Initiation au bouddhisme

Conseils d'utilisation de ce site

1 - Les bases
2
Histoire du bouddhisme
3 - L'enseignement du Bouddha

4 - Les grands courants bouddhistes
5- Le bouddhisme Nichiren

I - Le Bouddhisme: un courant aux multiples visages

1 - Les bases

Le bouddhisme est né il y a environ 2500 ans au Népal*, son créateur est Siddhartha Gautama, aussi appelé Bouddha (en sanskrit buddha = éveillé).

C'est seulement plusieurs siècles après sa mort que son enseignement commence à être fixé par écrit dans ce que l'on appelle des sutras.

C’est donc par transmission orale que le bouddhisme s’est propagé à travers l’Asie. Ainsi, de récit en récit, la vie du Bouddha a été enrichie de légendes décrivant des faits miraculeux et des pouvoirs surnaturels.

Chaque pays, chaque région, chaque temple possédait une version légèrement différente de celle de son voisin. Différences qui, aux cours des siècles, n’ont cessé de grandir.

Ces différences sont maintenant telles que certains conçoivent le bouddhisme comme une philosophie laïque alors que d’autres le considèrent comme une religion.

2Histoire d’un homme exceptionnel

La famille de Siddharta appartenait à la caste* des guerriers et des princes. D'après la tradition, son père était le roi Shuddhodana et sa mère, la reine Maya. Elle serait morte peu de temps après la naissance de l'enfant qui fut élevé par sa tante maternelle, Mahaprajapati. Siddharta a été marié vers l'âge de 16 ans à Yashodhara dont il eut un fils, Rahula. Selon la tradition de sa caste, il avait ainsi accompli son devoir familial et pouvait désormais se consacrer à la vie spirituelle.

A cette époque, la religion prédominante en Inde était le brahmanisme* avec, au centre, la théorie de la transmigration qui enfermait l'individu dans un cycle sans fin de renaissances et de souffrances, le samsara. Peu satisfait de ces explications, Siddharta décida de devenir un ascète errant pour chercher un sens à la vie et aux souffrances de la vieillesse, de la maladie et de la mort.

Au bout de six ans d'une vie vouée à un ascétisme sévère, Siddhartha comprit que le déni de soi était, tout autant que l'indulgence pour soi, un obstacle à l'Éveil. Puis, pendant quarante ans, il a sillonné l'Inde enseignant aux hommes, selon leurs aptitudes à comprendre.

3 - L'enseignement du Bouddha

Dharma - Causalité - Karma - Nirvana - Quatre Nobles Vérités

Bien que, selon la tradition, le Bouddha ait enseigné 80 000 sutras qui aboutirent à d'innombrables écoles de pensée, on trouve un fond commun conservé par les trois grands courants (ou Véhicules) : le Véhicule des Anciens, le Grand Véhicule et le Véhicule du Diamant.

On ne reconnaît pas comme bouddhisme les enseignements qui n'admettent pas que :
- les multiples mouvements (dharmas) sont impermanents,
- les multiples dharmas sont sans substance,
- le nirvana est sérénité et pureté.

Le Dharma, souvent traduit par Loi, désigne l'ensemble des principes (physiques, psychiques, spirituels, etc.) qui sous-tendent l'existence de tout ce qui est : notre monde visible et invisible. Le Dharma désigne également l'enseignement du Bouddha, ce qui, dans la pensée indienne, est la même chose que le Dharma-Loi.

Les dharmas (avec minuscule) sont tous les phénomènes perceptibles et non-perceptibles par les sens.

L'affirmation que les dharmas sont sans substance ou "vides" signifie que rien ne peut exister en soi, mais que tout est "relation", que tout est interconnecté dans l'espace (non séparabilité du corps et de l'esprit, inséparabilité de soi et de l'environnement, etc.) et interconnecté dans le temps : tout phénomène (ou effet) est généré par une cause et tout effet est la cause de l'effet suivant.

Le principe de causalité est un des axes majeurs de tous les bouddhismes. Il est indissociable de l'idée de karma (actes, paroles et pensées) qui expliquent ce qu'est un être vivant à un moment donné, laissant prévoir ce qu'il pourrait devenir.

Même si l'idée du nirvana varie selon les écoles, toutes admettent que la recherche de l'Éveil a un sens et vaut la peine que l'être humain cherche à y parvenir.

Le Bouddha a résumé cette vision du monde par les Quatre Nobles Vérités :

1) - toute existence est souffrance,
2) - toute souffrance a une cause,
3) - l'extinction de la cause fait que la souffrance n'apparaît plus,
4) - l'Octuple Noble chemin permet d'opérer progressivement cette extinction.

L'Octuple Noble Chemin diffère selon les écoles en ce qui concerne les pratiques et les voies spirituelles préconisées.

4 - Les grands courants bouddhistes

Le Theravada : le "Véhicule des Anciens" est apparenté aux courants définis comme Hinayana (Petit Véhicule) par le bouddhisme mahayana (Grand Véhicule) apparu au début de notre ère. La "doctrine des Anciens"  s'appuie sur un canon rédigé en pali* comprenant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha, recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard. C'est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est.
Le Mahayana : le "Grand véhicule"  apparaît vers le début de notre ère dans le nord de l’Inde, d’où il se répand rapidement en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient. Il reconnaît le canon pali mais lui ajoute d'autres sutras et surtout d'autres commentaires. Il se distingue du Hinayana par l'importance qu'il accorde aux bodhisattvas, ces "êtres d'Éveil" qui se consacrent au salut des autres.

Le Vajrayana ou bouddhisme tibétain, nommé aussi bouddhisme tantrique. Il contient des éléments qui l'apparentent à l'hindouisme. Au Tibet, le vajrayana (Véhicule du diamant) et le bön, chamanisme local, se sont influencés réciproquement. Il reconnaît aussi bien le Hinayana que le Mahayana mais lui adjoint de nombreuses pratiques ésotériques et des rites de magie.

Toutes les écoles confondues, le bouddhisme compte actuellement (2013) entre 350 millions et 1,7 milliard de pratiquants.

 

II - Le bouddhisme Nichiren

1. Le Japon

Depuis l'Inde, le bouddhisme mahayana s'est propagé en Chine, puis en Corée et, vers le Vème siècle, atteignit le Japon dont la religion principale était alors le shintoisme.

Au XIIIème siècle, dix grandes écoles se partageaient les faveurs des empereurs et des shoguns, ces seigneurs de guerre qui gouvernaient en fait le pays.

Bien que se réclamant du Mahayana, ces écoles s'inspiraient de sutras différents et avaient élaboré des doctrines souvent en opposition les unes avec les autres. Le Zen préconisait la transmission de maître à disciple sans le recours à aucun sutra. Le Shingon était un ésotérisme avec quantité de rites secrets. L'amidisme enseignait que l'Éveil n'était possible qu'après la mort et vénérait un bouddha transcendant, Amida .

2. Sutra du Lotus

Les différences entre les écoles s'expliquent tant par l'influence des divers pays que le bouddhisme avait traversés et dont il s'était imprégné que par la méthode qu'avait utilisée Shakyamuni pour former ses disciples.

D'après la tradition, tout de suite après son Éveil, le Bouddha chercha à transmettre tout ce qu'il avait compris de la Réalité Ultime mais s'est rapidement rendu compte que ses auditeurs étaient incapables de le comprendre. Ce n'est qu'après de nombreuses années d'enseignements progressifs qu'il put enfin exposer de nouveau son Véritable Dharma lors du sermon du Pic du Vautour.

Lors d'une cérémonie grandiose qui se passe dans les "Airs" (le monde spirituel), Shakyamuni exposa son enseignement suprême, le Sutra du Lotus, à une foule aussi nombreuse que "les sables du Gange".

Cet enseignement fut soigneusement conservé et transmis oralement pendant plusieurs siècles, jusqu'à ce que les disciples passent outre leur répulsion à mettre par écrit des paroles aussi sacrées.

Le Sutra du Lotus fut compilé en plusieurs étapes au cours du Ier siècle de notre ère. La version la plus courante est sa traduction en chinois qui fut aussi celle utilisée au Japon. Il comporte 28 chapitres qui sous une forme souvent allégorique exposent des concepts propres au bouddhisme mahayana.

Le Bouddha y expose l'éternité de la vie : l'idée que nous nous faisons du temps, et donc de l'alternance vie/mort, est due à notre ignorance de la Vérité Ultime, cette "obscurité fondamentale" liée à notre condition d'êtres humains. Le concept d'atemporalité ne peut être compris que si l'on se purifie des Trois poisons (ignorance, avidité, agressivité).

Tous les êtres vivants, même les femmes - une nouveauté à l'époque -, "les hommes mauvais", les animaux et les plantes possèdent, à l'état latent, la nature de bouddha qui peut être "réveillée" grâce au Sutra du Lotus. Les enseignements précédents, bien que tous vrais, n'étaient que des "moyens habiles" ou des stratagèmes pour amener les hommes à ce Véhicule unique.

Les "mérites" accumulés lors de la pratique du Sutra du Lotus peuvent être transmis aux autres personnes et à tout son environnement (principes de non-dualité et d'interdépendance universelle).

3. Nichiren

Nichiren était un moine bouddhiste japonais du XIIIe siècle, fondateur d'une nouvelle école qui remettait à l'honneur l'enseignement du Sutra du Lotus

Dès son plus jeune âge il s'interrogea sur les malheurs qui frappaient son pays : épidémies, famines, sécheresses, inondations, guerres intestines. Après avoir longuement étudié tous les sutras, il parvint à la conclusion que le Japon était en plein chaos spirituel. Alors que le pays entier était couvert de temples splendides, ni les dirigeants ni les religieux ne respectaient plus les lois de la vie.

Les rites et l'arrogance des moines avaient pris le pas sur le développement personnel ; et la majeure partie de la population (souvent illettrée) n'avait pas accès à la spiritualité.

Nichiren lutta, risquant plusieurs fois la mort, pour restaurer les valeurs prônées pas le Sutra du Lotus.

Il instaura une pratique, basée sur la compréhension du Sutra du Lotus avec un apprentissage progressif de la méditation et de la concentration (samadhi en sanskrit). Elle vise à développer un état de conscience lucide et bienveillant. Pour y parvenir, il préconisa la récitation votive du titre du Sutra du Lotus (mantra* ) : Namu Myoho Renge Kyo.

 

4. Le bouddhisme nichiren (ou bouddhisme du Lotus) actuellement

Relégué pendant près de sept siècles dans les temples, le bouddhisme de Nichiren connut un nouvel essor après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale quand les élites japonaises se sont interrogées, comme le fit Nichiren, sur les causes de tant de souffrances.

Des organisations laïques se sont inspirées de son enseignement pour relever le pays matériellement et idéologiquement.

Avec la mobilité toute nouvelle des populations, le bouddhisme de Nichiren s'est propagé en Occident. Des Japonais ont commencé à le propager en France vers le milieu des années 60, entraînant à leur suite la visite de quelques moines.

Au Japon, chaque temple dispose d'une très grande autonomie. La majorité des adeptes font ainsi partie d'une fédération, la Nichiren Shu. Tolérants à l'égard de toutes les croyances, ils coexistent avec un autre courant, très prosélyte et "exclusiviste", la Nichiren Shoshu dont est issue l'association laïque Soka Gakkaï*. Depuis,1991, la Soka Gakkai s’est totalement désolidarisée de la Nichiren Shoshu et transmet aujourd’hui le  « bon  sens » de l’enseignement de Nichiren.

Sans exclure qui que ce soit, notre site s'inspire principalement des écrits de chercheurs anglo-saxons.

* * *

A ceux qui souhaiteraient aller un peu plus loin dans la compréhension du bouddhisme de Nichiren, nous pouvons conseiller la lecture d'un ouvrage destiné aux (presque) débutants :

Fleur du Dharma

tout en nous posant des questions sur les passages difficiles :

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