Le Kanjin no Honzon Sho (Traité
sur le véritable objet de vénération) est consacré
à ce sujet.
Ainsi que Ichinen sanzen homon La doctrine d’Ichinen Sanzen
Chacun
de nos instants-pensée (ichinen) inclut tous les phénomènes
car il reflète tous les élements de l'instant-pensée (ichinen sanzen) du Dharma universel. S'éveiller à ce principe, c'est saisir
en soi-même cette relation.
Sur l'atteinte
de la bodhéité (1255,
à Toki Jonin)
Ne pouvant être considéré en terme d’être
ou de non-être, il est appelé cœur et se trouve qualifié
de merveilleux (myo). La merveille suit le cœur : nommée alors dharma (ho). Le dharma du cœur
ne relève pas de la cause, ni de l’effet. Si on l’observe
en fonction du principe, on distingue alors la cause et l’effet.
On appelle cela fleur de lotus (renge). Un cœur, par son changement
né de l’observation, enseigne d’autres cœurs.
On nomme cela sutra (kyo)”.
Le Hokke Gengi Shakusen indique : “Si l’on dit qu’il existe, alors, aucune pensée
d'ichinen sanzen n’existe.
A fortiori, comment pourrait-il y avoir d’image des dix monde-états-états ? Si on dit qu’il n’existe
pas, alors trois mille pensées se manifestent. A fortiori, la pensée
d’un monde-état. C’est parce que l’on ne peut
pas le considérer à travers l’être ou le non-être que le cœur d’une pensée, à l’évidence,
est la Voie du milieu.
Les douze liens
causaux (1256 )
Hissant les voiles des "trois mille conditions de vie" (ichinen
sanzen) sur le mât de la doctrine de la Voie
du milieu, poussé par les bons vents de "tous les
phénomènes révèlent la véritable
aspect" (shoho jisso), le vaisseau s'élance, transportant
tous ceux qui, par la pureté de leur croyance, peuvent parvenir
à la bodhéité.
Un vaisseau pour
traverser l'océan des souffrances (Kamakura,
28 avril 1261, à Shiiji Shiro)
Le vénérable
Shakyamuni qui déclara : "Moi seul peux les sauver",
à une époque encore plus ancienne que gohyaku-jintengo,
est semblable à chacun d'entre nous. Tel est l'enseignement d'ichinen
sanzen exposé dans le Sutra du Lotus. Notre comportement
est une illustration des mots "Je suis toujours ici enseignant
le Dharma."(réf.) Ainsi, nous sommes tous des entités concrétisant l'enseignement
suprême du Sutra du Lotus et la noble vie du Bouddha
Shakyamuni, même si les simples mortels n'en ont pas conscience.
C'est ce que signifie le passage du chapitre Juryo* (XVI) qui dit : "Les hommes dans l'illusion
ne me voient pas, même lorsque je suis tout proche." La différence
entre illusion et Éveil est comparable aux quatre
visions différentes du bosquet d'arbres shala.
Le bouddha d'ichinen
sanzen est indéniablement
celui qui, dans chacun des dix
mondes-états, manifeste la nature de bouddha inhérente
à sa vie.
[...] L'or d'Aniruddha lui apparut d'abord sous la forme d'un lièvre puis sous celle
d'un cadavre. Le sable que Mahanama tenait dans le creux de la main se changea en or. Ces phénomènes
dépassent l'entendement humain. Un simple mortel est un bouddha,
et un bouddha est un simple mortel. C'est exactement le sens d'ichinen
sanzen et celui de la
phrase "le temps est sans limite ni borne depuis que j'ai en fait
atteint la bodhéité." (note)
L'Exil
d'Izu (juin
1261 à Funamori Yasaburo)
J'ai entendu dire que seule une personne capable de voir briller le
soleil de la sagesse dans le grand ciel sans nuage d'ichinen
sanzen, et de voir l'eau claire et totalement pure de la sagesse
dans le vaste étang d'isshin
sangan peut avancer dans la pratique de ce sutra. Mais je n'ai jamais
entrepris l'étude des diverses écoles
de la capitale du Sud [Nara]
Questions et
réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)
Quelle que soit l'importance de nos bonnes actions, même si nous
lisons et copions mille ou dix mille fois l'intégralité
du Sutra du Lotus, ou même si nous maîtrisons la méditation sur le principe
d'ichinen sanzen, si nous
nous abstenons de réfuter les ennemis du Sutra du Lotus,
cela suffit pour nous rendre impossible l'atteinte de l'Éveil.
Encouragements
à une personne malade (décembre
1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)
Cheng-guan,
de l'école Kegon, vola le
principe d'ichinen sanzen de Zhiyi et l'incorpora à la doctrine de l'école Kegon.
Après quoi, il écrivit : "Le Sutra du Lotus et le Sutra Kegon* contiennent tous deux le principe d'ichinen sanzen. Toutefois,
le Sutra Kegon* est la doctrine qui mène à l'Éveil les personnes de l'enseignement
soudain (tonkyo), celui que Shakyamuni exposa en premier et
directement, tandis que le Sutra du Lotus est la doctrine qui
mène à l'Éveil les personnes de l'enseignement
graduel (zenkyo),
parce qu'il fut exposé plus tard. Le Sutra
Kegon* est la racine parce qu'il a précédé tous les autres
enseignements de Shakyamuni. Le Sutra du Lotus ne constitue rien
de plus que les branches et les feuilles." Ainsi, son orgueil s'éleva
aussi haut qu'une montagne, car il pensait que lui seul avait maîtrisé
le véritable enseignement. Pourtant, en réalité,
il ignorait le principe de l'Éveil des végétaux qui est
le coeur du principe d'ichinen sanzen.
Zhanlan se moqua de l'ignorance
dont faisait preuve Cheng-guan sur ce point.
De nos jours, les lettrés de l'école Tendai prétendent qu'ils sont les seuls à avoir compris le principe
d'ichinen sanzen. Pourtant, ils considèrent le Sutra du Lotus soit comme l'équivalent du Sutra
Kegon*,
soit comme l'équivalent du Sutra Vairocana*. Leur
argumentation ne dépasse même pas celle de Cheng-guan et
reste au même niveau que celle de Shubhakarasimha* ou Bu-kong. En définitive,
quand une cérémonie de consécration d'une image sculptée
ou peinte est conduite par des maîtres du Shingon,
cette image ne devient pas un véritable bouddha mais seulement
un bouddha provisoire. En profondeur, elle ne devient même pas un
bouddha provisoire. Même si elle a l'apparence d'un bouddha, en
réalité, elle appartient toujours au domaine des êtres
non sensibles, celui de l'arbre dont elle est issue. Elle n'appartient
même plus au domaine des êtres non sensibles et des végétaux ; elle devient un démon ou un ogre. Et ce, parce que l'enseignement
erroné des maîtres du Shingon exprimé par leurs mudra et
leurs mantra
dharani* devient alors l'esprit de ces deux sortes d'images, sculptées ou
peintes.
[...] De plus,
dans l'expression "[éprouver] ne serait-ce qu'un instant,
la foi et la compréhension" (ichinen shinge), le mot "foi"
(shin) correspond à la première des quatre
étapes de la foi, et le mot "compréhension"
(ge) à celles qui suivent. Dans ce cas, "la foi sans compréhension"
correspond à la première des quatre étapes de la
foi. La deuxième étape de la foi est décrite dans
le Sutra comme celle où l'on "comprend le sens général
des mots" du Sutra. Et on lit dans le neuvième volume du Hokke Mongu Ki*
: "L'étape initiale diffère des autres parce qu'à
ce niveau, il n'y a pas encore de compréhension."(réf.)
La consécration
des images sculptées ou peintes (1264
ou 1272 ou 1274 ou 1282)
Cheng-guan de l'école Kegon s'appropria
le principe d'ichinen sanzen de Zhiyi* et prétendit qu'il était implicite dans le Sutra
Kegon* tout comme dans le Sutra du Lotus, mais que le Sutra
Kegon* était un enseignement
soudain (tonkyo) destiné à ceux qui y étaient
déjà prédisposés par un enseignement
antérieur, alors que le Sutra du Lotus était
un enseignement graduel (zenkyo), car il fut enseigné plus tard; il affirma que le Sutra
Kegon* était le tronc et le Sutra du Lotus des branches et des
feuilles [Kegongyo].
Cheng Guan était bouffi d'un orgueil incommensurable, persuadé
que lui seul avait compris le véritable enseignement. En réalité
il ignorait tout de l'atteinte de la bodhéité par les plantes qui est au coeur de la doctrine d'ichinen
sanzen ; ce qui lui a valu les sarcasmes de Zhanlan*. Les savants-maîtres* du Tendai d’aujourd’hui
pensent également être les seuls à avoir maîtrisé
la doctrine d'ichinen
sanzen. Mais ils considèrent que le Sutra du Lotus est égal au Sutra
Kegon* ou au Sutra Vairocana*.
Lorsqu’ils développent leurs théories, ils ne vont
pas au-delà de la vision de Cheng Guan.
L’ouverture
des yeux des images sculptées ou peintes (Kamakura 1264)
Or, le Sutra du Lotus énonce divers
principes : l'implication mutuelle des dix états, ichinen
sanzen, l'unité de la Triple
vérité, et l'inséparabilité des quatre
sortes de Terres. De plus, l'essence même de tous les enseignements
exposés par le Bouddha Shakyamuni de son vivant - les principes
que les personnes des deux
véhicules peuvent parvenir à la bodhéité et que le Bouddha atteignit la bodhéité dans un passé
inimaginablement lointain - ne se trouvent que dans ce seul Sutra.
[...]2 Pour en venir
maintenant au Sutra du Lotus, nous devrions prêter attention
aux groupes de personnes qui en bénéficièrent lorsqu'il
fut enseigné. Quand le principe des cent
mondes et des mille facteurs, ou ichinen
sanzen, fut exposé dans l'enseignement
théorique*,
les personnes des deux véhicules,
qui avaient été comparées à des graines pourries,
virent les graines de la bodhéité germer.
Conversation
entre un sage et un ignorant (1265
? à un samouraï ? )
J’ai entendu dire que vous venez d’installer une statue du Bouddha Shakyamuni. Vous avez créé cette image du Bouddha qui n’avait jamais apparu au cours des innombrables kalpas d’un temps sans commencement, en vous conformant au principe d’ichinen sanzen (une pensée – 3000 mondes) contenu dans votre cœur. Je forme le souhait d’être rapidement en mesure de venir pour lui rende hommage.
Offrande d’une statue du Bouddha Shakyamuni au temple à Mama, (Kamakura, le 26 septembre 1270 à Toki Jonin)
A l'origine, le profond principe d'ichinen
sanzen (une pensée - 3000 mondes) n'était mentionné
nulle part dans le Sutra Vairocana*.
Cette notion ne se trouvait que dans le Sutra du Lotus. Mais Shubhakarasimha*,
ayant lu le Sutra du Lotus, entreprit de voler ce profond principe
formulé par le Grand-maître* Zhiyi* et l'incorpora dans sa propre interprétation du Sutra Vairocana*.
Le savant maître
Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à
Joken-bo et Gijo-bo)
Les sutras
antérieurs au Sutra du Lotus ont deux défauts.
Premièrement "en enseignant que les dix
mondes-états sont séparés les uns des autres,
ils ne dépassent pas le stade des enseignements
provisoires."(réf.) Autrement dit, ils ne révèlent pas le principe
d'ichinen sanzen, ni le principe de "rejeter le provisoire pour révéler le définitif", ni la possibilité,
pour les personnes des sutras Hannya d'atteindre la bodhéité, principes qui découlent
tous de la définition des dix
modalités donnée dans le chapitre Hoben* (II) de l'enseignement théorique*.
[...] Dans l'enseignement
théorique* du Sutra du Lotus fut énoncé le principe de l'atteinte
de la bodhéité par les personnes
des sutras Hannya, ce qui combla l'une des lacunes des sutras enseignés
pendant quarante et quelques années. Mais, comme le chapitre Juryo* (XVI) n'avait
pas encore été enseigné, le véritable principe
d'ichinen sanzen restait
obscur et la possibilité pour les personnes
des sutras Hannya d'atteindre la bodhéité n'était
pas clairement confirmée.
[...] Ainsi les causes et les
effets des enseignements antérieurs au Sutra du Lotus et de l'enseignement
théorique* du Sutra du Lotus sont-ils entièrement réfutés,
et les causes et les effets des dix
mondes-états de l'enseignement
essentiel* sont révélés (note). C'est le principe de la cause
fondamentale et de l'effet fondamental (honga-myo). Il enseigne que les neuf autres
états sont tous présents dans l'état de bouddha
depuis le temps sans commencement et que l'état de Bouddha est
éternellement inhérent aux neuf autres états. C'est
le véritable sens de l'inclusion
mutuelle des dix mondes-états,
des cent mondes et mille modalités,
le vrai principe d'ichinen
sanzen.
Le coeur du chapitre
Juryo (17
avril 1271 ou 1272)
Parmi ces
divers enseignements, celui de l'école Shingon est particulièrement erroné. [Ses fondateurs] Shubhakarasimha* et Vajrabodhi* ont affirmé : "Le concept d'ichinen
sanzen est le plus essentiel des principes énoncés
par Zhiyi* et le coeur même de tous les enseignements exposés par
le Bouddha Shakyamuni de son vivant. Mais indépendamment du principe
d'ichinen sanzen qui constitue la base des enseignements exotériques aussi bien qu'ésotériques,
les mudra et les mantra
dharani*,
forment la partie essentielle des enseignements bouddhiques." Partant
de là, les maîtres du Shingon ont affirmé par la suite que les sutras qui ne comportent ni mudra ni mantra
dharani* doivent être considérés comme inférieurs,
c'est-à-dire du même niveau que les enseignements non bouddhiques.
La lettre de
Teradomari (Teradomari,
le 22 octobre 1271, à Toki Jonin)
Le Sutra
du Lotus contient deux principes importants (note), dont les écoles Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso et Sanron ne connaissent rien, pas même le nom. Par contre, les écoles Kegon et Shingon se sont sournoisement emparées de ces principes pour en faire le
coeur de leurs propres enseignements. Le principe d'ichinen
sanzen ne se trouve que dans l'enseignement
essentiel* du Sutra du Lotus, caché dans les profondeurs du chapitre Juryo* (XVI). Les bodhisattvas Nagarjuna et Vasubandhu en avaient connaissance
mais ne le révélèrent pas. Seul le Grand-maître Zhiyi l'adopta et le conserva sans cesse à l'esprit.
[...] Le principe
d'ichinen sanzen découle
de l'implication réciproque des dix mondes-états.
Mais les écoles Hosso et Sanron ne parlent que de huit états, (note) ignorant qu'il y en a dix et à plus forte raison ignorant le principe
de leur implication réciproque. Les enseignements des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu s'appuient sur les sutras Agama*.
[...] Dès
l'origine, les écoles Kegon et Shingon furent toutes deux des
écoles provisoires basées sur des sutras provisoires. Mais Shubhakarasimha* et Vajrabodhi*,
qui introduisirent les enseignements ésotériques en Chine,
s'approprièrent le principe d'ichinen
sanzen de Zhiyi*,
pour en faire le coeur des enseignements de leur école, tout en
y ajoutant la pratique de mudra et
de mantra dharani* et prétendirent que leurs enseignements surpassaient ceux de Zhiyi.
De sorte que ceux qui étudiaient le bouddhisme, ignorant les faits
réels, en vinrent à croire que le principe d'ichinen
sanzen se trouvait déjà
dans le Sutra Vairocana* tel
qu'il était parvenu d'Inde. De même, à l'époque
de Cheng-guan, patriarche de
l'école Kegon, le principe
d'ichinen sanzen de Zhiyi fut subrepticement incorporé et utilisé pour interpréter
le passage du Sutra Kegon* qui dit : "L'esprit est semblable à un peintre habile."
Les gens ignorent ces faits.
[...] Ces sutras commettent deux erreurs. D'abord, parce qu'ils enseignent que
les dix mondes-états sont distincts les unes des autres, ils sont incapables d'aller plus loin que les enseignements
provisoires et de révéler le principe d'ichinen
sanzen tel qu'il est exposé dans les enseignements
théoriques* du Sutra du Lotus.
[...] Le chapitre Hoben* (II),
qui fait partie de l'enseignement
théorique*,
expose le principe d'ichinen
sanzen, établissant que les personnes des deux
véhicules peuvent atteindre la bodhéité. Il
échappe ainsi à l'une des deux erreurs commises dans les sutras
antérieurs. Mais il ne parvient cependant pas à révéler
que le Bouddha atteignit l'Éveil dans un passé sans commencement.
Ainsi, le principe concret d'ichinen
sanzen reste vague et l'atteinte de la bodhéité par
les personnes des deux véhicules n'est pas bien définie (note). De tels enseignements sont comme le reflet
de la lune sur l'eau ou comme des herbes sans racines flottant sur les vagues.
[...] Ainsi, l'enchaînement des causes et des effets
dans les dix modalités d'expression
de la vie, tels que le décrivent les premiers sutras et l'enseignement
théorique* du Sutra du Lotus, est annulé, et les liens de cause et
d'effet dans les dix mondes-états,
tels que les définit l'enseignement
essentiel*,
sont révélés. C'est le principe de la cause fondamentale* et de l'effet fondamental* (note). Il implique que les neuf autres états
sont tous présents dans la bodhéité depuis le temps
sans commencement, et que la bodhéité est inhérente
aux neuf autres états depuis le temps sans commencement. Voilà
la révélation concrète de l'inclusion
mutuelle des dix états, des cent mondes et des mille modalités ; voilà en quoi consiste concrètement ichinen
sanzen.
[...] Dans le chapitre Hoben* (II) du Sutra du Lotus, quand le Bouddha enseigna pour la première
fois qu'il fallait remplacer* les trois
véhicules par le Véhicule
unique, il exprima de manière concise le concept d'ichinen
sanzen, révélant ainsi ce qu'il avait vraiment à
l'esprit. Mais parce que c'était la première fois, il fut
à peine compris.
[...] C'est-à-dire qu'ils comprirent qu'aucun des sutras du Mahayana antérieur - tels que les sutras Kegon*, Hodo*, Hannya*, Jimmitsu* et Sutra Vairocana* - aussi nombreux que les grains de sable du Gange, n'avaient jamais
clarifié le grand principe d'ichinen
sanzen, qui est le coeur de tous les enseignements donnés par
le Bouddha de son vivant, ou l'os et la moelle de ces enseignements, ni
les principes de l'atteinte de la bodhéité par les personnes
des deux véhicules, et de l'Éveil
du Bouddha dans le passé atemporel.
[...]2 Ainsi, le bodhisattva Vasubandhu,
se référant aux graines de l'Éveil plantées par le Sutra du Lotus, les appelle "les graines sans pareilles". (réf.) Et ces graines de l'Éveil sont le principe d'ichinen
sanzen tel qu'il est défini par le Grand-maître* Zhiyi*.
[...]2 La graine
de l'Éveil de tous les bouddhas mentionnés dans le Sutra
Kegon*,
dans les divers autres sutras du Mahayana,
et dans le Sutra Vairocana*, est
l'unique principe d'ichinen
sanzen. Et le Grand-maître* Zhiyi* fut la seule personne capable de percevoir la vérité de
ce principe. Cheng-guan de l'école Kegon, s'empara du
principe d'ichinen sanzen qu'il utilisa pour interpréter le passage du Sutra
Kegon* qui dit : "L'esprit est semblable à un peintre de talent." Le Sutra Vairocana* de l'école Shingon ne fait
aucune allusion au fait que les personnes des deux
véhicules peuvent atteindre la bodhéité
et que le Bouddha Shakyamuni atteignit l'Éveil dans le passé illimité,
ou encore au principe d'ichinen
sanzen. Mais, après
son voyage en Chine, Shubhakarasimha* eut l'occasion de lire le Maka
Shikan de Zhiyi* et en retira sagesse et compréhension. Il s'appropria alors le
principe d'ichinen sanzen,
l'utilisant pour interpréter les passages du Sutra Vairocana* sur "la réalité de l'esprit" ou celui qui dit
"Je [Vairocana] suis la source et le commencement de toutes choses",
pour en faire le cœur des
enseignements Shingon mais en y
ajoutant la pratique des mudra et
des mantra dharani*.
[...]2 Dans les sutras du Mahayana autres
que le Sutra du Lotus, il semblerait que les femmes puissent
atteindre la bodhéité. Mais elles ne pourraient le faire
qu'après avoir changé
d'apparence. Il ne s'agit donc pas de l'atteinte immédiate
de la bodhéité qu'implique le principe d'ichinen
sanzen.
[...]2 Le chemin
vers la bodhéité ne peut pas se trouver dans la doctrine
du Kegon qui prétend que l'esprit
est la seule réalité, dans les huit
négations de l'école Sanron,
dans le principe du "Rien-que-Conscience"
de l'école Hosso, ni dans
cette sorte de méditation préconisée par le Shingon sur les cinq éléments universels. Seul le principe du Tendai, ichinen sanzen, est le chemin
qui mène à la bodhéité. Et, même ce
principe d'ichinen sanzen,
ni notre sagesse ni notre intelligence ne nous permettent de le saisir
pleinement. Pourtant, parmi tous les sutras enseignés par le Bouddha
de son vivant, seul le Sutra du Lotus contient ce joyau, le principe
d'ichinen sanzen.
Ces maîtres des écoles Tendai et Shingon tomberont dans l'état d'avidité en cette vie-ci, et connaîtront l'enfer avici dans les vies suivantes. [...]2Même s'ils se retirent dans des forêts
de montagne et méditent intensément sur le principe d'ichinen
sanzen, ou même s'ils vont vivre en un lieu isolé
pour se consacrer aux trois mystères du corps, de la bouche et de l'esprit, s'ils ne comprennent pas l'époque
ou la capacité des gens et ne perçoivent pas quelle est
celle des deux méthodes, de shoju ou de shakubuku,
qui convient, ils ne pourront jamais se libérer des souffrances
de la naissance et de la mort.
[...] Le principe
d'ichinen sanzen (Une pensée - trois mille) ne
se trouve que dans l'enseignement essentiel*
du Sutra du Lotus, caché dans les profondeurs du chapitre Juryo*
(XVI)
(Nyorai juryo hon).
Les bodhisattvas Nagarjuna et
Vasubandhu en avaient connaissance
mais ne le révélèrent pas. Seul le Grand-maître
Zhiyi l'adopta et le conserva sans cesse à l'esprit.
Traité qui
ouvre les yeux (Sado, février 1272)
Si l’on se coupe, on ressent de la douleur,
cela fait mal. Ce sont le sensitif et le non-sensitif du corps. Le sensitif et le non-sensitif possèdent les deux lois de la cause et de l’effet
des dix ainsi. Le domaine des êtres, le domaine des cinq
ombres, le domaine du territoire ; ces trois domaines relèvent
du sensitif et du non-sensitif. Ce grand mandala est établi en agitant la doctrine d'ichinen
sanzen (Une pensée trois mille).
Transmission
orale sur l’éveil des végétaux (20 février
1272 à Sairenbo)
Zhiyi* et Saicho* ont subi des persécutions et suscité haine et jalousie,
rien que pour avoir propagé "Une pensée - trois mille"
(ichinen sanzen) théorique
de l'enseignement provisoire.
Les
désirs mènent à l'Éveil (Sado,
le 2 mai 1272 ; à Shijo Kingo)
Mais ils furent d'une piété
filiale exemplaire et les deux rois Yao et Shun les firent appeler et leur léguèrent le trône.
Ainsi des enfants du peuple, en un jour, devinrent rois. De même
qu'une personne du peuple peut devenir roi, un simple mortel peut devenir
bouddha en un instant. C'est le coeur du principe de ichinen
sanzen.
Lettre à
Nichimyo Shonin (Sado,
le 25 mai 1272 à Nichimyo, mère de Oto Gozen)
Il
est dit dans le cinquième volume du Maka
Shikan : "La vie, à chaque instant, comporte dix mondes-états. De
plus, chacun des dix mondes-états est doté de tous les autres,
si bien qu'une unité de vie possède en fait cent états.
Chacun de ces états à son tour contient trente domaines
d'existence (note) de sorte que, dans les cent états, il y a trois mille conditions
existence. Ces trois mille conditions d'existence sont tous, contenus
en un seul moment de vie. S'il n'y a pas de vie, inutile d'aller plus
loin. Mais la plus infime parcelle de vie contient les trois mille conditions
d'existence... C'est ce que l'on entend par "le royaume de l'insondable".
[Voir ichinen sanzen]
[...] Question - Le principe d'ichinen sanzen est-il expliqué dans le Hokke
Gengi ? Réponse - Zhanlan* dit que non. Question.
- Est-il donc expliqué dans le Hokke
Mongu* ? Réponse - Zhanlan* dit que non. Question - Quels mots emploie-t-il exactement ?Réponse - Il dit : "Ni l'un ni l'autre ne mentionnent ichinen
sanzen". Question - L'expression ichinen
sanzen apparaît-elle
dans l'un des quatre premiers volumes du Maka
Shikan ? Réponse - Non. Question - Comment peut-on le prouver ? Réponse - Zhanlan* déclare : "Quand, finalement, dans le Maka Shikan Zhiyi* révéla comment percevoir la véritable nature de
la vie, il utilisa aussi l'expression "trois
mille mondes" pour la faire comprendre. (réf.) Question.
- Il est dit dans le deuxième volume du Hokke
Gengi : "Chacun des dix
mondes-états contient les neuf autres, et dans les cent états,
se trouvent "mille modalités
d'expression de la vie." Dans le premier volume du Hokke
Mongu*,
on lit : "Chaque faculté cognitive (note) possède les dix mondes-états,
chacun d'eux comprenant encore en lui tous
les dix. Puisque chacun de ces cent états comporte les Dix
modalités d'expression de la vie, on arrive au total de mille."
Dans le Kannon Gengi on trouve aussi la phrase : "Il y a inclusion
mutuelle des dix états, ce qui constitue cent états.
Toute forme de vie possède de manière inhérente
mille Modalités d'expression même si elles sont invisibles." Cette expression ichinen sanzen apparaît-elle dans l'un des quatre premiers volumes du Maka
Shikan ? Réponse - Zhanlan* déclare qu'elle ne s'y trouve pas.
[...] C'est la vérité
ultime contenue dans ses enseignements. Voilà pourquoi Guanding* déclare dans son introduction : "Le Maka Shikan révèle l'enseignement que Zhiyi* lui-même pratiqua dans les profondeurs de son être. Il avait
de bonnes raisons pour parler ainsi.
[...] Et du point de vue de l'Éveil
du Bouddha, ce qui est "difficile à croire et difficile
à comprendre" c'est le principe d'ichinen
sanzen, qui explique que même les êtres non-sensitifs possèdent les dix Modalités d'expression de la vie, c'est-à-dire
qu'ils sont dotés de caractéristiques à la fois
matérielles et non-matérielles de la vie.
[...] Question : Mais où dans ce Sutra peut-on trouver un passage
qui établisse de façon certaine l'inclusion
mutuelle des dix mondes-états (jikkai gogu), les mille domaines d'existence et ichinen
sanzen ? Même dans le deuxième chapitre
du Sutra du Lotus nous lisons : "Le Bouddha a éliminé
tous les aspects maléfiques de la vie." [...] Ainsi, la doctrine d'ichinen
sanzen n'est mentionnée ni dans l'enseignement
théorique* ni dans l'enseignement
essentiel*.
On ne la trouve dans les écrits d'aucun des Grands-maîtres indiens et aucun moine chinois ou japonais ne l'a jamais adoptée.
Dans ces conditions, comment avez-vous l'audace d'y croire ?
[...] Dans leur
coeur, Vasubandhu, Nagarjuna, Ashvaghosha, Sthiramati et d'autres lettrés bouddhistes connaissaient le principe d'ichinen
sanzen mais ils ne le révélèrent pas
aux autres parce que le temps de l'exposer n'était pas encore
venu.
[...] Après
la venue de Zhiyi* et de Saicho*,
de nombreux bouddhistes connurent le principe d'ichinen
sanzen grâce à l'enseignement de ces deux sages.
[...] Les traducteurs
des versions nouvelles des sutras découvrirent le principe d'ichinen
sanzen enseigné par Zhiyi* lorsqu'ils rentrèrent en Chine. En traduisant du sanskrit en
chinois, certains incorporèrent le principe de Zhiyi* dans leurs traductions, et d'autres prétendirent que les originaux
qu'ils avaient ramenés d'Inde le contenaient déjà.
Certains érudits de l'école de Zhiyi* furent simplement heureux que d'autres écoles exposent les mêmes
doctrines qu'eux, tandis que d'autres vantèrent le bouddhisme
venu de loin [d'Inde] et dénigrèrent celui qui était
proche d'eux [en Chine], ou bien encore rejetèrent leurs doctrines
anciennes pour en adopter de nouvelles. Ces érudits succombèrent
à leur nature démoniaque et à leur ignorance. Toutefois,
sans ichinen
sanzen, graine de la bodhéité, les êtres
sensitifs ne peuvent pas atteindre la bodhéité, et
toute statue ou image prise comme objet
de culte est vénérée en vain.
[...] Le Grand-maître* Zhanlan* déclare : "Sachez-le bien : notre vie et son
environnement sont l'expression d'ichinen
sanzen. Quand nous parvenons à l'Éveil, selon ce principe
fondamental, notre vie imprègne l'univers entier à la
fois physiquement et psychiquement."(réf.)
[...] Par contre,
l'enseignement essentiel* révèle l'Éveil du Bouddha lui-même, il est donc
difficile à croire et difficile à comprendre. Pourtant,
même la différence qu'introduit la notion d'ichinen
sanzen entre enseignement théorique* et essentiel* devient presque insignifiante lorsque est révélé
le principe ultime caché au cœur du Sutra du Lotus.
[...] Avec
une compassion profonde pour ceux qui ignorent le joyau d'ichinen
sanzen, le bouddha fondamental l'enveloppa dans la seule
phrase Namu Myoho Renge Kyo,
et en orna le cou de ceux qui vivent à l'époque des Derniers
jours du Dharma.
Le
véritable objet de vénération (Sado,
avril 1273 à Toki Jonin)
Les principes essentiels du Sutra
du Lotus sont l'implication
réciproque des dix
mondes-états, cent mondes et mille modalités
d'expressions de la vie, ainsi que ichinen
sanzen. Ce sont des principes d'une grande importance énoncés
dans le Maka Shikan.
[...] L'enseignement
du chapitre Juryo* (XVI) revêt pour moi Nichiren une signification
particulière. Zhiyi et Saicho le comprirent presque entièrement mais ne le révélèrent
pas explicitement, et c'est également vrai de Nagarjuna et Vasubandhu. Le Jigage indique : "N'ayant à l'esprit qu'un seul désir, celui
de voir le Bouddha, il ne donne pas sa vie à contrecoeur."
Moi Nichiren, j'ai fait surgir la bodhéité du plus profond
de ma vie en vivant selon cette phrase. C'est ainsi que j'ai révélé
les Trois grands Dharmas cachés,
en concrétisant le principe d'ichinen sanzen contenu
dans le cchapitre Juryo* (XVI). C'est une vérité précieuse
que nous devons garder !
Lettre à Gijo-bo (mai
1273, à Gijo-bo )
Seuls Jogyo, Muhengyo,
et les autres guides des bodhisattvas Surgis-de-Terre peuvent apparaître dans les cinq
cents premières années des Derniers
jours du Dharma pour propager les cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo. Eux seuls
sont qualifiés pour inscrire l'objet
de vénération qui matérialise la cérémonie au cours de laquelle les deux bouddhas s'assirent côte à
côte dans la Tour aux Trésors.
Car ce Dharma et l'objet de vénération sont tous deux
la concrétisation du principe d'ichinen
sanzen révélé dans le chapitre Juryo* (XVI) de l'enseignement
essentiel*
La
véritable réalité de la vie (Sado - Ichinosawa,
mai 1273 à Sairen-bo)
Le Grand-maître* Zhiyi* apparut en Chine et réfuta les principes erronés des écoles
du Nord et du Sud afin d'établir l'enseignement correct. Sur
le plan de l'étude doctrinale, il élabora le principe
des cinq périodes, et
sur le plan des pratiques de méditation-samadhi,
il forgea le concept d'ichinen
sanzen.
Réponse au seigneur
Hakiri Saburo (Sado,
3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)
Par exemple, l'école Kegon énonce le principe des six formes et les dix mystères,
l'école Sanron, la Voie
du milieu des huit négations,
l'école Hosso insiste sur
la perception que tous les phénomènes ne sont "Rien-que-Conscience", l'école Ritsu préconise les deux cent
cinquante préceptes, l'école Jodo,
l'invocation du nom du bouddha Amida,
l'école Zen, la méditation
sur son propre état de bouddha, l'école Shingon,
la méditation sur les
cinq éléments et l'école Tendai a formulé la théorie d'ichinen
sanzen. Mais maintenant, nous sommes entrés dans l'époque
des Derniers jours du Dharma et les remèdes proposés par ces écoles ne guérissent
plus les maladies des hommes.
Le don du mandala
du Dharma Merveilleux (Sado,
1273 à Sennichi-ama)
On trouve
une autre bonne explication dans le passage suivant du 6e volume du Hokke
Gengi Shakusen de Zhanlan* : "Tant que les trois mille
mondes [d'ichinen sanzen], demeurent latents [chez les
êtres ordinaires], on les appelle tous "l'obscurité".
Mais quand les trois mille mondes manifestent l'effet [de la bodhéité], on peut tous les
appeler "bonheur éternel". Dans les deux cas, puisque
le principe d'ichinen sanzen est immuable, l'obscurité fondamentale ne fait essentiellement
qu'une avec l'Éveil. Puisque les trois
mille mondes restent tous constants, ils sont à la fois l'ainsité et fonction."
[...] Par conséquent,
aux termes "Dharma Merveilleux"
[Myoho], ils substituèrent les termes "concentration et intuition"
[shikan], et s'engagèrent plutôt dans la pratique d'ichinen
sanzen par la Triple contemplation
de l'unité. Mais ces Grands-maîtres récitèrent Namu Myoho Renge Kyo en privé,
et ils étaient intérieurement convaincus que ces mots exprimaient
la vérité.
L'ainsité
du Dharma Merveilleux (Sado, 1273
? à Sairen-bo)
Bien qu'il n'y ait pas, dans le Sutra Vairocana*, la
plus petite allusion au principe d'ichinen
sanzen, lorsque Shubhakarasimha* introduisit ce sutra en Chine, il prétendit mensongèrement
qu'il s'y trouvait. Quant à la pire de leurs distorsions, demandez-leur : "Existe-t-il un seul passage, dans l'enseignement de quelque bouddha
que ce soit, parmi tous ceux qui apparurent dans les trois
phases de la vie, qui autorise à piétiner le front
des bouddhas (note)? "
[...] Mais le Sutra
du Lotus enseigne que nous sommes en réalité des
bouddhas dotés des trois propriétés illuminées. Autrement dit, il enseigne le principe suprême
d'ichinen sanzen.
Enseignement,
pratique et preuve (Minobu, 1274
? à Sammi-bo)
Les bodhisattvas à
partir des dix développements* jusqu’à l’Éveil
d’indifférenciation* ignorent les effets. Si j’en parle de façon strictement
rigoureuse, avec l’esprit de l'enseignement
parfait*, sokushin (sans changer
d'apparence) est semblable à la Une pensée (ichinen) des
identités de dénomination* et de contemplation* au sein des six
identités. Et si l’on en parle avec moins de rigueur,
il s’agit alors de la fusion
harmonieuse du factuel et du principiel*
Réponse à
Dame Myoichi (Minobu, mai 1275 à Myoichi)
Mais l'Honoré
du monde ne dit pas un mot du principe de l'atteinte de la bodhéité par les personnes des deux véhicules,
ni du fait qu'il avait lui-même atteint la bodhéité
dans un passé atemporel.
Il n'exposa pas non plus les principes, les plus vitaux de tous, de
l'atteinte de la bodhéité
sans changer d'apparence et d'ichinen
sanzen. Et cela pour une unique raison : ils avaient la capacité
de comprendre mais, parce que le temps n'était pas encore venu,
il n'a rien expliqué. Comme il est dit dans le Sutra du Lotus : "Parce que le temps d'enseigner n'était pas encore venu"(réf.).
[...] Aux personnes
des deux véhicules à
qui [pensait-on jusqu'alors] la bodhéité était
inaccessible, il fut prédit qu'elles deviendraient en fait bouddha. (note) C'était
aussi surprenant que d'entendre affirmer que des graines brûlées
produiraient fleurs et fruits. Et la révélation, par Shakyamuni,
qu'il avait atteint l'Éveil dans un passé
atemporel était aussi stupéfiante que s'il avait prétendu
qu'un vieillard de cent ans était le fils d'un jeune homme de
vingt-cinq ans (note).
Il révéla aussi le principe d'ichinen
sanzen qui indique que les neuf
mondes-états incluent l'état de Bouddha et que l'état de Bouddha inclut les
autres états.
[...] Mais, bien
que ces grands bodhisattvas aient utilisé les sutras du Mahayana pour réfuter les sutras du Hinayana,
ils n'ont pas clairement établi la supériorité
du Sutra du Lotus sur les autres sutras du Mahayana.
Et lorsqu'ils y firent parfois allusion, ils ne définirent pas
de manière claire les dix
principes mystiques de l'enseignement
essentiel* et de l'enseignement théorique*,
ni la possibilité d'atteindre la bodhéité pour
les personnes des deux véhicules,
ni le fait que le Bouddha parvint à l'Éveil dans un passé
infini, ni le fait que le Sutra du Lotus soit le plus difficile
à comprendre de tous les sutras qui précèdent ou
qui suivent, ni les principes des cent mondes et des mille modalités de la
vie qui sous-tendent le principe d'ichinen
sanzen.
[...] En plus des ouvrages mentionnés plus haut, il écrivit
encore le Maka Shikan en dix volumes, ouvrage dans lequel, résumant tous les enseignements
sur la méditation donnés par Shakyamuni de son vivant,
il formula le principe d'ichinen,
et appréhenda toutes les entités vivantes et leur environnement
dans les dix mondes-états par le concept de sanzen [trois
mille mondes].
[...]2 Shubhakarasimha : "Quant
aux mudra et mantra
dharani*,
on les utilise pour embellir le principe spirituel défini par
les termes ichinen sanzen,
ils deviennent un l'enseignement
secret (zuitai, himitsu) harmonisant les trois
mystères. Et, parce qu'il inclut ce principe des trois
mystères, l'enseignement du Shingon se révèle supérieur à celui du Tiantai qui ne mentionne que le Mystère de la pensée. Le Shingon est comme un grand général portant casque et cuirasse,
un arc et des flèches et une grande épée au côté.
Alors que le Tiantai, avec seulement
le Mystère de la pensée [la théorie d'ichinen
sanzen], est comme un grand général sans aucune arme."
[...]2 Ce passage
signifie essentiellement que, pour ce qui est de la supériorité
relative du Sutra du Lotus,
les trois sutras du Shingon mentionnés plus haut sont théoriquement en accord, puisqu'elle
réside dans le principe d'ichinen
sanzen.
[...]2 C'est là
le principe primordial d'ichinen
sanzen enseigné dans le Sutra du Lotus. Quelle est
la signification du passage du Sutra dans lequel il est dit
: "Les aspects [de la réalité de tous les phénomènes]
sont l'apparence ? "(réf.) Parmi les dix modalités d'expression
de la vie, nyoze so [l'apparence] est la plus importante.
Le choix en
fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275
; adressé à Yui)
C'est
bien ce qu'écrivit le Grand-maître* Zhanlan* : "Nous n'avons encore jamais entendu d'enseignement aussi lumineux
que le Maka Shikan"
et : "Même les grands maîtres de l'Inde ne soutenaient
pas la comparaison avec lui."(réf.) La doctrine d'ichinen
sanzen, révélée
dans le cinquième volume du Maka Shikan, est d'une
profondeur toute particulière. Si vous la propagez, inévitablement,
les démons se manifesteront. S'ils n'apparaissaient pas, il
n'y aurait aucun moyen de savoir qu'il s'agit bien de l'enseignement
correct.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux
frères Ikegami)
Il n'y a pas
de plus grand bonheur pour les êtres
humains que de réciter Namu
Myoho Renge Kyo. Le Sutra du Lotus déclare : "Là,
les êtres vivent libres et heureux."(réf.)
L'expression "libres et heureux" désigne la joie émanant
du Dharma. Vous faites évidemment partie des "êtres"
et "là" désigne le monde entier, donc aussi le
Japon. "Libres et heureux" signifie réaliser que notre
vie - notre corps et notre esprit, nous-même et notre environnement
- est l'ainsité d'ichinen
sanzen et le bouddha de la "liberté sans limites".
Le bonheur en ce monde
(Minobu, juin 1276, à Shijo Kingo)
Le principe d'ichinen
sanzen s'appuie sur le principe de san
seken. Ces trois domaines de l'existence sont : un, le domaine
des êtres
vivants ; deux, le domaine des cinq
agrégats ; trois, le domaine de l'environnement. Nous
laisserons les deux premiers de côté pour l'instant. Le
troisième, le domaine de l'environnement, est celui des plantes
et des arbres.
[...] Ce principe
d'ichinen
sanzen n'a jamais été formulé auparavant
et n'a pas été non plus connu par la suite. Ou si on le
trouve quelque part énoncé, on peut être certain
qu'il aura été volé [à l'enseignement de Zhiyi*]. Cependant,
quelque deux cents ans ou plus après l'époque de Zhiyi* Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* ont fondé l'école que l'on appelle Shingon en s'appuyant sur le Sutra Vairocana*. Et
bien que ce principe n'apparaisse nulle part dans le Sutra Vairocana*, ils
volèrent le principe d'ichinen
sanzen dans le Sutra du Lotus, et les commentaires
qu'en avait fait Zhiyi*,
pour en faire le coeur de l'école Shingon.
La consécration
d'une statue du bouddha (Minobu, le 15
juillet 1276 à Shijo Kingo)
On lit dans le Kongobei Ron [de Zhanlan*] : "La vie de l'enfer et son
environnement se trouvent également dans l'état de Bouddha.
[Inversement, ] la vie d'un bouddha et sa Terre
parfaite ne se trouvent pas ailleurs que dans l'ichinen [instant
pensée] d'un simple mortel."
Les quatorze oppositions (Minobu,
fin 1276, au nyudo Matsuno Rokuro Zaemon)
Par la croyance dans le Sutra du Lotus, parmi ceux qui
saisissent en profondeur l'essence du Sutra, qui pratiquent la méditation
assise décrite dans le Maka
Shikan, et se concentrent sur les principes d'ichinen
sanzen, des dix objets et des dix méditations, certains
atteindront peut-être effectivement la bodhéité sous
leur forme présente et parviendront à l'Éveil.
Parvenir directement
à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu,
mars 1277 ? à Myoho-ama)
Le Grand-maître* Saicho* écrivit : "La réalité d'ichinen
sanzen est le Bouddha qui a obtenu l'Éveil par lui-même et ce Bouddha n'est doté d'aucun attribut
extraordinaire."(réf.) Par conséquent, ce Gohonzon est le mandala suprême
sans précédent, car pendant plus de deux mille deux cent
vingt ans après la mort du Bouddha, il ne fut jamais révélé.
Le Véritable
Aspect du Gohonzon (Minobu,
23 août 1277, à Dame Nichinyo)
La première
des Quatre étapes de la foi consiste à éprouver,
ne serait-ce qu'un instant, la foi et la compréhension. Et la
première des cinq étapes
de la pratique consiste à se réjouir lorsqu'on entend
pour la première fois le Sutra du Lotus. A elles deux,
ces étapes sont le coffre qui contient ce trésor, les
principes "cent mondes et mille modalités"
et "trois mille mondes en un instant de vie (ichinen sanzen)" ; elles sont le portail que
franchissent tous les bouddhas
des dix directions et des trois
phases de la vie.
[...] Question : Pourquoi n'encouragez-vous pas la méditation sur le principe
des trois mille mondes en un seul instant de vie (ichinen sanzen), mais uniquement la récitation
du daimoku ? Réponse : Les deux caractères qui composent le mot Nihon (Japon) représentent
à eux seuls tous les êtres humains, tous les animaux et
toutes les richesses des cinquante-six provinces du pays sans la moindre
exception. Et les deux caractères qui forment le mot Gashi (Inde)
n'évoquent-ils pas l'ensemble des soixante-dix régions
de l'Inde ? Zhanlan* écrivit : "Lorsque, sous forme abrégée,
nous mentionnons le Titre du Sutra, c'est le Sutra dans son intégralité
qui est évoqué."(réf.) Et aussi : "Lorsque, par souci de concision, nous parlons
des dix mondes-états ou des dix modalités, ce
sont les trois mille mondes qui sont implicitement évoqués."(réf.)
Les
Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 ( ? )
à Toki Jonin)
Le Grand-maître* Zhiyi* établit, dans le domaines des études doctrinales, la classification
des cinq périodes et
des quatre enseignements. Il réfuta les interprétations doctrinales avancées
par les lettrés pendant les plus de cinq
cents années précédentes, et, par sa pratique
de la méditation-samadhi,
s'éveilla à la vérité d'ichinen
sanzen, comprenant pour la première fois le principe du Sutra
du Lotus. L'école Sanron,
créée avant la naissance du Grand-maître* Zhiyi*,
et l'école Hosso, créée
après sa mort, enseignèrent toutes deux un principe des
huit mondes-états (note) mais ne mentionnèrent
jamais dix mondes-états.
Par conséquent, ces deux écoles ne pouvaient en aucune
manière établir le principe d'ichinen
sanzen.
[...] Cette école [Kegon], dans ses interprétations
doctrinales, établit les cinq
enseignements, et, pour sa pratique de la méditation, énonce
les principes des dix mystères et des six formes, Tous ces enseignements
semblent extrêmement impressionnants, et l'on pourrait penser
qu'avec eux Cheng-guan aurait pu réfuter les enseignements de Zhiyi*.
Mais, en fait, Cheng-guan se borna à emprunter le principe d'ichinen
sanzen énoncé
par Zhiyi*,
et à le définir comme la véritable intention contenue
dans le passage du Sutra Kegon* qui dit : "L'esprit est comparable à un peintre de talent."
Par conséquent, nous pourrions dire que l'école Kegon fut en réalité vaincue par Zhiyi*,
ou peut-être qu'elle fut coupable de voler le principe d'ichinen
sanzen. Cheng-guan, sans aucun doute, observait très
rigoureusement les préceptes.
Il ne transgressa jamais, si peu que ce soit, aucune des règles
du Mahayana ou du Hinayana.
Et pourtant il a volé le principe d'ichinen
sanzen.
[...] Quand Shubhakarasimha* entreprit d'évaluer les mérites relatifs du Sutra
du Lotus et du Sutra Vairocana*, il
avança cette interprétation que tous deux sont "équivalents
d'un point de vue théorique, mais que le dernier est supérieur
en termes de pratique." Par cela, il voulait dire que, bien que
le principe d'ichinen
sanzen soit le même
dans le Sutra du Lotus et dans le Sutra Vairocana*, le Sutra du Lotus ne mentionne ni mudra ni mantra dharani*,
et que, par conséquent, du point de vue des pratiques qu'il enseigne,
il est inférieur au Sutra Vairocana*.
[...] Shubhakarasimha* déclare que le Sutra du Lotus et le Sutra Vairocana* sont
égaux en principe, mais que ce dernier est supérieur du
point de vue de la pratique. Il prend le principe d'ichinen
sanzen, que le Grand-maître* Zhiyi* fut le premier à formuler, et prétend le trouver dans
le Sutra Vairocana*, et,
à partir de là, déclare arbitrairement que les
deux sutras sont identiques.
[...] Or ce principe
d'ichinen sanzen, pour la
première fois défini par le Grand-maître* Zhiyi*,
est le père et la mère des bouddhas. Pourtant, à
peu près cent ans plus tard, Shubhakarasimha* vola ce principe, et affirma dans ses écrits que le Sutra Vairocana* et le Sutra du Lotus étaient égaux du point de vue
théorique et qu'ils avaient en commun un principe, celui d'ichinen
sanzen.
Lettre à
Shomitsu-bo (Minobu,
1277 à Shomitsu-bo)
Le principe central de l'école Hokke est celui d'ichinen
sanzen qui révèle que le bien et le mal restent inhérents
à la vie de tous, y compris de ceux qui sont parvenus à
l'étape la plus élevé,
celui de l'Éveil parfait sans supérieur [myogaku]. La nature fondamentale de la bodhéité se manifeste sous la forme de divinités bouddhiques telles que Bonten et Taishaku,
l'obscurité fondamentale se manifeste sous la forme du Démon
du sixième Ciel.
[...] Il
y a deux manières de percevoir le principe d'ichinen
sanzen. L'une est théorique
et l'autre concrète. Ichinen
sanzen, comme l'enseignaient Zhiyi* et Saicho*,
était un principe théorique, mais ichinen
sanzen comme je l'enseigne
maintenant est un principe concret. Parce que la voie que je pratique
est supérieure, les difficultés qui l'accompagnent sont
plus grandes. Ichinen
sanzen, dans la pratique
de Zhiyi* et de Saicho*,
se rattache à l'enseignement
théorique* tandis qu'ichinen sanzen,
dans la pratique de Nichiren, fait partie de l'enseignement
essentiel*.
C'est aussi différent que le ciel de la terre.
Le traitement
de la maladie (Minobu,
26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)
Question : Quels sont les passages scripturaires qui sont à la base de
la doctrine ichinen sanzen (Une pensée contient trois mille conditions possibles de vie) ? Réponse : Comme je vais le montrer, il y a deux sortes de textes. Il
est écrit dans le chapitre des Moyens salvifiques : "La
véritable réalité de chaque chose réside
dans les dix modalités d'expression
de la vie" (nyoze)", et plus loin, un autre autre passage : "Tous les bouddhas et les Vénérables sont venus dans
ce monde parce qu’ils voulaient faire connaître la sagesse
du Bouddha à tous les êtres vivants." Ceci est
l'enseignement théorique* d'ichinen sanzen selon lequel homme ordinaire (bompu) du niveau le plus bas possède, dans
son cœur, la graine pour devenir un Bouddha. La seconde
sorte de textes doit être cherchée dans le chapitre sur
la Longévité de la Vie de l’Ainsi-Venu, là
où il dit : "Mais, hommes de foi sincère, vraiment
il y a toute une éternité qui s’est écoulée
depuis que je suis devenu Bouddha, etc." Ceci est
la doctrine littérale d'ichinen
sanzen, la doctrine que
le Grand Éveillé, le Vénérable Eternel a réalisé
depuis l’éternité.
Trois
grands Dharmas cachés (Minobu, le 27 ? avril 1281
à Ota Kingo)
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