DICTIONNAIRE des TERMES BOUDDHIQUES

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Shingon


Le Shingon ésotérique maintient que Dainichi-Vairocana est le bouddha sous l'aspect du Corps du Dharma* - c'est-à-dire que Dainichi-Vairocana est la personnification de la vérité elle-même - et considère Shakyamuni comme un bouddha sous l'aspect du corps manifesté. C'est pourquoi il déclare Shakyamuni inférieur à Dainichi-Vairocana.

Un vajra, sceptre de diamant en forme de trident est un objet rituel utilisé dans certaines prières du bouddhisme ésotérique Shingon. Ce récit se trouve dans Kobo Daishi Goden (Biographie du Grand-maître Kukai), ouvrage écrit par le moine shingon Ken'i (1072-1145). On y lit que, avant de quitter la Chine, Kukai lança un sceptre de diamant à trois pointes dans les airs. De retour au Japon, il se rendit au Mont Koya pour y poursuivre la pratique des enseignements ésotériques. Là, il trouva le même sceptre de diamant accroché à une branche d'arbre

Dix Étapes de l'esprit (jujushin) : système de classification comparative établi par Kukai, fondateur de l'école Shingon. Kukai classa les divers enseignements bouddhiques et non bouddhiques selon dix étapes de développement de la conscience religieuse, et affirma la suprématie ultime des enseignements ésotériques du Shingon

Rite de l'école Shingon qui consistait à placer cinq jarres, de couleurs blanche, bleue, rouge, jaune et noire sur une estrade et à y mettre respectivement de l'or, de l'argent, du lapis-lazuli, des perles et du cristal. De plus, les moines plaçaient dans ces cinq jarres les cinq sortes de grains, cinq herbes et cinq sortes d'encens, puis les remplissaient d'eau avant d'y disposer des fleurs. On croyait que ce rituel avait le pouvoir d'éviter les désastres.

En 1268, Kubilai Khan envoya la première d'une série de délégations au Japon, demandant de reconnaître l'hégémonie mongole. Craignant l'invasion, le gouvernement de Kamakura et la cour impériale ordonnèrent aux moines de l'école Shingon et aux autres de prier pour éviter cela. Toutefois, comme Nichiren en avait prévenu plus tôt, ces prières se révélèrent inefficaces. A l'automne 1274, une force expéditionnaire massive arriva dans les eux du littoral sud du Japon, pour punir les Japonais de leur refus de coopérer

Quand Saicho se rendit en Chine, il étudia principalement les enseignements de Zhiyi basés sur le Sutra du Lotus. Au Japon, il affirma la suprématie du Sutra du Lotus. Cependant, en revenant de Chine, il rapporta également les enseignements ésotériques. Précédant en cela Kukai fondateur de l'école ésotérique Shingon au Japon, il est considéré à la fois comme le patriarche du bouddhisme ésotérique et du bouddhisme exotérique au Japon.

Le Shingon s'appuie sur lee Dainichikyo Sho, recueil des commentaires oraux de Shan-Wuwei sur le Sutra Vairocana, compilés par Yi-xing. Nichiren le mentionne comme une oeuvre commune des trois maîtres Shingon parce que Jingang-zhi et Amoghavajra souscrivirent également aux opinions de Shan-Wuwei telles qu'elles sont exprimées dans ce traité. Dainichi-Vairocana désigne ici le bouddha Taho. L'intention de Nichiren, en se référant à Taho de cette manière, est de marquer la supériorité du Bouddha Shakyamuni du Sutra du Lotus sur le bouddha Dainichi-Vairocana du Shingon. Dans le Hoon Sho Mondan, commentant le gosho "La dette de reconnaissance", Nichikan Shonin, le vingt-sixième Grand-patriarche de la Nichiren Shoshu, en donne une explication sous deux angles. Premièrement, afin d'appuyer son point de vue, Nichiren emprunte la terminologie du maître Shingon Amoghavajra lui-même. Son Hokke Giki décrit le Dainichi-Vairocana, maître du Monde de la Matrice* et le Dainichi-Vairocana, maître du Monde du Diamant*, escortant le Bouddha Taho qui portre le titre de "Dainichi sans pareil". De ce point de vue, il est clair que le bouddha Dainichi-Vairocana du Shingon, qu'il soit celui du Monde de la Matrice* ou celui du Monde du Diamant*, est inférieur au bouddha Taho qui, à son tour, est surpassé par Shakyamuni.
Deuxièmement, Taho représente le Bouddha dans son aspect objectif, en tant que Dharma. Ici, nous trouvons une certaine similitude avec Vairocana, qui est un bouddha du point de vue du Dharma. Cependant, même sous cet angle, Vairocana, étant un bouddha des enseignements provisoires, est inférieur à Taho, bouddha qui apparaît dans l'enseignement définitif.

Yuga ( yoga) désigne l'union du soi individuel avec l'esprit universel. L'école Shingon était appelée ainsi parce que le bouddhisme ésotérique insistait sur l'union du corps, de la bouche et de l'esprit du commun des mortels avec le corps, la bouche et l'esprit du bouddha Vairocana, au moyen de la pratique des Trois Mystères (mudra, mantra et méditation sur des mandalas)

On peut comparer avec la version donnée par Nichiren dans un autre gosho (Les Huits Vents) : Pendant le cinquième, sixième et septième mois de la troisième année de Jokyu (1221), la cour impériale de Kyoto mena la guerre contre le régime de Kamakura. A ce moment-là, les temples Enryaku-ji, To-ji, Onjo-ji et les sept grands temples de Nara utilisèrent les rites les plus ésotériques du Shingon dans leurs prières aux divinités Tensho Daijin, Hachiman et Sanno. Quarante et un moines, parmi les plus renommés, y compris l'ancien supérieur Jien de l'école Tendai, les révérends du To-ji et du Ninna-ji, ainsi que Jojuin du temple Onjo-ji, prièrent sans cesse pour la défaite de Hojo Yoshitoki. Le deuxième fils de l'empereur Go-Toba entama aussi des prières dans la salle des cérémonies d'Etat, le huitième jour du sixième mois. La cour impériale annonça qu'elle serait victorieuse avant huit jours. Mais le septième jour et le quatorzième jour du sixième mois, la bataille se solda par une défaite, et le deuxième fils mourut de chagrin parce que son page bien-aimé, Setaka, avait été décapité. Et pourtant, malgré tout cela, personne ne s'est jamais demandé ce qu'il y avait de faux dans les doctrines du Shingon. Les deux cérémonies religieuses qui comprenaient tous les rites ésotériques du Shingon - la première conduite par Myoun, la seconde par Jien - entraînèrent la ruine complète de la cour impériale japonaise. Et voilà que, pour la troisième fois, on prévoit une cérémonie religieuse de ce type pour repousser l'invasion mongole. Le régime actuel subira certainement le même sort, mais vous devez garder ceci strictement pour vous.

Voir l'article de J.Stone sur les rites du lit de mort Singon

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