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Extraits de gosho sur

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les préceptes
 

"Le Bouddha dit  : 'Kasho, c'est pour avoir été un défenseur du Dharma correct que j'ai maintenant pu obtenir ce corps semblable au diamant (note)... Hommes de foi sincère, les défenseurs du Dharma correct n'ont pas besoin d'observer les cinq préceptes ni de suivre les règles de la conduite convenable. Ils devraient plutôt porter couteaux et sabres, arcs et flèches, piques et lances.'" Le Bouddha dit encore  : "Certains peuvent observer les cinq préceptes sans mériter pour autant le nom de pratiquant du Mahayana. A l'inverse, même une personne qui n'observe pas les cinq préceptes, si elle défend le Dharma correct, on peut la considérer comme un pratiquant du Mahayana. Les défenseurs du Dharma correct doivent s'armer de couteaux et de sabres, d'épées et de gourdins. Même s'ils portent épées et gourdins, je les considère comme des hommes qui suivent les préceptes."
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Avant que le bouddhisme ne soit introduit en Chine, de sages souverains comme l’Empereur Jaune gouvernèrent leurs royaumes sur la base des cinq vertus. Après l’introduction du bouddhisme, nous pouvons observer que ces cinq vertus sont les mêmes que les cinq préceptes du bouddhisme qui proscrivent le meurtre, le vol, l’inconduite sexuelle, l’usage de stupéfiants. Les anciens sages chinois comme Lao-zi et Confucius sont parmi les Trois sages que le Bouddha envoya en Chine pour préparer le pays à la future adoption du bouddhisme. Par conséquent, le manquement aux cinq vertus de Jie de la dynastie Xia, de l'empereur Shang Zhou de la dynastie Yin (Shang), et de l'empererur You de la dynastie Zhou qui causa la ruine de leurs royaumes, équivaut au manquement aux cinq préceptes. De la même manière, avoir la chance de naître en tant qu’être humain et de devenir roi est dû au mérite d’avoir observé les cinq préceptes et les dix actes vertueux. Bien que les doctrines non bouddhiques soient superficielles, puisqu’elles ne font pas connaître la relation de cause à effet entre les actes méritoires du passé et leurs rétributions futures, ceux qui observèrent les cinq préceptes et les dix actes vertueux devinrent roi. [...] Ainsi, tout le peuple japonais néglige la bienséance, en se joignant aux moines et aux nyudo qui n’observent pas les préceptes bouddhiques.
[...] Le Koshaku de Annen dit ceci:  "Le Bouddha envoya Trois sages [Laozi, Confucius et Yan-Hui] en Chine pour enseigner les cinq préceptes, par le biais des cinq vertus [...] Comme leurs [anciens souverains chinois] capacités de compréhension n’étaient pas encore suffisamment développées, même si les cinq préceptes du bouddhisme avaient été enseignés, ils n’auraient pas pu comprendre la relation entre les causes plantées dans le passé et leurs conséquences plus tard. Aussi, s’appliquèrent-ils à gouverner le pays et à établir leur pouvoir en observant strictement les principes moraux de la loyauté et de la piété filiale dans ce monde.
[...] "Le Bouddha, afin de propager le bouddhisme en Chine, y envoya trois bodhisattvas pour enseigner au peuple les cinq vertus, et ainsi le préparer au bouddhisme." Si on considère ces passages, on peut supposer que les cinq vertus, qui existaient en Chine avant l’introduction du bouddhisme dans ce pays, équivalent aux cinq préceptes du bouddhisme.
Sainan Koki Yurai - La cause des désastres (Kamakura, février 1260)

Ainsi, ceux qui ont foi dans le Sutra du Lotus et le pratiquent sont absolument assurés d'en obtenir les bienfaits. A l'inverse, il est possible de s'abstenir de toute mauvaise action sa vie durant, d'observer scrupuleusement les cinq préceptes, les huit préceptes, les dix préceptes, les dix préceptes de bien, les deux cent cinquante préceptes, les cinq cents préceptes, ou d'innombrables préceptes ; d'apprendre par cœur tous les autres sutras, de faire des offrandes à tous les autres bouddhas et bodhisattva et d'accumuler un mérite inestimable : si l'on ne parvient pas à avoir foi dans le Sutra du Lotus, ou si l'on a foi en ce sutra tout en le plaçant sur le même plan que les autres sutras et les enseignements d'autres bouddhas ; ou si l'on reconnaît sa supériorité tout en s'engageant sans cesse dans d'autres disciplines religieuses, ne pratiquant le Sutra du Lotus que de temps en temps ; ou si l'on s'associe et se lie d'amitié avec des adeptes du Nembutsu qui ne croient pas au Sutra du Lotus et s'opposent au Dharma ; ou si l'on pense qu'il n'y a aucune faute à affirmer que le Sutra du Lotus n'est pas adapté aux capacités des personnes vivant à l'époque des Derniers jours du Dharma, tous les mérites acquis par les innombrables bonnes actions d'une vie entière s'évanouiront en un instant.
[...] Même si une personne a commis les dix mauvaises actions ou les cinq forfaits, aussi longtemps qu'elle ne s'écarte pas du Sutra du Lotus, il est certain qu'elle renaîtra sur la Terre pure et atteindra la bodhéité dans sa prochaine vie. Au contraire, le Sutra nous enseigne que même une personne observant les préceptes, adhérant à tous les autres sutras, et croyant en divers bouddhas et bodhisattvas, tombera à coup sur dans les voies mauvaises si elle ne parvient pas à avoir foi dans le Sutra du Lotus.
[...] L'étude attentive des sutras et des traités révèle un principe, celui de zuiho bini, valable pour des cas de ce genre. Il implique que, tant qu'aucun acte de transgression grave n'est commis, même si l'on s'écarte légèrement des enseignements bouddhiques, il est préférable de ne pas s'opposer aux moeurs et aux coutumes du pays. C'est un précepte exposé par le Bouddha. [...] En accord avec ce précepte de zuiho bini, puisque les divinités du Japon ont le plus souvent formulé des restrictions concernant la période des règles, ceux qui sont nés dans ce pays devraient peut-être en tenir compte et respecter de telles interdictions.
Sur la récitation des chapitres Hoben et Juryo (Kamakura - 1264, à la femme de Hiki Daigaku Saburo Yoshimoto)

Si vous voulez rapidement vous libérer des souffrances de la vie et de la mort, vous devriez observer les cinq préceptes et les deux cent cinquante préceptes. Cultivez votre bienveillance à l'égard des autres, interdisez-vous de tuer tout être vivant, et, comme l'éminent moine Ryokan, entreprenez la construction de routes et de ponts. C'est le plus élevé de tous les enseignements. Etes-vous prêt à y adhérer  ?
[...] L'ignorant joignit les mains avec encore plus de ferveur et dit : "En vérité, c'est mon grand souhait d'y adhérer  ! Je vous en prie, expliquez-moi plus en détail. Vous parlez des cinq préceptes et des deux cent cinquante préceptes, mais j'ignore en quoi ils consistent. Accepteriez-vous de me les énumérer précisément ? Le religieux dit : Votre ignorance est un gouffre  ! Même un enfant connaît les cinq préceptes et les deux cent cinquante préceptes. Je vais pourtant vous les expliquer. Ces cinq préceptes sont, premièrement, l'interdiction d'ôter la vie ; deuxièmement, l'interdiction de voler ; troisièmement, l'interdiction de mentir ; quatrièmement, l'interdiction d'avoir des relations sexuelles illégitimes ; et, cinquièmement, l'interdiction de boire des breuvages intoxicants. Les deux cent cinquante préceptes sont nombreux, je ne les passerai donc pas en revue ici.
[...] J'ai entendu dire que les sages des temps anciens, observant les préceptes, ne s'autorisaient même pas à prononcer les mots "tuer" ou "amasser", leur substituant des circonlocutions plus pures à leurs oreilles, et que, si leur regard rencontrait par hasard la beauté d'une femme, ils s'efforçaient d'imaginer un cadavre. Mais si nous regardons le comportement des moines qui, de nos jours, sont censés observer les préceptes, nous voyons qu'ils amassent de la soie, de l'argent et des bijoux, et ne dédaignent pas de prêter de l'argent avec intérêt. Si leurs principes et leur pratique diffèrent à ce point, qui pourrait leur accorder la moindre confiance ?
Conversation entre un sage et un ignorant (1265  ? à un samouraï  ?

Il est donc encore moins concevable que des auditeurs-shravakas, des bodhisattvas ou des bouddhas puissent mentir ! Par le passé, alors que le Bouddha n'était encore qu'un simple mortel pratiquant les enseignements des sutras du Hinayana, il observa les cinq préceptes. Le quatrième d'entre eux est l'interdiction du mensonge. Il respecta rigoureusement ce précepte, sans jamais le transgresser, même si cela mettait ses biens ou sa vie en danger. Quand il commença à pratiquer les enseignements des sutras du Mahayana, il observa les dix préceptes majeurs, le quatrième proscrivant totalement le mensonge. Il observa fidèlement ce précepte sans le violer une seule fois durant un nombre incalculable de kalpa, jusqu'à ce que finalement, grâce au mérite ainsi acquis, il obtînt le corps d'un bouddha ; et, parmi les trente-deux traits caractéristiques du corps d'un bouddha, la langue longue et large. [...] Sous elle [la langue] se trouvent deux joyaux qui sécrètent la rosée d'ambroisie. Tel est le bienfait acquis par le Bouddha en observant le précepte de ne jamais mentir.
L'essentiel du chapitre Yakuo (1265-  ? peut-être à la mère de Nanjo Tokimitsu)

Quand des nuages s'amoncellent dans le ciel, après une période de grande sécheresse et qu'une forte pluie tombe sur le sol, partout, d'innombrables plantes et arbres assoiffés vont bourgeonner et donner des fruits. Mais cela n'est pas vrai des graines que l'on a brûlées. Elles ne germeront jamais. Au contraire, une pluie abondante les fera pourrir. Le Bouddha est comparé à l'amoncellement des nuages, ses enseignements, aux pluies abondantes, et les plantes et arbres assoiffés, à tous les êtres vivants. Quand ces derniers sont arrosés par la pluie des enseignements bouddhiques et quand ils observent les cinq préceptes, les dix préceptes de bien, et les pratiques de méditation, ce qui est source de bienfaits, ils fleurissent et portent des fruits. Mais les graines brûlées ne germeront jamais, même si elles sont exposées à la pluie.
Le Daimoku du Sutra du Lotus (1266 à une femme d'Amatsu)

Les lettrés de notre époque s'accrochent à des conceptions erronées. Ils auront beau être des sages ayant maîtrisé l'enseignement des quatre-vingt mille corbeilles et connaissant par coeur les douze catégories de sutras, et observer strictement les préceptes du Hinayana et du Mahayana, s'ils tournent le dos à ce principe, il faut savoir qu'ils ne pourront éviter de tomber dans les mauvaises voies.
[...] Mais un jour, subitement, le Savant-maître* mourut. Et de nombreux gardiens de l'enfer apparurent, le ligotèrent avec sept chaînes de fer et le conduisirent au palais du roi. N'est-ce pas là une grande source d'étonnement  ? Quel crime avait-il bien pu commettre pour recevoir une telle punition  ? Peut-être dans la vie qu'il venait de vivre avait-il commis certaines des dix mauvaises actions, mais il ne s'était certainement rendu coupable d'aucune des cinq forfaits. Et en réfléchissant à ses existences passées, pour être né fils de roi, prince héritier d'un grand royaume, il devait avoir strictement observé les dix préceptes de bien et loyalement servi cinq cents bouddhas. Quelle faute, alors, pouvait-il avoir commise ?
[...]Nous lisons aussi que ces personnes ne se trouveront nulle part ailleurs que parmi les sages qui observent les deux cent cinquante préceptes, ceux qui revêtent la triple robe du moine bouddhiste et portent le bol à aumônes.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Le plus précieux des trésors, pour les êtres sensitifs, n'est autre que la vie elle-même. Ceux qui ôtent la vie sont condamnés à tomber dans les trois mauvaises voies. C'est pourquoi les Rois-faisant-tourner-la-roue observent, comme le premier des dix préceptes de bien, le précepte de "ne pas tuer". Le Bouddha instaura les cinq préceptes au début des sutras du Hinayana, et il fit de l'interdiction de tuer le premier d'entre eux. Dans le Sutra Bommo, le Bouddha fit aussi de l'injonction à "ne pas tuer" le premier des dix préceptes majeurs du bouddhisme Mahayana. Le chapitre Juryo* (XVI) du Sutra du Lotus contient des bienfaits correspondant à ce précepte de "ne pas tuer" énoncé par le Bouddha Shakyamuni (note). Ainsi, ceux qui commettent des meurtres seront abandonnés par tous les bouddhas des trois phases de la vie et ne seront pas protégés par les divinités des Six cieux du monde du désir. Cela, même les lettrés non bouddhistes l'ont établi depuis longtemps, et moi, Nichiren, je le comprends suffisamment.
Faire connaître cet enseignement à votre seigneur (Minobu, 9e mois de 1274 à Shijo Kingo)

Si l'on en croit les textes bouddhiques, pourtant, même ceux qui ont commis les cinq forfaits peuvent être sauvés, de même que les personnes qui transgressent les lois de la piété filiale. Seuls les icchantika, ceux qui s'opposent au Dharma et ceux qui se donnent l'apparence de garder les préceptes tout en se croyant supérieurs aux autres ne peuvent pas être pardonnés.
[...] Par contre, si de simples mortels, vivant à l'époque mauvaise des Derniers jours du Dharma, n'observant même pas les préceptes et passant pour des icchantika sont convaincus, comme l'enseigne le Sutra, que le Sutra du Lotus, qui surpasse tous les sutras enseignés avant, en même temps et après lui, est la seule voie qui conduise à la bodhéité, de telles personnes, même sans une once de compréhension, sont cent fois, mille fois, dix milliards de fois supérieures à tous ces grands sages.
[...] Il est dit dans le Sutra Hatsunaion : " Il y a aussi des icchantika ayant l'apparence d'arhat mais qui commettent de mauvaises actions." Tous ces passages des sutras parlent des grands ennemis du Dharma correct. Et ce n'est pas parmi les mauvais rois, les mauvais ministres, les non bouddhistes, les démons du ciel ou parmi les moines qui transgressent les préceptes qu'on les trouve principalement. Ceux qui commettent les plus graves oppositions au Dharma se trouvent plutôt parmi les moines éminents, qui paraissent observer les préceptes et passent pour des hommes de grande sagesse.

Le choix en fonction du temps 2 (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Le peuple du Japon, de nos jours, devrait redouter plus que tout ces moines éminents qui observent les préceptes tout en professant des opinions erronées  ; ils sont cent fois, mille fois, dix mille fois, cent mille fois plus à craindre que des éléphants sauvages, des chevaux vicieux, des taureaux furieux, des chiens enragés, des serpents venimeux, des chardons empoisonnés, des rivages périlleux des falaises abruptes, des crues débordantes, des hommes nuisibles, des pays dangereux, des villes meurtrières, des maisons funestes, des femmes méchantes, des enfants malveillants, et des serviteurs hostiles  !
La question à approfondir jour et nuit (Minobu, 28 août 1275  ? , Toki Jonin).

Un dirigeant sage ne ment jamais, même si dire vrai doit provoquer sa perte. A plus forte raison le Bouddha Shakyamuni ne parlerait-il jamais de manière trompeuse  ! Lorsqu'il était le roi Fumyo, il revint au palais du roi Hanzoku parce qu'il observait le précepte interdisant le mensonge. Lorsqu'il rencontra le roi Kali, il déclara que ceux qui ne disent qu'une petite partie de la vérité ou qui disent de grands mensonges tomberont en enfer. De plus, le Sutra du Lotus est celui dans lequel le Bouddha lui-même déclare : "L'Honoré du monde a longtemps exposé ses doctrines et maintenant doit révéler la vérité"(réf.)  ; de plus, il fut enseigné à l'Assemblée où le bouddha Taho et tous les autres bouddhas des dix directions étaient réunis, comme Nitten, Gatten et les Etoiles innombrables, tous en rangs côte à côte. Si le Sutra du Lotus comportait le moindre mensonge, en quoi d'autre les gens pourraient-ils avoir confiance ?
La bonne fortune en cette vie (Minobu, le 19 janvier 1276, à Nanjo Tokimitsu)

Le premier des cinq préceptes est l'interdiction d'ôter la vie, et la première des six paramitas est celle du don. Les dix préceptes de bien, les deux cent cinquante préceptes, les dix préceptes majeurs, et toutes les autres règles de conduite commencent par l'interdiction du meurtre. Chaque être, du plus grand sage au plus petit moustique ou moucheron, considère la vie comme son trésor le plus précieux. Priver un être de la vie est commettre le plus grave de tous les crimes. Quand le Bouddha apparut en ce monde, le premier principe sur lequel il appuya sa conduite fut la bienveillance à l'égard des êtres vivants. Ne pas ôter la vie et pourvoir à la subsistance de ce qui vit sont les deux principaux préceptes exprimant la compassion à l'égard des êtres vivants.
Lettre à Myomitsu Shonin (Minobu, le 5ème jour du 3ème mois intercalaire 1276 à Myomitsu)

Si Nitten, Gatten et les autres divinités disaient  : "En effet, il y a un sutra supérieur au Sutra du Lotus, mais vous ne le connaissez pas", Nitten et Gatten proféreraient d'énormes mensonges ! Dans ce cas, je le leur reprocherais, en leur disant  : "Nitten et Gatten, si vous résidez au ciel et non sur terre comme nous, et si vous n'en tombez jamais, c'est parce que vous observez strictement le précepte de ne jamais mentir. Mais si vous proférez maintenant ce grand mensonge qu'il existe un sutra supérieur au Sutra du Lotus, j'en suis persuadé, avant même que n'arrive le kalpa de déclin, vous viendrez vous écraser sur la terre. Pire, la terre s'ouvrira et vous tomberez jusqu'au fin fond de la grande citadelle de l'enfer avici entourée de murailles de fer (note)  ! Si vous dites pareils mensonges, rien ne vous autorise à briller un seul instant de plus au ciel, ni à tourner autour de la terre et de ses quatre continents  !
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Un être acquiert la possibilité de naître sous forme humaine pour avoir observé les cinq préceptes dans une vie précédente. S'il continue à les observer en ce monde, il est protégé des vingt-cinq divinités bouddhiques, et les divinités jumelles Dosho et Domyo se tiennent respectivement sur son épaule droite et sur son épaule gauche, le protégeant depuis le jour de sa naissance. Aussi longtemps qu'il ne commet aucune faute, les démons ne pourront pas lui faire le moindre mal.
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Question : De quelles sortes de pratiques peuvent se dispenser ceux qui éprouvent pour la première fois le désir de parvenir à l'Éveil, à l'époque des Derniers jours du Dharma ? Réponse : Ces personnes n'ont pas besoin de pratiquer le don d'aumônes ni l'observance des préceptes et peuvent se dispenser de la pratique du reste des cinq paramitas. Il suffit qu'elles récitent Namu Myoho Renge Kyo. C'est la pratique qui correspond aux capacités de personnes parvenues aux étapes où l'on peut "éprouver, ne serait-ce qu'un instant, foi et compréhension" et "se réjouir en entendant pour la première fois le Sutra du Lotus". Telle est la véritable intention du Sutra.
[...] La phrase suivante, qui décrit la quatrième [des cinq étapes] de la pratique, se poursuit ainsi : "C'est encore plus vrai de ceux qui, tout en étant capables de pratiquer ce Sutra, pratiquent simultanément le don d'aumônes et l'observance des préceptes ! " Ce passage du Sutra indique clairement que les personnes aux première, deuxième et troisième étapes de la pratique sont dispensées de pratiquer le don d'aumônes, l'observance des préceptes et le reste des cinq paramitas. Ce n'est qu'à la quatrième étape de la pratique [pratiquer les six paramitas tout en adhérant au Sutra du Lotus] qu'il leur est permis de les observer. Et savoir que de telles pratiques sont autorisées à cette étape ultérieure nous révèle que les personnes aux étapes initiales en sont dispensées.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Dans les sutras provisoires, Shakyamuni enseigna les cinq préceptes pour les êtres dans l'état d'hommes, les dix préceptes de bien pour les êtres célestes ; à la divinité Bonten, les quatre bienveillances sans limites  ; au Roi-Démon, la pratique impartiale des offrandes  ; deux cent cinquante préceptes pour les moines et cinq cents pour les nonnes ; les quatre Nobles vérités aux personnes de l'état d'auditeurs-shravakas ; les douze liens de causalité aux pratyekabuddhas ; les six paramitas aux bodhisattvas. Cette méthode d'enseignement est comparable à l'eau qui prend la forme du récipient qui la contient ou à un éléphant qui se bat en utilisant seulement la force nécessaire pour vaincre son ennemi.
Comparaison du Sutra du Lotus avec les autres sutras (Minobu, le 26 mai 1280 à Toki Jonin)

Les mots "Namu Amida Butsu" ne sont aucunement les graines de la bodhéité, pas plus que les mantra dharani* ou les cinq préceptes. Il faut bien comprendre cela, autrement, nous faisons apparaître ce défaut appelé adultération*.
[...] même ceux qui récitent le Sutra du Lotus, comme ceux qui pratiquent le Shingon, ceux qui observent les préceptes, les sages aussi bien que les ignorants - tous considèrent les autres pratiques comme secondaires et la récitation du Nembutsu comme essentielle. Ils croient qu'il n'existe pas d'autre façon d'expier leurs fautes que de réciter le nom du Bouddha Amida. Ainsi certains le récitent 60000 fois, 80000 fois ou 480000 fois tandis que d'autres le récitent 10 fois, 100 fois ou 1000 fois. Et dans ces conditions, moi, Nichiren, je suis le seul à déclarer que la récitation du nom du bouddha Amida conduit à l'enfer avici, que le Zen est une invention du démon, que le Shingon est une doctrine néfaste menant le pays à la ruine, et que l'école Ritsu et ceux qui observent les préceptes se rendent coupables de trahison.
[...] Lorsque l'on étudie le Sutra du Lotus, il y a trois points qu'il faut comprendre. Le premier concerne ceux qui s'opposent au Dharma. Les moines Agramati* et Kugan, le Savant-maître* Vimalamitra* et le brahmane Daiman* en sont des exemples. Ils n'avaient, pour vêtir leur corps, que la triple robe, n'élevaient qu'un seul bol à aumônes à hauteur de leurs yeux, et observaient scrupuleusement les deux cent cinquante préceptes. Mais ils étaient en fait des ennemis du Mahayana et, pour finir, tombèrent dans la grande citadelle de l'enfer avici.

[...] A une époque plus récente, au Japon, il y eut des hommes tels que Kukai*, Ennin* et Enchin* qui observaient les préceptes avec la même rigueur que les moines susnommés et dont la sagesse n'était en rien inférieure à la leur. Mais parce qu'ils affirmaient   : "l'enseignement Shingon du Sutra Vairocana* vient en premier et le Sutra du Lotus n'occupe que le deuxième ou troisième rang", s'il y a dans ce que j'affirme la moindre parcelle de vérité, ils doivent se trouver eux aussi maintenant dans la grande citadelle de l'enfer avici.
[...] L'interdiction de tuer les êtres vivants est un précepte primordial. Le premier des cinq préceptes interdit d'ôter la vie et les huit préceptes, les dix préceptes, les deux cent cinquante préceptes, les dix principaux préceptes du Sutra du filet de Brahma* , les dix préceptes insondables du Sutra Kegon* et les dix préceptes du Sutra du collier de bodhisattva*, tous commencent par le précepte proscrivant l'acte de tuer. Et parmi les trois mille sanctions codifiées par le confucianisme, la première est la peine capitale. La raison en est que "rien, dans la totalité d'un système majeur de mondes, n'a autant de valeur qu'un seul être vivant", (réf.) ce qui signifie que tous les joyaux et trésors contenus dans un système majeur de mondes ne peuvent remplacer une seule vie. L'enfer est promis à celui qui tue une simple fourmi, pour ne rien dire de ceux qui tuent des poissons ou des oiseaux  ! Ceux qui coupent une seule tige d'herbe verte tomberont en enfer. A plus forte raison ceux qui découpent des cadavres ! Toutefois, alors que ces préceptes font du meurtre un crime d'une extrême gravité, il est dit que mettre à mort un ennemi du Sutra du Lotus est un acte extrêmement méritoire. Et si tel est le cas, comment pourrait-on faire des dons et offrir son soutien à une personne de ce genre  ? C'est pour cela que le roi Sen'yo* fit exécuter cinq cents maîtres brahmanes, que le moine Kakutoku fit mettre à mort d'innombrables opposants au Dharma correct, et que le grand roi Ashoka condamna à mort 108000 non bouddhistes. Ces rois étaient considérés comme les plus valeureux de tout le Jambudvipa, et ce moine comme le plus sage parmi ceux observant les préceptes.
[...] Le Japon d'aujourd'hui ressemble au pays de ces grands personnages. C'est un pays où ceux qui observent les préceptes aussi bien que ceux qui les violent ou les ignorent, les souverains, les ministres aussi bien que les gens du peuple se retrouvent pour ne faire plus qu'un dans l'opposition au Sutra du Lotus. La situation est telle que, même si l'on s'arrachait la peau pour copier sur elle le Sutra du Lotus, même si l'on faisait don de sa propre chair, le pays irait inévitablement à sa perte et l'on tomberait quand même en enfer, tant est grave cette faute d'opposition. Le seul et unique remède pour barrer la route à l'école Shingon, à l'école Nembutsu, à l'école Zen et à ceux qui observent les préceptes, est de se consacrer au Sutra du Lotus.
[...] Le Bouddha nous en a constamment avertis : même les personnes les plus respectueuses des préceptes, si méritantes et sages soient-elles, et si parfaite que soit leur connaissance du Sutra du Lotus et des autres écrits, si elles voient un ennemi du Sutra du Lotus sans le dénoncer, le réfuter, ou en informer le dirigeant du pays, et si elles se taisent, par crainte des réactions des autres, elles tomberont immanquablement dans la grande citadelle de l'enfer avici.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

Même une eau pure à l'origine, si elle devient boueuse, la lune ne peut plus s'y refléter. Tandis que même une eau sale et souillée, si elle s'éclaircit, la lune ne refusera pas de s'y refléter. L'eau boueuse a beau avoir été pure à l'origine, on ne verra pas sur elle l'éclat de la lune. Mais l'eau souillée, bien que de nature impure, en s'éclaircissant, reflètera les rayons de lune. L'eau troublée est comparable aux sages ou érudits qui observent les préceptes mais s'opposent au Sutra du Lotus. L'eau souillée est comparable aux ignorants qui n'observent aucun précepte. Ils sont en proie à de nombreux désirs, colériques, mais ils croient exclusivement au Sutra du Lotus.

  

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