Sutra du Lotus*
妙法蓮華經

Chapitre XIX
Les mérites du Maître du Dharma
ou Bienfaits du Maître du Dharma
(Hosshi kudoku hon, Fashi gongde pin
)

 

A ce moment*, l'Éveillé déclara au bodhisattva-mahasattva Nityodyukta* :

Si un fils de foi sincère*, ou une fille de foi sincère, accepte et garde ce Sutra du Lotus du Dharma, s'il le lit, le récite, l'explique, le copie, cette personne obtiendra huit cents mérites pour l'oeil, mille deux cents mérites pour l'oreille, huit cents mérites pour le nez, mille deux cents mérites pour la langue, huit cents mérites pour le corps, mille deux cents mérites pour le mental; elle parera de ces mérites ses six organes sensoriels et les purifiera tous. Ce fils de foi sincère*, ou cette fille de foi sincère, avec l'oeil charnel engendré par ses parents une fois purifié, verra tous les monts, les forêts, les fleuves, les mers à l'intérieur et à l'extérieur du monde tricosmique, jusqu'à l'enfer avici vers le bas et aux devas* du ciel Akanshtha vers le haut; il verra aussi l'ensemble des êtres qui s'y trouvent, ainsi que les endroits où ils renaîtront selon les effets (ka) et rétributions (ho) conditionnés par leur karma. De tout cela il aura vision et savoir pleins et entiers.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

Si, au sein d'une vaste multitude,
d'un coeur intrépide,
on prêche ce Sutra du Lotus du Dharma,
écoutez les mérites qui en découlent :
cette personne obtiendra huit cents
mérites d'excellence pour l'oeil;
grâce à cet embellissement,
sa vision sera fort purifiée.
De l'oeil charnel engendré par ses parents,
elle verra complètement le monde tricosmique,
au-dedans et au-dehors : le Mont Meru -
Sumeru, Chakravalas (Enceintes-de-Fer),
avec les autres montagnes et forêts,
l'océan, les fleuves et rivières, les eaux,
jusqu'à l'enfer avici vers le bas,
le site des devas* Akanshtha vers le haut,
et les êtres qui s'y trouvent,
il les verra tous tant qu'ils sont;
alors même qu'il n'aura pas encore l'oeil céleste,
tel sera déjà le pouvoir de son oeil charnel.

Plus encore, Nityodyukta*, si un fils de foi sincère*, ou une fille de foi sincère, accepte et garde ce Sutra, s'il le lit, le récite, l'explique ou le copie, il obtiendra mille deux cents mérites pour l'oreille, grâce auxquels il purifiera son ouïe. Il entendra le monde tricosmique, jusqu'à l'enfer avici vers le bas et aux devas* du ciel Akanshtha vers le haut, la variété des langues, des sons et des voix au-dedans et au-dehors: les cris et bruits des éléphants, des chevaux, des boeufs, des chars, les sons des pleurs et sanglots, des plaintes et exclamations, le son des conques et des tambours, des cloches et des clochettes, les bruits des rires et des conversations, les voix d'hommes, de femmes, de jeunes gens et de jeunes filles, la voix de droit et la voix de l'injustice, la voix de la douleur et celle du plaisir, la voix des profanes et celle des saints, la voix de la joie et celle de l'insatisfaction, les voix des devas*, des nagas*, des yakshas*, des gandharvas*, des asuras*, des garudas*, des kimnaras* et des mahoragas*, le bruit du feu, de l'eau, du vent, les voix des enfers, des animaux, des preta, celles des bhiksus* et des bhiksunis*, des auditeurs-shravakas*, des pratyekabuddha*, des bodhisattvas, des bouddhas. Pour le dire en bref, l'ensemble des voix possibles au-dedans comme au-dehors du monde tricosmique, alors même qu'il n'aura pas encore obtenu l'ouïe céleste, il les entendra et les connaîtra à l'aide de son oreille ordinaire engendrée par ses parents, ainsi purifiée. Il distinguera de cette façon les sons et voix dans leurs variétés; il n'est pas pour autant troublé par tous ces sons.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée s'exprima en stances :

L'oreille engendrée par les parents
sera purifiée et exempte de souillures;
de cette oreille ordinaire il entendra
les voix du monde tricosmique,
les cris et bruits d'éléphants, de chevaux, de chars, de boeufs,
le son des cloches et clochettes, des conques et tablas
des vina et des sarangi
des sitars et des flûtes,
les voix chantantes, pures et plaisantes;
il les écoutera, mais sans s'y attacher.
L'innombrable variété des voix humaines,
il les entendra et pourra toutes les comprendre.
Il entendra aussi les voix célestes,
la merveilleuse sonorité de leurs chants,
de même qu'il entendra les voix des hommes et des femmes,
celles des jeunes gens et jeunes filles;
dans les vallées encaissées entre monts et torrents,
les voix des kalavinka,
des hiyoku, et autres oiseaux,
il les entendra toutes.
Les cris des multitudes souffrant dans les enfers,
la voix de ceux plongés dans ces angoisses variées,
la voix des preta affamés qui, poussés par la faim et la soif,
recherchent à boire et à manger,
les grandes voix sonores émises
par les asuras* et leurs semblables,
résidant au rivage de l'Océan,
lorsqu'ils parlent entre eux;
c'est ainsi que celui qui prêche le Dharma,
résidant sereinement ici même,
entendra la multitude des voix venant de loin,
et il ne sera pas troublé par tous ces sons.
Dans les mondes des dix directions,
les oiseaux et les bêtes qui s'interpellent,
celui qui prêche le Dharma
d'ici les entendra toutes tant qu'elles sont.
Au-dessus des devas*qui habitent le monde de Brahma,
les devas Abhasvara et les devas Subhakritsna,
les voix et sons de leurs conversations,
le maître du Dharma, tout en demeurant ici,
pourra intégralement les entendre.
L'ensemble des bhiksus*
comme des bhiksunis*
qui lisent ou récitent ce Sutra,
ou l'exposent à autrui,
le maître du Dharma, tout en demeurant ici,
pourra tous les entendre.
Qui plus est, les bodhisattvas
qui lisent ou récitent le Dharma contenu dans ce Sutra,
ou bien l'exposent à autrui,
en choisissant ce qui est difficile pour en expliquer le sens,
de telles voix aussi,
il pourra toutes les entendre.
Les bouddhas, les grands saints vénérables,
qui enseignent et convertissent les êtres,
qui, au sein des grandes assemblées,
exposent le Dharma sublime et merveilleux,
celui qui garde ce Lotus du Dharma,
pourra tous les entendre.
Dans le monde tricosmique,
les voix et les sons intérieurs et extérieurs,
jusqu'aux enfers vers le bas,
jusqu'au ciel Akanshtha vers le haut,
il les entendra tous
sans que jamais son oreille soit offensée.
Grâce à l'acuité sensible de son ouïe,
il pourra tout connaître en détail.
Celui qui garde ce Lotus du Dharma,
alors même qu'il n'aura pas encore l'ouïe céleste,
avec simplement son ouïe de naissance,
aura déjà des mérites tels que ceux-là.

Plus encore, Nityodyukta*, si un fils de foi sincère*, ou une fille de foi sincère, accepte et garde ce Sutra, le lit, le récite, l'explique ou le copie, il aura accompli huit cents mérites pour le nez; grâce à sa faculté olfactive ainsi purifiée, il sentira la variété des odeurs en haut et en bas, à l'intérieur et à l'extérieur du monde tricosmique: le parfum de la fleur de sumana, le parfum de la fleur jatika, le parfum de la fleur navamallika, le parfum de la fleur champaka, le parfum de la fleur patala, le parfum de la fleur de lotus rouge, le parfum de la fleur de lotus bleu, le parfum de la fleur de lotus blanc, le parfum des arbres à fleurs, le parfum des arbres à fruits, le parfum du santal, le parfum de l'aloès, le parfum des feuilles de tamala, le parfum de tagara, ainsi que les parfums de mille et de dix mille variétés de mélanges, en poudres, en capsules ou en onguents; celui qui gardera ce Sutra pourra, tout en demeurant ici, les distinguer tous tant qu'ils sont.

Qui plus est, il distinguera les odeurs des êtres : l'odeur des éléphants, des chevaux, des boeufs, des moutons et autres, l'odeur des hommes et des femmes, des jeunes gens et des jeunes filles, ainsi que l'odeur des plantes et des arbres, des bosquets et des forêts; qu'elles soient proches ou lointaines, il pourra entièrement distinguer toutes les odeurs possibles sans se tromper. Celui qui gardera ce Sutra sentira également, quand bien même il demeurera ici, les effluves divines venant des cieux : le parfum des arbres parijata* et kovidara, le parfum des fleurs mandarava*, mahamandarava*, le parfum des fleurs célestes manjushaka* et mahamanjushaka*, le parfum des diverses poudres de santal et d'aloès, le parfum des fleurs les plus diverses. Des parfums tels que ceux-là, et les senteurs provenant de leurs mélanges, il n'est rien qu'il ne reconnaîtra à l'odeur. Il sentira en plus les effluves des corps divins : le parfum de Chakra, l'Indra des devas*, quand il s'ébat dans les voluptés des cinq désirs en son magnifique palais, ou son parfum lorsqu'il prêche le Dharma aux trente-trois divinités dans la salle du Dharma merveilleux*, ou se divertit dans les jardins, ainsi que le parfum des corps des autres devas*, des hommes et des femmes; tous tant qu'ils sont, il les sentira de loin. Et ainsi de proche en proche, jusqu'au monde de Brahma, et au-dessus jusqu'aux parfums corporels des devas* du ciel Akanshtha, il les sentira tous également. Dans le même temps, il sentira le parfum de l'encens brûlé par les devas* ; les parfums des auditeurs-shravakas*, des pratyekabuddha*, des bodhisattvas, du corps des bouddhas, il les sentira également tous de loin et reconnaîtra leur emplacement. Alors même qu'il sentira ces parfums, il ne sera pas blessé ni offensé par ces odeurs. S'il veut les exposer en détail à autrui, sa mémoire ne faillira pas.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

Cet homme aura le nez purifié,
et dans ce monde même,
que ce soient objets parfumés ou nauséabonds,
il les sentira et reconnaîtra tous en leur variété :
sumana, jatika,
navamallika, santal,
aloès, amaltas,
ces parfums variés de fleurs et de fruits,
de même qu'il reconnaîtra les senteurs des êtres,
l'odeur des hommes et des femmes;
le prédicateur du Dharma, même demeurant au loin,
connaîtra leur emplacement à l'odeur.
Les rois qui font tourner la roue du Dharma (chakravartin), de grande autorité,
les souverains mineurs et les princes,
les ministres, les gens du palais :
il connaîtra à l'odeur leur emplacement.
Les joyaux rares accrochés à leur corps,
ainsi que les trésors au sein de la terre,
les femmes-joyaux* des chakravartins :
à l'odeur il connaîtra leur emplacement.
Les parures corporelles des hommes,
les vêtements et les colliers,
la variété des onguents :
il reconnaîtra à l'odeur les corps qui les portent.
Les devas*, qu'ils soient assis ou déambulant,
à s'ébattre ou dans leurs divines métamorphoses,
celui qui garde ce Lotus du Dharma
pourra les reconnaître tous à l'odeur.
Les fleurs et fruits des arbres,
l'arôme du beurre et des huiles,
celui qui garde ce Sutra, tout en demeurant ici,
reconnaîtra leur emplacement sans exception.
Les endroits escarpés au profond des montagnes,
où s'épanouissent les fleurs de santal,
et les êtres qui s'y trouvent,
il pourra tous à l'odeur les reconnaître.
Les êtres des Chakravalas de l'Océan,
ou au sein de la terre,
celui qui garde le Sutra, à sentir leur odeur,
connaîtra à chaque fois leur emplacement.
À quel moment les asuras*, hommes et femmes,
ainsi que leur suite
se battent ou se divertissent,
à leur odeur il pourra le reconnaître.
Dans les endroits sauvages et escarpés,
les lions, les éléphants, les tigres, les loups,
boeufs sauvages et buffles,
il connaîtra à l'odeur leur emplacement.
En cas de grossesse,
alors qu'on ne peut distinguer s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille,
s'il est privé d'organes, ou bien s'il est non humain,
il pourra en tous points le savoir à l'odeur.
Grâce à sa capacité olfactive,
il saura dès le début de la grossesse
si elle doit ou non aller à son terme,
si elle doit mener à l'heureuse naissance d'un enfant béni.
Grâce à sa capacité olfactive,
il saura ce que pensent hommes et femmes,
leurs pensées de désirs, de sottise, de colère;
il connaîtra aussi ceux qui s'exercent au bien.
Enfouis au sein de la terre,
l'or, l'argent et les matières précieuses,
ce qu'offrent les récipients de bronze,
il connaîtra tout cela à l'odeur.
Colliers et guirlandes de si grande variété
qu'il est impossible d'en estimer le prix,
il saura à leur odeur s'ils sont chers ou vils,
d'où ils proviennent, où ils se trouvent.
Les diverses fleurs célestes :
mandarava*, manjushaka*,
ainsi que les parijatas,
il pourra toutes les reconnaître à l'odeur.
Les palais célestes,
leurs divisions en supérieurs, moyens, inférieurs,
les fleurs de matières précieuses qui les décorent,
il reconnaîtra à l'odeur tout cela.
Les jardins et bosquets célestes, les palais magnifiques,
les belvédères, les salles du Dharma merveilleux*,
les plaisirs qui s'y déroulent,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Quand les devas* écoutent le Dharma,
ou quand ils se laissent aller aux cinq désirs,
qu'ils aillent ou viennent, marchent, soient assis ou couchés,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Les vêtements portés par les filles des devas,
les plaisants parfums de fleurs dont elles se parent,
quand elles s'ébattent en leurs rondes,
il pourra à l'odeur savoir tout cela.
Et ainsi montant, de proche en proche,
jusqu'au monde de Brahma,
ceux qui entrent en méditation, ceux qui en sortent,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Les divinités du ciel Abhasvara et du ciel Subhakritsna,
et jusqu'aux devas* du ciel Akanishtha,
de leur première naissance à leur chute dans la régression,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
La multitude des bhiksus*
et leur zèle constant du Dharma,
qu'ils soient assis ou qu'ils déambulent,
qu'ils lisent ou récitent le Dharma du Sutra,
ou bien qu'au pied des arbres dans les forêts,
ils s'appliquent uniquement à la méditation assise,
celui qui garde ce Sutra, en sentant leur odeur,
connaîtra parfaitement leur emplacement.
Les bodhisattvas à la ferme volonté,
assis en méditation ou lisant et récitant,
ou bien encore prêchant le Dharma aux hommes,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Les Vénérés du monde, dans tous les orients,
universellement respectés,
qui prêchent le Dharma dans leur pitié des êtres,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Les êtres qui, en présence du Bouddha,
écoutent ce Sutra et tous se réjouissent,
qui pratiquent selon le Dharma,
il pourra à l'odeur connaître tout cela.
Alors même qu'il n'aura pas acquis, comme les bodhisattvas,
l'odorat né des entités sans infections*,
celui qui garde ce Sutra
obtiendra d'abord un odorat ainsi caractérisé.

Qui plus est, Nityodyukta*, si un fils, ou une fille de foi sincère, accepte et garde ce Sutra, s'il le lit, le récite, l'explique ou le copie, il obtiendra mille deux cents mérites pour la langue : l'agréable comme le répugnant, le beau comme le laid, ainsi que les matières amères et astringentes, se transformeront tous sur sa langue-"racine" en saveur supérieure, comparable à la rosée céleste, il n'y aura rien qui ne sera embelli. S'il doit, de sa langue, faire un discours parmi une vaste foule, il émettra une voix profonde et sublime qui pourra pénétrer les coeurs et provoquer chez tous liesse et plaisir. De plus, les fils et filles de divinités, Indra, Brahma* et d'autres devas*, entendant la progression des discours qu'il exposera de sa voix profonde et sublime, viendront tous tant qu'ils sont pour l'écouter. Jusqu'aux nagas* et filles de dragons, aux yakshas* et filles de yaksha, aux gandharvas* et filles de gandharva, aux asuras* et filles d'asura, aux garudas* et filles de garuda, aux kimnaras* et filles de kimnara, aux mahoragas* et filles de mahoraga, qui, afin d'écouter le Dharma, viendront tous le fréquenter, le révérer, lui faire offrande. Jusqu'aux bhiksus* et bhiksunis*, aux upasakas*et upasikas*, aux rois et aux princes, aux ministres et à leur suite, aux rois chakravartin mineurs et majeurs, avec leurs sept trésors, leurs mille enfants, leurs suites et escortes de palais, intérieures et extérieures, qui viendront tous ensemble pour écouter le Dharma. Grâce à la maîtrise de ce bodhisattva dans la prédication du Dharma, les brahmanes, les maîtres de maison, le peuple du royaume, jusqu'au terme de leur vie corporelle, seront à son service et lui feront offrande. De plus, les auditeurs-shravakas*, les pratyekabuddha*, les bodhisattvas et les bouddhas prendront toujours plaisir à le voir. Les bouddhas prêcheront tous le Dharma dans la direction de l'endroit où se trouvera une telle personne, laquelle sera capable de recevoir et garder en tous points l'ensemble des enseignements du Bouddha. Elle sera en plus capable d'émettre le son profond et sublime du Dharma.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

La racine langue de cet homme sera purifiée
et ne percevra jamais plus les mauvaises saveurs;
tout ce qu'il pourra goûter
se transformera à chaque fois en doux nectar.
D'une voix profonde, pure, sublime,
il prêchera le Dharma à la vaste foule;
grâce aux relations et comparaisons,
il attirera et guidera le coeur des êtres ;
ceux qui l'écouteront seront pleins de liesse,
ils lui présenteront d'excellentes offrandes ;
les devas*, nagas*, yakshas* ;
ainsi que les asuras* et autres,
tous, le coeur plein de révérence,
viendront ensemble écouter le Dharma.
Cette personne qui prêche le Dharma,
si elle désire, de sa voix sublime,
remplir l'ensemble du monde tricosmique,
elle sera capable d'y parvenir selon son intention.
Les rois chakravartin, majeurs et mineurs,
ainsi que leurs mille enfants et leur suite,
les paumes jointes, le coeur plein de révérence,
viendront constamment pour écouter et recevoir le Dharma.
Les devas*, les nagas*, les yaksha,
les rakshasa*, les pisacika,
eux aussi le coeur en liesse,
se plairont constamment à venir lui faire offrande.
Les rois du Ciel de Brahma, le roi des mara,
Ishvara* et Mahaishvara*,
de telles multitudes de devas*
viendront constamment à lui;
les bouddhas et leurs disciples,
entendant le son de sa prédication du Dharma,
l'auront en mémoire et le protégeront,
parfois même ils lui apparaîtront en corps.

Qui plus est, Nityodyukta*, si un fils de foi sincère*, ou une fille de foi sincère, reçoit et garde ce Sutra, s'il le lit, le récite, l'explique ou le copie, il obtiendra huit cent mérites pour le corps: il acquerra un corps pur comme le pur béryl (note) ; les êtres le regarderont avec joie. Parce que son corps sera pur, les êtres du monde tricosmique, que ce soit à leur naissance ou à leur mort, qu'ils soient supérieurs ou inférieurs, beaux ou laids, nés de nouveau en de bons endroits ou en de mauvais, tous tant qu'ils s'exprimeront par son corps. De même, les monts Chakravalas, Sumeru et les autres monts, ainsi que les êtres qui y vivent, tous tant qu'ils s'exprimeront par son corps. Vers le bas jusqu'à l'enfer avici, vers le haut jusqu'au ciel Akanishtha, tout cela sans exception, ainsi que les êtres, s'exprimera par son corps. Si les auditeurs-shravakas*, les pratyekabuddha*, les bodhisattvas et les bouddhas exposent le Dharma, tous auront leur reflet qui apparaîtra sur son corps.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

Si l'on garde le Sutra du Lotus du Dharma,
on aura le corps très pur,
comme est pur le cristal de roche ;
les êtres se réjouiront tous à le voir
et, de même qu'un miroir pur et limpide
montre sans exception les formes qui s'y reflètent,
le bodhisattva, en son corps pur,
verra tout ce qui existe dans le monde.
Ce ne sera évident qu'à lui-même, et à lui seulement,
les autres hommes n'y verront rien.
Dans le monde tricosmique,
le foisonnement de tous les êtres,
les devas*, les hommes, les asuras*,
les êtres infernaux, les démons, les animaux,
tels qu'ils sont auront tous leur reflet
qui apparaîtra en son corps;
les devas* en leur palais,
et jusqu'au ciel Akanishtha,
les monts Chakravalas, Sumeru
l'Océan et les eaux,
tout cela apparaîtra en son corps.
Les bouddhas comme les auditeurs-shravakas,
les enfants du Bouddha et les bodhisattvas,
qu'ils soient solitaires ou résidant en communauté,
prêchant le Dharma, y apparaîtront tous tant qu'ils sont.
Alors même qu'il n'aura pas obtenu, dépourvu d'infections,
le corps sublime de dharmakaya,
c'est en sa substance corporelle ordinaire, mais purifiée,
qu'apparaîtra tout cela.

Qui plus est, Nityodyukta*, si un fils de foi sincère*, ou une fille de foi sincère, après le parinirvana de l'Ainsi-Venu, reçoit et garde ce Sutra, s'il le lit, le récite, l'explique ou le copie, il obtiendra mille deux cents mérites pour l'intellect. Grâce à cet organe mental purifié, en entendant ne serait-ce qu'une stance ou une phrase, il en pénétrera les sens innombrables et infinis et, les ayant compris, il sera capable d'exposer cette seule stance ou phrase pendant un mois, quatre mois, voire un an; tous les enseignements qu'il exposera seront conformes à la teneur de ces sens et ne contrediront point la réalité. S'il explique les textes profanes, les maximes politiques et règles de vie, les activités de subsistance, ce sera toujours conformément au vrai Dharma. En ce qui concerne les êtres des six voies du monde tricosmique, il connaîtra en tous points les opérations de leur pensée, les mouvements de leur pensée, les raisonnements futiles de leur pensée. Alors même qu'il n'aura pas encore obtenu la sagesse sans infections, son organe mental sera purifié à ce point. Tout ce que cette personne pourra penser, supputer, exprimer, relèvera du Dharma du Bouddha, sera authentique et réel et aura été exposé dans les sutras des bouddhas précédents.

Alors le Vénéré du monde*, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

Cette personne aura l'intellect purifié,
clair et aiguisé, exempt de souillures;
grâce à ce sublime organe mental,
il connaîtra les enseignements supérieurs, moyens, inférieurs.
Entendra-t-il ne serait-ce qu'une seule stance
qu'il en pénétrera l'infinité des sens,
les exposera progressivement selon le Dharma,
un mois, quatre, même une année durant.
Au-dedans comme au-dehors de ce monde,
l'ensemble des êtres -
les devas*, les nagas* et les hommes,
les yakshas*, les démons et divinités terrestres -
qui se trouvent dans les six voies,
la variété de ce qu'ils ont en pensée :
en rétribution de sa sauvegarde du Lotus du Dharma,
il connaîtra simultanément tout cela.
Les innombrables bouddhas des dix directions,
parés des marques à cent mérites,
prêchant le Dharma aux êtres,
il entendra tout cela et pourra le retenir.
II réfléchira sur l'infinité des sens,
et ses prédications du Dharma seront aussi innombrables.
Du début à la fin il ne commettra erreurs ni oublis,
parce qu'il aura sauvegardé le Lotus du Dharma.
Il se rendra compte de tous les aspects des enseignements,
connaîtra leur degré en fonction de leurs sens,
il sera au fait des dénominations et des mots,
et fera ses exposés selon son savoir.
Tout ce que cette personne prêchera
sera le Dharma des bouddhas précédents
et, pour l'exposer,
il se trouvera plein d'assurance dans la foule.
Celui qui préservera le Sutra du Lotus du Dharma
aura l'organe mental ainsi purifié;
avant même que d'obtenir l'absence d'infections,
il sera déjà de cet aspect.
Une telle personne, en gardant ce Sutra,
demeurera sereinement en une terre bien rare :
l'ensemble des êtres
la vénérera dans l'allégresse,
elle pourra, grâce à des milliers, des dizaines de milliers
de paroles habiles et variées,
prêcher le Dharma en en distinguant les détails,
car elle aura gardé le Sutra du Lotus du Dharma.

Fin du sixième rouleau du Sutra du Lotus

Voir le commentaire de ce chapitre par Nikkyo Niwano

Citations dans les goshos

SUITE (chapitre XX)


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