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Extraits de gosho sur

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dix mondes-états

Le Hokke Gengi Shakusen indique : “Si l’on dit qu’il existe, alors, aucune pensée d'ichinen sanzen n’existe. A fortiori, comment pourrait-il y avoir d’image des dix monde-états-états  ? Si on dit qu’il n’existe pas, alors trois mille pensées se manifestent. A fortiori, la pensée d’un monde-état. C’est parce que l’on ne peut pas le considérer à travers l’être ou le non-être que le cœur d’une pensée, à l’évidence, est la Voie du milieu. C’est pourquoi, il faut le savoir, le cœur est merveilleux (myo)”. Ici, il faut le savoir, notre cœur est le Sutra du Lotus. [...] Le Maka Shikan énonce  : “Un cœur est doté des dix mondes de dharmas. S’il est doté ne serait-ce qu’un peu du cœur, alors, il possède trois mille”. La Transmission précise : “Un corps, une pensée emplissent le monde des dharmas”. Le Hokke Gengi indique  : “Que l’on parle de trois mille ou que l’on parle du monde des dharmas, il s’agit de synonymes du Sutra du Lotus”.
Les douze liens causaux (1256 )

Après réflexion, je me considère comme chanceux d’être né dans le monde Saha, au Japon et d’avoir inopinément échappé aux trois mauvaises voies, sachant que nos chances de naître dans les mauvaises voies sont aussi grandes que le nombre de particules de poussières (kshana) contenues dans tous les mondes de l’univers, tandis que nos chances de naître dans le monde-état d'hommes sont aussi faibles que la quantité de terre pouvant tenir sur un ongle. Ceci étant dit, il n’y a pas de doute que dans mes vies futures, je risque d'être déchu de cette rare opportunité d’être né en tant qu’être humain au Japon, pour renaître dans les trois mauvaises voies.
[...] En outre, attendu que les sutras provisoires furent enseignés pour préparer les hommes aux sutras définitifs (note), choisir les enseignements les plus anciens et rejeter les plus récents, est également contraire au véritable objectif des trois sutras de la Terre Pure. C’est donc un acte qui dénigre les sutras essentiels, mais aussi les sutras provisoires. C’est un enseignement erroné qui empêchera toujours les gens d’atteindre les quatre mondes-états les plus élevés (bouddha, bodhisattva, pratyekabuddha, shravaka), les faisant tomber dans les profondeurs de l’enfer des souffrances incessantes.
Traité sur la protection de la nation (Kamakura, 1259

La différence entre illusion et Eveil est comparable aux quatre visions différentes du bosquet d'arbres shala. Le bouddha d'ichinen sanzen est indéniablement celui qui, dans chacun des dix mondes-états, manifeste la nature de bouddha inhérente à sa vie.
L'Exil d'Izu (juin 1261 à Funamori Yasaburo)

Depuis le passé sans commencement, enivrés par le vin de l'ignorance, nous sommes nés un nombre incalculable de fois dans les six voies de l'existence en passant par les quatre formes de naissance. Tantôt nous suffoquons au coeur des flammes de l'enfer de la brûlure ardente ou de la grande chaleur dévorante (note)  ; tantôt nous gelons dans la glace de l'enfer du lotus rouge sang ou du grand lotus rouge sang. Tantôt nous devons endurer la torture de la faim et de la soif dans le monde-état de l'avidité, passant cinq cents vies sans même pouvoir entendre prononcer le nom d'un aliment ou d'une boisson. Tantôt nous éprouvons la souffrance d'être blessés et tués dans le monde-état de l'animalité, nous subissons les blessures et les meurtres qui sont le lot d'un monde où les petits sont avalés par les grands, où les courts sont engloutis par les longs. Tantôt nous sommes confrontés aux querelles et aux conflits du monde-état des asuras ; tantôt nous naissons en tant qu'êtres humains et sommes en proie aux huit souffrances que sont naître et vieillir, tomber malade et mourir, souffrir de devoir quitter ceux que nous aimons et rencontrer ceux que nous haïssons, éprouver la douleur de ne pas obtenir ce que nous désirons, et endurer les peines engendrées par les cinq agrégats du corps et de l'esprit. Tantôt encore nous naissons dans le monde-état céleste et faisons l'expérience des cinq signes de dégradation. Ainsi tournons-nous sans cesse en rond comme la roue d'un chariot dans ce monde des trois plans. [...] Pourtant, nous avons obtenu de naître dans le monde des humains, condition à laquelle il est rare de parvenir, et nous avons rencontré les enseignements sacrés du Bouddha qu'il est très exceptionnel d'entendre.
[...] Et pourtant, dans le Sutra du Lotus lui-même, on lit : "Parmi ceux qui entendent ce Dharma, il n'en est pas un seul qui n'atteindra pas la bodhéité."(réf.) Cela indique que, s'ils entendent ce Sutra, tous les êtres dans les dix mondes-états, en même temps que leur environnement, entreront dans la Voie du Bouddha. Ainsi, le Sutra prédit que Devadatta, bien qu'il ait commis les cinq forfaits, deviendra à l'avenir un bouddha appelé "Roi céleste", et relate la manière dont la fille du Roi-Dragon, bien que femme, prisonnière des cinq entraves et considérée comme incapable de parvenir à la bodhéité, obtint immédiatement l'Eveil dans un royaume du Sud.
[...] Ce sutra Myoho Renge Kyo*, résume en un seul moment de vie tous les enseignements et toutes les pratiques de méditation du Bouddha Shakyamuni tout au long de sa vie, et englobe tous les êtres vivants des dix mondes-états et leurs environnements dans les trois mille mondes.
[...] Pour en venir maintenant au Sutra du Lotus, nous devrions prêter attention aux groupes de personnes qui en bénéficièrent lorsqu'il fut enseigné. Quand le principe des cent mondes et des mille facteurs, ou ichinen sanzen, fut exposé dans l'enseignement théorique*, les personnes des deux véhicules, qui avaient été comparées à des graines pourries, virent les graines de la bodhéité germer.
[...] Et la fille du Roi-Dragon, âgée de huit ans, sans quitter son apparence reptilienne, obtint le fruit merveilleux de la bodhéité dans le royaume du Sud. Cela rend donc encore plus vraisemblable la possibilité, pour les femmes, nées dans le monde des humains, de l'obtenir aussi !
[...] Dans le Maka Shikan, il (Zhiyi) définit la méditation sur le domaine de l'insondable, plus précisément sur les trois mille mondes présents en un seul instant-pensée, en se fondant sur sa compréhension profonde du Sutra du Lotus. C'est une pratique qui découle de l'Eveil primordial du Bouddha, et représente un principe de vérité inhérent chez tout être. Je ne rentrerai pas dans les détails ici.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265  ? à un samouraï  ? )

Le grand océan contient les nombreux fleuves qui se déversent en lui, la terre immense contient tous les êtres sensitifs et non sensitifs, le "joyau qui exauce les voeux" a le pouvoir de faire pleuvoir d'innombrables trésors et Bonten règne sur le monde des trois plans. Il en va de même pour les cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo. En plus de tous les êtres des neuf mondes-états, ils contiennent également ceux qui se trouvent dans l'état de bouddha. Et puisque tous les êtres des dix monde-états sont contenus en eux, les environnements des dix monde-états le sont également.
[...] Mais ensuite le Bouddha enseigna le Sutra du Lotus, ouvrant ainsi les resserres de tous les sutras. Et, pour la première fois en plus de quarante ans, tous les êtres humains des neuf mondes-états purent apercevoir les trésors qu'ils contenaient.
[...] Pour employer une autre comparaison : plantes et arbres sèchent et se dénudent en automne et en hiver. Mais en recevant la lumière du soleil, au printemps et en été, feuilles et branches poussent pour donner ensuite fleurs et fruits. Avant l'enseignement du Sutra du Lotus, les personnes ordinaires dans les neuf mondes-états étaient comme des plantes et des arbres en automne et en hiver. Mais lorsque le seul caractère Myo du Sutra du Lotus brilla sur elles comme le soleil du printemps et de l'été, alors la fleur du désir d'atteindre l'Eveil s'épanouit et le fruit de la bodhéité apparut.
Le Daimoku du Sutra du Lotus (1266 à une femme d'Amatsu)

Heureusement, je suis né dans le monde des humains sans m’être laissé tromper par un mauvais maître. Pour préserver le Sutra du Lotus, j’ai été exilé à Izu, mais, à mon regret, je n’ai toujours pas été exécuté. Dans l’espoir qu’une telle chose m’arrive au nom du Sutra du Lotus, je m’étais évertué à adresser de sévères remontrances à diverses personnes.
Réponse au seigneur Ota Kingo (1269 ou 1270 à Ota Kingo (Jomyo)

Tous ceux qui, dans tous les mondes des dix directions, ont commis l'une ou l'autre des dix mauvaises actions, des cinq forfaits, qui ont commis la lourde offense de s'opposer au Dharma correct ou d'autres crimes graves et qui ont été chassés de ces mondes par les divers bouddhas, ont été rassemblés ici, sur cette terre saha, par le Bouddha Shakyamuni. Ces gens, ayant expié leurs crimes après être tombés dans les trois mauvaises voies et dans l'enfer avici, ont pu renaître dans les mondes des hommes et le monde du ciel. Mais, parce que certains vestiges de leurs crimes demeurent, ils sont facilement enclins à dénigrer le Dharma correct et à parler avec mépris de personnes de sagesse, commettant ainsi de nouvelles offenses au Dharma.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Lorsque le vénérable Shakyamuni enseigna le chapitre Juryo* (XVI), il déclara, en faisant allusion à ce que tous les êtres vivants avaient entendu dans les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus et dans l'enseignement théorique* du Sutra du Lotus  : "Tous les êtres dans les mondes-états du ciel et des hommes et tous les asuras pensent que Shakyamuni atteignit l'Eveil suprême après avoir quitté le palais des Shakya et s'être assis sur le lieu de méditation, non loin de la ville de Gaya."(réf.)
[...] Les sutras antérieurs au Sutra du Lotus ont deux défauts. Premièrement "en enseignant que les dix mondes-états sont séparés les uns des autres, ils ne dépassent pas le stade des enseignements provisoires."(réf.) Autrement dit, ils ne révèlent pas le principe d'ichinen sanzen, ni le principe de "rejeter le provisoire pour révéler le définitif", ni la possibilité, pour les personnes des sutras Hannya d'atteindre la bodhéité, principes qui découlent tous de la définition des dix modalités donnée dans le chapitre Hoben* (II) de l'enseignement théorique*. [...] Ainsi les causes et les effets des enseignements antérieurs au Sutra du Lotus et de l'enseignement théorique* du Sutra du Lotus sont-ils entièrement réfutés, et les causes et les effets des dix mondes-états de l'enseignement essentiel* sont révélés (note). C'est le principe de la cause fondamentale et de l'effet fondamental (honga-myo). Il enseigne que les neuf autres états sont tous présents dans l'état de bouddha depuis le temps sans commencement et que l'état de Bouddha est éternellement inhérent aux neuf autres états. C'est le véritable sens de l'inclusion mutuelle des dix mondes-états, des cent mondes et mille modalités, le vrai principe d'ichinen sanzen.
Le coeur du chapitre Juryo (17 avril 1271 ou 1272)

Le Sutra du Nirvana* enseigne le principe de l'allégement du karma. Si les rétributions d'un lourd karma passé ne sont pas effacées durant cette vie-ci, on est voué aux souffrances de l'enfer à l'avenir, mais si l'on subit de grandes difficultés en cette vie, les souffrances infernales disparaîtront aussitôt. Après la mort, on obtiendra les bienfaits du monde des hommes ou du monde du ciel, ainsi que ceux des trois véhicules et du Véhicule suprême.
L'Allègement de la Rétribution Karmique (octobre 1271, à Ota Saemon)

Le Grand-maître* Saicho* déclara  : "La naissance et la mort sont l'oeuvre mystérieuse de l'essence de la vie. La réalité ultime de la vie se trouve dans l'existence et la non-existence." Aucun phénomène, ciel ou terre, Yin ou Yang, soleil ou lune, ni les cinq planètes, ni aucune des conditions de vie, du monde-état d'enfer au monde-état de bouddha, rien n'échappe à la naissance et à la mort. Ainsi, la vie et la mort de tous les phénomènes ne sont que les deux phases de Myoho Renge Kyo.
L'héritage du Dharma ultime de la vie (février 1272, à Sairen-bo Nichiji)

Zhanlan* commente : “Et, de plus, la couleur et l’odeur permettent la Voie du milieu. La nature de bouddha chez le non sensitif étonne l’oreille et trouble le cœur”. Cette couleur, quelle est-elle, parmi les cinq couleurs  ? Ces dernières - le bleu, le jaune, le rouge, le blanc et le noir - sont traduites par “une couleur”. “Une” exprime la nature des dharmas. C’est en ce sens que Zhanlan traduit par “la couleur et l’odeur permettent la Voie du milieu”. Le Grand-maître* Zhiyi* traduit lui aussi par “qui ne soit dans la voie de la médianeté”. Le “Un” de “Une couleur, une odeur” n’est pas le chiffre “un” par rapport à “deux” ou “trois”. Ce “un” désigne la nature du dharma de la Voie du milieu. En fait, il ne peut pas ne pas comporter dix mondes-états, trois mille, le sujet et environnement. Cette couleur et cette odeur désignent la bodhéité des végétaux, c’est-à-dire la bodhéité de la fleur du lotus.
Transmission orale sur l’éveil des végétaux (20 février 1272 à Sairenbo)

Le principe d'ichinen sanzen découle de l'implication réciproque des dix mondes-états. Mais les écoles Hosso et Sanron ne parlent que de huit états, (note) ignorant qu'il y en a dix et à plus forte raison ignorant le principe de leur implication réciproque. Les enseignements des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu s'appuient sur les sutras Agama*. Ils ne prennent en compte que les six mondes-états, les six conditions de vie les plus basses, ignorant tout des quatre autres mondes-états. Ils affirment qu'il n'y a qu'un seul bouddha dans les dix directions et ne dévoilent pas qu'il existe un bouddha pour chaque direction. Ils ne font évidemment pas la moindre allusion au principe selon lequel "tous les êtres sensitifs possèdent l'état de bouddha."(réf.)
[...] On peut lire dans le Sutra Daijuku :
"Il y a deux types de personnes qui sont destinées à mourir sans jamais renaître, et qui en définitive ne parviendront ni à comprendre leurs obligations ni à s'en acquitter. Ce sont d'abord les personnes dans le monde-état des auditeurs-shravakas, ensuite celles dans le monde-état des pratyekabuddhas. Celui qui tombe dans un puits profond ne peut ni obtenir de bienfaits ni faire du bien aux autres. Les personnes dans ces deux mondes-états sont ainsi. Elles tombent dans le puits du nirvana et ne peuvent faire de bien ni à elles-mêmes, ni aux autres."
[...] Ce Sutra Vimalakirti implique que les trois poisons, avidité, arrogance et ignorance, sont les graines de la bodhéité et que les cinq forfaits le sont également. Même si les fleurs de lotus devaient pousser sur les hauts plateaux, jamais les personnes des deux véhicules n'atteindraient la bodhéité. Le texte dit que, si l'on compare les aspects positifs de ces deux mondes-états avec les aspects négatifs de l'illusion ordinaire, on découvre que même les mauvais côtés de l'illusion ordinaire peuvent mener à la bodhéité, alors que les bons côtés des deux véhicules ne permettront jamais d'atteindre un tel résultat.
[...] On lit dans le Sutra Daibon hannya :
"Vous qui êtes dans le monde-état du ciel, (note) si vous n'avez pas encore conçu le désir d'atteindre la bodhéité, il est maintenant temps de le faire. Si vous pénétriez, ne serait-ce qu'une fois, dans le monde-état d'auditeurs-shravakas, vous ne pourriez plus concevoir l'aspiration à l'Eveil (note). Pourquoi cela  ? Parce que vous seriez sortis du monde de la naissance-mort." Ce passage indique que le Bouddha (note) n'est pas satisfait des personnes des sutras de la période Hannya (note) parce qu'elles n'ont pas le désir de devenir bouddha mais qu'il se réjouit lorsque ceux qui sont dans le monde-état du ciel conçoivent réellement ce désir.
[...]
"Ceux qui vous font des offrandes ne cultivent aucunement le champ de leur bonne fortune. Au contraire, ceux qui vous apportent leur soutien tomberont dans les trois mauvaises voies." Ce passage indique que les personnes dans les mondes-états des hommes et du ciel qui soutiennent des moines tels que Mahakashyapa et Shariputra tomberont invariablement dans les trois mauvaises voies.
[...] Ces saints  étaient considérés, immédiatement après le Bouddha, comme les yeux des mondes des dieux et des hommes et les maîtres de tous les êtres. Il devait être extrêmement surprenant d'entendre le Bouddha critiquer, comme il le fit à maintes reprises devant de grandes assemblées de dieux et des hommes, ces saints du Hinayana.
[...] Dans le Sutra du Lotus qu'il exposa durant les huit dernières années de sa vie, le Bouddha revint soudain sur sa position antérieure et enseigna au contraire que les personnes des deux véhicules peuvent en réalité atteindre la bodhéité. Pouvait-on s'attendre à ce que les personnes dans les mondes-états des hommes et du ciel qui l'écoutaient le croient  ?
[...] Ces sutras commettent deux erreurs.
D'abord, parce qu'ils enseignent que les dix mondes-états sont distincts les unes des autres, ils sont incapables d'aller plus loin que les enseignements provisoires et de révéler le principe d'ichinen sanzen tel qu'il est exposé dans les enseignements théoriques* du Sutra du Lotus.
[...] Quand les effets des quatre enseignements sont réduits à néant, les causes (note) le sont aussi. Ainsi, l'enchaînement des causes et des effets dans les dix modalités d'expression de la vie, tels que le décrivent les premiers sutras et l'enseignement théorique* du Sutra du Lotus, est annulé, et les liens de cause et d'effet dans les dix mondes-états, tels que les définit l'enseignement essentiel*, sont révélés. C'est le principe de la cause fondamentale* et de l'effet fondamental*
(note). Il implique que les neuf autres états sont tous présents dans la bodhéité depuis le temps sans commencement, et que la bodhéité est inhérente aux neuf autres états depuis le temps sans commencement.
[...] Myo a le même sens que gusoku [qui inclut tout parfaitement]. "Six" se réfère aux six paramitas menant à la perfection. Demander à entendre l'enseignement "qui inclut tout parfaitement", c'est vouloir acquérir la parfaite maîtrise des six paramitas de bodhisattva. Dans le mot gusoku, gu [qui inclut] se réfère à l'inclusion mutuelle des dix mondes-états, tandis que soku [tout, parfaitement] indique que, puisqu'il y a implication réciproque des dix mondes-états, chacun des dix mondes-états contient tous les autres, autrement dit "inclut tout parfaitement". Le Sutra du Lotus est un seul ouvrage comportant huit volumes, vingt-huit chapitres et 69 384 caractères. Chacun de ses caractères en particulier a la qualité de myo [mystique], ce qui en fait l'équivalent d'un bouddha doté des trente-deux traits distinctifs et des quatre-vingts caractéristiques physiques. Chacun des dix mondes-états manifeste son propre état de bouddha. Comme l'écrit Zhanlan*  : "Si même l'état de bouddha est présent dans chacun des dix mondes-états, à plus forte raison, tous les autres états sont naturellement présents aussi."(réf.)
[...] Deuxième partie
Il est dit dans le Sutra Kegon*  : "Parmi les divers êtres de tous les différents mondes, rares sont ceux qui cherchent à pratiquer la Voie des auditeurs-shravakas. Encore plus rares sont ceux qui cherchent la Voie de pratyekabudda, et rarissimes ceux qui recherchent le Mahayana.
[...] Le principe de la rétribution karmique s'exerce dans les dix mondes-états, il s'exerce même dans l'état de bouddha. Même si quelqu'un tue quantité de personnes, au Japon, en Chine et dans tous les pays, s'il ne commet aucun des cinq forfaits et ne s'oppose pas au Dharma, il ne tombera pas dans l'enfer avici. Mais il renaîtra dans les mauvaises voies et en restera prisonnier pendant d'innombrables années.
Traité pour ouvrir les yeux (
Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Le ciel protège immanquablement ceux qui observent les préceptes et pratiquent le bien. Si ceux qui se trouvent dans le monde-état des hommes n'observent pas les préceptes et ne pratiquent pas le bien, après leur mort, ils renaîtront pour la plupart dans le monde des asuras. Et si les personnes dans le monde-état des asuras sont très nombreuses, leur orgueil ne cessera de croître et, inévitablement, elles se lanceront à l'attaque du Ciel. Mais si les personnes nées dans le monde-état des hommes observent les préceptes et pratiquent le bien, après leur mort, elles renaîtront immanquablement dans le monde-état du ciel. Si les personnes dans le monde-état du ciel sont très nombreuses, les asuras auront peur d'elles et n'oseront pas s'attaquer au Ciel. Voilà pourquoi le ciel protège immanquablement les personnes qui observent les préceptes et pratiquent le bien.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Il est dit dans le cinquième volume du Maka Shikan  : "La vie, à chaque instant, comporte dix mondes-états. De plus, chacun des dix mondes-états est doté de tous les autres, si bien qu'une unité de vie possède en fait cent états. Chacun de ces états à son tour contient trente domaines d'existence (note) de sorte que, dans les cent états, il y a trois mille conditions existence. Ces trois mille conditions d'existence sont tous, contenus en un seul moment de vie. S'il n'y a pas de vie, inutile d'aller plus loin. Mais la plus infime parcelle de vie contient les trois mille conditions d'existence... C'est ce que l'on entend par "le royaume de l'insondable".
[...] Question. - Il est dit dans le deuxième volume du Hokke Gengi : "Chacun des dix mondes-états contient les neuf autres, et dans les cent états, se trouvent "mille modalités d'expression de la vie." Dans le premier volume du Hokke Mongu*, on lit : "Chaque faculté cognitive (note) possède les dix mondes-états, chacun d'eux comprenant encore en lui tous les dix. Puisque chacun de ces cent états comporte les Dix modalités d'expression de la vie, on arrive au total de mille." Dans le Kannon Gengi on trouve aussi la phrase : "Il y a inclusion mutuelle des dix états, ce qui constitue cent états. Toute forme de vie possède de manière inhérente mille Modalités d'expression même si elles sont invisibles." Cette expression ichinen sanzen apparaît-elle dans l'un des quatre premiers volumes du Maka Shikan  ?
Réponse - Zhanlan* déclare qu'elle ne s'y trouve pas.
[...]
Question. - Vous nous avez parlé des sources de cette doctrine. Mais qu'entend-on par kanjin ?
Réponse - Kanjin signifie observer son propre esprit et découvrir en lui les dix mondes-états. [...] c'est seulement dans le clair miroir du Sutra du Lotus et dans le Maka Shikan de Zhiyi* que l'on peut découvrir les trois mille conditions dans sa propre vie - les dix mondes-états, leur inclusion mutuelle, les mille modalités.
[...] Il est dit dans le Sutra : "Devadatta deviendra un Tathagata du nom de Devaraja."(réf.) Cela indique que le monde de l'enfer contient également le monde de la bodhéité. Le Sutra dit aussi : "Il y a dix Filles-démones, dont la première s'appelle Lamba... [Le Bouddha leur dit : ] "Vous obtiendrez une bonne fortune inestimable rien qu'en protégeant ceux qui gardent le Titre du Sutra du Lotus."(réf.) Ainsi, le monde des esprits affamés contient la totalité des dix mondes-états. Quand le Sutra dit (réf.) : La fille du Roi-Dragon... atteignit la bodhéité, il indique que le monde de l'animalité comporte les dix monde-états. Quand le Sutra dit (réf.) : "Balin et les autres rois des asuras obtiendront l'Eveil en entendant juste une phrase ou un vers du Sutra"  ; il démontre que le monde de l'orgueil possède en puissance les dix mondes-états. On lit aussi dans le Sutra  : "Tous ceux qui honorent le Bouddha... s'engagent dans la voie qui mène à la bodhéité."(réf.) Cela signifie que le monde des Hommes contient les dix mondes-états. D'après le Sutra, les divinités célestes, conduites par Bonten, ont déclaré : "Nous obtiendrons l'Eveil."(réf.) Ainsi, il est clair que le monde du Ciel contient les dix mondes-états. On lit toujours dans le Sutra  : "Dans l'une de ses vies futures, Shariputra deviendra un bouddha du nom de Padmaprabha."(réf.) Ainsi, le monde des auditeurs-shravakas contient les dix mondes-états. Le Sutra dit  : "Les moines et les nonnes qui aspirent à devenir pratyekabuddha s'inclinent en joignant leurs mains, désireux d'entendre l'enseignement qui conduit à la vérité parfaite."(réf.) Ainsi, le monde de la bodhéité pour soi possède les dix mondes-états. Le Sutra décrit une multitude de bodhisattvas qui surgissent de terre et déclarèrent : "Nous désirons, nous aussi, recevoir le Grand Dharma pur."(réf.) Ainsi, le monde de bodhisattva contient les dix mondes-états. Enfin le Sutra dit : "Hommes de foi sincère, tous les sutras exposés par l'Ainsi-Venu n'ont d'autre but que de sauver les hommes de toutes leurs souffrances. Ou j'ai parlé de moi, ou j'ai parlé des autres."(réf.) Ainsi, le monde de la bodhéité contient les dix mondes-états.
[...] L'inclusion mutuelle des dix mondes-états (jikkai gogu) est aussi difficile à croire que l'existence du feu dans une pierre ou des fleurs dans un arbre. Pourtant, lorsque les conditions s'y prêtent, de tels phénomènes se produisent et l'on parvient à y croire.
[Voir ichinen sanzen et tout le gosho Kanjin no Honzon Sho]
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Les principes essentiels du Sutra du Lotus sont l'implication réciproque des dix mondes-états, cent mondes et mille modalités d'expressions de la vie, ainsi que ichinen sanzen. Ce sont des principes d'une grande importance énoncés dans le Maka Shikan.
Lettre à Gijo-bo (Sado, mai 1273, à Gijo-bo)

Tous les êtres et leur environnement dans chacun des dix mondes-états - du plus bas, l'état d'enfer, au plus élevé, l'état de bouddha - sont tous sans exception les manifestations de Myoho Renge Kyo. S'il y a environnement, un sujet s'y trouve nécessairement. Zhanlan* déclare  : "Le sujet (shoho) aussi bien que son environnement (eho) sont toujours des manifestations de Myoho Renge Kyo."(réf.) Il dit encore  : "L'aspect réel se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités d'expression de la vie (nyoze). Les dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) Et  : "Le sujet et l'environnement de l'enfer sont contenus tous deux dans la vie du bouddha. Par ailleurs, la vie et l'environnement du Bouddha ne transcendent pas la vie des personnes ordinaires."(réf.) Des explications aussi précises ne permettent aucun doute. Ainsi, toute vie dans l'univers est clairement Myoho Renge Kyo. Même les deux bouddhas, Shakyamuni et Taho, sont les fonctions de Myoho Renge Kyo qui apparurent pour dispenser à l'humanité les bienfaits de ce Dharma. Ils prirent la forme des deux bouddhas et, assis côte à côte dans la Tour aux Trésors, marquèrent leur accord en hochant la tête. [...] Tous les phénomènes" dans le Sutra désigne les dix mondes-états, et "l'aspect réel" est ce qui imprègne les dix mondes-états. La réalité (shoho jisso) est un autre nom pour Myoho Renge Kyo ; par conséquent, Myoho Renge Kyo est manifeste dans tous les phénomènes. L'enfer se reconnaît à ses caractéristiques infernales  ; c'est la réalité de l'état d'enfer. Si, à leur place, apparaissent les caractéristiques du monde-état des asprits affamés, ce n'est plus le monde-état d'enfer. Un bouddha présente la réalité d'un bouddha et un simple mortel, celle d'un simple mortel. Tous les phénomènes sont en eux-mêmes des manifestations de Myoho Renge Kyo. C'est ce que signifie "tous les phénomènes révèlent l'aspect réel". Zhiyi* déclare : " Le principe profond de “l'aspect réel” est le Dharma primordial Myoho Renge Kyo." Selon cette explication, "l'aspect réel" correspond aux enseignements théoriques* et "le Dharma primordial Myoho Renge Kyo" correspond à l'enseignement essentiel*. Vous devriez méditer profondément ce passage.
La véritable réalité de la vie (Sado - Ichinosawa, mai 1273 à Sairen-bo)

Ceux qui s'opposent au Dharma renaissent le plus souvent dans l'enfer avici ou, en de rares occasions, dans l'un des six mondes-états les plus bas. S'ils renaissent sous forme humaine, ils sont pauvres, de basse condition sociale, et atteints de lèpre blanche, entre autres désagréments.
Réfuter l'opposition au Dharma bouddhique pour se libérer de ses fautes passées (Sado, 1273 à Shijo Kingo)

Question. Qu'est-ce que l'essence réelle de Myoho Renge Kyo, le Dharma merveilleux du lotus?
Réponse. Tous les êtres et leur environnement dans chacun des dix mondes-états sont eux-mêmes la réalité du Dharma merveilleux.
[...] Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela de la manière suivante  : "La véritable ainsité se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités d'expression de la vie. Les dix modalités (nyoze) sont immanquablement en jeu dans les dix mondes-états et les dix mondes-états comprennent, immanquablement, à la fois le sujet et son environnement."
Zhiyi fait ce commentaire  : "Tous les phénomènes comportant les dix modalités, les dix mondes-états et les trois mille mondes sont les ainsités du Sutra du Lotus."(réf.)
[...] Ce passage de commentaires dans le Hokke Gengi du Grand-maître* Zhiyi* signifie que le principe suprême [qu'est le Dharma merveilleux] n'avait pas de nom à l'origine. Quand le sage, observant les principes et assignant un nom à toute chose, s'éveilla à ce Dharma merveilleux unique possédant simultanément la cause et l'effet [renge], il l'appela Myoho Renge. Ce Dharma unique qu'est Myoho Renge régit tous les phénomènes dans les dix mondes-états et les trois mille conditions de vie, sans en omettre aucun. Quiconque pratique ce Dharma crée une cause dont il obtient simultanément l'effet, la bodhéité.
[...] Zhiyi* commente cela en disant  : "Ce Sutra du Lotus fait pousser les graines de la bodhéité que possèdent tous les êtres dans les six voies. Mais en s'opposant au Sutra, on détruit les graines de la bodhéité."(réf.) Moi, Nichiren, je voudrais dire ceci  : dans le Sutra du Lotus se trouvent les graines de la bodhéité pour les êtres dans chacun des dix mondes-états. Mais s'opposer à ce Sutra équivaut à brûler les graines de la bodhéité contenues dans chacun des dix mondes-états.
L'ainsité du Dharma merveilleux (Sado, 1273   ? à Sairen-bo)

Zhanlan* déclara  : "Comment serait-il possible de trouver la Terre de la lumière éternelle ailleurs qu'à Bodh-Gaya  ? Notre monde saha n'existe pas en dehors de la Terre de bouddha."(réf.) Il dit aussi  : "L'aspect réel se révèle immanquablement dans tous les phénomènes, et tous les phénomènes possèdent immanquablement les dix modalités. Les dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états, et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) On lit dans le Sutra du Lotus  : "L'aspect réel de tous les phénomènes (shoho jisso) ne peut être compris et partagée que par les bouddhas. Ses modalités sont l'apparence [nyoze so], la nature [nyoze sho].., et leur cohérence* de 1'origine jusqu'à la fin". Dans le chapitre Juryo* (XVI), il est dit  : "Le temps est sans limite ni borne... depuis que j'ai réellement atteint la bodhéité." Ici, "je" représente tous les êtres humains dans les dix mondes-états. Tous les êtres humains dans les dix mondes-états possèdent de manière inhérente, l'état de bouddha. Ils habitent donc dans la Terre pure. Il est dit dans le chapitre Hoben* (II) : "les phénomènes sont des manifestations du Dharma et les aspects changeants du monde sont par essence éternels." Les vies et morts sont les manifestations constantes de la vie éternelle qui se poursuit à travers les trois phases de l'existence. Il n'y a aucune raison ni de s'en plaindre, ni de s'en étonner. So [l'aspect apparent] équivaut à hatchi so [les Huit époques de l'existence d'un bouddha]. Et les Huit époques de l'existence d'un bouddha elles-mêmes sont soumises au Dharma de la naissance et de la mort. S'éveiller à cette vérité, c'est cela atteindre la bodhéité par la pratique du Sutra du Lotus.
Enfer et bodhéité (Minobu, le 11 juillet 1274 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Mais, à l'inverse, même des personnes ayant commis les cinq forfaits, si elle haïssent ces ennemis du Sutra du Lotus, renaîtront immanquablement dans les mondes-états des hommes ou du ciel.
Faire connaître cet enseignement à votre seigneur (Minobu, 9e mois de 1274 à Shijo Kingo)

Le Sutra du Lotus prédit que Devadatta atteindra la bodhéité dans une terre appelée Voie céleste [tendo], mais quel autre sutra affirme qu'une personne aussi mauvaise peut obtenir le suprême bienfait  ? Même en laissant de côté cette question, quel autre sutra enseigne l'implication réciproque des dix mondes-états, ou la possibilité pour les végétaux de manifester l'état de Bouddha  ?
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274   ? à Sammi-bo)

Ces Grands-patriarches du Mont Hiei sont non seulement les ennemis abjects du Bouddha Shakyamuni, du bouddha Taho et des bouddhas des dix directions, mais sont également ceux qui aveuglent les êtres vivants, bloquent l’entrée des trois mondes-états vertueux (divinités, humains, asuras), et ouvrent la voie aux trois mondes-états démoniaques (enfer, esprit faméliques, animaux).
Souverains de notre pays (Minobu, février 1275)

Ceux qui sont parvenus à l'état de pratyekabuddha sont incomparablement supérieurs aux auditeurs. Ce sont des personnes dont la venue en ce monde rivalise en importance avec celle d'un bouddha. Il y a bien longtemps, en pleine période de famine, vivait un chasseur. Malgré la disette, il offrit un bol de millet à un pratyekabuddha nommé Rida. Cela lui valut de renaître riche et dans les mondes-états des hommes et du ciel pendant une durée de quatre-vingt-onze kalpa. Il renaquit en ce monde sous la forme d'Aniruddha, un disciple du Bouddha, doté de clairvoyance divine, aux capacités de discernement sans égales.
[...] Le Sutra du Lotus offre à tous les êtres vivants le moyen secret d'atteindre la bodhéité. Il mène jusqu'à l'état de bouddha, une personne dans le monde-état d'enfer, dans le monde-état d'avidité, ou dans chacun des neufs mondes-états de vie, ouvrant ainsi à tous les êtres vivants la voie de la bodhéité. C'est comparable aux noeuds d'une tige de bambou ; si l'on en brise un [la cassure suivant le sens des fibres] tous les autres se brisent aussi. Ou cela pourrait encore se comparer à un mouvement du jeu de go appelé shicho : un seul pion déclaré "mort" entraîne la "mort" de beaucoup d'autres pièces du jeu. Il en va de même pour le Sutra du Lotus.
[...] Tous les caractères utilisés pour écrire le Sutra du Lotus sont des bouddhas vivants. Mais, avec nos yeux de simples mortels, nous ne les voyons que comme des caractères. C'est comparable à la vision du Gange. Les esprits faméliques* y voient une rivière de flammes  ; les êtres dans le monde-état des hommes d'humanité y voient de l'eau ; et les êtres dans le monde-état du ciel y voient le doux nectar d'ambroisie. L'eau est toujours la même, mais chaque être la voit de façon différente, en fonction de ses propres rétributions karmiques.

La pluie coulait par le toit et les murs ne protégeaient pas du vent. Jour et nuit, j'entendais seulement le son du vent sifflant jusque dans mes oreilles, et je n'avais d'autre vision chaque matin que celle de la neige recouvrant à perte de vue les chemins. J'avais l'impression d'être tombé tout vif dans le monde des esprits faméliques* et d'avoir été précipité dans l'un des enfers froids.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Aux personnes des deux véhicules à qui [pensait-on jusqu'alors] la bodhéité était inaccessible, il fut prédit qu'elles deviendraient en fait bouddha. (note) C'était aussi surprenant que d'entendre affirmer que des graines brûlées produiraient fleurs et fruits. Et la révélation, par Shakyamuni, qu'il avait atteint l'Eveil dans un passé atemporel était aussi stupéfiante que s'il avait prétendu qu'un vieillard de cent ans était le fils d'un jeune homme de vingt-cinq ans (note). Il révéla aussi le principe d'ichinen sanzen qui indique que les neuf mondes-états incluent l'état de Bouddha et que l'état de Bouddha inclut les autres états.
[...] Mais, bien que ces grands bodhisattvas aient utilisé les sutras du Mahayana pour réfuter les sutras du Hinayana, ils n'ont pas clairement établi la supériorité du Sutra du Lotus sur les autres sutras du Mahayana. Et lorsqu'ils y firent parfois allusion, ils ne définirent pas de manière claire les dix principes mystiques de l'enseignement essentiel* et de l'enseignement théorique*, ni la possibilité d'atteindre la bodhéité pour les personnes des deux véhicules, ni le fait que le Bouddha parvint à l'Eveil dans un passé infini, ni le fait que le Sutra du Lotus soit le plus difficile à comprendre de tous les sutras qui précèdent ou qui suivent, ni les principes des cent mondes et des mille modalités de la vie qui sous-tendent le principe d'ichinen sanzen. Ils n'ont fait, pour ainsi dire, que montrer la lune du doigt ou aborder brièvement, dans certains passages, quelques points du Sutra du Lotus. Mais ils n'ont pas dit un seul mot concernant la cohérence du processus d'instruction du début jusqu'à la fin, la relation originelle entre maître et disciple, ou la possibilité de parvenir à l'Eveil (voir les trois normes).
[...] Zhiyi* écrivit encore le Maka Shikan en dix volumes, ouvrage dans lequel, résumant tous les enseignements sur la méditation donnés par Shakyamuni de son vivant, il formula le principe d'ichinen, et appréhenda toutes les entités vivantes et leur environnement dans les dix mondes-états par le concept de sanzen [trois mille mondes]. Par ses qualités, cet écrit de Zhiyi* surpasse ceux de tous les Maîtres de doctrine* qui vécurent en Inde pendant les mille ans de l'époque du Dharma correct, dans un passé lointain, et il est supérieur aussi, dans un passé plus proche, aux commentaires des maîtres qui vécurent en Chine dans les cinq cents années qui précédèrent.

Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Le dixième mois de la onzième année de Bun'ei (1274), les habitants des îles d'Iki et de Tsushima furent massacrés en une seule attaque. Comment pourrions-nous dire que cela ne nous concerne pas  ? Quel ne dut pas être le désespoir des soldats partis à la rencontre des envahisseurs  ! Ils avaient dû laisser derrière eu des parents âgés, des enfants en bas-âge, de jeunes épouses et des foyers qu'ils aimaient pour aller défendre la côte face à une mer inconnue et effrayante. Lorsqu'ils voyaient des nuages à l'horizon, ils les prenaient pour les drapeaux de l'ennemi. A la vue de simples bateaux de pêche, qu'ils prirent pour des bateaux de guerre mongols, ils furent paralysés par la peur. Une ou deux fois par jour, ils montaient sur les collines pour scruter la mer. Trois ou quatre fois au milieu de la nuit, ils sellaient et dessellaient leurs chevaux. Ils ressentirent l'absolue réalité du monde asura dans leur propre vie.
[...] La phrase : "Si vous tombez sous leur influence, vous serez entraînés dans les mauvaises voies" ne fait pas seulement référence aux trois Voies mauvaises, mais aussi aux mondes-états des hommes et du ciel, et plus généralement à l'ensemble des neuf états. Par conséquents, tous les sutras, à l'exception du Sutra du Lotus - compris les sutras des périodes Kegon, Agon, Hodo et Hannya ainsi que le Sutra du Nirvana et le Sutra Vairocana* - entraîneront les êtres humains dans les mauvaises voies.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

Pourquoi nous lamenter, quand nous savons de façon certaine que nous atteindrons la bodhéité  ? A quoi sert, en définitive, de naître impératrice, ou de renaître dans un monde céleste  ? Vous emprunterez plutôt la même voie que la fille du Roi-Dragon et serez au même rang que la nonne Mahaprajapati.
L'arc et la flèche (Minobu, 27 mars 1276 à Toki-ama-Gozen)

"On soutient sa propre vie" signifie naître dans les mondes-états des hommes ou du ciel et obtenir la rétribution karmique d'une grande longévité. En atteignant la bodhéité, vous devenez un Ainsi-Venu sous l'aspect du Corps du Dharma*, dont le corps est aussi vaste que l'espace.
Parce que l'on gagne en énergie, étant né dans les mondes-états des hommes ou du ciel, on devient une personne de mérite, influente, que de nombreuses personnes suivent. En devenant bouddha, on obtient le Corps de sagesse*, en se manifestant sous l'aspect d'un bouddha assis sur un trône en forme de lotus, aussi brillant que la pleine lune dans un ciel sans nuage un 15 août.
Enfin, parce que "le visage prend des couleurs", en étant né dans les mondes-états des hommes ou du ciel on acquiert les trente-deux traits caractéristiques et on devient d'une beauté aussi exquise et frappante qu'une fleur de lotus. En atteignant la bodhéité, on apparaît sous la forme d'un bouddha du Corps manifesté, comme le Bouddha Shakyamuni.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Parmi les disciples du Bouddha, il y en eut un du nom de Maudgalyayana. Son père se nommait Kissen Shishi et sa mère, Shodai-nyo. Après la mort, sa mère tomba dans le monde des esprits faméliques*. Tant que Maudgalyayana resta un simple mortel, il n'en eut pas conscience et n' avait donc aucune raison d'en souffrir. Mais lorsque, une fois devenu disciple du Bouddha, il parvint au stade d'arhat et acquit la vision divine, il aperçut sa mère dans le monde des esprits faméliques*. Voyant cela, il lui fit des dons de boisson et de nourriture mais qui tous se changeaient en flammes et ne faisaient qu'alimenter ses souffrances.
La consécration d'une statue du bouddha (Minobu, le 15 juillet 1276 à Shijo Kingo)

Maudgalyayana, disciple du Bouddha, tenta de sauver sa mère Shodai-nyo mais il n'y parvint pas et elle demeura au monde-état des esprits faméliques*. Le moine Sunakshatra était un fils de l'Honoré du Monde, et pourtant il tomba dans l'enfer avici. Ainsi, même en faisant soi-même tous les efforts possibles pour sauver les autres, il reste difficile de les sauver des graves rétributions karmiques qu'ils ont eux-même créées.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Parmi les six voies, le Bouddha choisit les mondes-états des hommes ou du ciel, puis, entre ces deux mondes, il résolut de naître dans celui des hommes. De tous les endroits de l'univers habités par les hommes, c'est en Inde, dans le royaume de Magadha, qu'il apparut.
La Propagation par le Sage (Minobu, septembre 1276, à Shijo Kingo)

Zhiyi* indique  : "La vie à chaque instant est dotée des dix mondes-états."(réf.) Guanding* affirme  : "Le Bouddha considérait cette doctrine comme la raison ultime [de sa venue en ce monde]. Comment pourrait-elle être facile à comprendre  ? "(réf.) Zhanlan* ajoute  : "C'est la révélation ultime de la vérité finale et suprême."(réf.) Il est dit dans le Sutra du Lotus  : "[Et tout ce que le Bouddha enseigne pour l'avoir compris] ne s'écarte en rien de l'aspect réel."(réf.)
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276
)

Et la première des cinq étapes de la pratique consiste à se réjouir lorsqu'on entend pour la première fois le Sutra du Lotus. A elles deux, ces étapes sont le coffre qui contient ce trésor, les principes "cent mondes et mille modalités" et "trois mille mondes en un instant de vie (ichinen sanzen)" ; elles sont le portail que franchissent tous les bouddhas des dix directions et des trois phases de la vie.
[...] Zhanlan* écrivit  : "Lorsque, sous forme abrégée, nous mentionnons le Titre du Sutra, c'est le Sutra dans son intégralité qui est évoqué."(réf.) Et aussi : "Lorsque, par souci de concision, nous parlons des dix mondes-états ou des dix modalités, ce sont les trois mille mondes qui sont implicitement évoqués."(réf.)
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Le Sutra définit ce principe par la phrase  : "Tous les phénomènes révèlent la véritable réalité"(réf.) (shoho jisso). Zhanlan* déclare  : "L'aspect réel est immanquablement présent dans tous les phénomènes ; dans tous les phénomènes sont immanquablement en jeu les dix modalités d'expression de la vie (nyoze). Ces dix modalités opèrent immanquablement dans les dix mondes-états et les dix mondes-états caractérisent immanquablement à la fois le sujet et son environnement."(réf.) Zhiyi* déclare  : "Le principe profond de l'"aspect réel" est le Dharma originel de Myoho Renge Kyo." Le Grand-maître* Saicho* écrivit  : "La réalité d'ichinen sanzen est le Bouddha qui a obtenu l'Eveil par lui-même et ce Bouddha n'est doté d'aucun attribut extraordinaire."(réf.) Par conséquent, ce Gohonzon est le mandala suprême sans précédent, car pendant plus de deux mille deux cent vingt ans après la mort du Bouddha, il ne fut jamais révélé.
Le Véritable Aspect du Gohonzon (Minobu, 23 août 1277, à Dame Nichinyo)

Ceux qui ont entendu les titres des sutras Vairocana*, Hodo* et Hannya* , ont compris le principe de shakku* ou de taiku*  ; le principe de tanku* ou celui de futanku*, les principes de tanchu* et de futanchu*. Mais il n'est pas encore possible d'appréhender les principes de jikkai gogu, l'inclusion mutuelle des dix mondes-états, des cent mondes, des mille mondes ou des trois mille mondes qui conduisent au bienfait de myogaku, l'Eveil complet sans supérieur.
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

L'école Sanron, créée avant la naissance du Grand-maître* Zhiyi*, et l'école Hosso, créée après sa mort, enseignèrent toutes deux un principe des huit mondes-états (note) mais ne mentionnèrent jamais dix mondes-états. Par conséquent, ces deux écoles ne pouvaient en aucune manière établir le principe d'ichinen sanzen.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Même sans lire ni étudier le Sutra, on obtiendra une immense bonne fortune rien qu'en en récitant le Titre. Le Sutra enseigne que les femmes, les hommes mauvais, et ceux qui appartiennent aux mondes de l'animalité et de l'enfer - en fait, tous les êtres des dix mondes-états - peuvent atteindre la bodhéité. On peut mieux appréhender cela en se rappelant que le feu peut jaillir d'une pierre ramassée au fond d'une rivière et qu'une bougie peut faire surgir la lumière dans un endroit plongé dans l'obscurité depuis des milliards d'années.
La phrase unique et essentielle (Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama)

Nous, êtres vivants, en transmigrant dans les six voies du monde des trois plans, nous naissons tantôt dans le monde-état du ciel, tantôt dans le monde-état d'hommes, tantôt dans les mondes-états d'enfer, des esprits affamés et des animaux. Ainsi, nous sommes nés dans d'innombrables pays où nous avons connu des souffrances et des joies sans nombre, mais pas une seule fois encore nous ne somme nés dans un pays qui respecte le Sutra du Lotus.
La tortue borgne et le bois de santal flottant (Minobu le 26 mars 1279 à la femme de Matsuno)

L'enfer est une effroyable demeure en flammes et l'avidité un état misérable dans lequel les esprits affamés dévorent leurs propres enfants. Le monde-état d'asura est une guerre perpétuelle et l'animalité consiste à s'entretuer. L'enfer du lotus rouge est ainsi dénommé parce qu'il y règne un froid si intense que le corps se recroqueville et que la peau du dos, en se fendant, laisse apparaître la chair sanglante comme une fleur de lotus cramoisie. Et il y a des enfers encore plus horribles. A celui qui est tombé dans ces états infernaux, même un trône de roi ou un titre de général ne sert plus à rien. Torturé par les gardiens de l'enfer, il n'est ni plus ni moins qu'un singe au bout d'une ficelle. De quelle utilité pourraient lui être encore la renommée ou la fortune  ? Comment pourrait-il conserver son arrogance et son attachement à des vues limitées  ?
Lettre à Niike (Minobu, février 1280 à Niike Saemon no jo)

Le vénérable Maudgalyayana sauva sa mère du monde de l'avidité, mais il ne put la conduire que jusqu'aux mondes des hommes et du ciel, sans pouvoir la mettre sur la voie qui mène à la bodhéité.
Fidélité ou manquement au devoir de piété filiale (Minobu, le 8 mars 1280, à Nanjo Tokimitsu)

Zhanlan* a dit : "Bien que ces quatre étapes soient distinctes, elles découlent toutes du Dharma. Si l'on compare la bonne fortune de tous les êtres vivants dans les neuf mondes-états à celle du Bouddha, elle paraît aussi légère qu'un cheveu, alors que la bonne fortune du Bouddha a le poids d'une énorme montagne.
La bonne fortune inégalée (Minobu, 1l mai 1280, au seigneur Nishiyama)

Il est dit dans le Sutra Shrimala : "Le Bouddha permet aux simples mortels qui n'ont pratiqué que des enseignements non bouddhiques de créer de bonnes causes qui les conduiront vers les mondes des hommes et du ciel ; à ceux qui recherchent la voie de l'étude, le Bouddha enseigne le véhicule qui mène à cet état ; à ceux qui recherchent la voie de l'Eveil personnel, il révèle le véhicule qui mène à cet état ; et à ceux qui recherchent la voie du Mahayana, il enseigne cette voie." Cette affirmation décrit le principe de zuitai [enseigner selon les capacités], celui des enseignements faciles à croire et faciles à comprendre.
Comparaison du Sutra du Lotus avec les autres Sutra (Minobu, le 26 mai 1280 à Toki Jonin)

Chaque être humain dans les neuf mondes-états et les six voies possède une nature différente. Deux personnes, trois personnes, cent ou mille personnes peuvent avoir toutes un visage sensiblement de la même taille, mais on ne trouve pas deux visages exactement semblables. Les esprits sont différents, les visages le sont donc aussi. Les différences de nature entre deux personnes, dix personnes, entre tous les êtres vivants dans les Six voies et les neuf mondes-états sont encore plus grandes  !
Le trésor d'un enfant dévoué à ses parents (Minobu, été 1280 à Sennichi-ama)

Toutefois, nous, simples mortels, sommes depuis longtemps sous l'emprise du Démon du sixième Ciel. Il nous a gardés prisonniers des mondes-états d'enfer, des esprits faméliques* et des animaux, sans un instant de répit, jour et nuit, nous sommes torturés par les gardiens de l'enfer. Mais si, d'une façon ou d'une autre, nous parvenons à nous placer sous la protection du Sutra du Lotus, le Bouddha Shakyamuni et les bouddhas des dix directions nous traiteront comme leurs enfants, et même les divinités célestes Bonten et Taishaku auront peur de s'approcher de nous. Et le Démon du sixième Ciel nous craindra encore bien davantage  !
Jozo et Jogen (Minobu, 27 septembre 1280 à Matsuno ? )

La lune du rayonnement serein de tous les bouddhas déverse ses rayons de bienfaits sur tous les êtres et illumine l'obscurité des neuf mondes mais sa lumière ne peut pas se réfléchir dans l'eau sale et boueuse des icchantika qui calomnient le Dharma correct.
Trois grands Dharmas cachés (Minobu, le 27  ? avril 1281 à Ota Kingo)

Zhanlan* déclare  : "Celui qui est tombé au sol a besoin du sol pour se relever."(réf.) Une personne se relève toujours précisément là où elle est tombée. Ceux qui s'opposent au Sutra du Lotus tomberont dans les trois mauvaises voies, sur le sol des mondes-états des hommes ou du ciel, mais grâce au Sutra du Lotus, ils parviendront à la bodhéité.
La preuve du Sutra du Lotus (Minobu, 28 février 1282 à Nanjo Tokimitsu)

Le Sutra Trapusha traite des mondes-états des hommes et du ciel. Les sutras Agama* décrivent les personnes des deux véhicules. Le Sutra Kegon* décrit les bodhisattvas.
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)


voir également : ichinen sanzen et chaque monde séparément

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