Le don du mandala du Dharma merveilleux

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 3, p. 61; SG* p. 417.
Gosho Zenshu p. 1305 - Myoho Mandara Kuyoji, Teihon no. 117, 1:698-99

Supposé : Sado, 1273 à Sennichi-ama.

 

Je vous fais don du Gohonzon de Myoho Renge Kyo. Le Titre de ce mandala ne s'écrit qu'en cinq ou sept caractères mais il est le maître de tous les bouddhas dans les trois phases de la vie et la garantie, pour toutes les femmes, d'atteindre la bodhéité. Il deviendra une torche dans l'obscurité sur le chemin menant à l'au-delà, un bon cheval pour traverser les montagnes de la mort. Il est comparable au soleil et à la lune dans le ciel ou au Mont Sumeru sur la terre. Il est le bateau qui fait traverser l'océan de la vie et de la mort. Il est le maître qui guide tous les êtres vers l'Eveil. Cela fait plus de deux mille deux cents vingt années que le Bouddha a disparu, et pendant ce temps, ce mandala n'a jamais été révélé ou propagé où que ce soit dans le monde.

Les médicaments diffèrent selon les maladies. Des médicaments légers suffiront pour guérir des maladies bénignes mais les maladies graves exigent des remèdes forts. Pendant les plus de deux mille deux cents vingt ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, les maladies des hommes, c'est-à-dire leurs illusions et leur karma négatif, étaient sans gravité. Et il a donc suffi qu'apparaisse une succession de savants-maîtres* qui, tels des médecins, ont dispensé les remèdes appropriés pour ces maladies. Ces maîtres étaient issus des écoles Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Shingon, Kegon, Tendai, Jodo et Zen. Chacune de ces écoles prescrit son propre médicament. Par exemple, l'école Kegon énonce le principe des six formes et les dix mystères, l'école Sanron, la Voie du milieu des huit négations, l'école Hosso insiste sur la perception que tous les phénomènes ne sont "Rien-que-Conscience", l'école Ritsu préconise les deux cent cinquante préceptes, l'école Jodo, l'invocation du nom du bouddha Amida, l'école Zen, la méditation sur son propre état de bouddha, l'école Shingon, la méditation sur les cinq éléments et l'école Tendai a formulé la théorie d'ichinen sanzen. Mais maintenant, nous sommes entrés dans l'époque des Derniers jours du Dharma et les remèdes proposés par ces écoles ne guérissent plus les maladies des hommes. De plus, tous les Japonais sont devenus des icchantika qui commettent de graves offenses au Dharma. Le Japon regorge de personnes dont le crime est pire que d'avoir tué père ou mère, fomenté une rébellion ou fait couler le sang du Bouddha. Leur crime est plus grave que si elles avaient crevé, à elles seules, les yeux de tous les êtres humains, il dépasse celui que constituerait le fait d'incendier tous les temples et tous les stupas des mondes des dix directions. Par conséquent, jour après jour, les divinités du Ciel regardent le Japon avec colère tandis que les divinités de là terre tremblent d'une rage continuelle. Pourtant, chacun, de nos jours, est persuadé de n'avoir pas commis la moindre faute et personne ne doute de renaître dans un autre monde [la Terre pure] et d'atteindre la bodhéité.

Un aveugle ne peut pas voir l'éclat du soleil et une personne profondément endormie ne percevra même pas un tremblement de terre se réverbérant comme le son d'un énorme tambour. Il en va de même pour tous les habitants du Japon [qui n'ont pas conscience des offenses qu'ils commettent eux-mêmes]. Les fautes des hommes sont plus graves que celles des femmes ; celles des nonnes, plus graves que celles des hommes laïques et celles des moines, plus graves que celles des nonnes. [Parmi les religieux, ] les fautes des moines qui observent les préceptes sont pires que celles des moines qui les transgressent, et celles des savants-maîtres* pires encore. Des moines de ce genre sont comparables, à ceux qui, parmi les lépreux, sont atteints de lèpre blanche, et, parmi ces derniers, aux plus gravement atteints de tous.

Quel grand médecin ou quel bon médicament a le pouvoir de guérir tous les êtres à l'époque des Derniers jours du Dharma ? Ils ne peuvent pas être guéris par les mudra et les mantra dharani* du bouddha Vairocana*, par les quarante-huit voeux du bouddha Amida ou les douze grands voeux du bouddha Yakushi, ni même par son serment de guérir toutes les maladies. Non seulement de tels remèdes n'ont pas le pouvoir de guérir les maladies mais ils les aggravent.

Le vénérable Shakyamuni, en présence du bouddha Taho et de tous les autres bouddhas qui étaient ses émanations venus des dix directions, a laissé un grand médicament, les cinq caractères de Myoho Renge Kyo pour les hommes qui vivraient à l'époque des Derniers jours du Dharma. Il refusa de transmettre ces caractères à Hoe, Kudokurin, Kongosatta, Fugen, Mahjushri, Yakuo et Kannon et encore moins à Mahakasyapa, ou toute autre personne des deux véhicules. Par contre, quatre grands bodhisattvas, au nombre desquels Jogyo, avaient été les disciples du Bouddha Shakyamuni depuis le passé de gohyaku jintengo*, sans avoir jamais oublié un seul instant le Bouddha. Shakyamuni les convoqua et leur transmit ces caractères de Myoho Renge Kyo.

Ainsi, une femme qui prend ce remède efficace sera entourée de toute part et protégée à chaque instant par ces Quatre grands bodhisattvas. Lorsque cette femme se lèvera, ces grands bodhisattvas feront de même, et, lorsqu'elle marchera le long d'une route, ils marcheront avec elle. Ils seront aussi inséparables que le corps et l'ombre, le poisson et l'eau, la voix et son écho, la lune et son éclat. Si ces Quatre grands bodhisattvas abandonnaient une femme qui récite Namu Myoho Renge Kyo, ils provoqueraient la colère des bouddhas Shakyamuni, Taho et de tous les autres bouddhas des dix directions. Soyez bien certaine que ce crime serait plus grave que celui de Devadatta, leur fourberie plus effroyable que celle de Kokalika. Comme c'est rassurant, comme c'est rassurant !

Namu Myoho Renge Kyo,
Namu Myoho Renge Kyo.

Nichiren

ARRIERE-PLAN - Ni la date ni la destinataire exactes de ce gosho ne sont tout à fait certaines, mais on pense généralement qu'il fut écrit en 1273, alors que Nichiren Daishonin était déjà depuis deux ans en exil sur l'île de Sado et qu'il était adressé à la femme d'Abutsu-bo, connue sous le nom de Sennichi-ama.
Malgré des privations sévères et des menaces constantes sur sa vie, Nichiren Daishonin parvint à survivre au premier hiver sur l'île de Sado. Graduellement, sa situation s'améliora quelque peu lorsque, ayant été autorisé à quitter sa masure croulante de Tsukahara, il fut transféré à Ichinosawa, en avril 1272. Les personnes ayant foi en son enseignement se firent plus nombreuses et Abutsu-bo et sa femme devinrent les personnages centraux de la communauté des croyants. La femme du propriétaire de la maison dans laquelle Nichiren Daishonin vivait à Ichinosawa devint une croyante, et le propriétaire, sans se convertir lui-même, adopta une attitude favorable. Abutsu-bo et sa femme étaient devenus disciples de Nichiren Daishonin alors qu'il résidait encore à Tsukahara. On rapporte qu'Abutsu-bo, à l'origine croyant fervent du Nembutsu, vint trouver Nichiren Daishonin pour lui démontrer ses erreurs en débattant avec lui. Mais ce fut Abustsu-bo qui se convertit. Abutsu-bo et Sennichi-ama protégèrent et soutinrent Nichiren Daishonin avec dévouement pendant son exil sur l'île de Sado et même par la suite. Lorsqu'il se fut retiré au Mont Minobu, Abutsu-bo, malgré son âge avancé fit trois voyages pour venir l'y voir. Nichiren Daishonin adressa à ce couple de pratiquants sincères de nombreuses lettres de remerciements.
Au moment où Nichiren Daishonin écrivit ce gosho, il avait déjà commencé à inscrire des Gohonzon pour des disciples particuliers d'une foi exceptionnelle. En fait, le premier de ces Gohonzon fut inscrit peu après la persécution de Tatsunokuchi en 1271. On en est venu à les appeler ikki ichi en (Gohonzon reçus en vertu du lien particulier d'une personne avec Nichiren Daishonin). Certains d'entre eux existent toujours et leurs inscriptions sont simples comparées à celles du Dai-Gohonzon du Grand Sanctuaire que Nichiren Daishonin léguerait à l'humanité tout entière en 1279. En 1272 et 1273, il termina ses deux écrits les plus essentiels : le "Traité pour ouvrir les yeux" et "Le Véritable Objet de vénération" qui traitent du Gohonzon sous les aspects théoriques et doctrinaux. (Commentaire ACEP)

En anglais : Bestowal of the Mandala of the Mystic Law ou On Offering Prayers to the Mandala of the Mystic Law
- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=414&m=1&q=On%20Offering%20Prayers%%20Mandala
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_BestowMandala.htm

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