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Extraits de gosho sur

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DICTIONNAIRE
 
affliction - affliger - peine


Il y aura hors saison des pluies torrentielles et des ouragans, la famine sera constante, et graines et fruits ne mûriront pas. Des maraudeurs venus de nombreuses autres régions envahiront et pilleront le pays ; le peuple subira toutes les peines et les misères possibles, et l'on ne trouvera plus un seul endroit où vivre en sécurité.
[...] Le visiteur dit : "Ces désastres s'abattant sur le monde, ces fléaux dont est victime le pays, je ne suis pas le seul à m'en affliger, C'est le peuple entier qui est plongé dans l'affliction. Mais j'ai eu le privilège d'entrer dans votre demeure et d'entendre vos propos éclairés. Vous avez évoqué le départ des divinités et des sages et l'enchaînement incessant des désastres et des calamités. Sur quel sutra vous appuyez-vous  ? J'aimerais savoir quels passages vous servent de preuves."
Rissho Ankoku Ron
(Kamakura -Matsubagayatsu, juillet 1260)

Pourtant, parce que je suis resté fidèle au Sutra du Lotus, j'ai été insulté, calomnié, battu et banni. En pensant à ces persécutions, je crois pouvoir être comparé aux grands sages qui se sont brûlé le bras, écrasé la moelle ou qui ont risqué sans hésiter la décapitation. C'est pourquoi j'éprouve une joie immense. Le second point important est que je ressens une peine profonde. Il est dit, dans le quatrième volume du Sutra du Lotus  : "Si une personne mauvaise, à l'esprit égaré, apparaissait devant le Bouddha et le calomniait sans cesse pendant tout un kalpa, son crime serait relativement faible. Mais ceux qui prononceraient, ne serait-ce qu'un seul mot malveillant à l'encontre d'un moine ou d'un laïc qui lit et récite le Sutra du Lotus, commettraient un crime très grave."(réf.) Quand je lis ce passage et d'autres semblables, mon corps se couvre de sueur et mes larmes coulent comme pluie. Je me désole en pensant que, en étant né dans ce pays, je suis responsable du mauvais karma de tant de Japonais, le pire karma qu'ils puissent créer en une vie.
Les quatre sortes de reconnaissance (Izu, le 16 janvier 1262 à
Kudo Yoshitaka)

Il suffit de comprendre, une fois pour toutes, que même le remède du Dharma offert par les sutras Kegon*, Hodo* et Daibon ne peut pas guérir la maladie grave affligeant les personnes dans ces deux états d'auditeurs-shravakas et pratyekabuddhas.
[...] Concevrait-on qu'un asura ait du mal à traverser l'océan  ? Pourrait-on croire qu'il est facile à un enfant de renverser un lutteur de sumo  ? De même, dans les sutras enseignés avant le Sutra du Lotus, il est dit que les personnes possédant la graine de la bodhéité peuvent atteindre l'Eveil, mais nulle part il n'est dit que ceux chez qui ces graines ont été irrémédiablement brûlées pourront jamais y parvenir. Seul le bon remède du Sutra du Lotus peut facilement guérir cette grave affliction.
Questions et réponses sur la pratique du Sutra du Lotus (
Kamakura  ? mars 1263   ? à Nichiji  ? )

De la passion du roi de Chu pour la déesse, il resta au matin une traînée nuageuse, et la douleur de Liu, au souvenir de sa rencontre avec une visiteuse immortelle, s'apaisa à la vue de ses descendants à la septième génération. Mais où une personne telle que moi pourrait-elle trouver soulagement à sa peine  ? Je me souviens du poète des temps anciens qui, parce qu'il n'était qu'un humble montagnard, espérait échapper peut-être à une telle tristesse. Maintenant, récoltant mes pensées comme les gens de Naniwa ramassent les algues pour en extraire du sel, je leur donne forme avec un pinceau pour que les gens des époques à venir les gardent en mémoire.
[...] Tantôt nous suffoquons au coeur des flammes de l'enfer de la brûlure ardente ou de la grande chaleur dévorante (note)   ; tantôt nous gelons dans la glace de l'enfer du lotus rouge sang ou du grand lotus rouge sang. Tantôt nous devons endurer la torture de la faim et de la soif dans le monde-état de l'avidité, passant cinq cents vies sans même pouvoir entendre prononcer le nom d'un aliment ou d'une boisson. Tantôt nous éprouvons la souffrance d'être blessés et tués dans le monde-état de l'animalité, nous subissons les blessures et les meurtres qui sont le lot d'un monde où les petits sont avalés par les grands, où les courts sont engloutis par les longs. Tantôt nous sommes confrontés aux querelles et aux conflits du monde-état des asuras  ; tantôt nous naissons en tant qu'êtres humains et sommes en proie aux huit souffrances que sont naître et vieillir, tomber malade et mourir, souffrir de devoir quitter ceux que nous aimons et rencontrer ceux que nous haïssons, éprouver la douleur de ne pas obtenir ce que nous désirons, et endurer les peines engendrées par les cinq agrégats du corps et de l'esprit. Tantôt encore nous naissons dans le monde-état céleste et faisons l'expérience des cinq signes de dégradation. Ainsi tournons-nous sans cesse en rond comme la roue d'un chariot dans ce monde des trois plans.

[...]
Comment ne pas se désoler de voir une personne envers qui nous avons une dette de reconnaissance, sur le point de tomber dans les mauvaises voies  ? On devrait plutôt oublier son propre corps, et être prêt à risquer sa vie pour tenter de sauver cette personne. Il faudrait ne jamais se fatiguer d'essayer de lui montrer son erreur, et éprouver une peine infinie.
Conversation entre un sage et un ignorant (1265 (  ? ) à un samouraï (  ? )

Plus tard encore, dans la première année de l'ère Bun'ei [1264], signe cyclique kinoe-ne, le cinquième jour du septième mois, une comète apparut à l'est, et son éclat fut perçu dans tout le Japon. Il s'agissait d'un mauvais présage tel qu'on n'en avait jamais vu dans l'histoire. Aucun savant, spécialiste des écrits bouddhiques comme non bouddhiques, ne pouvait comprendre ce qui avait provoqué un présage aussi effrayant. J'en devins encore plus affligé et peiné.
Genèse du Rissho Ankoku Ron (
Kamakura, le 5 avril 1268, à Hokan-bo)

Dites aux jeunes moines de ne pas négliger l'étude. Ne vous affligez pas trop de mon exil. Les chapitres Kanji* (XIII) et Fukyo (XX) établissent clairement [que le pratiquant du Sutra du Lotus rencontrera des persécutions]. Notre vie est limitée, et nous ne devons pas la ménager. Le but auquel nous aspirons, en définitive, est la Terre de Bouddha.
L'aspiration à la Terre de Bouddha (
Sado, le 23 novembre 1271 à Toki Jonin)

On lit dans le Sutra Hatsunaion  : "Hommes de foi sincère, parce que vous avez commis d'innombrables offenses et accumulé un lourd mauvais karma par le passé, attendez-vous à subir la rétribution de tout ce que vous avez fait. Vous serez peut-être méprisé, affligé d'une laide apparence, pauvrement vêtu, vous pourrez manquer de nourriture, rechercher la richesse en vain, naître dans une famille pauvre ou pratiquant une religion erronée, ou être persécuté par votre souverain. C'est grâce aux bienfaits obtenus en protégeant le Dharmaque l'on peut alléger ses souffrances et ses rétributions en cette vie."
[...] On peut en déduire que Shakyamuni, Taho et tous les autres bouddhas ont voulu s'assurer de la propagation du Sutra du Lotus à l'avenir, de façon à le rendre accessible à tous les êtres humains des générations futures sans exception. Leur grande compassion dépasse même celle d'un père ou d'une mère qui voient leur unique enfant affligé d'une grande souffrance.
[...] Certains affirment que, si l'on s'interroge sur ce qui existait avant l'apparition de nos ancêtres, on découvre que la vie est née d'une force primordiale, tandis que d'autres déclarent que la gloire et l'obscurité, la joie et la peine, le vrai et le faux, le gain et la perte, font seulement partie de l'ordre naturel. Il s'agit là de théories habilement articulées, mais qui ne permettent pas d'accéder à la connaissance du passé ou de l'avenir.
Traité pour ouvrir les yeux (
Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Parce que je suis convaincu de cela, je ressens une joie sans limite, malgré mon exil présent. On verse des larmes dans la joie comme dans la peine. Les larmes expriment notre émotion devant les bienfaits comme devant l'infortune.
La véritable réalité de la vie (Sado - Ichinosawa, mai 1273 à Sairen-bo)

On lit dans le Sutra Daiengaku shutara ryogi  : "Les illusions et l'obscurité fondamentale affligeant tous les êtres vivants depuis le temps sans commencement se produisent toutes dans le coeur des bouddhas parfaitement éveillés au Dharma."
L'ainsité du Dharma merveilleux (Sado, 1273   ? à Sairen-bo)

Le peuple tout entier en vint à s'opposer au Dharma bouddhique, et les royaumes voisins entreprirent d'envahir le pays. Et tout cela, uniquement parce que le roi Ajatashatru avait choisi pour maître un homme mauvais du nom de Devadatta. Finalement, le quinzième jour du deuxième mois, tout son corps se couvrit d'horribles pustules et il fut prédit qu'il mourrait et tomberait dans l'enfer avici, le septième jour du troisième mois. Fort affligé de cela, le Bouddha hésita à entrer dans le nirvana. "Si je parviens seulement à sauver le roi Ajatashatru, tous les autres hommes mauvais pourront également être sauvés", pensa-t-il avec regret.
[...] Votre défunt mari a dû laisser derrière lui un fils malade et une fille. Il a dû profondément souffrir du fait que, après sa mort, sa femme âgée, aussi chétive qu'un arbre desséché, allait se retrouver seule, avec la charge de ses enfants. Les persécutions accablant Nichiren ont dû également le peiner profondément. Puisque les paroles du Bouddha ne peuvent en rien être mensongères, il est certain que le Sutra du Lotus se propagera.
A l'Hiver Succède Toujours le Printemps (Minobu, mai 1275, à Myoichi-Ama)

Voir mes prophéties se réaliser me remplit de joie. Mais, d'un autre côté, cela me peine profondément. Dans cette vie-ci, je n'ai commis aucun crime. Je n'ai fait qu'exprimer ma gratitude à l'égard du pays de ma naissance en m'efforçant de le sauver du désastre. Mais on n'a pas tenu compte de mes conseils. Comme je le regrette !
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Toutefois, je n'oublie pas que le nyudo m'a plusieurs fois sauvé la vie en me cachant dans le corridor de sa maison, et j'aimerais trouver un moyen de lui exprimer ma reconnaissance. Pourriez-vous demander à Gakujo-bo de lire le Sutra du Lotus régulièrement sur sa tombe  ? Je ne pense pourtant pas que cela suffise pour lui faire atteindre la bodhéité. Dites bien à son épouse, la nonne, quelle grande peine j'éprouve en pensant à sa solitude et à sa tristesse.
Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28e j. du 7e m. de 1278 à Sennichi-ama)

Parmi toutes les maladies, les cinq forfaits, l'incroyance incorrigible des icchantika et l'opposition au Dharma sont des maladies graves qui désolent particulièrement le Bouddha. De nos jours, tous les Japonais, sans exception, sont affligés du plus sérieux de ces maux, la grave maladie d'une grande opposition au Dharma. Je pense aux adeptes des écoles Zen, Nembutsu et Ritsu, et aux maîtres du Shingon. Précisément parce qu'elle est d'une telle gravité, eux-mêmes n'ont pas conscience de leur maladie, et les autres ne les savent pas malades. Parce que cette maladie empire, d'un moment à l'autre, des guerriers venus des quatre mers vont attaquer, et le dirigeant, ses ministres et les gens du peuple seront tous détruits. Assister à cela sous ses propres yeux est véritablement une chose douloureuse.
Un remède bénéfique pour tous les maux (
Minobu, 1278 à Myoshin-ama)

Lorsque votre époux, le seigneur d'Ueno, vous a précédé dans la mort, encore dans la force de l'âge, votre peine n'a pas été légère. Si vous n'aviez pas été enceinte de cet enfant, vous auriez peut-être décidé de le suivre à travers feu et eau. Mais lorsque cet enfant naquit, en bonne santé, vous avez senti qu'il était impossible de mettre fin à vos jours et de confier à quelqu'un d'autre la tâche de l'élever. Ainsi, vous avez repris courage et vous avez passé les quatorze ou quinze années suivantes à élever vos enfants.
Réponse à la mère du seigneur d'Ueno (Minobu, le 10e mois 1280 à la mère de Nanjo Tokimitsu)

 

Voir également : adversité - difficulté - entraves - épreuves
 

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