La même saveur salée

(L'universelle saveur salée)

Lettres et traités de Nichiren Daishonin. ACEP - vol. 4, p. 3; SG* p. 39.
Gosho Zenshu p. 1447 - Do Itsu Kammi Gosho

1261 ?

Il y a six sortes de saveurs. Premièrement, la saveur fade, deuxièmement, la saveur salée, troisièmement, la saveur piquante, quatrièmement, la saveur aigre, cinquièmement, la saveur sucrée et, sixièmement, la saveur amère. On peut bien préparer un festin avec cent plats différents, qu'il y manque seulement du sel et il n'est plus digne d'un roi. Les plus rares délices de la terre et de la mer, si l'on n'y ajoute pas de sel, demeurent insipides.
La même saveur salée (1261   ? )

L'océan possède huit caractéristiques mystérieuses. Premièrement, il devient de plus en plus profond. Deuxièmement, il est trop profond pour qu'on puisse en toucher le fond. Troisièmement, son eau conserve partout la même saveur salée. Quatrièmement, il est régulièrement soumis au flux et au reflux des marées. Cinquièmement, il recèle divers trésors. Sixièmement, il abrite des êtres vivants gigantesques. Septièmement, il rejette les cadavres, et huitièmement, il a la capacité d'absorber toutes les rivières qui se déversent en lui, aussi bien que les pluies torrentielles, sans que son niveau augmente ou diminue.

En vertu de toutes ces caractéristiques, on compare le Sutra du Lotus à l'océan. De même que l'océan "devient de plus en plus profond", le Sutra du Lotus permet à tous, aux simples mortels ignorants aussi bien qu'aux sages ayant acquis une grande compréhension, d'accéder graduellement à la bodhéité. De même que l'océan est "trop profond pour qu'on puisse en toucher le fond", la sagesse du Sutra du Lotus "ne peut être comprise et partagée que par les bouddhas"(réf.) ; les bodhisattvas, même parvenus à l'étape de togaku, ne peuvent pas l'appréhender. On compare le Sutra du Lotus à "l'eau de l'océan" qui "conserve partout la même saveur salée" pour illustrer le fait qu'il permet à tous les êtres humains d'atteindre la bodhéité ; et on compare les autres sutras, qui ne permettent pas d'atteindre la bodhéité, à l'eau des rivières, qui n'est pas salée. De même que l'eau des rivières peut acquérir la saveur salée lorsqu'elle se déverse dans le grand océan, des personnes de diverses capacités, ayant pratiqué des enseignements provisoires, peuvent trouver le chemin qui mène à la bodhéité lorsqu'elles rencontrent le Sutra du Lotus. L'image de l'océan "régulièrement soumis au flux et au reflux des marées" illustre le fait que ceux qui pratiquent le Dharma Merveilleux parviendront [naturellement] à l'étape de non-régression, même s'ils devaient [accidentellement] perdre la vie. La métaphore du grand océan qui "recèle divers trésors" indique que toutes les pratiques et actions vertueuses de tous les bouddhas et bodhisattva, ainsi que tous les bienfaits obtenus par la pratique des six paramitas sont inclus dans la pratique duDharma Merveilleux. "Les êtres vivants gigantesques" qu'abrite l'océan sont les bouddhas et les bodhisattvas, comparés à "des êtres gigantesques" parce que leur sagesse est grande. Grande stature, grand esprit de recherche, grands traits caractéristiques, grande maîtrise des pouvoirs mystiques, grande compassion pour libérer du mal et grande bienveillance pour donner la joie, c'est au Sutra du Lotus qu'ils doivent tout cela. De même que le grand océan "rejette les cadavres", la pratique du Sutra du Lotus permet de rejeter à tout jamais les oppositions au Dharma et l'incroyance incorrigible des icchantika. [Enfin, la huitième caractéristique de l'océan] "son niveau n'augmente ni ne diminue" symbolise l'impartialité de l'enseignement du Sutra du Lotus qui établit que tous les êtres humains possèdent l'état de bouddha.

L'eau salée, dans une cuve où l'on a mis des feuilles de vigne à macérer, change de niveau tout comme la marée. Un pratiquant du Sutra du Lotus, lorsqu'il est en prison, est comparable au sel dans une cuve ou une jarre, tandis que le Bouddha Shakyamuni, qui s'est échappé de la maison en flammes, est comparable au sel du grand océan. Mettre en prison un Pratiquant du Sutra du Lotus équivaut à emprisonner le Bouddha Shakyamuni lui-même. [En observant cela] quelle stupéfaction doit être celle de Bonten, de Taishaku et des quatre Rois du Ciel  ! Les dix Filles-démones ont fait serment de punir [quiconque persécute un pratiquant] en [lui] brisant la tête en sept morceaux. Si elles ne le font pas maintenant, quand le feront-elle donc ?

Immédiatement après qu'il eut emprisonné le roi Bimbisara le corps du roi Ajatashatru se couvrit de pustules. Comment celui qui emprisonne un Pratiquant Sutra du Lotus pourrait-il éviter de voir son corps se couvrir immédiatement de boutons purulents ?

ARRIERE-PLAN - La date et le destinataire de ce gosho sont inconnus, et les raisons pour lesquelles il fut écrit sont également incertaines, par manque de documentation fiable. Il semblerait que Nichiren Daishonin écrivit cette lettre à une époque où lui ou ses disciples subissaient des persécutions, comme l'indique la phrase "Un pratiquant du Sutra du Lotus lorsqu'il est en prison..." ou "Mettre en prison un pratiquant du Sutra du Lotus... ".
Quant à la date à laquelle elle fut écrite, plusieurs hypothèses sont avancées. L'une est qu'elle aurait été écrite en 1261, lorsque Nichiren Daishonin fut envoyé en exil sur la péninsule d'Izu ; une autre, en 1271, lorsqu'il fut exilé sur l'île de Sado ; et une troisième, en 1279, lorsque ses disciples furent persécutés à Atsuhara. Des trois dates, 1261 est la plus probable.(Commentaire ACEP)

En anglais : The Universal Salty Taste

- http : //www.sgilibrary.org/view.php?page=39&m=1&q=The%20Universal%20Salty%20Taste
- commentaires : http : //nichiren.info/gosho/bk_UniversalSaltyTaste.htm

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