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Extraits de gosho sur

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cinq (ou quatre) saveurs - ghee
 

On pourrait décrire ce bateau ainsi : le vénérable Bouddha, constructeur de navires d'une sagesse infiniment profonde, a rassemblé le bois des quatre saveurs et des huit enseignements, l'a raboté en rejetant sincèrement les enseignements provisoires, coupant et assemblant les planches en utilisant à la fois le bon et le mauvais ; puis il a achevé l'ouvrage en enfonçant solidement les clous du seul enseignement suprême.
Un vaisseau pour traverser l'océan des souffrances (
Kamakura, 28 avril 1261, à Shiiji Shiro)

Le Grand-maître Zhiyi, dans son Shi'nenjo, cite un passage du Sutra du Lotus : "Bien qu'ils puissent proposer divers chemins..." et déclare que les quatre saveurs [des sutras Kegon*, Agama*, Hodo* et Hannya*] peuvent aussi être considérées comme un trésor. S'il en est ainsi, aussi bien les sutras enseignés après le Sutra du Lotus [comme le Sutra du Nirvana] que les sutras antérieurs au Sutra du Lotus peuvent tous être considérés comme un trésor offert en échange de la vie du Sutra du Lotus.
La lettre de Teradomari (
Teradomari, le 22 octobre 1271, à Toki Jonin)

Dans les divers sutras enseignés dans la première période de la vie du Bouddha, qui ont été comparés aux quatre saveurs inférieures, à maintes reprises on lit que les disciples shomon ont été sévèrement critiqués et ridiculisés devant la Grande Assemblée des êtres dans les mondes-états des Hommes et du Ciel.
[...] Il est évident que [pendant les quarante et quelques premières années où il exposa sa doctrine], durant la période dite des quatre saveurs, le Bouddha Shakyamuni était un disciple de Hoe et des autres grands bodhisattvas. Il fut aussi le neuvième disciple du bodhisattva Manjushri. C'est la raison pour laquelle il déclare à plusieurs reprises dans les sutras antérieurs : "Je n'ai jamais enseigné un seul mot."
[...] Et, de myriades de millions de terres différentes, vinrent les Rois qui font tourner la roue ; les mains jointes, emplis de respect, tous demandèrent à entendre l'enseignement "qui contient tout parfaitement." Ce passage indique qu'ils souhaitaient écouter une doctrine encore jamais entendue au cours des quarante et quelques années précédentes, et différente des quatre saveurs inférieures et des trois premiers enseignements.
[...] [Sutra Rokuharamitsu]... compare respectivement ces cinq catégories aux saveurs du lait frais, de la crème, du lait caillé, du beurre et du ghee (beurre clarifié), le beurre clarifié étant le meilleur. La catégorie qui contient les dharani se compare au beurre clarifié. Parmi ces cinq substances, le beurre clarifié est celle qui a le goût le meilleur et le plus raffiné ; il est capable de guérir diverses maladies et de détendre le corps et l'esprit des êtres sensibles.
Traité pour ouvrir les yeux (
Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Le maître correct et bienveillant est celui qui rejette sincèrement les principes des quatre saveurs et des trois enseignements, ainsi que les sutras du Hinayana et du Mahayana provisoire* exposés seulement comme des moyens ; c'est le maître qui rejette également les écoles Nembutsu, Shingon, Zen et Ritsu, ainsi que les sutras sur lesquels elles s'appuient, afin d'enseigner Myoho Renge Kyo, "l'unique grande raison pour laquelle les bouddhas apparaissent en ce monde."
Réponse à Sairen-bo (
Sado, le 13 avril 1272, à Sairenbo Nichijo)

Les personnes des deux véhicules, même en pratiquant les sutras des quatre premières saveurs pendant un nombre de kalpa égal à celui des grains de poussière que l'on obtiendrait en pulvérisant la terre entière, n'avaient jamais pu atteindre la bodhéité. Mais en entendant le Sutra du Lotus, en un instant, elles sont devenues bouddhas.
Sur la prière (
Sado, 1272 à Sairen-bo)

Il aurait été du reste inutile que je naisse du vivant du Bouddha, car ceux qui ont suivi les enseignements des quatre saveurs inférieures n'avaient pas encore entendu le Sutra du Lotus.
[...] ceux qui, dans des vies précédentes, ont suivi les enseignements des quatre saveurs ou les Trois doctrines, le brahmanisme, ou les doctrines du monde des hommes et du ciel apparaissent dans cette vie sous forme de démons, d'esprits ou d'êtres humains qui persécutent le Pratiquant de l'enseignement véritable et parfait quand ils le voient ou l'entendent.
[...] Par contre, si, dans cette période postérieure à la mort du Bouddha, un homme renonce à son attachement aux quatre saveurs et aux trois doctrines et prend foi dans le Sutra du Lotus, véritable Mahayana, toutes les divinités ainsi que les innombrables bodhisattvas Surgis de Terre le protégeront comme le Pratiquant du Sutra du Lotus.
Sur les prédictions du Bouddha (
Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

A la lumière de ces divers passages, nous comprenons que pas un seul de tous les simples mortels et des sages des trois véhicules, pas plus que les tenants des cinq véhicules, des sept moyens provisoires, des neuf états ou des quatre saveurs et trois enseignements, aucun d'eux ne peut être considéré comme un adepte du Mahayana, essence réelle de Myoho Renge Kyo.
[...] Mais quand il enseigna le Sutra du Lotus, il rejeta les diverses plantes et fleurs qu'étaient les principes du Hinayana et les enseignements provisoires, les moyens opportuns des quatre saveurs et des trois enseignements, et il énonça le principe unique de Myoho Renge. En dépassant les trois images de lotus pour révéler le lotus unique de Myoho Renge, il permit, aux personnes des enseignements provisoires dotés des quatre saveurs et trois enseignements, de parvenir au lotus de la première* des dix étapes de sécurité*.
[...] Pendant la période des quatre saveurs et trois enseignements précédant le Sutra du Lotus, il y eut, certes, des personnes des trois véhicules, des cinq véhicules, des sept moyens provisoires et des neuf états, les bodhisattvas des enseignements provisoires et parfaits, ainsi que le bouddha de ces enseignements. Mais, hormis le bouddha du chapitre Juryo* (XVI) de l'enseignement essentiel*, aucune de ces personnes, pas plus que le bouddha des enseignements théoriques*, n'avait ne serait-ce qu'entendu le nom du lotus de l'essence réelle, révélé dans l'enseignement essentiel*.
L'ainsité du Dharma merveilleux (Sado, 1273   ? à Sairen-bo)

Depuis les débuts de la propagation du bouddhisme au Japon par le prince Shotoku, il y a plus de deux cents ans, de nombreux sutra et traités ont été largement commentés, et la supériorité relative des uns par rapport aux autres a souvent été discutée, mais jusqu'à présent quantité de doutes n'étaient toujours pas écartés. De plus, pendant cette période, la doctrine parfaite et élevée du Dharma merveilleux n'avait jamais encore été correctement expliquée et propagée. Serait-ce parce que les hommes ordinaires n'avaient pas la capacité de goûter sa saveur parfaite  ? Question : Dans des ouvrages de Kukai*... on lit des phrases comme : "Chaque école proclame que le véhicule qu'elle propose est le véritable véhicule, mais, si on examine cela du point de vue des doctrines ultérieures du Shingon, il ne s'agit que de théories puériles." "Le Bouddha Shakyamuni est encore au stade de l'obscurité, il n'est pas parvenu au stade de l'Eveil " ; "les divers sutras du Mahayana exotérique correspondent à la quatrième saveur, celle du beurre" ; "les maîtres bouddhistes, en Chine, ont rivalisé pour s'approprier la saveur du beurre clarifié du Shingon et clamer qu'elle appartient à leur propre école." Comment devons-nous comprendre les affirmations contenues dans ces commentaires  ?
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Parmi les savants de ce monde, ceux de la lignée du Shingon considèrent que l’abhiseka célébrant l’intronisation des bodhisattvas de l’enseignement particulier (bekkyo), dans les trois sutras dont le Dainichi kyo, incorporés aux quatre saveurs, trois eseignements [tripitaka, tsukyo, bekkyo] prêchés par Shakyamuni, est l’ultime Eveil dès ce corps (sokushin jobutsu). Il s’agit en fait de l’attestation de l’obtention de la Terre de la joie par les bodhisattvas des dix bhumi parmi les sept degrés.
Réponse à Dame Myoichi (Minobu, mai 1275 à Myoichi)

Ou bien, on pense que la cinquantième personne n'est pas encore parvenue à ce stade et se trouve encore au niveau de myoji-soku*. Cette dernière interprétation s'appuie sur le principe "Plus un enseignement est élevé, plus bas est le niveau [des personnes qu'il peut conduire à l'Eveil ]." Ainsi, par exemple, l'enseignement parfait* a le pouvoir de sauver des personnes de plus faible capacité que les doctrines des quatre saveurs et des trois enseignements. De même, le Sutra du Lotus a le pouvoir de sauver des personnes de plus faible capacité que l'enseignement global exposé avant le Sutra du Lotus ;
[...] Question : Quand vos disciples récitent simplement Namu Myoho Renge Kyo sans rien comprendre aux mots que leur bouche prononce, à quel niveau d'accomplissement se trouvent-ils  ? Réponse : Non seulement ils dépassent le plus haut niveau des quatre saveurs ou des trois enseignements, et l'étape à laquelle on pouvait parvenir par la pratique de l'enseignement parfait* exposé dans les sutras antérieurs au Sutra du Lotus, mais ils surpassent des millions et des milliards de fois les fondateurs du Shingon et des diverses autres écoles du bouddhisme - Shubhakarasimha*, Zhiyan, Ci-en, Jizang, Daoxuan, Bodhidharma et Shandao.
[...] Parmi les rois, il y a de petits rois et de grands rois ; et dans tous les domaines, il y a les parties et le tout. [Si l'on utilise] la comparaison des cinq saveurs, il faut savoir quand elle s'applique aux enseignements bouddhiques dans leur totalité et quand elle s'applique à un enseignement particulier.
Le Sutra Rokuharamitsu enseigne que les êtres sensitifs peuvent atteindre l'Eveil, mais il ne dit rien sur l'Eveil des êtres non sensitifs. Et il ne fait naturellement aucune allusion au principe de l'Eveil du Bouddha Shakyamuni dans un passé illimité.
[...] Les bonnes voies [enseignées dans les sutras] du Hinayana, aussi bien que dans les sutras des quatre saveurs inférieures et des trois sortes d'enseignements [antérieurs au Sutra du Lotus], sont toutes erronées et nuisibles comparés au Sutra du Lotus.
Les Quatre Etapes de la foi (
Minobu ; 10 avril 1277  ? à Toki Jonin)

Seul le Sutra du Lotus fut proclamé supérieur par le Bouddha lui-même lorsqu'il établit la comparaison avec les cinq saveurs, chacune correspondant à cinq périodes distinctes d'enseignement. Il déclara aussi que, parmi tous les sutras qu'il "avait enseignés, qu'il enseignait maintenant et qu'il enseignerait", pour atteindre la bodhéité, aucun sutra n'était comparable au Sutra du Lotus.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (
Minobu, mars 1277   ? )

Au nombre des cent saveurs, on considère la saveur du lait de vache comme la meilleure. Il est écrit, dans le septième volume du Sutra du Nirvana : "De toutes les saveurs, la meilleure est celle du lait." Le lait peut se transformer en crème, la crème peut se changer en lait caillé, en beurre, puis en beurre clarifié (ghee). Des cinq saveurs ainsi obtenues, celle du ghee est, de toutes, la meilleure.
En poursuivant cette analogie entre les cinq saveurs et les divers enseignements bouddhiques, nous pourrions comparer les trois mille écrits confucianistes et les dix-huit principaux écrits du brahmanisme à une saveur ordinaire. Par rapport à eux, même les sutras Agama* ont la saveur du ghee.
[Parmi les enseignements bouddhiques], on pourrait dire que les sutras Agama* ont la simple saveur du lait ; le Sutra Kammuryoju et les autres sutras de la période Hodo, celle de la crème ; les sutras Hannya*, celle du lait caillé ; le Sutra Kegon*, celle du beurre, et le Sutra Muryogi, le Sutra du Lotus et le Sutra du Nirvana ont la saveur suprême du ghee.
De plus, si l'on compare le Sutra du Nirvana à la saveur du ghee, on peut considérer le Sutra du Lotus comme le souverain des cinq saveurs. Ainsi, le Grand-maître Zhanlan écrivit : "Si nous nous interrogeons sur les divers enseignements, nous voyons que le Sutra du Lotus est le véritable seigneur de toutes les doctrines exposées, car il est le seul à "dépasser le provisoire pour révéler le lointain." C'est pourquoi lui seul peut se prévaloir du terme Myo." Et il dit encore : "Nous comprenons donc que le Sutra du Lotus est le véritable souverain de la saveur du ghee."(réf.)
Ces commentaires ne classent donc pas le Sutra du Lotus parmi les cinq saveurs. Le sens profond de ces passages est que les cinq saveurs ont pour fonction de nourrir la vie. Mais que la vie elle-même est souveraine, au-dessus de ces cinq saveurs.
L'école Tendai avance deux interprétations à cet égard. La première consiste à dire que les sutras Kegon*, sutras Hodo*, Hannya*, ainsi que les sutras du Nirvana et le Sutra du Lotus, correspondent tous à la saveur du ghee. Cela conduit à mettre sur le même plan les sutras antérieurs au Sutra du Lotus et le Sutra du Lotus lui-même. Les maîtres de notre époque ne connaissent que cette interprétation et ignorent le principe qui fait du Sutra du Lotus le souverain des cinq saveurs. Ils se laissent donc tromper et égarer par les tenants des diverses autres écoles. L'autre point de vue consiste à penser que, même si le Sutra du Lotus diffère des autres sutras puisqu'il dépasse les enseignements provisoires, ce qui n'est pas le cas des autres, tous représentent l'enseignement parfait*. C'est une interprétation qui se fonde sur l'enseignement théorique*. Mais selon l'enseignement essentiel*, les divers autres sutras correspondent aux cinq saveurs, alors que le Sutra du Lotus est le souverain des cinq saveurs. Zhiyi et Zhanlan abordèrent ce point dans leurs écrits, mais ils ne l'expliquèrent pas clairement. C'est pourquoi seuls quelques maîtres en furent conscients.
Le roi Rinda (
Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso)

Le Vénéré du monde n'a pas dévoilé cette doctrine au moment où il a commencé à exposer son enseignement juste après son Eveil, et même plus tard quand il a exposé les quatre premières saveurs et les trois enseignements, jusqu’au moment où il a explicité la doctrine de kokai-san-ken-ichi (3 véhicules en un).
Trois grands Dharmas cachés (Minobu, le 27  ? avril 1281 à Ota Kingo)

De plus, durant les dix années de son séjour en Chine, il étudia le Shingon sous la direction de huit maîtres éminents et le Tendai sous la direction de Zongjui, Zhi-yuan et d'autres. De retour au Japon, il déclara que les écoles Tendai et Shingon correspondaient toutes deux à la saveur du ghee, et que les sutras de ces deux écoles étaient également profonds et ésotériques. Cette déclaration fut officialisée par un édit impérial.
Le corps et l'esprit des simples mortels (
Minobu, à un disciple. Fraguement)

 

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