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Jivaka

Selon le Sutra Kammuryoju, le roi Ajatashatru, abusé par Devadatta, emprisonna son père et s'apprêtait à tuer sa mère, la dame Vaidehi. Cependant, dissuadé de le faire par le médecin Jivaka et par le ministre de la cour, Chandraprabha, il lui laissa la vie sauve. Sa mère eut alors un entretien avec le Bouddha. La première question qu'elle lui posa fut : "Quelle faute ai-je commise par le passé pour avoir donné le jour à un fils aussi mauvais  ? Et, Honoré du monde, quelle cause vous a conduit à être parent d'une personne aussi mauvaise que votre cousin Devadatta  ? " Des deux questions posées ici, la seconde est la plus importante.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Un haut dignitaire du nom de Jivaka, parce qu'il était l'envoyé du Bouddha, pénétra dans les flammes et parvint à sauver le fils de l'homme riche de Champa (note). A la lumière de tout cela, il est clair que n'importe quel malfaiteur ou n'importe quelle femme, en faisant des dons ou en rendant hommage au Bouddha, ne serait-ce qu'une seule fois, peuvent sans aucun doute parvenir à la bodhéité et atteindre la Voie.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Examinons plutôt ce que disent les textes à ce sujet. Le roi Ajatashatru fit un rêve dans lequel il voyait la lune tomber du ciel."(réf.) Quand il en demanda la signification à son ministre Jivaka, celui-ci lui répondit que c'était un signe de la disparition du Bouddha. Et quand Subhadra rêva que le soleil tombait du ciel, il se dit que cela annonçait la disparition du Bouddha. Quand les démons ashuras luttèrent contre le dieu Taishaku, ils commencèrent par décocher des flèches au soleil et à la lune. (réf.) Les mauvais souverains des dynasties Xia et Yin (Shang) et Zhou, avaient, dit-on, pour coutume de lancer des flèches au soleil et tous deux se détruisirent eux-mêmes en même temps que leur dynastie.
Le choix en fonction du temps 2 (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

A la lumière des citations précédentes, il est impossible que votre maladie ait une autre origine que les six causes de maladie. Je laisserai de côté les cinq premières pour le moment. Les maladies de la sixième sorte, qui résultent du karma, sont les plus difficiles à guérir. Elles varient en gravité et nous ne savons rien de précis sur elles, sinon que les plus graves sont dues à l'opposition au Sutra du Lotus. Même Shennong, Huangdi, Hua-To et Bian-Que baissèrent les bras et Jisui, Rusui, Jivaka et Vimalakirti ne surent que dire. De telles maladies ne peuvent être guéries que par le bon remède, par le Sutra du Lotus du Bouddha Shakyamuni, comme il est dit dans ce Sutra lui-même.
La Guérison des Maladies Karmiques (
Minobu, 3 novembre 1275, à Ota Jomyo)

A ce moment-là, sous l'inspiration d'un rêve, Ajatashatru, suivant les conseils de son médecin et ministre Jivaka et, finalement, ses propres doutes intérieurs, quitta Devadatta pour rejoindre le Bouddha Shakyamuni et se repentit de ses mauvaises actions. C'est ainsi qu'il fut aussitôt guéri, que les invasions cessèrent et que le pays tout entier retrouva la paix. Non seulement Ajatashatru recouvra la santé, mais il put faire mentir la prophétie selon laquelle il devait mourir le septième jour du troisième mois, et prolongea, en fait, sa vie de quarante ans. Pour exprimer sa reconnaissance, il demanda à mille arhats de retranscrire tous les enseignements du Bouddha, et tout particulièrement le Sutra du Lotus, pour les générations futures.
La Propagation par le Sage (Minobu, septembre 1276, à Shijo Kingo)

Un nourrisson ne sait pas ce qui donne son goût au lait qu'il boit, mais, lorsqu'il tête, naturellement, son corps s'en nourrit. Quelqu'un a-t-il jamais cherché à connaître la composition des merveilleux remèdes de Jivaka avant de les prendre  ? L'eau n'a pas de conscience, elle n'en a pas moins le pouvoir d'éteindre le feu. Le feu consume ce qu'il rencontre mais pouvons-nous dire qu'il le fait intentionnellement  ? Je ne fais que répéter ici les explications que donnaient déjà Nagarjuna et Zhiyi*.
Les Quatre Etapes de la foi (Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Si l'on fonde sur le Sutra du Lotus les prières pour le bien du pays, on verra qu'il est le Grand Dharma pur assurant sécurité et protection, et tous, du souverain jusqu'aux personnes des plus basses conditions, connaîtront joie et prospérité. Le roi Ajatashatru et le roi Ashoka furent d'abord de mauvais souverains. Mais ils tinrent compte, le premier des conseils de son premier ministre Jivaka, le second, des suggestions du vénérable Yasha.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Parce que le roi Ajatashatru prit pour guides Devadatta et les six maîtres non bouddhistes, et parce qu'il s'opposa à Shakyamuni, Maître de la doctrine, tous les sujets du royaume de Magadha devinrent des ennemis du bouddhisme, et les 580 000 membres du clan royal furent hostiles aux disciples du Bouddha. Parmi eux, seul le ministre Jivaka était disciple du Bouddha. Le grand roi ne désapprouvait pas moins le respect que son ministre vouait au Bouddha que mon seigneur ne me désapprouve, moi, Yorimoto. Mais, pour finir, il rejeta les principes erronés des six autres ministres (note), et adhéra au véritable enseignement auquel croyait Jivaka. Peut-être, de la même manière, parviendrai-je en définitive à vous sauver.
Lettre de pétition de Yorimoto (Minobu, le 25 juin 1277, requête au seigneur Ema au nom de Shijo Kingo)

C'est comparable à la relation que vous avez avec votre seigneur. [Pour donner un autre exemple, ] le roi Ajatashatru était un ennemi du Bouddha. Mais parce que Jivaka, ministre de sa cour, croyait au Bouddha et lui faisait sans cesse des offrandes, l'accumulation des bienfaits qu'il obtint en agissant ainsi rejaillit, dit-on, sur Ajatashatru.
Les trois sortes de trésor (Minobu, le 11 septembre 1277, à Shijo Kingo)

Les maladies des êtres humains peuvent être divisées en deux grandes catégories. La première est celle des maladies du corps. Ces maladies physiques consistent en : cent une maladies causées par le déséquilibre de l'élément terre ; cent une, causées par le déséquilibre de l'élément eau ; cent une, dues au déséquilibre de l'élément feu, et cent une, dues au déséquilibre de l'élément vent. Au total, quatre cent quatre maladies (note) . Les maladies de ce type peuvent être guéries par les remèdes prescrits par d'excellents médecins tels que Jisui, Rusui, Jivaka, Bian Que et d'autres. La deuxième catégorie est celle des maladies de l'esprit. Elles sont dues aux trois poisons et sont de 84000. Seul le Bouddha a le pouvoir de les guérir ; les deux divinités brahmaniques [Shiva et Vishnu] ou les trois ascètes ne peuvent pas y parvenir, et moins encore la science de Shennong et Huangdi.
Les deux sortes de maladies (Minobu, le 26 juin 1278, à Shijo Kingo

Vous écrivez que l'épidémie exerce des ravages de plus en plus graves. Les maladies qui affectent les êtres humains sont de deux sortes. La première est constituée par les maladies du corps. Ces maladies physiques comprennent cent un (note) désordres de l'élément terre, cent un désordres de l'élément eau, cent-un désordres de l'élément feu, cent un désordres de l'élément vent. Au total, quatre cent quatre maladies. Elles peuvent être guéries sans l'intervention du Bouddha. Jisui, Rusui, Jivaka, et Bian Que, excellents médecins, savaient prescrire des médicaments guérissant parfaitement les maladies du corps.
Le traitement de la maladie (Minobu, 26 juin 1278 (ou 1282) à Toki Jonin)

Le roi Ajatashatru fut d'abord l'ennemi du Bouddha. Mais, grâce aux remontrances de son ministre Jivaka, il en vint à croire au Sutra du Lotus et put ainsi prolonger sa vie et poursuivre son règne. Le roi Myoshogon, grâce à ses deux fils, rejeta ses conceptions erronées. Il en va de même pour vous. [Probablement] grâce à vos conseils, le seigneur Ema a changé d'opinion. Cela est dû uniquement à la profondeur de votre foi dans le Sutra du Lotus.
[...] J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire mais je m'arrêterai ici. Vous devinerez le reste avec le coeur.
Le jeune acolyte qui était malade est guéri, et je m'en réjouis. Daishin Ajari (Daishin bo? ) est mort exactement comme vous l'aviez prévu. Tout le monde ici vous admire en disant que, même s'il y avait un nouveau Jivaka
à notre époque des Derniers jours du Dharma, il ne vous égalerait pas. Je suis du même avis. Nous avons tous constaté que vos pronostics à propos de Sammi-bo et de Soshiro se sont vérifiés aussi précisément que coïncident les deux parties d'un même sceau. Je vous confie ma vie et ne consulterai jamais aucun autre médecin.
Plus la source est lointaine, plus le courant est long (Minobu, le 15 septembre 1278, à Shijo Kingo)

J'ai bien reçu votre don de deux paniers de kakis adoucis (note) et d'un panier d'aubergines. A propos de la maladie du nyudo votre mari : en Chine, il y eut deux médecins, appelés Huang Di et Bian-Que, et, en Inde, les médecins Jisui et Jivaka. Chacun d'eux était le trésor de son temps et ils furent les maîtres des médecins des époques suivantes. Pourtant, ils n'étaient en rien comparables à ce médecin sans égal que l'on appelle le Bouddha. Le Bouddha révéla l'élixir d'immortalité  : les cinq caractères de Myoho Renge Kyo. De plus, il enseigna que ces cinq caractères sont "le remède capable de guérir les maladies de tous les êtres du Jambudvipa."(réf.)
Un remède bénéfique pour tous les maux (Minobu, 1278 à Myoshin-ama)

Le corps du roi Ajatashatru se couvrit d'énormes plaies lépreuses le quinzième jour du deuxième mois de sa cinquantième année. Et tout le savoir-faire de Jivaka, son médecin renommé, ne suffit pas à le guérir. son destin était de mourir le septième jour du troisième mois en tombant dans l'enfer avici. Tous les plaisirs qu'il avait connus pendant cinquante ans disparurent brusquement, et les souffrances de toute sa vie l'assaillirent en seulement trois semaines. Sa mort était prédéterminée par son karma immuable.
Sur la possibilité de prolonger sa vie (Minobu, 1279 à Myojo, femme de Toki Jonin)

 

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