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Extraits de gosho sur

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obscurité fondamentale ou ignorance primordiale ou originelle - mumyo, avidya
 

Il n'y a pas de différence entre un bouddha et un simple mortel. Dans l'illusion, on est simple mortel, mais, une fois éveillé, on est bouddha. Un miroir terni brillera comme un joyau si on le polit. Un cœur maintenant assombri par les illusions nées de l'obscurité fondamentale de la vie est comparable à un miroir terni mais, si on le polit, il devient immanquablement un clair miroir qui reflète l'Eveil à la vérité immuable. (note)
Sur l'atteinte de la bodhéité (1255, à Toki Jonin)

La production conditionnée* et ce qui n’est pas produit de manière conditionnée sont les deux branches du passé. Ce qui est produit de manière conditionnée et qui n’est pas production conditionnée* sont les deux branches* du futur. La production conditionnée* et ce qui est produit de manière conditionnée* sont les huit branches intermédiaires. Ce qui n’est ni production conditionnée* ni produit de manière conditionnée* sont les facteurs inconditionnés. Pour les douze heures, l’obscurité fondamentale est l’heure de toutes les unions du passé. Les agissements sont l’heure des actes du passé. La conscience est l’heure de l’esprit de continuation et de parenté. Les noms et formes sont l’heure où la vie est reçue en continuité (naissance) mais où les quatre sortes de racines physiques ne sont pas encore apparues et où les six entrées ne sont pas encore présentes. Les cinq niveaux à l’intérieur de la matrice sont premièrement kalala, deuxièmement arbudai, troisièmement pesi, quatrièmement ghana et cinquièmement prasakha.
Les douze liens causaux (1256 )

Lorsqu’on lit « tous les dharmas ainsi sont (shoi shoho nyoze) », cela correspond au principe de la Voie du milieu (chutai). Aussi, notre aspect, notre nature, notre substance, notre énergie, reçus en fonction de notre karma du passé, obéissant aux égarements de l’obscurité, ceux-ci s’effacent et notre cœur s’ouvre au Corps de Rétribution (hoshin, sambhogakaya) de l’Ainsi-Venu dès ce corps.
La doctrine d’Ichinen Sanzen, 1258

Les sutras que vous avez cités sont parfaitement clairs sur ce point et ne laissent pas la moindre place au doute. Grâce à la bienveillance avec laquelle vous m'avez instruit, peu à peu, l'obscurité se dissipe de mon esprit. Attaquons-nous vite à ces oppositions au Dharma et apportons sans retard la paix au monde, nous assurant ainsi conditions paisibles en cette vie-ci et bonne fortune dans la vie future. Mais il ne suffit pas que moi seul aie foi en vos propos, il faut également corriger les autres de leurs erreurs  ! "
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Ceux qui ont commis une telle offense, pour cette raison, n'auront plus jamais la possibilité d'entendre l'enseignement des bouddhas dans les trois phases de la vie, et seront privés des doctrines de l'Ainsi-Venu aussi nombreux que les grains de sable du Gange. Des personnes de ce genre iront de l'obscurité vers une obscurité plus grande encore. Comment pourraient-elles échapper aux douleurs et aux souffrances de la grande citadelle de l'enfer avici  ? Quelle personne dotée de bon sens ne redouterait pas la perspective de rester, pendant d'interminables kalpas, dans l'affliction ?
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

Dans son ouvrage, il [Kukai] écrit : "Chacun des véhicules enseignés proclame qu'il est le véhicule conduisant à la bodhéité, mais, lorsqu'on les envisage du point de vue d'un stade plus avancé (note), tous ne semblent plus que théories puériles." Il définit également le Sutra du Lotus comme un ouvrage composé de "mots sauvages et de phrases fleuries", et dénigre le Bouddha Shakyamuni en le disant égaré au stade de l'obscurité.
[...] Prenez le temps de réfléchir et écoutez bien ce que je dis  ! Dans les cinq ou sept mille volumes de sutra représentant la totalité des enseignements exposés par le Bouddha de son vivant, ou dans les trois mille volumes ou plus des écrits confucéens et taoïstes, trouve-t-on, où que ce soit, un passage établissant clairement que le Sutra du Lotus est une "théorie puérile" ou qu'il se place deux rangs en dessous du Sutra Vairocana*, en étant également inférieur au Sutra Kegon*, ou que le Bouddha Shakyamuni est égaré dans le domaine de l'obscurité et n'est pas même digne de conduire les boeufs du bouddha Vairocana*  ? Et, même si l'on trouvait un passage de ce genre, il faudrait l'examiner avec le plus grand soin !
[...] Une fois encore, dans le Sutra du Nirvana, le Bouddha déclara : "Quand mes enseignements seront transmis dans d'autres pays, de nombreuses erreurs y seront inévitablement introduites." Même si nous trouvions des passages de sutra dans lesquels le Sutra du Lotus est qualifié de futile, ou le Bouddha Shakyamuni décrit comme un bouddha égaré dans le monde de l'obscurité, nous devrions nous interroger avec soin sur la question de savoir si le texte dans lequel on trouve des déclarations de ce genre appartient aux enseignements provisoires ou définitifs, au Mahayana ou au Hinayana, s'il fut exposé dans la première ou la dernière partie de la vie du Bouddha, et qui en fut le traducteur.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

Le troisième est la double qualité de 1'Etre et du Non-être, mystère énoncé par Zhuang-Zi (note). On appelle mystère ce qui reste obscur. Certains affirment que, si l'on s'interroge sur ce qui existait avant l'apparition de nos ancêtres, on découvre que la vie est née d'une force primordiale appelée tai-chi, tandis que d'autres déclarent que la gloire et l'obscurité, la joie et la peine, le vrai et le faux, le gain et la perte, sont inhérent à la Nature (note).
[...]++ Le Bouddha, notre Grand-maître, a même dépassé les plus hauts états de renaissance, à plus forte raison le cycle inférieur de la naissance et de la mort (note). Il est capable d'extirper la racine même de l'obscurité fondamentale*, et donc aussi les illusions superficielles qui se logent dans les ramifications (note) de la pensée et du désir*.
[...]2 Néanmoins, Cheng-guan, Jizang, Ci-en, Kukai* et d'autres maîtres des écoles provisoires comme le Kegon et le Shingon, pour faire l'éloge des divers sutras sur lesquels sont basées leurs doctrines provisoires, vont jusqu'à affirmer  : "Le bouddha du Sutra Kegon* est le "bouddha du Corps de sagesse*, " alors que le bouddha du Sutra du Lotus n'est que "le bouddha du Corps manifesté."(réf.) Ou ils disent  : "Le bouddha du chapitre Juryo* (XVI) du Sutra du Lotus est encore aux confins de l'obscurité tandis que le bouddha du Sutra Vairocana* irradie la lumière de l'Eveil."(réf.)
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

C'est grâce au Sutra du Lotus que les bouddhas sont parvenus à la bodhéité. Et ne pas enseigner ce sutra aux autres, c'est commettre la faute de détruire la graine qui leur permettrait de devenir bouddha. C'est pourquoi le Bouddha Shakyamuni apparut en ce monde Saha et entreprit de l'enseigner. Mais le Démon du sixième Ciel, manifestation de l'obscurité fondamentale, s'est emparé de nombreuses personnes, les poussant à haïr le Bouddha et à s'opposer à son enseignement.
[...] Les divers bodhisattvas, aussi nombreux que les grains obtenus en réduisant la terre en poussière, étaient parvenus jusqu'à l'étape de l'Eveil presque parfait (togaku). Il ne leur restait plus à éliminer que l'obscurité fondamentale. Ayant eu la bonne fortune de rencontrer le Bouddha Shakyamuni, ils pensaient pouvoir briser ce grand rocher qu'est l'obscurité fondamentale. Mais pendant les quarante et quelques premières années de son enseignement, Shakyamuni, Maître du Dharma, exposa la cause de l'Eveil, sans en exposer l'effet. Il ne révéla pas les bienfaits de l'étape de l'Eveil parfait (myogaku), par conséquent aucun d'eux ne put progresser jusque là. Ils le regrettèrent sans doute.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Le principe mystique de la nature essentielle de tous les phénomènes possède deux aspects, impur et pur. Lorsque l'aspect impur est en jeu, c'est l'obscurité [ou monde de l'illusion] ; lorsque l'aspect pur est en jeu, c'est l'Eveil. L'Éveil est la caractéristique de l'état de bouddha. L'obscurité est l'apanage des simples mortels, dans les neuf états.
Ces deux aspects, obscurité et Éveil, sont bien deux phénomènes distincts, mais tous deux régis par un principe unique, celui de la nature essentielle de tous les phénomènes, ou le véritable aspect de la réalité (shoho jisso). C'est comparable à un morceau de cristal. En plein soleil, le cristal attire les rayons et produit du feu. Mais placé sous les rayons de la lune, il produit de simples reflets comparables à de l'eau. Le cristal est une ainsité unique mais les effets qu'il produit varient selon les circonstances. Il en va de même pour le principe mystique du véritable aspect de la réalité (shoho jisso). Il n'existe, en fait, qu'un seul principe véridique [celui de l'Éveil fondamentalement inhérent aux dix mondes-états], mais s'il rencontre de mauvaises influences, il prend l'aspect de l'illusion, et s'il rencontre de bonnes influences, il prend l'aspect de l'Éveil. L'Éveil, c'est l'Eveil à la nature essentielle des phénomènes (ainsité), et l'illusion, c'est l'ignorance de cette nature, l'obscurité fondamentale.
On pourrait comparer cela à une personne qui, dans un rêve, se voit accomplir diverses actions, bonnes et mauvaises. Au réveil, elle réalise que tout cela n'était qu'un rêve, le produit de son seul esprit. Cet esprit correspond au principe unique de la nature essentielle des phénomènes, le véritable aspect de la réalité ; tandis que le bien et le mal apparus dans le rêve correspondent respectivement à l'Eveil et à l'obscurité fondamentale. Lorsque l'on prend conscience de cela, on préfère évidemment sortir de l'obscurité liée au mal et à l'illusion, et rechercher la bodhéité liée à l'Eveil.
On lit dans le Sutra Daiengaku shutara ryogi : "Les illusions et l'obscurité fondamentale affligeant tous les êtres vivants depuis le temps sans commencement se produisent toutes dans le coeur des bouddhas parfaitement éveillés au Dharma."
Le Grand-maître* Zhiyi*, dans son Maka Shikan, déclare : "L'ignorance et l'illusion ne sont pas, par essence, différentes de l'Eveil. Mais en raison de l'obscurité, c'est l'ignorance qui se manifeste plutôt que l'Eveil." Le Grand-maître* Zhanlan* commente cela de la manière suivante : "L'Eveil ne constitue pas une entité séparée, elle fait intégralement partie de l'obscurité fondamentale ; et l'obscurité fondamentale n'est pas une entité distincte, elle fait entièrement partie de l'Eveil."
Une preuve supplémentaire qu'obscurité et Eveil constituent fondamentalement une réalité unique se trouve dans le passage du Sutra du Lotus  : "Tous ces phénomènes sont des aspects d'un Dharma immuable, et toutes les caractéristiques du monde sont éternelles."(réf.) Il est dit dans le Daichido Ron  : "L'Eveil et l'obscurité ne sont pas deux choses différentes, deux réalités distinctes. Comprendre cela, c'est ce que l'on appelle la Voie du milieu."
[...] On trouve une autre bonne explication dans le passage suivant du 6e volume du Hokke Gengi Shakusen de Zhanlan*  : "Tant que les trois mille mondes [d'ichinen sanzen], demeurent latents [chez les êtres ordinaires], on les appelle tous "l'obscurité". Mais quand les trois mille mondes manifestent l'effet [de la bodhéité], on peut tous les appeler "bonheur éternel". Dans les deux cas, puisque le principe d'ichinen sanzen est immuable, l'obscurité fondamentale ne fait essentiellement qu'une avec l'Eveil. Puisque les trois mille mondes restent tous constants, ils sont à la fois l'ainsité et fonction." C'est un point parfaitement clarifié par ce commentaire.
L'ainsité du Dharma Merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

Dans votre lettre, vous m'interrogez aussi sur la manière de répondre aux arguments des adeptes de l'école Shingon. Demandez-leur d'abord sur quels textes leur Grand-maître* Kukai* s'est appuyé pour qualifier le Sutra du Lotus de "théorie puérile", et pour dire que le Bouddha Shakyamuni était "encore au stade de l'obscurité". S'ils vous répondent en citant un sutra ou un autre, posez-leur la question : "Parmi tous les bouddhas des trois phases de la vie, lequel représente le bouddha Vairocana*  ? " Et poursuivez en leur demandant : "Connaissez-vous la supercherie utilisée par Shubhakarasimha* et Vajrabodhi*  ? " Expliquez-leur ensuite de quelle manière Shubhakarasimha* trompa le moine Yixing et lui fit écrire un commentaire du Sutra Vairocana* (note).
[...] Comment peuvent-ils, sans terreur, s'opposer aux paroles du Bouddha "Il faut suivre le Dharma et non la personne"(réf.) et "Celui qui calomnie ce Sutra détruit immédiatement toutes les graines qui conduisent à la bodhéité en ce monde"(réf.)  ? Les démons se sont probablement emparés d'eux et ils se sont enivrés du mauvais alcool de l'obscurité fondamentale.
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

Ensuite, on désigne du nom de bodhisattva des personnes comme Manjushri et Maitreya. Ces grands bodhisattvas sont encore infiniment plus remarquables que les pratyekabuddhas. Un bouddha est un être totalement libéré des quarante-deux étapes de l'obscurité fondamentale, parvenu au niveau de l'Eveil parfait (myogaku) ; il est comparable à la pleine lune dans la nuit du quinzième jour du huitième mois. Les bodhisattvas ont dissipé quarante et une sortes d'illusions liées à l'obscurité fondamentale, parvenant ainsi au sommet de tokaku, l'Eveil presque parfait, l'avant-dernière étape ; ils sont comparables à la lune qui brille dans la nuit du quatorzième jour du huitième mois.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Le cinquième volume du Maka Shikan   indique : "Par exemple, même celui qui est dégoûté du monde se complait dans un véhicule vulgaire et s’accroche aux branches et aux feuilles. Le chien s’habitue au serviteur, on respecte un babouin comme si c’était Taishaku, on vénère un caillou pensant que c’est un joyau. Comment de tels hommes, plongés dans l’obscurité peuvent-ils enseigner la voie"  ? C’est la même chose. Quelle tristesse que les savants-maîtres* du Kegon, du Shingon, du Hosso, perdent leur temps en vain et s’écartent de la doctrine de l’Eveil dès ce corps.
Réponse à Dame Myoichi (Minobu, mai 1275 à Myoichi)

Quand le bodhisattva Jogyo sortit de terre, d'autres bodhisattvas comme Maitreya, Manjushri, Kanzeon et Yakuo, bien que libérés des premiers quarante et unième et quarante-deuxième niveaux d'ignorance, n'avaient pas totalement éliminé le niveau le plus profond, celui de l'obscurité fondamentale. Par conséquent on pourrait les qualifier d'ignorants qui ne comprirent pas que le bodhisattva Jogyo était apparu pour propager largement Namu Myoho Renge Kyo, principe caché entre les lignes du chapitre Juryo* (XVI), à l'époque des Derniers jours du Dharma.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Le démon de l'obscurité fondamentale peut même pénétrer la vie d'un bodhisattva qui a atteint le stade le plus élevé de la pratique, et l'empêcher d'atteindre le bienfait ultime du Sutra du Lotus - la bodhéité elle-même. Ainsi, il peut facilement faire obstacle à toute autre étape moins élevée de la pratique.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

Si la terre tremble, c'est parce que les six organes des sens des êtres humains sont perturbés. Par conséquent, l'intensité des six sortes de tremblements de terre dépend du degré de perturbation des six organes des sens. Les sutras antérieurs au Sutra du Lotus semblaient éliminer les troubles [liés aux six organes des sens] des simples mortels, mais en réalité, il n'en était rien. Par contre, le Sutra du Lotus dissipe l'obscurité fondamentale. C'est pourquoi la terre tremble avec violence. De plus, dans les Derniers jours du Dharma, les personnes mauvaises sont beaucoup plus nombreuses que du vivant du Bouddha. C'est pour cette raison que, dans les Derniers jours du Dharma, le Bouddha prédit l'apparition de présages beaucoup plus grands qu'à son époque.
Sur les présages (Minobu, 1275, à Shijo Kingo ?)

Je répondrai en disant : "Si ce n'est pas Nichiren, qui d'autre désignerez-vous comme le Pratiquant du Sutra du Lotus  ? Honen, qui a encouragé le peuple à abandonner ce Sutra  ? Kukai*, qui a accusé Shakyamuni d'être encore dans l'obscurité  ? Shubhakarasimha* ou Ennin*, qui ont tous deux professé que le Sutra Vairocana* et le Sutra du Lotus sont égaux en théorie, mais que le Sutra Vairocana* est supérieur du point de vue de la pratique  ? Les appelleriez-vous des Pratiquants du Sutra du Lotus ?
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

"Or le Grand-maître* Kukai*, fondateur de l'école Shingon au Japon, a déclaré : "Le Sutra du Lotus, lorsqu'on le compare aux sutras Kegon* et Vairocana*, non seulement constitue une voie différente, mais n'est que théorie puérile, et le bouddha qui l'a exposé réside encore dans le domaine de l'obscurité." Il a aussi affirmé : "Le Grand-maître* Zhiyi*, de l'école Hokke, et d'autres n'ont eu de cesse de voler le ghee." Le Grand-maître* Ci-en, fondateur de l'école Hosso, a déclaré : "Le Sutra du Lotus n'est qu'un moyen tandis que le Sutra Jimmitsu* est véridique ; les êtres sensitifs, qui, par nature, ne sont pas prédestinés à l'illumination, ne pourront jamais, de toute éternité, atteindre la bodhéité (voir Hosso shu)."
Lettre de pétition de Yorimoto (Minobu, le 25 juin 1277, requête au seigneur Ema au nom de Shijo Kingo)

Par contre, le principe central de l'école Hokke est celui d'ichinen sanzen qui révèle que le bien et le mal restent inhérents à la vie de tous, y compris de ceux qui sont parvenus à l'étape la plus élevé, celui de l'Eveil parfait sans supérieur [myogaku]. La nature fondamentale de la bodhéité se manifeste sous la forme de divinités bouddhiques telles que Bonten et Taishaku, l'obscurité fondamentale se manifeste sous la forme du Démon du sixième Ciel. Les divinités bienveillantes haïssent les malfaiteurs, et les démons haïssent les personnes qui font le bien. Parce que nous sommes entrés dans l'époque des Derniers jours du Dharma, il est normal que les démons soient aussi nombreux dans le pays que les tuiles et les pierres, les herbes et les arbres. Et parce que les sages et les personnes vertueuses sont rares en ce monde, les divinités bienveillantes sont rares aussi.
[...] Mais depuis trente et quelques années, l'unique cause de l'apparition des trois calamités et des sept désastres est la haine que le Japon tout entier me porte à moi, Nichiren. Dans chaque province, dans chaque domaine, dans chaque village, chaque personne [de haute comme de basse condition] éprouve contre moi une colère sans précédent. C'est la première fois que se manifeste l'obscurité fondamentale dans la vie de simples mortels encore prisonniers des illusions de la pensée et du désir.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Le Sutra enseigne que les femmes, les hommes mauvais, et ceux qui appartiennent aux mondes de l'animalité et de l'enfer - en fait, tous les êtres des dix mondes-états - peuvent atteindre la bodhéité. On peut mieux appréhender cela en se rappelant que le feu peut jaillir d'une pierre ramassée au fond d'une rivière et qu'une bougie peut faire surgir la lumière dans un endroit plongé dans l'obscurité depuis des milliards d'années. Si même les phénomènes les plus ordinaires de ce monde sont si merveilleux, combien plus merveilleux encore est le pouvoir du Dharma mystique.
La phrase unique et essentielle (Minobu, le 3 juillet 1278, à Myoho-ama)

Le nom de toute chose est important. C'est pourquoi le Grand-maître* Zhiyi* plaçait la "désignation" en tête des cinq principes majeurs. M'être moi-même donné le nom de Nichiren (Soleil-Lotus) signifie que j'ai atteint l'Eveil par moi-même. Cela peut sembler prétentieux, mais j'ai de bonnes raisons de parler ainsi. On lit dans le Sutra : "Semblable à la lumière du soleil et de la lune qui vient percer les ténèbres, cette personne pratiquera au sein du peuple, dissipant l'obscurité où l'humanité tout entière se trouve plongée."(réf.) Réfléchissez bien au sens de cette phrase. Les mots "Cette personne pratiquera au sein du peuple", signifient que les cinq cents premières années des Derniers jours du Dharma verront apparaître le bodhisattva Jogyo qui viendra illuminer l'obscurité de l'ignorance humaine et des désirs terrestres avec la torche de Namu Myoho Renge Kyo. Les efforts de Nichiren pour convertir tous les Japonais au Sutra du Lotus sont l'oeuvre du bodhisattva Jogyo. Je poursuis mes efforts sans répit et ne me relâche jamais, même ici dans cette montagne.
Lettre à Jakunichi-bo (Minobu, 16 septembre 1279, à Jakunichi-bo Nikke)

On lit dans le chapitre Jinriki* (XXI) : "Comme la lumière du soleil et de la lune dissipe l'obscurité, cette personne, en oeuvrant dans le monde, délivrera tous les êtres de l'obscurité."
Cette personne, en oeuvrant dans le monde (Minobu, le 3 décembre 1279 à Ikegami Munenaka)

Par exemple, au début, l’œuf d’un oiseau est liquide. Sans que personne n’intervienne, voilà qu’apparaît un bec, voilà des yeux et, enfin, il peut s’envoler dans le ciel. Nous-mêmes sommes des œufs, plongés dans l’obscurité et dotés de corps vils. Cependant, couvés par notre mère, la récitation de Namu Myohorengekyo, le bec des trente-deux traits apparaît et les plumes des quatre-vingt marques distinctives poussent, nous permettant alors de voler dans le ciel de l'aspect de la pure ainsité. A ce sujet, le Sutra du Nirvana énonce : “L’ensemble des êtres demeure dans l’œuf de l’obscurité et est dénué du bec de la sagesse. L’Eveillé, comme la mère revenant au nid de la cohabitation et des naissances délimitées, brise en le frappant l’œuf de l’obscurité, permettant ainsi à tous les êtres de quitter le nid et de s’envoler dans le ciel de l’ainsité de la nature du Dharma”.
Niike Gosho (Minobu, février 1280 à Niike Saemon no jo)

Aucune autre doctrine ne surpasse cet enseignement [du Sutra du Lotus], grande lanterne qui illumine la longue nuit des souffrances de la vie et de la mort, épée acérée qui tranche la racine de l'obscurité fondamentale inhérente à la vie. Les enseignements des écoles Shingon et Kegon entrent dans la catégorie de zuitai. Ils sont par conséquent faciles à croire et faciles à comprendre puisque le Bouddha les exposa en tenant compte des capacités ou des désirs des personnes dans les neuf états, tout comme un père sage instruirait son enfant ignorant [de la manière la mieux adaptée à ses facultés de compréhension].
Comparaison du Sutra du Lotus avec les autres sutras (Minobu, le 26 mai 1280 à Toki Jonin)

D'autres sages, toutefois, comme le Grand-maître* Kukai*, le Grand-maître* Ennin* et le Grand-maître* Enchin, en prétendant fonder leurs arguments sur des enseignements venus de Chine ou d'Inde, entreprirent de reléguer le Sutra du Lotus au deuxième ou troisième rang parmi les sutras, le qualifiant de "théorie puérile", (réf.) ou prétendant qu'il n'était pas encore sorti du "domaine de l'obscurité". A la place du Sutra du Lotus, ils donnèrent la position suprême aux trois sutras du Shingon.
Chevaux blancs et cygnes blancs (Minobu, 14 août.1280, à la dame d'Utsubusa)

La lune du rayonnement serein de tous les bouddhas déverse ses rayons de bienfaits sur tous les êtres et illumine l'obscurité des neuf mondes mais sa lumière ne peut pas se réfléchir dans l'eau sale et boueuse des icchantika qui calomnient le Dharma correct.
Trois grands Dharmas cachés (Minobu, le 27 ? avril 1281 à Ota Kingo)

Il y a aussi derrière chez moi des montagnes escarpées qui s’élèvent des profondeurs et, les fruits à la cime des arbres permettraient d’embaumer le Véhicule Unique. Sous les branches les cigales chantent avec un son rauque. En face de ma demeure, s’écoulent des eaux tumultueuses. La lune représente la nature du véritable aspect de toutes choses aériennes qui flottent dans un ciel dégagé de l'obscurité et de l'ignorance profonde, car il n'y a pas de nuages dans le ciel du Dharma. Dans ce cadre paisible, à l'intérieur de ma hutte, nous passons toute la journée à discuter du Dharma du Sutra merveilleux du Véhicule Unique, et tout au long de la nuit nous récitons les écrits essentiels.
La lettre du Mont Minobu (21aout 1281)

 

 

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