Un bouddhisme pour notre temps

Une interprétation moderne du Triple Sutra du Lotus par
Niwano Nikkyo
traduit de A Buddhism for today (Kosei Publishing Co - 2006)

Voir : SUTRA DU LOTUS - CHAPITRE VIII

Cinq cents disciples reçoivent la prédiction

Dans ce chapitre, Shakyamuni octroie la prédiction de l'atteinte de la bodhéité à un grand nombre d’adeptes dont Purna, un de ses dix grands disciples. Le Bouddha avait compris que grâce à ses enseignements des sept chapitres précédents ses disciples avaient acquis un haut niveau spirituel. (Le nombre cinq-cents ne doit pas être pris au sens littéral mais comme l'indication d'un très grand nombre.)

Purna fut un disciple si convainquant qu'il reçut le titre de "personnification de l'éloquence"; "parler aussi bien que Purna" devint une expression courante. Cependant, il ne fit jamais état de sa supériorité et mena la vie d'un homme ordinaire. Alors même qu'il semblait débonnaire, il fit toujours preuve d'un authentique courage intellectuel. L'histoire suivante nous vient du plus profond de la tradition.

Lorsque Shakyamuni permit à certains de ses disciples de prêcher le Dharma, Purna désirant enseigner dans une région qu'il connaissait bien, le Sronaparanta, lui en demanda l'autorisation. Le Bouddha dit : « Il te sera difficile de faire un travail de missionnaire dans Sronaparanta où les hommes sont très récalcitrants. Que feras-tu si malgré tous tes efforts ils n'écoutent pas ton enseignement ? » Purna répondit : « Même s'ils n'écoutent pas ce que je dis, je ne serai pas déçu ; je me considérerai heureux s'ils ne se moquent pas de moi. » Le Bouddha demanda : « Et s'ils se moquent de toi ? » Purna répondit : « S'il devait en être ainsi, je me considérerais heureux de ne pas être calomnié ». Le Bouddha lui demanda : « Et si tu devais être calomnié ? » Il répondit : « Même si je l'étais, je me considérerais heureux de ne pas être bastonné ou lapidé. » Le Bouddha demanda : « Et si tu étais bastonné ou lapidé ? » Il répliqua : « Je me considérerais heureux de ne pas recevoir un coup de sabre. » Le Bouddha lui demanda alors : « Et si tu étais blessé par un sabre ? » Il répondit : « Même si cela arrivait, je me considérerais heureux de ne pas être tué. » Le Bouddha lui demanda finalement : « Et si tu étais blessé mortellement ? » Il répondit : « Je me considérerais heureux de perdre ma vie en propageant vos enseignements. » Là-dessus, le Bouddha permit à Purna de se rendre dans Sronaparanta, en disant : « Puisque tu possèdes une telle détermination, tu peux aller là-bas accomplir ton travail de missionnaire. » Cette histoire montre bien que Purna n'était pas un prêcheur ordinaire.

Ayant entendu les nombreux sermons du Bouddha et assisté à la prédiction faite aux grands disciples de l’Éveil complet et parfait sans supérieur, ayant entendu les histoires de leurs vies précédentes et ayant assimilé les pouvoirs mystiques et souverains des bouddhas, le cœur de Purna fut purifié et exalté par ce Dharma sans précédent.

«Il se leva aussitôt de son siège et se rendit devant l'Eveillé, inclina la tête jusqu'à ses pieds en révérence, puis se retira sur un côté, où il demeura à regarder en adoration le visage du Vénérable, sans le quitter le moindre instant des yeux. Et il eut cette pensée: "le Vénéré du monde* est fort exceptionnel, ce qu'il fait est rarissime; il se conforme à la variété des natures de ce monde pour, à l'aide de son savoir et de sa vision expédientiels, leur prêcher le Dharma et extirper les multiples attachements d'avidité des êtres. Pour ce qui est des mérites de l'Eveillé, notre parole est inapte à l'exprimer. Seul l'Eveillé Vénéré du monde peut connaître le voeu foncier au profond de notre coeur."

«A ce moment, l'Eveillé proclama aux bhiksus* :

« Voyez-vous ici Purna, fils de Maitrayani*? Je suis toujours à le louer comme le premier parmi ceux qui exposent le Dharma et à admirer la variété de ses mérites; il préserve avec zèle mon Dharma et aide à le propager. Il est capable de la montrer et de l'enseigner aux quatre congrégations, de leur dispenser bienfaits et allégresse; muni d'une totale compréhension du Dharma correct du Bouddha, il inonde de ses largesses ceux qui pratiquent pareillement la conduite brahmique. Mis à part l'Ainsi-Venu, nul ne saurait épuiser l'éloquence de ses paroles.

« N'allez pas penser que c'est mon seul Dharma correct que Purna, fils de Maitrayani*, soit capable de préserver et d'aider à propager: il a aussi, dans le passé, préservé et aidé à propager le Dharma correct de bouddha auprès de quatre-vingt-dix myriades de bouddhas et, là aussi, il fût le premier parmi ceux qui exposaient le Dharma.

« En outre, parvenu à une lucide compréhension de l'enseignement de la vacuité prêché par les bouddhas, il fit siennes les quatre pouvoirs illimités de compréhension et de prêche et fût d'enseigner le Dharma dans toute sa clarté et toute sa pureté, sans qu'il y eût doutes ou égarements. Muni de la totalité des pouvoirs mystiques d'un bodhisattva, il pratiqua constamment la conduite brahmique tout au long de ses existences, et les hommes vivant en l'âge de ces bouddhas pensèrent tous qu'il était en réalité un shravaka*. Or Purna*, grâce à cet expédient, inonda de ses bienfaits d'innombrables centaines de milliers d'êtres, et convertit de surcroît d'innombrables quantités incalculables d'hommes qu'il établit dans l'Eveil complet et parfait sans supérieur*. Afin de purifier sa terre de bouddha, il mène constamment la conduite de bouddha et convertit les êtres par son enseignement.»

Le principe d'un demi-pas

Pour notre travail de missionnaire ou pour guider les autres, nous pouvons beaucoup apprendre de l'attitude de Purna toujours ferme intérieurement et extérieurement. En présence d'une personne influente dotée d'une grande vertu comme Shakyamuni et bien que cette personne n'affiche pas un air suffisant, tous se jettent à genoux et concentrent leur esprit pour se pénétrer de son enseignement. Mais si quelqu'un ne possède pas cette notoriété et cette vertu les hommes n'écoutent pas avec autant de ferveur son discours sur le Dharma. Si celui qui prêche se donne des grands airs certains en éprouveront de la répulsion alors que d'autres le trouveront inabordable. Purna est pour nous un exemple à suivre.

Il va sans dire que nous ne devons pas mépriser les autres ou penser : « Ils sont tellement peu éveillés », mais il est dangereux de croire que nous avons un pas d'avance. Il faut rester au même diapason que les autres. Bien sûr, nous ne saurions guider les autres en étant exactement au même niveau, c'est-à-dire si nous nous conduisons exactement comme ceux qui ne connaissent rien de la Voie du Bouddha. Nous ne devons pas devancer les autres d'un pas mais seulement d'un demi-pas. Ainsi ceux qui nous entourent sentiront que nous sommes toujours proches d'eux et se mettront au diapason avec nous. En nous accompagnant, ils seront influencés par nous et conduits dans la juste voie sans même en être conscients.

Mais si nous prêchons l'enseignement de manière supérieure alors que nous-mêmes de l'avons pas vraiment intégré ou si nous sommes menaçants ou agressifs ou encore si nous exerçons une pression pour qu'on suive l'enseignement, nous ne pourrons réellement instruire personne.

Ce principe d'un demi-pas est important non seulement dans la transmission du Dharma. Nous pouvons dire la même chose au sujet de tout le contenu de l’enseignement bouddhique. Même Shakyamuni a guidé les hommes graduellement, partant d'un enseignement simple jusqu'à un exposé plus avancé, parce qu'il savait que prêcher de manière soudaine (tonkyo) l'enseignement suprême les rendrait seulement plus perplexes. Alors combien moins efficaces serions-nous qui n'avons pas le grand pouvoir de persuasion du Bouddha, si nous essayons d'exposer le Dharma en ce qu'il a de plus profond.

Dans certains cas, il peut être opportun de guider vers la Voie de Bouddha en commençant par apporter une certaine sérénité en expliquant que la doctrine apporte des bénéfices immédiats, tels que la guérison des maladies ou l'amélioration de la vie quotidienne. Dans le cas des intellectuels, il est souvent efficace de commencer par présenter le Dharma comme un humanisme. Et dans le cas d'un marxiste, on peut le guider vers le bouddhisme en partant de la théorie des Trois mille mondes-états en un instant pensée (ichinen sanzen).

En aucun cas, ne devons-nous nous considérer comme possédant la vérité alors que les autres ne l'ont pas. En partant de l'idée fondamentale que tous les êtres possèdent la nature de bouddha nous avons seulement les guider à développer cette nature autant que possible. C'est de ce point de vue que Purna doit nous servir d'exemple.

Finalement, le Bhagavat octroie à Purna la prédiction d'atteinte de la bodhéité :

« Ô bhiksus, Purna a aussi obtenu la première place parmi ceux qui prêchaient le Dharma auprès des sept bouddhas. A présent, il est également le premier de ceux qui prêchent le Dharma auprès de moi. Et il sera encore le premier parmi ceux qui prêcheront le Dharma auprès des bouddhas à venir (note) au cours du kalpa Bhadrakalpa (kalpa Judicieux); à chaque fois, il préservera et aidera à propager le Dharma de bouddha. Dans le futur également il préservera et aidera à propager le Dharma de bouddhas innombrables et infinis; il convertira par son enseignement et inondera de ses bienfaits d'innombrables êtres, qu'il établira dans l'Eveil complet et parfait sans supérieur*. [...] Son nom sera l'Ainsi-Venu Dharmaprabhasa* [...] Cet Éveillé aura des mondes tricosmiques aussi nombreux que les sables du Gange pour terre de bouddha; les sept matières précieuses en feront le sol, qui sera aussi égal que la paume: il n'y aura ni monts ni éminences, ni vallées encaissées ni fossés; des belvédères faits des sept matières précieuses y abonderont; les palais des devas* se trouveront à proximité dans le ciel: hommes et devas* se rencontreront et pourront se voir les uns les autres.»

Qu'hommes et devas se rencontrent et se contemplent mutuellement indique un niveau élevé de communication entre le monde-état céleste et celui des hommes, comme cela apparait dans le tableau des dix mondes-états et aussi que le monde des hommes s'approche de la Terre Pure.

Le Bouddha poursuit :

« Les mauvaises voies n'y existeront pas, et il n'y aura point de sexe (note) non plus ; les êtres y naîtront tous par transformation et il n'y aura pas de passions charnelles. On y obtiendra les grands pouvoirs mystiques, les corps émettront de la lumière et l'on s'y déplacera librement en volant. La volonté y sera affermie, comme le zèle et la sagesse. Tous seront universellement de couleur d'or et seront spontanément parés des trente-deux marques. Les êtres de ce royaume feront leur ordinaire de deux nourritures: l'une sera le mets d'allégresse du Dharma, l'autre le mets d'extase méditative.»

Ce passage implique que bien que doté d'un corps matériel, ce sera pour l'être humain comme s'il n'en avait pas. La Terre Pure est cette sorte de lieu mais les paroles sur les deux nourritures indiquent qu'aucun être ne peut vivre pleinement s'il n'entend pas et ne pratique pas le Dharma. Même si pour cela il doit d’abord passer par la Terre Pure.

La description continue :

« Il y aura une multitude d'innombrables quantités incalculables de myriades et de milliards de bodhisattvas à obtenir les grands pouvoirs mystiques et les quatre pouvoirs illimités de compréhension et de prêche; ils seront habiles et capables de convertir les diverses sortes d'êtres par leur enseignement. La foule de leurs shravakas* ne se pourra connaître par compte ou calcul. Tous obtiendront en totalité les six pouvoirs, les trois sciences, les huit délivrances.

« Tels seront les innombrables mérites de cette terre d'Eveillé, qui l'orneront et la réaliseront. L'âge cosmique sera appelé Ratnavabhasa (Clarté de Joyau) ; la terre aura nom Suvishuddha (Bonne-Pureté) ; l'âge du bouddha sera d'innombrables quantités incalculables de kalpas ; son Dharma perdurera fort longtemps. Après le passage de bouddha en parinirvana, on élèvera des stupa des sept matières précieuses qui empliront tout le royaume.»

Ensuite le Bhagavat répète cet enseignement en stances ce qui clôt sa prédiction faite à Purna.

Après quoi les mille deux-cents arhats qui s'étaient libérés de tous les défilements et obtenu la maîtrise de la pensée voyant le Bouddha octroyer la prédiction à Purna et s'en réjouissant grandement, se firent la réflexion suivante :

« Si le Vénéré du monde* daignait nous conférer à chacun la prédiction, comme aux autres grands disciples, n'en serions-nous pas heureux ?

«L'Éveillé sut ce qu'ils pensaient en leur coeur et déclara à Mahakashyapa* :

« Ces mille deux cents arhats, je vais maintenant, présent en personne devant eux, leur conférer successivement la prédiction de l'Eveil complet et parfait sans supérieur.»

Le Bouddha prédit alors la destinée des grands disciples en disant qu'après avoir vénéré d'innombrables bouddhas,

« ils obtiendront tous l'Eveil complet et parfait sans supérieur et seront tout uniment appelés du même nom, qui sera Samantaprabhasa* (Clarté-Universelle).

« Alors le Bhagavat, voulant réitérer cette idée, s'exprima en stances :

[...] Tu sais désormais, Kashyapa*,
que de ces cinq-cents souverains de soi-même
et de la foule des shravakas*
il en adviendra aussi de même.
Pour ceux qui ne sont pas dans cette assemblée,
tu devras le leur proclamer.»

Prêtons toute notre attention à ces derniers vers. Ces cinq-cents arhats "souverains de soi-même" ainsi que d'innombrables shravakas deviendront bouddhas. Shakyamuni interroge Kashyapa pour savoir si celui-ci s'est acquitté de la tâche d'annoncer cela à ceux qui n'étaient pas présents à la Grande assemblée et s'il les a conduits vers la Voie de la bodhéité. "Ceux qui ne sont pas dans cette assemblée" désigne les cinq-mille moines arrogants qui ont quitté l'assemblée, affirmant que puisqu'ils avaient déjà atteint l'Éveil, il était inutiles qu'ils écoutent le Sutra du Lotus. Lors de cet incident, le Bouddha plein de sagesse et de compassion, était demeuré silencieux et ne les a pas empêchés de partir. Dans les vers ci-dessus, il prédit que même ces moines arrogants deviendront bouddhas grâce à la pratique.

Ce serait une erreur de considérer cette histoire comme appartenant à un lointain passé. La grande compassion du Bouddha nous fait entrevoir que même ceux qui refusent de l'écouter deviendront par l'entremise de Kashyapa des bouddhas dont le nom sera Samantaprabhasa (Clarté-Universelle), car plus tard ils pratiqueront la voie de bodhisattva. C'est pour nous l'assurance que si nous entrons sur la Voie de l'enseignement du Sutra du Lotus et que si nous accumulons les actions de bodhisattva nous aussi nous deviendrons des "Clarté Universelle". Ce titre s'applique à des personnes dont le rayonnement éclaire toute la société. Nous avons souvent l'occasion de rencontrer des Ainsi-venus "Clarté Universelle" ou tout du moins ses adeptes. De les voir ou de leur parler met de la joie dans nos cœurs. Ces Ainsi-venus sont indispensables dans notre monde Saha et nous aussi nous pouvons devenir de tels Ainsi-venus pour apporter de la clarté autour de nous.

« Alors les cinq cents arhats, ayant pu en présence de l'Éveillé recevoir la prédiction, exultèrent d'allégresse; ils se levèrent de leur siège pour s'avancer devant lui et incliner la tête à ses pieds en révérence. Regrettant leur erreur, ils se faisaient des reproches: "Bhagavat, nous pensions toujours, nous estimions avoir parachevé le passage en nirvana, mais, nous le savons à présent, nous ne valions pas mieux que des ignares. Pourquoi cela? Alors que nous devions obtenir la sagesse d'Ainsi-Venu, nous nous contentions pour nous-mêmes d'une sagesse mineure. »

Désirant renforcer cette assertion, les arhats exposent la parabole du joyau dans la doublure du vêtement, la cinquième parabole sur sept du Sutra du Lotus.

Parabole du joyau dans la doublure du vêtement

« Ceci est comparable à quelqu'un qui arriverait chez un ami proche, s'enivrerait de vin et se coucherait. Son proche ami, pour une affaire officielle, doit partir. Il coud un joyau sans prix dans la doublure de l'habit de l'autre pour la lui donner et s'en va. L'autre homme, affalé dans son ébriété, ne s'aperçoit de rien du tout. Après s'être levé, il part en voyage pour l'étranger. Pour s'assurer vivres et vêtements, il s'évertue à les rechercher au prix des plus grandes difficultés. Vient-il à se procurer le moindre gain qu'il s'en contente. Par la suite, son proche ami le rencontre par hasard et lui tient ces propos: "Alors, mon vieux, pourquoi donc en arriver là pour vivres et vêtements? Autrefois, j'ai voulu assurer ton confort et faire en sorte que tu puisses agir selon tes cinq désirs. En tel jour, tel mois, telle année, j'ai cousu un joyau sans prix dans la doublure de ton vêtement. Il y est bel et bien, encore à présent, et tu ne le sais même pas. Rechercher ainsi ta subsistance dans la douleur et la peine, c'est le comble de la stupidité. Tu peux maintenant échanger ce joyau pour te procurer le nécessaire et tu pourras toujours en faire à ta guise sans connaître la gêne."»

Après avoir conté cette parabole, Ajnata-Kaundinya et les autres exprimèrent de tout cœur leurs remerciements au Bouddha :

« Le Bouddha est comme cet ami. Lorsqu'il était un bodhisattva, il nous enseigna que parce que chacun possède la nature de bouddha (le joyau), il peut atteindre l'Eveil par la pratique. Mais nous l'oubliâmes vite, ne le sachant pas et ne le percevant pas. Ayant simplement éliminé nos illusions, nous avons dit que nous avions atteint le nirvana. Mais notre aspiration au véritable Eveil restait encore cachée dans les profondeurs de notre esprit. D'une certaine manière nous avons ressenti que quelque chose manquait. Maintenant le Bhagavat nous a sorti de notre ignorance. Maintenant nous savons que nous sommes réellement des bodhisattvas qui allons servir les hommes dans la société et qui avons la possibilité de devenir des bouddhas. Pour cette raison nous nous réjouissons grandement de ce gain incomparable. »

Ils répètent ensuite ceci en vers.

Suite

Chapitre VIII du Sutra du Lotus

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