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maka-shikan ou shikan (méditation)
 

Zhiyi*, Zhanlan*, Saicho* la connaissaient intérieurement mais ne l’ont pas propagé. Ils clamaient “une couleur, un parfum” et murmuraient que cela trouble les oreilles et stupéfie les cœurs. Ils nommaient maka shikan parfait et soudain ce qu’ils auraient dû appeler Myohorenge. Ainsi, l’Eveil des végétaux est l’Eveil des morts. Peu de personnes connaissent cette doctrine. C’est une doctrine sur laquelle l’on se méprend parce que l’on ignore Myohorenge. Ne l’oubliez surtout pas.
Transmission orale sur l’éveil des végétaux (20 février 1272 à Sairenbo)

On lit dans le premier volume du Maka Shikan : "Rien n'égale en clarté et en sérénité la méditation shikan." Dans le premier volume du Guketsu, Zhanlan* écrit  : "Depuis l'époque où l'empereur Ming de la dynastie Han postérieurs rêva (note) [du Bouddha], jusqu'à la dynastie Chen, où vécut le Grand-maître* Zhiyi*, nombreux furent ceux qui firent partie de l'école Zen et à qui furent transmis la robe et le bol à aumônes" (note).
A propos du passage : "C'est grâce aux bienfaits obtenus en protégeant le Dharma que l'on peut alléger en cette vie ses souffrances et ses rétributions", on lit dans le cinquième volume du Maka Shikan : "Les faibles bonnes causes créées par un esprit qui n'est pas totalement dirigé vers le bien ne suffisent pas à modifier [le cycle de la naissance et de la mort]. Mais si on pratique la méditation, en parvenant à une profonde intuition (shikan), en contrôlant les cinq agrégats dans sa vie, en évitant ainsi la maladie et en réfrénant les désirs terrestres, alors on peut transcender le cycle de la vie et de la mort." Il y est dit encore : "[A mesure que la pratique progresse et que la compréhension grandit, ] les trois obstacles et les quatre démons apparaissent, surgissant l'un après l'autre pour entraver son progrès."
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Huisi fut, dit-on, une incarnation du bodhisattva Kannon, et le Grand-maître* Zhiyi*, une incarnation du bodhisattva Yakuo. S'il en est ainsi, ils étaient présents au Pic du Vautour lorsque le Bouddha exposa le chapitre Juryo* (XVI) de l'enseignement essentiel*, et ils s'éveillèrent donc alors au lotus de l'essence réelle. Mais lorsqu'ils réapparurent en ce monde [respectivement sous la forme de Huisi et de Zhiyi*], ils savaient que le temps propice n'était pas encore venu de répandre le Dharma Merveilleux. Par conséquent, aux termes "Dharma Merveilleux" [Myoho], ils substituèrent les termes "concentration et intuition" [shikan], et s'engagèrent plutôt dans la pratique d'ichinen sanzen par la Triple contemplation de l'unité. Mais ces Grands-maîtres récitèrent Namu Myoho Renge Kyo en privé, et ils étaient intérieurement convaincus que ces mots exprimaient la vérité.
L'ainsité du Dharma Merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

En ce qui concerne l’Eveil dès ce corps, la doctrine éphémère en est la porte d’entrée. La doctrine primordiale en exprime la signification véritable. Les hommes qui obtinrent la voie (tokudo) grâce à la doctrine éphémère (note) obtinrent l’Eveil par la graine (busshu) catégorielle ou la graine relative. Dans les deux cas, la signification véritable n’existe que dans le chapitre Durée de la vie de la doctrine primordiale. C’est pourquoi, constamment, vous devez faire l’observation de la pensée (shikan) en vous appuyant sur ce point. Ce sera l’observation juste.
Réponse à Dame Myoichi (Minobu, mai 1275 à Myoichi)

Le Grand-maître* Saicho* étudia les enseignements Tendai et Shingon pendant quinze ans au Japon, par lui-même. Il possédait de manière innée des capacités de compréhension merveilleuses, et, sans l'aide d'un maître, s'éveilla à la vérité. Mais, pour dissiper les doutes des autres, il se rendit en Chine où il reçut l'enseignement des écoles Tian-tai et Shingon. Les maîtres, en Chine, avaient à cet égard diverses opinions mais, dans son coeur, Saicho* était certain que l'enseignement du Sutra du Lotus était supérieur au Shingon. C'est pourquoi il n'utilisa jamais le terme "école" pour se référer au Shingon, parlant seulement des "pratiques shikan et "paroles véritables" de l'école Tendai". Il décida que, chaque année, seraient ordonnés deux novices qui devraient étudier pendant douze ans au Mont Hiei.
[...] Saicho* incorpora à la fois des pratiques shikan et shingon en considérant la pratique Shingon comme une pratique parmi d'autres, dans l'ensemble des pratiques de l'école Tendai et Wei-Juan. Mais, dans son coeur, il [Ennin] croyait le Shingon supérieur au Tendai. Il estimait que le Grand-maître* Saicho* n'avait pas étudié le sujet à fond, n'était pas resté suffisamment longtemps en Chine et n'avait pris connaissance que superficiellement de l'enseignement Shingon.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

De même, le Grand-maître* Saicho* reçut, de ses maîtres Dao-sui et Xing-man, les principes de la méditation shikan, et les grands préceptes de l'Eveil parfait. Cela fait de lui un juste. Mais, avant même d'aller en Chine, alors qu'il était encore au Japon, il avait déjà compris et maîtrisé tous les principes de shingon et de shikan sans l'aide d'aucun maître et il avait compris que la sagesse de l'école Tendai surpassait celle des Six et Sept Ecoles. Cela fait de lui un sage.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

C'est le pouvoir du Sutra du Lotus qui insuffle une "âme" (note) à ces images peintes ou sculptées. Telle fut la réalisation du Grand-maître* Zhiyi*. Pour les êtres vivants, ce principe se résume en "l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence"  ; et par rapport aux images peintes et aux sculptures en bois, c'est ce qu'on appelle "la bodhéité des plantes et des arbres". C'est pourquoi le Grand-maître* Guanding* écrivit  : "Cette méditation shikan procure une clarté et une sérénité sans pareilles, aucune autre avant elle ne lui est comparable"  ; (réf.) et voilà pourquoi il est dit par le Grand-maître* Zhanlan*  : "La révélation de l'existence de l'état de bouddha chez les êtres non sensitifs surprend et stupéfie ceux qui en entendent pour la première fois le principe."(réf.)
La consécration d'une statue du bouddha (Minobu, le 15 juillet 1276 à Shijo Kingo)

Le Grand-maître* Saicho* étudia ces ouvrages mais il eut des doutes sur leur évaluation des mérites relatifs du Sutra du Lotus et du Sutra Vairocana*. C'est pourquoi, le septième mois de la vingt-troisième année de l'ère Enryaku (804), il se rendit en Chine ; il y rencontra les moines Daosui du temple Xi-ming-si et Xingman, du temple Folong-si, et reçut les enseignements shikan ainsi que les grands préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat. Il rencontra également le moine Shun-xiao, du temple Ling-gang-si, et étudia sous sa direction le Shingon. Il revint au Japon le sixième mois de la vingt-quatrième année de l'ère Enryaku (805). L'empereur Kammu lui accorda une audience et fit publier un décret recommandant aux étudiants des six écoles la pratique de shikan [la méditation du Tian-tai ] et de shingon [la récitation de mantra dharani* ésotériques], et incitant à les adopter dans les Sept temples principaux [de Nara]. Il y avait en Chine plusieurs théories sur la supériorité relative de ces deux enseignements, shikan et shingon. De plus, le Dainichikyo Gishaku affirme que, bien qu'ils soient équivalents en théorie, le shingon est supérieur en terme de pratique.
[...] Mais l'édit qui fut rendu public à sa demande déclare en réalité : "Il a été finalement établi que les principes de méditation [shikan] de l'école Tendai et la doctrine du Shingon s'harmonisent parfaitement en théorie." Ennin* avait prié pour avoir la confirmation que le Sutra du Lotus était inférieur au Sutra Vairocana* mais l'édit qui fut publié proclamait au contraire que le Sutra du Lotus et le Sutra Vairocana étaient du même niveau !
[...] "Pourtant, nous apprenons que les moines du Mont Hiei ne cessent de s'opposer aux enseignements de leur patriarche Saicho* pour suivre des interprétations personnelles erronées. Ils semblent se consacrer presque exclusivement à la propagation des doctrines d'autres écoles, sans garder ni transmettre les traditions de l'école Tendai. Si les disciples veulent suivre la voie héritée du maître, ils ne peuvent ignorer aucune des deux pratiques [de shikan et de shingon]. Si l'on désire transmettre et propager la doctrine, ne doit-on pas maîtriser ces deux formes d'enseignements  ? Désormais, la fonction de grand patriarche du temple Enrakyu-ji [de l'école Tendai] ne sera confiée qu'à une personne les ayant parfaitement comprises toutes deux et il en ira toujours de même à l'avenir."
[...] Mais dans le décret impérial édicté à la demande d'Ennin* lui-même, on lit : "Ils ne cessent de s'opposer aux enseignements du patriarche Saicho* pour suivre des interprétations personnelles erronées." Il y est dit par ailleurs : "Si les disciples veulent suivre la voie héritée du maître, ils ne peuvent ignorer aucune des deux pratiques [de shikan et de shingon]."
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Vous dites que Ryosho-bo a proclamé ensuite que ceux qui pratiquent la méditation shikan sont tenus d'observer les préceptes. Pourtant, il est dit, dans le neuvième volume du Hokke Mongu*, que [après la disparition du Bouddha] aux première, deuxième et troisième des cinq étapes de pratique on peut s'abstenir d'bserver les préceptes. Cela apparaît aussi clairement dans le texte du Sutra lui-même.
Le troisième enseignement (Minobu, 1er octobre 1277, à Toki Jonin)

Le Grand-maître* Saicho* reçut l'enseignement des deux écoles, Tendai et Shingon [en Chine], et les rapporta au temple Enryaku-ji, sur le Mont Hiei. Mais, en voulant créer un sanctuaire pour conférer les préceptes (kaidan), Saicho* aspirait à la méditation parfaite, à la sagesse parfaite et aux préceptes parfaits menant à l'Eveil parfait sans supérieur et immédiat selon l'école Tendai. Il semble bien qu'il jugea incorrecte l'utilisation du terme "école" pour désigner le Shingon comme une doctrine distincte de l'école Tendai. Dans le mémorandum qu'il adressa à la cour impériale, il mentionne les pratiques shikan (concentration et intuition) et shingon (la discipline de Vairocana) de l'école Tendai-Hokke. Et le serment concernant les préceptes transmis par Saicho* à son disciple Ennin* parle, en fait, des "shikan et shingon de l'école Tendai-Hokke", en évitant clairement l'emploi du terme "école Shingon".
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

 

 

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