ACCUEIL
 

LEXIQUE

Extraits de gosho sur

MENU - LEXIQUE
DICTIONNAIRE
 
Trois Augustes et Cinq Empereurs
 

Le Koshaku de Annen dit ceci:  "Le Bouddha envoya Trois sages [Laozi, Confucius et Yan-Hui] en Chine pour enseigner les cinq préceptes, par le biais des cinq vertus. Dans le passé, quand le premier ministre de la cour des Song demanda à Confucius si les Trois Augustes et les Cinq Empereurs de la Chine ancienne étaient sages, Confucius répondit qu’ils ne l’étaient pas. Le premier ministre lui demanda alors s’il y avait quelqu’un que l’on pouvait considérer comme un sage. Confucius répondit qu’il avait entendu parler d’un sage appelé Shakyamuni, qui vivait dans les contrées de l’ouest."
Sainan Koki Yurai - La cause des désastres (Kamakura, février 1260)

Parlons maintenant des femmes. On trouve, dans les textes bouddhiques aussi bien que non bouddhiques, de graves critiques à leur encontre. Les ouvrages intitulés Les Trois Recueils et Les Cinq Canons, qui décrivent le règne des Trois Augustes et Cinq Empereurs de la Chine ancienne, les qualifient d'inconstantes et de fourbes. Ainsi, on prétend que trois femmes maléfiques furent à l'origine d'un désastre. Ce sont des femmes que l'on rendit responsables de la chute d'un pays et de son peuple.
Le Daimoku du Sutra du Lotus (1266 à une femme d'Amatsu)

Avant sa venue [de Shakiamuni], le monde était comparable à ce qu'il était avant l'apparition des trois Augustes et cinq Empereurs, les êtres humains ne reconnaissaient pas leur père et étaient comparables à des animaux. A l'époque antérieure au règne du roi Yao, les êtres humains ignoraient tout des tâches qui doivent être accomplies au fil des quatre saisons, ils étaient aussi ignorants que des vaches ou des chevaux.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Kangyo-soku* est l'un des six stades de la pratique dans l'enseignement parfait*. Cela consiste à faire ce que l'on dit et à dire ce que l'on fait. Ceux qui sont au stade de ri-soku* et au stade de myoji-soku* croient à l'enseignement parfait*, mais même lorsqu'ils en chantent les louanges, leurs paroles ne se traduisent pas en actes. Ainsi nombreux sont ceux qui ont lu les Trois Augustes et Cinq Empereurs, mais pas une fois sur dix millions on ne voit la société administrée selon les principes de ces anciens sages chinois. D'où la difficulté de créer une société en paix.
L'Allègement de la Rétribution Karmique (octobre 1271, à Ota Saemon)

Le confucianisme décrit les Trois Augustes [Fu Xi, Shennong, et Huangdi], les Cinq empereurs [Shao-Hao, Zhuang-Xin, Di-Kao, Tang-Yao et Yu-Shun], et les Trois souverains fondateurs [Yu, de la dynastie Xia, Tang de la dynastie Shang (Yin) et Zhou Wen], qu'il appelle les Honorés du Ciel. Ces hommes sont dépeints comme la tête et les yeux du gouvernement et les piliers et les poutres du peuple (note). Avant l'époque des Trois Augustes, les êtres humains vivaient comme des animaux et ne reconnaissaient même pas leur propre père. Mais à partir de l'époque des Cinq Empereurs, ils apprirent à reconnaître leur père et leur mère et à obéir aux règles de la piété filiale. Ainsi, Yu Shun*, le dernier des Cinq Empereurs, servit son père avec respect, bien que ce dernier fut borné et entêté. De même, le Duc de Pei, une fois devenu le premier empereur de la dynastie Han*, continua à respecter profondément son père*, le sire vénérable. Le roi Zhou Wu, fit graver sur bois un portrait de son père (note), le gouverneur des Marches de l'Ouest, et Ding Lan fit sculpter une statue de sa mère*. Tous sont des modèles de piété filiale.
[...] 2 Ainsi, l'école Zen rejette à la fois le Bouddha et les sutras. Toutes ces écoles se trompent en ce qui concerne le véritable objet de vénération. Elles ressemblent aux personnes qui vivaient avant l'époque des Trois Augustes de la Chine antique sans même respecter leurs propres parents. En ce sens, les gens de cette époque n'étaient pas différents des oiseaux et des bêtes sauvages.
[...] 2 Les écoles non bouddhiques comme Vatsiputriya et Vaipulya, qui apparurent [en Inde] après la mort du Bouddha, professent des conceptions encore plus erronées et des principes encore plus nuisibles que ceux qui existaient avant l'apparition du bouddhisme [parce qu'elles détournèrent des principes bouddhiques]. De même, [depuis l'introduction du bouddhisme en Chine] pendant la dynastie Han postérieurs, les notions et les écrits non bouddhiques sont devenus encore plus incorrects et trompeurs que les écrits pré-bouddhiques du confucianisme qui traitent des trois Augustes et des cinq Empereurs.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

L'empereur Tang Taizhong fut un roi d'une grande sagesse dont le nom était connu dans le monde entier et dont la vertu dépassait, disait-on, celle des Trois Augustes et Cinq Empereurs de l'antiquité. Il régna non seulement sur toute la Chine, mais étendit son influence sur plus de mille huit cents royaumes étrangers depuis Gaochang [à l'ouest] jusqu'à Koguryo [à l'est]. Il avait la réputation d'avoir maîtrisé les enseignements bouddhiques comme non bouddhiques. Puisque ce moine, Xuanzang, était celui qui avait converti ce roi sage, et parce qu'il bénéficiait plus que quiconque de sa confiance et de ses faveurs, aucun des maîtres de l'Ecole Tian-tai n'aurait osé risquer sa tête en le contredisant. Si bien que les principes véridiques du Sutra du Lotus furent négligés et oubliés dans le pays entier.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Avant l'introduction du bouddhisme en Chine, les écrits des Trois Augustes et Cinq Empereurs, des Trois Rois, de Taigong wang, du Duc de Zhou, de Lao-Zi et de Confucius étaient appelés Classiques ou Canons. Ces écrits enseignaient aux hommes le comportement correct et l'importance de la gratitude envers les parents. Une distinction claire fut établie entre supérieurs et subordonnés afin que le pays soit gouverné avec sagesse. Les sujets ont obéi aux souverains [qui suivaient ces préceptes] et le ciel a répondu à leurs prières. Un enfant qui les transgressait était sanctionné pour manquement à la piété filiale et un sujet qui désobéissait était puni comme traître.
La suprématie du Dharma (Minobu, 4 août 1275, à Oto, fille de Nichimyo)

Un sage est celui qui perçoit clairement les trois phases de la vie. Les Trois Augustes et Cinq Empereurs auxquels le confucianisme se réfère, tout comme les Trois Sages [de la Chine ancienne], n'appréhendaient que le présent ; ils ne connaissaient ni le passé, ni l'avenir. Les brahmanes, capables de percevoir quatre-vingt mille kalpas dans le passé et l'avenir, étaient, dans une infime mesure, des sages. Les personnes des deux véhicules du Hinayana, connaissant le Dharma de cause et d'effet pour le passé et le futur, étaient des sages supérieurs aux brahmanes.
Un Sage Perçoit les Trois Phases de la Vie (Minobu, 1275, à Toki Jonin)

Et que peut donc signifier l'apparition du soleil au beau milieu de la nuit  ? Dans tous les enseignements exposés de son vivant par le Bouddha Shakyamuni, nulle part un tel événement n'est mentionné. Et dans les Trois Recueils et les Cinq Canons qui retracent la vie des Trois Augustes et Cinq Empereurs de l'antiquité [en Chine], nulle part il n'est prédit qu'à l'avenir le soleil apparaîtra au beau milieu de la nuit. Dans les sutras bouddhiques, il est dit que, au cours du kalpa du déclin, deux soleils, trois soleils, ou même sept soleils brilleront ensemble, mais ils doivent apparaître dans la journée [pas dans la nuit].
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Le kalpa de déclin a son origine dans l'esprit des êtres humains. Plus les trois poisons - avidité, arrogance, stupidité - deviennent virulents, plus la longévité des êtres humains diminue et plus leur taille s'amenuise. En Chine et au Japon, avant l'introduction du bouddhisme, les classiques non bouddhiques (note) des Trois Augustes et Cinq Empereurs et des Trois sages mettaient de l'ordre dans l'esprit des hommes et servaient à gouverner le monde. Mais les esprits s'écartèrent de plus en plus du bien pour se rapprocher du mal, et la sagesse des classiques non bouddhiques se révéla trop superficielle pour prévenir les fautes de personnes profondément ancrées dans le mal. Lorsqu'il fut devenu impossible, par le seul recours aux classiques non bouddhiques, de gouverner le monde, les sutras bouddhiques furent peu à peu introduits et la société recouvra la tranquillité. Car la sagesse bouddhique s'appuie sur une parfaite connaissance de l'esprit humain.
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276, à un membre du clan du défunt nyudo Takahashi Rokuro Hyoe)

Toutefois, d'après le Nihon Shoki (Chroniques du Japon), la statue envoyée par le roi était celle de Shakyamuni. Il est concevable que, avec l'émergence de l'école Jodo, la statue d'origine ait été remplacée par une statue du bouddha Amida. Comme c'était la coutume dans les rituels conduits en présence de l'empereur, les taoïstes apportèrent les écrits de leur école, ainsi que les Trois Recueils, les Cinq Canons, et les écrits des Deux Sages* et des Trois Augustes, et en déposèrent quelques uns sur des brindilles qu'ils enflammèrent. Lors de cérémonies semblables, par le passé, les textes avaient toujours résisté aux flammes, mais cette fois, ils furent réduits en cendres. D'autres écrits, placés sur l'eau, cette fois-ci coulèrent au fond, alors qu'ils avaient autrefois flotté en surface. Les taoïstes s'efforcèrent d'invoquer les démons, mais ils n'apparurent pas. Tous ressentirent cela comme une humiliation insupportable et certains d'entre eux, comme Chu Shan-xin et Fei Shu-cai, en moururent de honte.
Le guide suprême du monde (Minobu, le 25 juin 1277, à Shijo Kingo)

L’objet le plus sublime doit être montré comme objet de culte. Par exemple, l’objet de culte du confucianisme, ce sont les Trois Augustes et cinq Empereurs. L’objet de culte pour le bouddhisme devrait être le Bouddha Shakyamuni.
Questions - réponses concernant l’objet de vénération (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Puis vint l'époque des souverains humains. Pendant les vingt-neuf premiers règnes, la force obtenue par l'observance des préceptes dans des vies antérieures commença à s'affaiblir. Gouverner devint difficile et, pour la première fois, le pays fut confronté aux trois calamités et des sept désastres. Mais, furent alors introduits de Chine, les textes décrivant les principes selon lesquels avaient gouverné les Trois Augustes et Cinq Empereurs de l'Antiquité. Grâce à l'utilisation de ces textes et aux prières adressées aux divinités, les calamités et les désastres qui accablaient le pays purent être maîtrisés.
Le roi Rinda (Minobu, le 17 août 1279 à Soya Doso, fils de Soya Kyoshin)

 

 

haut de la page
retour