Lettre à Jakunichi-bo

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. I. p. 267 ; SG* p. 1003
Gosho Zenshu p. 902 - Jakunichi-bo Gosho ; Teihon no. 341, 2:1670


Minobu, 16 septembre 1279, à Jakunichi-bo Nikke

 


Je suis profondément touché que vous m'ayez envoyé une lettre en ce lieu reculé. Non seulement vous êtes né sous forme humaine, mais encore vous avez eu la rare bonne fortune de rencontrer le bouddhisme. De plus, de tous les enseignements du Bouddha, vous avez découvert le daimoku du Sutra du Lotus et en êtes devenu le pratiquant. C'est à coup sûr des dizaines de milliards de bouddhas que vous avez dû servir au cours de vos existences passées  ! Nichiren est, au Japon, le Pratiquant suprême du Sutra du Lotus. Il est le seul, dans ce pays, à avoir vraiment vécu les vingt vers (note) du chapitre Kanji* (XIII). Huit cent milliards de myriades de bodhisattvas y faisaient pourtant serment de propager le Sutra du Lotus, mais pas un seul ne tint parole. Les parents qui ont donné naissance à cette personne extraordinaire, Nichiren, sont les plus fortunés de tous les habitants du Japon. La destinée a voulu qu'ils soient mes parents et moi leur enfant. Puisque Nichiren propage le Sutra du Lotus comme l'envoyé du Bouddha Shakyamuni, alors ses parents doivent également partager ce lien. Ils sont semblables au roi Myoshogon et à la Dame Jotoku qui suivirent leurs fils Jozo et Jogen dans la pratique du bouddhisme. Se pourrait-il que les deux bouddhas Shakyamuni et Taho soient réapparus sous la forme des parents de Nichiren  ? Ou bien alors, ses parents seraient-ils au nombre des huit cent milliards de myriades de bodhisattva ou encore parmi les quatre bodhisattva conduits par Jogyo  ? Cela est au-delà de l'entendement.

Le nom de toute chose est important. C'est pourquoi le Grand-maître* Zhiyi* plaçait la "désignation" en tête des cinq principes majeurs. M'être moi-même donné le nom de Nichiren (Soleil-Lotus) signifie que j'ai atteint l'Eveil par moi-même. Cela peut sembler prétentieux, mais j'ai de bonnes raisons de parler ainsi. On lit dans le Sutra : "Semblable à la lumière du soleil et de la lune qui vient percer les ténèbres, cette personne pratiquera au sein du peuple, dissipant l'obscurité où l'humanité tout entière se trouve plongée."(réf.) Réfléchissez bien au sens de cette phrase. Les mots "Cette personne pratiquera au sein du peuple", signifient que les cinq cents premières années des Derniers jours du Dharma verront apparaître le bodhisattva Jogyo qui viendra illuminer l'obscurité de l'ignorance humaine et des désirs terrestres avec la torche de Namu Myoho Renge Kyo. Les efforts de Nichiren pour convertir tous les Japonais au Sutra du Lotus sont l'oeuvre du bodhisattva Jogyo. Je poursuis mes efforts sans répit et ne me relâche jamais, même ici dans cette montagne.

Le texte se poursuit ainsi  : "Après ma mort, vous devez croire en ce Sutra. Ceux qui agiront de la sorte s'engageront avec certitude sur le véritable chemin de la bodhéité (réf.) Ainsi donc, tous ceux qui deviennent disciples et bienfaiteurs de Nichiren devront prendre conscience du profond lien karmique qu'ils partagent avec lui et propager le Sutra du Lotus dans le même esprit. Etre un pratiquant du Sutra du Lotus est une destinée amère mais cependant inévitable.

Fan Kuai et Chang-Liang, Taira no Masakado et Fujiwara no Sumitomo n'ont jamais fait preuve de lâcheté, car ils avaient un profond sens de l'honneur et la disgrâce leur était odieuse. Pourtant le déshonneur dans cette vie n'est rien. Ce qui compte, c'est le déshonneur qui apparaît dans la vie prochaine. Vous devez progresser sur la voie de l'Eveil enseignée par le Sutra du Lotus, tout en songeant à ce moment où, sur les berges du fleuve aux trois passages, les yaksha, les démons et les gardiens de l'enfer viendront vous arracher vos vêtements. Le Sutra du Lotus est la robe qui vous sauvera du déshonneur après la mort. On lit dans le Sutra du Lotus  : "Ceux qui étaient nus ont obtenu des vêtements."(réf.)

Croyez dans ce Gohonzon de tout votre coeur, car c'est la robe qui vous protégera dans la vie prochaine. Aucune femme ne laisserait son mari sans vêtement, et nuls parents ne manqueraient d'éprouver de la compassion en voyant leur enfant grelotter de froid. Le Bouddha Shakyamuni et le Sutra du Lotus sont comme cette femme ou comme ces parents. Vous avez aidé Nichiren et l'avez sauvé de la disgrâce dans cette vie ; en retour, il vous protégera du déshonneur dans la vie prochaine. La mort a frappé quelqu'un hier, et peut nous surprendre aujourd'hui. Les fleurs se transforment en fruits et les jeunes mariées seront à leur tour belles-mères. Récitez Namu Myoho Renge Kyo et approfondissez votre foi. Je ne vous remercierai jamais assez de vos fréquentes lettres. Jakunichi-bo, veuillez bien transmettre aux autres disciples tous ces enseignements dans le moindre détail.

Nichiren

Le seizième jour du neuvième mois

ARRIÈRE-PLAN - Le destinataire de cette lettre, datée du 16 septembre 1279, est un jeune moine du nom de Jakunichi-bo Nikke. Il avait vingt et un ans et vivait à l'est de ce qui est aujourd'hui Tokyo, dans l'actuelle préfecture de Chiba. Jakunichi-bo était le fils d'un seigneur local, et sa famille avait été convertie au bouddhisme orthodoxe en 1265, alors que Nichiren Daishonin faisait des activités de propagation dans la région. Par la suite, il fit construire le temple Tanjo-ji à Kominato pour honorer le lieu de naissance de Nichiren Daishonin. (Commentaire ACEP)

En anglais : Letter to Jakunichi-bo

Version Nichiren Shu

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=993&m=1&q=Letter%20to%20Jakunichi-bo
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_LetterJakunichibo.htm

AUTRE TRADUCTION

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