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Extraits de gosho sur

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dix mauvaises actions

Il pleuvra de la terre jusqu'à ce que tout soit plongé dans l'obscurité, le soleil et la lune ne produiront plus leur lumière. Les quatre directions seront affectées par la sécheresse et souvent, de sinistres présages se manifesteront. Les dix mauvaises actions, en particulier la cupidité, la colère et la sottise décupleront, les êtres cesseront de considérer leurs parents, à l'instar des cervidés. Le nombre des êtres, leur longévité, leur force physique, leur influence et leur joie diminueront. Les plaisirs humains et célestes s'éloigneront, tous tomberont dans les mauvaises voies. De tels mauvais roi et mauvais moines aux mauvaises actions, détruiront mon bon Dharma. Ils interdiront la voie des cieux et des hommes. Les divinités bienfaisantes des multiples cieux qui, normalement, prennent en pitié et commisération les êtres, abandonneront toutes le pays pour se diriger vers d'autre contrées.
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Au contraire, les gens qui habitent notre monde ont été rejetés des Terres pures des dix directions. Ils ont commis les dix mauvaises actions, ou les cinq forfaits, calomnié les personnes de mérite et les sages, manqué à leur devoir envers leur père et leur mère, et n'ont pas respecté les moines. Pour toutes ces offenses, après être tombés pour d'innombrables kalpas dans les trois voies mauvaises, ils renaissent en ce monde saha. Mais le reliquat du mauvais karma qui les poussait à commettre de mauvaises actions, dans leurs existences antérieures, n'a pas encore été effacé, et ils ont de nouveau tendance à commettre les dix mauvaises actions, à dénigrer les personnes méritantes et les sages, à faire preuve d'ingratitude envers leurs parents et à manquer de respect aux moines.
Les quatre sortes de reconnaissance (Izu, le 16 janvier 1262 à Kudo Yoshitaka)

Il n'est pas concevable qu'un homme ou une femme ayant récité ne serait-ce qu'un seul mot du Sutra du Lotus puissent tomber dans les voies mauvaises pour avoir commis les dix mauvaises actions, les cinq forfaits, les quatre transgressions majeures ou d'innombrables autres graves méfaits. Même si le soleil et la lune cessaient de se lever à l'Est, même si la terre entière chavirait, même s'il n'y avait plus ni flux ni reflux dans les marées de l'immense océan, même si une pierre brisée en morceaux parvenait à se reconstituer, ou même si les cours d'eau et les rivières cessaient de se jeter dans la mer, quelles que soient les fautes qu'elle ait pu commettre en ce monde, il serait impossible qu'une femme qui a foi dans le Sutra du Lotus sombre dans les voies mauvaises.
Sur la récitation des chapitres Hoben et Juryo (Kamakura - 1264, à la femme de Hiki Daigaku Saburo Yoshimoto)

Même en ayant commis les cinq forfaits, les dix mauvaises actions, ou d'innombrables autres méfaits, certaines personnes peuvent atteindre la bodhéité si elles ont des capacités supérieures. Devadatta et Angulimala en sont l'exemple. Et même des personnes de capacités médiocres peuvent parvenir à l'Eveil si elles s'abstiennent de commettre toute faute. Shuddhipanthaka en est l'exemple. Nos capacités sont encore plus médiocres que celles de Shuddhipanthaka. Nous ne distinguons pas mieux les couleurs et les formes que l'oeil d'un mouton. Nos états d'avidité, d'asura, d'ignorance sont si profonds que nous commettons chaque jour les dix mauvaises actions et, même sans commettre les cinq forfaits, nous nous rendons quotidiennement coupables de fautes similaires.
De plus, chacun s'oppose au Dharma faute plus grave encore que les dix mauvaises actions ou les cinq forfaits. Rares sont ceux qui, en s'opposant au Sutra du Lotus, le dénigrent ouvertement, mais très peu ont véritablement foi en lui. Certains donnent l'apparence de croire, mais, en réalité, leur foi en ce Sutra est bien inférieure à celle qu'ils accordent au Nembutsuou à d'autres enseignements. Et même ceux dont la foi est profonde ne réfutent pas les ennemis du Sutra du Lotus. Quelle que soit l'importance de nos bonnes actions, même si nous lisons et copions mille ou dix mille fois l'intégralité du Sutra du Lotus, ou même si nous maîtrisons la méditation sur le principe d' ichinen sanzen, si nous nous abstenons de réfuter les ennemis du Sutra du Lotus, cela suffit pour nous rendre impossible l'atteinte de l'Eveil.
Encouragements à une personne malade (décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Les rivières peuvent être profondes, mais aucune n'égale en profondeur les parties les moins profondes de l'océan. Les divers autres sutras peuvent bien proclamer qu'un seul caractère ou une seule strophe des textes qui les composent ou que les Dix méditations ont le pouvoir de sauver ceux qui subissent les rétributions négatives dues aux dix mauvaises actions ou aux cinq forfaits - ces bienfaits sont encore inférieurs à ceux qu'obtient même la cinquantième personne à se réjouir d'entendre ne serait-ce qu'un seul caractère ou une seule strophe du Sutra du Lotus.
[...] Il existe trois catégories d'illusions inhérentes à l'esprit de tous les êtres humains : celles de la pensée, du désir et les illusions aussi nombreuses que les grains de poussière et de sable, illusions sur la véritable nature de l'existence. Le karma créé par les dix mauvaises actions et les cinq forfaits - tout cela peut aussi se comparer à une nuit obscure. Le Sutra Kegon* et les divers autres sutras sont semblables à des étoiles dans cette nuit profonde, mais le Sutra du Lotus y figure la lune. Ceux dont la foi dans le Sutra du Lotus est peu profonde sont éclairés dans cette nuit sombre par une demi-lune. Mais pour ceux dont la foi est profonde, c'est comme si la pleine lune dissipait les ténèbres.
L'essentiel du chapitre Yakuo (
1265-  ? peut-être à la mère de Nanjo Tokimitsu)

L'ignorant répondit : "En vérité, il faudrait avoir honte de ce qui est mesquin, et aspirer à ce qui est grand, abandonner le superficiel pour adhérer à ce qui est profond. Cela n'est pas seulement un principe bouddhique, mais également une règle valable dans le monde profane. Par conséquent, je voudrais sans délai me convertir à cette école dont vous venez de parler. S'il vous plaît, instruisez-moi de ses principes plus en détail. Vous dites que même ceux qui ont commis les cinq forfaits et les dix actions mauvaises ne sont pas exclus du voeu bienveillant du Bouddha. Puis-je vous demander en quoi consistent les cinq forfaits et les dix actions mauvaises ?
Le croyant laïque avisé répondit : "Les cinq forfaits sont : tuer son père, tuer sa mère, tuer un arhat, verser le sang d'un bouddha, et rompre l'unité de la communauté bouddhique. Quant aux dix actions mauvaises, elles consistent en trois actions corporelles, quatre actions verbales et trois actions mentales. Les trois actions corporelles sont tuer, voler et avoir des relations sexuelles illégitimes. Les quatre mauvaises actions verbales sont mentir, flatter, diffamer, et tromper. Les trois mauvaises actions mentales sont l'avidité, l'orgueil et l'ignorance.
[...] Le croyant laïque avisé répondit : "Les cinq forfaits sont : tuer son père, tuer sa mère, tuer un arhat, verser le sang d'un bouddha, et rompre l'unité de la communauté bouddhique. Quant aux dix actions mauvaises, elles consistent en trois actions corporelles, quatre actions verbales et trois actions mentales. Les trois actions corporelles sont tuer, voler et avoir des relations sexuelles illégitimes. Les quatre mauvaises actions verbales sont mentir, flatter, diffamer, et tromper. Les trois mauvaises actions mentales sont l'avidité, l'orgueil et l'ignorance.

L'éminent moine Honen rassembla les passages les plus importants des divers sutras et propagea la doctrine de la dévotion exclusive à la pratique du Nembutsu. En particulier, les voeux originels du bouddha Amida surpassent, en valeur et en importance, ceux de tous les autres bouddhas. Du premier voeu - que les trois mauvaises voies n'existent plus sur sa Terre (note) - jusqu'au dernier - que les bodhisattvas puissent parvenir aux trois sortes de perception (note) - tous les voeux compatissants du bouddha Amida méritent une grande reconnaissance. Mais son dix-huitième voeu (note) nous concerne tout particulièrement. De plus, même ceux qui ont commis les dix mauvaises actions ou les cinq forfaits ne sont pas exclus ; et aucune discrimination ne doit être faite entre ceux qui n'ont récité le Nembutsu qu'une fois et ceux qui l'ont beaucoup récité. Pour cette raison, le pays entier, du souverain au petit peuple, place cette école au-dessus de toutes les autres. Et l'on ne compte plus le nombre de personnes qui ont obtenu de renaître dans la Terre pure grâce à lui  ! "
L'ignorant répondit : "En vérité, il faudrait avoir honte de ce qui est mesquin, et aspirer à ce qui est grand, abandonner le superficiel pour adhérer à ce qui est profond. Cela n'est pas seulement un principe bouddhique, mais également une règle valable dans le monde profane. Par conséquent, je voudrais sans délai me convertir à cette école dont vous venez de parler. S'il vous plaît, instruisez-moi de ses principes plus en détail. Vous dites que même ceux qui ont commis les cinq forfaits et les dix actions mauvaises ne sont pas exclus du voeu bienveillant du Bouddha. Puis-je vous demander en quoi consistent les cinq forfaits et les dix actions mauvaises ?

L'ignorant inclina la tête, joignit les mains et dit : - Désormais, je recevrai et garderai ce roi des sutras de la Vérité unique, et révérerai le Bouddha qui, dans le monde des trois plans, est seul digne d'être honoré, comme mon véritable maître. A partir de ce corps de simple mortel, qui est présentement le mien, jusqu'au moment où j'obtiendrai le corps d'un bouddha, je ne m'écarterai jamais de cette foi. Même si les nuages des cinq forfaits planent lourdement au-dessus de ma tête, j'essaierai de suivre l'exemple de Devadatta qui atteignit quand même la bodhéité. Même si je suis ballotté par les vagues des dix mauvaises actions, je conserverai le désir d'être semblable à ceux qui formèrent un lien avec le Sutra du Lotus en écoutant l'enseignement des princes (note).
Conversation entre un sage et un ignorant (1265  ? à un samouraï  ? )

Toutefois, si nous étudions de plus près le bouddhisme, nous voyons qu'il y a des distinctions à établir entre Mahayana et Hinayana, enseignements provisoires et définitifs, ou entre divers enseignements en fonction de l'ordre dans lequel ils ont été exposés. Ceux qui se trompent sur ces points tomberont dans des conceptions erronées et même s'ils pratiquent le bouddhisme, leur offense est plus grave que les dix mauvaises actions ou les cinq forfaits. C'est pourquoi ceux qui préfèrent au monde profane la recherche de la Voie bouddhique devraient avant tout bien comprendre [ces critères d'évaluation]. Sinon, ils connaîtront le même sort que le moine Kugan et d'autres personnes ayant offensé le Dharma. Comme il est dit dans le Sutra du Nirvana : "Si l'on reste attaché à des conceptions erronées, après la mort, on tombe immanquablement dans l'enfer avici."
Réponse à Hoshina Goro Taro (5 décembre 1267 à Hoshina)

Ce monde saha est le plus bas de tous les mondes des dix directions. Par rapport à tous ces mondes sa position est comparable à celle d'une prison dans un pays. Tous ceux qui, dans tous les mondes des dix directions, ont commis l'une ou l'autre des dix mauvaises actions, des cinq forfaits, qui ont commis la lourde offense de s'opposer au Dharma correct ou d'autres crimes graves et qui ont été chassés de ces mondes par les divers bouddhas, ont été rassemblés ici, sur cette terre saha, par le Bouddha Shakyamuni. Ces gens, ayant expié leurs crimes après être tombés dans les trois mauvaises voies et dans l'enfer avici, ont pu renaître dans les mondes des Hommes et le monde du Ciel. Mais, parce que certains vestiges de leurs crimes demeurent, ils sont facilement enclins à dénigrer le Dharma correct et à parler avec mépris de personnes de sagesse, commettant ainsi de nouvelles offenses au Dharma.
[...] Mais un jour, subitement, le Savant-maître* mourut. Et de nombreux gardiens de l'enfer apparurent, le ligotèrent avec sept chaînes de fer et le conduisirent au palais du roi. N'est-ce pas là une grande source d'étonnement  ? Quel crime avait-il bien pu commettre pour recevoir une telle punition  ? Peut-être dans la vie qu'il venait de vivre avait-il commis certaines des dix mauvaises actions, mais il ne s'était certainement rendu coupable d'aucune des cinq forfaits. Et en réfléchissant à ses existences passées, pour être né fils de roi, prince héritier d'un grand royaume, il devait avoir strictement observé les dix préceptes de bien et loyalement servi cinq cents bouddhas. Quelle faute, alors, pouvait-il avoir commise ?
[...] Quant à ceux qui ont foi dans l'enseignement erroné de Shandao, de Honen et des lettrés bouddhistes de notre époque, considérant le bouddha Amida comme leur objet de culte et se consacrant exclusivement à l'invocation de son nom, il ne me semble pas que, même au terme de nombreuses vies, au cours d'innombrables kalpas, ils puissent corriger leurs conceptions erronées et se convertir à l'enseignement du Bouddha Shakyamuni et du Sutra du Lotus. Ainsi, le Sutra du Nirvana, enseigné par Shakyamuni aux derniers instants de sa vie dans le bosquet de shala, prédit l'apparition de personnes effrayantes qui commettront des fautes plus graves que les dix mauvaises actions ou les cinq forfaits, ceux que l'on appelle des icchantika qui s'opposent au Dharma. Nous y lisons aussi que ces personnes ne se trouveront nulle part ailleurs que parmi les sages qui observent les deux cent cinquante préceptes, ceux qui revêtent la triple robe du moine bouddhiste et portent le bol à aumônes.
Le savant maître Chan-wou-wei (Kamakura, 1270 à Joken-bo et Gijo-bo)

Si, depuis le passé illimité, ma foi dans le Sutra du Lotus, à tort ou à raison, m'avait valu des punitions, comment aurais-je pu renaître en cette vie sous la forme d'un simple mortel  ? [C'est pourquoi, quand j'ai été condamné au bannissement], bien que j'aie ressenti un moment d'abattement, j'ai compris que c'était pour avoir défendu le Sutra du Lotus. Et je me suis alors réjoui à l'idée de pouvoir effacer ainsi, si peu que ce soit, les fautes que j'avais commises dans des vies antérieures. Il y a de graves fautes de toutes sortes : les dix mauvaises actions, les quatre transgressions majeures, les six fautes principales, les huit fautes majeures, les dix fautes majeures, les cinq forfaits condamnant à l'enfer avici, ainsi que l'opposition à le Dharma correct et l'incroyance incorrigible. Il se pourrait que l'accumulation de toutes ces fautes, depuis le passé illimité, dépasse encore le plus haut sommet de montagne, et creuse un abîme encore plus profond que le grand océan. Un seul des cinq forfaits condamne déjà ceux qui le commettent à demeurer dans l'enfer avici pendant toute la durée d'un kalpa.
Réfuter l'opposition au Dharma bouddhique pour se libérer de ses fautes passées (Sado, 1273 à Shijo Kingo)

Le troisième chapitre du Sutra du Lotus dit : "Ils résident en enfer si longtemps qu'ils en viennent à trouver aussi naturel d'y vivre que de jouer dans un jardin, et ils se sentent à l'aise dans les autres mauvaises voies." Ceux qui commettent les dix mauvaises actions tombent dans l'enfer de tokatsu ou kojujo, et ils doivent y passer cinq cents vies ou mille "années-enfer". Ceux qui commettent les cinq forfaits tombent dans l'enfer avici et, après y être restés pendant un kalpa moyen, renaissent en ce monde.
[...] Nichiren considère que cela se produisit parce que Shubhakarasimha* était à l'origine un pratiquant du Sutra du Lotus ; mais quand il lut le Sutra Vairocana* il déclara que ce dernier lui était supérieur. De même, ce n'est pas pour avoir commis les cinq forfaits ou les dix mauvaises actions que Shariputra, Maudgalyayana et d'autres furent condamnés à errer dans les mauvaises voies pendant la durée de sanzen-jintengo ou de gohyaku-jintengo. Pas davantage pour avoir commis l'une de huit actions rebelles. Ce fut parce qu'ils rencontrèrent une personne à l'influence néfaste, et rejetèrent le Sutra du Lotus pour croire aux enseignements provisoires.
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

Le roi Ajatashatru était depuis sa naissance dominé par les trois poisons et commettait sans cesse l'une ou l'autre des dix mauvaises actions. De plus, il tua son père, tenta d'ôter aussi la vie à sa mère, et, prenant Devadatta pour maître, tua de nombreux disciples du Bouddha. Parce qu'il avait accumulé de nombreuses mauvaises actions, le quinzième jour du deuxième mois, le même jour que celui de la disparition du Bouddha, des boutons purulents apparurent sur sept parties de son auguste personne, présageant qu'il tomberait dans l'enfer avici. Le roi connut des souffrances épouvantables. Il éprouvait la même douleur que s'il avait été précipité dans un grand feu ou plongé dans de l'eau bouillante. Ses six ministres proposèrent de faire appel aux six maîtres non bouddhistes pour le guérir de ses pustules. C'est tout à fait comparable aux habitants du Japon, de nos jours, qui considèrent les maîtres Zen et Ritsu, les moines du Nembutsu et du Shingon comme de bons amis bouddhiques et leur demandent de prier pour vaincre l'empire mongol et pour leur bonheur dans la vie prochaine.
Lettre à Konichi-bo
(Minobu, mars 1276 à la veuve Konichi, mère de Yashiro)

Actuellement, à l'époque mauvaise des Derniers jours du Dharma, ce ne sont pas les crimes commis dans le monde profane qui constituent le plus grand mal, ce sont les croyances erronées du monde religieux. Parce que les gens d'aujourd'hui ne le comprennent pas, plus ils s'efforcent de créer des causes méritoires, plus ils provoquent les phénomènes du déclin. Apporter son soutien aux moines du Tendai, du Shingon et d'autres écoles d'aujourd'hui peut sembler une action méritoire, mais c'est en réalité un acte extrêmement mauvais, pire encore que les cinq forfaits et les dix mauvaises actions.
Le kalpa de déclin (Minobu, peu après 1276, à un membre du clan du défunt nyudo Takahashi Rokuro Hyoe)

De plus, que disait le Bouddha des personnes des deux véhicules qui, n'ayant plus à renaître dans le monde des trois plans, ne pouvaient pas tomber dans les mauvaises voies  ? Qu'il valait mieux avoir l'esprit d'un chien ou d'un renard yakkan que d'avoir celui d'une personne des deux véhicules. Il avertissait aussi qu'il était préférable de commettre les cinq forfaits ou les dix mauvaises actions et de tomber en enfer plutôt que d'avoir l'esprit des deux véhicules. Ne pas tomber dans les mauvaises voies est peut-être présenté ailleurs comme un bienfait considérable mais ce n'était pas là la véritable intention du Bouddha. Il enseigna que même s'ils devaient tomber en enfer [pour s'être opposés au Sutra du Lotus], ceux dont les oreilles ont entendu le Sutra du Lotus ont reçu la graine de la bodhéité qui leur permettra immanquablement de devenir bouddha.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (
Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

Mais dans tout le pays, dans chaque district, chaque village et chaque foyer, ils érigent plus de statues qu'il n'y a d'habitants, à l'image du bouddha Amida qui ne possède pourtant aucune de ces trois vertus ; et tous psalmodient le nom du bouddha Amida, à l'exclusion de tout autre, soixante mille ou quatre-vingt mille fois par jour. Cela peut paraître admirable, mais, quand on y réfléchit à la lumière du Sutra du Lotus, on réalise que ces personnes en apparence pieuses se rendent coupables de fautes plus graves que celles de malfaiteurs commettant chaque jour les dix mauvaises actions. Les personnes mauvaises ne croient en aucun bouddha, elle n'en trahissent donc aucun. Et, si elles devenaient vertueuses, peut-être se consacreraient-elles au Sutra du Lotus. Or, les habitants du Japon, de nos jours, semblent incapables d'accorder plus de respect au Bouddha Shakyamuni qu'au bouddha Amida, d'avoir plus de croyance dans le Sutra du Lotus que dans le Nembutsu. Ce sont donc des personnes mauvaises qui n'ont de la vertu que l'apparence. Et parmi les personnes mauvaises, ce sont les pires opposants au Dharma, les icchantika les plus effroyables de tout le Jambudvipa.
Réponse à Yasaburo (Minobu, le 4 août 1277 à Saito Yasaburo )


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