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Extraits de gosho sur

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taoïsme
 

En général, on peut considérer qu’il existe trois formes d’enseignements répandus en ce monde. La première est le confucianisme. Il en existe ici vingt-sept sortes. La deuxième est le taoïsme. Ici, il y a vingt-cinq courants. La troisième est les douze procédés d’écritures bouddhiques. L’école du Tendai, elle, énonce quatre enseignements et huit enseignements. Est-ce que vous les classez en dehors des enseignements  ? Dans le Dharma des médecins, ceux qui sont extérieurs à la voie fondamentale sont appelés “médecins des livres extérieurs”. Dans le langage humain, celui qui ne succède pas à son nom est appelé “famille extérieure”. Dans l’enseignement du Bouddha, ce qui s’éloigne des sutras et des discours est appelé voie extérieure (gedo). Le Sutra du Nirvana précise : “S’il y a des hommes qui ne suivent pas ce que prêche l’Eveillé, il faut le savoir, ces hommes sont des féaux du démon”. Dans le neuvième rouleau de la “Détermination à propager”, il est écrit : “(ceux qui s’attachent encore aux) sutras antérieurs au Lotus sont des disciples des voies extérieures”.
Dialogue avec les écoles du Zen (1255)

Dans un pays où seuls des enseignements non bouddhiques ont été jusqu'alors propagés, il convient d'utiliser le bouddhisme pour les réfuter. C'est ce que fit le Bouddha en Inde en réfutant les principes des brahmanes ; Kashyapa Matanga et Zhu Falan se rendirent en Chine et polémiquèrent avec les taoïstes ; et le prince Jogu, né ici, au Japon, vainquit Moriya par l'épée. Le même principe vaut à l'intérieur du bouddhisme même. Dans un pays où il s'est répandu, il faut combattre le Hinayana à l'aide des sutras du Mahayana, comme le fit le bodhisattva Asanga lorsqu'il réfuta les enseignements du Hinayana pronés par Vasubandhu. Dans un pays où il a été propagé, il faut réfuter le Mahayana provisoire* en exposant le Mahayana définitif* qui permit au Grand-maître* de remporter la victoire sur les Trois écoles de Chine du Sud et les sept écoles de Chine du Nord.
Encouragements à une personne malade (décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Prenez le temps de réfléchir et écoutez bien ce que je dis  ! Dans les cinq ou sept mille volumes de sutra représentant la totalité des enseignements exposés par le Bouddha de son vivant, ou dans les trois mille volumes ou plus des écrits confucéens et taoïstes, trouve-t-on, où que ce soit, un passage établissant clairement que le Sutra du Lotus est une "théorie puérile" ou qu'il se place deux rangs en dessous du Sutra Vairocana*, en étant également inférieur au Sutra Kegon*, ou que le Bouddha Shakyamuni est égaré dans le domaine de l'obscurité et n'est pas même digne de conduire les boeufs du bouddha Vairocana*  ? Et, même si l'on trouvait un passage de ce genre, il faudrait l'examiner avec le plus grand soin !
[...] 2 Ici, au Japon, il y a, sans nul doute, quantité de gens de toutes sortes, de position éminente aussi bien que modeste. Pourtant, alors que les adeptes des enseignements provisoires et des écoles fondées sur ceux-ci sont nombreux, je n'ai encore jamais entendu citer le nom d'une seule personne qui ait foi dans les enseignements que vous avez exposés. Par conséquent, en laissant de côté la question de savoir quels enseignements conduiront en un lieu paradisiaque ou infernal dans la vie prochaine, et sans tenter d'établir quels enseignements sont justes et lesquels sont faux, nous voyons que les cinq mille ou sept mille volumes d'écritures bouddhiques, et les trois mille volumes ou plus d'écrits taoïstes ou confucéens, soulignent tous l'importance d'obéir aux ordres du souverain et de se plier aux désirs de ses parents.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? ) Conversation entre un sage et un ignorant (1265 ? à un samouraï ? )

De même, avant l'apparition du bouddhisme, les adeptes du brahmanisme n'étaient pas si précis dans leurs propres théories. Mais par la suite, en écoutant et en observant le bouddhisme, ils prirent conscience des défauts de leurs propres doctrines. Ils conçurent alors l'idée ingénieuse d'utiliser les enseignements bouddhiques pour les incorporer aux principes de leur propre école, ce qui leur valut de tomber encore plus profondément dans l'erreur. Ce sont là des exemples d'enseignements "appropriés"* ou "dévoyés"*. (note). La même chose se produisit en Chine. Avant l'introduction du bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme étaient flous et puérils. Mais sous la dynastie des Han postérieurs, le bouddhisme fut introduit en Chine et lança un défi aux doctrines du pays. Avec le temps, le bouddhisme se répandit et certains moines bouddhistes choisirent de revenir aux croyances autochtones ou furent contraints de retourner à la vie profane parce qu'ils avaient enfreint les préceptes. Par leur intermédiaire, les principes bouddhiques furent usurpés par les écoles confucianiste et taoïste. On lit dans le cinquième volume du Maka Shikan : "De nos jours, nombreux sont les moines démoniaques qui rompent leur voeu pour retourner à la vie laïque. Craignant d'être punis pour leurs actes, ils adhèrent aux principes des taoïstes. Dans l'espoir d'acquérir gloire et profit, ils vantent exagérément les mérites de Lao-Zi et de Zhuang-Zi, s'appropriant les concepts bouddhiques pour les intégrer aux écrits taoïstes. Ils dénaturent ce qui est noble pour l'incorporer à ce qui est vulgaire, ils détruisent ce qui est élevé et le ramènent vers ce qui est bas, s'efforçant de mettre les deux au même niveau."
[...] Dans le Guketsu, Zhanlan* commente ce passage ainsi : "Tout en étant moines, ils détruisent les enseignements du bouddhisme. Certains renoncent à leur voeu pour retourner à la vie laïque comme le fit Wei Yuansong. Puis, en tant que laïcs, ils s'emploient à détruire les enseignements du bouddhisme. Les hommes de cette sorte volent et s'approprient les enseignements corrects du bouddhisme qu'ils utilisent pour compléter et cautionner les écrits erronés. Les termes "ramener vers le bas ce qui est élevé" signifient que, en adoptant le point de vue des taoïstes, ils prétendent que le coeur du taoïsme équivaut à l'essentiel du bouddhisme et mettent sur le même plan vérité et mensonge, sans le moindre argument pour le prouver. Ayant été autrefois bouddhistes, ils volent ce qui est correct et l'utilisent pour cautionner ce qui est erroné. Ils rabaissent les doctrines élevées des douze catégories et des quatre-vingt mille écrits du canon bouddhique et, les introduisant de force dans le contexte inférieur des deux chapitres et cinq mille mots de Lao-Zi, ils les utilisent pour interpréter les mots bas et erronés de ce texte. C'est ce que signifie "détruire ce qui est élevé et le ramener vers ce qui est bas". Il faut bien méditer ces commentaires car ils correspondent parfaitement aux phénomènes que nous venons de décrire. Le même processus se produisit au sein du même du bouddhisme. Introduit en Chine durant l'ère Yung-ping [58-75] sous la dynastie des Han postérieurs, le bouddhisme remplaça peu à peu, comme doctrine officielle du pays, les enseignements confucianistes et taoïstes. Mais des schismes se créèrent au sein de la doctrine orthodoxe, aboutissant à ce que l'on appela les trois écoles du Sud et les sept écoles du Nord, qui poussèrent ici et là comme des orchidées ou des chrysanthèmes. Sous les dynasties Chen et Shui, cependant, le Grand-maître* Zhiyi* triompha de ces diverses écoles pour rendre au bouddhisme son but originel, celui de sauver tous les êtres vivants.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

A une époque où la société accepte le Dharma correct, suit les préceptes et condamne ceux qui les transgressent ou les ignorent, il faut fidèlement les observer tous. A une époque où l'on se sert du confucianisme et du taoïsme pour attaquer le bouddhisme, il faut en débattre avec l'empereur, à l'exemple des maîtres Daoan, Huiyan et Fadao qui le firent au péril même de leur vie. Lorsque les gens confondent totalement les enseignements du Hinayana et du Mahayana, les enseignements provisoires et définitifs, les doctrines ésotériques et exotériques, aussi incapables de faire la différence entre eux que de distinguer les pierres précieuses des cailloux, ou le lait de vache du lait d'ânesse (note), il faut faire une nette distinction entre eux, à l'instar des Grands-maîtres Zhiyi* et Saicho*.
La Lettre de Sado (Sado, 20 mars 1272, à Toki Jonin)

Il y eut par le passé, un mauvais souverain en Chine qui s'appelait l'empereur Hui-zong. Sous l'influence de prêtres taoïstes, il détruisit les statues du Bouddha et les sutras et contraignit tous les moines et toutes les nonnes à reprendre la vie séculière jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul religieux. Parmi les moines il s'en trouva un, du nom de Fa-dao, qui refusa de se laisser intimider par l'édit impérial. Cela lui valut d'avoir le visage marqué au fer rouge et d'être exilé au sud du fleuve Yangzi. Je suis né à une époque où la confiance est accordée à l'école Zen dont l'enseignement est aussi nuisible que celui des prêtres taoïstes, et je rencontre également, comme Fa-dao, des persécutions.
La Loi de Causalité de la Vie (Sado, avril 1272 à Nichigennyo)

Il y a deux manières d'atteindre la bodhéité : grâce au Sutra du Lotus après avoir rencontré le Bouddha ou par la croyance dans le Sutra sans avoir rencontré le Bouddha. Avant même la venue du Bouddha, certains brahmanes en Inde étaient parvenus à une vision correcte de la vie à travers les Veda. En Chine, avant l'arrivée du bouddhisme, certains étaient parvenus à la vision correcte grâce au taoïsme et au confucianisme. Beaucoup de bodhisattvas et de personnes ordinaires d'une grande sagesse perçurent que le Bouddha avait planté en eux la graine de la bodhéité dans le lointain passé avant qu'ils aient entendu le Sutra du Lotus. Ils le comprirent à l'écoute des sutras du Mahayana provisoire* des périodes Kegon, Hodo et Hannya. Ils sont comparables aux pratyekabuddhas capables de percevoir l'impermanence de la vie en voyant des fleurs perdre leurs pétales ou des feuilles tomber. Ils représentent donc le type de personnes parvenues à comprendre la vérité grâce à d'autres enseignements que le Sutra du Lotus.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Des incendies plus ou moins considérables ont suivi les actes des hommes. Au cours des deux mille années du Dharma Correct et du Dharma Formel, il y a eu de mauvais souverains et de mauvais moines, les uns suivant le paganisme, les autres s'entretenant avec les taoïstes et certains croyant à des divinités perverses, tous ont ruiné le Dharma bouddhique. Ces fautes semblent graves, pourtant elles sont légères! (note) Actuellement les mauvais moines détruisent le Dharma; avec le Hinayana ils frappent le Mahayana (note), avec la doctrine provisoire (gonkyo) ils perdent la doctrine définitive (jikkyo) (note) ; ils ne portent pas atteinte au corps mais ils amoindrissent l'esprit; ils ne brûlent ni n'anéantissent les temples et les stupas mais ils les font tomber d'eux-mêmes en ruines; leurs fautes dépassent celles qui furent commises jadis. Vous, mes disciples, voyez tout cela et mettez votre foi dans le Sutra du Lotus.
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1274, à Toki Jonin)

De nos jours, les habitants du Japon donnent l'impression de croire dans le Dharma du Bouddha. Mais autrefois, avant l'introduction du bouddhisme en ce pays, ils ignoraient tout du Bouddha ou de son Dharma. C'est seulement après la bataille entre Moriya et le prince Jogu que certains adoptèrent la foi bouddhique, et d'autres non. Il en alla de même en Chine. Après avoir introduit le bouddhisme en Chine, Matanga débattit avec les taoïstes. Quand les taoïstes furent vaincus en débat, certains se convertirent au bouddhisme, mais beaucoup plus ne le firent pas.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Quinze ans après les mille ans de l'époque du Dharma correct, au début de l'époque du Dharma formel, le bouddhisme se propagea vers l'est et fut introduit en Chine. Pendant cent ans et plus, au cours de la première période de cinq cents ans de l'époque du Dharma formel, les enseignements bouddhiques venus d'Inde furent vigoureusement contestés par les maîtres taoïstes de Chine, sans qu'aucune vérité incontestable permette de les départager. Bien que parfois la question paraisse tranchée, la croyance de ceux qui adhéraient au bouddhisme n'était pas encore très profonde.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Quand Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* prièrent pour la pluie, elle tomba, mais accompagnée de vents violents. Vous devriez vous interroger sur la raison de ce phénomène. On est parvenu parfois à faire tomber la pluie même en faisant appel à des enseignements non bouddhiques, y compris le taoïsme, qui ne méritent même pas d'être réfutés ici. Par conséquent, en pratiquant des enseignements bouddhiques, même s'il ne s'agit encore que de ceux du Hinayana, comment pourrait-on ne pas faire tomber la pluie ?
La prière pour la pluie des trois maîtres du Tripitaka (
Minobu, 22 juin 1275 au nyudo Nishiyama)

Lorsque itai doshin [un même coeur dans des corps différents] prévaut parmi les hommes, ils sont assurés d'atteindre leur but ; en revanche, s'ils agissent en dotai ishin [un même corps mais des coeurs différents], ils ne peuvent rien réaliser de remarquable. Les littératures confucéenne et taoïste comportent plus de trois mille volumes qui illustrent bien ce principe. Le roi Shang Zhou, à la tête d'une armée de 700 000 soldats, affronta le roi Zhou Wu qui, lui, ne disposait que de 800 hommes. Or, grâce à leur parfaite unité et en dépit de leur infériorité numérique, les hommes de Zhou Wu remportèrent la victoire sur les troupes divisées de Shang Zhou.
Sur Itai Doshin (Minobu, septembre 1275 à 1280, à Takahashi nyudo)

Les maîtres taoïstes, en Chine, trompèrent le peuple pendant plusieurs centaines d'années. Mais, lorsque les moines bouddhistes Kashyapa Matanga et Zhu Falan les défièrent, ils mirent le feu à leurs propres écrits et ceux-ci, qui devaient prouver l'immortalité, ont brûlé.
[...] Au Japon, le Grand-maître* Saicho* apparut mille huit cents ans après la disparition du Bouddha. Après avoir étudié les commentaires de Zhiyi*, il commença à critiquer les six écoles bouddhistes qui étaient apparues au Japon depuis plus de deux cent soixante ans, depuis l'époque de l'empereur Kimmei. Il fut calomnié à son tour, ses détracteurs disant que l'un des brahmanes contemporains du Bouddha ou l'un des taoïstes de Chine venaient de renaître au Japon.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

En Chine, dans la septième année de Yung-ping [64 av. notre ère], le deuxième empereur de la dynastie des Han postérieurs, Ming, vit en rêve un personnage doré. Après quoi il envoya en Inde dix-huit émissaires, parmi lesquels les lettrés Cai-Yin et Wang-Zun, pour y rechercher le bouddhisme. Pour cette raison, dans la dixième année de Yung-ping, deux sages du centre de l'Inde, Kashyapa Matanga et Zhu Falan furent invités en Chine et traités avec le plus grand respect. Des milliers d'adeptes du confucianisme et du taoïsme, qui avaient jusqu'alors présidé aux cérémonies impériales en Chine, les jalousèrent et se plaignirent auprès de l'empereur. Ce dernier décréta qu'un débat public aurait lieu le quinzième jour du premier mois de la quatorzième année de Yung-ping. Les taoïstes s'empressèrent d'élever un autel en prenant cent divinités chinoises comme objet de vénération. Et les deux sages venus d'Inde [Matanga et Zhu Fan-lan] prirent pour objet de vénération les reliques du Bouddha, une peinture représentant Shakyamuni et cinq sutras (note).
D'après les documents de ce temple, la statue qui y était enchâssée était celle que le roi Songmyong avait envoyée à l'empereur Kimmei. Les documents prétendent que cette statue fut transportée à Nagano par Honda Zenko et enchâssée en 642 dans un temple qui devait devenir le Zenko-ji. Toutefois, d'après le Nihon Shoki (Chroniques du Japon), la statue envoyée par le roi était celle de Shakyamuni. Il est concevable que, avec l'émergence de l'école Jodo, la statue d'origine ait été remplacée par une statue du bouddha Amida. Comme c'était la coutume dans les rituels conduits en présence de l'empereur, les taoïstes apportèrent les écrits de leur école, ainsi que les Trois Recueils, les Cinq Canons, et les écrits des Deux Sages* et des Trois Augustes, et en déposèrent quelques uns sur des brindilles qu'ils enflammèrent. Lors de cérémonies semblables, par le passé, les textes avaient toujours résisté aux flammes, mais cette fois, ils furent réduits en cendres. D'autres écrits, placés sur l'eau, cette fois-ci coulèrent au fond, alors qu'ils avaient autrefois flotté en surface. Les taoïstes s'efforcèrent d'invoquer les démons, mais ils n'apparurent pas. Tous ressentirent cela comme une humiliation insupportable et certains d'entre eux, comme Chu Shan-xin et Fei Shu-cai, en moururent de honte. Par contre, quand les deux sages du bouddhisme exposèrent le Dharma, les reliques du Bouddha s'envolèrent vers le ciel en émettant une lumière assez brillante pour faire pâlir même la lumière du soleil. Des rayons lumineux émanèrent de l'image peinte, du milieu du front du Bouddha Shakyamuni. Plus de six cents taoïstes, parmi lesquels Lu Huitung, se convertirent au bouddhisme sur-le-champ et entrèrent dans l'ordre bouddhique. Dix temples furent construits dans les trente jours qui suivirent cette confrontation.
[...] Il en va de notre époque comme de la leur. Les taoïstes Chu Shan-xin et Fei Shu-cai, en Chine, et Moriya, au Japon, en croyant aux divinités, grandes et petites, de leur pays respectif, s'opposèrent au Bouddha Shakyamuni. Mais parce que ces divinités elles-mêmes obéissent au Bouddha, ces croyants allèrent tous à leur perte. Ce qui se passe de nos jours est identique. L'image du bouddha introduite au Japon en provenance du royaume de Paekche était celle du Bouddha Shakyamuni. Pourtant les moines d'autres écoles mentent maintenant aux Japonais en leur disant que c'était celle d'Amida. Autrement dit, ils ont substitué Amida au Bouddha Shakyamuni. Il y a une différence entre les taoïstes et Moriya d'une part, et les moines de notre époque de l'autre en ce sens que, lors de l'introduction du bouddhisme, ils ont préféré les divinités du Shinto à Shakyamuni, alors qu'aujourd'hui, à l'époque de Kamakura, c'est le bouddha Amida qu'ils préfèrent au Bouddha Shakyamuni. Mais leur attitude de rejet de Shakyamuni est la même.
Le guide suprême du monde (Minobu, le 25 juin 1277, à Shijo Kingo)

Comprenant que ses pouvoirs surnaturels étaient incapables de remédier à la situation, Maudgalyayana se rendit en un instant auprès du Bouddha et lui présenta sa requête désespérée. «Je suis né dans une famille de brahmanes, dit-il, mais je suis devenu par la suite un disciple du Bouddha. Parvenu à l'état d'arhat, je me suis libéré du cycle des renaissances dans le monde des trois plans, et j'ai acquis les Trois Pouvoirs de perception et les six pouvoirs mystiques qui sont l'apanage des arhats. Mais maintenant, lorsque j'essaye de sauver ma propre mère des grandes souffrances qui l'accablent, je ne fais que provoquer chez elle une agonie encore plus grande. C'est pour moi une grande peine et mon cœur est empli de regrets. Le Bouddha répondit : «Votre mère a commis de graves mauvaises actions. Seul, vous n'aurez pas le pouvoir de la sauver. Personne ne le peut : ni les divinités du ciel, ni celles de la terre, ni les brahmanes, ni les moines taoïstes, ni les quatre rois du Ciel, ni les divinités Taishaku et Bonten.
Sur les cérémonies d'urabon (Minobu, le 13 juillet 1279  ? (1277 ou 1280)

Saicho* affirma que telle était la raison de la colère du ciel et de l'affaiblissement des divinités protectrices du pays. Et il déclara que même ceux qui faisaient l'éloge du Sutra du Lotus en détruisaient le cœur. En entendant cela, les moines des Sept temples principaux de Nara, des quinze grands temples, et de tous les temples et monastères de montagne du Japon, devinrent furieux. Ils s'écrièrent : "Mahadeva, de l'Inde, et les moines taoïstes de la Chine se sont réincarnés dans notre pays  ! Ils ont pris la forme de ce petit moine appelé Saicho*  ! Si quelqu'un le rencontre, qu'il lui brise la tête en deux, qu'il lui coupe les bras, qu'il le frappe et l'insulte  ! "
Le roi Rinda (
Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

 

 

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