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Extraits de gosho sur

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Hokke(école)
 

Question : Quelle est la pensée de l’école du Lotus (Hokkeshu)  ? Je réponds : Le sutra établit : “Dotés des trente-deux traits distinctifs, ce sera alors l’extinction authentique.”(réf.) Il dit encore  : “réaliser rapidement le corps de bouddha.”(réf.) Les écoles du Zen respectant le Bouddha en sa nature principielle, pensent être l’égal du Bouddha et tombent dans l’outrecuidance, en faisant des criminels voués à l’enfer avici. Pour cette raison, le Sutra du Lotus stipule : “Les moines outrecuidants tomberaient dans le grand puits."(réf.)
Les écoles du Zen disent : La Hokkeshu réfute le principe de l’inutilité des mots. Pour quelle raison alors, l’Eveillé a-t-il enseigné sans un seul mot (note ? Je réponds: vous citez le Sutra Lankavatara? Ne connaissez-vous donc pas les deux doctrines du Dharma présent à l’origine et du Dharma attesté  ? Si vous ne les connaissez pas il faut les étudier. De plus, l’autre sutra [Le Sutra des Sens infinis] réfute en disant “je n’ai pas encore révélé la vérité”. Pourquoi, dans ce cas me donner ces indications?
Dialogue avec les écoles du Zen (1255)

Si je réfléchis à partir de ces citations, je constate que les pratiquants des écoles Hokke (note) et Shingon n’en sont pas à un stade avancé, n’ont pas une foi solide, et récitent les sutras sans en connaître le sens, uniquement pour en retirer des profits et des honneurs. Le reliquat de leur faute, celle d’avoir dénigré le vrai Dharma dans leurs vies passées, subsiste toujours. En apparence ils pratiquent les enseignements du Hokke et du Shingon, mais dans leur cœur ils adhèrent au Senjaku-shu, récitant seulement "Namu Amida Butsu".
Sainan Koki Yurai - La cause des désastres (Kamakura, février 1260)

La Chine et la Corée s’étant converties au Zen et au bouddhisme de la Terre Pure (Jodo), les divinités protectrices ont abandonné ces contrées, laissant les Mongols les conquérir. Au Japon également, ces enseignements pernicieux du Zen et de Jodo se propagent et l’enseignement Hokkeshu a été délaissé.
Réponse au seigneur Ota Kingo (1269 ou 1270 à Ota Kingo (Jomyo)

Le passage concernant "les moines habitant la forêt et vivant retirés" désigne les [moines des] temples Kencho-ji, Jufuku-ji, Gokuraku-ji, Kennin-ji, Tofuku-ji et les autres temples des écoles Zen, Ritsu, et Nembutsu au Japon. Ces temples démoniaques sont apparus dans le monde pour détruire les temples bouddhiques du Mont Hiei et les autres temples de l'école Hokke-Tendai.
Réponse au seigneur Hakiri Saburo (Sado, 3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)

Pourtant, il est dit, dans le Hokke Shuku [de Saicho*]  : "Shakyamuni a enseigné qu'il était facile de croire au superficiel mais difficile de croire en ce qui est profond. Écarter le superficiel pour rechercher ce qui est profond exige du courage. Le Grand-maître* Zhiyi* eut confiance en Shakyamuni, suivit fidèlement son enseignement, défendit les principes de l'école Hokke et les propagea à travers toute la Chine. Nous autres, qui avons hérité de la doctrine de Zhiyi*, représentons l'école Hokke du Mont Hiei et travaillons à répandre ses enseignements partout au Japon."
Le pratiquant du Sutra du Lotus rencontrera des persécutions (Sado, 14 janvier 1274 à Toki Jonin, Shijo Kingo, Kawanobe et Yamato Ajari)

Les écoles Ritsu et de Tendai-Hokke ont été introduites au Japon par le Vénérable Jianzhen (Ganjin) sous le 46e empereur Koken. Ganjin ne propagea, en fait, que la doctrine Ritsu, excluant le Tendai-Hokke.
[...] Durant le règne du 50e souverain, l’empereur Kammu, un sage nommé Saicho* fonda la Hokkeshu, supérieure aux autres écoles bouddhiques, et défia au cours d’un débat les six écoles de Nara  : Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron et Kegon. Le Grand-maître* Saicho* apprit l’existence de l’école bouddhique Shingon en Chine. Il s’y rendit en 804 (la 23e année de la ère Enryaku) pour étudier et transmettre quatre écoles bouddhiques. Il étudia les écoles mahayana Tian-tai, Zhenyan, Chan et Ly-zong. Après quoi, il s’en retourna au Japon, pour n’y propager que les doctrines mahayana Hokke et Ritsu, sans mentionner le Zen. En effet, Saicho* ne reconnu pas l’indépendance de cette dernière école, tout comme pour celle du Shingon, se contentant de permettre aux moines des sept grands temples de Nara d’accomplir le rite ésotérique nommé "cérémonie d'ondoiement". Ne connaissant pas la véritable intention du Grand-maître*, le peuple supposa alors qu’il n’avait approfondi que l’école de Tendai-Hokke, en délaissant la doctrine de l’ésotérisme du Shingon.
[...] Il fut ainsi permis au Shingon de se développer sur le Mont Hiei et il devint coutumier par la suite que les administrateurs principaux (dai-sojo) du Tendai étudient simultanément les doctrines du Lotus et du Shingon. Néanmoins, puisque la Hokkeshu était comparée à la lune et le Shingon au soleil, le peuple présumait que les enseignements du Shingon étaient supérieurs. En tous les cas, les principaux prêtres du Mont Hiei étudiaient aussi bien le bouddhisme Tendai que celui du Shingon, comme tout les autres prêtres de la montagne.
[...] Durant le règne de l’empereur Montoku, le Vénérable Enchin (Grand-maître* Chisho) se rendit dans la Chine des Tang. Après y avoir suivi les deux écoles de bouddhisme du Tian-tai et du Shingon, il revint au Japon en 858 (2e année de l’ère de Tenet’an). Le Vénérable Enchin maîtrisait non seulement les bouddhismes Hokke et Shingon, sous la conduite de Gishin (Premier Grand-patriarche du Mont Hiei), d’Encho*, deuxième Grand-patriarche du Mont Hiei, de Kojo*, et d’Ennin*, troisième Grand-patriarche, ainsi que la doctrine Shingon du temple To-ji.
[...] Au Japon, des prêtres tels que Kukai*, Ennin* et Enchin, sans parler des autres prêtres shingon, transmirent la doctrine erronée du bouddhisme shingon, propagé par Shubhakarasimha* et d’autres, sans savoir que ceux-ci étaient des diffamateurs du Véritable Dharma. Pendant un temps, les bouddhistes shingon du Japon se querellèrent avec ceux de l'Ecole Tendai-Hokke. Celle-ci a peu à peu décliné jusqu’à ce que le bouddhisme shingon domine entièrement le Mont Hiei, au moment où Myoun devenait le 55e Grand-patriarche (zasu) du temple Enryaku-ji, durant le règne du 81e souverain, l’empereur Antoku
Souverains de notre pays (Minobu, février 1275)

Sous le règne du même empereur, le moine Ganjin vint de Chine, apportant avec lui l'enseignement des écoles Tendai et Ritsu. Il propagea l'enseignement de l'école Ritsu et fit construire le sanctuaire du Hinayana au Todai-ji, mais mourut sans avoir mentionné une seule fois le nom de l'école Hokke.
[...] Après la disparition du Grand-maître* Saicho*, les moines du To-ji, des sept temples de Nara, du Onjo-ji aussi bien que des autres temples du Japon tout entier proclamèrent l'école Shingon supérieure à l'école Tendai, et tous, des personnes du plus haut rang jusqu'à celles dont la condition était la plus modeste, en furent persuadés. Ainsi le véritable esprit de l'école Tendai-Hokke ne fleurit véritablement que du vivant du Grand-maître* Saicho*. Saicho* vécut à la fin de l'époque du Dharma formel, dans la période qui correspond à ce que le Sutra Daijuku appelle l'ère de la construction des temples et des stupas.
[...] Ainsi, l'école Hosso fut un temps florissante au Japon. Mais le Grand-maître* Saicho* l'a réfutée en faisant remarquer que, si la langue de Kumarajiva n'avait pas brûlé, celle de Xuanzang et celle de Ci-en avaient été réduites en cendres avec le reste de leur corps. Impressionné par cet argument, l'empereur Kammu se convertit à l'école Tendai-Hokke.

[...] Shakyamuni enseigna que "le superficiel est facile à saisir mais le profond, difficile." Abandonner le superficiel pour rechercher ce qui est profond demande du courage, c'est l'esprit de "rechercher le Bouddha" (jobu). Le Grand-maître* Zhiyi*, en suivant fidèlement Shakyamuni, a contribué à la propagation de l'école Hokke en Chine. Nous, la famille du Mont Hiei, en succédant à Zhiyi*, contribuons à la propagation de l'école Hokke au Japon."
se convertit à l'école Tendai-Hokke.
[...] De plus, dans un ouvrage intitulé Ojo Juin [Définition des dix causes qui permettent de renaître dans la Terre pure] Yokan, de l'école Sanron, est du même avis. Il dit que, si les enseignements des écoles Hokke et Shingon sont totalement rejetés au profit de la récitation exclusive du Nembutsu, dix personnes sur dix, cent personnes sur cent pourront renaître dans la Terre pure."
[...] Annen, établit, dans son ouvrage intitulé Kyojijo Ron, une classification des neuf écoles donnant la première place au Shingon, la deuxième au Zen, la troisième à l'école Tendai-Hokke, la quatrième au Kegon, etc. A cause de cette redoutable erreur d'interprétation, l'école Zen parvint à répandre ses enseignements à travers tout le Japon et le pays est au bord de la ruine.
[...] Aujourd'hui, le shogunat de Kamakura est au sommet de sa prospérité. Les moines Shingon du To-ji, ceux du Mont Hiei, du Honjo-ji et des sept temples principaux de Nara, ainsi que les moines de l'école Hokke qui ont oublié les principes de leur propre école et s'opposent au Dharma, tous s'en vont vers l'est, dans la région de Kanto (note), où ils inclinent la tête, plient les genoux et s'efforcent de diverses manières de gagner les faveurs des samouraïs. En retour, ils obtiennent des positions de supérieur ou d'administrateur des divers temples et monastères de montagne.
[...] Le Grand-maître* Saicho* déclara : "L'école Tendai-Hokke est supérieure à toutes les autres écoles, en raison du Sutra sur lequel elle s'appuie. Par conséquent, lorsqu'elle se dit supérieure, ce n'est pas pour chanter ses propres louanges ni pour dénigrer les autres écoles."(réf.)
Le Grand-maître* Saicho* a déclaré : "Il faut savoir que les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles ne sont pas les plus élevés. Par conséquent, ceux qui croient dans ces sutras ne sont pas non plus les meilleurs. Mais, puisque l'école Tendai-Hokke croit dans le sutra le plus élevé, ceux qui croient dans le Sutra du Lotus sont les premiers parmi la multitude. Ce sont là les mots mêmes du Bouddha. Comment cela pourrait-il être un simple éloge de soi-même  ? "(réf.)
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Le Sutra du Lotus, Véhicule suprême, est l'enseignement d'or des Trois sages. Comme un joyau sans pareil, il occupe le rang le plus élevé parmi tous les enseignements du passé, du présent et du futur. Il est dit dans le Sutra du Lotus : "ce Sutra est supérieur à tous les autres sutras", et "le Sutra du Lotus est le plus élevé de tous les enseignements." Le Grand-maître* Saicho* déclara que [de toutes les écoles au Japon], l'école Hokke est la seule et unique "qui ait été fondée par le Bouddha Shakyamuni lui-même."
La Guérison des Maladies Karmiques (Minobu, 3 novembre 1275, à Ota Jomyo)

Au Japon, l'enseignement correct du Sutra du Lotus s'est perdu et tous ses habitants, sans aucune exception, sont donc destinés à tomber dans les mauvaises voies. [La raison en est que] sur chaque montagne, à côté de chacun des temples de l'école Hokke-Tendai se trouve invariablement un temple de l'école Shingon, de même que l'ombre suit le corps. Ainsi, à la pratique correcte du Sutra du Lotus, est adjointe la pratique shingon des dix-huit voies, et à la pratique du repentir [par la récitation du Sutra du Lotus] se mêle la récitation du Sutra Amida. Et, au cours de la cérémonie de consécration des patriarches, le rituel du Shingon prédomine, tandis que celui du Sutra du Lotus est relégué au second plan.
Moines du temple Seicho-ji (Minobu, le 11 janvier 1276 aux moines du temple Seicho-ji)

Sous le règne du quarante-quatrième souverain, l'impératrice Gensho, un religieux venu d'Inde [Shubhakarasimha*] introduisit le Sutra Vairocana*  ; et, à l'époque du quarante-cinquième souverain, l'empereur Shomu, le moine Ganjin, venu de Chine, introduisit l'école Ritsu au Japon. Il apportait aussi avec lui des exemplaires du Hokke Gengi, du Hokke Mongu*, du Maka Shikan, du Jomyo Sho, et d'autres ouvrages de l'enseignement de Zhiyi*. Mais il ne propagea pas l'enseignement des écoles Shingon et Hokke.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Je découvris qu'il y avait dix brillants miroirs qui reflètent les doctrines sacrées exposées par le Bouddha tout au long de sa vie. Ce sont les dix écoles du bouddhisme que l'on appelle Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Shingon, Kegon, Jodo, Zen et Tendai-Hokke. Les lettrés d'aujourd'hui pensent qu'avec ces dix écoles pour guides éclairés il est possible de comprendre le coeur de tous les sutras, et proclament que ces dix miroirs réflètent tous de manière correcte la voie enseignée par le Bouddha.
[...] Le Grand-maître* Saicho*, cependant, réalisa qu'il s'agissait là d'une erreur de la part de Shubhakarasimha*, et comprit que le Sutra Vairocana* était inférieur au Sutra du Lotus. C'est pourquoi il renonça à établir une huitième école fondée sur les enseignements shingon et préféra les incorporer aux enseignements de la septième école du Japon, l'école Hokke, après leur avoir retiré le nom de Shingon-shu. Il déclara que le Sutra Vairocana* devait être considéré comme un sutra supplémentaire de l'école Tendai-Hokke, et le situa au même niveau que les sutras Kegon*, Sutra Daibon hannya (note) et du Nirvana. Mais la question de savoir s'il fallait ou non établir un sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes menant à l'Eveil parfait et immédiat, élément d'une grande importance pour le Mahayana, suscitait à l'époque de vives polémiques au Japon.
[...] Pourtant, dans un ouvrage intitulé Ebyo Shu, il établit clairement que l'école Shingon avait volé les principes corrects de l'école Hokke-Tendai pour les incorporer à sa propre interprétation du Sutra Vairocana*, afin de déclarer les deux écoles équivalentes au niveau théorique. En réalité, l'école Shingon avait donc été vaincue par l'école Hokke-Tendai.
[...] Le Grand-maître* Zhiyi*, en suivant fidèlement le Bouddha Shakyamuni, a contribué à la propagation de l'Ecole Tian-tai en Chine. [Nous, ] la famille du Mont Hiei, en succédant à Zhiyi*, contribuons à la propagation de l'école Hokke au Japon."
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

L'école Hokke est celle qui fut fondée par Shakyamuni. Nous le savons parce qu'il a déclaré : "Parmi tous les sutras que j'ai enseignés par le passé, que j'enseigne maintenant et que j'enseignerai à l'avenir, le Sutra du Lotus est le plus élevé."(réf.) Ce sont les mots prononcés par le Bouddha Shakyamuni lui-même. C'est pourquoi on appelle l'école fondée par le Bouddha, l'école Hokke, ou encore l'école Tendai. Ainsi on lit, dans un commentaire du Grand-maître* Saicho*  : "L'école Hokke [dont Zhiyi* clarifia l'enseignement] est celle qui fut fondée par Shakyamuni, l'Honoré du monde."(réf.) Le Sutra du Lotus est le seul dans lequel on trouve un passage concernant tous les autres sutras que le Bouddha "a enseignés, enseigne maintenant et enseignera". Ici, "a enseignés" désigne les divers sutras exposés par le Bouddha pendant les quarante et quelques années précédant l'enseignement du Sutra du Lotus.
[...] Ceux qui déclarent leur propre sutra supérieur au Sutra du Lotus ou leur propre école supérieure à l'école Hokke ressemblent à des personnes de basse condition traitant un noble de roturier, ou à des domestiques dont la famille est depuis des générations au service d'un seigneur et qui prétendent soudain que c'est ce dernier qui est à leur service. Comment pourraient-ils échapper aux rétributions négatives ?
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Le Grand-maître* Kukai*, fondateur de l'école Shingon au Japon, a déclaré : "Le Sutra du Lotus, lorsqu'on le compare aux sutras Kegon* et Vairocana*, non seulement constitue une voie différente, mais n'est que théorie puérile, et le bouddha qui l'a exposé réside encore dans le domaine de l'obscurité." Il a aussi affirmé : "Le Grand-maître* Zhiyi*, de l'école Hokke, et d'autres n'ont eu de cesse de voler le ghee."
[...] Comment se fait-il que le moine Ryokan - qui observe tous les préceptes et toutes les règles, qui maîtrise les doctrines Hokke et Shingon, et dont la compassion est proverbiale - ne réussit pas à faire tomber la pluie en sept jours, même assisté par des centaines de ses disciples  ? Pensez-y : celui qui ne peut pas traverser un fossé de trois mètres, comment pourrait-il traverser un fossé deux à trois fois plus large  ? Si vous êtes incapable de faire tomber la pluie, ce qui est facile, comment pouvez-vous parvenir à la renaissance et à la bodhéité dans la Terre pure, ce qui est difficile ?
[...] Plus de quatre cents ans se sont maintenant écoulés depuis que cet enseignement nuisible qu'on appelle Shingon a été introduit au Japon. Le Grand-maître* Saicho* le rapporta de Chine dans la vingt-quatrième année de l'ère Enryaku (805), mais il le considéra comme peu souhaitable pour ce pays, et ne lui accorda donc pas le statut d'une école à part entière, le désignant seulement comme un enseignement provisoire de l'école Tendai-Hokke.
Lettre de pétition de Yorimoto (
Minobu, le 25 juin 1277, requête au seigneur Ema au nom de Shijo Kingo)

Rabaisser, comme ils le font, Nichiren, qui est semblable à un roi-lion, sans l'avoir jamais vu ni entendu, est totalement insensé  ! Que des adeptes de l'école Tendai-Hokke récitent eux-même Namu Myoho Renge Kyo tout en approuvant la psalmodie du Nembutsu chez les autres est déjà chose étrange. Et, non contents de ne pas leur faire de remontrances, ils calomnient celui qui réfute l'école Nembutsu, ce qui est plus étrange encore!
Le troisième enseignement (Minobu, 1er octobre 1277, à Toki Jonin)

Saicho* aspirait à la méditation parfaite, à la sagesse parfaite et aux préceptes parfaits menant à l'Eveil parfait sans supérieur et immédiat selon l'école Tendai. Il semble bien qu'il jugea incorrecte l'utilisation du terme "école" pour désigner le Shingon comme une doctrine distincte de l'école Tendai. Dans le mémorandum qu'il adressa à la cour impériale, il mentionne les pratiques shikan (concentration et intuition) et shingon (la discipline de Vairocana) de l'école Tendai-Hokke. Et le serment concernant les préceptes transmis par Saicho* à son disciple Ennin* parle, en fait, des "shikan et shingon de l'école Tendai-Hokke", en évitant clairement l'emploi du terme "école Shingon". L'école Tendai-Hokke est considérée comme fondée par le Bouddha, établie par le Bouddha Shakyamuni lui-même. L'école Shingon fut l'invention de personnes ordinaires, et ses maîtres et lettrés des époques ultérieures furent ceux qui commencèrent à utiliser les termes "école Shingon" pour se désigner eux-mêmes. Toutefois, ils attribuèrent la fondation de leur école au bouddha Vairocana* et au bodhisattva Maitreya. Mais seule l'école qui se consacre exclusivement au Sutra du Lotus correspond aux véritables intentions du Bouddha Shakyamuni.
[...] L'école Tendai-Hokke est considérée comme fondée par le Bouddha, établie par le Bouddha Shakyamuni lui-même. L'école Shingon fut l'invention de personnes ordinaires, et ses maîtres et lettrés des époques ultérieures furent ceux qui commencèrent à utiliser les termes "école Shingon" pour se désigner eux-mêmes. Toutefois, ils attribuèrent la fondation de leur école au bouddha Vairocana* et au bodhisattva Maitreya. Mais seule l'école qui se consacre exclusivement au Sutra du Lotus correspond aux véritables intentions du Bouddha Shakyamuni.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Par contre, le principe central de l'école Hokke est celui d'ichinen sanzen qui révèle que le bien et le mal restent inhérents à la vie de tous, y compris de ceux qui sont parvenus à l'étape la plus élevé, celui de l'Eveil parfait sans supérieur [myogaku]. La nature fondamentale de la bodhéité se manifeste sous la forme de divinités bouddhiques telles que Bonten et Taishaku, l'obscurité fondamentale se manifeste sous la forme du Démon du sixième Ciel.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Question : Il y a dix écoles [bouddhiques] au Japon, telles que Kusha, Jojitsu, Ritsu, Hosso, Sanron, Kegon, Shingon, Jodo, Zen, et Hokke. L’objet de culte, pour ces écoles, varie. L’objet de culte dans trois écoles du Hinayana, telles que Kusha, Jojitsu, et Ritsu, est le bouddha de la Manifestation inférieure (retsu-ojin). L’objet de culte dans deux écoles, Hosso et Sanron, est le bouddha de Manifestation supérieure (sho-ojin). L’école Kegon vénère Vairocana comme son objet sacré. Vairocana est considéré comme le Corps de sagesse* du Bouddha Shakyamuni. L’objet de culte dans l’école Shingon est Vairocana-Dainichi et celui de l’école Jodo est le bouddha Amida. L’objet de culte de l’école Zen est le Bouddha qui a atteint l’Eveil sous l’arbre bodhi, nommément le Bouddha Shakyamuni. Toutes ces écoles et groupes montrent l’image de Bouddha comme leur objet de culte, mais pourquoi est-ce que l’école Hokke est la seule qui a le Sutra du Lotus comme son objet de culte ? Réponse : D’autres écoles montrent la statue du Bouddha comme leur objet de culte, mais l’école Hokke a sa propres raisons significatives de vénérer le Sutra du Lotus comme son objet sacré.
[...] Au Japon, Enchin étudia les enseignements de six écoles, y compris les écoles Sanron et Hosso, en plus des enseignements de l’école du Sutra du Lotus (Hokkeshu) et de l’école Shingon auprès de Maître Gishin*, d'Ennin*, d’Encho* et de Kojo*, disciple de Saicho*.
[...] Le bouddhisme se propagea peu à peu, ce qui provoqua des controverses entre hinayanistes et mahayanistes, et entre enseignements provisoires (gonkyo) et définitif (jikkyo). Mais, en réalité, il n’y avait pas de grandes différences entre eux. Six cents ans après que le bouddhisme fut introduit en Chine, sous le règne de l’empereur Genso, trois Maîtres, Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra*, vinrent d’Inde et fondèrent l’école Shingon. En conséquence, les écoles Kegon et Hokke devinrent extrêmement impopulaires. Depuis les empereurs jusqu’au peuple en général, chacun avait l’impression que l’enseignement Shingon et le Sutra du Lotus étaient aussi différents que la lumière et l’obscurité. A l'ère Wado (708-715) naquit Zhanlan* [711-782]. Bien qu’il ait considéré que le Sutra du Lotus était supérieur au sutras de l’école Shingon, il considéra aussi qu’il n’était pas besoin d’en faire état. Par conséquent, les gens furent dans l’impossibilité de savoir quelle école était supérieure, l’école Hokke ou l’école Shingon.
[...] En juillet 804, le Grand-maître* Saicho* sur instruction de l’empereur Kammu, partit en Chine, où il rencontra le moine Daosui (Dosui) et le Grand-maître* Xingman (Gyoman), qui étaient tous les deux des disciples du Grand-maître* Zhanlan*. Sous leur supervision, le Grand-maître* Saicho* étudia l’enseignement du Maka Shikan de l’école Hokke et apprit aussi les Règles de conduite des bodhisattvas, qui avaient été enseignées par le Grand-maître* Daoxuan, fondateur de la branche Nanchan de l'école Lu (Ritsu) en Chine
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Mais l'empereur Kammu, souverain sage, voulut savoir qui avait raison, et, ayant clairement perçu la vérité à ce sujet, conclut que les six écoles de Nara étaient dans l'erreur. Il fit alors construire, sur le Mont Hiei, un temple qui fut le premier centre de l'école Tendai-Hokke. Et il ne se contenta pas d'établir un sanctuaire pour l'ordination selon les préceptes de l'Eveil parfait sans supérieur ; il déclara aussi l'école Hokke supérieure aux six écoles plus anciennes liées aux sept temples principaux de Nara et aux quinze grands temples du Japon.
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

Le Grand-maître* Jizang écrivit le Hokke genron* en dix volumes, et aurait dû pour cela tomber dans l'enfer avici. Mais il abandonna ses interprétations personnelles du Sutra du Lotus et servit le Grand-maître* Zhiyi*, si bien qu'il échappa ainsi aux souffrances de l'enfer. Il en va de même pour les adeptes de l'école Hokke aujourd'hui. Le Mont Hiei devrait être la forteresse du Sutra du Lotus, et le Japon devrait être un pays entièrement consacré à l'enseignement du Véhicule unique. Mais le Grand-maître* Ennin* a usurpé la position de grand patriarche de l'école devant garantir la fidélité au Sutra du Lotus, et il s'est transformé en un grand patriarche du Shingon, la totalité des trois mille moines de la montagne devenant ses disciples. Le Grand-maître* Kukai* détourna à son profit la protection de l'empereur Saga, auparavant bienfaiteur de l'école Hokke, et changea le palais impérial en un temple de l'école Shingon.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

Dans ce pays, nombreux étaient les adeptes d'enseignements non bouddhiques, comparables aux tenants du Zen, du Nembutsu, du Shingon et du Ritsu de nos jours. On trouvait aussi des disciples du Bouddha semblables aux adeptes de l'école Hokke à notre époque. Ces deux groupes étaient en très mauvais termes, aussi antagonistes que l'eau et le feu, ou aussi hostiles que les deux peuples de Hu et de Yue (note).
Réponse à la mère du seigneur d'Ueno (Minobu, octobre 1280 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

On lit dans le Hokke Shuku du Grand-maître* Saicho*  : "Sachez que, parmi les sutras sur lesquels s'appuient les autres écoles, aucun ne contient le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence. Même si certains d'entre eux semblent y faire vaguement allusion, cela ne concerne que des personnes parvenues à la huitième* des dix étapes de développement* ou au-dessus. Ces sutras ne reconnaissent pas la possibilité d'atteindre la bodhéité sous la forme d'un simple mortel*. Seule l'école Tendai-Hokke énonce clairement ce principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence."
Le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence (Minobu, en 1280, à Myoichinyo)

 

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