Un remède bénéfique pour tous les maux

(Le bon remède pour tous les maux)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 5, p. 309 ; SG* p. 947.
Gosho Zenshu p. 1479 - Byoshi royaku Gosho ( Myoshin ama gozen gohenji); Teihon no 191, 2:1104

Minobu, 1278 à Myoshin-ama

J'ai bien reçu votre don de deux paniers de kakis adoucis (note) et d'un panier d'aubergines. A propos de la maladie du nyudo votre mari : en Chine, il y eut deux médecins, appelés Huang Di et Bian-Que, et, en Inde, les médecins Jisui et Jivaka. Chacun d'eux était le trésor de son temps et ils furent les maîtres des médecins des époques suivantes. Pourtant, ils n'étaient en rien comparables à ce médecin sans égal que l'on appelle le Bouddha. Le Bouddha révéla l'élixir d'immortalité  : les cinq caractères de Myoho Renge Kyo. De plus, il enseigna que ces cinq caractères sont "le remède capable de guérir les maladies de tous les êtres du Jambudvipa."(réf.)

Votre mari est un habitant du Japon, pays qui fait partie du Jambudvipa, et il souffre en ce moment d'une maladie du corps. Pourtant, le passage du Sutra établit clairement qu'il est un remède pour tous les maux. Ce Sutra du Lotus est le plus grand de tous les remèdes.

Un souverain inique, le roi Virudhaka, tua plus de cinq cents femmes appartenant au clan du Bouddha. Alors, le Bouddha envoya son disciple Ananda au Pic du Vautour pour y cueillir une fleur de lotus bleu. Lorsque le Bouddha toucha le corps de ces femmes avec cette fleur, elles revinrent à la vie, et, une semaine plus tard, elle renaquirent dans le ciel Trayastrimsha. Parce que la fleur à laquelle on donne le nom de lotus possède de telles vertus mystiques, c'est à elle que le Bouddha a comparé au Dharma merveilleux.

La mort d'une personne n'est pas nécessairement due à une maladie. A notre époque, les gens d'Iki et de Tsushima, sans souffrir d'aucune maladie, ont tous péri ensemble au cours du massacre perpétré par les Mongols. De même, la maladie n'a pas toujours pour résultat la mort. Il se pourrait que la maladie de votre mari réponde au dessein du Bouddha, car le Sutra Vimalakirti et le Sutra du Nirvana (note) mentionnent tous deux des personnes malades parvenant à la bodhéité. De la maladie naît l'esprit de rechercher la Voie.

Parmi toutes les maladies, les cinq forfaits, l'incroyance incorrigible des icchantika et l'opposition au Dharma sont des maladies graves qui désolent particulièrement le Bouddha. De nos jours, tous les Japonais, sans exception, sont affligés du plus sérieux de ces maux, la grave maladie d'une grande opposition au Dharma. Je pense aux adeptes des écoles Zen, Nembutsu et Ritsu, et aux maîtres du Shingon. Précisément parce qu'elle est d'une telle gravité, eux-mêmes n'ont pas conscience de leur maladie, et les autres ne les savent pas malades. Parce que cette maladie empire, d'un moment à l'autre, des guerriers venus des quatre mers vont attaquer, et le dirigeant, ses ministres et les gens du peuple seront tous détruits. Assister à cela sous ses propres yeux est véritablement une chose douloureuse.

En cette vie-ci, le nyudo, votre mari, n'avait pas manifesté jusqu'à présent une foi particulièrement forte dans le Sutra du Lotus. Mais, maintenant que l'effet d'un karma créé par le passé le contraint à souffrir d'une longue maladie, il a commencé à réciter Daimoku  jour et nuit et il recherche le Dharma sans relâche. Les offenses mineures qu'il a pu commettre en cette vie, quelles qu'elles soient, ont sûrement déjà été effacées, et, grâce à sa dévotion méritoire au Sutra du Lotus, le grand mal de son opposition [passée] au Dharma sera également dissipé. S'il devait se rendre maintenant au Pic du Vautour, il éprouverait une sensation aussi délicieuse que devant un soleil inondant de lumière les dix directions ; et il se réjouirait en s'étonnant qu'une mort précoce mène à autant de joie.

Mon nom est parvenu dans les Terres pures des dix directions comme celui du moine qui croit au Sutra du Lotus. Le ciel et la terre le connaissent sans aucun doute. Si vous vous proclamez disciple de Nichiren, aucun esprit maléfique ne pourra prétendre qu'il ignore ce nom.

Quoi qu'il advienne sur la route qui vous mènera de cette vie-ci à la vie prochaine, n'oubliez pas de vous déclarer disciple de Nichiren.. Par exemple, le Japon est peut-être un petit pays, mais il suffit qu'une personne se déclare au service du seigneur de Sagami, pour qu'elle inspire une crainte respectueuse. Moi, Nichiren, je suis le moine le plus rebelle du Japon, mais ma foi dans le Sutra du Lotus fait de moi le plus grand sage du monde entier. Mon nom est parvenu dans les Terres pures des dix directions comme celui du moine qui croit au Sutra du Lotus. Le ciel et la terre le connaissent sans aucun doute. Si vous vous proclamez disciple de Nichiren, aucun esprit maléfique ne pourra prétendre qu'il ignore ce nom.

Je ne sais comment vous exprimer mes remerciements pour les offrandes que vous me faites parvenir à chaque occasion.

Avec mon profond respect.

Les singes ont besoin des arbres, et les poissons, de l'eau. Vous, en tant que femme, vous avez besoin de votre mari. Craignant de le perdre, vous avez rasé votre tête et vous avez teint en noir votre robe. Comment les bouddhas des dix directions pourraient-il ne pas éprouver de compassion à votre égard  ? Jamais le Sutra du Lotus ne pourra vous abandonner. Avec cette certitude, vous devez lui confier votre vie.

Nichiren.

Le seizième jour du huitième mois.

ARRIERE-PLAN. - Nichiren Daishonin écrivit cette lettre du Mont Minobu à Myoshin-ama, l'encourageant à faire face à la maladie grave dont son mari était atteint ; on pense habituellement qu'elle fut écrite en 1278. On sait peu de choses sur Myoshin-ama. Une explication la donne pour la femme du nyudo Takahashi Rokuro Hyoe, ce qui ferait d'elle la tante de Nikko Shonin. D'autre théories ont aussi été avancées. Quoi qu'il en soit, elle vivait dans le district du Fuji, dans la province de Suruga, et était devenue disciple de Nichiren Daishonin. La maladie prolongée de son mari l'incita à prononcer les voeux d'une nonne bouddhiste. Son mari fut finalement emporté par la maladie, laissant sa femme avec un enfant en bas âge. Myoshin-ama continua à pratiquer après la mort de son mari, et rendit souvent visite à Nichiren Daishonin au Mont Minobu en lui apportant des offrandes. (Commentaire ACEP)

En anglais : Beneficial Medicine for All Ills ou The Good Medicine for All Ills

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=937&m=1&q=Medicine%20for%20All%20Ills
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_BeneficialMedicineIlls.htm

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