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Extraits de gosho sur

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DICTIONNAIRE
 
roi qui fait tourner la roue du Dharma
 

J'ai envers mes parents actuels une dette bien plus grande que si j'étais né dans la famille de Bonten, de Taishaku, de l'un des quatre Rois du Ciel, ou d'un Roi faisant tourner la roue, héritant ainsi des trois mondes ou des quatre continents, et que si j'étais révéré par les quatre sortes de croyants dans les mondes-états des hommes ou du ciel.
Les quatre sortes de reconnaissance (Izu, le 16 janvier 1262 à Kudo Yoshitaka)

Cette situation est due au fait que des maîtres des enseignements provisoires, attachés à leurs erreurs, sont considérés avec le plus grand respect, tandis que le maître qui croit en la révélation du véritable enseignement n'a pas été reconnu comme il le mérite. Quelle tristesse de penser que le joyau brut qu'offrit Bian-ho aux rois Zhou Wen et Zhou Wu ne put jamais être apprécié à sa juste valeur  ! Mais quelle joie pour moi d'avoir obtenu en cette vie le joyau sans prix dissimulé dans la coiffure (réf.) du Roi faisant tourner la roue, raison de la venue de Shakyamuni en ce monde !
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

Si l’on pose le Sutra des cinq préceptes [Sutra Gokai] (note) devant une sculpture ou une image aux trente et un traits, ce Bouddha devient dès lors égal Roi-qui-fait-tourner-la-Roue-du-Dharma. Si l’on pose le Discours sur les dix actes de bien (Juzen ron), il devient alors égal à Taishaku. Si l’on pose un Discours sur l’émancipation du monde des désirs (Shutsu-yoku ron), il devient l’égal à Daibonten. Cependant, il ne devient nullement Bouddha.
L’ouverture des yeux des images sculptées ou peintes (Kamakura 1264)

Le Bouddha Shakyamuni, Maître de la doctrine, fut le descendant d'un Roi faisant tourner la roue, le petit-fils du roi Simhahanu, et l'héritier du roi Shuddhodana ; il aurait dû légitimement devenir le grand dirigeant des cinq régions de l'Inde, mais il s'éveilla à la vérité de l'impermanence de la vie et en vint à abhorrer le monde, hanté par le désir de trouver le moyen d'échapper à ce monde de souffrance, et de s'en libérer. Le roi Shuddhodana, se désolant de cela, s'efforça habilement de n'offrir à ses yeux que les aspects les plus flatteurs des quatre saisons, afin de détourner le prince de son intention.
Conversation entre un sage et un ignorant2(1265 ? à un samouraï ? )

Les écrits bouddhiques mentionnent les cinq entraves. La première de ces Cinq entraves est l'impossibilité pour les femmes, au cours de leurs renaissances successives dans les six voies, de renaître, comme le peuvent les hommes, sous la forme du dieu Bonten. Le deuxième obstacle est qu'elles ne peuvent pas renaître sous la forme de Taishaku. Le troisième, qu'elles ne peuvent pas renaître sous la forme d'un Roi-dragon. Le quatrième, qu'elles ne peuvent pas renaître sous la forme d'un Roi-faisant-tourner-la-roue. Et le cinquième, qu'elles sont condamnées à transmigrer éternellement dans les Six voies, sans pouvoir échapper au monde des trois plans ni pouvoir jamais devenir bouddha. Ce passage se trouve dans le Sutra Chonichigatsu sammai. Voici à ce sujet le commentaire du Sutra Gonjikinyo  : "Même si les yeux de tous les bouddhas dans les trois phases de la vie tombaient sur le sol, aucune femme, de quelque monde que ce soit, ne pourra jamais devenir bouddha."
L'essentiel du chapitre Yakuo (1265-  ? peut-être à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Stupéfaits, Shariputra et les autres firent appel aux divinités, aux dragons et aux grands bodhisattvas, en les suppliant de les instruire. "Les devas*, nagas*, démons et autres, / dont le nombre est comme les sables du Gange, / les bodhisattvas en quête de l'état de bouddha, / au nombre de quatre-vingt mille,   et des myriades de royaumes arrivent / ainsi que les saints rois qui font tourner la roue du Dharma / Les paumes jointes, d'un coeur plein de respect, / ils désirent entendre la Voie en sa totalité. " Ce passage indique qu'ils souhaitaient écouter une doctrine encore jamais entendue au cours des quarante et quelques années précédentes, et différente des quatre saveurs inférieures et des trois premiers enseignements.
[...] 2 Il [le Bouddha] dit aussi : "Quand je me trouvais près de la ville de Gaya, assis sous l'arbre bodhi, j'ai atteint l'Eveil suprême et j'ai fait tourner la roue du Dharma sans pareille. Après quoi, je les ai instruits et ai fait naître pour la première fois chez eux le désir d'atteindre l'Eveil. Et désormais, tous sont parvenus aux étapes d'où l'on ne peut plus régresser... Je n'ai jamais cessé, depuis le passé sans commencement, d'instruire et de guider cette multitude."
[...] 2 On dit qu'un roi qui fait tourner la roue ne naît jamais en ce monde avec ses ennemis, de même que Taishaku ne peut jamais se retrouver en compagnie de mauvais génies. Le Bouddha se comportait avec une grande bienveillance depuis d'innombrables kalpas. Mais, le fait qu'il ait été lié à un grand malfaiteur [comme Devadatta] conduisait à se demander s'il était réellement Bouddha.
[...] 2 A ceux qui sont décidés à surmonter toutes les difficultés et qui ont l'esprit de recherche, j'essaierai d'expliquer et de montrer la Voie. Mais ils doivent comprendre que l'on rencontre plus rarement la Véritable voie que les pêches de l'immortalité (note) qui poussent dans le jardin de la reine-mère de l'Ouest, ou la fleur udumbara qui ne fleurit qu'une fois tous les trois mille ans à l'époque d'un Roi qui fait tourner la roue.
[...] 2 Il est dit dans le Sutra Mitsugon : "Les sutras Juji, Kegon*, Daiju, Jinzu, Shrimala et autres découlent tous de ce sutra. Ainsi le Sutra Mitsugon est le plus grand de tous les sutras." Le Sutra Daiun affirme : "Ce sutra est le Roi qui fait tourner la roue parmi tous les sutras. Pourquoi cela  ? Parce que dans ce sutra est énoncé le principe de la permanence de l'état de bouddha, véritable identité de tous les êtres humains."
[...] 2 Il est dit dans le Sutra Jimmitsu* : "A ce moment, le bodhisattva Shogisho s'adressa au Bouddha en ces termes : "Honoré du monde, dans la première période de votre enseignement, dans le Parc aux Daims à Varanasi, pour ceux qui n'aspiraient qu'à s'engager sur la Voie d'auditeur-shravakas, vous avez exposé le principe des Quatre Nobles Vérités, faisant tourner ainsi la roue du Dharma correct. Ce fut une chose tout à fait merveilleuse, une chose très rare. Aucun être, dans aucun des innombrables mondes, n'avait jamais été capable d'exposer un tel principe auparavant. Et pourtant, vous avez fait tourner à cette époque la roue d'un Dharma qui n'était pas parfait et laissait encore place au doute. Son sens n'était pas encore définitif et il offrait beaucoup d'éléments contestables. "Puis, Honoré du monde, dans la seconde période de votre enseignement, pour ceux qui n'aspiraient qu'à pratiquer la Voie du Mahayana, vous avez enseigné que tous les phénomènes n'ont pas en eux-mêmes de nature propre, qu'il n'y a ni naissance ni mort, que toute chose est fondamentalement impermanente, et que la nature intrinsèque des êtres est le nirvana. Vous avez fait tourner la roue du Dharma correct sans révéler encore toute la vérité. C'était d'autant plus merveilleux, d'autant plus rare. Mais le Dharma correct dont vous avez fait tourner la roue à cette époque n'était pas parfaite, et laissait encore place au doute. Son sens n'était pas encore définitif et elle offrait beaucoup d'éléments contestables.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Autrefois [dans une de ses vies antérieures], quand Shakyamuni était un Roi faisant tourner la roue engagé dans la pratique de bodhisattva, il révérait une phrase en huit caractères qui disait  : "Tous ceux qui sont nés sont destinés à mourir. Mettre un terme à ce cycle, c'est entrer dans la joie du Nirvana."(réf.) Comme offrande à ces huit caractères, Shakyamuni fit mille bougies de sa propre chair. De plus, il grava ces mots sur des murs de pierre et sur les grand-routes afin de les faire connaître aux autres et d'éveiller, chez ceux qui les lisaient, le désir d'atteindre l'Eveil. La lumière des bougies s'éleva jusqu'au Ciel Trayastrimsha où elle servit à illuminer Taishaku et les autres divinités.
Lettre à Nichimyo Shonin (Sado, le 25 mai 1272 à Nichimyo, mère de Oto Gozen)

Un de ces traits est la protubérance invisible au sommet de sa tête. Le corps du Bouddha Shakyamuni mesurait seize pieds de haut. Mais un brahmane appelé Canne de bambou fut incapable de le mesurer. Lorsqu'il voulut voir le haut du crâne de Shakyamuni, il n'y parvint pas. Le bodhisattva Oji, pareillement, ne réussit pas à voir le haut du crâne du Bouddha, et le dieu Daibonten n'y parvint pas non plus. Si l'on s'interroge sur les raisons d'un tel phénomène, on voit que, par le passé, le Bouddha inclina la tête jusqu'au sol pour rendre hommage à ses parents, à son maître et à son souverain, et qu'il en acquit ce trait comme rétribution. Le plus exceptionnel des trente-deux traits du Bouddha est sa voix pure et portant loin. Les petits rois, les grands rois et les rois faisant tourner la roue possèdent tous ce trait à quelque degré. Par conséquent, un mot de l'un d'entre eux a le pouvoir de détruire le royaume ou d'y instaurer l'ordre. Les édits promulgués par les dirigeants sont un aspect de la voix pure et portant loin. Dix mille mots prononcés par dix mille sujets ordinaires sont moins écoutés qu'un seul mot prononcé par un roi. Les ouvrages connus sous le titre de Trois Recueils et Cinq Canons sont les paroles de petits rois.
La voix pure et portant loin (Sado, septembre 1272, à Shijo Kingo)

Qui plus est, même en pratiquant pendant d'innombrables kalpas les divers sutras enseignés pendant quarante et quelques années avant le Sutra du Lotus, aucun des bodhisattvas ni aucun des simples mortels n'avait jamais pu parvenir à la bodhéité. Mais, en pratiquant le Sutra du Lotus, tous ont pu devenir bouddha. Et maintenant, ces bouddhas des mondes des dix directions sont dotés des trente-deux traits distinctifs et des quatre-vingts caractéristiques qui sont la marque d'un bouddha ; les simples mortels dans les neuf autres mondes-états les respectent comme les étoiles se rassemblent autour de la lune, comme les huit montagnes entourent le Mont Sumeru, comme les habitants des quatre continents lèvent les yeux vers le soleil, ou comme les personnes ordinaires admirent un Roi-faisant-tourner-la-roue. Et si ces bouddhas sont ainsi respectés, n'est-ce pas grâce aux bienfaits dispensés par le Sutra du Lotus  ?
[...]
Devadatta était le petit-fils du roi Simhahanu, le fils du roi Dronodana, oncle du Bouddha Shakyamuni, et le frère aîné du vénérable Ananda. Sa mère était une fille du riche Suprabuddha. Il était donc membre de la famille d'un roi faisant-tourner-la-roue et appartenait à la noblesse du continent du sud, le Jambudvipa. Alors qu'il vivait encore dans le monde séculier, il avait voulu épouser Yashodhara, mais elle avait été conquise par le prince Siddhartha qu'il considéra dès lors comme son ennemi juré dans une vie antérieure.
Sur la prière (
Sado, 1272 à Sairen-bo)

Pensez-vous qu'existent aussi en nous les personnes des deux véhicules qui devinrent arhats en détruisant leurs illusions, Bonten, Taishaku, les divinités Nitten, Gatten et les quatre Rois du Ciel, les quatre Rois qui font tourner la roue, les grandes flammes de l'enfer avici  ? Est-ce que tout cela existe en nous  ? Même si vous affirmez que c'est l'enseignement du Bouddha, je ne parviens toujours pas à le croire.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Le plus précieux des trésors, pour les êtres sensitifs, n'est autre que la vie elle-même. Ceux qui ôtent la vie sont condamnés à tomber dans les trois mauvaises voies. C'est pourquoi les Rois-faisant-tourner-la-roue observent, comme le premier des dix préceptes de bien, le précepte de "ne pas tuer". Le Bouddha instaura les cinq préceptes au début des sutras du Hinayana, et il fit de l'interdiction de tuer le premier d'entre eux. Dans le Sutra Bommo, le Bouddha fit aussi de l'injonction à "ne pas tuer" le premier des dix préceptes majeurs du bouddhisme Mahayana. Le chapitre Juryo* (XVI) du Sutra du Lotus contient des bienfaits correspondant à ce précepte de "ne pas tuer" énoncé par le Bouddha Shakyamuni (note).
Faire connaître cet enseignement à votre seigneur (Minobu, 9e mois de 1274 à Shijo Kingo)

Le bodhisattva Jogyo, guide des bodhisattvas Surgis de Terre, est déjà apparu en ce monde. Le Grand Dharma, coeur du Sutra du Lotus, se propagera donc inévitablement. Pour tous les habitants du Japon, de la Chine et du monde entier, c'est comme s'ils assistaient à l'éclosion de la fleur udumbara annonçant l'apparition d'un Roi faisant tourner la roue. Ni pendant les quarante-deux premières années d'enseignement de Shakyamuni ni dans les quatorze chapitres de l'enseignement provisoire du Sutra du Lotus, ce Dharma n'avait encore été enseigné, mais le Bouddha l'a exposé pour la première fois dans la partie "révélation" (note) de l'enseignement essentiel* du Sutra du Lotus.
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

La cinquième période de cinq cents ans a sans aucun doute déjà commencé comme le Bouddha l'avait prédit. Je dis que, immanquablement, le bouddhisme apparaîtra et se répandra à partir de l'est, à partir du Japon. Des présages se produiront sous la forme de désastres naturels d'une ampleur sans précédent aux jours du Dharma correct et du Dharma formel. Quand le Bouddha naquit, quand il fit tourner la Roue du Dharma, et quand il entra dans le nirvana, les présages, favorables comme défavorables, furent plus importants que tous ceux observés auparavant.
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

J’ai présentement, moi, Nichiren, un grand doute. Le Bouddha est à la fois souverain, maître et parent de divers rois du monde des trois plans, tels que le roi du Ciel de Brahma, le Roi-démon du sixième Ciel, Taishaku, Nitten, Gatten, les quatre Grands rois du Ciel, du Roi faisant tourner la roue du Dharma et bien d’autres encore. Ces rois du monde des trois plans ont reçu des terres octroyées par le Bouddha Shakyamuni, afin de devenir les dirigeants de diverses provinces et territoires spécifiques. C’est la raison pour laquelle Bonten, Taishaku et les autres rois vénèrent les statues en bois et les portraits du Bouddha Shakyamuni. Ainsi s'ils vont, un tant soit peu, à l’encontre de l’enseignement du Bouddha, l’imposant palais du Roi-Brahma et le palais lumineux d’Indra viendront immédiatement à tomber en miettes, et la couronne du Roi faisant tourner la roue du Dharma choiera.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

De tous les êtres humains, les plus respectables sont les Rois-faisant-tourner-la-roue. Quand un roi-faisant-tourner-la-roue est sur le point d'apparaître, son apparition est précédée d'un présage, l'émergence, au beau milieu de l'océan, d'un arbre énorme, l'udumbara, portant fleurs et fruits. Les montagnes des quatre continents s'aplanissent au niveau des océans ; la terre devient aussi ouatée que du coton ; l'eau des mers devient aussi douce que de l'ambroisie, les montagnes se changent en or, et les plantes et les arbres se transforment en sept sortes de joyaux. Un roi-faisant-tourner-la-roue a le pouvoir d'aller en un instant d'un bout à l'autre des quatre continents ; il est donc servi et protégé par les êtres célestes aussi bien que par les esprits invisibles, et les rois-dragons font tomber la pluie à sa demande. Même une personne ordinaire de faibles capacités, lorsqu'elle est au service d'un tel souverain, peut, elle aussi, se rendre instantanément en n'importe quel lieu des quatre continents. Toutes ces rétributions ont pour seule raison la rigoureuse observance des dix préceptes de bien par les rois-faisant-tourner-la-roue.
[...] À un niveau supérieur à celui des rois-faisant-tourner-la-roue se trouvent Bishamon et ceux que l'on appelle avec lui les quatre Rois du Ciel, grands rois qui règnent librement sur les quatre continents.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Une tique attachée à la queue d'un kirin peut parcourir mille ri en un seul jour et un homme ordinaire (bompu), au service d'un Roi faisant tourner la roue, peut faire en un instant le tour des quatre continents du monde. Qui songerait à en douter ou à le contester  ? Voilà le sens des mots de Saicho* : "Comment cela pourrait-il être un simple éloge de soi-même  ? ".
Le choix en fonction du temps2 (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Il est dit encore, dans le septième volume du Sutra du Lotus : "Celui qui parvient à croire et à pratiquer ce Sutra est ainsi également. Parmi la multitude de tous les êtres vivants, il est le premier."(réf.) Selon ce passage du Sutra, le Pratiquant du Sutra du Lotus est donc semblable au grand océan, plus vaste que toutes les rivières et tous les fleuves, au Mont Sumeru, la plus élevée de toutes les montagnes, à la lumière dorée de Gatten parmi les myriades d'étoiles, à la grande divinité Nitten parmi les autres astres lumineux, aux Rois faisant tourner la roue [parmi d'autres rois de moindre importance], au dieu Taishaku [parmi les trente-trois divinités] et au grand roi des dieux, Bonten, parmi les autres rois.
[...] "Cela n'était certainement pas dû à la vertueuse observance des préceptes d'un ignorant tel que moi, mais plutôt à la force de la croyance d'un souverain semblable à un roi faisant tourner la roue d'or. Néanmoins, ceux qui se rendent aux sanctuaires des dieux devraient désormais réciter ce Hannya Shinkyo Hikken. Car j'étais présent au Pic du Vautour lorsque le Bouddha exposa ce sutra, et je l'entendis moi-même enseigner ses principes profonds. Comment pourrais-je dès lors me méprendre sur son véritable sens  ? "
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Les deux grands sages Zhiyi* et Zhanlan* ont donné une définition de ces deux premiers niveaux dans la foi et dans la pratique et les ont interprétés de trois manières différentes. La première les assimile au stade de soji-soku, aux dix étapes de la foi et à l'étape d'un roi-faisant-tourner-la-roue-de-fer (note). La deuxième les fait correspondre à la première des cinq étapes de la pratique, considérées comme stade de kangyo-soku*, stade où l'on ne s'est pas encore détaché des illusions de la pensée et du désir. La troisième les considère comme équivalentes au stade myoji-soku*.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

A ce moment-là, tous ceux qui avaient entendu les enseignements exposés par le Bouddha pendant plus de quarante ans - Shariputra, Maudgalyayana et les douze mille auditeurs-shravakas - Manjushri, Maitreya et les autres quatre-vingt mille bodhisattva ; les milliards de rois-faisant-tourner-la-roue ; un nombre incalculable d'êtres célestes tels que Bonten et Taishaku - tous s'écrièrent à propos des enseignements qu'ils avaient reçus auparavant  : "Nous nous désolions de penser que nous n'obtiendrions jamais la sagesse incommensurable de l'Ainsi-Venu."(réf.) Mais après avoir entendu le Bouddha enseigner le Sutra du Lotus, ils se réjouirent en disant  : "Nous avons obtenu le joyau suprême sans même l'avoir recherché  ! "(réf.) Ils dirent aussi  : "Nous écoutons depuis longtemps les enseignements de l'Honoré du monde, mais jamais encore nous n'avions entendu un Dharma aussi profonde, aussi merveilleuse et élevée."(réf.)
[...] Certains ont dit que les femmes étaient limitées par les Cinq entraves et les trois obéissances parce qu'elles avaient commis des fautes graves. Les Cinq entraves sont l'impossibilité pour une femme de renaître sous la forme 1. de Bonten ; 2. de Taishaku ; 3. d'un Roi-dragon ; 4. d'un Roi-faisant-tourner-la-roue 5. d'un bouddha. Les trois obéissances contraignent une femme, lorsqu'elle est jeune, à ne pas agir à sa guise mais à obéir à ses parents ; lorsqu'elle est parvenue à l'âge adulte, à ne pas librement suivre ses inclinations mais à obéir à son mari ; et, lorsqu'elle est âgée, à ne pas faire ce qu'elle désire mais à obéir à ses fils. Ainsi, de l'enfance à la vieillesse, les femmes ne peuvent pas faire ce qui leur plaît, mais sont tenues à ces trois formes d'obéissance. Elles ne sont pas libres de dire ce qu'elles pensent, de voir ce qu'elles désirent voir, ou d'entendre ce qu'elle veulent entendre.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Il y a bien longtemps, les doctrines du brahmanisme se répandirent dans les Cinq régions de l'Inde et y prévalurent pendant huit cents ou mille ans, tant et si bien que chacun des rois faisant tourner la roue, jusqu'aux myriades de gens du peuple, inclina la tête en signe de respect. Et pourtant, chacune des quatre-vingt-quinze écoles [du brahmanisme] a été, de la première à la dernière, réfutée par le Bouddha. Les doctrines fallacieuses des moines de l'école Shoron ont prévalu pendant plus de cent ans, mais, par la suite, elles furent réfutées ; et les principes erronés des maîtres bouddhistes de la Chine du Nord et de la Chine du Sud, après avoir été acceptés pendant plus de trois cents ans, furent également réfutés. Au Japon, les doctrines des six écoles de Nara furent réfutées après avoir été acceptées pendant plus de deux cent soixante ans ; en fait, le Grand-maître* Saicho* réfute certaines d'entre elles dans quelques-uns de ses écrits.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Le roi Dronodana avait un fils nommé Aniruddha. Avant de quitter la vie séculière, Aniruddha était un descendant d'un roi-faisant-tourner-la-roue, véritable souverain de l'Inde, le petit-fils du roi Simahahanu et le neveu du roi Shuddhodana, héritier du roi Dronodana. Il appartenait à une famille dont la terre entière connaissait la noblesse. Chaque jour, 12 000 personnes entraient et sortaient de sa demeure : 6 000 venaient emprunter des richesses à sa famille, et 6 000 autres venaient rembourser leur dette. Non content d'être un homme très riche, lorsqu'il devint par la suite disciple du Bouddha, il parvint au plus haut degré de clairvoyance divine. Et le Bouddha fit cette prédiction (réf.), dans le Sutra du Lotus, qu'Aniruddha deviendrait un bouddha du nom de Fumyo.
Réponse à Tokimitsu (Minobu, le 8 juillet 1278, à Nanjo Tokimitsu)

Ainsi, chacun des rois des quatre-vingt-quatre mille pays du Jambudvipa est appelé grand roi dans son pays. Mais, lorsqu'on les compare à des rois-faisant-tourner-la roue, on les appelle des petits rois. De même, chaque roi des six Ciels du monde des désirs, et des quatre ciels de la méditation, peut être appelé indifféremment grand roi ou petit roi [selon la personne à qui il est comparé] ; mais le roi Daibonten, qui réside au sommet du monde de la forme, est l'un des grands rois qu'il est impossible d'appeler roitelet.
Le tambour à la porte du Tonnerre (Minobu, 19e jour du 10 mois (intercalaire) 1278, à Sennichi-ama)

Je me trouve ici en pleine montagne, loin de toute habitation. Il n'y a pas le moindre village à l'horizon. Mais, bien que je vive dans une masure abandonnée, au plus profond de ma chair de simple mortel, je conserve le Dharma secret et ultime, hérité du Bouddha Shakyamuni au Pic du Vautour. Mon coeur est là où tous les bouddhas entrent dans le nirvana ; ma langue, là où ils font tourner la roue du Dharma, là où ils naissent en ce monde ; et ma bouche, là où ils atteignent l'Eveil. Puisque cette montagne abrite le merveilleux Pratiquant du Sutra du Lotus, comment pourrait-elle être moins sacrée que la Terre pure du Pic du Vautour ? Parce que le Dharma est suprême, la personne est digne de respect ; parce que la personne est digne de respect, la terre est sacrée. On lit dans le chapitre Jinriki* (XXI) : "Que ce soit dans un bosquet, sous un arbre ou dans un monastère [...] les bouddhas entrent dans le nirvana." Ceux qui visitent cet endroit peuvent instantanément expier les fautes commises depuis le passé infiniment lointain. Les troubles (bonno, klesa) se transforment en sagesse (prajna), le karma en Corps du Dharma*, et les souffrances (dukkha) en délivrance (gedatsu, vimukti).
La personne et le Dharma (Minobu, 11 septembre 1281 à Nanjo Tokimitsu)

 

 

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