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Extraits de gosho sur

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Prince Shotoku - Jogu
 

En entendant cela, rougissant de colère le visiteur répondit : "L'empereur Ming de la dynastie des Han postérieurs, ayant saisi le sens du rêve où lui était apparu un homme doré, fit bon accueil aux enseignements du bouddhisme amenés de Chine par des missionnaires montant des chevaux blancs (note). Après avoir puni Mononobe no Moriya pour son opposition au bouddhisme, le prince Shotoku entreprit de construire des temples et des pagodes au Japon. Depuis cette époque, du souverain suprême aux masses innombrables, tous ont vénéré les statues du Bouddha et ont attentivement étudié les écrits bouddhiques. Il en a résulté que dans les monastères du Mont Hiei et de Nara, la capitale du Sud, dans les grands temples Onjo-ji et To-ji, dans tout le pays à l'intérieur des quatre mers, dans les cinq provinces autour de la capitale (note) et dans les sept régions périphériques, les écrits bouddhiques ont été classés, comme des étoiles dans le ciel, et le pays s'est couvert d'une nuée de temples.
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Le Japon est un pays exclusivement relié au Sutra du Lotus, tout comme le pays de Shravasti était exclusivement relié au Mahayana. En Inde, il y eut certains royaumes où l'on étudiait exclusivement le Hinayana, certains entièrement consacrés à l'étude du Mahayana, ou d'autres où coexistaient Mahayana et Hinayana. Le Japon est un pays auquel convient exclusivement le Mahayana, et, plus particulièrement dans le Mahayana, il devrait se consacrer uniquement au Sutra du Lotus. On trouve confirmation de cela dans le Yuga Ron, dans les écrits de Seng-zhao, dans les écrits du prince Shotoku, du Grand-maître* Saicho* et d'Annen. Comprendre cela, c'est comprendre le pays.
L'enseignement, les capacités, le temps et le pays (Izu, 10 février 1262  ? )

Sous le règne du roi Zhao, quatrième souverain de la dynastie Zhou, le grand devin Su-you fit cette prédiction  : "Dans mille ans, les enseignements du Bouddha seront répandus largement dans ce pays." Le prince héritier Shotoku prédit  : "Après mon trépas, quand deux siècles ou plus se seront écoulés, la ville de Heian sera établie dans la province de Yamashiro." Et le Grand-maître* Zhiyi* prédit  : "Deux cents ans ou plus après mon trépas, une personne naîtra dans un pays de l'est qui propagera mon Dharma correct." Chacune de ces prédictions a été réalisée à la lettre.
Genèse du Rissho Ankoku Ron (Kamakura, le 5 avril 1268, à Hokan-bo)

Le prince Shotoku était le fils du trente-deuxième souverain du Japon, l'empereur Yomei. Alors qu'il avait six ans, des hommes assez âgés arrivèrent au Japon, venant du royaume de Paekche et de Koguryo et de Chine. Le jeune prince de six ans s'écria : "Ce sont mes disciples  ! " et de leur côté ces personnages âgés joignirent les mains en signe de respect et répondirent : "Vous êtes notre maître  ! " Ce fut un phénomène bien singulier.
[...] Le Bouddha et Devadatta sont comme un corps et son ombre, vie après vie, ils ne sont jamais séparés. Le prince Shotoku et [son ennemi juré] Mononobe no Moriya apparurent en même temps, comme la fleur et la graine de lotus. S'il existe un Pratiquant du Sutra du Lotus, les trois grands ennemis existent aussi, immanquablement. Les trois grands ennemis sont déjà apparus. Qui, alors, est le Pratiquant du Sutra du Lotus  ? Recherchons-le pour en faire notre maître. [Comme le dit le Sutra du Lotus], trouver une telle personne est extrêmement rare, aussi rare que la chance, pour une tortue borgne, de découvrir un morceau de bois santal flottant creusé d'un trou à la taille exacte de son ventre.
[...] Shakyamuni apparut en ce monde Saha, Kumarajiva voyagea jusqu'en Chine sous la dynastie des Qin, et Saicho* se rendit lui aussi en Chine. [Tous voyagèrent ainsi pour enseigner et propager le Sutra du Lotus.] Les bodhisattvas Kanadeva et Aryasinha sacrifièrent leur corps. Le bodhisattva Yakuo se brûla les coudes (réf.) [pour en faire offrande au Bouddha], et le prince Shotoku s'arracha la peau des mains [pour écrire le titre des sutras avec son sang]. Même Shakyamuni, alors qu'il était bodhisattva, vendit sa propre chair [pour faire des offrandes]  ; [et à une autre époque, alors qu'il était un bodhisattva du nom de Gyobo], il utilisa un de ses os comme pinceau [pour transcrire le Dharma.]
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Parlons d'abord du premier temple du Mont Hiei. Il fut fondé par le Grand-maître* Saicho* sous le règne de l'empereur Kammu, deux cent et quelques années après l'introduction du bouddhisme dans ce pays. Déjà auparavant, le prince Shotoku avait vu dans Kyoto, la future capitale, un lieu parfait pour y établir la résidence royale. Mais ce ne fut qu'après l'introduction de l'école Tendai au Japon que la capitale y fut véritablement installée. Dans les Annales du prince Jogu (Shotoku), on lit : "Deux cents ans ou plus après mon trépas, le Dharma bouddhique se répandra à travers le Japon tout entier."(réf.) Par la suite, à l'ère Enryaku, le Grand-maître* Saicho* fonda le temple du Mont Hiei, et l'empereur Kammu établit Heian-kyo [la capitale de la Paix]. De cette manière, la prédiction du Prince Shotoku fut réalisée.
[...] Parlons d'abord du premier temple du Mont Hiei. Il fut fondé par le Grand-maître* Saicho* sous le règne de l'empereur Kammu, deux cent et quelques années après l'introduction du bouddhisme dans ce pays. Déjà auparavant, le prince Shotoku avait vu dans Kyoto, la future capitale, un lieu parfait pour y établir la résidence royale. Mais ce ne fut qu'après l'introduction de l'école Tendai au Japon que la capitale y fut véritablement installée. Dans les Annales du prince Jogu (Shotoku), on lit : "Deux cents ans ou plus après mon trépas, le Dharma bouddhique se répandra à travers le Japon tout entier."(réf.) Par la suite, à l'ère Enryaku, le Grand-maître* Saicho* fonda le temple du Mont Hiei, et l'empereur Kammu établit Heian-kyo [la capitale de la Paix]. De cette manière, la prédiction du Prince Shotoku fut réalisée.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Cet objet de dévotion n'est jamais apparu en Inde ou en Chine. Le temps n'était pas venu, quand le prince Shotoku, au Japon, construisit le temple Shitenno-ji, de sorte qu'il ne put prendre, comme objet de vénération, qu'une statue d'Amida, un bouddha d'un autre monde. Quand l'empereur Shomu construisit le temple Todai-ji, il prit pour objet de vénération une statue du bouddha Vairochana mais ne parvint pas à pénétrer le véritable sens du Sutra du Lotus.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Sessen Doji offrit son corps à un démon pour recevoir un enseignement composé de huit caractères. N'ayant plus d'huile, le bodhisattva Yakuo brûla son coude pour l'offrir au Sutra du Lotus. Dans notre propre pays, le prince Shotoku s'arracha la peau de la main pour y copier le Sutra du Lotus et l'empereur Tenji brûla son troisième doigt pour l'offrir au Bouddha Shakyamuni. Des pratiques aussi austères concernent les saints et les sages, non les hommes ordinaires.
Le don de riz (Minobu, date   73 ? destinataire   ? )

Au cours du règne du 33e empereur Sushun, le bouddhisme commença à se répandre à travers le Japon, gagnant de l’ampleur pendant le règne du 34e souverain, la princesse Suiko. Le Régent de ce dernier, le prince Shotoku, contribua beaucoup à l’essor du bouddhisme, notamment grâce à la promulgation de la Constitution en 17 articles (note), basée sur l'enseignement bouddhique. Ce fut pendant son règne que les écoles bouddhiques Sanron et Jojitsu ont été transmises au Japon pour la première fois. Cette école Sanron apparue en Inde, en Chine et au Japon a été la première école bouddhique, sans distinction encore entre Mahayana et Hinayana. Elle est pour cette raison appelée la mère ou le père des écoles bouddhiques.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

"Maintenant prend fin la polémique qui depuis si longtemps oppose l'école Sanron à l'école Hosso. Elle a perdu toute substance, comme de la glace qui aurait fondu. Tout s'éclaire, comme lorsque nuages et brouillards se dissipent, laissant voir le soleil, la lune et les étoiles. Depuis les débuts de la propagation du bouddhisme au Japon par le prince Shotoku, il y a plus de deux cents ans, de nombreux sutra et traités ont été largement commentés, et la supériorité relative des uns par rapport aux autres a souvent été discutée, mais jusqu'à présent quantité de doutes n'étaient toujours pas écartés. De plus, pendant cette période, la doctrine parfaite et élevée du Dharma merveilleux n'avait jamais encore été correctement expliquée et propagée. Serait-ce parce que les hommes ordinaires n'avaient pas la capacité de goûter sa saveur parfaite ?
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Puis le prince Shotoku, fils de l'empereur Yomei, commença l'étude des écrits bouddhiques. Il se fit rapporter de Chine un exemplaire du Sutra du Lotus, écrivit des commentaires sur le texte et entreprit d'en propager les enseignements.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Venons en maintenant au Japon. Au cours du règne du trentième souverain, l'empereur Kimmei, le treizième jour du dixième mois de la treizième année de son règne (552), signe cyclique mizunoe-saru, un exemplaire des écrits bouddhiques et une statue du Bouddha Shakyamuni furent apportés au Japon en provenance de Paekche. Sous le règne de l'empereur Yomei, le prince héritier Shotoku commença l'étude du bouddhisme. Il envoya un dignitaire de la cour, Wake no Imoko, en Chine avec pour mission de rapporter l'exemplaire du Sutra du Lotus en un volume qui lui avait appartenu dans une vie antérieure (réf.) et exprima sa détermination d'honorer et de protéger ce Sutra. Par la suite, sous le règne du trente-septième empereur, Kotoku, les écoles Sanron, Kegon, Hosso, Kusha et Jojitsu furent introduites au Japon, et, sous le règne du quarante-cinquième empereur Shomu, ce fut le tour de l'école Ritsu, ce qui porta au total à six le nombre de ces écoles. Mais, depuis le règne de l'empereur Kotoku jusqu'au règne du cinquantième souverain, l'empereur Kammu, soit pendant une période de cent vingt ans au cours de laquelle régnèrent quatorze souverains, les écoles Tendai et Shingon n'étaient pas encore introduites.
[...] Stupéfait, l'empereur questionna Saicho* en détail sur divers points. Après quoi, il promulgua un édit critiquant les quatorze hommes qui s'étaient opposés à Saicho*. Ces derniers, à leur tour, rédigèrent des lettres dans lesquelles ils reconnaissaient leur défaite et s'excusaient en ces termes : "Nous, disciples des Sept temples principaux et des six écoles... avons compris pour la première fois l'enseignement suprême." Ils continuaient ainsi : "Depuis les débuts de la propagation [du bouddhisme au Japon] par le prince Shotoku, il y a plus de deux cents ans, de nombreux sutra et traités ont été largement commentés, et la supériorité relative des uns par rapport aux autres a souvent été discutée mais, jusqu'à présent, quantité de doutes n'étaient toujours pas écartés. De plus, pendant cette période, la doctrine parfaite et élevée du Dharma merveilleux n'avait jamais encore été correctement expliquée et propagée."
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Le trente et unième empereur, Bidatsu, était le deuxième fils de Kimmei. Il régna pendant quatorze ans avec l'aide de deux grands ministres. L'un d'eux était un fils de Mononobe no Okoshi, du nom de Yuge no Moriya, qui avait hérité de la fonction de son père. L'autre était un fils de Soga no Iname qui s'appelait Soga no Umako. C'est sous le règne de cet empereur [Bidatsu] que naquit le prince Shotoku, fils de l'empereur Yomei et neveu de l'empereur Bidatsu. Un jour du deuxième mois de l'année, alors qu'il était âgé de deux ans, il se tourna vers l'est, tendit le majeur et récita Namu Butsu [dévotion au Bouddha] et l'une des reliques de Shakyamuni se matérialisa dans la paume de sa main. C'était la première fois que quiconque au Japon invoquait le nom du Bouddha.
[...] A l'âge de huit ans, le prince Shotoku déclara : "Ceux qui, à l'époque des Derniers jours du Dharma, vénéreront l'image du Bouddha Shakyamuni, le sage des pays de l'Ouest, pourront écarter les calamités, et accumuleront de la bonne fortune. Ceux qui la mépriseront provoqueront des désastres, et leur vie sera écourtée."
[...] L'empereur Bidatsu mourut le quinzième jour du huitième mois de l'année où le prince Shotoku atteignit l'âge de quatorze ans. Yomei devint le trente-deuxième empereur et son règne dura deux ans. Il était le fils de l'empereur Kimmei et le père de Shotoku. Au cours du quatrième mois de la deuxième année de son règne [587], il tomba malade, victime d'une épidémie. Après quoi il exprima le désir de se convertir et de vénérer les Trois trésors. Le ministre Soga veilla à ce que la volonté impériale soit respectée et fit pour la première fois pénétrer un moine au palais impérial. Ce moine s'appelait Toyokuni. Mononobe no Moriya et quelques autres furent saisis de rage et, furieux, déclarèrent que la pratique du bouddhisme était une malédiction qui se retournerait contre l'empereur. Finalement, l'empereur mourut.
[...] Au cours du cinquième mois de la même année, Mononobe no Moriya et les hommes de son clan se retranchèrent dans sa résidence de Shibukawa et y rassemblèrent des troupes nombreuses. Le prince Shotoku et Soga no Umako marchèrent sur les positions ennemies et les attaquèrent. Quatre batailles eurent lieu, au cours des cinquième, sixième et septième mois. Par trois fois, le camp du prince Shotoku fut vaincu. Avant la quatrième bataille, le prince Shotoku fit le voeu d'élever un stupa pour y conserver les reliques du Bouddha Shakyamuni, et de construire le temple Shitenno-ji. Soga no Umako fit un voeu lui aussi, celui de construire un temple pour y enchâsser la statue du Bouddha Shakyamuni envoyée de Paekche. Quand la bataille commença, Moriya cria au prince : "Ce n'est pas moi qui lance cette flèche, c'est la divinité de mes ancêtres, la grande divinité (note) enchâssée à Futsu que nous vénérons depuis des générations." La flèche vola au loin et atteignit l'armure du prince Shotoku qui riposta alors, en criant : "Ce n'est pas moi qui lance cette flèche, ce sont les quatre Rois du Ciel  ! " Et il fit décocher une flèche par un courtisan nommé Tomi no Ichihi. La flèche vola très loin et toucha la poitrine de Mononobe no Moriya. Hata no Kawakatsu fondit sur lui et le décapita. Cet incident se produisit dans la période intermédiaire entre la mort de l'empereur Yomei et avant l'arrivée au pouvoir de l'empereur Sushun. Après que Sushun fut devenu le trente-troisième empereur, le prince Shotoku fit construire le temple Shitenno-ji dans lequel il déposa les reliques du Bouddha Shakyamuni. Umako fit construire un temple appelé Gango-ji dans lequel fut vénérée la statue du Bouddha Shakyamuni envoyée de Paekche. Il n'y a pas de plus grande tromperie au monde que la statue du Bouddha Amida enchâssée de nos jours au temple Zenko-ji et que l'on fait passer pour l'objet de vénération primordial. C'est parce qu'ils s'étaient opposés au Bouddha Shakyamuni que les trois empereurs et le clan des Mononobe périrent. Le prince Shotoku fit sculpter et enchâsser une statue du Bouddha Shakyamuni au temple Gango-ji. C'est l'objet de vénération maintenant enchâssé au temple Tachibanadera. Ce fut la première statue du Bouddha Shakyamuni jamais faite au Japon.
[...] En éliminant Mononobe no Okoshi et son fils Moriya, les membres du clan Soga devinrent le seul clan influent du pays. Ils parvinrent aux positions les plus élevées, gouvernèrent le pays entier et leur famille connut une grande prospérité. Mais Umako, par la suite, devint si arrogant qu'il fit assassiner l'empereur Sushun et tuer de nombreux princes. De plus, son petit-fils, Soga no Iruka, fit mettre à mort par ses serviteurs vingt-trois enfants du prince Shotoku. Après quoi l'impératrice Kogyoku, sur le conseil de Nakatomi no Kamako, fit sculpter une statue du Bouddha Shakyamuni et lui adressa des prières ferventes. Cela eut pour effet que Soga no Iruka, son père, leurs serviteurs et tous les membres de leur clan périrent aussitôt.
Le guide suprême du monde (Minobu, le 25 juin 1277, à Shijo Kingo)

J'aimerai relater un événement généralement gardé caché. Dans l'histoire du Japon, deux empereurs furent assassinés. L'un d'eux était le trente-troisième empereur, Sushun. Il était le fils de l'empereur Kimmei et l'oncle du prince Shotoku. Il convoqua un jour le prince Shotoku et lui dit : "On vous prête un sagesse sans égale. Examinez Notre physionomie et dites-Nous ce que vous y voyez  ! " Le prince se récusa à trois reprises, mais l'empereur insista. Alors, ne pouvant plus refuser, le prince examina avec respect la physionomie de Sushun et déclara : "Il est inscrit sur le visage de Votre Majesté que quelqu'un va L'assassiner." L'empereur changea de couleur. "Sur quels indices vous appuyez-vous pour affirmer cela  ? " demandai-t-il. Le prince répondit : "Je vois des veines rouges dans vos yeux. C'est le signe que vous provoquerez l'hostilité des autres." Sur ce, l'empereur demanda : "Comment Notre Majesté peut-elle échapper à ce destin  ? " Le prince répondit : "Il est difficile d'y échapper. Mais il y a des guerriers que l'on appelle les cinq grands principes d'humanité. Tant que vous garderez ces guerriers à vos côtés, vous ne courrez aucun danger. Les écrits bouddhiques désignent ces guerriers du nom de "patience" l'une des six paramitas." Pendant un certain temps, l'empereur Sushun observa fidèlement la pratique de la patience. Mais, de nature irascible, il viola un jour ce précepte quand un de ses sujets lui fit cadeau d'un jeune sanglier sauvage. Il décrocha la boucle qui retenait son sabre au fourreau, et le plongea dans les yeux du sanglier en disant : "Voilà un jour ce que Nous ferons à cet homme que Nous haïssons  ! " Le prince Shotoku, qui était présent, s'exclama : "Ah  ! C'est effroyable, effroyable  ! Votre Majesté va sûrement éveiller la haine des autres. Ces mots mêmes que vous venez de prononcer seront le sabre qui va vous frapper." Le prince se fit sur l'instant apporter des objets précieux qu'il partagea entre ceux qui avaient entendu la remarque de l'empereur [dans l'espoir d'acheter leur silence]. L'un d'eux, néanmoins rapporta l'épisode au ministre Soga no Umako. Umako, croyant que c'était à lui que l'empereur vouait cette haine, persuada Atai Goma, fils d'Azumanoaya no Atai Iwai, de tuer l'empereur. Ainsi, même un souverain sur le trône doit veiller à ne pas exprimer sans retenue ses pensées.
Les trois sortes de trésor (Minobu, le 11 septembre 1277, à Shijo Kingo)

Myoho Renge Kyo est non seulement le coeur de tous les enseignements sacrés exposés par Shakyamuni de son vivant, mais aussi le coeur et le corps du Sutra du Lotus, l'enseignement suprême. Pourtant, si merveilleux que soit cet enseignement, pendant les plus de deux mille deux cent vingt ans qui se sont écoulés depuis la disparition du Bouddha, personne ne l'a propagé. Les vingt-quatre successeurs du Bouddha ne l'ont pas propagé en Inde, pas plus que Zhiyi* et Zhanlan* en Chine. Au Japon, ni le prince Shotoku ni le Grand-maître* Saicho* ne l'ont propagé. Par conséquent, quand je l'expose, les gens refusent de le croire pensant qu'il s'agit d'un enseignement faux. C'est bien compréhensible. Par exemple, si un simple soldat avait prétendu avoir séduit Wang Zhao-gun, personne ne l'aurait cru. Puisque Zhiyi* et Saicho*, d'un rang aussi élevé que celui de ministre et d'aristocrate, n'ont pas propagé Namu Myoho Renge Kyo, le coeur du Sutra, comment, se demandent les gens, un moine d'une position aussi basse que la mienne pourrait-il le faire  ?
"Ainsi ai-je entendu" (Minobu, 28 novembre 1277, à Soya Kyoshin)

Le fils d'Omuraji, le ministre Mononobe no Moriya, déclara que si les trois empereurs successifs avaient été emportés par l'épidémie, tout comme son propre père, c'était uniquement parce que des prières avaient été offertes au Bouddha. "Que chacun sache, ajouta-t-il, que le prince Shotoku, Soga no Umako et tous ceux qui révèrent le Bouddha, sont des ennemis de mon père et des empereurs défunts  ! " En entendant cela, les princes impériaux Anabe et Yakabe, avec leurs ministres et des milliers de leurs sujets firent tous alliance [avec Moriya]. Non seulement ils brûlèrent les images du Bouddha et les temples [dans lesquels elles se trouvaient], mais une bataille eut lieu au cours de laquelle Moriya périt. Au cours de la période de trente-cinq ans qui avait suivi l'introduction du bouddhisme au Japon, pas une seule année ne s'était écoulée sans que sévissent les trois calamités et les sept désastres, au nombre desquels les épidémies. Mais lorsque, Mononobe no Moriya ayant été tué par Soga no Umako, le pouvoir du Bouddha fut reconnu comme supérieur à celui des divinités [du Japon], tous les désastres cessèrent immédiatement.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Le Sutra du Lotus faisait partie des textes introduits au Japon à cette époque. Plus tard, toutefois, le prince Shotoku, fils du trente-deuxième souverain, l'empereur Yomei, envoya une mission en Chine pour qu'elle en ramène une autre copie du Sutra du Lotus, et il en propagea les enseignements partout au Japon. Depuis lors, plus de sept cents ans se sont écoulés.
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

Le bouddhisme fut pour la première fois introduit au Japon à partir de la Corée pendant le règne du 30ème empereur Kimmei. Pendant 30 ans, ou à peu près, après son introduction, il y eut des controverses sur les différences entre le shintoïsme et le bouddhisme. Le bouddhisme fut initialement propagé à travers tout le Japon par le prince Shotoku sous le règne du 34ème empereur, Suiko [593-628]. Les grands moines Hyekwan (Ekan) et Kwalluk (Kanroku) vinrent de Corée au Japon et propagèrent l’école Sanron.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Mille deux cents ans après la mort du Bouddha Shakyamuni, le Sutra du Lotus fut introduit en Chine, mais toujours pas au Japon (note). C'est plus de mille deux cents ans après la disparition du Bouddha, sous le règne du trentième empereur, Kimmei, que le bouddhisme fut pour la première fois introduit au Japon, en provenance de Paekche. De plus, depuis le jour où le prince Shotoku permit l'introduction du bouddhisme en provenance de Chine jusqu'à présent, pendant sept cents ans, tous les sutras, y compris le Sutra du Lotus, ont été largement propagés, du souverain au plus humble de ses sujets ; ceux qui ont l'esprit de recherche en sont venus à adhérer aux huit volumes, à un volume ou à un chapitre du Sutra du Lotus, pour exprimer la reconnaissance qu'ils doivent à leurs parents. Ainsi, les gens pensent qu'ils pratiquent véritablement le Sutra du Lotus. Mais leur bouche n'a jamais récité Namu Myoho Renge Kyo et, bien qu'ils semblent croire au Sutra du Lotus, en réalité ils n'y croient absolument pas.
La tortue borgne et le bois de santal flottant (Minobu le 26 mars 1279 à la femme de Matsuno)

Pourtant, aucun temple n'a pris pour objet de vénération le Shakyamuni qui atteignit la bodhéité dans le passé illimité accompagné des bodhisattvas Surgis de Terre qui sont ses disciples primordiaux. Dans aucun des trois pays il n'en fut question auparavant. Ceux qui ont fait construire par milliers de temples au Japon ne savaient pas qu'ils auraient dû prendre pour objet de vénération le Bouddha de l'enseignement essentiel* accompagné des quatre bodhisattvas. Même le prince Shotoku (note), lorsqu'il fit construire l'ancien temple Shitenno-ji, le premier temple bouddhique au Japon, prit pour objet de culte le bouddha Amida accompagné de bodhisattva comme Kannon, en y ajoutant des images des quatre Rois du Ciel.
Sur l'établissement des Quatre Bodhisattvas (Minobu, 17 mai 1279 à Toki Jonin)

Par exemple [lorsque le bouddhisme fut introduit au Japon], Moriya rendait un culte aux nombreuses divinités apparues au cours des sept règnes des divinités célestes et des cinq règnes des divinités terrestres. Il pria pour faire obstacle à la propagation du bouddhisme et pour que les textes confucianistes soient respectés comme auparavant. Par contre, le prince Shotoku choisit de vénérer le Bouddha Shakyamuni, Maître du Dharma, et adopta comme textes sacrés, le Sutra du Lotus et les autres sutras. Les deux parties luttèrent pour l'emporter, mais, en définitive, le culte des divinités fut vaincu et la victoire revint au Bouddha.
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

Puis, le quinzième jour du deuxième mois de la deuxième année du règne de l'empereur Bidatsu, le prince Shotoku, fils de l'empereur Yomei, se tourna vers l'est et récita Namu Shakyamuni Butsu, après quoi les reliques du Bouddha se matérialisèrent dans sa main. Durant la sixième année du règne de l'empereur Bidatsu, le prince lut et récita le Sutra du Lotus. Depuis lors, plus de sept siècles se sont écoulés, plus de soixante empereurs ont régné, et le bouddhisme, peu à peu, s'est répandu dans le Japon entier. Dans les soixante-six provinces et les deux îles, il est parvenu partout.
Lettre au nyudo Nakaoki (Minobu, le 30 novembre 1279 au nyudo Nakaoki et à son épouse)

 

 

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