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L'enseignement du Tripitaka et quelques-uns de ses Maîtres

Un ouvrage d'un Maître du tripitaka, Xuanzang, le Daito Saiiki Ki, décrit abondamment plusieurs royaumes d'Inde aux caractéristiques très différentes: dans certaines contrées, les habitants ne respectent pas les règles de la piété filiale, alors que dans d'autres ils les observent. Dans certains pays, l'état de colère domine, alors que dans d'autres, c'est l'ignorance qui prévaut. On trouve des pays où sont pratiqués uniquement les enseignements du Hinayana, d'autres, exclusivement ceux du Mahayana, d'autres encore où l'on passe indifféremment des pratiques du Mahayana à celles du Hinayana.
[...] Ainsi, selon l'opinion exprimée avec autorité avant moi par le Bouddha Shakyamuni, le bodhisattva Maitreya, les maîtres du Tripitaka Shuryasoma et Kumarajiva, le Maître du Dharma Seng-zhao, le moine éminent Annen et le supérieur des moines Genshin*, les habitants de ce pays nommé Japon, de par leurs capacités, ont un lien tout particulier avec le Sutra du Lotus. Ceux qui pratiquent ne serait-ce qu'un verset ou un vers de ce Sutra sont certains d'atteindre la bodhéité car c'est l'enseignement qui leur correspond. On peut comparer cela à l'attraction de la limaille de fer par un aimant, ou au dépôt de gouttes de rosée sur un miroir (note).
Encouragements à une personne malade (décembre 1264, à Nanjo Hyoe Shichiro)

Les qualités uniques du Sutra du Nirvana sont par conséquent limitées aux trois premiers des quatre enseignements : tripitaka (zokyo), commun (tsugyo) et spécifique (bekkyo), et n'incluent pas le quatrième, l'enseignement parfait*.
La lettre de Teradomari (Teradomari, le 22 octobre 1271, à Toki Jonin)

Zhu Daosheng fut banni sur les montagnes de Su-thou, le moine Fa-zu fut assassiné, le Maître du tripitaka, Fa-dao, eut le visage marqué au fer rouge et le Maître du Dharma Hui-yuan fut réprimandé et inculpé. Le Grand-maître* Zhiyi* dut affronter en débat les dix maîtres de la Chine du Sud et du Nord, et le Grand-maître* Saicho* réfuta les conceptions erronées des six écoles de Nara.
Réponse au seigneur Hakiri Saburo (Sado, 3 août 1273 à Hakiri Sanenaga)

Les prêtres du Shingon rapportent tous que les trois Maîtres du Tripitaka (sanzo), nommés Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra*, sont les cinquièmes ou sixièmes propagateurs de l’enseignement de Vairocana et qu’ils sont les précurseurs de l’enseignement promettant la bodhéité sans changer d'apparence (sokushin jobutsu). Ils sont cependant, à mes yeux, les instigateurs du vol d'enseignement ainsi que les auteurs de ce vol.
[...] au moment de sa mort, le Maître du tripitaka, Shubhakarasimha*, fut ligoté par les sept chaînes de fer du roi Yama. D'après sa biographie, il revint à la vie mais toute sa peau était devenue noire et lui-même était totalement décharné. Son corps montra l’apparence de l’enfer avici, tel qu’il est décrit dans les textes sacrés. Il est clairement énoncé dans ceux enseignés durant la vie du Bouddha que le noircissement du corps au moment de la mort prédit que le défunt tombera dans l’enfer des souffrances incessantes. L’apparence de Shubhakarasimha* à sa mort était exactement conforme aux paroles du sutra. Nous pouvons donc préjuger du sort de ses deux successeurs, les Maîtres du tripitaka Vajrabodhi* et Amoghavajra*, après leur mort. Ils ont eu l’air de se repentir dans les dernières années de leur existence, mais ne s’étant pas excusés du plus profond de leur cœur, ils n’ont pas été à même d’éviter de tomber en enfer. Aujourd’hui, les moines shingon ignorent ce qui s’est réellement passé. Quand ils apprendrons l’énorme mensonge de Shubhakarasimha*, ils comprendront immédiatement pourquoi l’empereur Xuanzong perdit son trône à l’ère Tang dans une Chine qui avait foi en les Maîtres du tripitaka.
Souverains de notre pays (Minobu, février 1275)

Notre Terre est d'une épaisseur de 168.000 yojana. Cela lui permet de supporter l'eau des quatre grands océans, la terre et les rochers des neuf montagnes, une infinité de plantes et d'arbres, et toutes les créatures vivantes, sans jamais s'effondrer, basculer ou se briser. Et pourtant, il suffit que Devadatta, un être humain guère plus haut que cinq pieds, commette trois des cinq forfaits pour que la terre immense s'ouvre sous ses pieds et pour qu'il tombe en enfer. La crevasse dans laquelle il fut précipité est encore visible en Inde. Le Maître du tripitaka Xuanzang affirme dans le Saiiki ki (Voyage dans les pays de l'ouest), que lorsqu'il se rendit de Chine en Inde pour approfondir sa connaissance du bouddhisme, il vit ce gouffre de ses propres yeux.
Lettre à Horen (Minobu, avril 1275 à Soya Kyoshin)

Le Maître du tripitaka Shubhakarasimha* se rendit d'Inde en Chine sous le règne de l'empereur des Tang, Xuan-Zong. Il régnait alors une grande sécheresse et Shubhakarasimha* reçut l'ordre de conduire des prières pour la pluie. Il réussit à provoquer une forte pluie et, par conséquent, tout le monde, de l'empereur aux gens du peuple, se réjouit grandement. Peu après cependant, un grand vent commença à souffler, causant des ravages dans tout le pays, et l'enthousiasme fut de courte durée.
Durant le même règne, le Maître du tripitaka Vajrabodhi* fit le voyage d'Inde en Chine. Il pria également pour la pluie et dans les sept jours, une forte pluie se mit à tomber, si bien que les gens se réjouirent comme précédemment. Mais lorsqu'un grand vent d'une force sans précédent s'éleva, le souverain conclut que le Shingon était une doctrine mauvaise et dangereuse, et fut bien près de renvoyer Vajrabodhi en Inde. Ce dernier, cependant, formula toutes sortes d'excuses et parvint à rester.
Une fois encore, sous le même règne, le Maître du tripitaka Amoghavajra* pria pour la pluie. Dans les trois jours, une forte pluie tomba, suscitant la même joie qu'auparavant. Mais, de nouveau, un grand vent s'éleva, cette fois-ci plus violent encore que les deux fois précédentes, et il fit rage pendant plusieurs semaines avant de s'apaiser.
La prière pour la pluie des trois maîtres du Tripitaka (Minobu, 22 juin 1275 au nyudo Nishiyama)

Le vénérable Aryasimha, l'un des successeurs de Shakyamuni, fut assassiné par un brahmane, et le Maître du tripitaka Fa-dao fut marqué au visage et exilé au sud du fleuve Yangzi. Comment s'étonner alors qu'à l'époque des Derniers jours du Dharma, un moine sans notoriété rencontre de grandes difficultés en s'efforçant de propager le Sutra du Lotus !
Parvenir directement à la bodhéité grâce au Sutra du Lotus (Minobu, mars 1277  ? à Myoho-ama)

Les maladies de l'esprit connaissent divers degrés de gravité. Les affections dues aux trois poisons, et leurs 84000 variations frappant les simples mortels dans les six voies, peuvent êtres guéries par le bouddha des écoles Kusha, Jojitsu et Ritsu, s'appuyant sur les trois Corbeilles [Tripitaka] du Hinayana. Toutefois, si l'on s'efforce de remédier par le Hinayana aux trois poisons et aux 84000 maladies provoquées par l'opposition à des sutras du Mahayana tels que les sutras Kegon*, Hannya* et Vairocana*, ces maladies ne feront qu'empirer et ne seront jamais guéries. Elles ne peuvent être traitées que par les enseignements du Mahayana. De plus, si l'on s'efforce de guérir les trois poisons et les 84000 maladies dues à l'opposition au Sutra du Lotus des pratiquants des divers sutras du Mahayana par les sutras Kegon*, Hannya* et Vairocana*, ou par ceux du Shingon et du Sanron, ces maladies s'aggravent de plus en plus. Pour donner une comparaison, un feu de bois ou de charbon peut facilement s'éteindre avec de l'eau, mais si c'est un liquide combustible qui brûle, et qu'on verse sur lui de l'eau, les flammes ne feront que brûler de plus belle et monteront encore plus haut.
Les deux sortes de maladies (Minobu, le 26 juin 1278, à Shijo Kingo)

Quelque deux cents ans ou plus après l'introduction du bouddhisme en Chine, dans un pays situé entre l'Inde et la Chine appelé Kucha, apparut le Maître du tripitaka, Kumarayana. Son fils, Kumarajiva, quitta ce pays pour l'Inde où le Maître du tripitaka Shuryasoma lui fit connaître le Sutra du Lotus. Lorsqu'il lui confia le Sutra, Shuryasoma lui dit: "Ce Sutra du Lotus a un lien profond avec un pays du nord-est."

Le sutra permettant véritablement d'honorer sa dette (Minobu, le 28 juillet 1278 à Sennichi-ama)

Le Grand-maître* Cien* écrivit le Hokke genzan* en dix volumes dans lesquels il faisait l'éloge du Sutra du Lotus, mais il tomba quand même en enfer. Il était l'un des principaux disciples du Maître du tripitaka* Xuanzang*, respecté par l'empereur Tai-zong, et qui passait pour une réincarnation de Avalokitesvara* onze visages. Ses écrits semblaient s'accorder avec le Sutra du Lotus mais, en esprit, ils étaient en accord avec les sutras antérieurs au Sutra du Lotus, et c'est la raison pour laquelle Cien tomba en enfer.
Lettre à Akimoto (Minobu, le 27 janvier 1280, à Akimoto)

Shunxiao et Hui-guo étaient tous deux des disciples d'Amoghavajra*. Et le Maître du tripitaka, Amoghavajra* était le sixième disciple d'une lignée directement reliée au bouddha Vairocana*. Ainsi, tant pour la transmission qu'ils avaient reçue que pour leurs propres réalisations, les Grands-maîtres Saicho* et Kukai* étaient considérés par les personnes de leur temps comme le soleil et la lune. Ils étaient aussi respectés que les ministres de la Gauche et de la Droite. Il est bien difficile pour une personne au savoir limité de déterminer ce qui est correct et ce qui est erroné.
[...] Ces deux hommes [Ennin* et Enchin] croyaient en l'enseignement de Maîtres du tripitaka comme Shubhakarasimha*. C'est probablement pourquoi ils rejetèrent l'enseignement correct du Grand-maître* Saicho*. D'autres comme eux ont déjà suivi la personne et se détournant du Dharma.
Le principe de l'atteinte de la bodhéité sans changer d'apparence (Minobu, en 1280  ?, à Myoichinyo)

Plus tard, sous le règne de l'impératrice Zetian, l'école Kegon fut fondée en Chine. On abandonna la traduction du Sutra Kegon* en soixante volumes (note), que le Grand-maître* Zhiyi* avait critiquée, et désormais l'école s'appuya sur une nouvelle traduction du Sutra Kegon en 80 volumes, introduite par le Maître du tripitaka Jih-chao. Cette école enseigne principalement que le Sutra Kegon est "la racine", l'enseignement fondamental du Bouddha tandis que le Sutra du Lotus en est "les branches", l'enseignement secondaire. L'impératrice Zetian s'était faite nonne et elle avait une certaine connaissance des écrits bouddhiques aussi bien que non bouddhiques. Avec arrogance, elle rabaissa l'école de Zhiyi*. Ainsi, par les écoles Hosso aussi bien que Kegon, le Sutra du Lotus fut donc doublement dissimulé.
Par la suite, sous le règne de l'empereur Xuanzong, les trois Maîtres du Tripitaka Shubhakarasimha*, Vajrabodhi* et Amoghavajra* vinrent d'Inde en Chine, apportant avec eux les sutras Vairocana*, Kongocho et Soshitsuji. Par leur personnalité aussi bien que par leurs théories, ces trois hommes étaient très loin de soutenir la comparaison avec les maîtres bouddhistes qui les avaient précédé en Chine. De plus, parce qu'ils introduisaient la pratique de mudra et de mantra dharani* jusqu'alors inconnus, on pensa que le véritable bouddhisme était resté ignoré en Chine avant leur arrivée. Ces trois maîtres déclarèrent que l'Ecole Tian-tai était supérieure aux écoles Kegon, Hosso et Sanron, mais que ses principes étaient incomparablement moins élevés que ceux des sutras du Shingon.
Le corps et l'esprit des simples mortels (Minobu, à un disciple)

 

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