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Extraits de gosho sur

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l'ignorance - ignorer
 

Les douze liens causaux sont : l’ignorance fondamentalle*, l'action*, la conscience*, les noms et formes*, les six entrées*, le contact*, la sensation*, le désir*, l’attachement*, l'existence*, naissance*, la vieillesse et la mort*. [...] Le premier (ignorance*), le huitième (désir*) et le neuvième (attachement*) ont trait aux mauvaises passions. [...] L’ignorance fondamentalle* et les actes sont les deux causes du passé.
[...] La sixième, la conscience, tous les êtres, la possédant pourtant en leur corps, l’ignorent. Même leur cœur ne la connaît, ni ne la voit. A plus forte raison quand il s’agit de celles des autres. Les personnes présentes au même endroit, peuvent-elles la connaître  ? L’Eveillé lui-même dit que le cœur était inconcevable. A plus forte raison, ceux qui lui sont inférieurs. La raison de cette ignorance est que le cœur se situe hors des formes, longues, courtes, carrées ou rondes ; qu’il n’est pas de couleur bleue, jaune, rouge, blanche ou noire ; qu’il est un phénomène indescriptible par les mots et situé là où cesse l’activité mentale.
Les douze liens causaux (1256 )

Au terme des mille ans de l'époque du Dharma correct commencent les mille ans de l'époque du Dharma formel, époque où ceux qui transgressent les préceptes sont nombreux et où ceux qui les ignorent totalement sont rares. Et lorsque sont terminés les mille ans de l'époque du Dharma formel, commencent les dix mille ans de l'époque des Derniers jours du Dharma, époque où ceux qui transgressent les préceptes sont rares et où ceux qui n'en observent aucun sont très nombreux. A l'époque du Dharma correct, en rejetant ceux qui transgressent les préceptes ou ceux qui les ignorent, il faut faire des offrandes à ceux qui respectent les préceptes. A l'époque du Dharma formel, en ne soutenant pas ceux qui ignorent les préceptes, il faut faire des offrandes à ceux qui vont au delà des préceptes. Et dans les dix mille ans et plus de l'époque des Derniers jours du Dharma, il faut offrir à ceux qui n'observent aucun précepte les mêmes dons que l'on offrirait au Bouddha. Par contre, dans les trois périodes, aux époques du Dharma correct, du Dharma formel et des Derniers jours du Dharma, il ne faut jamais faire d'offrandes à des personnes qui s'opposent au Sutra du Lotus, qu'elles observent les préceptes, les transgressent ou les ignorent totalement.
[...] En réalité, ils jettent des joyaux pour ramasser des pierres, ils quittent la terre ferme pour monter dans les airs. De telles personnes ignorent tout de l'ordre de propagation. Le Bouddha avait mis en garde contre des gens de leur espèce en disant : "Il vaut mieux affronter des éléphants sauvages que rencontrer un mauvais ami."(réf.)

L'enseignement, les capacités, le temps et le pays (Izu, 10 février 1262  ? )

Il n'est pas rare, de nos jours, d'entendre affirmer que seule une personne dotée d'une sagesse supérieure, et s'exerçant sans relâche à la pratique de la méditation, a la capacité de recevoir des bienfaits du Sutra du Lotus, et de voir dissuader des personnes dont la sagesse est limitée de même essayer. Mais c'est le fait d'une grande ignorance, une idée tout à fait erronée. Le Sutra du Lotus enseigne que tous les êtres humains, quels qu'ils soient, peuvent entrer dans la Voie du Bouddha. Par conséquent, les personnes de facultés et de capacités supérieures devraient naturellement se consacrer à la méditation sur l'esprit et les dharma. Mais pour les personnes de facultés et de capacités moindres, l'important est seulement d'avoir une foi sincère.
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

Nous ne distinguons pas mieux les couleurs et les formes que l'oeil d'un mouton. Nos états d'avidité, d'asura, d'ignorance sont si profonds que nous commettons chaque jour les dix mauvaises actions et, même sans commettre les cinq forfaits, nous nous rendons quotidiennement coupables de fautes similaires.
[...] Durant cette période, ceux qui transgressèrent les préceptes étaient nombreux, et rares furent ceux qui parvinrent à l'Eveil. Cette époque du Dharma correct est suivie par celle des Derniers jours du Dharma, d'une durée de dix mille ans. Au cours de cette période, les êtres humains n'observent pas les préceptes et ne les transgressent pas non plus ; le pays est empli uniquement de personnes ignorant les préceptes. D'ailleurs, on l'appelle l'ère de l'impureté et du désordre. A une époque non corrompue, dans une ère de pureté, les hommes peuvent rejeter ce qui est erroné et reconnaître ce qui est juste, de même qu'un morceau de bois tordu peut être redressé en suivant le tracé au cordeau d'un charpentier.
[...] Un ouvrage d'un Maître du tripitaka, Xuanzang, le Daito Saiiki Ki, décrit abondamment plusieurs royaumes d'Inde aux caractéristiques très différentes : dans certaines contrées, les habitants ne respectent pas les règles de la piété filiale, alors que dans d'autres ils les observent. Dans certains pays, l'état de colère domine, alors que dans d'autres, c'est l'ignorance qui prévaut.
[...] Tous, bons ou mauvais, sages ou ignorants, peuvent connaître le bienfait continu jusqu'à la cinquantième personne. On peut les comparer aux monts Kunlun, où l'on ne peut trouver aucune pierre sans valeur, ou bien à l'île montagneuse de Penglai, totalement dépourvue de plantes vénéneuses.
Encouragements à une personne malade (décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Affairés comme nous l'étions à la tâche d'hier et comme nous le sommes au travail d'aujourd'hui, nous sommes pieds et poings liés par les cinq désirs de notre nature terrestre. Sans comprendre que le temps passe aussi rapidement qu'un poulain blanc entraperçu par la fente d'un mur (note), aussi ignorants que des moutons conduits à l'abattoir, désespérément prisonniers de notre besoin de nourriture et de vêtements, nous tombons sans y prendre garde dans les filets de la célébrité et du profit et, pour finir, nous ne rentrons au village des trois mauvaises voies qui nous est familier que pour reprendre aussitôt la route, renaissant, vie après vie, dans les six voies de l'existence.
[...] Quelle tristesse  ! Comme c'est regrettable  ! Depuis le passé sans commencement, enivrés par le vin de l'ignorance, nous sommes nés un nombre incalculable de fois dans les six voies de l'existence en passant par les quatre formes de naissance. Tantôt nous suffoquons au coeur des flammes de l'enfer de la brûlure ardente ou de la grande chaleur dévorante (note); tantôt nous gelons dans la glace de l'enfer du lotus rouge sang ou du grand lotus rouge sang. [...] Ainsi tournons-nous sans cesse en rond comme la roue d'un chariot dans ce monde des trois plans. Même parmi ceux qui furent, à un moment donné, parents et enfants, les parents ne savent pas qu'ils furent parents ni les enfants qu'ils furent leurs enfants ; et, bien que mari et femme se rencontrent de nouveau, ils ignorent qu'ils se sont déjà rencontrés. Nous nous égarons comme si nous avions les yeux d'un mouton ; nous sommes aussi ignorants que si nous avions des yeux de loup. Nous ne connaissons pas la relation passée que nous avons eue avec la mère qui nous a donné naissance, et nous ignorons à quel moment nous succomberons nous-mêmes à la mort.
[...] Quant aux dix actions mauvaises, elles consistent en trois actions corporelles, quatre actions verbales et trois actions mentales. Les trois actions corporelles sont tuer, voler et avoir des relations sexuelles illégitimes. Les quatre mauvaises actions verbales sont mentir, flatter, diffamer et tromper. Les trois mauvaises actions mentales sont l'avidité, l'orgueil et l'ignorance.
[...] Quand Shakyamuni, seigneur du monde des trois plans, parvint à l'âge de dix-neuf ans, il quitta la ville de Gaya (note) et se retira sur le Mont Dandaka (note) où il pratiqua diverses austérités difficiles et pénibles. Il atteignit la bodhéité à l'âge de trente ans, et, à ce moment-là, élimina instantanément les trois catégories d'illusion, et mit un terme à la nuit profonde de l'ignorance.
[...] Lorsqu'un médecin donne un médicament à un malade, même quand le malade ignore l'origine ou la composition du médicament, s'il le prend, de manière naturelle, au bout d'un certain temps, il guérit. Mais s'il objecte qu'il ignore la composition du médicament donné par le médecin, refusant, pour cette raison, de le prendre, croyez-vous qu'il puisse guérir  ? Qu'il comprenne ou non la nature du médicament, s'il le prend, il sera guéri de la même manière. Il en va de même pour une personne qui pratique le Sutra du Lotus. Même si elle ne comprend pas les principes du bouddhisme et si elle ignore qu'elle est la proie d'illusions, si elle a la foi, il ne fait aucun doute qu'elle pourra se libérer simultanément des maladies des trois catégories d'illusions - les illusions de la pensée et du désir, les illusions aussi nombreuses que les grains de poussière et de sable, et les illusions sur la vraie nature de la vie.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

Et pourtant les autorités gouvernementales de Kamakura, que leur politique soit bonne ou mauvaise, ignorent le Mont Hiei et lui tournent le dos. Ne redoutent-elles donc pas la punition du Ciel ? [...] Ceux qui continuaient à respecter l'école du Mont Hiei furent de plus en plus rares et de moins en moins fervents, et dans tout le pays, les moines éminents de l'école du Sutra du Lotus et les enseignements Shingon furent ignorés et rejetés.
Genèse du Rissho Ankoku Ron (Kamakura, le 5 avril 1268, à Hokan-bo)

Parce que personne, parmi ceux qui vécurent à ces époques, n'a réfuté ces principes erronés, les souverains et dirigeants des divers États, dans leur ignorance, ont commencé à leur prêter foi. Ils ont fait don de rizières et de champs à ceux qui les propageaient, tant et si bien que le nombre de leurs adeptes n'a cessé d'augmenter. Ainsi, le temps passant et ces croyances étant admises depuis déjà longtemps, les gens ont acquis la ferme conviction qu'il s'agissait là de croyances correctes et personne n'a même plus songé à les mettre en doute.
[...] D'autres, également dans le doute, dirent que leurs maîtres avaient été de grands sages des temps anciens, mais qu'ils n'étaient eux-mêmes que des ignorants de l'époque des Derniers jours du Dharma.
[...] Avant sa venue, le monde était comparable à ce qu'il était avant l'apparition des trois Augustes et cinq Empereurs, les êtres humains ne reconnaissaient pas leur père et étaient comparables à des animaux. A l'époque antérieure au règne du roi Yao, les êtres humains ignoraient tout des tâches qui doivent être accomplies au fil des quatre saisons, ils étaient aussi ignorants que des vaches ou des chevaux.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

On lit dans le Maka Shikan : "L'ignorance et la poussière des désirs mènent à l'Eveil et les souffrances de la naissance et de la mort mènent au nirvana". Il est dit dans le chapitre Juryo* (XVI) : "Je réfléchis sans cesse à la manière de conduire tous les hommes au chemin suprême pour qu'ils puissent atteindre la bodhéité sans délai".
Les désirs mènent à l'Eveil (Sado, le 2 mai 1272 ; à Shijo Kingo)

Question. — Comment justifier que c'est le temps de Nichiren qui est exactement intéressé ? Réponse. — «Il y aura des ignorants / pour nous calomnier, nous insulter, / nous agresser par le sabre et le bâton »
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1974, à Toki Jonin)

Ni la Terre pure, ni l'enfer n'existent en dehors de nous-même ; ils se trouvent dans notre propre coeur. On appelle bouddha celui qui s'éveille à cette vérité, celui qui l'ignore, simple mortel. Le Sutra du Lotus nous éveille à cette réalité et celui qui croit dans le Sutra du Lotus découvrira que l'enfer même peut se changer en Terre de bouddha.
Enfer et bodhéité (Minobu, le 11 juillet 1274 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Le shogun et sa famille, ainsi que les samouraïs qui sont à leur service, croient-ils que, grâce à de telles prières, le pays restera en paix  ? En fait, tant qu'ils utiliseront les services de moines qui provoquent de graves désastres en ignorant l'enseignement du Sutra du Lotus, le pays courra immanquablement à sa perte.
[...] Lorsque le soleil se lève, les étoiles disparaissent. Quand un roi sage apparaît, les rois insensés périssent. Quand le Sutra définitif sera répandu, les sutras provisoires perdront toute validité. Si un sage récite Namu Myoho Renge Kyo, ceux qui ignoraient cette pratique feront de même comme l'ombre suit le corps ou comme l'écho suit la voix.
[...] Quand le bodhisattva Jogyo sortit de terre, d'autres bodhisattvas comme Maitreya, Manjushri, Kanzeon et Yakuo, bien que libérés des premiers quarante et unième et quarante-deuxième niveaux d'ignorance, n'avaient pas totalement éliminé le niveau le plus profond, celui de l'obscurité fondamentale. Par conséquent on pourrait les qualifier d'ignorants qui ne comprirent pas que le bodhisattva Jogyo était apparu pour propager largement Namu Myoho Renge Kyo, principe caché entre les lignes du chapitre Juryo* (XVI), à l'époque des Derniers jours du Dharma.
[...] Même les grands bodhisattvas qui ont éliminé les illusions de la pensée et du désir et qui se sont libérés des quarante et un et quarante-deux premiers niveaux d'ignorance n'ont pas pu le comprendre. Comment, alors, de simples mortels, n'ayant pas éliminé la plus petite illusion, le pourraient-ils ?
[...] Question : Mais s'il n'est pas un seul sage qui comprenne l'origine de ces calamités, comment faire pour y remédier  ? Si l'on ne connaît pas la cause d'une maladie et que l'on tente quand même de soigner le malade, le traitement échouera et il mourra très certainement. Si l'on a recours à des prières en ignorant la cause essentielle de ces désastres, peut-on douter encore de l'inévitable destruction du pays  ?
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

On lit dans le Hosho Ron* du bodhisattva Saramati  : "Ceux qui, par ignorance, sont incapables de croire dans le véritable Dharma restent attachés à des conceptions fausses et sont arrogants, rencontrent de tels obstacles en rétribution de leurs oppositions dans les vies précédentes. Ils s'attachent à des doctrines incomplètes, cherchant à recevoir des dons et à imposer le respect  ; ils ne suivent que des principes faux, s'écartent des bons amis, se lient d'amitié avec des personnes qui s'opposent au Dharma, et, se délectant dans l'attachement aux enseignements du Hinayana, ils ne croient pas au Mahayana. Ils s'opposent donc au Dharma des bouddhas.
La question à approfondir jour et nuit (Minobu, 28 août 1275  ? , Toki Jonin).

La réalité fut toute autre : les représentants du gouvernement me calomnièrent et ridiculisèrent mes messagers. Ils ignorèrent mes lettres ou les laissèrent sans réponse, et même lorsqu'ils y répondirent, ils négligèrent volontairement d'en référer au Régent.
[...] Je remarque que l'on tient compte de l'opinion des autres, alors que, je ne sais pourquoi, mes mises en garde sont toujours ignorées.
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Bien vite cependant, les tenants des textes non bouddhiques extirpèrent le cœur des écrits bouddhiques, et pour accroître leur sagesse, l'incorporèrent dans leurs propres textes. De sorte que des dirigeants ignorants crurent que cette grande sagesse émanait des textes non bouddhiques.
[...] Ces hommes vécurent avant l'introduction du bouddhisme mais l'aide qu'ils apportèrent au peuple fait d'eux les envoyés du Bouddha Shakyamuni. Et bien que les tenants des classiques non bouddhiques l'ignorent, la sagesse de tels personnages est essentiellement celle du bouddhisme.
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276, à un membre du clan du défunt nyudo Takahashi Rokuro Hyoe)

Les lettrés bouddhistes, de nos jours, ignorant ce passage de commentaires, voudraient placer au même niveau les ignorants de l'époque des Derniers jours du Dharma et les deux sages Huisi et Zhiyi*. Ils commettent une erreur extrêmement grave !
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Même si moi, Nichiren, j'ai pu endurer des attaques à coups de canne et de bâton, de tuiles et de pierres, des calomnies et des persécutions des autorités, comment des laïcs qui ont femme et enfants et qui ignorent le bouddhisme pourraient-ils faire de même  ? Il aurait parfois mieux valu pour eux qu'ils n'aient jamais eu foi dans le Sutra du Lotus. S'ils ne parviennent pas à conserver jusqu'au bout leur croyance, n'ayant qu'une foi éphémère, ils deviendront un objet de risée pour les autres.
Mise en garde contre l'attachement à son domaine (Minobu, juillet 1277, à Shijo Kingo)

Vous l'ignorez peut-être mais il faut bien savoir que les corbeaux, les oiseaux les plus méprisés qui soient, peuvent annoncer des événements heureux ou malheureux qui se produiront dans l'année, alors que les aigles et les vautours en sont incapables. Un serpent est bien moins imposant qu'un dragon ou un éléphant, mais il peut pressentir une inondation sept jours à l'avance. Même si Nagarjuna et Zhiyi* avaient ignoré l'enseignement que je propage, s'il est clairement énoncé dans des passages du Sutra, comment est-il possible d'en douter  ? Mépriser Nichiren, et refuser de réciter Namu Myoho Renge Kyo, c'est être comparable à un bébé qui refuserait de téter ou à un malade qui, n'ayant pas confiance dans son médecin, refuse de prendre le médicament qui lui a été prescrit. Nagarjuna et Vasubandhu connaissaient cet enseignement mais ne le propagèrent pas, peut-être parce que le temps n'était pas venu et que les gens de leur époque n'avaient pas la capacité de le comprendre. D'autres ne l'ont pas propagé peut-être parce qu'ils l'ignoraient.
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

Le Sutra du Lotus équivaut au souverain suprême, tandis que le Shingon, l'école Jodo, le Zen et les moines Ritsu, avec leurs petits sutras Vairocana* et Kammuryoju, sont devenus les Grands ennemis du Sutra du Lotus. Pourtant, les femmes du Japon, sans avoir conscience de leur ignorance, considèrent Nichiren, qui vient à leur secours, comme leur ennemi. Et, bien à tort, elles prennent les adeptes du Nembutsu et les moines du Zen, du Ritsu et du Shingon, qui sont en réalité leurs plus grands ennemis, pour de bons amis et des maîtres bouddhiques.
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

Mais - est-ce dû à l'apparence de Nichiren qui est celle d'un ignorant, ou en raison d'un quelconque karma créé par le passé -, lorsque je cite les affirmations "parmi ces sutras le Sutra du Lotus est le plus élevé"(réf.)  ; "parmi tous les sutras que j'ai enseignés, que j'enseigne et que j'enseignerai, ce Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et le plus difficile à comprendre"(réf.)  ; et "Je suis la seule personne qui puisse sauver et protéger les autres"(réf.) je tiens cela pour les paroles d'or du Bouddha lui-même. Ces phrases que je prononce ne sont aucunement les miennes.
Enseignement correspondant à l'esprit du Bouddha (Minobu, le 2 mai 1279, à Niike Saemon-no-jo)

Les trois calamités frapperont, mois après mois, et les sept désastres apparaîtront, jour après jour. La famine se déclarera et le pays sera la proie des esprits faméliques*. Partout, les épidémies se succéderont, et le pays se changera en état d'enfer. La guerre y éclatera, et il deviendra le domaine des ashura. Ignorant leur lien de parenté, frères et sœurs se prendront mutuellement pour mari et femme, et le pays deviendra le domaine de l'animalité. En pareil cas, ce n'est pas après la mort que l'on tombe dans les trois mauvaises voies, mais, de son vivant, on voit tomber le pays dans lequel on vit dans les quatre états les plus bas.
[...] Le Japon d'aujourd'hui ressemble au pays de ces grands personnages. C'est un pays où ceux qui observent les préceptes aussi bien que ceux qui les violent ou les ignorent, les souverains, les ministres aussi bien que les gens du peuple se retrouvent pour ne faire plus qu'un dans l'opposition au Sutra du Lotus.
[...] Les gens de notre époque ignorent la véritable origine de ces phénomènes. Cela tient uniquement au fait qu'ils se trompent sur les mérites relatifs du Sutra du Lotus et du Sutra Vairocana*.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

Les enseignements des écoles Shingon et Kegon entrent dans la catégorie de zuitai. Ils sont par conséquent faciles à croire et faciles à comprendre puisque le Bouddha les exposa en tenant compte des capacités ou des désirs des personnes dans les Neuf états, tout comme un père sage instruirait son enfant ignorant [de la manière la mieux adaptée à ses facultés de compréhension]. Par ailleurs, on appelle zuiriki l'enseignement que le Bouddha exposa en puisant directement dans son état de Bouddha, de la même manière qu'un père sage guide son enfant ignorant vers la compréhension à laquelle il est lui-même parvenu.
Comparaison du Sutra du Lotus avec les autres sutras (Minobu, le 26 mai 1280 à Toki Jonin)

Le Japon d'aujourd'hui fait penser à cette histoire du roi Rinda. Au début, le pays connut le règne des empereurs célestes. Mais, à l'approche des Derniers jours, les conceptions des gens se déformèrent et l'avidité, la colère et l'ignorance se renforcèrent. La sagesse des divinités étant devenue superficielle, leur autorité et leur pouvoir diminuèrent, et elles ne réussirent même plus à protéger ceux qui leur adressaient des prières.
Chevaux blancs et cygnes blancs (Minobu, 14 août.1280, à la dame d'Utsubusa)

Cela pourrait se comparer à des parents qui, bien que n'aimant pas particulièrement l'alcool eux-mêmes, ont un fils très cher qui apprécie beaucoup le saké. Par amour pour leur fils et pour gagner son affection, ils l'invitent à boire avec eux un peu de saké, en faisant semblant de le savourer. Le fils, dans son ignorance, en conclut que son père et sa mère aiment véritablement le goût du saké.
[...] La forme que prend l'enseignement du Sutra du Lotus se modifie cependant en fonction des capacités des gens, du temps, du pays, et des personnes qui le propagent. Or même des bodhisattvas parvenus à l'étape de togaku semblent ignorer ce fait. Comment alors de simples mortels de l'époque des Derniers jours du Dharma pourraient-ils le comprendre ! De manière générale, il existe trois sortes de messagers. Les premiers sont d'une extrême intelligence ; les deuxièmes, ni particulièrement intelligents ni particulièrement ignorants ; les troisièmes, ignorants mais totalement dignes de confiance.
Parmi ces trois sortes de messagers, les premiers ne commettront aucune erreur en transmettant le message du Bouddha. Les messagers de la deuxième catégorie, dotés d'une certaine intelligence qui reste cependant inférieure à celle des premiers, ajouteront au message de leur seigneur des paroles de leur cru. Cela fait d'eux la pire sorte de messager possible. Ceux de la troisième sorte, étant d'une ignorance extrême, ne se permettront pas d'introduire des propos personnels et, en raison de leur grande honnêteté, transmettront le message de leur seigneur sans le trahir. [...] Les Quatre rangs de saints de l'Inde peuvent être comparés à la première sorte de messagers (note)  ; les maîtres de Chine, à la deuxième, et les personnes ignorantes mais honnêtes parmi les simples mortels vivant à l'époque des Derniers jours du Dharma, peuvent être comparées à la troisième.
[...] Tant que les gens ignoraient encore tout de cette déclaration concernant le passé, le présent et l'avenir, les interprétations erronées des maîtres que j'ai mentionnés pouvaient se répandre sans entraîner de rétribution négative particulière. Mais lorsqu'une personne décidée cite ce passage et le fait largement connaître avec courage et sans le déformer, les conséquences deviennent graves
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)

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