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Extraits de gosho sur

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Tsukushi
 

Ces sutras sont comme ces petits bateaux qui, dans notre monde, peuvent aller de Tsukushi [act. Kyushu] à la région de Bando [Kanto], ou de Kamakura à Enoshima, mais ne peuvent effectuer la traversée jusqu'en Chine. Alors qu'avec un bateau chinois, il est tout à fait possible d'aller du Japon jusqu'en Chine sans difficulté.
L'essentiel du chapitre Yakuo (1265-  ? peut-être à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Le pays du Japon est divisé en cinq provinces kinai et en sept circuits. Les cinq provinces kinai sont Yamashiro [Kyoto et Nara], Yamato [Nara], Kawachi [Osaka], Izumi [Osaka] et Settsu [Osaka et Hyogo]. Les sept circuits sont : Tokai-do [Edo (Tokyo) - Osaka, s'étendant sur 15 provinces], Tosan-do [Honshu du Nord et du Centre] 8 provinces, Hokuriku-do [côte de la mer du Japon - centre] 7 provinces, San’in-do [côte de la mer du Japon - sud] 8 provinces, Nankai-do[Shikaku et environs] 6 provinces, San'yodo [sud du Honshu] 11 provinces et Saikai-do [Tsukushi, act. Kyushu] 11 provinces qui est également appelé Dazaifu. Tout cela représente le Japon.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Personne ne tient compte de ce que dit Nichiren et je passe sans doute pour un insensé. Pourtant, dans le 10e mois de la 11e année de l'ère Bun'ei [1274], quand les Mongols ont attaqué Tsukushi, les défenseurs de l'île de Tsushima ont tenu bon, mais So, le vice-gouverneur de Tsushima, a pris la fuite. Si bien que les Mongols ont eu champ libre pour attaquer les paysans et autres gens du peuple, tuant les hommes ou les faisant prisonniers. Ils ont regroupé les femmes et les ont ligotées à leurs bateaux pour les emmener en captivité. Personne n'a pu leur échapper. La même situation s'est répétée lorsqu'ils ont attaqué l'île d'Iki. Quand il a vu les bateaux mongols attaquer Tsukushi, le gouverneur de la région, l'ancien gouverneur de Buzen, a pris la fuite. Plusieurs centaines de soldats du clan Matsura ont été tués ou faits prisonniers. Les habitants des villages côtiers ont subi, les uns après les autres, le même sort que ceux d'Iki et Tsushima.
Lettre au nyudo d'Ichinosawa (Minobu, le 8 mai 1275, à l'épouse du nyudo d'Ichinosawa)

En outre, les six cents et quelques provinces de Koryo, ainsi que les États de Silla et de Paekche ont déjà tous été conquis par le grand empire mongol, et de la même manière les Mongols ont attaqué jusqu'aux îles d'Iki, de Tsushima et de Tsukushi au Japon. Ainsi, la prédiction du Bouddha concernant la venue d'une époque de luttes et de conflits ne s'est absolument pas révélée fausse. C'est comme le flux et le reflux de l'océan qui ne manquent jamais de se produire, le moment venu.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Les sutras que l'on appelle Hinayana sont comme une petite barque. Ils peuvent transporter deux ou trois personnes, mais pas cent ou mille. Même avec seulement deux ou trois personnes à bord, cette barque doit rester près de la berge et ne peut pas atteindre l'autre rive. On peut y placer un petit chargement, mais il est difficile d'y embarquer des objets de grande taille. [Par contre] les sutras du Mahayana sont comme un grand vaisseau qui, avec dix ou vingt personnes à bord et un lourd chargement, peut faire voile, depuis Kamakura, jusqu'à la province de Tsukushi [au sud] ou jusqu'à la province de Mutsu [au nord].
[Au cours de la dernière invasion mongole, ] sur les îles d'Iki et de Tsushima et dans les neuf provinces [Tsukushi, act. Kyushu], des dizaines de milliers de soldats aussi bien que de civils, hommes et femmes, ont été tués ou capturés, se sont noyés en mer ou sont morts en tombant du haut des falaises. Si les Mongols attaquent à nouveau, les pertes qu'ils infligeront seront infiniment plus graves. Kyoto et Kamakura connaîtront le même destin que les îles d'Iki et de Tsushima. Soyez prête à cette éventualité et allez vous réfugier ailleurs dès à présent. Lorsque cela se produira, ceux qui avaient jusqu'alors refusé de me voir et de m'écouter joindront les mains et auront foi dans le Sutra du Lotus. Même les croyants du Nembutsu et du Zen réciteront Namu Myoho Renge Kyo.
La suprématie du Dharma (Minobu, 4 août 1275, à Oto, fille de Nichimyo)

Alors que le Japon entier se désole, mes disciples et moi, Nichiren, sommes les seuls à trouver des raisons de nous réjouir au coeur de l'adversité. Habitant dans ce pays, nous ne pouvons éviter l'attaque des Mongols, mais, parce que le Ciel sait que nous avons été persécutés pour avoir désiré le bien de notre pays, nous pouvons éprouver la joie de savoir que nous serons immanquablement sauvés dans notre prochaine vie. Quant à vous, vous avez même déjà une dette de reconnaissance à l'égard du pays des Mongols en cette présente vie. Si la menace d'une invasion n'était pas survenue, puisque cette année marque le treizième anniversaire de la mort du nyudo de Saimyo-ji, la chasse commémorant cette occasion aurait sûrement eu lieu sur vos terres. De plus, vous n'avez pas été envoyé à Tsukushi comme le seigneur Hojo Rokuro. Ces circonstances vous contrarient peut-être, vous et votre clan, mais ce n'est pas une punition qui vous est infligée. D'un certain point de vue, ne pourrait-on pas y voir la protection du Sutra du Lotus  ? Je sais que vous avez l'impression d'avoir subi un grand tort. Dans des circonstances aussi favorables pour vous, j'aurais aimé venir vous voir et vous féliciter en personne, mais, parce que cela aurait pu paraître étrange à certains, je m'en suis abstenu. J'ai répondu à votre lettre sans attendre.
Emissaires mongols (Minobu, 1275, au nyudo Nishiyama)

Je ne connais ni la province de Tsukushi, ni l'empire mongol. Pourtant, parce que ma prédiction s'appuyait sur ma compréhension de tous les sutras, elle s'est d'ores et déjà révélée exacte. Par conséquent, si je dis que vous tomberez tous dans l'enfer avici en raison de votre ingratitude, comment mes paroles pourraient-elles se révéler fausses  ? Vous êtes peut-être en sécurité pour le moment, mais attendez de voir ce qui se passera à l'avenir. Le Japon tout entier sera frappé par le même destin qui est aujourd'hui celui [des îles] d'Iki et Tsushima. Quand les Mongols s'abattront sur la province d'Awa, ceux qui, parmi les moines, seront restés attachés aux enseignements erronés, se recroquevilleront de terreur pour tomber finalement dans l'enfer avici en disant : "Je sais maintenant que le moine Nichiren avait raison." Comme c'est regrettable  !
Lettre aux moines du Seicho-ji (Minobu, le 11 janvier 1276 aux moines du temple Seicho-ji)

Si la tristesse vous gagne, pensez aux îles d'Iki et de Tsushima, ainsi qu'au fort de Dazaifu. Ou pensez aux gens de Kamakura. Ils goûtaient peut-être un bonheur céleste, mais quand les soldats durent partir pour Tsukushi en laissant derrière eux leur femme et leurs enfants, la séparation fut aussi douloureuse que si l'on arrachait l'écorce du tronc d'un arbre. Ils ont pressé leurs visages l'un contre l'autre sans vouloir se quitter des yeux.
L'arc et la flèche (Minobu, 27 mars 1276 à Toki-ama-Gozen)

Il y eut autrefois, dans la province de Tsukushi, un daimyo du nom d'Ohashi no Taro. Ayant encouru la disgrâce du shogun, il resta prisonnier pendant douze ans d'une cellule creusée dans les falaises de Yuinohama, près de Kamakura. Le jour où l'on vint l'arrêter, contraint de quitter son domaine de Tsukushi, il dit à son épouse : "Je suis un samouraï portant arc et flèches pour le service de mon seigneur, je ne me plaindrai donc pas d'avoir encouru sa disgrâce. Nous vivons côte à côte depuis notre jeunesse, et maintenant il nous faut nous séparer. C'est pour moi une grande douleur, mais de cela non plus je ne veux pas parler. J'ai toujours regretté que nous n'ayons pas eu d'enfant, ni garçon, ni fille. Et vous venez tout juste de m'apprendre que vous êtes enceinte. Je suis bien malheureux de devoir partir sans même savoir si cet enfant sera une fille ou un garçon  ! Quel regret de penser qu'en grandissant, cet enfant n'aura personne auprès de lui qu'il puisse appeler père. Mais j'ai beau réfléchir, il m'est impossible de rien faire." Ayant dit cela, il partit. Les jours et les mois passèrent. L'enfant qui naquit à terme était un garçon. Lorsqu'il eut sept ans, sa mère le confia à un temple dans la montagne. Mais les autres petits pensionnaires du temple se moquèrent de "l'enfant sans père". De retour chez lui, il posa à sa mère des questions sur son père, mais elle ne sut que pleurer, sans rien lui dire.
[...] Lorsqu'il eut douze ans, le garçon ne devint pas moine. Nouant ses cheveux, il réussit à s'enfuir de Tsukushi et, en demandant sa route, parvint jusqu'à la ville de Kamakura. Là, il se rendit au sanctuaire d'Hachiman. Il s'agenouilla, inclina très respectueusement la tête et dit : "Grand Bodhisattva Hachiman, vous êtes le 16e souverain du Japon, et votre véritable identité est celle du Bouddha Shakyamuni, Maître de la doctrine, qui enseigna le Sutra du Lotus sur la Terre pure du Pic du Vautour. C'est pour exaucer les vœux des simples mortels que vous vous manifestez sous la forme d'Hachiman. J'aimerais moi aussi maintenant vous adresser une prière en vous demandant d'exaucer mon vœu. Je voudrais savoir si mon père est vivant ou mort."
L'histoire d'Ohashi no Taro (Minobu, le 24e jour du 3e mois intercalaire de 1276 à Nanjo Tokimitsu)

Le dixième mois de la même année (octobre 1274), les Mongols attaquèrent le Japon ; non seulement ils envahirent les deux îles Iki et Tsushima et les prirent, mais ils infligèrent aussi une défaite aux forces gouvernementales du Dazaifu à Tsukushi. Lorsqu'ils apprirent cette invasion, les chefs militaires du Dazaifu, Shoni Sukeyoshi et Otomo Yoriyasu s'enfuirent, et leurs soldats qui restèrent furent capturés sans difficulté. Bien que les forces mongoles se soient retirés, le pays semblait trop faible pour pouvoir résister à une nouvelle attaque.
[...] Un être acquiert la possibilité de naître sous forme humaine pour avoir observé les cinq préceptes dans une vie précédente. S'il continue à les observer en ce monde, il est protégé des vingt-cinq divinités bouddhiques, et les divinités jumelles Dosho et Domyo se tiennent respectivement sur son épaule droite et sur son épaule gauche, le protégeant depuis le jour de sa naissance. Aussi longtemps qu'il ne commet aucune faute, les démons ne pourront pas lui faire le moindre mal. En réalité, pourtant, d'innombrables Japonais sont plongés dans des abîmes de souffrance. Nous savons aussi que les îles d'Iki et de Tsushima ont connu la tragédie de l'invasion mongole et ce qu'il advint aux défenseurs de Dazaifu, à Tsukushi. Quelle faute avaient commises les habitants de ces régions pour connaître pareil sort  ? C'est ce que chacun voudrait savoir. Une ou deux personnes peuvent commettre des erreurs, mais se pourrait-il que tant de gens aient commis tant de fautes ensemble ?
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

De plus, dans le Ichijo Yoketsu du supérieur des moines Genshin*, on lit  : "Partout au Japon, à la cour comme à la campagne, dans les régions proches comme éloignées, tous, moines, laïcs, nobles et roturiers, peuvent parvenir à la bodhéité grâce à l'enseignement parfait*, tous devraient donc avoir foi en la doctrine du Véhicule unique." Ce passage signifie que les habitants du Japon, qu'ils vivent à Kyoto, à Kamakura, dans les régions de Tsukushi, Chinzei ou Michinoku, qu'ils soient près ou loin, ne peuvent atteindre la bodhéité que par l'enseignement du Véhicule unique du Sutra du Lotus. Le Japon est donc un pays où les personnes de haute comme de basse condition, qu'elles appartiennent à l'aristocratie ou au peuple, qu'elles observent les préceptes ou les brisent, les hommes aussi bien que les femmes, tous pourront atteindre la bodhéité grâce au Sutra du Lotus.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Après avoir terminé ses études avec Huiguo, Kukai* traversa la vaste étendue d’eaux et retourna au Japon. Par la suite, Kukai* enseigna les enseignements de l’école Shingon à trois empereurs, Heijo, Saga, et Junna. Le 19 janvier 823, Kukai* reçut l’autorisation de l’Empereur de bâtir le temple To-ji, à Kyoto, et il commença alors à diffuser les enseignements du Shingon autour de la région du Kansai, puis au Japon central, dans les îles de Tsukushi, Shikoku, Iki et Tsushima, et finalement, à travers tout le pays. On peut dire que ceux qui ont fait le pèlerinage dans toutes les parties du Japon, en sonnant une cloche sur un poteau de l’école Shingon, étaient tous, sans exception, des disciples de Kukai*.
[...] Ces Etres célestes ont fait le vœu de punir sur le champ quiconque est un ennemi du Sutra du Lotus. Pour cette raison, [voici ce qui arriva]. Taira no Kiyomuri, le chef des Heike, eut son petit-fils Antoku comme 81e empereur et, afin de subjuguer Yoritomo, le chef des Minamoto, Kiyomori soutint le temple Enrakyu-ji, sur le Mont Hiei, comme leur temple protecteur, et il soutint aussi le sanctuaire de Sanno dans la ville d’Ohtsu comme leur sanctuaire protecteur (note). Ses efforts, cependant, furent loin d’être récompensés  ; l’empereur Antoku fut noyé dans la mer de Dan-no-ura, le bras de mer situé entre l’île Tsukushi et le Japon central, et Myoun, le moine supérieur du temple Enrakyu-ji, fut tué par Kiso Yoshinaka, du clan Minamoto, commandant en chef d’une force expéditionnaire contre les Heike. Tous les membres du clan Heike furent anéantis d’un seul coup. La chute des Heike et la guerre civile de la période de Jokyu sont la preuve que la croyance en la fausse loi de l’école Shingon a mené [son adepte] à sa perte.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Nous, simples mortels, sommes si ignorants que nous ne craignons pas les mises en garde des sutras et des traités et ne croyons pas qu'elles nous concernent directement. Mais vous devriez être pleinement préparés aux persécutions que Hei no Saemon et Adachi Yasumori, furieux comme ils le sont, vont très probablement faire s'abattre sur nous. On envoie en ce moment des hommes à Tsukushi pour se battre contre les Mongols ; sachez que vous êtes dans la même situation que ceux qui partent pour le champ de bataille ou s'y trouvent déjà. Jusqu'à présent, nos croyants n'ont encore rien subi d'une horreur semblable. Mais les soldats à Tsukushi sont maintenant confrontés à un effroyable destin et s'ils sont tués à la bataille, ils seront condamnés à tomber en enfer. Même si nous devions, nous aussi, rencontrer des épreuves aussi sévères, nous atteindrons la bodhéité à l'avenir. Nos épreuves actuelles sont comme la cautérisation par le moxa, une douleur minime qui guérit d'un mal plus grave.
Sur les persécutions subies par le Bouddha (Minobu, le 1 février ou 1er octobre 1279 Shijo Kingo)

Au cours du règne de quatre-vingt-onze souverains humains sur notre pays, vingt-six personnes fomentèrent des rebellions. Parmi elles, il y eut notamment le prince Oyama et Oishi no Omaru, ainsi que Masakado, Sumitomo et le "mauvais ministre de la Gauche". Quand ces hommes se réfugièrent dans les forêts montagneuses de Yoshino ou en bordure de la rivière Totsu, ou lorsqu'ils allèrent se cacher dans les marais avoisinant Tsukushi et Chinzei, les natifs de toutes les îles de la région et les guerriers de chaque village alentour voulurent les attaquer. Mais les sages éminents, les moines, les nonnes des divers temples et sanctuaires et les simples montagnardes ne les considéraient pas comme des ennemis personnels. Tandis que lorsqu'il s'agit de moi, hommes et femmes, nobles ou roturiers, nonnes et moines aussi bien que sages éminents, tous me considèrent comme leur ennemi personnel.
Enseignement correspondant à l'esprit du Bouddha (Minobu, le 2 mai 1279, à Niike Saemon-no-jo)

 

 

 

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