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Ojin Tenno

Je pense que les souverains humains sont environ une centaine, en commencant par l’empereur Jimmu, le fils de Hiko Nagisatake Ugaya Fukiaezu no Mikoto (…). Le 14e empereur était Chuai, le père du Grand bodhisattva Hachiman, et le 15e était l’impératrice Jingu, la mère du grand bodhisattva Hachiman. Le 16e, l’empereur Ojin, qui était le fils de l’empereur Chuai et de l’Impératrice Jingu, est maintenant vénéré en tant que grand bodhisattva Hachiman (…). A ce moment-là, jusqu’au 29e règne de l’empereur Senka, le bouddhisme n’avait pas encore été transmis au Japon malgré son existence en Inde et en Chine.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Voici encore une autre leçon que nous donne l'Histoire. L'empereur Ojin, connu aujourd'hui comme le bodhisattva Hachiman, fut le seizième souverain du Japon. L'empereur Ojin avait deux fils : le prince Nintoku, et le prince Uji. L'empereur choisit pour lui succéder le plus jeune des deux fils, Uji. Après la mort de leur père, Uji voulut laisser le trône à son frère aîné qui le réprimandai, en disant : "Comment peux-tu refuser d'obéir au testament de notre père  ? " Ils discutèrent sans fin, et trois années passèrent sans que ni l'un ni l'autre n'accepte le trône. Leur indécision fut cause, pour le peuple, de souffrances indescriptibles. C'était comme une malédiction sur le pays, et le prince Uji en vint finalement à penser : "Aussi longtemps que je serai en vie, mon frère n'acceptera pas le trone." Alors, il se suicidai. Le prince Nintoku fut dévoré de chagrin et sombra dans le désespoir. Voyant cela, le prince Uji revint à la vie afin d'encourager son frère, puis mourut à nouveau. On rapporte que lorsque Nintoku monta finalement sur le trône, le pays redevint paisible et reçut en tribut, de la part des trois royaumes coréens de Silla, Paekche, et Koguryo, le chargement de quatre-vingt bateaux.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

De nos jours, la plupart des gens, sages aussi bien qu'ignorants, vous diront que le grand bodhisattva Hachiman est une émanation du bouddha Amida, et cette affirmation n'est pas sans fondement. Certains documents de la période de Nara et de la période Heian, ainsi que des oracles du bodhisattva Hachiman lui-même, l'identifient au bouddha Amida. Cela vient de personnes qui, dans leur cœur, sont des croyants du Nembutsu. C'est comme confondre une pierre rouge avec une pépite d'or ou prendre une souche d'arbre pour un lièvre (note). Car en réalité, Hachiman n'est autre que le Bouddha Shakyamuni. Si je l'affirme, c'est que, dans la province d'Osumi, une inscription sur une pierre l'indique (note). Cette pierre est maintenant cassée en deux. Sur l'un des deux morceaux, on lit les deux caractères Hachi Man. Et sur l'autre  : "Autrefois, j'ai enseigné le Sutra du Lotus au Pic du Vautour et maintenant je suis le grand bodhisattva qui se manifeste et réside dans ce sanctuaire." C'est une première preuve que le bodhisattva Hachiman est bien le Bouddha Shakyamuni. Mais il existe une autre preuve, encore plus concluante. Le père du grand bodhisattva Hachiman fut l'empereur Chuai, 14e souverain du Japon sous forme humaine ; et sa mère fut l'impératrice Jingu, 15e souverain. Le 16e souverain, leur fils Ojin, fut celui que nous appelons maintenant le grand bodhisattva Hachiman. Son père, l'empereur Chuai, sur l'injonction de la Déesse du Soleil, s'apprêtait à traverser la mer pour envahir le royaume de Silla. Mais le roi de Silla fit jeter un sort sur lui, et l'empereur Chuai mourut à Hakata. A l'époque, son épouse, l'impératrice Jingu, était enceinte du prince. Mais pour venger l'empereur défunt, elle rassembla une armée de plusieurs dizaines de milliers de cavaliers, et embarqua avec eux pour le royaume de Silla. Le bateau était en pleine mer lorsqu'elle se sentit sur le point d'accoucher. Alors, l'impératrice s'adressa à l'enfant encore dans son ventre et lui dit : "Es-tu prince héritier ou une petite fille  ? Si tu es prince, écoute bien ceci. Je navigue actuellement vers le royaume de Silla afin de vaincre les ennemis de ton père. Mais je ne suis qu'une femme et je te demande de m'aider. Sois mon général en chef. Si tu dois devenir le souverain du Japon, ne viens pas en ce monde maintenant, et reste dans mon ventre pendant la bataille. Sois le grand général des dizaines de milliers de cavaliers, et lance-toi à l'attaque des ennemis de ton père. Mais si, sans écouter ce que je dis, tu décides quand même de naître immédiatement, je te jetterai à la mer  ! Et dans ce cas, il ne faudra pas me le reprocher." Le prince resta donc encore dans le ventre de sa mère. L'impératrice porta une ceinture de pierres pour se refroidir le ventre, poursuivit sa route jusqu'à Silla, et vainquit ce royaume. A son retour au Japon, elle se rendit au sanctuaire d'Usa, dans la province de Buzen, et là, elle donna naissance à un fils. Depuis sa conception, trois ans, six mois et trois jours s'étaient écoulés, et il naquit le 8e jour du 4e mois d'une année placée sous le signe cyclique kinoe-tora. C'était l'enfant qui deviendrait plus tard l'empereur Ojin. Il mourut à l'âge de 80 ans, le 15e jour du 2e mois d'une année placée sous le signe cyclique mizunoe-saru. C'est la divinité suprême du Mont Otokoyama, le dieu protecteur de la dynastie qui gouverne notre pays. Bien que sa forme enchâssée n'ait rien d'extraordinaire, il est néanmoins révéré pour ses pouvoirs mystérieux. C'est lui que nous appelons maintenant le grand bodhisattva Hachiman.
Quant au Bouddha Shakyamuni, il naquit dans la neuvième période du kalpa de continuité, à une époque où la longévité humaine était de cent ans. Il eut pour père le roi Shuddhodana, et pour mère, la Dame Maya. Il naquit en Inde centrale, dans l'état de Kapilavastu, en un lieu qu'on appelle les Jardins de Lumbini, le 8e jour du 4e mois d'une année placée sous le signe cyclique kinoe-tora. Il mourut à l'âge de quatre-vingts ans, au bord de la rivière Ajitavati, à Kushinagara, en Inde de l'Est, le 15e jour du 2e mois d'une année placée sous le signe cyclique mizunoe-saru. C'est exactement semblable au grand bodhisattva Hachiman de notre époque. L'un naquit en Inde, l'autre au Japon ; ils eurent des pères et mères différents, mais tous deux naquirent le 8e jour du 4e mois sous le signe cyclique kinoe-tora et moururent le 15e jour du 2e mois sous le signe cyclique mizunoe saru.
Sur le Bodhisattva Hachiman (Minobu, décembre 1280, à Nichigen-nyo, l'épouse de Shijo Kingo)

 

 

 

 

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