Les quatre sortes de reconnaissance

(Les quatre dettes de reconnaissance)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 5, p.3; SG* p.41.
Gosho Zenshu p. 935 - Shi on sho
Showa Teihon pp.238-9. (répertorié dans le Rokunai)

Izu, le 16 janvier 1262 à
Kudo Yoshitaka

Concernant mon présent exil, il y a deux points d'importance que j'aimerais mentionner. Le premier est que je ressens une joie immense. On appelle ce monde Saha, d'un mot qui signifie endurance. C'est pourquoi on donne également au Bouddha qui se manifeste en ce monde le titre de Nonin [le Persévérant]. En ce monde Saha, il y a dix millions de monts Sumeru, dix millions de soleils et de lunes, et dix millions d'ensembles de quatre continents. Parmi tous ces mondes, c'est dans celui qui se trouve au centre - avec son Mont Sumeru, son soleil, sa lune et ses quatre continents - que le Bouddha est apparu. Ce pays, le Japon, est une petite île située à l'extrême nord-est du pays où naquit le Bouddha. Puisque toutes les terres des dix directions, en dehors de ce monde Saha, sont des Terres pures, les êtres qui y résident, étant par nature bons, ne haïssent pas les personnes méritantes et les sages.

Au contraire, les gens qui habitent notre monde ont été rejetés des Terres pures des dix directions. Ils ont commis les dix mauvaises actions, ou les cinq forfaits, calomnié les personnes de mérite et les sages, manqué à leur devoir envers leur père et leur mère, et n'ont pas respecté les moines. Pour toutes ces offenses, après être tombés pour d'innombrables kalpas dans les trois voies mauvaises, ils renaissent en ce monde Saha. Mais le reliquat du mauvais karma qui les poussait à commettre de mauvaises actions, dans leurs existences antérieures, n'a pas encore été effacé, et ils ont de nouveau tendance à commettre les dix mauvaises actions, à dénigrer les personnes méritantes et les sages, à faire preuve d'ingratitude envers leurs parents et à manquer de respect aux moines.

C'est pourquoi, du temps où le Bouddha Shakyamuni vivait en ce monde, certains mêlèrent du poison aux aliments qu'ils lui présentèrent. D'autres cherchèrent à le supprimer à coups d'épée ou de bâton, en lâchant sur lui des éléphants furieux, des lions féroces, des taureaux sauvages ou des chiens enragés. D'autres encore l'accusèrent d'avoir violenté des femmes, d'être issu d'une caste inférieure, ou d'avoir commis des meurtres (voir les neuf épreuves). Certains, quand ils le rencontraient, détournaient les yeux pour ne pas le voir, ou encore, sur son passage, fermaient portes et fenêtres. D'autres enfin rapportaient au roi et à ses ministres qu'il soutenait des théories erronées et se plaisait à calomnier des personnes de haut rang. Ces incidents sont rapportés dans le Sutra Daijuku, dans le Sutra du Nirvana et dans d'autres écrits.

Le Bouddha n'était évidemment coupable d'aucune de ces fautes. Pourtant, ce monde dans lequel nous vivons a la particularité, ou le défaut, que des personnes ayant un mauvais karma y naissent et y habitent en grand nombre. De plus, le Roi-Démon du sixième Ciel, complotant pour empêcher les personnes de ce monde de se rendre dans les Terres pures qui se trouvent ailleurs, saisit chaque occasion de perpétrer de mauvaises actions.

Pour quelle raison agit-il ainsi  ? Il semblerait que ses intrigues aient pour but ultime d'empêcher le Bouddha d'enseigner le Sutra du Lotus. Il est en effet dans la nature de ce Roi-Démon du sixième Ciel de se réjouir du spectacle d'une personne prisonnière des trois mauvaises voies, et de se désoler d'en voir d'autres créer le karma qui conduit dans les trois bonnes voies. Plus encore qu'il regrette de voir certains former le karma qui les mène aux trois bonnes voies, il s'attriste d'en voir d'autres aspirer aux trois véhicules. Sa haine à l'encontre de ceux qui créent le karma de devenir bouddha est encore plus grande qu'envers ceux qui s'efforcent d'atteindre les trois véhicules, et il saisit toutes les occasions possibles de leur barrer la route. Il sait que quiconque entend ne serait-ce qu'une phrase ou une stance du Sutra du Lotus atteindra immanquablement la bodhéité. Cela le désespère et il imagine divers stratagèmes, il opprime et persécute les pratiquants, s'efforçant de leur faire abandonner leur croyance.

Le Bouddha vécut très certainement à une époque impure, mais les cinq impuretés venaient tout juste d'apparaître, et, de plus, le Démon redoutait les pouvoirs du Bouddha. Cependant, même à une époque où l'avidité, l'arrogance l'ignorance et les vues erronées des hommes n'étaient pas encore répandues, un groupe de brahmanes de l'"Ecole de la tige de bambou" assassinèrent le vénérable Maudgalyayana, connu pour sa maîtrise des pouvoirs occultes ; et le roi Ajatashatru, en lâchant contre lui un éléphant furieux, menaça la vie du seul homme dans le monde des trois plans véritablement digne d'être honoré. Devadatta tua la nonne Utpalavarna qui était parvenue à l'état d'arhat ; et le vénérable Kokalika répandit de faux bruits sur Shariputra, connu pour sa sagesse sans pareille. Cela fut encore bien pis lorsque les cinq impuretés se répandirent de plus en plus dans le monde  ! Et maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, la haine et la jalousie seront encore plus terribles à l'encontre de ceux qui croient, si peu que ce soit, au Sutra du Lotus. Ainsi, le Sutra du Lotus affirme : "Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore après son trépas  ! " (réf.). Lorsque j'ai lu ce passage pour la première fois, je n'ai pas cru que la situation serait aussi grave qu'il est prédit. Maintenant, je suis frappé par la justesse infaillible des paroles du Bouddha, surtout par rapport à ma situation actuelle.

Moi, Nichiren, je n'observe pas les préceptes concernant les gestes. Et mon coeur n'est pas non plus exempt des trois poisons. Mais, parce que je crois moi-même au Sutra du Lotus, et que j'aide également les autres à créer un lien avec lui, je pensais que peut-être la société me traiterait avec quelque douceur. Sans doute parce que le monde est entré dans l'époque des Derniers jours du Dharma, même des moines ayant femme et enfants ont des adeptes, aussi bien que des moines mangeant poisson et volaille. Je n'ai ni femme ni enfants et ne mange ni poisson ni volaille. La seule chose que l'on puisse me reprocher est de propager le Sutra du Lotus. Bien que sans femme ni enfant, je passe dans le pays entier pour un moine qui transgresse les règles de bonne conduite, et, alors que je n'ai même pas tué une fourmi ou un grillon, j'ai la réputation d'un malfaiteur dans le pays entier. Cela pourrait se comparer à la situation du Bouddha Shakyamuni qui, toute sa vie durant, fut calomnié par de nombreux brahmanes. On dirait - uniquement parce que ma foi est un peu plus conforme aux enseignements du Sutra du Lotus que celle des autres - que des esprits maléfiques ont pénétré leur corps et les poussent à me haïr. Je ne suis qu'un moine sans préceptes, vil et ignorant. Cependant, quand je pense qu'une personne telle que moi est mentionnée dans le Sutra du Lotus exposé il y a plus de deux mille ans, et que le Bouddha a prédit que cette personne rencontrerait des persécutions, je ressens une joie indescriptible.

Vingt-quatre ou vingt-cinq ans déjà se sont écoulés depuis que j'ai entrepris l'étude du bouddhisme. Mais, pour ce qui est du Sutra du Lotus, je n'y crois de tout coeur que depuis les six ou sept dernières années. De plus, même en ayant foi en ce Sutra, par négligence, en raison de mes études ou d'interruptions dues aux affaires de ce monde, il m'est arrivé certains jours de n'en réciter qu'un seul rouleau, un seul chapitre, ou seulement le Titre. Mais, désormais, depuis plus de deux cent quarante jours - du douzième jour du cinquième mois [12 mai] de l'année dernière jusqu'au seizième jour du premier mois [16 janvier] de cette année - je suis certain de pratiquer le Sutra du Lotus vingt-quatre heures sur vingt-quatre, jour et nuit. Si j'affirme cela, c'est parce que, ma foi dans le Sutra du Lotus étant le motif de mon exil, je le lis et le pratique maintenant sans cesse, que je marche ou que je sois immobile, debout aussi bien qu'assis ou allongé. Quelle plus grande joie pourrait connaître un être né sous forme humaine ?

C'est le propre du commun des mortels, même lorsqu'ils s'efforcent d'éveiller en eux-mêmes l'aspiration à l'Eveil et souhaitent le bonheur dans leur vie prochaine, de ne guère consacrer à ce but plus d'une heure ou deux de toutes les heures de la journée, et encore, seulement après s'être fixé pour devoir de le faire. En ce qui me concerne, je lis le Sutra du Lotus sans le moindre effort conscient pour le faire et je le pratique encore, même quand je n'en prononce pas les mots à haute voix. Tout au long d'innombrables kalpas, en transmigrant à travers les six voies et en passant par les quatre formes de naissance, j'ai peut-être un jour ou l'autre participé à une émeute, commis un vol, ou pénétré de nuit par effraction chez autrui ; et, en raison de ces crimes, les autorités m'ont peut-être arrêté et condamné à l'exil ou à la mort. Cette fois cependant, c'est parce que je suis irrévocablement décidé à propager le Sutra du Lotus que des hommes au mauvais karma ont porté contre moi des accusations fausses qui m'ont valu l'exil. Sans aucun doute, cela jouera en ma faveur dans mes vies à venir. A notre époque des Derniers jours du Dharma, il n'est pas possible que quelqu'un d'autre que moi pratique ainsi le Sutra du Lotus, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans même faire le moindre effort particulier.

J'ai encore une autre raison d'éprouver la plus grande reconnaissance. Au cours de ma transmigration dans les Six voies, pendant d'innombrables kalpas, j'ai peut-être rencontré quantité de souverains, devenant leur régent ou ministre favori. S'il en est ainsi, j'ai dû recevoir fiefs, richesses et prébendes. Pas une seule fois, pourtant, je n'ai encore rencontré le souverain d'un pays dans lequel le Sutra du Lotus était répandu, ni eu la possibilité de l'entendre, de le pratiquer, et, pour cette raison même, d'être calomnié par les autres et exilé par le souverain. Il est dit dans le Sutra du Lotus  : "Quant à ce Sutra du Lotus, dans d'innombrables pays, on ne peut même pas entendre son nom, encore moins y adhérer, le recevoir, le garder, le lire ou le réciter  ! "(réf.) Les personnes qui m'ont calomnié et le souverain [qui m'a condamné à être banni] sont donc précisément ceux envers qui j'ai la plus profonde dette de reconnaissance.

Celui qui veut se consacrer au bouddhisme ne doit jamais manquer de s'acquitter des quatre dettes de reconnaissance. D'après le Sutra Shinjikan, la première de ces quatre dettes est la reconnaissance due à tous les êtres vivants. Sans eux, il serait impossible de faire le voeu de sauver une multitude d'êtres vivants. De plus, s'il n'y avait pas des personnes mauvaises qui persécutent les bodhisattvas, comment ceux-ci pourraient-ils accumuler des bienfaits ?

La deuxième des quatre dettes de reconnaissance est celle que l'on a envers son père et sa mère. Pour naître dans les Six voies, il faut avoir des parents. En naissant dans la famille d'un meurtrier, d'un voleur, d'une personne qui transgresse les règles de bonne conduite ou qui offense le Dharma correct, même si l'on n'a pas soi-même commis ces crimes, on partage, en réalité, le karma de ceux qui en sont coupables. Pour ce qui est de mes parents dans cette vie-ci, non contents de m'avoir donné la vie, ils ont également fait de moi un Pratiquant du Sutra du Lotus. Par conséquent, j'ai envers mes parents actuels une dette bien plus grande que si j'étais né dans la famille de Bonten, de Taishaku, de l'un des quatre Rois du Ciel, ou d'un Roi faisant tourner la roue, héritant ainsi des trois mondes ou des quatre continents, et que si j'étais révéré par les quatre sortes de croyants dans les mondes-états des hommes ou du Ciel.

La troisième dette est la reconnaissance envers son souverain. C'est grâce à son souverain que l'on peut réchauffer son corps aux trois sortes de lumières célestes (note) et nourrir sa vie des cinq sortes de céréales qui poussent sur la terre. De plus, dans cette vie, j'ai pu avoir foi dans le Sutra du Lotus et rencontrer un souverain me permettant de me libérer des souffrances de la naissance et de la mort dans mon existence présente. Comment pourrais-je lui tenir rancune du mal insignifiant qu'il m'a fait, et ignorer ma dette envers lui ?

La quatrième dette est la reconnaissance à l'égard des Trois trésors. Quand le Bouddha Shakyamuni poursuivit la pratique de bodhisattva pendant d'innombrables kalpas, il acquit peu à peu quantité de mérites et de bonne fortune. Il les divisa en soixante-quatre parts dont il ne conserva qu'une seule pour lui-même. Les soixante-trois autres, il les laissa derrière lui en ce monde, et fit ce voeu  : "Viendra un temps où prévaudront les cinq impuretés, où les fausses doctrines seront prospères et où les opposants au Dharma empliront le pays. A cette époque-là, les innombrables divinités tutélaires bienveillantes, ne pouvant plus goûter la saveur du Dharma, verront leur force et leur majesté s'amoindrir. Le soleil et la lune perdront leur éclat, les dragons du ciel n'enverront plus de pluie, et les divinités terrestres rendront le sol moins fertile. Les racines et les tiges, les branches et les feuilles, les fleurs et les fruits perdront leurs propriétés médicinales et leurs sept saveurs. Même les rois ayant observé les dix préceptes de bien développeront avidité, arrogance et ignorance. Les hommes cesseront de remplir leurs devoirs envers leurs parents, et les six sortes de parents entreront en conflit. Mes disciples seront des gens sans instruction et sans préceptes. Pour cette raison, même s'ils reçoivent la tonsure, les divinités protectrices les abandonneront et ils n'auront aucun moyen de subsistance. C'est pour subvenir aux besoins de ces moines et de ces nonnes que je laisse ces soixante-trois parts en héritage."

Quant aux bienfaits que le Bouddha avait obtenus grâce à ses pratiques, ils les divisa en trois parties, mais lui-même n'en utilisa que deux. C'est la raison pour laquelle, alors qu'il aurait pu vivre en ce monde jusqu'à l'âge de 120 ans, il mourut à 80 ans, nous laissant en héritage les quarante années restantes.

Nous pourrions bien recueillir toute l'eau des quatre grands océans pour diluer des pierres à encre, réduire en cendres tous les arbres et toutes les plantes pour en faire de l'encre, ramasser les poils de tous les animaux pour en faire des pinceaux de calligraphie, utiliser comme papier toutes les surfaces planes du monde des dix directions, et avec tout cela exprimer par écrit notre reconnaissance, comment pourrions-nous nous acquitter de la dette de reconnaissance que nous avons envers le Bouddha ?

En ce qui concerne la reconnaissance due au Dharma, le Dharma est le maître de tous les bouddhas. C'est le Dharma qui rend les bouddhas dignes de respect. Celui qui désire s'acquitter de sa dette envers le Bouddha doit donc d'abord rembourser sa dette à l'égard du Dharma.

Quant à la reconnaissance envers le Sangha, elle lui est due parce que c'est invariablement la communauté qui perpétue le trésor du Bouddha et le trésor du Dharma. Par exemple, il ne peut y avoir de feux sans bois de chauffage, et, sans terre, les arbres et les plantes ne peuvent pas pousser. Pareillement, le bouddhisme aurait pu exister, mais, sans les moines qui l'ont étudié et fait connaître, il n'aurait jamais été transmis pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel et jusqu'à celle des Derniers jours du Dharma. C'est pourquoi on lit dans le Sutra Daijuku  : "Si, dans la cinquième période de cinq cents ans, une personne harcèle un moine ignorant n'observant pas les préceptes et l'accuse d'un crime quelconque, sachez que cette personne éteint le flambeau du bouddhisme." Il est difficile, en vérité, de totalement s'acquitter de la dette contractée envers le Moine !

Il est donc impératif de s'acquitter de sa dette de gratitude envers les Trois trésors. Autrefois, il y eut des sages tels que Sessen Doji, les bodhisattvas Jotai et Yakuo, et le roi Fumyo [qui tous offrirent leur vie pour exprimer leur reconnaissance]. Le premier se livra en pâture au démon, le deuxième vendit son sang et sa moelle, le troisième se brûla les bras, et le quatrième était prêt à se faire décapiter. Les simples mortels, à l'époque des Derniers jours du Dharma, tout en recevant les bienfaits des Trois trésors, négligent complètement la reconnaissance. Comment, dans ces conditions, pourraient-ils atteindre la bodhéité  ? Les sutras Shinjikan, Bommo et d'autres encore affirment que ceux qui étudient le bouddhisme et reçoivent les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat doivent nécessairement s'acquitter de leur dette de reconnaissance. Je ne suis qu'un simple mortel ignorant, fait de chair et de sang. Je ne suis délivré d'aucune des trois catégories d'illusions. Pourtant, parce que je suis resté fidèle au Sutra du Lotus, j'ai été insulté, calomnié, battu et banni. En pensant à ces persécutions, je crois pouvoir être comparé aux grands sages qui se sont brûlé le bras, écrasé la moelle ou qui ont risqué sans hésiter la décapitation. C'est pourquoi j'éprouve une joie immense.

Le second point important [que je voudrais exprimer, à propos de mon présent exil] est que je ressens une peine profonde. Il est dit, dans le quatrième volume du Sutra du Lotus : "Si une personne mauvaise, à l'esprit égaré, apparaissait devant le Bouddha et le calomniait sans cesse pendant tout un kalpa, son crime serait relativement faible. Mais ceux qui prononceraient, ne serait-ce qu'un seul mot malveillant à l'encontre d'un moine ou d'un laïc qui lit et récite le Sutra du Lotus, commettraient un crime très grave."(réf.) Quand je lis ce passage et d'autres semblables, mon corps se couvre de sueur et mes larmes coulent comme pluie. Je me désole en pensant que, en étant né dans ce pays, je suis responsable du mauvais karma de tant de Japonais, le pire karma qu'ils puissent créer en une vie. Ceux qui frappèrent le bodhisattva Fukyo s'en repentirent de leur vivant. Mais leur crime était si difficile à expier qu'ils tombèrent quand même dans l'enfer avici et y demeurèrent pendant mille kalpas. Ceux qui m'ont fait du tort, pour leur part, n'ont pas encore manifesté le moindre repentir.

A propos de la rétribution karmique que recevront inévitablement des personnes de ce genre, il est écrit dans le Sutra Daijuku : "Le Bouddha demanda : "Si une personne versait le sang de mille, dix mille ou cent mille bouddhas, que faudrait-il en penser  ? Aurait-il ou non commis un crime grave  ? " Le roi Bonten répondit : "Une personne qui verse le sang d'un seul bouddha commet un crime si grand qu'elle tombera dans l'enfer avici. Elle aura commis une faute d'une gravité incommensurable et devra rester prisonnière du grand enfer avici pendant d'innombrables kalpas. Ce serait un crime encore plus grand de verser le sang de dix mille ou cent mille bouddhas. Personne ne peut concevoir l'énormité d'un tel crime ni la rétribution karmique qu'il entraîne. Personne, si ce n'est le Bouddha lui-même." Le Bouddha dit : "Roi Bonten, supposez qu'une personne, par respect pour moi, entre dans la vie religieuse. Même si elle n'a jamais reçu les préceptes et si, par conséquent, elle ne peut pas les observer, si on la harcèle, on la dénigre ou la frappe à coups de bâton, le crime de ses persécuteurs sera encore plus grave que s'ils avaient versé le sang de cent mille bouddhas."

Nichiren.

Le seizième jour du premier mois de la deuxième année de Kocho (1262) sous le signe de mizunoe-inu

ARRIERE-PLAN. - Nichiren Daishonin écrivit cette lettre le seizième jour du premier mois de 1262, alors qu'il était âgé de quarante et un ans et se trouvait en exil sur la péninsule d'Izu. Elle est adressée à Kudo Sakon-no-jo Yoshitaka (mort en 1264), connu aussi simplement sous le nom de Kudo Yoshitaka, seigneur d'Amatsu, dans la province d'Awa, et disciple de Nichiren Daishonin.
On pense que Kudo Yoshitaka s'était converti à l'enseignement de Nichiren Daishonin vers 1256, environ à la même époque que Shijo Kingo et Ikegami Munenaka. Pendant tout le temps où Nichiren Daishonin resta exilé à Izu, Yoshitaka lui envoya des offrandes et conserva une foi pure. Il fut tué en défendant Nichiren Daishonin, au cours de la persécution de Komatsubara, le onzième mois de 1264. " Les Quatre Dettes de reconnaissance " est, à notre connaissance, la seule lettre dont il fut le destinataire.
Un an et demi avant d'écrire ce gosho, Nichiren Daishonin avait présenté au gouvernement le "Rissho Ankoku Ron" (Traité sur la pacification du pays par l'établissement du Dharma correct). Les adeptes du Nembutsu, furieux des critiques formulées dans ce traité à l'encontre de l'école de la Terre pure, attaquèrent la demeure de Nichiren Daishonin à Matsubagayatsu, le vingt-septième jour du huitième mois, 1260. Nichiren Daishonin parvint à s'échapper de justesse, mais, l'année suivante, il fut arrêté et, le douzième jour du cinquième mois de 1261, il fut condamné et assigné à résidence à Ito, sur la péninsule d'Izu. (Commentaire ACEP)

En anglais : The Four Debts of Gratitude

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=41&m=1&q=Four%20Debts%20of%20Gratitude
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_4DebtsGratitude.htm

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