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Extraits de gosho sur

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Hinayana
 

Honen dit aussi  : "Le moine chinois Shandao établit la distinction entre les pratiques correctes et incorrectes, exhortant les hommes à suivre les premières et à abandonner les secondes. Au sujet de la première des pratiques incorrectes, celles de lire et réciter les sutras, il affirme qu'il ne faut réciter que le Sutra Kammuryoju et les sutras de la Terre pure, et que réciter n'importe quel autre sutra, mahayana ou hinayana, exotérique ou ésotérique, doit être considéré comme une pratique incorrecte. A propos de la troisième des pratiques incorrectes, celle de la vénération, il affirme que, en dehors de la vénération du bouddha Amida, le fait d'honorer ou de vénérer tout autre bouddha, bodhisattva ou divinité bouddhique, doit être considéré comme une pratique incorrecte. A la lumière de ce passage, il apparaît clairement que l'on devrait abandonner des pratiques aussi incorrectes pour se concentrer sur la pratique de l'enseignement de la Terre pure.
Rissho Ankoku ron (Kamakura-Matsubagayatsu, juillet 1260)

Le contenu de l'ensemble de ces sutras, préceptes et traités, se divise en différentes catégories qu'il faut soigneusement distinguer les unes des autres  : hinayana et mahayana, sutras provisoires* et définitifs*, enseignements exotérique et ésotérique. Ces appellations n'ont pas leur origine chez des maîtres ou lettrés bouddhistes [d'une époque ultérieure] mais dans l'enseignement du Bouddha lui-même. Par conséquent, tous les simples mortels du monde entier sans exception devraient les connaître et ceux qui n'en tiennent pas compte ne peuvent pas être considérés comme des bouddhistes. La classification des sutras Agama* parmi les enseignements du Hinayana provient de divers sutras du Mahayana tels que les sutras Hodo*, Hannya*, le Sutra du Lotus et le Sutra du Nirvana. Dans le Sutra du Lotus, le Bouddha déclare que, s'il avait seulement exposé l'enseignement du Hinayana sans enseigner le Sutra du Lotus, il aurait été coupable de vouloir conserver pour lui seul la vérité. Le Sutra du Nirvana enseigne que ceux qui acceptent seulement les sutras du Hinayana, et disent que l'impermanence est l'une des caractéristiques du Bouddha, verront leur langue pourrir dans leur bouche.
L'enseignement, les capacités, le temps et le pays (Izu, 10 février 1262  ? )

On peut noter des contradictions partielles entre les sutras hinayana et mahayana (note) : tantôt apparurent des bouddhas des dix directions, tantôt ce furent de grands bodhisattvas qui vinrent vers Shakyamuni en provenance des dix directions ; ou bien il est dit que tel sutra a été exposé dans tous les mondes des dix directions ; ou encore que divers bouddhas des dix directions se rassemblèrent [pour l'écouter.] Tantôt il est dit que le Bouddha Shakyamuni recouvrit avec sa langue un système de mondes majeur*, parfois que ce furent les divers bouddhas qui tirèrent la langue. Toutes ces affirmations ont pour but de réfuter l'idée, exposée dans les sutras du Hinayana, qu'il n'y a qu'un seul Bouddha pour tous les mondes des dix directions.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

C'est pourquoi le maître officiel chinois Qing-liang affirmait : "La théorie de Zhiyi* est fausse." Le moine Huai-yun déclara : "En rangeant les doctrines hinayana dans les enseignements tripitaka (zogyo) [destinés aux auditeurs et les pratyakabuddha], Zhiyi* a confondu Hinayana et Mahayana." Ryoko (note)) le critiqua en disant : "Zhiyi* est le seul à ne pas avoir compris le véritable sens du Sutra Kegon*." Tokuichi lui fit reproche en disant : "Eh bien, Zhiyi*, de qui êtes-vous le disciple? Avec une langue de moins de trois pouces, vous dénigrez les enseignements donnés par l'immense langue du Bouddha!" Kukai* fit le commentaire suivant : "Les moines chinois de diverses écoles ont rivalisé pour voler le meilleur du Sutra Kegon* et en usurper la doctrine." Ainsi, la doctrine d'ichinen sanzen n'est mentionnée ni dans l'enseignement théorique* ni dans l'enseignement essentiel*. On ne la trouve dans les écrits d'aucun des Grands-maîtres indiens et aucun moine chinois ou japonais ne l'a jamais adoptée. Dans ces conditions, comment avez-vous l'audace d'y croire?
[...] Tout au long de sa vie, le Bouddha Shakyamuni donna divers enseignements, exotériques et ésotériques, hinayana aussi bien que mahayana. Si nous considérons plus spécifiquement les sutras sur lesquels chaque école, Kegon, Shingon, etc. s'appuie pour fonder leur doctrine, nous voyons, par exemple, que le Sutra Kegon* décrit le bouddha Vairochana assis au centre d'une fleur de lotus à mille pétales ; le Sutra Daijuku dépeint une nuée de bouddha venus de toutes les directions de l'univers ; le Sutra Hannya* relate l'apparition de mille bouddha  ; et les sutras Vairocana* et Kongocho parlent de plus de mille deux cents bouddhas et bodhisattva. Tous ces bouddhas ne sont que des manifestations temporaires du Bouddha originel. Ces sutras révèlent tous les pratiques du Bouddha Shakyamuni et la bodhéité qu'il atteignit en cette vie, mais ils ne révèlent pas la cause fondamentale (honnin-myo) de son Eveil dans le lointain passé de gohyaku jintengo*.
[...] A première vue, le Sutra Kegon* semble appartenir aux deux plus élevés des quatre enseignements [bekkyo et engyo] et le Sutra Vairocana* à tous les quatre à la fois. Mais ces sutras entrent en fait dans la catégorie des enseignements tripitaka (zogyo) [destinés aux auditeurs et aux pratyakabuddhas] et de l'enseignement commun (tsugyo) [hinayana et du Mahayana provisoire* destiné aux disciples des trois véhicules], les deux catégories les moins élevées, parce qu'ils n'exposent pas les trois conditions requises pour atteindre la bodhéité : la nature de bouddha innée, le potentiel pour la réaliser et la cause externe qui lui permet de se développer. Comment peut-on alors définir ces sutras comme la graine de la bodhéité  ?
[...] Il est dit dans le chapitre Jinriki* (XXI) : "Devant toute l'assemblée, le Bouddha Shakyamuni fit montre de ses grands pouvoirs supranaturels, tirant sa longue et large langue si haut qu'elle atteignit le Séjour de Brahma. Tous les autres bouddhas de l'univers, assis sur des trônes de Roi-Lions, sous des arbres de joyaux, firent de même, et tirèrent leur longue et large langue." Dans aucun autre sutra, hinayana ou mahayana, exotérique ou ésotérique, on ne trouve de passage disant que le Bouddha Shakyamuni et tous les autres bouddhas tirèrent la langue jusqu'au Séjour de Brahma.

Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Les pensées du Bouddha sont difficiles à sonder. En vérité, je suis moi-même encore incapable de le faire. Toutefois, nous pouvons essayer de comprendre, en partant du bouddhisme hinayana. Pendant les mille ans de l'époque du Dharma correct, le Hinayana était parfaitement doté des trois éléments, enseignement, pratique et preuve. Dans les mille ans du Dharma formel qui suivirent, seuls l'enseignement et la pratique demeurèrent, mais il n'y eut plus aucune preuve. Maintenant, à l'époque des Derniers jours du Dharma, l'enseignement demeure, mais il n'y a ni pratique ni preuve. Examinons cela du point de vue du Sutra du Lotus : dans les mille ans du Dharma correct, les personnes qui possédaient ces trois éléments (enseignement, pratique et preuve) avaient probablement créé un lien par leur foi avec le Sutra du Lotus, du vivant du Bouddha. Elles renaquirent à l'époque du Dharma correct et purent obtenir la preuve du Hinayana par son enseignement et sa pratique. Ceux qui naquirent à l'époque du Dharma formel n'avaient pas créé de lien profond avec le Sutra du Lotus, du vivant du Bouddha, et ne purent pas, par conséquent, obtenir la preuve du Hinayana. Ils se tournèrent alors vers le Mahayana provisoire* et parvinrent ainsi à naître dans des Terres pures à travers tout l'univers. A l'époque des Derniers jours du Dharma, on ne peut obtenir aucun bienfait, ni du Mahayana ni du Hinayana. Du Hinayana il ne reste plus que l'enseignement ; il n'a plus ni pratique ni preuve. Le Mahayana a toujours son enseignement et sa pratique, mais il ne procure plus le moindre bienfait, visible ou invisible. De plus, les écoles du Hinayana et du Mahayana provisoire*, fondées aux époques du Dharma correct et du Dharma formel, s'accrochent avec de plus en plus d'entêtement à leur doctrine au début des Derniers jours du Dharma. Ceux qui adhèrent au Hinayana rejettent le Mahayana, et ceux qui adhèrent aux enseignements provisoires attaquent les enseignements justes, jusqu'à ce que le pays soit empli de personnes qui offensent le Dharma. Ceux qui tombent dans les voies mauvaises en raison de leur pratique erronée du bouddhisme sont plus nombreux que les particules de poussière qui composent la terre, alors que ceux qui atteignent la bodhéité en pratiquant les enseignements corrects sont plus rares que les grains de poussière pouvant tenir sur un ongle.
Sur les prédictions du Bouddha (Sado, 11 mai 1273 aux croyants)

Une fraîche brise est plaisante en été, mais qu'a-t-elle d'agréable en hiver? Le bouddhisme procède de la même manière. Il y a des époques où le bouddhisme hinayana doit être propagé pour le bien de l'humanité, des époques où les doctrines du Mahayana provisoire* sont nécessaires, et des temps où l'enseignement du Mahayana définitif* doit se répandre pour conduire les gens à la bodhéité. Les deux millénaires du Dharma correct et du Dharma formel exigeaient la propagation du bouddhisme hinayana et mahayana provisoire*, tandis que les premiers cinq cents ans des Derniers jours du Dharma appellent le kosen-rufu de l'enseignement suprême et parfait du Sutra du Lotus.
La Pratique telle que le Bouddha l'Enseigne (mai 1273 à plusieurs de ses disciples)

On dit que le Savant-maître* Xuanzang mourut et renaquit six fois, avant de parvenir en Inde où il séjourna dix-neuf ans. Il affirma que le principe du Véhicule unique énoncé dans le Sutra du Lotus n'était qu'un enseignement provisoire et que les sutras Agama* du bouddhisme hinayana représentaient l'enseignement définitif (jikkyo). Et lorsqu'il revint en Inde le Savant-maître* Amoghavajra* annonça que le Bouddha du chapitre Juryo* (XVI) était le bouddha Amida  ! C'est une erreur aussi grande que de confondre l'Est avec l'Ouest ou le soleil avec la lune.
[...] S'adressant aux moines aussi bien qu'aux laïcs, il [Honen] déclara : "Les enseignements bouddhiques varient en fonction des capacités des hommes à diverses époques. Le Sutra du Lotus, le Sutra Vairocana*, les doctrines des huit ou neuf écoles telles Tendai ou Shingon, tous les enseignements exposés par le Bouddha de son vivant, mahayana et hinayana, exotériques et ésotériques, provisoires ou définitifs, aussi bien que les écoles qui s'appuient sur eux, furent tous conçus pour les personnes de capacités et de sagesse supérieures qui vécurent pendant les deux mille ans des époques du Dharma correct et du Dharma formel. Depuis que nous sommes entrés dans l'époque des Derniers jours du Dharma, quels que soient les efforts fournis dans la pratique de tels enseignements, ils n'apportent plus aucun bienfait.
Le choix en fonction du temps (Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

A mesure que les sutras arrivaient, il devint évident qu'ils différaient par leur contenu et que certains d'entre eux étaient supérieurs à d'autres. Ils appartenaient à des catégories différentes, telles que les sutras hinayana et du mahayana, exotériques et ésotériques, provisoires et définitifs. Par exemple, toutes les sortes de pierres sont d'une valeur inférieure à l'or, mais l'or peut être de qualité différente. Celui que l'on trouve dans le monde des hommes n'est jamais supérieur à l'or extrait de la rivière Jambu. Mais l'or provenant de la rivière Jambu a lui-même moins de valeur que l'or accumulé au Ciel de Brahma. De même, tous les sutras bouddhiques sont comparables à de l'or, mais certains sont de meilleure qualité et plus profonds que d'autres.
La suprématie du Dharma (Minobu, 4 août 1275, à Oto, fille de Nichimyo)

En Chine, la recherche des pouvoirs occultes était liée au confucianisme, et en Inde, elle fait partie des enseignements brahmaniques. Cependant, l'occultisme n'est même pas du niveau des premiers enseignements Agon du bouddhisme hinayana, et encore moins des enseignements commun (tsugyo), spécifique (bekkyo) ou parfait (engyo). Comment pourrait-il donc soutenir la moindre comparaison avec le Sutra du Lotus  ?
Lettre aux Frères (Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

On pourrait en déduire que le daimoku [le titre] de n'importe lequel des sutras Agama* contient l'enseignement de tous les bouddhas, mais en fait il ne contient que l'enseignement d'un seul bouddha, celui du Shakyamuni qui exposa les doctrines hinayana. On pourrait penser aussi que les titres des sutras Kegon*, Kammuryoju et Vairocana* contiennent les enseignements de tous les bouddhas, mais en fait, on n'y trouve ni le principe de l'atteinte de la bodhéité par les personnes des deux véhicules [auditeurs-shravakas et pratyekabuddhas] ni allusion au Shakyamuni qui atteignit l'Eveil dans un passé illimité. Ils sont comme des fleurs qui s'épanouissent sans donner de fruit, comme le son du tonnerre lorsqu'il n'est pas suivi par la pluie, comme un tambour sans résonance, comme des yeux incapables de voir, comme une femme qui ne porte pas d'enfant, ou comme une personne sans vie ou sans esprit.
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Pour quelle raison Maudgalyayana ne parvenait-il pas à sauver sa propre mère des souffrances  ? Parce qu'il avait foi dans les enseignements du bouddhisme hinayana et se consacrait à l'observance des deux cent cinquante préceptes. C'est pourquoi, dans le Sutra Vimalakirti [sutra Jomyo], le laïc Vimalakirti critique Maudgalyayana en disant : «Ceux qui vous font l'aumone tomberont dans les Trois Mauvaises Voies.» Ce passage indique que, bien que le vénérable Maudgalyayana fut un homme du plus grand mérite observant les deux cent cinquante préceptes, ceux qui lui feraient des offrandes renaîtraient dans l'une des Trois Mauvaises Voies. Et cela ne vaut pas pour le seul Maudgalyayana, mais pour tous les auditeurs-shravakas, et tous ceux qui, en cette époque des Derniers jours du Dharma, accordent la plus haute importance à l'observance des préceptes.
Sur les cérémonies d'urabon (Minobu, le 13 juillet 1279  ? (1277 ou 1280)

 
Voir également : enseignements provisoires (gonkyo) et enseignements théoriques (shakumon)
 

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