ACCUEIL
 

LEXIQUE

Extraits de gosho sur

MENU - LEXIQUE
DICTIONNAIRE
 
 

Depuis cette époque, du souverain suprême aux masses innombrables, tous ont vénéré les statues du Bouddha et ont attentivement étudié les écrits bouddhiques. Il en a résulté que dans les monastères du Mont Hiei et de Nara, la capitale du Sud, dans les grands temples Onjo-ji et To-ji, dans tout le pays à l'intérieur des quatre mers, dans les cinq provinces autour de la capitale (note) et dans les sept marches, les écrits bouddhiques ont été classés, comme des étoiles dans le ciel, et le pays s'est couvert d'une nuée de temples. Ceux qui se réclament de Shariputra observent la lune du haut du Pic du Vautour (note) tandis que ceux qui adhèrent aux traditions d'Haklenayasha transmettent les enseignements du Mont Kukkutapada.
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Par bienveillance, Shubhakarasimha* décida de propager la connaissance de cet enseignement dans des contrées lointaines et se rendit en Chine où il exposa cet enseignement caché à l'empereur Xuan-Zong. En période de grande sécheresse, il fit des prières pour faire tomber la pluie et au bout de trois jours la pluie tomba du ciel. Ce Savant-maître* pouvait reconnaître sans la moindre hésitation les graines (note) représentant plus de mille deux cents Honorés, leurs nobles caractéristiques et leurs samaya. De nos jours, tous les adeptes de l'école Shingon rattachés au To-ji et à tous les temples Shingon du Japon sans aucune exception se considèrent comme les disciples du Savant-maître* Shubhakarasimha*.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

En conséquence, il parvint à vaincre en débat huit moines éminents des six écoles de Nara, puis douze moines, puis quatorze, puis plus de trois cents, parmi lesquels Kukai* (note). Il n'y eut bientôt plus une seule personne dans tout le Japon qui ne reconnut pas la supériorité de l'école Tendai, et les grands temples de Nara, le temple du Shingon To-ji à Kyoto, et d'autres temples de toutes les provinces furent rattachés au temple principal de l'école Tendai au Mont Hiei. Le Grand-maître Saicho établit aussi, clairement, que les fondateurs des diverses autres écoles bouddhiques en Chine, grâce à leur respect de la doctrine du Grand-maître Zhiyi, ne commirent pas l'erreur de s'opposer aux véritables enseignements du bouddhisme.
[...] 2 Ces "moines qui se font passer pour des sages et utilisent leur position pour regrouper autour d'eux toutes les autres personnes mauvaises" où, dans le Japon d'aujourd'hui, faut-il les rechercher  ? Au Mont Hiei  ? Au temple Onjo-ji  ? Au temple To-ji de Kyoto  ? Dans les temples de Nara  ? Au temple Kennin-ji de Kyoto, ou aux temples Jufuku-ji et Kencho-ji de Kamakura  ? Il faut sérieusement se le demander. Ces mots se réfèrent-ils aux moines d'Enryaku-ji [du Mont Hiei] qui portent heaume et armure ? Désignent-ils les moines du Onjo-ji qui ont consacré leur corps au Dharma et qui pourtant portent des cottes de mailles et des armes  ? Mais ces hommes ne ressemblent pas aux moines vivant dans la forêt "vêtus de haillons et vivant retirés" qui sont décrits dans le Sutra, pas plus qu'ils ne semblent appartenir à la catégorie de ceux qui sont "respectés et révérés par le monde comme des arhats dotés des six pouvoirs mystiques."
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Comme je l'ai souvent déjà souligné par le passé, des maîtres comme Shubhakarasimha* et Vajrabodhi*, Bodhidharma, Huiko, Shandao et Honen, Kukai* du temple To-ji et Enchin du temple Onjo-ji, Ennin* du Mont Hiei ou Ryokan de la région de Kanto, ont probablement lu les paroles d'or, "Maintenant, ... en rejetant sincèrement les enseignements provisoires, [je n'enseignerai que la voie ultime]"(réf.) en les interprétant comme s'il avait été écrit "en rejetant sincèrement l'enseignement véridique, je n'exposerai que les enseignements provisoires."
Réponse à Sairen-bo (Sado, le 13 avril 1272, à Sairenbo Nichijo)

L'école Shingon s'appuie sur les sutras Vairocana*, Kongocho et Soshitsuji. On les appelle les trois sutras de Vairocana. Ils furent introduits par les Savants-maîtres* Shubhakarasimha* et Vajrabodhi* sous le règne de l'empereur Xuan-Zong. Ce dernier éprouvait le plus grand respect pour ces sutras, et les considérait comme supérieurs aux enseignements des écoles Tendai et Kegon. A ses yeux, ils dépassaient aussi les enseignements Hosso et Sanron. Si bien que chacun, en Chine, en vint à croire le Sutra Vairocana* supérieur au Sutra du Lotus. Et au Japon aussi, jusqu'à notre époque, les gens ont cru l'école Tendai inférieure à l'école Shingon. Les moines éminents (note) du To-ji et de l'école Tendai qui pratiquent les enseignements Shingon, sont coupables d'une extrême arrogance ; c'est le comble de la présomption que d'agir comme ils le font !
La voix pure et portant loin (Sado, septembre 1272, à Shijo Kingo)

Les principes profondément néfastes sous-tendant ces prières sont parvenus peu à peu jusque dans la région de Kanto, où ils se concrétisent par des rituels régulièrement conduits par les Supérieurs ou les assistants de divers temples. Ces derniers sont incapables de distinguer entre les principes corrects et erronés, entre les enseignements supérieurs et inférieurs, mais pensent qu'il suffit de révérer les Trois trésors. Ainsi [sans réfléchir], ils ont eu recours à ces prières. Et actuellement, non seulement ceux de la région de Kanto mais aussi les patriarches et moines supérieurs du Mont Hiei, de To-ji et de Onjo-ji, tous sont placés sous la juridiction du shogunat de Kanto, ce qui, par conséquent, a conduit les autorités de Kanto à soutenir ces cérémonies.
Sur la prière (Sado, 1272 à Sairen-bo)

Au cours du même règne de l’empereur Kammu, un moine nommée Kukai* se rendit en Chine pour étudier le bouddhisme Shingon. Kukai* ne rentra pas au Japon de tout le règne de Kammu, mais seulement en 806 (la première année de l’ère de Daido), sous le règne du 55e souverain, l’empereur Heizei. En 823 (19e jour du 1er mois, 14e année de l’ère de Konin), sous le règne du 52e empereur Saga, Kukai* proclama le temple To-ji à Kyoto siège de l’ésotérisme shingon et l’appela temple Kyoo Gokoku-ji. Cela se passa une année après la mort du Grand-maître* Saicho*.
[...] Durant le règne de l’empereur Montoku, le Vénérable Enchin (Grand-maître* Chisho) se rendit dans la Chine des Tang. Après y avoir suivi les deux écoles de bouddhisme du Tian-tai et du Shingon, il revint au Japon en 858 (2e année de l’ère de Tenet’an). Le Vénérable Enchin maîtrisait non seulement les bouddhismes Hokke et Shingon, sous la conduite de Gishin (Premier Grand-patriarche du Mont Hiei), d’Encho*, deuxième Grand-patriarche du Mont Hiei, de Kojo*, et d’Ennin*, troisième Grand-patriarche, ainsi que la doctrine Shingon du temple To-ji.
[...] Les quatre personnes que je viens de citer sont appelées les quatre Grands-maîtres du bouddhisme Shingon au Japon. D’un point de vu général, huit courants existent au sein de l’ésotérisme japonais, parmi lesquels cinq, appartenant à To-ji, ont été fondés par le Grand-maître* Kukai* et les trois autres de l’école Tendai sont dus au Grand-maître* Ennin*.
[...] Il est d'usage dans tous les 171.037 temples bouddhistes du Japon, à commencer par le Mont Hiei, les sept grands temples à Nara, les temples de To-ji et Onjo-ji, de prier pour la paix dans le pays et la sécurité de l’empereur, même lorsqu’ils procèdent à des offices secondaires. De plus, le grand bodhisattva Hachiman fit la promesse de protéger tout spécialement l’empereur.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Par conséquent, Honen déclara que ceux qui se préoccupent de leur bonheur dans la vie prochaine devraient retirer leur soutien aux temples du Mont Hiei, aux temples To-ji et Onjo-ji ainsi qu'aux sept grands temples principaux de Nara, à tous les temples et monastères de l'archipel du Japon, et qu'ils devraient s'emparer des rizières et des champs appartenant à ces temples afin de les offrir aux temples où se pratique le Nembutsu. Il affirmait que ceux qui le feraient pourraient immanquablement atteindre l'Eveil. C'est ainsi qu'il exhortait chacun à réciter Namu Amida Butsu.
[...] Par conséquent si nous voulons comparer leurs mérites, nous pouvons dire que le Grand-maître* Saicho*, par l'ampleur de la tâche qu'il accomplit, surpassa Nagarjuna et Vasubandhu, et fut plus sage encore que Zhiyi* et Zhanlan*. S'il en est ainsi, comment, à notre époque au Japon, les moines des temples To-ji, Onjo-ji ou des sept grands temples et les adeptes des huit écoles et du Shingon, Zen ou Ritsu, peuvent-ils transgresser les préceptes parfaits du Grand-maître* Saicho*  ? Les moines des neuf régions de Chine devinrent les disciples de Zhiyi*, et adoptèrent les principes de méditation parfaite et de sagesse parfaite qu'il enseignait. Mais puisque aucun kaidan pour conférer universellement l'ordination qui mène à l'Eveil parfait et immédiat n'avait été construit en Chine, certains auraient pu ne pas le suivre dans ce domaine des préceptes. Par contre, au Japon, puisque Saicho* établit un tel sanctuaire, ceux qui ne suivent pas le Grand-maître* Saicho* ne peuvent être considérés que comme des non bouddhistes et des personnes mauvaises.
[...] Le Grand-maître* [Saicho*] savait parfaitement laquelle des deux écoles nouvellement introduites de Chine au Japon, Tendai ou Shingon, était supérieure à l'autre. Mais il ne le démontra pas au cours d'un débat public comme il l'avait fait pour établir la supériorité du Tendai sur les six écoles plus anciennes. Pour cette raison peut-être, après la disparition du Grand-maître* Saicho*, les moines du To-ji, des sept temples de Nara, du Onjo-ji aussi bien que des autres temples du Japon tout entier proclamèrent l'école Shingon supérieure à l'école Tendai, et tous, des personnes du plus haut rang jusqu'à celles dont la condition était la plus modeste, en furent persuadés.
[...] 2 Les trois difficultés importantes dont je parlais plus tôt consistent en l'école Nembutsu, l'école Zen et l'école Shingon. L'école Nembutsu, pour commencer, a envahi le Japon tout entier et l'invocation du bouddha Amida se retrouve comme une chanson sur les lèvres des quatre congrégations. Deuxièmement, l'école Zen a produit des moines arrogants qui parlent de leur "triple robe et un bol à aumônes", et couvrent la terre, entre les quatre mers, en se prétendant les guides éclairés du monde entier. Troisièmement, l'école Shingon forme une catégorie à part. Elle bénéficie du soutien des temples du Mont Hiei, des sept temples de Nara, du To-ji, du Onjo-ji et de leurs patriarches, y compris le supérieur du Mont Hiei, Omuro, le supérieur du Onjo-ji et les administrateurs des divers temples et sanctuaires.(note)
[...] 2 Ces déclarations de Honen suscitèrent d'abord des polémiques avec les moines du Mont Hiei, du To-ji, du Onjo-ji et des sept temples principaux de Nara. Mais la préface du Ojo yoshu parut si convaincante que Kenshin, patriarche du temple du Mont Hiei, fut finalement conquis par la doctrine du Nembutsu et devint un disciple de Honen.
[...] 2 Finalement, il semblerait que Honen, par esprit de vengeance pour avoir été condamné à l'exil, se soit changé en un mauvais esprit qui s'empara des gouvernants, posséda les moines du Mont Hiei et du Onjo-ji qui l'avaient auparavant persécuté, lui et ses disciples ; il poussa certains moines à fomenter une rébellion, d'autres à commettre diverses mauvaises actions. Cela eut pour résultat qu'ils furent presque tous éliminés par Minamoto no Yoritomo. Les quelques rares moines du Mont Hiei ou du To-ji qui ont survécu sont considérés avec mépris par les croyants et les croyantes laïques. Ils sont traités comme des singes dont se moque la foule ou comme des barbares du nord prisonniers, devenus, même pour les enfants, objet de risée.
[...] 2 Si la vision des disciples de Kukai*, comme celle des moines Shingon du temple To-ji est à ce point mauvaise qu'ils sont incapables, de leurs propres yeux, de distinguer le blanc du noir, ils devraient faire confiance aux yeux des autres et reconnaître les malheurs qu'entraînent leurs propres erreurs  ! Et qu'ils nous montrent donc les passages du Sutra Vairocana* et du Sutra Kongocho qualifiant le Sutra du Lotus d'enseignement puéril  !
[...] 2 Les temples du Mont Hiei [centre de l'école Tendai] n'auraient pas du avoir de pires ennemis que ceux qui prétendent, comme on le fait communément au Japon, que l'enseignement du Shingon est supérieur à celui du Sutra du Lotus. Mais parce qu'Ennin* mit un bâillon sur la bouche des trois mille moines [du Mont Hiei, leur interdisant ainsi de parler], tout se passa comme les maîtres du Shingon le souhaitaient. En fait, le To-ji [principal temple Shingon dans la région de Kyoto] n'eut pas de meilleur allié qu'Ennin*. Ce n'est pas le seul exemple de ce genre. Les école Jodo et Zen pouvaient prospérer dans d'autres pays mais, au Japon, il leur aurait été impossible de se développer, même en d'innombrables kalpas, sans l'acceptation du temple Enrakyu-ji [du Mont Hiei].
[...] 2 Aujourd'hui, le shogunat de Kamakura est au sommet de sa prospérité. Les moines Shingon du To-ji, ceux du Mont Hiei, du Onjo-ji et des sept temples principaux de Nara, ainsi que les moines de l'école Hokke qui ont oublié les principes de leur propre école et s'opposent au Dharma, tous s'en vont vers l'est, dans la région de Kanto (note), où ils inclinent la tête, plient les genoux et s'efforcent de diverses manières de gagner les faveurs des samouraïs. En retour, ils obtiennent des positions de supérieur ou d'administrateur des divers temples et monastères de montagne. Et ils continuent à prier pour la paix du pays avec le même enseignement maléfique qui a détruit l'autorité de l'empereur !
[...] 2 La facilité à croire et la facilité à comprendre, dans un cas, sont dues au fait que le Bouddha enseigna en fonction des capacités des gens. La difficulté à croire et la difficulté à comprendre, dans l'autre cas, tiennent au fait qu'il enseigna en fonction de son propre Eveil [sans prendre en compte les capacités de ses auditeurs]. Kukai* et ses adeptes du temple To-ji au Japon prétendent que, parmi tous les enseignements exotériques, le Sutra du Lotus est le plus difficile à croire et le plus difficile à comprendre, mais que, par rapport aux enseignements ésotériques, il est facile à croire et à comprendre. Ennin*, Enchin et leurs adeptes disent que le Sutra du Lotus et le Sutra Vairocana* sont tous deux difficiles à croire et à comprendre, mais que, si l'on compare les deux, le Sutra Vairocana* est de loin plus difficile à croire et à comprendre que le Sutra du Lotus.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

L'empereur ordonna alors à Kukai* de conduire les prières mais sept jours s'écoulèrent sans que tombe la moindre goutte, puis encore sept jours, et de nouveau sept jours. Finalement, l'empereur décida de prier lui-même pour la pluie, ce qui eut pour effet de la faire tomber. Mais les moines du To-ji [le temple de Kukai*], appelèrent cette pluie "la pluie de notre maître". Si l'on veut connaître plus en détail ces faits, il suffit de consulter les documents. C'est l'un des plus grands mensonges jamais proférés dans notre pays. De plus, eurent lieu les incidents liés à l'épidémie qui éclata au printemps de la 9e année de l'ère Konin [818] (note), et au trident, deux supercheries inimaginables. Je préfère vous dire tout cela de vive voix.
La prière pour la pluie des trois maîtres du Tripitaka (Minobu, 22 juin 1275 au nyudo Nishiyama)

L'empereur retiré d'Oki [Go-Toba] était le 82e souverain du Japon sous forme humaine. Régnant plus de deux mille ans après l'époque de l'empereur Jimmu, il était la manifestation humaine de la déesse Amaterasu. Qui aurait eu l'audace de s'opposer à un souverain tel que lui  ? En outre, de l'époque de l'empereur Kimmei (509-571) à celle de l'empereur retiré d'Oki, les divers grands principes et enseignements ésotériques du bouddhisme, en provenance de Chine, de Paekche, de Silla et de Koguryo, ont été respectés et pratiqués au Mont Hiei, dans les temples To-ji, Onjo-ji, dans les sept temples majeurs de Nara et partout ailleurs au Japon. Cela dans le but d'assurer la protection du pays et d'assurer la sécurité de son souverain.
Réponse au nyudo Takahashi (Minobu, 1275 au nyudo Takahashi Rokuru Hyoe)

Le Grand-maître* Saicho* décéda le quatrième jour du sixième mois de la treizième année de Konin (822), sous le règne de l'empereur Saga. A partir de la quatorzième année de la même ère (823), Kukai* prodigua officiellement ses enseignements au souverain. Il établit l'école Shingon et la direction du temple To-ji lui fut confiée ; on l'appela désormais "le moine du Shingon". C'est ainsi que fut fondée l'école Shingon, huitième école bouddhique du Japon.
[...] Un moine et une nonne, un objet noir et un objet bleu foncé sont suffisamment semblables pour être confondus par une personne ayant une mauvaise vue. Mais même une personne dont la vue est défectueuse ne pourra jamais confondre un moine avec un laïc, ou un objet blanc avec un objet rouge. Le risque est encore moindre avec une personne dont la vue est bonne. Les théories d'Ennin* et de Enchin sont aussi difficiles à distinguer de la vérité qu'un moine d'une nonne, ou un objet noir d'un objet bleu foncé. Ainsi, même les sages s'y trompent, et les ignorants font cette confusion. [De cet état de fait il résulte que] durant plus de quatre siècles, sur le [...] Mont Hiei, dans les temples Onjo-ji et To-ji, à Nara, dans les cinq provinces entourant la capitale, dans les sept marches, comme, à vrai dire, dans le Japon tout entier, tous s'opposent au Dharma.
[...] La lignée de Kukai* fut, elle aussi, interrompue. Kukai* avait stipulé par écrit que nul ne pourrait devenir patriarche du temple To-ji s'il n'avait été ordonné selon les préceptes [établis par Ganjin] au sanctuaire du Todai-ji. Cependant, l'empereur retiré Kampyo (Uda) fonda un temple [à Kyoto] appelé Ninna-ji et y déplaça un certain nombre de moines du To-ji ; et il décréta aussi que nul ne pourrait résider au temple Ninna-ji s'il n'avait au préalable reçu les préceptes pour l'Eveil parfait et immédiat au sanctuaire du Mont Hiei. Par conséquent, les moines du temple To-ji ne sont ni les disciples de Ganjin, ni ceux de Kukai*. Par rapport aux préceptes, ils sont disciples de Saicho*. Mais ils ne se conduisent pas en vrais disciples de Saicho* car ils rejettent le Sutra du Lotus que Saicho* considère comme l'enseignement suprême.
[...] Les vents néfastes provoqués par ces trois hommes sont devenus le terrible vent que font souffler tous les maîtres du Shingon à travers la Chine et le Japon. Par conséquent, la grande tempête qui s'est élevée, le douzième jour du quatrième mois de la onzième année de Bun'ei (1274), fut peut-être un vent contraire suscité par les prières faites pour la pluie par Kaga Hoin, du sanctuaire d'Amida, l'un des moines les plus éminents du temple To-ji. Ainsi, les enseignements erronés de Shubhakarasimha*, de Vajrabodhi* et d'Amoghavajra* ont été transmis sans la moindre altération. Vraiment, quelle étrange coïncidence !
[...] Ainsi, les doctrines des écoles Shingon, Zen et Nembutsu se propagèrent et prospérèrent au Japon. Pour finir, Takanari, l'empereur retiré d'Oki [Go-Toba] s'efforça de renverser Gon no Tayu. Puisqu'il était le souverain, autorité suprême du pays, on pensait que, même sans aucune aide, cela lui serait aussi facile que pour un lion de dévorer un lapin, ou pour un aigle d'attraper un faisan. De plus, depuis plusieurs années, il avait été demandé aux temples du Mont Hiei, au To-ji, au Onjo-ji et aux Sept principaux temples de Nara, aussi bien qu'aux sanctuaires de Tensho Daijin*, du Grand bodhisattva Hachiman, de Sanno, Kamo et Kasuga d'offrir des prières pour la défaite des ennemis de l'empereur et pour la protection divine. Pourtant [lorsque la guerre éclata], les forces impériales furent incapables de résister plus de deux ou trois jours. Finalement, les trois empereurs retirés furent exilés respectivement sur les îles de Sado [exil de Juntoku] et d'Oki [exil de Go-Toba], et dans la province d'
Awa (note) et c'est là qu'ils moururent. De plus, Omuro qui conduisait les prières pour la défaite des ennemis de la cour [le clan Hojo] fut non seulement chassé du temple To-ji mais son favori, le page Setaka, qui lui était plus cher que la prunelle de ses yeux, fut décapité. Ainsi [comme il est dit dans le Sutra du Lotus] les malédictions finirent par "se retourner contre ceux qui les avaient prononcées."(réf.)
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Le bodhisattva Hachiman accepterait-il d'aider un vassal qui se rebellerait contre son souverain  ? Pourtant, comme nous le savons, l'empereur et les nobles de son parti furent vaincus par Hojo Yoshitoki. Cette défaite ne fut pas un simple accident. Elle eut lieu parce que les nobles courtisans avaient foi dans les enseignements erronés de Kukai*, dans les doctrines fallacieuses de Ennin* et de Enchin et parce que les moines des monastères du Mont Hiei, To-ji et Onjo-ji s'allièrent aux nobles en faisant des prières contre le shogunat de Kamakura. Ainsi, "les malédictions revinrent frapper ceux qui les avaient formulées"(réf.), comme cela est dit dans le Sutra du Lotus, et par conséquent l'empereur et ses courtisans furent vaincus.
[...] De retour chez moi, la rumeur me parvint que le gouvernement avait ordonné au moine Hoin, du temple d'Amida, de prier pour la pluie à partir du dixième jour du quatrième mois [10 avril]. Ce Hoin est le plus éminent des moines du temple To-ji et il est le précepteur du prince-moine (dojo) du temple Ninna-ji. Il adhère avec une fidélité absolue aux enseignements ésotériques de Kukai*, Ennin* et Enchin et a mémorisé tous les principes des écoles Tendai et Kegon. Hoin se mit à prier le 10 avril, et, le lendemain même, il tomba une averse. Une pluie fine, sans vent, persista pendant un jour et une nuit. Le régent Hojo Tokimune, fut tellement impressionné par ce résultat qu'il offrit au moine trente ryo d'or et un cheval, entre autres cadeaux.
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Les doctrines erronées propagées par ces trois maîtres sont généralement disséminées à partir de trois lieux : To-ji, Soji-in sur le Mont Hiei, et Onjo-ji. Si des mesures ne sont pas prises pour interdire les activités de ces trois temples, le pays sera inévitablement détruit et ses habitants tomberont dans les mauvaises voies. Comprenant bien toute la situation, j'en ai informé le souverain. Mais personne n'a tenu le moindre compte de mes conseils.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Plus tard, après la mort du Grand-maître* Saicho*, le Grand-maître* Kukai*, pour ne pas être considéré comme moins important que lui, s'empressa de présenter le Shingon comme une école indépendante ; mais le temple Enrakyu-jidu Mont Hiei refusa de l'admettre. Toutefois, Ennin* et Enchin (Chisho) n'avaient qu'une clairvoyance limitée, et, bien que résidant au Mont Hiei, leur cœur penchait vers le temple To-ji de Kukai*. C'est peut-être la raison pour laquelle ils contredirent leur maître [Saicho*] et, les premiers, introduisirent l'école Shingon au temple Enrakyu-ji. Ce jour-là commença la destruction de notre pays.
Lettre de pétition de Yorimoto (Minobu, le 25 juin 1277, requête au seigneur Ema au nom de Shijo Kingo)

Pendant le cinquième, sixième et septième mois de la troisième année de Jokyu (1221), la Cour impériale de Kyoto mena la guerre contre le régime de Kamakura. A ce moment-là, les temples Enrakyu-ji, To-ji, Onjo-ji et les sept grands temples de Nara utilisèrent les rites les plus ésotériques du Shingon dans leurs prières aux divinités Tensho Daijin*, Hachiman et Sanno. Quarante et un moines, parmi les plus renommés, y compris l'ancien supérieur Jien de l'école Tendai, les révérends du To-ji et du Ninna-ji, ainsi que Jojuin du temple Onjo-ji, prièrent sans cesse pour la défaite de Hojo Yoshitoki. Le deuxième fils de l'empereur Go-Toba entama aussi des prières dans la salle des cérémonies d'Etat, le huitième jour du sixième mois. La Cour impériale annonça qu'elle serait victorieuse avant huit jours. Mais le septième jour et le quatorzième jour du sixième mois, la bataille se solda par une défaite, et le deuxième fils mourut de chagrin parce que son page bien-aimé, Setaka, avait été décapité.
Les Huit Vents (Minobu, 1277 à Shijo Kingo)

Une Ecole est digne de ce nom lorsqu'elle propose trois sortes d'enseignement : préceptes, méditation et prajna-sagesse. Sans parler pour l'instant de méditation ni de prajna, nous voyons bien que, par les préceptes qu'elles énoncent, les diverses écoles se divisent clairement en Hinayana et Mahayana. Ni la branche To-ji de l'école Shingon ni les écoles Hosso, Sanronou Kegon n'ont leur propre sanctuaire pour conférer les préceptes ; c'est pourquoi elles doivent utiliser le sanctuaire du Todai-ji à Nara. Autrement dit, elles se rattachent aux préceptes énoncés par l'école Ritsu, une Ecole du Hinayana, préceptes sans plus de valeur que du lait d'ânesse ou des immondices malodorants. Par les préceptes qu'elles observent, toutes ces écoles entrent dans la catégorie du Hinayana.
Lettre à Shomitsu-bo (Minobu, 1277 à Shomitsu-bo)

Le 19 janvier 823, Kukai* reçut l’autorisation de l’Empereur de bâtir le temple To-ji, à Kyoto, et il commença alors à diffuser les enseignements du Shingon autour de la région du Kansai, puis au Japon central, dans les îles de Tsukushi, Shikoku, Iki et Tsushima, et finalement, à travers tout le pays. On peut dire que ceux qui ont fait le pèlerinage dans toutes les parties du Japon, en sonnant une cloche sur un poteau de l’école Shingon, étaient tous, sans exception, des disciples de Kukai*.
[...] Comme le temps passait, la région de Kamakura fut à nouveau sur le point d’être envahie par une puissance étrangère à cause des enseignements erronés de l’école Shingon. Le gouvernement shogunal de Kamakura exerçait sa juridiction, non seulement sur l’ensemble des régions de Kanto, mais il avait aussi pris le cotrôlle du temple Enryaku-ji au Mont Hiei, du temple To-ji à Kyoto, du temple Onjo-ji dans la préfecture de Shiga, et des sept temples principaux de Nara. En conséquence, le dirigeant du gouvernement shogunal de Kamakura, avec sa famille et tous les dignitaires et moines supérieurs de ces temples, sont devenus des fidèles de l’école Shingon, tout juste comme l’ex-empereur Go-Toba, qui était exilé dans l’île d’Oki, avait été un fidèle de l’école Shingon.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Toutefois aucun de ces traîtres n'a suscité chez le peuple autant de haine que moi, Nichiren. Si vous me demandez pourquoi, je vous répondrai ceci  : il est dit dans le Sutra du Lotus que ce sutra est "le plus élevé de tous les sutras". (réf.) Mais le Grand-maître* Kukai* n'accorde au Sutra du Lotus que la troisième place, tandis que le Grand-maître* Ennin* le classe au deuxième rang, et le Grand-maître* Enchin* suit sur ce point Ennin*. C'est pourquoi, à présent, quand les moines du Mont Hiei, ceux des temples To-ji et Onjo-ji, ont sous les yeux le Sutra du Lotus, ils lisent bien le passage affirmant qu'il est de tous les sutras le plus élevé, mais, même en lisant cela, ils pensent, en réalité, que le Sutra du Lotus n'occupe que le deuxième ou troisième rang. Les nobles et les samouraïs ne savent pas précisément tout cela. Mais puisque les moines éminents qui les guident dans la foi partagent tous cette opinion, les disciples laïques et leurs maîtres commettent la même erreur.
[...] Maintenant, moi, Nichiren, j'ai révélé que les trois Grands-maîtres Kukai*, Ennin* et Enchin* affirment effrontément dans leurs écrits que le Sutra du Lotus émane du monde de l'obscurité, qu'il est une doctrine erronée et fallacieuse. Si ce que dit le Sutra du Lotus est véridique, qu'adviendra-t-il alors, à votre avis, de tous les moines du Mont Hiei, de To-ji, de Onjo-ji, des sept temples majeurs de Nara et des autres 11 037 temples à travers tout le Japon   ? Si l'on s'en tient aux exemples que je viens de citer, il ne fait aucun doute qu'ils tomberont dans la grande citadelle de l'enfer avici.
[...] Le souverain Takahira* fit appeler Jien*, administrateur des moines et grand patriarche de l'école Tendai, ainsi que d'autres moines éminents des temples To-ji, Omuro [en fait, le temple Ninna-ji] et d'autres - quarante et une personnes au total. Il fit dresser pour eux, à la cour du palais impérial, un grand autel afin qu'ils prient pour la victoire sur Yoshitoki [l'administrateur provisoire du secteur ouest de la capitale]. Mais, au septième jour de leurs prières, qui se trouvait être le 14e jour du 6e mois, la capitale fut envahie par les forces de Yoshitoki, la famille impériale exilée dans la province d'Oki ou sur l'île de Sado, et le grand patriarche et les moines du temple Omuro ainsi que de divers autres temples furent sévèrement punis, certains allant jusqu'à mourir de désespoir.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

De même, avant l'apparition de Saicho*, les six écoles, dont fait partie l'école Kegon, étaient comparables à de la rosée s'élevant vers le ciel. Il en va de même pour l'école Shingon. Comprenez bien que lorsqu'un ennemi puissant apparaîtra et réfutera avec force cette école en s'appuyant sur le Sutra du Lotus, le grand patriarche du Mont Hiei et les moines des temples To-ji et Omuro seront comparables à de la rosée lorsqu'elle rencontre le soleil.
La bonne fortune inégalée (Minobu, 1l mai 1280, au seigneur Nishiyama)

Mais les moines Shingon du temple To-ji calomnient Nichiren en disant  : "Vous n'êtes qu'un homme ordinaire (bompu) alors que le Grand-maître* Kukai* était un bodhisattva parvenu à la troisième* des dix étapes de développement*. Vous n'êtes pas encore parvenu au stade où l'on prend conscience, sans changer d'apparence, de la non-naissance et de la non-extinction de tous les phénomènes, alors que le Grand-maître* Kukai* était parvenu à la bodhéité sans changer d'apparence, sous les yeux mêmes de l'empereur. De plus, aucun édit impérial ne vous ayant décerné ce titre, vous n'êtes pas un Grand-maître* . Vous n'avez donc pas la qualité de maître pour le Japon  !
[...] Les Grands-maîtres Saicho* et Kukai* n'étaient ni l'un ni l'autre stupides. De plus, les sages font preuve d'impartialité. Ces trois maîtres, Ennin*, Enchin et Annen, vivaient bien dans "le temple de la montagne" [Enriyaku-ji] fondé par Saicho*, mais leur esprit était celui de l'enseignement de Kukai* du temple To-ji. Si bien que, au cours des quatre cents dernières années, au Japon, personne n'a contredit leur opinion. Comment donc une personne d'aussi basse condition que vous ôse-t-elle soutenir des raisonnements aussi néfastes  ? (C'est leur deuxième point.)
Le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence (Minobu, en 1280? , à Myoichinyo)

 

 

haut de la page
retour