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Extraits de gosho sur

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DICTIONNAIRE
 
Xuanzang
 

Un ouvrage d'un Maître du Tripitaka, Xuanzang, le Daito Saiiki Ki, décrit abondamment plusieurs royaumes d'Inde aux caractéristiques très différentes : dans certaines contrées, les habitants ne respectent pas les règles de la piété filiale, alors que dans d'autres ils les observent. Dans certains pays, l'état de colère domine, alors que dans d'autres, c'est l'ignorance qui prévaut. On trouve des pays où sont pratiqués uniquement les enseignements du Hinayana, d'autres, exclusivement ceux du Mahayana, d'autres encore où l'on passe indifféremment des pratiques du Mahayana à celles du Hinayana.
Encouragements à une personne malade (13e décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Par la suite, les écoles bouddhiques Hosso et Shingon sont venues d'Inde, et l'école Kegon fit aussi son apparition. Parmi ces écoles, l'école Hosso s'érigea en ennemie jurée de l'école de Zhiyi parce que leurs deux doctrines sont aussi incompatibles que le feu et l'eau. Lorsque plus tard Xuanzang et Ci-en, fondateurs de l'école Hosso en Chine, étudièrent en détail les oeuvres de Zhiyi, ils découvrirent que les conceptions de leur propre école étaient erronées. Sans la rejeter ouvertement, il semble bien qu'ils se soient convertis aux enseignements de Zhiyi.
[...] Le moine chinois Xuanzang voyagea jusqu'en Inde, passant dix-sept années à visiter au moins cent trente royaumes indiens. Il rejeta tous les autres enseignements du bouddhisme mais rapporta en Chine la doctrine de l'école Hosso qu'il exposa à un sage souverain, l'empereur Taizong, de la dynastie Tang. Xuanzang eut parmi ses disciples des hommes tels que Chenfang, Jiaxiang, Puguang, et Kui-ji. Il enseigna dans le grand temple de la capitale de Chang-an appelé Ci-en-si et répandit ses enseignements dans plus de trois cent soixante provinces de Chine.
[...] pourquoi les Grands Maîtres de la doctrine comme Asanga et Vasubandhu ou des moines éminents tels que Xuanzang et Ci-en n'auraient-ils pas pris ce fait en considération  ? Pourquoi ne l'ont-ils pas mentionné dans leurs propres écrits  ? Pourquoi n'ont-ils pas admis cette croyance pour la transmettre aux époques ultérieures  ? Pourquoi Asanga n'a-t-il pas interrogé le bodhisattva Maitreya à ce sujet  ?
[...] Xuanzang et Ci-en de l'école Hosso ont affirmé que le Sutra Jimmitsu* et le Sutra du Lotus exposent tous deux le principe du "Rien-que-conscience". Ils les ont rangés dans la troisième période des enseignements du Bouddha et dans la catégorie des Six actions difficiles.
Traité pour ouvrir les yeux (
Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Xuanzang voyagea à la recherche du Dharma, à travers toute l'Inde, pendant dix-sept ans et parcourut cent mille ri. Saicho séjourna pendant seulement deux ans en Chine et parcourut trois mille ri sur les mers agitées pour y parvenir. Tous deux étaient des hommes, sages et respectables de surcroît, qui vécurent dans une époque passée plus vertueuse.
Lettre à Nichimyo Shonin (
Ichinosawa, Sado, le 25 mai 1272 à Nichimyo, mère de Oto Gozen )

L'empereur Taizong fut un dirigeant de grande valeur. Prenant pour guide le Savant-maître Xuanzang, il adhéra aux enseignements de l'école Hosso, et aucun de ses sujets ne prit le risque de faire autrement. L'école Hosso est une branche du Mahayana, mais elle enseigne un principe, celui des Cinq natures distinctes, qui est un grand fléau du bouddhisme.
La voix pure et portant loin (
Sado, septembre 1272, à Shijo Kingo)

Après la venue de Zhiyi et de Saicho, de nombreux bouddhistes connurent le principe d'ichinen sanzen grâce à l'enseignement de ces deux sages. Parmi eux se trouvaient Jiaxiang de l'école Sanron ; plus de cent moines des trois écoles du Sud et les sept écoles du Nord, Fazang et Qingliang de l'école Kegon, Xuanzang et Ci-en de l'école Hosso  ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* de l'école Shingon ; et Dao-xuan de l'école Ritsu. D'abord, tous s'opposèrent à Zhiyi, mais plus tard, ils acceptèrent totalement ses enseignements.
Le véritable objet de vénération (
Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Notre pays, le Japon, est supérieur à 80 000 pays dans le monde, y compris l’Inde et la Chine. La raison de ce que j’avance est que le bouddhisme en Inde ne se répandit que dans 70 régions environ, conformément aux documents tels que le Daito Saiiki Ki de Xuanzang. Les autres parties de l’Inde sont non bouddhistes. Il y a 108.040 temples bouddhistes en Chine, alors qu’ils sont 171.037 au Japon.
Shinkoku-o (Minobu, février 1275)

Notre Terre est d'une épaisseur de 168.000 yojana. Cela lui permet de supporter l'eau des quatre grands océans, la terre et les rochers des neuf montagnes, une infinité de plantes et d'arbres, et toutes les créatures vivantes, sans jamais s'effondrer, basculer ou se briser. Et pourtant, il suffit que Devadatta, un être humain guère plus haut que cinq pieds, commette trois des cinq forfaits pour que la terre immense s'ouvre sous ses pieds et pour qu'il tombe en enfer. La crevasse dans laquelle il fut précipité est encore visible en Inde. Le Maître du Tripitaka Xuanzang affirme dans le Saiiki ki (Voyage dans les pays de l'ouest), que lorsqu'il se rendit de Chine en Inde pour approfondir sa connaissance du bouddhisme, il vit ce gouffre de ses propres yeux.
Lettre à Horen (
Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Dans la seconde période de cinq cents ans de l'époque du Dharma formel, sous le règne de l'empereur Taizong, au commencement de la dynastie Tang, le Savant-maître Xuanzang se rendit en Inde, et, pendant dix-neuf ans, visita les temples et alla voir les stupas de près de cent trente royaumes. Il rencontra de nombreux maîtres bouddhistes et étudia tous les profonds principes contenus dans les douze catégories de sutras et les 80000 enseignements sacrés. Il rencontra ainsi deux écoles, Hosso et Sanron. L'une d'elles, Hosso, disait que sa doctrine, du Mahayana, avait été enseignée, longtemps auparavant, par le bodhisattva Maitreya et par Asanga, et, à une époque plus récente, par le Maître de doctrine* Shilabhadra. Ce dernier l'avait transmise à Xuanzang, qui l'introduisit en Chine et la transmit ensuite à l'empereur Taizong.
[...] L'empereur Taizong fut un souverain d'une grande sagesse dont le nom était connu dans le monde entier et dont la vertu dépassait, disait-on, celle des Trois Augustes et des Cinq Empereurs de l'antiquité. Il régna non seulement sur toute la Chine, mais étendit son influence sur plus de mille huit cents royaumes étrangers depuis Gao-Chang
[à l'Ouest] jusqu'à Koguryo [à l'est]. Il avait la réputation d'avoir maîtrisé les enseignements bouddhiques comme non bouddhiques. Puisque ce moine, Xuanzang, était celui qui avait converti ce roi sage, et parce qu'il bénéficiait plus que quiconque de sa confiance et de ses faveurs, aucun des maîtres de l'Ecole Tian-tai n'aurait osé risquer sa tête en le contredisant. Si bien que les principes véridiques du Sutra du Lotus furent négligés et oubliés dans le pays entier.
[...] On dit que le Savant-maître Xuanzang mourut et renaquit six fois, avant de parvenir en Inde où il séjourna dix-neuf ans. Il affirma que le principe du Véhicule unique énoncé dans le Sutra du Lotus n'était qu'un enseignement provisoire et que les sutras Agama* du bouddhisme hinayana représentaient l'enseignement définitif (jikkyo).
[...] Le Grand-maître Saicho [à son tour] rétorqua à Tokuichi que le Sutra Jimmitsu* avait été introduit en Chine par Xuanzang dans les premières décennies de la dynastie Tang. Et que le Sutra Jimmitsu* était donc arrivé en Chine plusieurs années après la mort de Zhiyi qui vécut sous les dynasties Chen et Shui. Comment aurait-il pu réfuter un sutra qui ne fut introduit en Chine qu'après sa mort  ?
[...] Mais tout cela n'est rien comparé aux accusations malveillantes formulées par Kukai*. Il qualifie de voleurs Fa-zang de l'école Kegon, Jizang, de l'école Sanron, Xuanzang de l'école Hosso, Zhiyi, aussi bien que les maîtres des écoles du Nord et du Sud de la Chine, en fait, tous les lettrés et les maîtres qui vécurent depuis l'introduction du bouddhisme en Chine, sous la dynastie des Han postérieurs.
[...] Lorsque je ne faisais que débuter dans la voie bouddhique, je pensais que la phrase "sans ménager sa vie" signifiait voyager jusqu'en Chine sur l'ordre de l'empereur comme le firent Saicho, Kukai*, Ennin* et Enchin* (Chisho). Ou aller de Chine jusqu'en Inde, comme le fit Xuanzang en mourant six fois.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Ce que le sage craint, c'est l'opposition au Mahayana. Voilà pourquoi le bodhisattva Vasubandhu voulut se couper la langue (note), le bodhisattva Ashvaghosha supplia qu'on lui coupe la tête, et le Grand-maître* Jizang fit un pont de son propre corps. Le Savant-maître* Xuanzang se rendit en Inde, la terre sacrée, pour trouver la vérité, le Savant-maître* Amoghavajra* entreprit le même voyage pour dissiper ses doutes (note) et le Grand-maître* Saicho* alla chercher des confirmations en Chine. Tous ces hommes n'agirent-ils pas comme ils le firent pour protéger le véritable sens des sutras et des traités   ? La question à approfondir jour et nuit (Minobu, 28 août (1275  ? ) à Toki Jonin)

Il y a des hommes tels que Dushun, Zhiyan, Fa-zang et Cheng-guan de l'école Kegon  ; Xuanzang, Ci-en, Zhizhou et Enchin* de l'école Hosso  ; Xinghuang [Falang] et Jizang de l'école Sanron  ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi*, Amoghavajra*, Kukai*, Ennin* et Enchin* de l'école Shingon ; Bodhidharma, Huiko et Huineng de l'école Zen ; et Daochuo, Shandao, Huiguan et Genku [Honen] de l'école Jodo. En s'appuyant sur les sutras et les traités de son école respective, chacun de ces maîtres proclame : "Notre école a compris les multiples sutras, notre école a saisi le sens le plus profond des enseignements du Bouddha."
[...] Cet enseignement est aussi différent de celui de l'école de Zhiyi que le feu de l'eau. Xuanzang apporta avec lui des ouvrages tels que le Sutra Jimmitsu*, le Yuga Ron et le Yuishiki Ron que Zhiyi ne connaissait pas et proclama que, bien que le Sutra du Lotus soit supérieur aux autres sutras, il était inférieur au Sutra Jimmitsu*. Puisque c'était un texte que Zhiyi n'avait jamais vu, ses adeptes des époques ultérieures, qui manquaient de sagesse et de connaissances, eurent tendance à croire cette allégation.
[...] L'empereur Taizong
était un souverain d'une grande sagesse, mais il accordait la plus totale confiance aux enseignements de Xuanzang. Par conséquent, même si certains avaient eu envie de le contredire, comme trop souvent en pareil cas, intimidés par l'autorité impériale, ils n'osèrent pas le faire. Aussi regrettable que cela puisse être, c'est ainsi que le Sutra du Lotus fut écarté. Xuanzang enseignait que si les personnes ont la capacité de comprendre les trois véhicules, alors le Véhicule unique n'est rien de plus qu'un moyen destiné à les instruire, et les trois véhicules sont le véritable chemin vers l'Eveil ; il enseignait aussi la théorie des Cinq natures. Ces nouveaux enseignements venaient d'Inde mais on aurait pu croire que des enseignements non bouddhiques envahissaient la Chine. Le Sutra du Lotus fut considéré comme un simple moyen et le Sutra Jimmitsu* déclaré seul véritable. Le témoignage de Shakyamuni, Taho et des autres bouddhas des dix directions fut totalement ignoré et, au lieu de cela, Xuanzang et son disciple Ci-en furent considérés comme des bouddhas vivants.
[...] Le Savant-maître Xuanzang s'était rendu en Inde et y avait vu le Daibibasha Ron mais cela n'empêcha pas le Maître du Dharma Fa-Bao qui n'était, lui, jamais allé en Inde, de réfuter ses arguments. Le Savant Maître Dharmaraksha eut sous les yeux le Sutra du Lotus en Inde, mais cela n'empêcha pas un maître chinois qui n'en avait jamais vu le texte original de découvrir que, dans sa traduction, Dharmaraksha n'avait pas mis le chapitre Zokurui (
XXII) à la bonne place.
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

En 821, Ennin* voyagea en Chine et, pendant le règne de l’empereur Esho, de Chine ; il acquit la connaissance approfondie des enseignements ésotériques et exotériques sous la direction de plusieurs patriarches vertueux de l’école Tendai et de l’école Shingon, nommément Hozen, Xuanzang, Gishin*, Hogetsu, Shuei et Shion.
Honzonmondosho
 (Minobu,  septembre 1278 à Joken-bo)

Le Grand-maître Ci-en écrivit le Hokke genzan en dix volumes dans lesquels il faisait l'éloge du Sutra du Lotus, mais il tomba quand même en enfer. Il était l'un des principaux disciples du Maître du Tripitaka Xuanzang, respecté par l'empereur Taizong, et qui passait pour une réincarnation de Avalokitesvaraà onze visages. Ses écrits semblaient s'accorder avec le Sutra du Lotus mais, en esprit, ils étaient en accord avec les sutras antérieurs au Sutra du Lotus, et c'est la raison pour laquelle Ci-en tomba en enfer.
Lettre à Akimoto (
Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimoto)

Au cours des cinq cents dernières années de l'époque du Dharma formel les nouvelles traductions des sutras et des traités apparurent sucessivement. Dans la 3e année de l'ère Chenguan [629] sous le règne de l'empereur Taizong, un moine du nom de Xuanzang se rendit en Inde. Pendant dix-sept ans, il étudia en détail les divers enseignements bouddhiques des cinq régions et revint en Chine dans la 19e année de la même ère [645], introduisant le Sutra Jimmitsu*, le Yuga Ron, le Yuishiki Ron, et d'autres enseignements, tels que le principe du Rien-que-conscience de l'école Hosso. Xuanzang déclara : "Il existe de nombreuses écoles en Inde, mais celle-ci est la plus élevée." L'empereur Taizong, l'un des souverains les plus sages que la Chine ait jamais connus, prit alors Xuanzang pour maître.
[...] Bien qu'ils aient avancé quantité d'arguments habiles, Shubhakarasimha*, Xuanzang, Kukai*, Ennin*, Enchin* et les autres ne purent trouver le moindre passage prouvant la supériorité du Sutra Vairocana* sur le Sutra du Lotus. Toute leur argumentation repose seulement sur la présence ou non, dans un sutra, des mudra et des mantra dharani*. Plutôt que de développer leurs théories en cent volumes, de faire d'incessants aller et retours entre la Chine et le Japon, de fomenter d'innombrables intrigues et d'appuyer leur opinion sur l'autorité de décrets impériaux, ils auraient mieux fait de produire un passage clair, une preuve littérale irréfutable, tirée des sutras eux-mêmes. Qui aurait pu alors douter de leurs affirmations  ?
Le corps et l'esprit des simples mortels (
Minobu, à un disciple. Fraguement)

voir également : Daito Saiiki Ki

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