Shingon, Zen ou Ritsu, peuvent-ils transgresser les préceptes parfaits du Grand-maître* Saicho*  ?
[...] 2 Si les prédictions du Bouddha doivent se vérifier, il semblerait alors que ce seront les moines des dix ou des huit écoles bouddhiques qui réduiront en cendres le Mont Sumeru du bouddhisme. Dans le coeur des moines des écoles du Hinayana, Kusha, Jojitsu et Ritsu s'allumera la flamme de la jalousie à l'encontre des moines du Mahayana. Et des moines tels que Shubhakarasimha*, de l'école Shingon, San-jie, de l'école Zen et Shandao de l'école Jodo sont des moines parasites nés dans ce corps de lion qu'est l'enseignement du Bouddha.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Si les Mongols attaquent à nouveau, personne n'aura le courage de les affronter. Les gens seront comme des singes effrayés par un chien, ou une grenouille terrorisée par un serpent. Cela est dû au fait que le pays a laissé les maîtres du Shingon, les moines du Nembutsu et du Ritsu libres de haïr [Nichiren qui est] le Pratiquant du Sutra du Lotus et l'envoyé du Bouddha Shakyamuni. Ce faisant, le pays s'est nui à lui-même. Il a ainsi provoqué la haine du ciel, avec pour conséquence que tous ses habitants sont devenus des lâches. [Dans leur terreur d'une autre invasion mongole] ils sont comme le feu qui craint l'eau, comme le bois qui redoute la hache, comme un faisan paralysé à la vue d'un faucon, comme une souris devant le chat qui la menace. Aucun d'eux ne pourra s'échapper.
La suprématie du Dharma (Minobu, 4 août 1275, à Oto, fille de Nichimyo)

Surpris par le grand tremblement de terre dans la première année de l’ère Shoka [1257], ainsi que par l’immense comète de la première année de l’ère de Bun’ei (1264), j’ai consulté tous les textes sacrés bouddhiques. Ils annoncent que les deux calamités à n’avoir jamais sévi au le Japon surviendront sous la forme de troubles internes et d’une invasion étrangère, tous deux provoqués par les illusions véhiculées par le Hinayana et les enseignements du Mahayana provisoire* du Shingon, du Zen, de Jodo et de Ritsu qui détruisent le Vrai Dharma du Sutra du Lotus.
[...] Mes remontrances ne furent cependant pas écoutées, car les prêtres des écoles Shingon, Zen, Jodo et Ritsu m’accablaient régulièrement de fausses accusations. De plus, je fus à maintes reprises attaqué à coups de sabre de bâton, exilé par deux fois - à Izu et à Sado -, du fait de la disgrâce du shogunat, et fus sur le point d’être décapité à Tatsunokuchi.
[...] L’empereur ne connaît pas la cause de ces événements, car il ne s’agit pas de désastres terrestres ordinaires. De même, les ministres ne réfléchissent pas à la cause de ces calamités, car ils ne sont versés dans le confucianisme. Ils ont en outre foi en la capacité des prêtres du Shingon à vaincre les désastres et font des offrandes aux prêtres du Ritsu dans l’espoir de faire échapper le pays aux calamités. C’est là une grave erreur : cela équivaut à jeter de l’huile sur un feu dans l’espoir de l’éteindre ou verser de l’eau afin de faire fondre la glace alors que cela ne fait qu’en augmenter le volume.
Réponse à Gonin (Minobu, le 26 décembre 1275)

Je ne sais comment exprimer ma joie de vous savoir de retour sain et sauf de Kamakura. J'ai également reçu la lettre dans laquelle vous m'informiez de la décapitation des émissaires mongols. Comme il est regrettable que des émissaires mongols innocents aient été décapités, et non les moines du Nembutsu, du Shingon, du Zen et du Ritsu, qui sont pourtant les véritables ennemis de notre pays  ! Ceux qui ne comprennent pas les raisons profondes que j'ai de dire cela penseront peut-être que je parle par arrogance, parce que ma prédiction s'est accomplie (note). Pourtant, depuis plus de vingt ans déjà, en privé, jour et nuit, j'ai prévenu mes disciples que cela se produirait, et, à plusieurs reprises, j'ai publiquement présenté des remontrances aux autorités pour tenter de l'éviter.
Emissaires mongols (Minobu, 1275, au nyudo Nishiyama)

Je lui ai répondu : "Cette année. Et si vous abandonnez Nichiren, personne ne pourra sauver le Japon  ! Pour le salut du pays, ce sont tous les moines du Nembutsu, du Zen, du Ritsu et d'autres écoles du Japon qu'il aurait fallu faire décapiter, en exposant leurs têtes sur la plage de Yuinohama. Mais maintenant, il est sans doute déjà trop tard."
[...] "On croit généralement que Nichiren se contente de réfuter les maîtres du Nembutsu, des moines du Zen et du Ritsu. Mais ce sont des gens de peu d'importance. C'est l'école Shingon, avec ses principes nuisibles, qui appelle, sur ce beau pays du Japon, une terrible malédiction. Les Grands-maîtres Kukai et Ennin* se sont laissé tromper par ces enseignements, conduisant le pays au bord de la ruine. Si l'on demande aux moines du Shingon de prier pour sa sécurité, même un pays inévitablement voué à la destruction d'ici deux ou trois ans sera attaqué avant qu'un an ou six mois ne s'écoulent  ! " Voilà ce que j'ai dit [à Hei no Saemon].
Réponse au nyudo Takahashi (Minobu, 1275 au nyudo Takahashi Rokuru Hyoe)

Les habitants du Japon sont sans cesse abusés par les moines du Nembutsu ou par les écoles Zen, Ritsu ou Shingon. Ainsi, en apparence, ils font comme s'ils vénéraient le Sutra du Lotus, mais dans leur coeur, ils n'y croient pas. Si bien que, lorsque moi, Nichiren, qui n'ai pourtant pas commis le moindre crime, je proclame la supériorité du Sutra du Lotus, ils me haïssent tous, de la même manière que, dans les Derniers jours du Dharma du bouddha Ionno, les gens haïssaient le bodhisattva Fukyo. Tous, des personnes les plus haut placées jusqu'aux plus modestes, détestent le simple énoncé de mon nom et abhorrent la seule idée de me voir. Par conséquent, bien qu'innocent de tout crime, une fois exilé, il semblait peu probable que je fus pardonné. De plus, j'avais dénoncé le Nembutsu - que les habitants du Japon respectent plus que leurs propres père et mère, et placent plus haut que le soleil et la lune - comme la cause karmique qui conduit en enfer. J'avais attaqué le Zen en disant qu'il était l'oeuvre du démon, qualifié le Shingon d'hérésie qui provoquerait la destruction du pays, et [on rapportait que] j'avais incité à incendier les temples des écoles Nembutsu, Zen et Ritsu, et à décapiter les moines du Nembutsu.
[...] Le roi Ajatashatru était depuis sa naissance dominé par les trois poisons et commettait sans cesse l'une ou l'autre des dix mauvaises actions. De plus, il tua son père, tenta d'ôter aussi la vie à sa mère, et, prenant Devadatta pour maître, tua de nombreux disciples du Bouddha. Parce qu'il avait accumulé de nombreuses mauvaises actions, le quinzième jour du deuxième mois, le même jour que celui de la disparition du Bouddha, des boutons purulents apparurent sur sept parties de son auguste personne, présageant qu'il tomberait dans l'enfer avici. Le roi connut des souffrances épouvantables. Il éprouvait la même douleur que s'il avait été précipité dans un grand feu ou plongé dans de l'eau bouillante. Ses six ministres proposèrent de faire appel aux six maîtres non bouddhistes pour le guérir de ses pustules. C'est tout à fait comparable aux habitants du Japon, de nos jours, qui considèrent les maîtres Zen et Ritsu, les moines du Nembutsu et du Shingon comme de bons amis bouddhiques et leur demandent de prier pour vaincre l'empire mongol et pour leur bonheur dans la vie prochaine.
Lettre à Konichi-bo (Minobu, mars 1276 à la veuve Konichi, mère de Yashiro)

Sous le règne du quarante-quatrième souverain, l'impératrice Gensho, un religieux venu d'Inde [Shubhakarasimha*] introduisit le Sutra Vairocana*  ; et, à l'époque du quarante-cinquième souverain, l'empereur Shomu, le moine Ganjin, venu de Chine, introduisit l'école Ritsu au Japon. Il apportait aussi avec lui des exemplaires du Hokke Gengi, du Hokke Mongu*, du Maka Shikan, du Jomyo Sho, et d'autres ouvrages de l'enseignement de Zhiyi*. Mais il ne propagea pas l'enseignement des écoles Shingon et Hokke.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Lorsque, ayant bien compris cela, je fus prêt, sans céder aux désirs de mes parents, de mes maîtres ou de quiconque, à me plonger dans la recherche des vérités bouddhiques, je découvris qu'il y avait dix brillants miroirs qui reflètent les doctrines sacrées exposées par le Bouddha tout au long de sa vie. Ce sont les dix écoles du bouddhisme que l'on appelle Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Shingon, Kegon, Jodo, Zen et Tendai-Hokke. Les lettrés d'aujourd'hui pensent qu'avec ces dix écoles pour guides éclairés il est possible de comprendre le coeur de tous les sutras, et proclament que ces dix miroirs réflètent tous de manière correcte la voie enseignée par le Bouddha.
[...] Par la suite, sous le règne du trente-septième empereur, Kotoku, les écoles Sanron, Kegon, Hosso, Kusha et Jojitsu furent introduites au Japon, et, sous le règne du quarante-cinquième empereur Shomu, ce fut le tour de l'école Ritsu, ce qui porta au total à six le nombre de ces écoles. Mais, depuis le règne de l'empereur Kotoku jusqu'au règne du cinquantième souverain, l'empereur Kammu, soit pendant une période de cent vingt ans au cours de laquelle régnèrent quatorze souverains, les écoles Tendai et Shingon n'étaient pas encore introduites.
[...] Ces quatorze hommes avaient, par le passé, transmis les enseignements des divers patriarches chinois et japonais de leur école respective, tels que Fazang et Shinjo de l'école Kegon, Jizang et Kanroku de l'école Sanron, Ci-en et Dosho de l'école Hosso, ou Daoxuan et Ganjin de l'école Ritsu. Bien que les récipients contenant l'eau de la doctrine eussent changé de génération en génération, l'eau restait la même.
[...] Ces quatorze hommes avaient, bien sûr, étudié les doctrines des trois écoles du Hinayana [Jojitsu, Kusha et Ritsu] mais, puisque même les trois écoles du Mahayana [Kegon, Sanron et Hosso] avaient été réfutées, il devrait être inutile de les mentionner ici. Pourtant, certains, de nos jours encore, ignorant ce fait, pensent que l'une ou l'autre de ces six écoles n'a pas subi de défaite. Ils sont comme des aveugles qui ne peuvent voir ni le soleil ni la lune, ou comme des sourds incapables d'entendre le tonnerre, et qui en concluent qu'il n'y a ni soleil ni lune dans le ciel, et qu'aucun son ne résonne dans les airs.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Alors que le gouvernement du Régent ne savait quelle décision prendre, des moines du Jodo, du Ritsu, du Shingon et d'autres écoles, comprenant que leur sagesse était insuffisante pour vaincre Nichiren dans un débat religieux, envoyèrent des pétitions au gouvernement. Voyant que celles-ci restaient sans effet, ils se rendirent auprès des femmes et des veuves des hauts dignitaires pour me dénigrer. Ces femmes rapportèrent leurs calomnies aux autorités en disant : "D'après certains moines, Nichiren a déclaré que les défunts régents Hojo Tokiyori et Hojo Shigetoki sont tombés dans l'enfer avici ; il a dit qu'il faudrait brûler les temples Kencho-ji ; Jufuku-ji, Gokuraku-ji, Choraku-ji et Daibutsu-ji, et que des grands patriarches comme Doryu et Ryokan devraient être décapités.
[...] Je fus gardé à Echi pendant plus de vingt jours. Dans le même temps, sept ou huit incendies criminels ainsi qu'une série d'assassinats se produisirent à Kamakura. Ceux qui me calomniaient affirmèrent, sans aucune preuve  : "Ce sont les disciples de Nichiren qui ont allumé ces incendies." Des membres du gouvernement pensèrent que c'était possible et dressèrent une liste de deux cent soixante de mes disciples qui, selon eux, auraient dû être expulsés de Kamakura. La rumeur courut qu'ils devaient tous êtres exilés sur une île lointaine et que ceux d'entre eux qui se trouvaient déjà en prison seraient exécutés. Mais il s'avéra que ces feux avaient été allumés par des croyants du Ritsu et du Nembutsu, pour faire accuser mes disciples. D'autres incidents se produisirent, trop nombreux pour être mentionnés ici.
[...] Hei no Saemon est pour moi ce que fut Devadatta pour Shakyamuni. Les adeptes du Nembutsu d'aujourd'hui sont comparables à Kokalika et les adeptes du Ritsu, à Sunakshatra. Shakyamuni vit aujourd'hui ; notre époque est celle du Bouddha. C'est ce que le Sutra du Lotus définit comme shoho jisso (véritable aspect de la vie) ou plus précisément la cohérence du commencement jusqu'à la fin.
A ce sujet, il est dit, dans le huitième volume du Guketsu  : "Si un simple mortel n'essaie pas de sortir du cycle des souffrances de la vie et de la mort et ne désire pas devenir bouddha, les démons le protégeront comme des parents." Cela signifie que, même si quelqu'un pratique en espérant planter les racines du bien, s'il pratique le Nembutsu, le Shingon, le Zen, le Ritsu ou tout enseignement différent du Sutra du Lotus, il n'aura que le démon pour parent.
[...] En tous lieux, l'esprit des hommes reste toujours aussi changeant. La rumeur me parvint que les moines du Ritsu et du Nembutsu, sur l'île de Sado, parmi lesquels Yuiamidabutsu, Shoyu-bo, Insho-bo et Jido-bo, et des centaines de leurs disciples s'étaient réunis pour décider de mon sort. L'un d'eux aurait déclaré : "Le moine Nichiren, ennemi déclaré du bouddha Amida et mauvais ami du peuple tout entier, a été envoyé dans cette province. Nous le savons, rares sont ceux qui, ayant été exilés sur cette île, ont survécu. Et aucun survivant n'est jamais rentré chez lui. Personne ne sera condamné pour avoir tué un banni.
[...] Vos guerriers sont réputés dans la province de Sagami. Si vous restez à la campagne à cultiver vos rizières et vos champs et si vous arrivez trop tard pour la bataille, ce sera pour vous une grande honte." Homma partit en toute hâte, sans rien dire de ses intentions. Les moines et les laïcs, adeptes du Nembutsu et du Ritsu, semblèrent perplexes, se demandant ce que j'avais voulu dire par là.
[...] Les laïcs, ayant entendu cela, dirent entre eux : "Ce moine a peut-être des pouvoirs occultes extraordinaires. Ce qu'il décrit est vraiment effrayant  ! Dorénavant, ne faisons plus d'offrandes aux moines du Nembutsu et du Ritsu  ! " Les moines du Ritsu, disciple de Ryokan, et les moines du Nembutsu dirent : "Puisqu'il prédit une rébellion à Kamakura, peut-être ce moine fait-il lui-même partie du groupe des conspirateurs  ? " Puis la situation redevint un peu plus calme.
[...] Alors, les moines du Nembutsu se réunirent et se dirent : "Si nous laissons les choses continuer ainsi, nous allons mourir de faim. Déjà plus de la moitié des habitants de la région, autrefois nos fidèles, ont été convertis par ce moine. Par conséquent, si nous voulons survivre, nous devons à tout prix l'éliminer. Comment faire  ? " Yuiamidabutsu, qui dirigeait les moines du Nembutsu, ainsi que Dokan, un disciple de Ryokan et Shoyu-bo, dirigeants du Ritsu, se rendirent en toute hâte à Kamakura ; arrivés là, ils se rendirent à la résidence de Hojo Nobutoki, seigneur de la province de Musashi.
[...] Apprenant cela, des moines du Nembutsu, du Ritsu, du Shingon de la ville de Ko dans la région d'Echigo, et du temple Zenko-ji de la région de Shinano se rassemblèrent pour se concerter. "Quelle honte que les moines de Sado aient laissé Nichiren rentrer vivant  ! En aucun cas nous ne devons le laisser passer près du temple Zenko-ji consacré au corps vivant du bouddha Amida."
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Ces passages de sutra et de commentaires doivent nous permettre de bien le comprendre : au Japon, les enseignements du Shingon, du Zen, du Ritsu et du Nembutsu, fondés sur d'autres écrits que le Sutra du Lotus, se répandent partout, dans les montagnes, de monastère en monastère, de temple en temple, à la cour comme à la campagne, dans les régions proches aussi bien que lointaines. Mais ils ne correspondent pas au pays ou ne répondent pas aux véritables intentions du Bouddha, et ne permettent pas de se libérer des souffrances de la naissance et de la mort.
[...] [Le Bouddha affirme qu'alors] le cœur des hommes sera plein de brutalité et de malveillance, [qu'] ils seront dominés par l'avidité et l'arrogance de sorte que les conflits et les guerres se multiplieront sans cesse. Parmi les divers enseignements bouddhiques, ceux qui ont été largement propagés, comme le Shingon, le Zen, le Nembutsu ou Ritsu, seront obscurcis et perdus.
[...] Ces passages signifient que parmi les diverses doctrines qu'il exposa pendant cinquante ans, le Bouddha Shakyamuni n'exposa la vérité ni dans le Sutra Kegon*, qui représente le début de son enseignement, ni dans les sutras Hodo* et Hannya* enseignés par la suite. Voilà pourquoi ceux qui pratiquent l'enseignement des écoles Zen, Nembutsu ou Ritsu, même s'ils pratiquent pendant un nombre incalculable et infini de kalpa, n'atteindront jamais la bodhéité.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Aucun père, aucune mère n'exhorteront jamais [leur enfant] à renoncer au monde pour atteindre la bodhéité. Mais, dans votre situation, les moines et adeptes du Ritsu et du Nembutsu ont influencé votre père pour vous faire tomber, vous et votre frère [et vous faire abandonner votre foi]. On m'a rapporté que Ryoka-bo persuade les autres de réciter un million de nembutsu en s'efforçant de créer la discorde entre les gens et de détruire les graines du Sutra du Lotus. Hojo Shigetoki, qui fit construire le temple Gokuraku-ji pour Ryokan, semblait être une personne de mérite. Mais trompé par les croyants du Nembutsu, il m'a traité avec haine et cela entraîna non seulement sa propre perte mais celle de tout son clan. Seul Hojo Naritoki, seigneur de la province d'Echigo, a survécu. Vous pensez peut-être que ceux qui croient en Ryoka-bo sont prospères, mais voyez plutôt ce qu'il est advenu au clan Nagoe, qui finança la construction des temples Zenko-ji, Choraku-ji, et d'un temple destiné à abriter une immense statue du Bouddha. 
Les Trois Obstacles et les Quatre Démons (
Minobu, le 20 novembre 1277 à Hyoe no Sakan Munenaga)

Au Japon, cinq écoles représentent le bouddhisme du Mahayana - les écoles Hosso, Sanron, Kegon, Shingon et Tendai. Il y a trois écoles du Hinayana - Kusha, Jojitsu et Ritsu. Puis, même si, en principe, les écoles Shingon, Kegon, Sanron et Hosso se rattachent au Mahayana, lorsqu'on les étudie attentivement, on découvre qu'elles appartiennent en fait au Hinayana.
[...] Une école est digne de ce nom lorsqu'elle propose trois sortes d'enseignement : préceptes, méditation et prajna-sagesse. Sans parler pour l'instant de méditation ni de prajna, nous voyons bien que, par les préceptes qu'elles énoncent, les diverses écoles se divisent clairement en Hinayana et Mahayana. Ni la branche To-ji de l'école Shingon ni les écoles Hosso, Sanronou Kegon n'ont leur propre sanctuaire pour conférer les préceptes ; c'est pourquoi elles doivent utiliser le sanctuaire du Todai-ji à Nara. Autrement dit, elles se rattachent aux préceptes énoncés par l'école Ritsu, une école du Hinayana, préceptes sans plus de valeur que du lait d'ânesse ou des immondices malodorants. Par les préceptes qu'elles observent, toutes ces écoles entrent dans la catégorie du Hinayana.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

J'aimerais préciser encore certains points concernant mon enseignement mais cette lettre est déjà trop longue. Je vous ai déjà écrit sur le Zen, le Nembutsu et le Ritsu. Mais [parmi les nombreuses branches du bouddhisme] Shingon est précisément l'école qui a conduit la Chine à sa perte et qui causera la ruine de ce pays [le Japon].
Lettre à Misawa (Minobu, le 23 février 1278 à Misawa)

Les maladies de l'esprit connaissent divers degrés de gravité. Les affections dues aux trois poisons, et leurs 84000 variations frappant les simples mortels dans les six voies, peuvent êtres guéries par le bouddha des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu, s'appuyant sur les trois Corbeilles [Tripitaka] du Hinayana. Toutefois, si l'on s'efforce de remédier par le Hinayana aux trois poisons et aux 84000 maladies provoquées par l'opposition à des sutras du Mahayana tels que les sutras Kegon*, Hannya* et Vairocana*, ces maladies ne feront qu'empirer et ne seront jamais guéries.
Les deux sortes de maladies (Minobu, le 26 juin 1278, à Shijo Kingo

Les 84000 sortes de maladies causées par les trois poisons qui affectent les simples mortels dans les Six voies peuvent être guéries par le bouddha des enseignements du Hinayana et des sutras Agama*, ou par les maîtres des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu. Mais, si les adeptes du Hinayana, par attachement aux enseignements qu'ils pratiquent, s'opposent à l'enseignement du Mahayana, ils seront atteints par diverses maladies. Ou bien, si les pays du Hinayana, même sans s'opposer au bouddhisme du Mahayana, se considèrent comme égaux aux pays du Mahayana, diverses maladies frapperont leurs populations. Si l'on essaye de les guérir par la pratique des sutras du Hinayana, ces maladies ne feront que s'aggraver.
[...] On devrait donc s'attendre à trouver plus de victimes des épidémies parmi les disciples de Nichiren que parmi les adeptes du Nembutsu, les maîtres du Shingon, ou les moines des écoles Zen et Ritsu. Mais, pour une raison mystérieuse, il y a moins de malades et moins de morts [parmi les disciples de Nichiren] que parmi les adeptes des enseignements provisoires. C'est véritablement extraordinaire. Est-ce dû à notre petit nombre ou à la force de notre foi ?

Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Tous ces enseignements ont pour but d'exhorter à recevoir et à garder le Sutra du Lotus à l'époque des Derniers jours du Dharma. Les moines hérétiques du Japon, de la Chine et de l'Inde se sont tous révélés incapables de saisir cette évidence. Les écoles Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu suivent soit les enseignements du Hinayana, soit ceux du Mahayana provisoire*, mais ont rejeté le Sutra du Lotus. Leurs moines ont une mauvaise compréhension du bouddhisme, sans toutefois prendre conscience de leurs erreurs. Comme ils ont l'apparence de vrais moines, les gens leur accordent la plus entière confiance. C'est pourquoi, sans même s'en rendre compte, ces moines et leurs adeptes sont devenus des ennemis du Sutra du Lotus et des adversaires du Bouddha Shakyamuni. A la lumière de ce Sutra, il est certain que, non seulement aucun de leurs vœux ne sera exaucé, mais encore que leur vie sera écourtée et que, après leur mort, ils seront condamnés à l'enfer avici.
La phrase unique et essentielle (Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama)

Le Sutra du Lotus est supérieur à tous les autres sutras. Il est comparable au lion, roi de tous les animaux courant sur la terre, et à l'aigle, roi de toutes les créatures volant dans les airs. Le Sutra Namu Amida Butsu (note) et les autres sutras ne peuvent être comparés qu'à des faisans ou des lièvres, qui glapissent de douleur lorsqu'un aigle les saisit, ou dont le ventre se noue de terreur lorsqu'un lion les poursuit. Il en va de même pour les adeptes du Nembutsu, les moines du Ritsu et du Zen, et les maîtres du Shingon. Confrontés au Pratiquant du Sutra du Lotus, ils blêmissent et perdent l'esprit.
[...] Ce qui se passe dans le domaine du bouddhisme, de nos jours, au Japon, est de même nature. C'est une autre forme de rébellion. Le Sutra du Lotus équivaut au souverain suprême, tandis que le Shingon, l'école Jodo, le Zen et les moines Ritsu, avec leurs petits sutras Vairocana* et Kammuryoju, sont devenus les Grands ennemis du Sutra du Lotus. Pourtant, les femmes du Japon, sans avoir conscience de leur ignorance, considèrent Nichiren, qui vient à leur secours, comme leur ennemi. Et, bien à tort, elles prennent les adeptes du Nembutsu et les moines du Zen, du Ritsu et du Shingon, qui sont en réalité leurs plus grands ennemis, pour de bons amis et des maîtres bouddhiques.
[...] Malgré cela, lorsque je fus exilé sur l'île de Sado, le gouverneur de la région et les autres dignitaires, respectueux des intentions du Régent, m'ont traité avec hostilité. Et les gens du peuple suivent leurs ordres. De Kamakura, les adeptes du Nembutsu et les moines du Zen, du Ritsu et du Shingon ont envoyé des instructions pour qu'il me soit impossible de revenir [de l'île de Sado] ; et Ryokan, du Gokuraku-ji, avec d'autres, persuada Hojo Nobutoki, de promulguer en son nom personnel des mesures encore plus répressives à l'égard de Nichiren qui furent transmises à Sado par des disciples de Ryokan.
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

Question : Il y a dix écoles [bouddhiques] au Japon, telles que Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Kegon, Shingon, Jodo, Zen, et Hokke. L’objet de culte, pour ces écoles, varie. L’objet de culte dans trois écoles du Hinayana, telles que Kusha, Jojitsu, et Ritsu, est le bouddha de la Manifestation inférieure (retsu-ojin). L’objet de culte dans deux écoles, Hosso et Sanron, est le bouddha de Manifestation supérieure (sho-ojin). L’école Kegon vénère Vairocana comme son objet sacré. Vairocana est considéré comme le Corps de sagesse* du Bouddha Shakyamuni. L’objet de culte dans l’école Shingon est Vairocana-Dainichi et celui de l’école Jodo est le bouddha Amida. L’objet de culte de l’école Zen est le Bouddha qui a atteint l’Eveil sous l’arbre bodhi, nommément le Bouddha Shakyamuni. Toutes ces écoles et groupes montrent l’image de Bouddha comme leur objet de culte, mais pourquoi est-ce que l’école Hokke est la seule qui a le Sutra du Lotus comme son objet de culte  ?
[...] Sous le règne de l’empereur Shomu [724-749], le Grand-maître* Simsang (Shinjo) et le moine supérieur Roben introduisirent l’école Kegon. Sous le gouvernement du 46ème empereur, Koken [749-758], le moine Ganjin introduisit l’école Ritsu et le Sutra du Lotus. Cependant, Ganjin fit peu de cas des enseignements du Sutra du Lotus et ne propagea que l’école Ritsu. En juillet 804, le Grand-maître* Saicho* sur instruction de l’empereur Kammu, partit en Chine, où il rencontra le moine Daosui (Dosui) et le Grand-maître* Xingman (Gyoman), qui étaient tous les deux des disciples du Grand-maître* Zhanlan*. Sous leur supervision, le Grand-maître* Saicho* étudia l’enseignement du Maka Shikan de l’école Hokke et apprit aussi les Règles de conduite des bodhisattvas, qui avaient été enseignées par le Grand-maître* Daoxuan, fondateur de la branche Nanchan de l'école Lu (Ritsu) en Chine.
[...] L’école Ritsu a initialement enseigné les enseignements du Hinayana et a exposé plus tard les enseignements du Mahayana provisoire*. Maintenant, ils croient qu’ils exposent les enseignements véritables du Mahayana.
[...] Une autre école Ritsu, qui fut transmise au Grand-maître* Saicho* par le moine Daosui (Dosui) n’est pas identique à l’école Ritsu mentionnée ci-dessus.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Parmi toutes les maladies, les cinq forfaits, l'incroyance incorrigible des icchantika et l'opposition au Dharma sont des maladies graves qui désolent particulièrement le Bouddha. De nos jours, tous les Japonais, sans exception, sont affligés du plus sérieux de ces maux, la grave maladie d'une grande opposition au Dharma. Je pense aux adeptes des écoles Zen, Nembutsu et Ritsu, et aux maîtres du Shingon. Précisément parce qu'elle est d'une telle gravité, eux-mêmes n'ont pas conscience de leur maladie, et les autres ne les savent pas malades. Parce que cette maladie empire, d'un moment à l'autre, des guerriers venus des quatre mers vont attaquer, et le dirigeant, ses ministres et les gens du peuple seront tous détruits. Assister à cela sous ses propres yeux est véritablement une chose douloureuse.
Un remède bénéfique pour tous les maux (Minobu, 1278 à Myoshin-ama)

"Au sein même des enseignements bouddhiques, une grave erreur a été commise. Parmi tous les sutras, le roi des sutras est le Sutra du Lotus, tandis que les autres sutras - Kegon*, Daibon, Jimmitsu* et Agama*, doivent avoir le rang de ministre, de serviteur ou de roturier. Pourtant, les adeptes de l'école Sanron affirment que les sutras Hannya* sont supérieurs au Sutra du Lotus ; ceux de l'école Hosso, que le Sutra Jimmitsu* est supérieur au Sutra du Lotus ; les tenants du Kegon considèrent le Sutra Kegon* comme supérieur au Sutra du Lotus, tandis que l'école Ritsu se proclame la mère de toutes les autres écoles. Il n'y a pas un seul pratiquant du Sutra du Lotus. Et ceux qui ont voulu le lire et le réciter ont été, au contraire, ridiculisés et méprisés par les autres."
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

Quant à moi, Nichiren, je me suis isolé dans une bibliothèque avec les écritures et, après avoir médité sur les textes, je suis arrivé à la conclusion que, parce que le peuple révère les moines du Mahayana provisoire* et du Hinayana, ceux des écoles Shingon, Zen, Nembutsu et Ritsu, alors qu'il ne respecte pas le Sutra du Lotus, Bonten et Taishaku le réprimanderait en ordonnant à un pays situé à l'ouest d'attaquer le Japon.
[...] Le Régent actuel est exactement comme ces deux empereurs. Il croit ce que disent les maîtres du Shingon, l'école Zen, les moines Ritsu, ceux qui observent les préceptes, et les moines du Nembutsu, tous ennemis du Sutra du Lotus, et me traite, moi, Nichiren, comme un ennemi. Je suis de modeste origine, mais je crois au Sutra du Lotus que protègent et chérissent Shakyamuni, Taho, tous les bouddhas des dix directions, Bonten, Taishaku, les divinités Nitten, Gatten et les quatre Rois du Ciel, les rois-dragons, Tensho Daijin* et le bodhisattva Hachiman.
Lettre au nyudo Nakaoki (Minobu, le 30 novembre 1279 au nyudo Nakaoki et à son épouse)

Et dans ces conditions, moi, Nichiren, je suis le seul à déclarer que la récitation du nom du bouddha Amida conduit à l'enfer avici, que le Zen est une invention du démon, que le Shingon est une doctrine néfaste menant le pays à la ruine, et que l'école Ritsu et ceux qui observent les préceptes se rendent coupables de trahison. C'est la raison pour laquelle, tous, depuis le souverain jusqu'au plus modeste de ses sujets, me redoutent plus encore que l'ennemi juré de leurs parents, un ennemi les poursuivant vie après vie, un traître fomentant une révolte, un bandit opérant de nuit ou un brigand. Leur colère se déchaîne contre moi, ils me maudissent, ils me frappent. On promet d'octroyer des terres à ceux qui me dénigrent tandis que ceux qui font mon éloge sont chassés de leur domaine ou punis d'amendes. On offre une récompense à ceux qui voudraient me tuer. Et, pour couronner le tout, à deux reprises, j'ai encouru la punition des autorités.
[...] Les adeptes du Ritsu s'appuient sur les principes du Hinayana. Même à l'époque du Dharma correct, le Bouddha n'approuvait pas la propagation de ces enseignements. Sans doute apprécierait-il encore moins qu'à l'époque des Derniers jours du Dharma, ils servent à égarer le gouvernement.
[...] Le Japon, de nos jours, est devenu précisément un pays de ce genre. Nombreux sont ceux qui, parmi les maîtres du Shingon, les adeptes du Zen ou du Ritsu, y mangent de la chair humaine. Cela est entièrement dû aux enseignements erronés du Shingon.
[...] Ceux qui ont mémorisé les soixante volumes (note) de l'école Tendai et qui sont tenus pour des sages par le dirigeant du pays et les autorités, est-ce parce que la sagesse leur fait défaut, ou parce que, tout en connaissant la vérité, ils redoutent les réactions du monde, qu'ils font l'éloge de l'école Shingon et s'allient aux adeptes du Nembutsu, du Zen et du Ritsu ? Leur faute est cent, mille fois plus grande que celle des adeptes de ces écoles ! On peut les comparer à Shigeyoshi ou Yoshimura.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

Les moines des écoles Kegon, Shingon et Nembutsu, comme ceux des écoles Ritsu et Zen, se vantent de respecter rigoureusement les préceptes, d'avoir une conduite honnête et de posséder une grande sagesse. Mais, en réalité, ils sont dans la situation de personnes nées dans des familles fomentant la rébellion d'inférieurs contre leur supérieur. En ce sens, ils sont les grands ennemis du Sutra du Lotus. Comment pourraient-ils éviter de tomber dans la grande citadelle de l'enfer avici   ? Parmi les adeptes des quatre-vingt quinze sortes d'écoles non bouddhiques (note) beaucoup étaient certainement honnêtes et sages. Mais parce qu'ils croyaient en des enseignements erronés, légués par les deux divinités et les trois ascètes, ils furent condamnés à renaître dans les voies mauvaises de l'existence.
Chevaux blancs et cygnes blancs (Minobu, 14 août.1280, à la dame d'Utsubusa)

Le Sutra du Lotus a un prologue appelé Sutra Muryogi. On pourrait le comparer à des généraux détachés en avant-garde qui précèdent le passage du cortège d'un grand roi pour assurer sa sécurité. Il est dit dans ce sutra Sutra Muryogi : "Au cours des plus de quarante ans écoulés, je n'ai toujours pas révélé la vérité." Cela ressemble à ces grands arcs que portent les généraux pour lancer leurs flèches contre les ennemis du roi, ou aux sabres avec lesquels ils les tuent. C'est une déclaration royale, tranchante comme une épée, dirigée contre les adeptes du Kegon qui ne récitent que le Sutra Kegon*  ; contre les adeptes du Ritsu et leurs sutras Agama*  ;
[...] Comme il est dit dans le Sutra  : "en rejetant sincèrement les enseignements provisoires"(réf.), ceux qui ont foi dans le Sutra du Lotus devraient d'abord abandonner et rejeter l'invocation Namu Amida Butsu fondée sur le Sutra Amida et d'autres sutras  ; l'enseignement du Shingon, fondé sur le Sutra Vairocana* et d'autres sutras ; et les deux cent cinquante préceptes de l'enseignement Ritsu fondés sur les sutras Agama* et d'autres sutras, afin d'avoir foi exclusivement dans le Sutra du Lotus.
[...] Dans ce pays, nombreux étaient les adeptes d'enseignements non bouddhiques, comparables aux tenants du Zen, du Nembutsu, du Shingon et du Ritsu de nos jours. On trouvait aussi des disciples du Bouddha semblables aux adeptes de l'école Hokke à notre époque. Ces deux groupes étaient en très mauvais termes, aussi antagonistes que l'eau et le feu, ou aussi hostiles que les deux peuples de Hu et de Yue (note).
Réponse à la mère du seigneur d'Ueno (Minobu, octobre 1280 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

A l'époque du Dharma formel, le bouddhisme fut introduit au Japon, dans la sixième année du règne de l'empereur Kimmei [544]. Pendant plus de deux cents ans, du règne de l'empereur Kimmei au règne de l'empereur Kammu, l'enseignement des six écoles - Sanron, Jojitsu, Hosso, Kusha, Kegon et Ritsu - se répandit. La doctrine du Shingon fut introduite sous le règne du quarante-quatrième souverain, l'impératrice Gensho, et celle de l'école Tendai sous le règne du quarantième-cinquième souverain, l'empereur Shomu. Mais aucun de ces enseignements ne fut propagé à l'époque.
Le corps et l'esprit des simples mortels (
Minobu, à un disciple)

 

 

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