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Extraits de gosho sur

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tremblement de terre
 

Au cours de la première année de l'ère Shoka [1257], quand Jupiter coïncidait dans le ciel avec le signe cyclique hinoto-mi, le vingt-troisième jour du huitième mois, entre l'heure du Chien et l'heure du Sanglier [21 heure], se produisit un tremblement de terre d'une amplitude sans précédent. Au cours de la seconde année de la même ère [1258], signe cyclique tsuchinoe-uma [5ème mois du calendrier chinois], le premier jour du huitième mois, s'éleva une violente tempête. Au cours de la troisième année [1259], signe cyclique tsuchinoto-hitsuji, une grande famine sévit. Au cours de la première année de l'ère Shogen [1259], signe cyclique tsuchinoto-hitsuji, une épidémie se développa et continua à faire rage sans répit tout au long des quatre saisons de la seconde année [1260], signe cyclique kanoe-saru. Déjà, plus de la moitié de la population avait été frappée de mort. Les gouvernants, ne sachant plus que faire, cherchèrent de l'aide auprès de ceux qui connaissaient les écrits bouddhiques aussi bien que non bouddhiques, et leur demandèrent d'offrir des prières. Ces dernières n'eurent cependant pas le moindre effet. Tout au contraire, famine et épidémie firent rage de plus belle.
[...] En observant le grand tremblement de terre de l'ère Shoka [1257], la tempête et la famine qui se produisirent au cours de la même ère, ainsi que la grande épidémie de la première année de l'ère Shogen, j'ai fait la prédiction suivante : "Ce sont là des présages indiquant que notre pays sera détruit par une nation étrangère." J'ai peut-être l'air de me féliciter d'avoir prédit un tel événement, mais en réalité, je sais bien que si notre pays est détruit, les enseignements bouddhiques le seront aussi.
Genèse du Rissho Ankoku Ron (Kamakura, le 5 avril 1268, à Hokan-bo)

J'ai compilé l'ouvrage ci-dessus dans la première année de l'ère Bun'o [1260], lorsque Jupiter coïncidait avec le signe cyclique kanoe-saru. J'ai donc commencé ce traité pendant l'ère Shoka [1257-1258] et je l'ai achevé dans la première année de l'ère Bun'o.
Dans la première année de l'ère Shoka [1257], signe cyclique hinotomi, le vingt-troisième jour du huitième mois, entre l'heure du Chien [19 à 21 heures] et du Sanglier [21 à 23 heures], un grave tremblement de terre se produisit. Voyant cela, j'ai commencé à rédiger ce texte. Par la suite, au cours de la première année de l'ère Bun'o, le seizième jour du septième mois, je l'ai présenté à sa seigneurie le défunt nyudo du Saimyo-ji, par l'intermédiaire de Yadoya Zemmon
. Plus tard encore, dans la première année de l'ère Bun'ei [1264], signe cyclique kinoe-ne, le cinquième jour du septième mois, lorsqu'une grande comète apparut, ma certitude concernant l'origine de ces désastres ne fit que s'accroître.
Postface du Rissho Ankoku Ron (8 décembre 1269)

Les signes précurseurs de son émergence sont déjà apparus. Le grand tremblement de terre de l'ère Shoka (1257) était un présage important, comme on n'en avait jamais vu auparavant, un événement absolument sans précédent durant 12 générations de règne divin, 90 règnes d'empereurs humains, et en plus de 2200 ans écoulés depuis la disparition du Bouddha. Il est dit dans le chapitre Jinriki* (XXI)  : "C'est afin qu'après la disparition du Bouddha, on puisse garder ce Sutra, que tous les bouddhas avec joie manifestent d'innombrables pouvoirs supranaturels." Il y est fait également allusion à "tous les dharmas du Bouddha". Lorsque ce Grand Dharma se répand, les enseignements antérieurs au Sutra du Lotus, aussi bien que les enseignements théoriques* du Sutra du Lotus, ne procurent plus le moindre bienfait. Le Grand-maître* Saicho* déclare  : "Quand le soleil se lève, les étoiles se cachent."(réf.). Et, dans la Préface écrite par Zunshi, on lit  : "Au début de l'époque des Derniers jours du Dharma, le bouddhisme se lève à l'est et illumine l'ouest." Ce Grand Dharma est déjà apparu. Les signes annonçant sa venue dépassent de beaucoup ceux des époques précédentes. En m'interrogeant sur la signification de tout cela, je comprends que c'est parce que le temps est arrivé.
L'aspiration à la Terre de Bouddha (Sado, le 23 novembre 1271 à Toki Jonin)

Réfléchissons aux phénomènes qui viennent récemment de se produire, tremblements de terre, apparition de comètes et autres calamités telles qu'on n'en vit jamais aux époques du Dharma correct et du Dharma formel. Ils ne peuvent pas être l'œuvre des garuda, asuras ou dragons ; ce sont seulement des présages qui annoncent l'apparition des Quatre grands bodhisattvas. Zhiyi* déclare : "En voyant la pluie faire rage, on devine la taille du dragon qui l'a provoquée, et en voyant des fleurs de lotus épanouies, on devine la profondeur de l'étang sur lequel elles ont poussé."(réf.) Zhanlan* dit : "Les sages savent reconnaître les présages et comprendre ce qu'ils annoncent, tout comme les serpents connaissent les mœurs des serpents." Quand le ciel est clair, la terre est visible. De même, celui qui connaît le Sutra du Lotus comprend aussi le sens de tous les événements de la vie quotidienne.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Les sutras décrivent comment, au moment de sa naissance, une lumière de cinq couleurs différentes brilla dans toutes les directions, et la nuit s'éclaira comme le jour en plein midi. Au moment de sa mort, douze arcs blancs traversèrent le ciel, du nord au sud ; la lumière du soleil s'éteignit et le jour devint aussi sombre que la nuit. Suivirent alors les deux mille ans du Dharma correct et du Dharma formel ; des saints, bouddhistes et non bouddhistes, naquirent et moururent. Mais jamais des présages d'une telle ampleur ne se reproduisirent. Pourtant, depuis le début de l'ère Shoka jusqu'à cette année, se sont produits d'énormes tremblements de terre et des phénomènes célestes extraordinaires, du même type que ceux qui apparurent à la naissance et à la mort du Bouddha. Sachez qu'un saint comparable au Bouddha est né. Une grande comète a traversé le ciel, mais pour quel souverain ou pour quel sujet est apparu ce présage  ? La terre a tremblé et elle s'est fissurée par trois fois, mais à la venue de quel sage ou de quel saint peut-on attribuer cela ? Il faut comprendre que ces grands présages, favorables comme défavorables, ne sont pas de nature ordinaire. Ils sont le signe que le Grand Dharma pur prend son essor et que le Dharma pur est en déclin.
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

Un aveugle ne peut pas voir l'éclat du soleil et une personne profondément endormie ne percevra même pas un tremblement de terre se réverbérant comme le son d'un énorme tambour. Il en va de même pour tous les habitants du Japon [qui n'ont pas conscience des offenses qu'ils commettent eux-mêmes]. Les fautes des hommes sont plus graves que celles des femmes ; celles des nonnes, plus graves que celles des hommes laïques et celles des moines, plus graves que celles des nonnes. [Parmi les religieux, ] les fautes des moines qui observent les préceptes sont pires que celles des moines qui les transgressent, et celles des savants-maîtres* pires encore. Des moines de ce genre sont comparables, à ceux qui, parmi les lépreux, sont atteints de lèpre blanche, et, parmi ces derniers, aux plus gravement atteints de tous.
Le don du mandala du Dharma merveilleux (Sado, 1273 à Sennichi-ama)

Puisque, de nos jours, je comprends le sens des présages, il faut bien que je sois moi aussi, dans une faible mesure, un sage. Le grand tremblement de terre qui eut lieu dans la première année de l'ère Shoka [1257] le 23e jour du 8e mois, au moment où l'on passe de l'heure du Chien à l'heure du Sanglier [21 h], ainsi que la grande comète apparue dans la première année de l'ère Bun'ei [1264], le 4e jour du 7e mois - voilà des présages majeurs, d'une importance sans précédent au cours des plus de vingt-deux siècles écoulés depuis la disparition du Bouddha. Je me demande s'il faut voir là le présage que ces grands bodhisattvas vont bientôt apparaître en ce monde pour y apporter le Grand Dharma.
[...] Question : à propos du grand tremblement de terre de l'ère Shoka [1257], le 16e jour du 7e mois de la 1re année de l'ère Bun'o [1260], vous avez fait parvenir au nyudo du Saimyo-ji, par l'intermédiaire du défunt seigneur Yadoya, un traité de remontrances intitulé Rissho Ankoku ron. Dans ce traité, vous expliquez que, parce qu'il s'attache au Senchaku Shu de Honen, le peuple japonais détruit le Dharma bouddhique et que, pour cette raison, le ciel et la terre se sont mis en colère. Et vous prédisez que, inévitablement, le pays connaîtra des dissensions internes et une invasion étrangère. Or vous considérez maintenant ce tremblement de terre comme un présage favorable annonçant la propagation du Sutra du Lotus. N'y a-t-il pas contradiction entre ce que vous écriviez alors et ce que vous dites maintenant ? Réponse : votre question est très pertinente. Il est dit dans le quatrième volume du Sutra du Lotus : "Puisque haines et jalousies [envers ce sutra] abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore dans le monde après son trépas  ! "(réf.) Et dans le septième volume, évoquant de nouveau l'époque d'"après sa disparition", quand la situation sera "pire encore", le Bouddha déclare : "Dans la cinquième période de cinq cents ans après ma disparition, propagez largement [le Sutra du Lotus] à travers tout le Jambudvipa."(réf.) Ces écrits indiquent donc que le moment où les haines se déchaîneront, après la mort du Bouddha, se situe dans la cinquième période de cinq cents ans, au moment où Myoho Renge Kyo se propagera.
Réfuter l'opposition au Dharma bouddhique pour se libérer de ses fautes passées (Sado, 1273 à Shijo Kingo)

Le grand tremblement de terre qui survint au cours des années Shoka (note), la grande comète des années Bunei (note), et ensuite toutes sortes de cataclysmes célestes et terrestres, voilà les signes prémonitoires. Ce sont les sept, les vingt-neuf, les innombrables malheurs dont parle le Ninnokyo*, tous les malheurs que citent le Sutra Konkomyo*, le Daijukkyo*, le Shugokyo*, le Yakushikyo* ; toutefois, le grand malheur de l'apparition de deux, trois, quatre, cinq soleils n'est pas encore arrivé. Cependant, cette année* les habitants de la province de Sado ont dit : le vingt-trois du premier mois de cette année, à l'heure du singe* , deux soleils ont apparu dans l'Ouest; d'autres ont dit : trois soleils. Le cinq du deuxième mois, deux Vénus ont apparu côte à côte, séparées seulement par une distance de trois pouces. Le Japon n'avait jamais connu de ces grands malheurs auparavant! Dans le Saishookyo*, il est dit au chapitre de la Discussion correcte de la loi des rois : « Diverses étoiles filantes tomberont; deux soleils apparaîtront en même temps; des bandits arriveront de l'étranger et les habitants du pays seront exposés aux désordres et à la ruine.» Il est dit dans le Shuryogonkyo* : «Tantôt on verra deux soleils, tantôt deux lunes.» Le Daijukkyo* dit : « Il arrivera cette calamité que le soleil et la lune perdront leur éclat.» Le Konkomyo* dit : «De nombreuses comètes apparaîtront; deux soleils se montreront à côté l'un de l'autre; leur éclat sera faible et instable.» . Le Daijukkyo* dit : « Si le Dharma bouddhique subit vraiment une éclipse ... le soleil et la lune ne montreront plus leur lumière.» Le Ninnokyo* dit : « Le soleil et la lune perdront leur cours, les saisons viendront à contre­temps; il apparaîtra tantôt un soleil rouge, tantôt un soleil noir, tantôt deux, trois, quatre, cinq soleils, ou bien le soleil s'éclipsera et il n'y aura plus de lumière, ou bien le cercle du soleil se multipliera en deux, trois, quatre, cinq cercles concentriques.» Ces calamités solaires et lunaires constituent les calamités les plus redoutables parmi les sept, les vingt-neuf, les innombrables malheurs [annoncés par le sutra] (note) Question. — Quelle est la cause qui provoque ces calamités grandes ou petites? Réponse. — Il est dit dans le Saishookyo* : « On voit que les gens qui n'observent pas le Dharma sont véritablement aimés et vénérés, et que ceux qui pratiquent le Dharma Merveilleux sont exposés à la souffrance et aux poursuites des autorités comme s'ils étaient des criminels. » Le Sutra du Lotus, le Sutra du Nirvana, le Sutra Konkomyo* disent : « Quand les mauvais sont aimés et respectés et que les bons sont poursuivis par les autorités, le cours des étoiles, le vent et la pluie ne se conforment plus au temps.» Le Daijukkyo* dit : « Une véritable éclipse du Dharma bouddhique ... est causée, par exemple, par un mauvais roi qui commet des actes mauvais, par des mauvais moines qui offensent mon Dharma Correct. » Le Ninnokyo* dit : « Quand les saints s'en vont, il naît certainement sept malheurs », et aussi : « Lorsque sans Dharma ni discipline on en arrive à arrêter un moine comme s'il était soumis aux lois d'emprisonnement, la ruine du Dharma est proche », et encore : « Les mauvais moines recherchent beaucoup honneurs et profits et devant le souverain, le prince héritier, les fils du roi, ils prêchent des données causales qui ruinent le Dharma bouddhique, des données causales qui ruinent le pays. Ce souverain, dénué d'esprit critique, écoute et croit leurs paroles... » Si l'on dirige ces clairs miroirs sur le Japon d'aujourd'hui, la nature des choses qui s'y reflètent coïncide exactement avec [ces descriptions]. Vous, mes disciples qui avez des yeux, regardez! Sachez-le bien, il y a dans ce pays des mauvais moines qui trament des calomnies qu'ils portent devant le souverain, ses fils, le shogun; c'est un âge où les saints sont perdus.
Traité sur l'essentiel du Lotus (Minobu, le 29 juin 1274, à Toki Jonin)

A l'époque où ce précepte merveilleux de l'enseignement essentiel* devra se propager, il est certain que se produiront des phénomènes sans précédent. Les tremblements de terre de l'ère Shoka et la comète de l'ère Bun'ei sont des présages de ce genre. Mais qui, de nos jours, dans quelle école bouddhique, propage les principes du Honzon de l'enseignement essentiel* et du Grand Sanctuaire (kaidan) de l'enseignement essentiel*  ? (note) Depuis la disparition du Bouddha, pendant deux mille deux cent vingt et quelques années, personne ne l'a fait.
Enseignement, pratique et preuve (Minobu, 1274 ? à Sammi-bo)

Question. Vous parlez du grand tremblement de terre de l'ère Shoka [1257] et de la grande comète apparue à l'ère Bun'ei, et vous affirmez que, parce que notre pays ne respecte pas le Sutra du Lotus, il sera bientôt confronté à des guerres civiles et à une invasion étrangère. Comment arrivez-vous à cette conclusion ?Réponse. Des anomalies d'une telle envergure, dans le ciel comme sur la terre, ne se trouvent mentionnées nulle part dans les plus de trois mille volumes d'écrits non bouddhiques. Les tremblements de terre les plus importants décrits dans les Trois Annales, les Cinq Canons et le Shi Ji [Annales de l'historien], étaient longs d'un ou deux pieds, de dix ou vingt pieds, de cinquante ou soixante pieds tout au plus, mais on n'a jamais vu de comète envahir le ciel tout entier. Il en va de même pour la magnitude des tremblements de terre qui y sont décrits. Et, en étudiant les écrits bouddhiques, nous voyons que, depuis la disparition du Bouddha, aucun présage de cette sorte n'est jamais apparu.
[...] J'ai voulu faire savoir aux gens que des événements d'une gravité sans précédent étaient sur le point de se produire en ce monde du Jambudvipa. J'ai donc rédigé un ouvrage, le Rissho Ankoku ron et l'ai présenté à sa seigneurie le nyudo de Saimyo-ji. Dans ce texte, je disais principalement : "Ce phénomène d'une gravité exceptionnelle [le grand tremblement de terre] présage que notre pays est sur le point d'être envahi et détruit par un pays étranger. Il en sera ainsi parce que les moines du Zen, du Nembutsu et d'autres écoles veulent faire disparaître le Sutra du Lotus. Si ces moines ne sont pas décapités et leur tête jetée sur la plage de Yuinohama à Kamakura (note), ce pays sera détruit."
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Il est logique de penser que plus un présage est grand, qu'il soit de bon ou de mauvais augure, plus importants seront les événements qui le suivront. Récemment nous avons vu apparaître la plus grande comète jamais aperçue dans les plus de deux mille deux cents trente ans écoulés depuis la disparition du Bouddha, et nous avons subi des tremblements de terre d'une amplitude encore sans précédent. En Chine et au Japon, sont apparus par le passé des hommes dotés d'une sagesse et de capacités exceptionnelles. Mais, en défendant le Sutra du Lotus, aucun d'eux n'a suscité plus que moi l'apparition des grands ennemis dans son pays. Devant cette évidence, chacun devrait comprendre que Nichiren est le plus grand sage du monde entier.
[...] Si un sage récite Namu Myoho Renge Kyo, ceux qui ignoraient cette pratique feront de même comme l'ombre suit le corps ou comme l'écho suit la voix. Il ne fait aucun doute que moi, Nichiren, je suis le plus grand pratiquant du Sutra du Lotus au Japon. Sur ce point, on peut pressentir que, même en Inde et en Chine, dans le monde entier, personne ne peut m'égaler.
Question : Quelles ont été les causes du grand tremblement de terre de l'ère Shoka (1257) et de l'apparition de la grande comète à l'ère Bun'ei ?
Réponse : Dans les textes du Tendai il est dit : "Les sages peuvent lire les présages et savoir ce qu'ils annoncent comme les serpents connaissent les moeurs des serpents."(réf.)
[...] Le grand tremblement de terre et l'apparition de l'énorme comète à notre époque sont des calamités provoquées par la colère du ciel, parce que le souverain du pays hait Nichiren et s'allie avec les moines du Zen, du Nembutsu et du Shingon qui prêchent des doctrines menant le pays à sa destruction.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

L’actuelle condition du Japon démontre que nous sommes confrontés en particulier à deux calamités : les troubles intérieurs et l’invasion étrangère. En examinant les causes de ces grands fléaux à la lumière de l’immense ensemble de sutras, je suis persuadé qu’il y a au Japon de sérieux problèmes tant au niveau des lois mondaines que des enseignements du Bouddha. Surpris par le grand tremblement de terre dans la première année de l’ère Shoka [1257], ainsi que par l’immense comète de la première année de l’ère de Bun’ei (1264), j’ai consulté tous les textes sacrés bouddhiques. Ils annoncent que les deux calamités à n’avoir jamais sévi au le Japon surviendront sous la forme de troubles internes et d’une invasion étrangère, tous deux provoqués par les illusions véhiculées par le Hinayana et les enseignements du Mahayana provisoire* du Shingon, du Zen, de Jodo et de Ritsu qui détruisent le Vrai Dharma du Sutra du Lotus.
Réponse à Gonin (Minobu, le 26 décembre 1275)

Des phénomènes étranges dans le ciel effrayent les gens et des calamités sur la terre les troublent. Lorsque le Bouddha voulut enseigner le Sutra du Lotus, il fit apparaître et cinq et six présages. Parmi eux, le présage des tremblements de terre indique que la terre a tremblé de six manières différentes. Commentant ce phénomène, le Grand-maître Zhiyi* déclare dans le troisième volume (réf.) de son Hokke Mongu* : "[L'un de ces six présages est que] l'est se surélève et l'ouest descend. L'est correspond à la couleur verte et à l'organe du foie. Et le foie lui-même est lié aux yeux. L'ouest correspond à la couleur blanche et à l'organe des poumons, et les poumons sont liés au nez. Par conséquent, le fait que l'est se surélève et que l'ouest descende annonce l'apparition des bienfaits des yeux, et, simultanément, la diminution des désirs liés à l'odorat. Inversement, quand les bienfaits liés à l'odorat apparaissent, les désirs liés à la vision disparaissent. De la même manière, l'ascension ou la chute des autres points cardinaux indique l'apparition des bienfaits et la diminution des désirs liés à l'organe qui leur correspond."
[...] Mais, au moment où le Bouddha, s'apprêtant à enseigner le Sutra du Lotus, fit trembler la terre de six manières différentes, les gens furent particulièrement étonnés. Le bodhisattva Maitreya posa une question à ce sujet, et le bodhisattva Manjushri lui répondit que si ces présages avaient été d'une plus grande ampleur et d'une durée plus longue que lorsque d'autres sutras avaient été enseignés, c'est parce que les doutes étaient plus difficiles à dissiper. Ainsi, Zhanlan* déclara  : "Aucun sutra du Mahayana ne fut jamais exposé sans que se constitue une Grande assemblée, sans qu'un rayon de lumière ne jaillisse [du front du Bouddha], sans que ne tombe du ciel une pluie de fleurs, ou sans que se produisent des tremblements de terre. Mais jamais jusqu'à présent les gens rassemblés n'avaient éprouvé des doutes plus grands."(réf.)
[...] Qui plus est, les présages annonçant l'enseignement essentiel* du Sutra du Lotus ont été encore beaucoup plus impressionnants que ceux qui annonçaient l'enseignement théorique*, ou les sutras exposés auparavant. Une immense Tour aux Trésors jaillit du sol et une multitude de grands bodhisattvas apparut, sortant de Terre (note). Les tremblements de terre à cette occasion s'accompagnèrent de typhons soufflant sur l'océan qui soulevèrent des vagues hautes comme des montagnes, jouant avec les bateaux comme avec des brins de roseau, et s'élevant assez haut pour engloutir même leurs voiles.
[...] Par contre, il [Manjushri] n'avait pas la moindre idée du sens des présages annonçant l'enseignement essentiel*. Et ces phénomènes extraordinaires se produisaient du vivant même de Shakyamuni. Puis, lorsque le Bouddha en vint à enseigner le chapitre Jinriki* (XXI), il déploya dix pouvoirs supranaturels. La manifestation de ces pouvoirs supranaturels était incomparablement plus étonnante que les présages décrits précédemment. Le rayon de lumière émanant du [front du] Bouddha n'illuminait que dix-huit mille mondes vers l'est, tandis que celui qui émanait [de son corps tout entier] au moment décrit dans le chapitre Jinriki* (XXI) illumina tous les mondes des dix directions. Alors que le tremblement de terre décrit dans le chapitre
Jo* (I) se limitait à un système de mondes majeur, dans le chapitre Jinriki* (XXI), c'est la terre de tous les mondes des dix directions qui trembla de six manières différentes.
[...] Question - Pourquoi les présages concernant les époques qui suivent la disparition du Bouddha sont-ils encore plus grands que ceux qui concernaient l'époque où il était vivant ?
Réponse - Si la terre tremble, c'est parce que les six organes des sens des êtres humains sont perturbés. Par conséquent, l'intensité des six sortes de tremblements de terre dépend du degré de perturbation des six organes des sens. Les sutras antérieurs au Sutra du Lotus semblaient éliminer les troubles [liés aux six organes des sens] des simples mortels, mais en réalité, il n'en était rien. Par contre, le Sutra du Lotus dissipe l'obscurité fondamentale. C'est pourquoi la terre tremble avec violence. De plus, dans les Derniers jours du Dharma, les personnes mauvaises sont beaucoup plus nombreuses que du vivant du Bouddha. C'est pour cette raison que, dans les Derniers jours du Dharma, le Bouddha prédit l'apparition de présages beaucoup plus grands qu'à son époque. [...] On lit dans le chapitre Hosshi* (X) du Sutra du Lotus : "Puisque haine et jalousies à l'encontre de ce Sutra abondent déjà du vivant du Bouddha, ne seront-elles pas pires encore après son trépas  ? "(réf.) A l'exception du règne sept générations de divinités du ciel, et cinq générations de divinités de la terre, au cours des plus de deux mille ans des quatre-vingt-dix règnes des empereurs humains, le Japon n'a jamais connu de tremblement de terre d'une ampleur comparable à celui de l'ère Shoka, ni des phénomènes célestes aussi extraordinaires que ceux qui apparurent à l'ère Bun'ei. Si le coeur des hommes est plein de joie, des présages de bon augure apparaissent dans le ciel, et les tremblements de terre seront l'oeuvre de Taishaku. Par contre, si leur esprit est obsédé par le mal, de sinistres présages apparaissent dans le ciel, et d'effroyables calamités se produisent sur la terre. L'ampleur des phénomènes effrayants dans le ciel et sur la terre varie selon l'intensité de la colère dans le coeur des hommes. Le Japon d'aujourd'hui est empli de personnes, de la plus haute à la plus basse condition, dont l'esprit est dominé par un grand mal. Ce grand mal naît de la haine qu'ils éprouvent envers moi Nichiren.
Sur les présages (Minobu, 1275, à Shijo Kingo ?)

Question : Pourquoi ceux qui vous calomnient n'ont-ils toujours pas la tête brisée en sept morceaux  (réf.)? Réponse : Depuis les temps anciens, parmi tous ceux qui ont calomnié les saints et les sages autres que le Bouddha, seuls un ou deux ont eu la tête brisée. Le crime de médire de Nichiren n'est pas le fait d'une ou deux personnes seulement. Toute la nation japonaise a eu la tête brisée en même temps. Autrement, pour quelle raison auraient eu lieu le grand tremblement de terre de l'ère Shoka [1257] et l'apparition de la gigantesque comète de l'ère Bun'ei  ? [Parce que] je suis le plus grand sage du monde entier.
Un Sage Perçoit les Trois Phases de la Vie (Minobu, 1275, à Toki Jonin)

Tous les habitants du Japon, les sages comme les insensés, du plus puissant au plus humble, disent que le moine Nichiren est bien loin d'égaler les lettrés, maîtres, patriarches et sages des temps passés. [J'ai attendu le moment propice] pour dissiper leur méfiance à mon égard. [Il est venu] lorsque de grands tremblements de terre se sont produits durant l'ère Shoka, suivis par l'apparition d'une gigantesque comète durant l'ère Bun'ei [1264]. J'ai fait alors cette prédiction : "Notre pays subira deux effroyables désastres, la guerre civile et l'invasion étrangère.
Moines du temple Seicho-ji (Minobu, le 11 janvier 1276 aux moines du temple Seicho-ji)

Les erreurs propagées par Kukai*, Ennin* et Enchin se sont répandues dans le pays pendant de nombreuses années. A cela sont venues s'ajouter les théories nuisibles du Zen et du Nembutsu. C'est comme si, aux vents dévastateurs, venaient s'ajouter raz-de-marée et tremblements de terre. Tout cela a conduit le pays bien près de la destruction.
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Plutôt que la tête brisée en sept morceaux (réf.), on pourrait dire aussi l'esprit brisé en sept morceaux. Il arrive que la boîte crânienne se fende quand l'esprit est violemment dérangé. Il se peut aussi que parfois la tête ne se fende qu'après la mort. Beaucoup de gens, à une époque récente, ont eu la tête fracassée pendant le grand tremblement de terre de Shoka [1257] ou lorsque apparut l'énorme comète de l'ère de Bun'ei [1264]. Leurs blessures à la tête entraînèrent des troubles respiratoires, leurs cinq organes principaux furent atteints et ils souffrirent de dysenterie. Ne comprirent-ils pas que tout cela était un châtiment dû à leurs calomnies envers le Pratiquant du Sutra du Lotus ?
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

A notre époque, celle du grand tremblement de terre de l'ère Shoka [1257], ou de la grande comète de l'ère Bun'ei, s'il y avait eu un souverain d'une sagesse vraiment exceptionnelle, nul doute qu'il m'aurait écouté, moi, Nichiren. Ou même s'il ne l'avait pas fait en ces occasions-là, quand les conflits déchirèrent le clan au pouvoir, dans la 9e année de Bun'ei [1272] ou quand, dans la 11e année de la même ère [1274], les Mongols lancèrent leur attaque, ce souverain sage aurait dû m'accueillir comme le roi Zhou Wen accueillit le sage Taigong, ou partir à ma recherche comme le roi Wu ding de la dynastie Yin (Shang) qui envoya chercher Fuyue à sept ri. Ainsi, pour un aveugle le soleil et la lune ne sont pas des trésors, et un souverain insensé n'éprouve pour un sage que de la haine.
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276, à un membre du clan du défunt nyudo Takahashi Rokuro Hyoe)

II n'y a pas, dans le Japon tout entier, de plus loyal sujet que moi, Nichiren. Je doute qu'il y ait jamais eu, ou qu'il y ait un jour, une personne qui me vaille à cet égard. Voici pourquoi. Lorsque le grand tremblement de terre se produisit, à l'ère Shoka (1257-1259), et lorsque l'énorme comète apparut dans la première année de Bun'ei (1264), quantité de sages, bouddhistes comme non bouddhistes, pratiquèrent la divination, mais ils ne purent ni déterminer les causes de ces désastres ni prévoir ce qui allait se passer. Quant à moi, Nichiren, je me suis isolé dans une bibliothèque avec les écritures et, après avoir médité sur les textes, je suis arrivé à la conclusion que, parce que le peuple révère les moines du Mahayana provisoire* et du Hinayana, ceux des écoles Shingon, Zen, Nembutsu et Ritsu, alors qu'il ne respecte pas le Sutra du Lotus, Bonten et Taishaku le réprimanderait en ordonnant à un pays situé à l'ouest d'attaquer le Japon. J'ai présenté une mise en garde écrite (note) à ce sujet au défunt nyudo du Saimyo-ji.
Lettre au nyudo Nakaoki (Minobu, le 30 novembre 1279 au nyudo Nakaoki et à son épouse)

Je ne suis pas seulement la personne la plus étrange qui vive dans le monde d'aujourd'hui  ; on ne vit jamais non plus personne plus étrange que moi sous le règne des quatre-vingt-dix souverains humains, au cours des plus de 700 années écoulées depuis l'introduction du bouddhisme au Japon. Moi, Nichiren, je suis comparable à la grande comète de l'ère Bun'ei (1264), ce phénomène étrange dans le ciel, comme le Japon n'en avait encore jamais vu auparavant. Je suis comparable au grand tremblement de terre de l'ère Shoka (1257), un sursaut de la terre comme il ne s'en était encore jamais produit depuis la naissance de ce pays.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimo to)

 

 

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