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Trois écoles du Sud et sept écoles du Nord
 


Le même processus se produisit au sein du même du bouddhisme. Introduit en Chine durant l'ère Yung-ping [58-75] sous la dynastie des Han postérieurs, le bouddhisme remplaça peu à peu, comme doctrine officielle du pays, les enseignements confucianistes et taoïstes. Mais des schismes se créèrent au sein de la doctrine orthodoxe, aboutissant à ce que l'on appela les trois écoles du Sud et les sept écoles du Nord, qui poussèrent ici et là comme des orchidées ou des chrysanthèmes. Sous les dynasties Chen
et Shui, cependant, le Grand-maître* Zhiyi* triompha de ces diverses écoles pour rendre au bouddhisme son but originel, celui de sauver tous les êtres vivants.
|[...] 2 A la lumière du soleil et de la lune que sont les sutras du Lotus et du Nirvana, ou dans les clairs miroirs que sont les écrits de Zhanlan* et de Zhi-du*, nous percevons pleinement le visage hideux des adeptes du Zen, du Ritsu et du Nembutsu dans le Japon d'aujourd'hui. Il est dit dans le chapitre Kanji* (XIII) du Sutra du Lotus : "Après la disparition du Bouddha, à une époque terrifiante et mauvaise," et dans le chapitre Anrakugyo* (XIV)  : "Dans l'époque mauvaise à venir", "dans la dernière période" et "dans la dernière période, quand le Dharma sera sur le point de disparaître." Dans le chapitre Fumbetsu kudoku* (XVII), on lit : "A l'époque mauvaise des Derniers jours du Dharma"  ; et dans le chapitre Yakuo* (XXIII) : "Dans la cinquième période de cinq cents ans, " etc. Dans le chapitre Kanzetsu, de la traduction du Sutra du Lotus par Dharmaraksha, on lit : "Dans la dernière période" et "dans la dernière période à venir." On trouve des expressions semblables dans la traduction du Sutra du Lotus de Jnanagupta et Dharmagupta. Zhiyi* déclare  : "Dans la période du Dharma formel, les trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord de la Chine sont les ennemies du Sutra du Lotus."(réf.) Et Saicho* affirme  : "A la fin de la période du Dharma formel, les maîtres des six écoles de Nara sont les ennemis du Sutra du Lotus."(réf.)
|[...] 2 Ceux qui n'aspirent pas à l'Eveil ne pourront jamais se libérer des souffrances de la naissance et de la mort. Shakyamuni fut insulté par tous les adeptes des enseignements non bouddhiques et traité de grand malfaiteur. Le Grand-maître* Zhiyi* [fut lui aussi attaqué par] les trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord ; plus tard au Japon, Tokuichi, moine de l'école Hosso, lui reprocha "d'avoir utilisé sa langue de trois pouces pour détruire le corps de cinq shaku" du Bouddha. (réf.) Le Grand-maître* Saicho* fut dénigré par les moines de Nara qui disaient  : "Ce Saicho* n'a jamais vu la capitale des Tang  ! "(réf.) Mais toutes ces insultes furent suscitées par la fidélité au Sutra du Lotus, et n'ont rien de honteux pour ceux qui les ont subies. Il n'y a pas de plus grande honte que d'être complimenté par des insensés. Maintenant que les autorités m'ont condamné à l'exil, les moines des écoles Tendai et Shingon se réjouissent sans doute. Ce sont des hommes cruels et monstrueux.
Traité pour ouvrir les yeux (Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

Après la venue de Zhiyi* et de Saicho*, de nombreux bouddhistes connurent le principe d'ichinen sanzen grâce à l'enseignement de ces deux sages. Parmi eux se trouvaient Jiaxiang de l'école Sanron ; plus de cent moines des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, Fazang et Qingliang de l'école Kegon, Xuanzang et Ci-en de l'école Hosso ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* de l'école Shingon ; et Dao-xuan de l'école Ritsu. D'abord, tous s'opposèrent à Zhiyi*, mais plus tard, ils acceptèrent totalement ses enseignements.
Le véritable objet de vénération (Sado, avril 1273 à Toki Jonin)

Il aurait été du reste inutile que je naisse du vivant du Bouddha, car ceux qui ont suivi les enseignements des quatre saveurs inférieures n'avaient pas encore entendu le Sutra du Lotus. Je le répète donc, être né à l'époque du Dharma correct et du Dharma formel n'aurait eu aucun sens puisque ni ceux qui étudiaient les doctrines des trois écoles du Sud ou des sept écoles du Nord du Yangzi, ni ceux qui appartenaient aux écoles Kegon, Shingon ou à d'autres, ne croyaient au Sutra du Lotus
Sur les prédictions du Bouddha (
Sado, 11 mai 1273 aux croyants) .

Shakyamuni rencontra les Neuf grandes épreuves parce qu'il enseigna le Sutra du Lotus. Dans un lointain passé, le bodhisattva Fukyo fut attaqué à coups de bâton et de pierres. Zhu Daosheng fut exilé dans une montagne du Su-thou, le moine Fadao eut le visage marqué au fer rouge, et Aryasinha fut décapité. Le Grand-maître* Zhiyi* fut en butte à l'hostilité des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord. Quant au Grand-maître Saicho*, il fut dénigré par les six écoles de l'ancienne capitale Nara. Le Bouddha, ces bodhisattvas et grands sains étaient tous des adeptes du Sutra du Lotus, et malgré cela, ils subirent de grandes persécutions. Si vous niez qu'ils aient pratiqué comme le Bouddha l'enseigne, où donc trouverez-vous des personnes qui l'aient fait  ? Nous sommes à l'époque des conflits, celle où le Dharma pur a disparu. De plus, dans ce mauvais pays, le dirigeant, ses ministres, et le peuple dans son ensemble, tous calomnient le Dharma correct. Ils se sont opposés au véritable enseignement du Bouddha et révèrent des mauvais moines et des doctrines erronées. C'est pourquoi les démons ont furieusement envahi le pays, provoquant un déchaînement constant des trois calamités et des sept désastres.
La Pratique telle que le Bouddha l'Enseigne (mai 1273 à plusieurs de ses disciples)

Les maîtres des trois écoles du Sud et les maîtres des sept écoles du Nord de Chine ne connaissaient pas les comparaisons qui illustrent la supériorité des enseignements essentiels (honjaku no roppi) et étaient apparemment troublés par la profondeur des métaphores des sutras. Des maîtres tels que Jizang (Grand-maître* Jiaxiang) de l’Ecole Sanron, Chokan, (Cheng-guan) de l'Ecole Kegon et Jion (Kui-ji dit Cien) de l’Ecole Hosso n’avaient pas conscience de la profondeur et de la supériorité comparative des enseignements bouddhiques, que ce soit pour les textes internes ou externes au bouddhisme. Pourtant, leur foi dans le bouddhisme était si forte qu’ils suivirent Zhiyi*, en dédaignant leurs propres position et réputation. Je ne saurais donc dire si, oui ou non, ces maîtres étaient capables de s’affranchir des illusions de la vie et de la mort par la force de leur repentir (sange). Ils ont dû tomber en enfer, car leur faute (hobo) d'avoir dénigré le Véritable Dharma, était trop grave pour qu’ils en soient acquittés, tout comme le firent les rois Ajatashatru et Vimalamitra* malgré leur repentir.
Souverains de notre pays (Minobu, février, 1275)

Les écoles du Sud divisaient respectivement les enseignements du Bouddha en trois périodes, quatre périodes et cinq périodes ; tandis qu'au Nord on trouvait l'école des cinq périodes ; l'école des deux enseignements qui distingue entre formulation complète et formulation incomplète ; l'école des quatre enseignements ; l'école des cinq enseignements ; l'école des six enseignements ; l'école qui divise le Mahayana en deux catégories ; et enfin, l'école de "la voix unique". Ainsi, chacune de ces écoles défendit ses propres principes et développa des notions en apparence aussi différentes que l'eau du feu. Pourtant, essentiellement, leur perspective était la même. Parmi les enseignements sacrés exposés par Shakyamuni de son vivant, elles plaçaient le Sutra Kegon* au premier rang, le Sutra du Nirvana, au deuxième, et au troisième, le Sutra du Lotus
Le choix en fonction du temps
(Minobu, 10 juin 1275 ; adressé à Yui)

Venons-en maintenant aux premiers cinq cents ans de l'époque du Dharma formel, soit mille cinq cents ans après la mort du Bouddha. En ce temps-là vécut en Chine un homme sage, que l'on appela d'abord Zhiyi*, et plus tard, le sage Grand-maître* Zhiyi*. Résolu à propager le véritable sens du Sutra du Lotus, il étudia attentivement les enseignements de ses prédécesseurs. Avant lui, des milliers et des milliers de sages avaient défendu des opinions diverses concernant les enseignements exposés par le Bouddha de son vivant, mais, dans l'ensemble, ils s'étaient regroupés en dix écoles ou traditions, les trois écoles [de la Chine] du Sud et les sept écoles [de la Chine] du Nord. L'une d'elles était prééminente. C'était la troisième des trois écoles du Sud, la doctrine du Maître du Dharma Fayun, du temple Guangzhe-si.
Traité sur la dette de reconnaissance (Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Cette théorie, selon laquelle le Sutra du Lotus serait destiné aux personnes des deux véhicules et non aux bodhisattvas, fut exposée en Chine avant l'apparition de Zhiyi* par [dix maîtres éminents] les représentants des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord. Mais Zhiyi* réfuta définitivement cette idée, de sorte qu'elle n'a plus cours aujourd'hui. Si vous dites qu'aucun bodhisattva ne tire de bienfaits du Sutra du Lotus, alors comment expliquez-vous le passage  : "Quand les bodhisattvas entendent ce Dharma, ils se libèrent des filets du doute"  ? (réf.) Après cela, pouvez-vous vraiment dire que le Sutra ne procure aucun bienfait aux bodhisattvas ?
[...] Si l'on fonde sur le Sutra du Lotus les prières pour le bien du pays, on verra qu'il est le Grand Dharma pur assurant sécurité et protection, et tous, du souverain jusqu'aux personnes des plus basses conditions, connaîtront joie et prospérité. Le roi Ajatashatru et le roi Ashoka furent d'abord de mauvais souverains. Mais ils tinrent compte, le premier des conseils de son premier ministre Jivaka, le second, des suggestions du vénérable Yasha. Et tous deux passèrent à la postérité comme des souverains sages. De même, l'empereur de la dynastie Chen, qui écarta les trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, et s'appuya sur le Maître du Dharma Zhiyi*, et l'empereur Kammu, qui préféra le Maître du Dharma Saicho* aux moines éminents des six écoles, sont, de nos jours encore, respectés pour leur sagesse. Le Maître du Dharma Zhiyi* fut par la suite honoré du titre de Grand-maître* Tian-tai, et le Maître du Dharma Saicho* reçut par la suite le nom de Grand-maître* Dengyo.
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277 ? à Myoho-ama)

A la lumière de ce passage, il semble évident que, pendant les plus de 2.220 ans écoulés depuis que le Bouddha enseigna le Sutra du Lotus, personne jusqu'à ce jour n'a vécu le Sutra du Lotus comme le Bouddha l'a vécu lui-même. C'est seulement lorsqu'une personne a affronté de grandes épreuves que l'on peut estimer qu'elle a maîtrisé le Sutra du Lotus. On pourrait croire que les Grands-Maîtres Zhiyi* et Saicho* ont été des pratiquants du Sutra du Lotus, mais ils n'ont pas subi des persécutions aussi sévères que le Bouddha de son vivant. Ils n'ont rencontré que de petites oppositions, [Zhiyi*] de la part des trois écoles du Sud et des sept écoles du Nord, et [Saicho*] de la part des sept temples principaux de Nara. Ni l'un ni l'autre n'ont subi l'hostilité du gouvernement, n'ont été attaqués par des gens du peuple à coups de sabre ou calomniés par le pays entier. [D'après le Sutra du Lotus] ceux qui croient au Sutra du Lotus après la disparition du Bouddha connaîtront des persécutions plus grandes encore que celles que le Bouddha a subies de son vivant. Pourtant personne [ni Zhiyi* ni Saicho*] n'a connu de persécutions comparables et, moins encore, des persécutions plus graves ou plus nombreuses.
La protection de Bonten et de Taishaku (Minobu, 15 mai 1277 à Nanjo Tokimitsu)

 

 

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