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Extraits de gosho sur

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trois preuves

Sur quel sutra vous appuyez-vous  ? J'aimerais savoir quels passages vous servent de preuves." L'hôte répondit : "On pourrait citer de multiples passages et offrir quantité de preuves. Ainsi, on peut lire dans le Sutra Konkomyo : " [Les quatre Rois du Ciel dirent au Bouddha : ] Ce sutra existe bien dans le pays, mais les gouvernants n'ont jamais autorisé sa propagation. Leur coeur s'en détourne, et ils ne prennent aucun plaisir à entendre ses enseignements. Ils ne le servent pas, ne le respectent pas, ne l'admirent pas. Ils n'ont pas non plus l'intention d'accorder leur respect ou un soutien matériel aux quatre sortes de bouddhistes qui adhèrent au sutra.
[...] Cela étant dit, il faut réfléchir au fait que Honen vécut sous le règne de l'empereur Go-Toba, à l'ère Kennin [1201-1203]. Et, comme chacun sait, en 1221, l'empereur retiré Go-Toba ne parvint pas à rétablir l'autorité du trône. Ainsi, la Chine a déjà prouvé que les enseignements de la Terre pure ont provoqué la chute d'un empereur, et notre pays offre une preuve similaire (note). Vous ne devriez pas en douter ou penser qu'il ne s'agit que d'une simple coïncidence. La seule chose à faire maintenant est d'abandonner les voies démoniaques pour aller vers la voie correcte, de tarir la source du malheur, d'en couper la racine  ! "
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Zhiyi* a établi  : "Ce qui est profond et en accord avec les sutras, il faut le croire et le mettre en pratique, mais n'accordez aucune foi à ce qui n'offre ni preuve littérale ni preuve théorique."(réf.) Et il dit aussi : "Toute affirmation qui n'est pas fondée sur une preuve littérale doit être dénoncée comme fausse."(réf.) Comment interprétez-vous semblables déclarations ?
A vrai dire, Zhiyi* établit que l'atteinte de la bodhéité par les personnes des deux véhicules est la preuve que tous les êtres humains sans exception peuvent devenir bouddha.
C'est ce qui permit à la fille du Roi-Dragon, âgée de huit ans, de sortir des profondeurs de la mer et de donner instantanément la preuve du pouvoir de ce Sutra ; et au bodhisattva Jogyo, de l'enseignement essentiel*, d'émerger de sous la terre profonde et de prouver l'inconcevablement longue durée de la vie du Bouddha. Ce sutra, le Sutra du Lotus, est le roi des sutras, que les mots ne parviennent pas à décrire, le Dharma merveilleux que l'esprit n'a pas le pouvoir de saisir.
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (Kamakura ? mars 1263 ? à Nichiji ?)

L'ignorant regarda le croyant laïque avec perplexité et lui dit : "La preuve littérale et la preuve concrète confirment bien vos dires. Mais, dans ce cas, quelle sorte d'enseignement bouddhique faut-il pratiquer pour se libérer des souffrances de la naissance et de la mort, et pour rapidement parvenir à la bodhéité ?
[...] Et c'est pourquoi, quand le Grand-maître* Saicho* du temple Enryaku-ji attaqua les enseignements des autres écoles, il les réfuta en disant : "Nous avons la preuve, parce que la langue du Savant-maître* Kumarajiva, le traducteur du Sutra du Lotus, n'a pas été consumée par les flammes. Les sutras sur lesquels vous vous appuyez sont tous dans l'erreur! "
[...] Mais nulle part dans les sutras et les traités nous ne trouvons la plus petite preuve pour appuyer l'allégation que le Sutra du Lotus est inférieur au Sutra Vairocana*.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

C'est une question qui concerne toutes les femmes et qu'elles ne manquent jamais de poser. Par le passé également, beaucoup se sont intéressés à ce problème particulier aux femmes. Mais parce que les enseignements sacrés exposés par le Bouddha de son vivant ne mentionnent rien à cet égard, personne n'a jamais pu fonder sa réponse sur des preuves écrites. Dans l'étude que j'ai faite moi-même des enseignements sacrés, j'ai bien trouvé certaines interdictions explicites concernant la consommation d'alcool, de viande ou des cinq mets épicés, et certains actes sexuels, considérés comme impurs à certaines dates spécifiques du mois, mais je n'ai jamais trouvé aucun passage des sutras ou des traités faisant état de restrictions liées à la menstruation.
Sur la récitation des chapitres Hoben et Juryo (Kamakura - 1264, à la femme de Hiki Daigaku Saburo Yoshimoto)

Comme cette affirmation éveillait mes doutes, j'ai fait des recherches dans les sutras. J'ai découvert que même si l'on trouve [dans les sutras du Shingon] les termes "atteindre la boddheité sans changer d'apparence" (sokushin jobutsu) aucun exemple de personne y étant parvenue n'en apportait la preuve. Et même si c'était le cas, puisque ce principe est également enseigné dans le Sutra du Lotus, il n'est pas juste de dire "ce principe fait défaut à tous les autres sutras et n'est nulle part ailleurs mentionné". C'est une grossière erreur.
Réponse à Hoshina Goro Taro (5 décembre 1267 à Hoshina)

Mais, ensuite, nous sommes entrés dans l'époque des Derniers jours du Dharma. C'est à ce moment-là qu'est apparu un homme plus sage que les maîtres ou les fondateurs de doctrine en qui on avait eu confiance jusqu'alors. Il a commencé à mettre en doute les principes enseignés par ces maîtres et à les réfuter point par point, soulignant qu'ils s'écartaient des sutras sur lesquels s'appuyaient leurs écoles, ou clarifiant, à la seule lumière des divers sutras, le fait que, en exposant leurs enseignements, ils n'avaient su distinguer ni l'ordre dans lequel le Bouddha les avait exposés de son vivant, ni leur degré relatif de profondeur ou de superficialité. Ainsi attaqués, les tenants de ces doctrines ont été incapables de protéger les enseignements erronés de leurs écoles, et n'ont su que répondre. Certains, dans leur doute, ont déclaré que les fondateurs de leur doctrine et les maîtres qu'ils suivaient avaient dû connaître les preuves littérales, dans les sutras ou les traités, qui fondaient leurs principes, mais qu'eux-mêmes, ne possédant pas la même sagesse, ne pouvaient pas donner les bonnes réponses. D'autres, également dans le doute, dirent que leurs maîtres avaient été de grands sages des temps anciens, mais qu'ils n'étaient eux-mêmes que des ignorants de l'époque des Derniers jours du Dharma. Ainsi, ils ont convaincu des personnes vertueuses ou de position élevée de s'allier avec eux, et [s'opposant à celui qui met en doute leurs croyances] ils n'éprouvent que haine et jalousie [à l'égard du Pratiquant du Sutra du Lotus].
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Et, preuve que nous vivons bien dans une époque de chaos et de confusion, sans me permettre de m'exprimer dans un débat public, on m'envoie en exil, et ma vie même se trouve menacée.
[...] 2 Il serait donc vain d'espérer l'obtenir pour ses parents. La possibilité existe en théorie mais elle n'est illustrée par aucun exemple concret. Ce n'est qu'avec l'enseignement du Sutra du Lotus, qui décrit l'atteinte de la bodhéité par la fille du Roi-Dragon, qu'est donnée la preuve que toutes les mères du monde peuvent devenir bouddha. Et lorsqu'il fut révélé que même un homme mauvais comme Devadatta pouvait atteindre la bodhéité, il devint évident que tous les pères du monde pouvaient devenir bouddha.
[...] 2 Certains maîtres Zen se consacrent entièrement à la méditation, qui est l'un des dix éléments de mon enseignement. Mais leur méditation est superficielle et fausse, et ils négligent totalement les neuf autres éléments. Je n'affirme pas cela sans preuves. Les hommes vertueux des époques à venir qui auront des yeux pour voir comprendront la vérité de mes propos."
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Question - En examinant les preuves théorique et littérale que vous venez d'apporter, je vois bien que, tant qu'il y aura un soleil et une lune dans le ciel, des plantes et des arbres sur la terre, des jours succédant aux nuits dans notre pays, tant que la terre ne sera pas sens dessus dessous et que les marées de l'océan connaîtront flux et reflux, il ne fait aucun doute que ceux qui ont foi dans le Sutra du Lotus verront leurs prières se réaliser en ce monde, et qu'ils bénéficieront de conditions favorables dans leurs existences futures.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Dans le Sutra Amida, il est dit que les bouddhas recouvrirent de leur langue un système de mondes majeur, mais c'est une simple affirmation qui ne recouvre aucune vérité. Le Sutra Hannya* rapporte que, lorsqu'il exposa ce sutra, la langue du Bouddha recouvrit un système de mondes majeur en irradiant une lumière infinie. Cela n'est pourtant pas comparable à la preuve donnée dans le chapitre Jinriki* (XXI). Parce que ces deux sutras ne sont que des enseignements préparatoires, ils ne révélèrent pas la bodhéité atemporelle du Bouddha.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Les pensées du Bouddha sont difficiles à sonder. En vérité, je suis moi-même encore incapable de le faire. Toutefois, nous pouvons essayer de comprendre, en partant du bouddhisme hinayana. Pendant les mille ans de l'époque du Dharma correct, le Hinayana était parfaitement doté des trois éléments, enseignement, pratique et preuve. Dans les mille ans du Dharma formel qui suivirent, seuls l'enseignement et la pratique demeurèrent, mais il n'y eut plus aucune preuve. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, l'enseignement demeure, mais il n'y a ni pratique ni preuve. Examinons cela du point de vue du Sutra du Lotus : dans les mille ans du Dharma correct, les personnes qui possédaient ces trois éléments (enseignement, pratique et preuve) avaient probablement créé un lien par leur foi avec le Sutra du Lotus, du vivant du Bouddha.
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

Une preuve supplémentaire qu'obscurité et Eveil constituent fondamentalement une réalité unique se trouve dans le passage du Sutra du Lotus  : "Tous ces phénomènes sont des aspects d'un Dharma immuable, et toutes les caractéristiques du monde sont éternelles."(réf.) Il est dit dans le Daichido Ron  : "L'Eveil et l'obscurité ne sont pas deux choses différentes, deux réalités distinctes. Comprendre cela, c'est ce que l'on appelle la Voie du milieu."
[...] De nombreux passages apportent la preuve littérale que le principe mystique de la nature essentielle des phénomènes possède deux aspects, impur et pur. Mais aucun n'est plus clair que celui du Sutra Kegon* dans lequel il est dit : "Entre son propre esprit, le Bouddha et tous les êtres vivants, il n'y a aucune distinction à établir", ou le passage du Sutra du Lotus décrivant "le véritable aspect de tous les phénomènes".
[...] Comme preuve [littérale] nous pouvons citer le passage suivant du Sutra Muryogi : " Puis j'ai exposé les douze catégories de sutras Hodo*, le Sutra Makahannya et l'enseignement Kegon de 'la méditation du reflet sur l'océan' décrivant les nombreux kalpas de la pratique de bodhisattva."
[...] De plus, une preuve tangible de l'essence est donnée par l'exemple des trois sortes de bouddha décrits dans le chapitre Hoto* (XI), par les bodhisattvas Surgis de Terre et par l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence de la fille du Roi-Dragon. Pourquoi les bodhisattvas Surgis de Terre en offrent-ils une preuve concrète  ? Parce qu'il est dit, dans un passage du Sutra du Lotus : "Comme la fleur de lotus dans l'eau d'un étang boueux, ils ne sont pas souillés par les choses de ce monde."(réf.)
[...] Les trente-trois manifestations du bodhisattva Myoon* et les trente-trois manifestations du bodhisattva Kannon constituent des preuves supplémentaires. Car, comme il est dit dans le commentaire de Zhanlan*  : "S'ils n'avaient pas obtenu le pouvoir mystérieux de la parfaite liberté d'action donné par la méditation sur le Sutra du Lotus, comment pourraient-ils se manifester en ces trente-trois corps différents  ? "(réf.)
[...] Ces passages sont les preuves littérales avancées par les lettrés de notre temps. Mais pour ma part, je trouve plus probant le passage du chapitre Hoben* (II) sur le véritable aspect de tous les phénomènes, et le passage en quatre strophes du chapitre Jinriki* (XXI) mentionnant "tous les principes maîtrisés par l'Ainsi-venu."(réf.) Ce dernier passage est également cité dans le commentaire du Grand-maître* Zhiyi* formulant cinq principes majeurs pour comprendre le Sutra du Lotus. Par conséquent, ce passage précis [du chapitre Jinriki* (XXI)] me semble la preuve irréfutable que c'est bien l'essence du Dharma merveilleux qui est désignée.
[...] Question. Les preuves littérales et tangibles que vous avez citées sont extrêmement convaincantes. Mais pourquoi accordez-vous une importance toute particulière à ce passage du chapitre Jinriki* (XXI) ? Réponse. C'est qu'il revêt un sens profond, et définit l'essence avec beaucoup de pertinence.
[...] Ensuite, désireux de confier à ses disciples la tâche de répandre largement le Dharma dans la cinquième période de cinq cents ans après sa mort, il a convoqué les bodhisattvas Surgis de Terre et leur a transmis le coeur du Sutra, le lotus essence de l'enseignement définitif (jikkyo). C'est le but ultime de la venue du Bouddha Shakyamuni en ce monde, le Dharma secret auquel il s'est éveillé sur le lieu de méditation. Ce passage est la preuve littérale que pour nous qui vivons à l'époque des Derniers jours du Dharma, le lotus de l'essence est l'enseignement qui nous conduira immanquablement à la bodhéité, au présent comme à l'avenir. A notre époque, celle des Derniers jours du Dharma, seul l'envoyé de l'Ainsi-Venu peut comprendre et citer ce passage comme preuve du lotus de l'essence. C'est véritablement un passage dont le sens est secret. Il contient une vérité de la plus grande importance qu'il convient d'honorer et de respecter. Namu Myoho Renge Kyo, Namu Myoho Renge Kyo !
[...] Question. Toutes ces preuves littérales que vous avez apportées sont parfaitement claires. Mais si ces hommes connaissaient la vérité, comme cela semble évident, pourquoi ne l'ont-ils pas largement fait connaître ? Réponse. Pour deux raisons. D'abord, le temps n'était pas encore venu. Ensuite, ce n'était pas à eux qu'avait été confiée la tâche de la transmission.
L'ainsité du Dharma merveilleux (Sado, 1273 ? à Sairen-bo)

Ceux dont les capacités de compréhension du Sutra du Lotus étaient parfaites et mures atteignirent la bodhéité du vivant de Shakyamuni, mais ceux dont les capacités étaient médiocres et limitées furent incapables de parvenir à l'Eveil à l'époque du Dharma correct et réapparurent à l'époque du Dharma formel où en pratiquant des enseignements du Mahayana provisoire* tels que les sutras Vimalakirti, Shiyaku, Kammuryoju, Ninno et Hannya*, ils purent obtenir les mêmes preuves que les personnes de capacités supérieures parvenues à l'Eveil du vivant de Shakyamuni.
[...] Ainsi, à l'époque du Dharma correct, les trois éléments, l'enseignement, la pratique et la preuve (shin gyo gaku), étaient tous présents ; à l'époque du Dharma formel, l'enseignement et la pratique existaient encore mais la preuve avait disparu. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, il ne reste plus que l'enseignement. Il n'y a plus ni pratique ni preuve. Car, à l'époque des Derniers jours du Dharma, il n'y a plus une seule personne qui ait créé un lien avec Shakyamuni de son vivant. Ceux qui avaient la capacité de parvenir à la bodhéité grâce aux enseignements du Mahayana provisoire* ou définitif (jitsudaijo) ont depuis longtemps disparu.
[...] Par contre, de nos jours, ceux qui sont nés à l'époque des Derniers jours du Dharma reçoivent la graine de la bodhéité pour la première fois, c'est pourquoi leur bienfait est inapparent. L'enseignement, la pratique et la preuve de l'enseignement essentiel* du Sutra du Lotus [celui de notre époque] sont extrêmement différents de ceux du Hinayana, du Mahayana provisoire*, des enseignements antérieurs au Sutra du Lotus ou des enseignements théoriques* du Sutra du Lotus.
[...] Rien n'est plus concluant que la preuve factuelle. Voyez l'horrible mort de Shubhakarasimha* et de Yixing, et les conditions dans lesquelles sont morts Kukai* et Ennin*. Auraient-ils pu mourir ainsi s'ils avaient été des pratiquants du Dharma correct  ?
[...] De plus, alors que, de nos jours, on ne trouve presque personne, des milieux les plus haut placés aux plus modestes, qui ne récite le Nembutsu, il prétend que le Nembutsu crée une cause karmique qui fait tomber dans l'enfer avici. Quel passage de sutra peut fonder une telle assertion  ? Je voudrais demander au moine Nichiren quelle preuve littérale peut justifier ses déclarations.
[...] Ces trois éléments dont je parlais plus haut, l'enseignement, la pratique et la preuve (shin, gyo, gaku), sont tous trois présents à l'époque des Derniers jours du Dharma, tout comme ils l'étaient à l'époque du Dharma correct.
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

Ou bien ils seront détruits par des envahisseurs étrangers comme le roi Udayana qui ne crut pas le moine Pindolabharadvaja, ou encore le roi Krita qui persécuta les moines bouddhistes en Inde. En ce qui concerne les autres personnes, il n'y a aucune doute que pour leur dénigrement du Vrai Dharma elles vont souffrir de graves maladies, comme la lèpre blanche ou la lèpre noire. Si cette preuve concrète n'apparaît pas, alors je ne suis pas le pratiquant du Sutra du Lotus et c'est moi qui vais, dès cette vie, contracter ces maladies et tomber dans l'enfer avici, comme le firent Devadatta et Kokalika.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Ici, le palais du shogun vient juste de brûler, preuve que la bonne fortune du Japon est presque épuisée. De plus, dans ce pays, des moines farouchement opposés au Dharma prient avec ferveur pour vaincre Nichiren, et c'est peut-être pourquoi les désastres frappent de plus en plus fréquemment.
Le Palais royal (Minobu, 12 avril 1275 à Shijo Kingo)

Les dix titres honorables sont dix épithètes honorifiques attribués au Bouddha. Zhanlan* dit que les bienfaits obtenus en faisant des offrandes au Pratiquant du Sutra du Lotus à l'époque des Derniers jours du Dharma sont plus grands que ceux qui découlent des offrandes à un bouddha doté des dix titres honorables. C'est l'un des vingt points (note) cités par le Grand-maître* Zhanlan* comme preuve de la supériorité du Sutra du Lotus sur tous les autres sutras.
[...] Le Bouddha prédit encore : "Quatre cents ans après mon trépas, règnera un grand roi du nom de Kanishka. Il rassemblera cinq cents arhats qui compileront un ouvrage intitulé Daibibasha ron." Cette prédiction se réalisa elle aussi. Ces preuves conduisirent les gens à avoir foi dans les prédictions du Bouddha. Par conséquent, si les deux principes que j'ai cités étaient mensongers, c'est le Sutra du Lotus dans son entier qui serait discrédité.
[...] Tous ces passages du Sutra, néanmoins, concernent un avenir lointain, et nous, simples mortels, avons bien du mal à les croire. Ignorants que nous sommes du passé comme de l'avenir, il nous est difficile d'avoir foi en ce Sutra. Quelle raison aurions-nous de le pratiquer dans ce cas ? Mais si une personne expose le Sutra en donnant des preuves évidentes de sa véracité au présent, d'autres également auront foi en ce Sutra.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Ce traité comporte sept feuilles et de nombreux passages qu'il semble impossible d'attribuer à Nagarjuna. C'est pourquoi, dans les catalogues des textes bouddhiques, cet ouvrage est attribué tantôt à Nagarjuna, tantot à Amoghavajra*. L'auteur n'en a jamais été précisément déterminé. De plus, ce traité ne prend pas en compte tous les enseignements de Shakyamuni et il comprend de nombreuses affirmations inexactes. A commencer par la phrase qui prétend que : "Seul l'enseignement du Shingon peut conduire à la bodhéité." C'est une erreur, puisque cela nie la possibilité d'atteindre la bodhéité sans changer d'apparence grâce aux enseignements du Sutra du Lotus, un fait largement établi par les preuves scripturales aussi bien que par des événements concrets. (note) Et cela implique qu'il est impossible d'atteindre la bodhéité sans changer d'apparence grâce aux enseignements du Shingon, sans la moindre preuve littérale ou preuve actuelle pour soutenir cette assertion. Le mot "seul" dans l'affirmation que seul l'enseignement du Shingon peut conduire à la bodhéité est de toutes l'erreur la plus grave.
[...] 2 Le Bouddha Shakyamuni a énoncé une règle valable pour l'avenir en disant : "Il faut suivre le Dharma et non la personne."(réf.) Le bodhisattva Nagarjuna a dit  : "Fiez-vous aux commentaires qui s'appuient sur les sutras mais pas sur ceux qui les dénaturent."(réf.) Le Grand-maître* Zhiyi* a dit : "Ce qui est en accord avec les sutras, il faut le croire et le mettre en pratique, mais n'accordez aucune foi à ce qui n'offre ni preuve littérale ni preuve théorique."(réf.) Le Grand-maître* Saicho* a dit : "Il faut s'appuyer sur les enseignements du Bouddha et ne pas prêter foi aux traditions transmises de manière orale."(réf.)
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Pour établir la valeur relative des doctrines bouddhiques, moi, Nichiren, je suis convaincu qu'il n'y a pas de meilleurs critères que la raison et la preuve donnée par les textes. Plus décisive encore que les preuves littérale et théorique, est la preuve concrète.
La prière pour la pluie des trois maîtres du Tripitaka (Minobu, 22 juin 1275 au nyudo Nishiyama)

"Selon les enseignements de Fayun, le Sutra Kegon* mérite la première place, le Sutra du Nirvana, la deuxième, et le Sutra du Lotus, la troisième. Dans quel sutra en trouve-t-on la preuve  ? Je vous en prie, citez un passage où cela apparaisse de manière claire et certaine  ! " [Pris de court, ] les autres moines baissèrent la tête et blêmirent, incapables de répondre un seul mot.
[...] On peut penser que Nichiren, s'il met en doute l'interprétation faite par Ennin* et Enchin de l'enseignement du Grand-maître* Saicho*, est comme un enfant qui se prétendrait plus vieux que ses parents, ou comme quelqu'un qui regarderait le soleil en affirmant que ses propres yeux sont plus brillants. Pourtant, ceux qui voudraient défendre les vues d'Ennin* et de Enchin doivent produire une preuve écrite s'ils veulent que l'on accorde un crédit quelconque à ce qu'ils avancent.
[...] Comme Kukai* était originaire du Japon, il aurait très bien pu imaginer un subterfuge de ce genre. De nombreuses anecdotes invraisemblables sont restées associées à son nom. De tels arguments peuvent difficilement être tenus pour la preuve que ses enseignements correspondent au voeu du Bouddha.
[...] Pendant huit ans, Ananda, Manjushri, et les autres ont écouté les innombrables principes du Sutra du Lotus, sans omettre une seule phrase, un seul vers, un seul mot. Pourtant, après la mort du Bouddha, au moment de la compilation de ses enseignements, lorsque les 999 arhats prirent leur pinceau et le trempèrent dans l'encre, ils écrivirent tout d'abord les mots Myoho-Renge-Kyo, après quoi, ils ont récité les mots "Ainsi ai-je entendu". N'est-ce pas la preuve que ces cinq caractères, Myoho-ren-ge-kyo, sont le coeur des huit volumes et des vingt-huit chapitres qui composent l'ouvrage ?
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Le démon poussera les gens à le respecter, à lui faire des offrandes et à le considérer comme un moine authentique. Par exemple, si un moine est respecté par le souverain, le peuple lui apportera des offrandes. A l'inverse, si un moine pratique le Sutra du Lotus, il sera persécuté par le souverain et les autres. Mais si le souverain et le peuple considèrent un moine comme leur ennemi, c'est la preuve qu'il pratique le Dharma correct.
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Les textes des écoles Zen, Shingon et des autres viennent au deuxième ou troisième plan, et ceux de l'école Shingon, en réalité, ne méritent guère mieux que le septième rang  ! On n'a pas la moindre preuve de leur efficacité et pourtant, au Japon, ce sont sur ces doctrines de deuxième, troisième ou même septième catégorie que sont fondées prières et objurgations.
[...] Question : existe-t-il des preuves indiquant qu'il faut réciter précisément le Titre du Sutra du Lotus, de la même façon que d'autres récitent le nom d'un bouddha particulier ? Réponse : il est dit dans le Sutra : "Le Bouddha s'adressa aux Filles-démones en leur disant : "Excellent  ! Excellent  ! Si vous protégez ceux qui reçoivent et gardent le nom du Sutra du Lotus vos mérites seront incommensurables."(réf.) Ce passage signifie que, lorsque les dix Filles-démones firent serment de protéger ceux qui garderaient le Titre du Sutra du Lotus, l'Honoré du monde fit leur éloge en ces termes  : "Magnifique  ! Magnifique  ! En protégeant ceux qui reçoivent et gardent Namu Myoho Renge Kyo vous goûterez des bienfaits inestimables  ! Splendides  ! Véritablement extraordinaires  ! " Cela indique que nous, simples mortels, en marchant aussi bien que debout, assis ou allongés, nous devrions réciter Namu Myoho Renge Kyo.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Question : Je n'ai jamais entendu dire chose pareille. Cela me stupéfie et j'ai du mal en croire mes oreilles. En citant clairement des passages en guise de preuve littérale, auriez-vous l'obligeance d'expliquer cela plus en détail  ? Réponse : Il est dit dans le Sutra : "De telles personnes n'ont pas besoin d'élever pour moi des stupas et des temples, de construire des monastères ni de faire les quatre sortes d'offrandes au Sangha" (réf.) . Ce passage du Sutra rend tout à fait clair que les pratiquants qui éprouvent pour la première fois le désir d'atteindre l'Éveil sont dispensés du don d'aumônes, de l'observance des préceptes et du reste des cinq paramitas.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Quel enseignement dispense ce Sutra du Lotus du Dharma merveilleux  ? Tout d'abord, dans le premier volume, le chapitre Hoben* (II) enseigne que les bodhisattvas, les personnes des deux véhicules et les simples mortels ont tous la possibilité de devenir bouddha. Mais aucune preuve n'en est encore donnée. C'est comme un invité que l'on rencontre pour la première fois. Il a belle apparence, il semble sincère et il n'y a aucune raison de se méfier de lui. Mais si personne ne l'a jamais vu auparavant, et si rien ne prouve la véracité de ses dires, on aura quelque difficulté à le croire sur parole. Par contre, s'il y a de multiples preuves de la justesse de ses propos, on accordera également crédit à tout ce qu'il pourra dire par la suite.
[...] Certains sutras du Mahayana disent bien qu'il est possible à une femme d'y parvenir ou de renaître sur une Terre pure mais ce n'est qu'une éventualité évoquée par le Bouddha, sans aucune preuve concrète donnée à l'appui. Le Sutra du Lotus étant le seul à révéler que les femmes peuvent atteindre la bodhéité, j'en ai conclu qu'il est précisément le Sutra qui permet de répondre concrètement à la bienveillance d'une mère.
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

L’école Shingon, non seulement s’est éloignée de la vérité, mais leurs [ses] voix ont été extrêmement injustes. Ils ont caché profondément leurs racines, de sorte que ceux qui ont une intelligence superficielle ne pouvaient pas les distinguer. Ils ont trompé les gens pendant longtemps. Tout d’abord, il n’y a pas d’école Shingon en Inde, mais l’école Shingon du Japon prétend qu’il y en a une dans ce pays. Où est la preuve   ? Le Sutra Vairocana*, qui est le sutra cardinal pour l’école Shingon, est venu de l’extérieur ici au Japon. En comparaison avec le Sutra Vairocana*, le Sutra du Lotus l’emporte sur le Sutra Vairocana* sur sept points. Comme les preuves se trouvent dans les deux sutras, je ne vais pas en faire un commentaire. L’école Shingon prétend que le Sutra Vairocana* est supérieur au Sutra du Lotus par deux ou trois facteurs. Cependant c’est une idée absurde et erronée.
[...] L’empereur Antoku fut noyé dans la mer de Dan-no-ura, le bras de mer situé entre l’île Tsukushi et le Japon central, et Myoun, le moine supérieur du temple Enrakyu-ji, fut tué par Kiso Yoshinaka, du clan Minamoto, commandant en chef d’une force expéditionnaire contre les Heike. Tous les membres du clan Heike furent anéantis d’un seul coup. La chute des Heike et la guerre civile de la période de Jokyu sont la preuve que la croyance en la fausse loi de l’école Shingon a mené [son adepte] à sa perte.
[...] Le chapitre XXV du Sutra du Lotus, déclare  : "et le préjudice rebondira sur l’auteur" (réf.), qui signifie que ceux qui maudissent quelqu’un seront maudits. De ce point de vue, recevoir une insulte devrait être pris comme un bienfait ou une faveur du Bouddha, et ainsi il n’y a pas de doute que le Sutra du Lotus est le seul chemin qui mène à l’Eveil. Minamoto Yoritomo fut capable de battre les Heike par les mérites qu’il accumula à travers ses pratiques quotidiennes du Sutra du Lotus. Ceci est la preuve manifeste que nous pouvons recevoir des bienfaits divins en ce monde.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Car en réalité, Hachiman n'est autre que le Bouddha Shakyamuni. Si je l'affirme, c'est que, dans la province d'Osumi, une inscription sur une pierre l'indique (note). Cette pierre est maintenant cassée en deux. Sur l'un des deux morceaux, on lit les deux caractères Hachi Man. Et sur l'autre  : "Autrefois, j'ai enseigné le Sutra du Lotus au Pic du Vautour et maintenant je suis le grand bodhisattva qui se manifeste et réside dans ce sanctuaire." C'est une première preuve que le bodhisattva Hachiman est bien le Bouddha Shakyamuni. Mais il existe une autre preuve, encore plus concluante. Le père du grand bodhisattva Hachiman fut l'empereur Chuai, 14e souverain du Japon sous forme humaine ; et sa mère fut l'impératrice Jingu, 15e souverain. Le 16e souverain, leur fils Ojin, fut celui que nous appelons maintenant le grand bodhisattva Hachiman.
Sur le Bodhisattva Hachiman (Minobu, décembre 1280, à Nichigen-nyo, l'épouse de Shijo Kingo)

Question - Si vous contestez la fiabilité d'un traducteur, ne devriez-vous pas douter aussi de Kumarajiva, le traducteur du Sutra du Lotus ? Réponse - Pour ce qui est de Kumarajiva, il y a une preuve concrète [démontrant la justesse de sa traduction], mais aucune preuve de ce genre n'existe dans le cas d'Amoghavajra*. Question - Puis-je vous demander à quelle preuve vous faites allusion ?Réponse - Le fait que la langue de Kumarajiva n'ait pas brûlé. Vous devriez vous renseigner à ce sujet plus en détail.
[...] Où peut-on trouver la moindre preuve écrite pour appuyer l'affirmation du Grand-maître* Kukai* que le Sutra Vairocana* est supérieur au Sutra du Lotus et au Sutra Kegon*  ? En revanche, dans le Sutra du Lotus, certains passages affirment clairement l'infériorité des sutras Kegon* et Vairocana*.
[...] Au lieu de faire appel aux autorités dans l'espoir de m'intimider, pourquoi ne présentez-vous pas quelque passage précis donnant la preuve écrite de la justesse de votre point de vue  ? Vous autres, les alliés que vous recherchez sont des hommes. Mais les alliés de Nichiren sont Nitten et Gatten, Taishaku et Bonten. Divinités Nitten et Gatten, ouvrez vos yeux célestes et observez ce qui se passe  ! Dans les palais de Nitten et de Gatten, se trouvent sûrement des copies du Sutra du Lotus et des sutras Vairocana* et Kegon*. Comparez-les et voyez où se trouve la vérité  ! Quels enseignements méritent la plus haute place  ? Ceux de Kukai*, Ennin*, Enchin et Annen, ou ceux de Nichiren ?
Le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence (Minobu, en 1280 ? , à Myoichinyo)

L'école Zen viole aujourd'hui les cinq points d'ethique d'humanité : la bienveillance, la droiture, la bienséance, la sagesse et la foi. Honorer le sage et la vertu, respecter les aînés et protéger la jeunesse sont universellement reconnus comme des preuves d'un comportement humain, dans le domaine bouddhique aussi bien que dans la société. Mais les moines Zen, qui ne sont qu'une racaille inculte, n'ont même pas assez d'intelligence pour distinguer le noir du blanc. Ils arborent maintenant de somptueuses robes de moines et sont devenus d'une telle arrogance qu'ils dénigrent les savants-maîtres* et vertueux des écoles Tendai et Shingon.
Lettre à Niike (Minobu, février 1280 à Niike Saemon no jo)

Question : Je comprends maintenant clairement que, après la mort du Bouddha, la doctrine à enseigner fut confiée, aux disciples de l’Enseignement Originel (honmon) et à ceux de l’Enseignement transitoire (shakumon), conformément aux trois périodes du Dharma correct, du Dharma formel et des Derniers jours du Dharma. Mais je ne vois pas encore clairement sur quelle écriture est fondée votre déclaration, selon laquelle seule la doctrine contenue dans le chapitre Longévité de la Vie peut sauver les êtres vivants de cet âge impur et mauvais des Derniers jours du Dharma. Je voudrais bien entendre ces preuves scripturaires. Réponse : Vous faites votre demande avec tant d’insistance que je vais répondre à votre question. Mais rappelez vous que, une fois que vous aurez écouté la réponse, vous devrez croire fermement. Il est dit, dans le chapitre sur la Longévité de la Vie : "J’ai préparé ce bon médicament, et je vais vous le laisser : prenez-le et buvez-le, et croyez fermement que cela va vous guérir".
Trois grands Dharmas cachés (Minobu, le 27 ? avril 1281 à Ota Kingo)

C'est pourquoi bien qu'ils aient avancé quantité d' arguments habiles, Shubhakarasimha*, Xuanzang, Kukai*, Ennin*, Enchin et les autres ne purent trouver le moindre passage prouvant la supériorité du Sutra Vairocana* sur le Sutra du Lotus. Toute leur argumentation repose seulement sur la présence ou non, dans un sutra, des mudra et des mantra dharani*. Plutôt que de développer leurs théories en cent volumes, de faire d'incessants aller et retours entre la Chine et le Japon, de fomenter d'innombrables intrigues et d'appuyer leur opinion sur l'autorité de décrets impériaux, ils auraient mieux fait de produire un passage clair, une preuve littérale irréfutable, tirée des sutras eux-mêmes. Qui aurait pu alors douter de leurs affirmations ?
[...] Pour écrire leurs commentaires, ils auraient dû chercher preuve théorique et preuve littérale dans l'enseignement de ces deux écoles ; et le décret impérial aurait dû appuyer son autorité sur une étude approfondie des deux doctrines et sur des preuves écrites indiscutables.
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)

La preuve du Sutra du Lotus (Minobu, 28 février 1282 à Nanjo Tokimitsu)

 

 

 

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