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Origine de Daimoku,
le mantra nichirenien du Sutra du Lotus

Robin Beck

http : //www.fraughtwithperil.com/blogs/rbeck/archives/000780.html


Nichiren était-il le premier à réciter le daimoku ?

Pour beaucoup de membres de la Soka Gakkai et de la Nichiren Shoshu, Nichiren est le Bouddha Originel de kuon ganjo, parce que lui seul a révélé Namu Myoho Renge Kyo, la cause Originelle (honnin-myo) de l'Éveil. D'un autre côté, certains contestent que Nichiren propageait le vrai bouddhisme, car sa pratique ne s'appuie pas sur le Dharma. Voici un résumé de ce qu'affirment différentes sources (note) :

- A l'aube du 28 avril 1253 il a récité pour la première fois Nam-myoho-renge-kyo apportant ainsi aux générations futures la clef pour ouvrir le trésor de l'illumination caché au fond de leur cœur. [http : //www.guidestud.org/chapter_3.htm#Proclamation].

- Revenant au temple Seicho-ji, il récita Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois, le matin du 28 avril 1253 et prit le nom de Nichiren (Soleil-Lotus) [Nichiren Daishonin's awakening http : //www.sgi-sa.org]

- Il revint au temple Seicho-ji en 1253. Peu de temps après, très tôt le matin du 28ème jour du 4ème mois, il récita Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois, apportant ainsi aux générations futures la clef pour ouvrir le trésor de l'illumination caché au fond de leur cœur. Il prit alors le nom de Nichiren (Soleil-Lotus). [http : //www.nbaa.tv/Nichiren/lifeofnich.html Life of Nichiren -- nbaa]

- Là il récita Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois et proclama la fondation de son nouveau bouddhisme, le 28ème jour du 4ème mois 1253 [Arrière-Plan du Gosho à Shomitsu. SGI-USA ]

- Un jour, il y a 743 ans, le Vrai Bouddha des Derniers Jours de la Loi, Nichiren Daishonin, a récité Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois […] Le 28ème jour du 4ème mois 1253, à l'âge de 32 ans, il a récité Nam-myoho-renge-kyo pour la première fois [http : //ww2.netnitco.net/users/jqpublic/skrisshue.html Siginficance of Risshu-e (1996) - Nichiren Shoshu]

- Tôt le matin, le 28 avril 1253, le prêtre, âgé de 32 ans se tourna vers le soleil levant et récita pour la première fois Nam-myoho-renge-kyo. Après ce jour il prit le nom de Soleil-Lotus ou Nichiren. [http : //www.buddhistinformation.com/the_life_of_nichiren.htm The Life Of Nichiren. BIONA]

En lisant cela, on peut avoir l'impression que c'était la première fois que quelqu'un, quelque part, avait récité Na Mu Myo Ho Ren Ge Kyo.

Le Docteur J. Stone écrit : "Le 28ème jour du 4ème mois lunaire de l'année Kencho (1253), le matin, juste avant son premier sermon public, il monta sur le Mt Kasagamori dans la province d'Awa sur la côte est du Pacifique, et là, face au soleil levant, récita pour la première fois "Namu-myoho-renge-kyo ! "

Beaucoup de personnes, tant nichirenistes que les opposants, en ont conclu que non seulement Nichiren lui-même avait récité daimoku pour la première fois ce jour-là, mais que c'était la première fois que quelqu'un avait formulé ce mantra à haute voix.

Pour beaucoup de membres de la SGI-USA ce point n'est pas clair. Pendant des années je pensais que Nichiren avait juste ajouté Nam au titre sino-japonais du Sutra du Lotus, Myoho Renge Kyo. Pourtant dans son gosho Totaigi sho (Ainsité du Dharma merveilleux), Nichiren écrit :

"… lorsqu'ils réapparurent en ce monde, respectivement sous la forme de Huisi et de Zhiyi, ils savaient que le temps propice n'était pas encore venu de répandre le Dharma merveilleux. Par conséquent, aux termes "Dharma merveilleux" [Myoho], ils substituèrent les termes "concentration et intuition" [shikan], et s'engagèrent plutôt dans la pratique d'ichinen sanzen par la Triple contemplation de l'unité (isshin san-gan). Mais ces Grands-maîtres récitèrent Namu Myoho Renge Kyo en privé, et ils étaient intérieurement convaincus que ces mots exprimaient la vérité."

Je pensais que Nichiren entendait cette dernière phrase au sens métaphorique. Mais il donne des exemples précis qui peuvent être consultés par chacun. Ainsi il attribue à Saicho (767-822) le fait d'avoir apporté de Chine au Japon le mantra Namu Myoho Renge Kyo. Il dit [dans le Totaigi sho] : le document [allusion au Shuzen-ji ketsu] mentionnant le voeu exprimé par le Grand-maître Saicho sur son lit de mort, contient les mots Namu Myoho Renge Kyo.

Le Shuzenji-ketsu (Transmission du temple de Folong-si ou Xiuchan-si) est un recueil de transmissions orales reçues par Saicho pendant son séjour en Chine. Il y est écrit notamment : "La triple contemplation en un seul moment-pensée (ichinen) telle qu'elle est contenue dans le Dharma est précisément Myoho-renge-kyo […] Au moment de la mort, il convient de réciter Namu Myoho Renge Kyo. Grâce à l'action des trois capacités du Dharma Merveilleux (expliqué plus loin en détail comme étant les capacités du Dharma, du Bouddha et de la foi), il est possible d'atteindre en un instant la sagesse de l'Éveil et se libérer d'un corps enchaîné par les vies/morts."

Dans le Totaigi-sho (Ainsité du Dharma Merveilleux), Nichiren écrit :

Ainsi, le Grand-maître Huisi dans son Hokke sempo [La méthode de repentance du Sutra du Lotus] utilisa les mots Namu Myoho Renge Kyo. Le Grand-maître Zhiyi employa les mots Nam Byodo Daie Ichijo Myoho Renge Kyo ("Dévotion sans partage au Véhicule unique", c'est-à-dire Myoho Renge Kyo de la grande sagesse qui perçoit tout en toute impartialité), Keishu Myoho Renge Kyo (J'incline la tête devant Myoho Renge Kyo), et Kimyo Myoho Renge Kyo (Je consacre ma vie à Myoho Renge Kyo.

Hokke Sempo désigne le Fahua sanmei xingshi et est actuellement attribué à Zhiyi (538-597). Il a été traduit en anglais par Peter Johnson sous le titre de The Confessional Samadhi of the Lotus Sutra. Peter Johnson écrit :

"Dans cet ouvrage, Zhiyi décrit sa propre pratique liturgique […]. Ce texte fondateur décrit l'objet de vénération qui plus tard fut révélé sous une forme picturale en tant que Gohonzon de Nichiren. C'est également le document le plus ancien où figure le mantra qui fut plus tard propagé par Nichiren."

Et Nichiren écrit :

"Ce mandala n'est en rien une invention de Nichiren. C'est l'objet de vénération qui dépeint parfaitement le vénérable Shakyamuni et tous les autres bouddhas dans la Tour aux Trésors, aussi fidèlement que l'estampe correspond à la planche à graver." (Le Véritable Aspect du Gohonzon)

Nous voyons donc que le honzon et le daimoku ont été enseignés par l'école chinoise de Zhiyi en tant que pratique de la "Confession en 21 jours". C'était au Ve siècle, quelques 600-700 ans avant Nichiren.

Malgré cela, il se trouve des personnes de la SGI et de la Nichiren Shoshu qui tiennent à ce que Nichiren ait inventé quelque chose d'entièrement nouveau. Pour certains c'est, peut-être, une forme de dévotion. D'autres, les "supersessionistes", souhaitent distinguer notre bouddhisme de ses formes traditionnelles, et pour un certain nombre intervient dans cette approche un élément nationaliste.

Josei Toda (1900-1958) était un grand et courageux président de la Soka Gakkaï. Mais il avait aussi une forte tendance au "supersessionisme". Son ouvrage "Lectures on the Sutra" est une source de pas mal de confusions et de croyances erronées. Il écrit :

"Il existe deux grands courants du bouddhisme dans l'histoire de l'humanité. L'un est ce que l'on appelle généralement le bouddhisme de Shakyamuni et l'autre, le bouddhisme de Nichiren. Ce dernier est reconnu comme étant le Vrai bouddhisme et doit être distingué du second."

Cela est contraire aux intentions expresses de Nichiren et va dans le sens de nos opposants qui affirment que notre pratique n'est pas le Dharma bouddhique authentique. Comme l'écrit le Dr. Stone :

"Nichiren n'a jamais affirmé qu'il était le premier à pratiquer la psalmodie du titre du Sutra du Lotus, et au contraire a insisté sur le fait que des maîtres passés du bouddhisme l'ont pratiqué avant lui."

A la fin du Totaigi sho, Nichiren explique pourquoi les maîtres du passé ont gardé secret ce mantra :

Question : Toutes ces preuves littérales que vous avez apportées sont parfaitement claires. Mais si ces hommes connaissaient la vérité, comme cela semble évident, pourquoi ne l'ont-ils pas largement fait connaître ? Réponse : Pour deux raisons. D'abord, le temps n'était pas encore venu. Ensuite, ce n'était pas à eux qu'avait été confiée la tâche de la transmission. Les cinq caractères de Myo Ho Ren Ge Kyo sont le Grand Dharma pur qui doit se répandre largement à l'époque des Derniers jours du Dharma. Il fut transmis aux grands bodhisattvas Surgis de Terre aussi nombreux que les particules de mille mondes réduits en poussière, afin qu'ils le répandent largement. C'est pourquoi Huisi, Zhiyi et Saicho, bien que connaissant parfaitement la vérité au fond de leur coeur, ont laissé la tâche de la propagation au guide et au maître de l'époque des Derniers jours du Dharma, en s'abstenant de l'accomplir eux-mêmes.

Cela semble confirmer que Nichiren avait la conviction d'avoir à assumer le rôle du bodhisattva Jogyo, le chef de file des bodhisattvas Surgis de Terre et envoyé du Bouddha atemporel Shakyamuni dans les Derniers jours du Dharma. Cela montre également que la pratique qu'il enseignait prend sa source dans l'Ecole traditionnelle du bouddhisme du Sutra du Lotus.

 
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