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Bodhidharma
 
 

Dans le Zobo Ketsugi il est dit : “C’est parce que j’ai recours aux mots que je peux sauver les êtres et qu’ils obtiennent l’éveil”. Sans les mots, comment l’Eveillé pourrait-il accomplir son œuvre  ? N’est-ce pas par des paroles que les écoles du Zen se font connaître aux gens  ? Bodhidharma, venu du sud de l’Inde, écrivit un commentaire en cinq fascicules sur les quatre rouleaux du Sutra Lankavatara. Lorsqu’il fit la transmission à Huike, il lui dit : “Quand je vois la terre de Chine, il n’y a que ce sutra qui puisse sauver les gens. C’est par lui que tu sauveras le monde”. Dès lors, pourquoi donc parlez-vous à la légère de transmission en dehors des enseignements  ?
Renjo sho ou Zenshu mondo sho - Dialogue avec les écoles du Zen (1255)

L'Ignorant : ...ce que l'on appelle la vérité du Zen est un domaine où les innombrables doctrines sont mises de côté, un domaine inaccessible par les mots. Ainsi, sur les rives du fleuve Hiranyavati, dans le bosquet de shala, le Bouddha Shakyamuni sortit de son cercueil doré, arracha une fleur, et, voyant Mahakashyapa esquisser un sourire, lui transmit cet enseignement Zen. Depuis lors, il a été transmis sans la moindre irrégularité à travers une lignée de vingt-huit patriarches en Inde, et a été largement propagé par six patriarches successifs en Chine. Bodhidharma est le dernier de vingt-huit patriarches d'Inde et le premier des six patriarches de Chine.
Le Sage : ... nous lisons : Il est dit que Bodhidharma vint de l'ouest, et enseigna la "désignation directe de l'esprit de l'homme" et la manière de "percevoir sa véritable nature et d'atteindre la bodhéité". Mais ne trouve-t-on pas les mêmes concepts dans le Sutra Kegon* et dans les autres sutras du Mahayana  ? Hélas ! Comment les gens de notre époque peuvent-ils être aussi insensés  ? Chacun devrait prêter foi aux enseignements du Bouddha. Les bouddhas, les Tathagata ne disent pas de mensonges ! [...] De plus, si l'on s'efforce de faire comprendre la Voie bouddhique, il est impossible d'en faire comprendre la signification sans avoir recours à des mots et à des phrases. Bodhidharma arriva en Chine par l'ouest, pointa le doigt directement sur l'esprit des hommes, et déclara que leur esprit était le Bouddha. Mais on trouve ce principe déjà énoncé en plusieurs endroits, dans des sutras du Mahayana provisoire* antérieurs au Sutra du Lotus, tels que les sutras Kegon*, Daijuku et Daihannya. Considérer ce principe comme quelque chose de rare et de merveilleux est trop ridicule pour être discuté.
[...] De plus, je dois souligner que les adeptes du Zen à notre époque sont dans la confusion même lorsqu'il s'agit des enseignements de leur propre école. Si nous ouvrons les pages du Zoku Koso Den, nous voyons que, dans la biographie du Grand-maître Bodhidharma, le premier patriarche du Zen en Chine, il est dit : "Par le moyen des enseignements, on peut comprendre la signification essentielle."
[...] En outre, dans la biographie du disciple de Bodhidharma, Huiko, le deuxième des six patriarches chinois, il est dit que le maître de méditation Bodhidharma tendit les quatre volumes du Sutra Ryoga à Huiko en lui disant : "En observant ce pays de Chine, je ne vois que ce sutra qui ait quelque valeur. Si tu fondes ta pratique sur celui-ci, tu pourras apporter le salut au monde." Là, nous voyons que, lorsque le Grand-maître Bodhidharma se rendit d'Inde en Chine, il apporta avec lui les quatre volumes du Sutra Ryoga, et les confia à Huiko en lui disant : "Quand j'observe la situation de ce pays, je vois que ce sutra est d'une supériorité exceptionnelle.
[...] C'est une grossière erreur que de parler de vingt-huit patriarches. C'est la première de toutes les erreurs de l'école Zen : La raison pour laquelle Hui-neng dresse la liste de vingt-huit patriarches, dans son Traité de l'Ordination, est que, lorsqu'il décida de compter Bodhidharma comme le premier patriarche du Zen chinois, il trouva que trop de temps s'était écoulé entre l'époque d'Aryasimha et celle de Bodhidharma. Il introduisit donc arbitrairement le nom de trois maîtres Zen pour combler l'intervalle, afin de faire accroire que le Dharma s'était transmis d'Inde en Chine sans rupture ni irrégularité dans la lignée des successeurs. Ce ne fut qu'une supercherie destinée à faire croire à la respectabilité des enseignements du Zen.
Conversation entre un sage et un ignorant (
1265  ? à un samouraï   ? )

Zhanlan* écrit : "Depuis l'époque où l'empereur Ming de la dynastie Han rêva (note) [du Bouddha], jusqu'à la dynastie Chen, où vécut le Grand-maître Zhiyi*, nombreux furent ceux qui firent partie de l'école Zen et à qui furent transmis la robe et le bol à aumônes." (note) Le Fuchu explique cela en disant : "La transmission de la robe et du bol désigne la succession des patriarches du Zen à partir de Bodhidharma."
On lit dans le septième volume du Maka Shikan  : "Par le passé, le maître Zen [Bodhidharma] de Ye et de Lo fut connu dans toute la Chine. Lorsqu'il arrivait en un lieu, de toutes parts, les gens se rassemblaient comme une nuée autour de lui, et lorsqu'il se déplaçait ailleurs, les foules le suivaient [le long des routes] comme un troupeau. Mais quel profit tirèrent-ils de tout ce tapage et ce tumulte  ? Tous éprouvèrent des regrets sur leur lit de mort." (note)
Dans le septième volume du Guketsu, Zhanlan* commente  : "Le texte parle du "maître Zen de Ye et de Lo". Ye se trouve dans Xiang-zhou et fut la capitale des dynasties Qi et Wei. [Bodhidharma], fondateur du Zen, fit prospérer le bouddhisme en ce lieu et convertit les gens de la région. Le Grand-maître Zhiyi*, par égard pour les hommes de son temps, omet de préciser un nom [Bodhidharma]. Lo se réfère à la ville de Lo-yang."
Traité pour ouvrir les yeux (
Sado, février 1272 à Shijo Kingo)

[...] Comme je l'ai souvent déjà souligné par le passé, des maîtres comme Shubhakarasimha* et Vajrabodhi*, Bodhidharma, Huiko, Shandao et Honen, Kukai* du temple To-ji et Enchin* du temple Onjo-ji, Ennin* du Mont Hiei ou Ryokan de la région de Kanto, ont probablement lu les paroles d'or, "Maintenant, ... en rejetant sincèrement les enseignements provisoires, [je n'enseignerai que la voie ultime]"(réf.) en les interprétant comme s'il avait été écrit "en rejetant sincèrement l'enseignement véridique, je n'exposerai que les enseignements provisoires."
Réponse à Sairen-bo (
Sado, le 13 avril 1272, à Sairenbo Nichijo)

Quand il se trouve par hasard que l'un d'entre eux a l'esprit de recherche, s'il [le Démon du sixième Ciel] se sent impuissant à faire tomber un croyant du Sutra du Lotus dans le mal, il essaie de l'abuser progressivement en l'attirant par ruse vers le Sutra Kegon*, qui ressemble au Sutra du Lotus. C'est ce que firent les moines Dushun, Zhiyan, Fa-zang et Cheng-guan. Puis les moines Jizang et Seng-quan incitèrent habilement les croyants du Sutra du Lotus à retomber dans le Sutra Hannya*. Xuan-zang et Ci-en les conduisirent vers le Sutra Jimmitsu*, tandis que Shubhakarasimha*, Vajrabodhi*, Amoghavajra*, Kukai*, Ennin* et Enchin* les abusèrent en leur faisant suivre le Sutra Vairocana*. Bodhidharma et Huiko les firent s'égarer dans l'enseignement du Zen, tandis que Shandao et Honen les incitèrent à croire au Sutra Kammuryoju.
Lettre aux Frères (
Minobu, 16 décembre 1275 aux frères Ikegami)

Mais les sept écoles du Mahayana sont un grand vaisseau permettant la traversée du vaste océan des souffrances de la vie et de la mort, et conduisant jusqu'à la rive de la Terre pure. En les étudiant et en les comprenant, il est possible de se libérer soi-même tout en libérant les autres. Avec cette pensée en tête, j'ai commencé à les examiner, et j'ai découvert que chacune des sept écoles du Mahayana chante ses propres louanges en disant : "Notre école, et notre école seule représente le coeur même des enseignements sacrés exposés par le Bouddha de son vivant ! "
Il y a des hommes tels que Dushun, Zhiyan, Fa-zang et Cheng-guan de l'école Kegon ; Xuanzang, Ci-en, Zhizhou et Enchin* de l'école Hosso ; Xinghuang [Falang] et
Jizang de l'école Sanron  ; Shubhakarasimha*, Vajrabodhi*, Amoghavajra*, Kukai*, Ennin* et Enchin* de l'école Shingon ; Bodhidharma, Huiko et Huineng de l'école Zen ; et Daochuo, Shandao, Huiguan et Genku [Honen] de l'école Jodo. En s'appuyant sur les sutras et les traités de son école respective, chacun de ces maîtres proclame : "Notre école a compris les multiples sutras, notre école a saisi le sens le plus profond des enseignements du Bouddha."
Traité sur la dette de reconnaissance (
Minobu, le 21 juillet 1276, à Joken-bo et Gijo-bo)

Une ou deux personnes peuvent commettre des erreurs, mais se pourrait-il que tant de gens aient commis tant de fautes ensemble  ? C'est entièrement dû au fait que le pays regorge de moines du Shingon, qui suivent la doctrine héritée de Kukai*, Ennin* et Enchin*  ; de moines du Nembutsu, successeurs de Shandao et de Honen ; de successeurs de Bodhidharma et autres patriarches du Zen. C'est pourquoi les divinités bouddhiques Bonten, Taishaku, les quatre grands Rois du Ciel et les autres divinités les ont punis, fidèles à leur serment de protéger le Sutra du Lotus et de briser en sept morceaux la tête de ceux qui s'y opposent.
Sur le comportement du Bouddha (Minobu, 1276, à Konichi-ama)

Question : Quand vos disciples récitent simplement Namu Myoho Renge Kyo sans rien comprendre aux mots que leur bouche prononce, à quel niveau d'accomplissement se trouvent-ils  ? Réponse : Non seulement ils dépassent le plus haut niveau des Quatre saveurs ou des trois enseignements, et l'étape à laquelle on pouvait parvenir par la pratique de l'enseignement parfait* exposé dans les sutras antérieurs au Sutra du Lotus, mais ils surpassent des millions et des milliards de fois les fondateurs du Shingon et des diverses autres écoles du bouddhisme - Shubhakarasimha*, Zhiyan, Ci-en, Jizang, Daoxuan, Bodhidharma et Shandao.
Les Quatre Etapes de la foi (
Minobu ; 10 avril 1277 (  ? ) à Toki Jonin)

Mais au cœur des enseignements bouddhiques règne la plus grande confusion. Les adeptes de l'école de la Terre pure prennent le bouddha Amida comme objet de culte, les tenants du Shingon vénèrent le bouddha Vairocana*, tandis que les pratiquants du Zen, sans égard ni pour les sutras ni pour les bouddhas, révèrent Bodhidharma.
L'enseignement selon l'esprit du Bouddha (
Minobu, le 2 mai 1279, à Niike Saemon-no-jo)

 
voir également : zen

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